Oriented

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Je découvre sans doute un peu tard ce documentaire de Jake Witzenfeld de 2015 par les hasards de la sérendipité netflicéenne. C’est une véritable perle, je vous le conseille ! Le documentaire a une forme très contemporaine avec un style qui frise parfois la téléréalité ou l’autofiction youtubesque. Ce qui défrise carrément, c’est que les protagonistes sont trois homos israéliens et arabes. On suit de manière un peu décousue leur vie, et ce qui fait la particularité de cette « double-minorité ».

Ce sont clairement des vingtenaires de la génération selfie, et nous sommes à Tel Aviv, donc on découvre rapidement 3 mecs gays plutôt biens dans leurs baskets. Des histoires d’amour, de cul, des familles à qui il n’est pas facile de faire son coming-out etc. Mais évidemment la différence, c’est qu’ils sont arabes et qu’on est en Israël, et même à Tel Aviv ce n’est pas toujours évident. Il y a les insultes, l’ostracisme, les blagues mal-placés ou les clichés à la dent dure. Les trois jeunes hommes se retrouvent dans un double militantisme curieux (ou pas) : pro-gay et pro-palestinien. Et malgré tout ce ne sont pas des imbéciles, même si Amman est un certain havre de paix où des fêtes interlopes ont l’air de battre leur plein, il n’en reste pas moins que la société arabe est moins gay-friendly que leur quotidien à Tel Aviv.

J’étais content et surpris d’y retrouver le sentiment de certains potes gays algériens ou d’origine maghrébine. Evidemment je ne compare pas ce que vivent les palestiniens en Israël en termes d’opprobre, mais il y a bien ce truc terrible de se sentir étranger chez soi, et de se réfugier dans une identité culturelle envers et contre ces babtous. Il y a également ces clichés et images qui sont drôles la première fois, mais dont on se passerait bien à la millième assertion maladroite ou carrément xénophobe. On retrouve aussi cette double-minorité, cette envie parfois de chercher un copain de son origine ou sa religion, et cette même lucidité de se dire que cette société là seulement, celle qu’on honnit si facilement, est le ferment de son petit bonheur.

Les 3 gars ont leurs familles et leurs racines chevillées aux corps, et c’est très beau à lire en filigrane de leurs déclarations. Tiraillés pour certains par leurs devoirs de bons fils, en couple pour un autre (avec un juif), impossible pour l’autre de sortir avec un juif, chacun est décrit dans son univers personnel, en même temps qu’en intéraction dans son groupe de potes. Ils vont tous dans les familles des uns et des autres, et les témoignages encore diffèrent. Le documentaire est uniquement un montage de séquences, et il y a vraiment ce côté caméra perso qu’on a mis en route et qu’on a laissé tourner.

Les 3 ont leurs personnalités propres mais sont tous terriblement attendrissants. Evidemment je m’identifie, et je suis certains que beaucoup pourront le faire. Au final, ce ne sont pas des garçons malheureux, et dans un contexte politique pareil c’est presque inespéré, et finalement ça apporte un peu de baume au coeur et d’espoir. On pensera évidemment aux films merveilleux d’Ethan Fox.

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