Nature et contre-nature

Je cite le blog de Cachou (merci) qui cite Anaïs Nin qui écrit à Henry Miller (attention il faut suivre).

Tu dis: “Je ne peux pas concevoir que l’on arrive à un désir homosexuel par la seule réflexion.” Au contraire, c’est parce que nous avons réfléchi sur les tabous que nous avons pris conscience de leur bêtise. Lorsqu’on a commencé à penser sainement à propos de la morale, on a découvert qu’elle dépendait surtout des modes, et non de principes plus élevés, et lorsqu’on s’est mis à réfléchir sur des actes prétendus “anormaux”, on s’est aperçu qu’on ne pouvait pas les qualifier de contre-“nature”, parce que la nature nous donnait des millions d’exemples d’anormalités bien pires que toutes celles que nous avons pu inventer. C’est la pensée qui nous montre que les sentiments que nous éprouvons à l’égard de certains actes sont le fait d’une éducation (par exemple le puritanisme inculqué par l’ancienne génération anglo-saxonne).

Anaïs Nin et Henry Miller – Correspondance Passionnée (p.146)

6 Commentaires

  1. Ce n’est pas le seul truc intelligent que la dame dit dans ses lettres d’ailleurs ^_^, Ce livre m’a diablement donné envie de m’intéresser à ses journaux et à ses romans. Mais je n’en ai trouvé qu’un en librairie hier (« Venus Erotica »), je vais devoir commander (et donc je ne pourrai pas invoquer le diabolique hasard qui m’oblige à embarquer un livre croisé)(psychologiquement, ça fait toute la différence)…

  2. Anaïs Nin a beaucoup écrit, réfléchi à la question de la transgression des tabous. Elle a vécu cette transgression dans sa propre vie, c’est ce qui rend ses écrits très intéressants.

    Elle me fescine depuis que je suis adolescente, c’est une vraie femme libre, il faut la lire et la relire. Elle mérite mieux que la réputation un peu concon qui lui colle aux basques à cause de « Venus Erotica », des nouvelles érotiques qu’elle écrivait sur commande par amusement et pour gagner 3 ronds…

  3. Il faut surtout lire ses journaux, sa correspondance et ses romans ensuite. Les romans sont les moins intéresssnts, son journal est son oeuvre maîtresse.

    (je suis désolée des fautes de frappe mais je ne visualise pas du tout mon commentaire qui s’affiche avec une petite écriture bizarre)

    1. Ça, c’est bon à savoir. Petite question: maniaque comme je suis, je commencerais alors par ses journaux « de jeunesse », histoire de les lire dans l’ordre. Mauvais choix?
      Et effectivement, dans ses lettres, elle explique bien qu’elle écrit les nouvelles érotiques parce qu’elles sont payées 1$ la page, Miller fait de même. Elle s’en lasse même à un moment…

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