La cage dorée

La cage dorée

Le film a bien marché avec le bouche à oreille et c’est grandement mérité. J’ai passé un moment excellent, et c’est une comédie vraiment drôle et attendrissante dans le genre « communautaire ». Là c’est à propos des immigrés portugais et à peu près tous les clichés sur le sujet. Mais quand on connait un peu cette communauté, on sait bien que pas mal de ces clichés ne sont pas si éculés (comme pour toutes les communautés). Le réalisateur, Ruben Alves, arrive à montrer et traiter tout cela avec pas mal de talent, ce serait-ce que pour correctement doser les blagues et les caricatures.

Et vas-y le cliché, mais j’ai connu juste 42 564 couples comme ça, avec Maria et José Ribeiro, elle est gardienne dans une loge parisienne (d’un immeuble bourge) et lui chef de chantier pour un petit promoteur. Ce sont des gens adorables, des bosseurs qui ne rechignent jamais à la tâche et à rendre service, et qui ne reçoivent pas spécialement de considérations des autres. Bien intégrés dans leur communauté portugaise locale, leurs enfants sont bien français et trouvent que le Portugal c’est cool pour les vacances. D’un côté toute l’organisation de l’immeuble repose sur le travail consciencieux de Maria, notamment avec la revêche et relou propriétaire Nicole Croisille (qui a apparemment eu le même chirurgien que Mickey Rourke O_O), et José est essentiel aux chantiers de Roland Giraud (et son épouse Chantal Lauby complètement folle et hilarante). Mais voilà que José hérite de manière complètement inattendue d’un vignoble au pays et donc d’une possibilité de se retirer rapidement au Portugal. Tandis qu’ils y réfléchissent, l’info se répand par indiscrétion dans leur famille et leurs employeurs. Ces derniers sont catastrophés à l’idée de les perdre et vont tout mettre en place pour les retenir dans cette cage dorée.

La comédie est d’un classique finie, mais vraiment ça fonctionne génialement à certains moments. Roland Giraud et Chantal Lauby forment le couple bourge franchement tordants, et Lauby surtout est égale à elle-même. La confrontation des deux couples pour un dîner dans la loge est un moment particulier avec les portugais endimanchés et leur canapé sous plastique, tandis que les autres sont en jeans baskets. Et même en abordant ces différences de valeur et des sujets un peu moins légers, Ruben Alves arrive à s’en tirer avec humour et une finesse qui n’était pas évidente de prime abord.

Le film reste aussi un monument de tendresse et de respect de la communauté portugaise, tout en montrant bien les petits travers des uns et des autres.

La cage dorée

4 Commentaires

  1. C’est marrant il y a quelques temps je voulais écrire un billet sur le problème que me posaient dans ma vie quotidienne les « clichés vrais » – la gardienne de notre immeuble est d’origine portugaise son mari électricien (entre autre exemple, mais celui-là rejoint celui du film) – ; finalement en parlant de ce film c’est toi qui l’as fait.

    1. En plus, quand on fait partie de ces communautés, on est plus à même d’en voir les nuances et particularités, mais finalement aussi de vérifier les clichés. C’est valable aussi pour les homos d’ailleurs. :whistle:

  2. J’ai aussi bien aimé, et j’étais sceptique au début tant ça me paraissait bourré de clichés. Finalement, ne sont pas tellement moqués ceux qu’on croit… c’était très bien vu et très bien fait !

    (oui oui je copie-colle mon propre commentaire, voilà voilà)

    J’ajoute que j’ai une amie qui répond parfaitement à ces « critères » (mère gardienne d’immeuble à Neuilly, père taxi, d’origine portugaise) qui a catégoriquement refusé d’aller le voir, c’est dommage à mon avis elle aurait bien rigolé :)

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