Goldorak : bourreau d’enfant depuis 1978

En bon gamin de la #Team1976, j’ai eu une enfance dans les années 80 bien imprégnées de télévision pour le meilleur et pour le pire. Parmi les dessin-animés qui nous ont marqué, Goldorak est clairement une des figures de proue. Cet anime de 1978 a été diffusé et rediffusé pendant toutes les années 80 par Dorothée and co. Rétrospectivement, je ne me rappelle pas que ce soit quelque chose de super violent (disons qu’on a vu pire depuis surtout), et j’en garde plutôt de bons souvenirs. On a même souvent tendance à se dire que les dessins-animés d’alors avaient encore quelques qualités de dessins, de scénario ou de personnage. Mais avec Goldorak, force est de constater qu’on partait avec quelques défauts d’une production bien bien cheap.

On voit rapidement que les personnages sont parfois esquissés, les arrière-plans à peine terminés, et l’animation galère de temps en temps à 5 images par seconde. Arf arf. Les doublages sont parfois très approximatifs, mais le pire ce sont les dialogues qui sont confondant de bêtise ou de tragicomédie. En revisionnant quelques épisodes, je vois que les titres sont plus tristes les uns que les autres, c’est affreux !! Je me rappelais bien qu’Actarus était un peu dépressif sur les bords, et que ses comportements sont un peu xanaxés, mais vraiment les titres annoncent la couleur : la fiesta tragique, l’île de la peur, le traquenard de la mort, le festin des loups, la fiancée de la mort, le village écrasé, les massacreurs du ciel, l’exécuteur, les ailes de la mort, une étoile est morte, cinq minutes pour mourir, la grande douleur etc.

Là je vous propose de vous présenter le 12ème épisode de la première saison avec un titre encore très gai : Du sang sur la neige. Nous allons suivre le calvaire de la petite Cassiopée dont les parents vivent et travaillent à l’observatoire du même nom. En effet, nous sommes en montagne et c’est la période de Noël. C’est très niais, mais tout va bien pour le moment.

Mais manque de pot, Hydargos a choisi le même endroit pour installer une base secrète et Golgoth 12 garde l’endroit. Le golgoth déclenche un séisme qui est repéré par l’observatoire du professeur Procyon. Et tandis que le monstre se camoufle sous une gangue de neige, Actarus et Alcor sont envoyés pour secourir les habitants de l’observatoire de Cassiopée. Les parents sont morts (youhou !!), et la petite fille est grièvement blessée.

Nous avons droit à une première séquence surréaliste dont les dialogues sont juste incroyables… D’abord Alcor qui secoue violemment la gamine subclaquante pour qu’elle raconte ce qu’elle sait. Ensuite, on doit l’opérer, mais elle va surement mourir, et de toute façon affirme le chirurgien « si elle ne veut pas vivre elle mourra […] un chirurgien a besoin de l’aide de son malade pour réussir ». Et Actarus qui en une seconde est d’accord pour la charcuter au vu de ces arguments extraordinairement convaincants.

Les dialogues sont à la fois drôles, tragiques et surtout terriblement surannés. Mais bon revenons à notre petite fille qui doit se faire opérer. Le soir-même au ranch du bouleau blanc, elle regarde l’horizon et elle reconnaît la ligne de crête de l’observatoire de Cassiopée. Elle s’enfuit dans la nuit, et elle cherche absolument ses parents dans la neige. L’histoire devient de plus en plus glauque. Elle creuse la neige à main nue, se gèle les mains, et retrouve l’écharpe de feu sa maman.

Ensuite, parce que la situation n’était pas assez triste, on passe de Cosette à la petite fille aux allumettes !! Littéralement, étant donné que la gamine crame des allumettes et pense à ses parents le temps d’une flambée.

Alors qu’elle tombe raide moribonde dans la neige, Hydargos lui envoie Golgoth 12 pour terminer le boulot. Heureusement Actarus vient à sa rescousse, et il lui balance une grande claque dans la gueule pour la raisonner. Mais oui bien sûr.

Alors qu’elle a juste l’air de souffrir d’un banal cas de syndrome de stress post-traumatique, elle est opérée par le fameux chirurgien humaniste. Et on la retrouve dans un fauteuil roulant parce qu’elle se retrouve PARALYSÉE !!! Ouaiiiii. « Nan c’est pas Noël quand on est paralysée ! » nous dit-elle désespérée. Nan mais regardez c’est TERRIBLE ces échanges avec le vieux Rigel.

Bon après, c’est classique, y’a baston contre Golgoth 12 et Goldorak lui met sa race.

Mais évidemment il faut un épilogue !! Et quel épilogue !! Alcor se déguise en père-noël et l’emmène sur un traîneau/OVTerre vers le Prince d’Euphor. A ce moment la petite fille doit rejoindre Actarus en se levant et marchant. Eh bien pas de souci, comme elle est paralysée, elle se fait houspillée par les deux sbires nippons et les fantômes de ses parents qui lui gueulent dessus en lui disant de faire DES EFFORTS POUR SE METTRE DEBOUT ET MARCHER PUTAIN !

Voilà voilà, c’était Du sang sur la neige, un épisode de Goldorak très joyeux et enlevé qui célèbre l’enfance et le handicap. :)

9 Commentaires

  1. Mais elle va marcher cette petite morveuse ! Les enfants de mon temps n’étaient pas choyés comme ça ! Gnagnagna #TeamIlLeursFaudraitUneBonneGuerre

  2. C’est vrai qu’on ne peut pas dire que dans cet épisode, les adultes agissent avec bon sens envers une enfant orpheline et blessée.
    Néanmoins, en terme de bourreau d’enfants, nous avons notre lot d’animé par la suite.
    Pour rappel, Jeanne et Serge où les filles étaient horriblement maltraitées verbalement mais aussi physiquement par leur entraineur ; Olive et Tom où dans un épisode un équipier fait un malaise sur le terrain et on interdit aux joueurs de lui venir en aide. Il reste allongé là pendant tout le reste du match.

    J’aimerais aussi rappeler que la traduction de la version française pour Goldorak n’est pas des plus brillantes si on compare avec le sous-titrage qui a été donné dans la dernière version éditée. Et c’est bien dommage car même les titres sont plus poétiques. Ici pour cet épisode 12 : « La fillette qui traversa l’arc –en-ciel ».

    Pour les deux parties citées (la proposition de l’opération et ensuite la dernière scène), je vous mets les deux textes (le sous-titrage après le /)

    Docteur: Tout dépend de son courage. Si elle ne veut pas vivre, elle mourra. Mais si elle souhaite guérir, elle résistera. Un chirurgien a besoin de l’aide de son malade pour réussir. Comme elle est très jeune, je suis partisan de tenter l’opération. / La réussite d’une opération dépend aussi de la volonté du patient. Le courage face à l’opération et la volonté de vivre sont essentiels.

    Actarus: Je me rallie à l’avis du médecin et je ne ferai plus aucune objection. Réjouis-toi, tu l’auras ton témoin. / Gardons-la au ranch quelque temps. Elle y sera au calme.

    (…)

    Actarus: Pour être digne de rencontrer un prince, il faut être capable de fournir un gros effort. / Regarde. Tu te tiens debout. Allez, un petit effort. Viens.

    Mère de Cassiopée: Fais un effort ma petite fille chérie. Dès que tu auras traversé le pont tu sauras qu’il n’y a rien d’impossible pour peu qu’on le veuille. / Miyuki, accroche-toi. Lorsque tu l’auras franchi, l’envie de vivre renaîtra en toi.

    1. Hello ! Merci beaucoup pour ces précisions et ton commentaire ultra élaboré !! Je suis épaté. :good:

      Bon et surtout, on voit bien que ça a été traduit par des flibustiers qui voulaient même peut-être délibérément saboter le truc (?) , c’est assez fou. Nous pouvons réhabiliter Goldorak. :yahoo:

  3. Bonjour,

    C’est vrai graphiquement que certains épisodes sont moins bien réalisés que d’autres, des équipes différentes ayant été chargées de l’animation.

    Pour les dialogues j’avais lu quelque part que lorsque l’oeuvre Ufo Robo Grendizer a dû être doublée en français, l’équipe chargée de son adaptation dans notre langue ne disposait que d’un résumé de chaque épisode et n’avait donc pas le texte intégral des dialogues qui ont du être réécrits.

    Pour ce qui est de l’oeuvre elle-même, elle a plusieurs degrés de compréhension.
    Ainsi, si on ne voit que le côté « un épisode = un ennemi » elle pourrait être lassante, ce qui n’est pas le cas. Ainsi, elle raconte (surtout dans la première partie) le traumatisme d’un homme qui a survécu à l’invasion de sa planète. La série met aussi le doigt sur des problèmes qui sont toujours d’actualité comme les ressources énergétiques, la pollution, mais aussi les atrocités de la guerre (voir Akérèbe la rouge qui n’est pas sans rappeler je trouve les camps de concentration épisode 15) Malgré ce tableau qui pourrait être anxiogène, la série est contrebalancée par une juste dose d’humour avec des personnages comme Rigel ou Banta.

    Même si l’animation est à présent datée (elle a tout de même 41 ans!) par rapport aux productions d’aujourd’hui bien sûr, Goldorak reste une oeuvre indispensable à voir ou à revoir.

  4. Ben si cet épisode t’as traumatisé refais toi l’intégrale de San Ku Kaï et surtout l’épisode 8 qui est une parabole sur la Shoah.
    Plus globalement je trouve un peu crétin le ton moqueur et tes remarques n’engagent que toi. Goldorak étant la série dont le doublage est le plus réussi ce genre d’articles à la con ne fait que véhiculer des clichés sur les « Japoniaiseries » chères à Sègolène Royal.

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