Top of the lake

Top of the lake

Je ne parle pas très souvent des séries que je regarde, ou alors c’est vraiment quand c’est exceptionnel, quand je suis marqué par le fond ou la forme. Et là c’est encore le cas avec cette mini-série qui ne laisse vraiment pas indifférent. La mini-série est un format déjà assez curieux en soi, on n’est pas dans le film, on n’est pas dans le feuilleton qui se suit en une vingtaine d’épisode en plus, on est vraiment juste entre les deux.

Top of the lake est d’autant plus cela que c’est l’œuvre d’une cinéaste de renom, Jane Campion (même si elle n’a pas fait tant de films, et est surtout connu pour l’inoubliable « Leçon de piano »), et j’ai vraiment eu l’impression à la fin de la première saison que je venais de regarder un film. Un film qui dure 6 heures. Jane Campion a pu grâce à ce format original, et qui bénéficie aujourd’hui de productions audacieuses et bien charpentées, se lâcher pour nous donner 6 heures de son talent.

Cela donne une intrigue passionnante et décalée, aux relents d’exotisme et de mœurs rétrogrades, et une qualité formelle assez bluffante. On retrouve en effet la photo de ses films, l’importance des décors naturels néozélandais à couper le souffle, et des personnages aux charismes bien solaires. Nous sommes donc dans un coin ultraperdu de Nouvelle-Zélande, aux abords d’un lac. On retrouve un matin une jeune fille de douze ans, Tui Mitcham, qui grelotte dans le lac, et on découvre rapidement qu’elle est enceinte. Il se trouve qu’une enquêtrice spécialisée dans ce genre de cas est en visite chez ses parents, il s’agit de Robin Griffin (merveilleuse Elisabeth Moss, aka Peggy Olson dans Mad Men) qui habite à Sydney et a fui sa ville de ploucs il y a des années (on sent rapidement que la raison est terrible).

Robin commence à mener l’enquête, mais Tui ne veut rien dire, et tout le monde se connaissant plus ou moins, l’inspectrice a bien des difficultés, notamment avec le père de Tui qui est un malfrat local. En même temps, une congrégation féministe très étrange s’installe au bord du lac et commence une vie en autarcie et en communauté. A la tête de ce groupe de femmes, GJ, jouée par une très inspirée et phénoménale Holly Hunter, est une sorte de gourou et guide spirituel clairvoyant. Tui s’enfuit on ne sait où, et la ville entière se met à sa recherche. Robin pour veiller sur elle, en savoir plus, et protéger la jeune fille enceinte, d’autres gens pour d’autres raisons plus obscures ou inavouables.

L’ambiance est à certains égards très proche de celle d’un Twin Peaks de David Lynch, et on retrouve bien la communauté consanguine, les relations violentes un peu « Far West », la kyrielle de personnages secondaires étranges et attachants, et un rythme plutôt lent sans être lénifiant. Le rythme offre au contraire le temps de se poser, de regarder passer les nuages, et de se transposer dans ce paradis du bout du monde. On ressent d’autant plus la détresse de certains personnages prisonniers de ce coin de nulle part dont étrangement on ne s’échappe pas. Et du coup, le scénario est aussi cousu main, on avance peu à peu, mais chaque épisode apporte son lot de faits et de progressions. Il s’agit juste d’un dosage parfait de dialogues, de plans contemplatifs, d’actions et de bons twists tels qu’on est en droit de les attendre dans ce type d’œuvre.

J’ai beaucoup de mal à voir des défauts à cette série, sinon de me demander comment ils vont bien pouvoir (et redouter le pire) donner une suite à cela. Car la première saison donne toutes les réponses à l’intrigue de base, et se clôt vraiment comme une œuvre intégrale. Les comédiens et comédiennes sont très bons, la mise en scène et les plans sont encore une fois excellents et dotés d’une vraie touche de cinéaste.

Espérons que la série fasse des émules, car cela faisait longtemps qu’une œuvre télévisuelle ne m’avait paru aussi stimulante, nouvelle et complètement emballante.

Top of the lake

3 Commentaires

  1. C’est pas vraiment une série, juste une minisérie « premium » comme ils disent, donc ça n’appelle pas à une suite :)
    (Sinon my 2 cts : Jane Campion, ça m’emmerde ^^)

  2. Une petite merveille, vivement la sortie du Blu-ray pour voir la chose en meilleure qualité!

    Autrement, pas de suite prévue à ma connaissance, c’était du « one shot » (et c’est tant mieux, c’est terrible cette manie de vouloir prolonger sans fin ce qui tient parfaitement bien en une saison)(comme « Prison Break », j’en voudrai toujours aux concepteurs d’avoir cassé la structure en 13 épisodes).

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