36 articles pour le mois de Août 2003

  • Cinéphage
Madame Sata

Publié le Jeudi 14 Août 2003 - 17:24
Catégorie: Cinéphage

Ce film est une sacrée curiosité et un OVNI dont je n’ai entendu parlé qu’au cinéma, en voyant par hasard une bande annonce. Je ne pense par qu’il excèdera la semaine vu le nombre de personnes dans la salle hier (premier jour de sortie), et pourtant c’est un très bon film.

Il s’agit d’un film brésilien et l’action se passe à Rio, en particulier dans le Lapa, un quartier chaud, malfamé et populaire. Le protagoniste principal, Joao Francisco dos Santos (1900-1976), est un homme black qui a vécu là-bas et qui est connu en tant que « Madame Sata », son nom de scène en tant que travesti et qui a gagné à plusieurs reprises le carnaval de Rio.

Ce black immense et baraqué oscille allègrement entre la baston à la capoeira (et il est plutôt balaise, il envoie valdinguer comme ça pas mal de flics notamment) et l’envie de se produire sur une scène en diva en chantant des chansons romanesques et tendres dans son lamé dorée. Le film explique toute la complexité de ce personnage qui aspire à jouer les primas donnas, et qui s’adaptant à son modeste milieu (ce n’est pas non plus une lumière) est aussi un petit voyou qui escroque, vole et passe pas mal de temps en taule. Il n’est pas toujours très tendre envers ses congénères, et surprend par des sautes d’humeur inconsidérées.

Du coup, on peu abandonner complètement l’idée du stéréotype pédé. Ce mec est aux antipodes de tout ce qu’on peut imaginer. Et c’est bien ainsi parce que c’est ce qui fait de lui une personnalité riche et singulière. J’ai beaucoup aimé la manière dont c’est filmé avec des plans très serrés et des visages qui mettent en exergue une multitude d’expressions. Les couleurs aussi sont très particulières et montrent le paradoxe entre une palette riche (très Brésil) et une misère omniprésente dans le quartier, tout en nous plongeant dans une atmosphère bouillonnante des années 30.

Le film dépeint une misère intellectuelle et sociale mais dans ce quartier bohème et chaud, où on danse, on crie, comme pour conjurer son malheur. Aussi Madame Sata est à l’image de cette situation. Elle/Il essaie de survivre avec ses armes et son honneur, tout en assumant sa position de black, d’homo et son désir d’être une artiste accomplie. C’est original de suivre le cheminement de ce personnage qui n’est pas particulièrement gentil ou sympathique, qui galère, qui se bat, qui baise et qui essaie de survivre dans cet environnement malfaisant.

Madame Sata

  • Boukinage
Confessions d'un automate mangeur d'opium

Publié le Jeudi 14 Août 2003 - 16:22
Catégorie: Boukinage

J’ai acheté ce bouquin d’abord pour son titre abracadabrant, et puis parce que j’adore vraiment cette collection. Il s’agit de la collection Motifs du Serpent à Plumes, elle propose des auteurs qui sortent de l’ordinaire, souvent de pays étrangers dont on connaît peu la littérature (auteurs grecs ou Balkans…), des romans aux intrigues iconoclastes et toujours singulières, en outre les bouquins en eux-mêmes sont de bonne facture pour des poches et avec des couvertures qu’on reconnaît facilement (avec des motifs justement).

Celui-ci est écrit à quatre mains par Mathieu Gaborit et Fabrice Colin. Ce n’est pas un bouquin qui brille tant par son écriture, mais surtout pour son contexte historique. En effet, l’histoire de situe en 1899, dans le Paris de l’Exposition Universelle et de la rutilante Tour Eiffel. Mais là où le lecteur s’étonne c’est que la description est fantastique. Ce Paris de 1899 est pourtant familier, mais il est agrémenté de détails manifestement futuristes et néanmoins pas anachroniques puisque certains objets n’existent toujours pas aujourd’hui, ou d’autres notions sont purement illusoires. Ainsi, dans ce Paris là, Sarah Bernhardt et le docteur Charcot se déplacent en aérocabs et toutes sortes de machines volantes, tandis que le monde moderne découvre les bienfaits d’une énergie, l’éther. On ne parle pas de robots bien sur mais plus simplement d’automates, automates assez perfectionnés pour servir de thé. L’éther est une énergie dont on ne maîtrise pas encore le pouvoir et dont la dangerosité n’est pas du tout connue. L’ouvrage est truffé d’inventions de ce type (le téléchromo qui est un système de télévidéo) qui contribuent à placer le lecteur dans une curieuse atmosphère à la fois surannée et moderne.

L’intrigue du livre prend la forme d’un thriller dans cette ambiance fantasque, où un frère et une soeur enquête sur le décès étrange d’une amie de la jeune fille. Le frangin est aliéniste à Sainte-Anne et spécialiste des affections psychiatriques liées à l’éther, tandis qu’elle est une célèbre comédienne ex-amante de Sarah Bernhardt (oui, oui une goudou !). C’est un récit très dynamique et dotée d’une histoire policière captivante où on suit l’investigation fraternelle (un peu incestueuse…) avec une sombre histoire de poète shooté à l’éther et à l’opium, d’automate doué de pensée, de politique internationale et de relations diplomatiques franco-anglaises…

Ce bouquin n’est pas un chef d’oeuvre mais il est blindé de charmes. Son un style est enlevé et assez fleuri pour faire 19ème, et ce mélange admirablement dosé entre récit fantastique, contexte (pseudo)historique et thriller est original et vraiment plaisant à lire.

Confessions d'un Automate mangeur d'opium - Mathieu Gaborit et Fabrice Colin

  • Matooyage
Couple en exil

Publié le Mercredi 13 Août 2003 - 12:35
Catégorie: Matooyage

Hier soir, je suis allé dîné avec de très bons amis de M. (dont il fut même témoin au mariage) : S. et R., ainsi qu’une copine de boulot de S. La soirée fut cool même si très arrosée au bien nommé rosé ! M. n’a pas fini bien frais la soirée, et les autres pas mieux, il faut dire qu’en plus il devait faire plus de 30°C au resto où nous étions (au Café Daguerre en fait). En rentrant, M. était plus « horny » que jamais pour mon plus grand et concupiscent plaisir. En ce moment, la canicule a un effet catalytique des plus aphrodisiaques sur mon mec. Miam. D’ailleurs, lundi soir, je devais sortir avec J. mais abattu par la chaleur, je suis resté avec M. chez nous, et on a maté des DVD toute la soirée.

Sinon, dimanche soir, on a dîné aux Marronniers avec O. et F., avec qui j’étais vendredi soir pour fêter le départ de O. en Irlande. La soirée s’est très bien passée, on forme un bon groupe tous les quatre. On s’entend vraiment bien ensemble, et il y a beaucoup de connivence les uns avec les autres. Nous avons pas mal rediscuté du fait que O. partait que ça allait être difficile pour les deux, mais qu’il ne s’agissait que de 6 mois. M. a alors évoqué la possibilité qu’on propose à O. un poste basé là-bas. Ce dernier a dit qu’en effet c’était une solution à envisager mais qu’il n’avait pas la moindre idée de quelle pourrait être sa décision en la matière. Alors M. s’est mis à déclamer un petit discours qui, vous le comprendrez aisément, m’a bien ému. Il faut dire qu’il avait bien picolé et qu’il avait la langue bien déliée et le surmoi bien désinhibé.

Il a simplement annoncé à notre tablée qu’il avait ouïe dire d’un poste d’envergure européenne chez un de ses clients, et situé à Londres. Il est fort bien positionné pour ce job et a évidemment dit qu’il était intéressé pour postuler. Puis il s’est arrêté de parler car il a vu les visages interrogateurs de O. et F. qui me regardaient, tandis que j’affichais la plus impeccable impassibilité. M. étonné par mon manque d’enthousiasme et ma figure toujours marmoréenne, O. lui a fait remarqué que je n’étais peut-être pas vraiment ravis d’être mis au courant en même temps qu’eux. M. a expliqué qu’à notre âge, il faut bouger et que si une opportunité de carrière doit être saisie, il ne faut pas hésiter, et il a ajouté que ça passait avant tout. Là, j’ai atteint des sommets de stoïcisme et je crois que j’allais accéder à l’illumination quand il a dit tout de go que je pouvais trouver du boulot à Londres sans problèmes. Et bah voyons ! Ensuite, il m’a demandé ce qui me retenait ici.

J’ai alors expliqué qu’une kyrielle de choses me rattachent à la France, je suis d’ailleurs choqué qu’il n’en ait pas conscience. Je suis très attaché à ma famille, mes amis, mon pays, ma langue, ma culture. En outre, je ne me vois pas quitter mon boulot et perdre mon indépendance pour aller suivre un mec avec qui je suis depuis un an et quelques mois. Nous avions évoqué le fait d’aller bosser à l’étranger tous les deux (au Canada par exemple) dans 3 ou 4 ans, ce n’est pas du TOUT la même chose. J’ai ajouté qu’on avait tous des priorités dans la vie. Et je n’ai rien dit d’autre.

Finalement, M. sentant la température monter, a expliqué qu’il ne pourrait pas avoir ce poste de toute façon car il a besoin de sa prime de fin d’année de sa boite actuelle et qu’il ne peut pas vraiment bouger avant début 2004. Et puis, il s’est excusé sur le chemin du retour de la manière dont il avait dit cela. Mais nous n’en avons pas reparlé. J’ai compris que malgré nos accointances, nous étions différents sur bien des idées, et peut-être dans mon cas des idéaux.

  • Cinéphage
Nos enfants chéris

Publié le Lundi 11 Août 2003 - 16:28
Catégorie: Cinéphage

Comédie-dramatique, c’est vraiment la catégorie qui, littéralement, convient tout à fait à ce film. C’est une sacrée réussite dans ce domaine de la comédie de la trentaine. Et pour la première fois, la fin du film n’est pas la plus conforme à notre morale chrétienne (crétine) habituelle.

L’histoire est simple et rebattue, Romane Bohringer rencontre par hasard Mathieu Demy en faisant ses courses. Ils étaient sortis ensemble quelques années auparavant et se retrouvent mariés et avec des enfants (un pour lui, deux pour elle). Elle s’invite avec sa famille dans la maison de vacances de son ex… et tout un petit monde se rencontre et interagit ! Les acteurs sont vraiment très bons, et les intrigues construites sur chacun des personnages ainsi que celles entre les protagonistes sont à la fois comiques et dramatiques. Le film reproduit fidèlement les problèmes et interrogations des jeunes couples et de la place de l’amour, la passion, le sexe, l’amitié dans les comportements modernes. Il montre bien la difficulté à concilier ses désirs, son envie de singularité et sa manière de reproduire les schémas parentaux normatifs (se marier, avoir des enfants).

Certaines scènes sont vraiment très drôles avec des personnages qui sont des caricatures vivantes mais dont le trait n’a pas besoin d’être forcé pour qu’on reconnaisse bien des proches. Le mari de Romane Bohringer est un beauf de base, genre de commercial totalement vénal et imbécile, qui fait des blagues à la con, est un obsédé sexuel et macho de première. La femme de Mathieu Demy le laisse prendre en main toutes les tâches domestiques ainsi que la gestion complète de leur bébé, elle est hystérique avec lui et ne veut plus faire l’amour depuis qu’elle a eu leur enfant. Dans la baraque, viennent aussi des amis à eux dont un célibataire endurci qui choisi de continuer à sortir et baiser à tire-larigot, une femme avec un jeune enfant qui le cache à son mec pour ne pas le perdre (elle fait passer son fils pour celui du célibataire) et qui vient de fêter ses 10 ans d’analyse. Ces gens se posent des questions et font le bilan de leurs vies, leurs quêtes de bonheur et les conclusions de certains sont vraiment tragiques.

Donc le film n’est pas bien optimiste quant à la vie en couple telle qu’elle est traditionnellement considérée, puisqu’on se rend compte que de toute façon au bout de quelques années, ça foire forcément. Mais l’intérêt est surtout de voir tous ces exemples de trentenaires qui essaient d’être heureux et en harmonie avant même de suivre les modèles conformistes et traditionnels. Et comme d’habitude, on peut choisir entre une solution pratique, éprouvée et pérenne (le modèle du couple fidèle plan-plan pas très heureux mais stable) et une solution sur-mesure basée sur le sentiment et la quête du bonheur. La difficulté réside bien sur dans la manière de doser cela. La fin du film expose la solution la plus individuelle qui soit, ce qui est une grande nouveauté. Pour une fois les protagonistes ne rentrent pas dans le droit chemin, et ne se réfugient pas dans leurs valeurs et leurs couples. Au contraire, ils décident de vivre leurs envies et leurs sentiments, même si cela bouleverse leur environnement à l’allure si parfaite.

Vraiment, je ne sais pas quelle solution est idéale, puisque évidemment il n’y a pas de solution rêvée. En outre, il y a un aspect frustrant et cruel face au choix cornélien entre conserver sa famille, son confort et sa maîtrise, à tout balancer pour vivre son bonheur, ses vraies envies et perdre ses repères. Quand on s’est marié, qu’on a des enfants et une vie de couple, c’est dur de céder à une impulsion, mais faut-il pour autant y renoncer, sous peine de laisser fuir son bonheur. Comment faire la différence entre une épreuve qui va confirmer son choix de vie (le plus rationnel même si pas le plus palpitant, mais qui est viable et conforme à un bonheur à long terme) ou bien un signe qui vient changer le cours de sa vie et donner l’occasion de se réaliser enfin (tandis qu’on vit dans un marasme qui n’est pas la clef du bonheur, mais simplement un vernis craquelé de bien-être douceâtre) ?

Nos enfants Chéris

  • Cinéphage
Lost in la mancha

Publié le Dimanche 10 Août 2003 - 15:03
Catégorie: Cinéphage

C’est vraiment un documentaire making-off d’1h30 sur un film qui a finalement été abandonné par Terry Gilliam. Je m’attendais à une oeuvre un peu plus élaborée alors qu’il s’agit du docu qu’on pourrait trouver sur un bonus de dvd.

Il n’en reste pas moins que ce qui leur est arrivé sur ce tournage est édifiant, tant en termes humains, financiers, matériels et naturels. RIEN ne marche ! On se rend bien compte des tenants et aboutissants d’une production dans le domaine cinématographique, de tous les gens que cela englobe et de l’imbroglio qu’il faut gérer au mieux.

Le récit est bien mené et il fait la part belle à des scènes plutôt cocasses où la guigne finit par rendre certains protagonistes du film vraiment neurasthéniques et pessimistes. C’est donc assez drôle, mais ce rêve de Gilliam laissé là, c’est vraiment du gâchis. A priori, il aurait racheté les droits aux assurances (oui, ils en étaient à ce point…) et serait sur le point de remonter une production. Le peu de scènes qui ont été tournées donnent une vision d’un film qu’il est affreux de laisser inachevé. Les acteurs (Rochefort extraordinaire, Depp aussi bon qu’à son habitude) et surtout la vision onirique et fantasmatique de Gilliam devraient encore produire un pur chef-d’oeuvre.

Lost in la mancha

  • Magazinage
La Grande-Motte le botte

Publié le Samedi 9 Août 2003 - 17:53
Catégorie: Magazinage

J’ai lu dans Télérama (les sources complètes sont sur l’image scannée) un article qui vante l’architecture de la Grande-Motte. Mein gott !

J’hallucine sur les remarques du journaliste, hors le fait que ce soit un endroit de “tourisme de masse”, à traduire par “bienvenue à beauf-land et racaille-land”. J’en avais entendu parlé, et j’y suis allé en 1999 car mon petit-copain de l’époque y faisait son service militaire dans la gendarmerie dans ce coin. J’ai été effaré de ces pyramides et autres batiments en béton en forme de vague. Je trouve ça HYPRA moche !

Je veux bien qu’on parle d’intérêt collectif, et les arguments du journaliste se tiennent quant à la justesse de la vue architecturale, l’organisation urbaine ou bien les objectifs sociaux mais vraiment c’est horrible ce truc.

Sur Télérama, je ressens vraiment cet article comme dédié aux bobos qui sont à Ibiza et qui trouvent très bien que les pauvres aussi puissent partir en vacances, c’est très social, très gauche catho. Je ne sais pas vraiment bien l’exprimer mais il y a un truc qui me gêne.

La Grande-Motte

  • Matooyage
Soirée d'aurevoir

Publié le Samedi 9 Août 2003 - 17:31
Catégorie: Matooyage

Hier soir, j’étais invité par O. et F. pour fêter le départ d’O. en Irlande pour 6 mois. O. et F. sont deux mecs que M. et moi avons rencontrés sur gayvox et avec lesquels nous entretenons une bonne relation amicale. C’est assez drôle, ils sont sortis ensemble deux jours après nous, donc je les observe pas mal en tant que couple puisque nous avons a priori un comportement qui devrait suivre à peu près les mêmes turpitudes. Et en fait, après un an et demi, nous avons beaucoup de points communs dans la manière dont nous gérons à la fois notre vie à deux et les liens qui nous enserrent les uns les autres.

O. a perdu son emploi il y a quelques mois, et là un de ces anciens directeurs qui est parti bosser à Dublin, lui propose une mission de 6 mois en tant que consultant freelance. C’est carrément intéressant et O. a accepté. F. est du genre indépendant et trouve que c’est très bien pour son mec, mais je sentais tout de même qu’il était un peu tristoune. O., lui, est plus ouvert à ce sujet et n’hésite pas à exprimer à la fois son envie d’aller accomplir cette mission challenge mais aussi son regret de quitter son copain, et la difficulté que cela va représenter. Bien sur, ce n’est pas le bout du monde, et on a toujours tendance à considérer qu’à notre âge il faut saisir ce genre d’opportunités. Néanmoins, ce n’est pas facile de quitter sa ville et son mec comme ça, prendre le risque de mettre sa relation entre parenthèses pendant quelques mois, et donc peut-être en péril. Enfin, je vois ces deux là vraiment amoureux et tellement en harmonie ensemble que je devine que ça va très bien et rapidement se passer, mais je peux comprendre l’appréhension qui en résulte.

La soirée fut sympa, on était au sommet d’un superbe appartement dans le 15ème et les quelques bribes de vent nous permettaient au moins de respirer en ces temps caniculaires. J’ai fait la connaissance d’amis d’O. très cool et plutôt marrants, j’ai pas mal discuté notamment avec son meilleur ami A. Ce dernier est à première vue du genre pédant mais avec indéniablement une énorme culture et beaucoup de discernement. Il est surtout à priori très gentil et pas bégueule en définitive.

Je me demande comment je réagirais si je devais partir 6 mois à l’étranger, ou si c’était le cas pour M. Je crois que vraiment ça me les briserait menus, même si je ne pourrais pas l’empêcher. Mais clairement, si j’avais l’occasion de définitivement m’installer et bosser à l’étranger sans mon copain, je pense que je refuserais raisonnablement cette offre. Dans mon système de valeur, c’est l’amour d’abord. Et c’est tellement instinctif que c’est sans regret. Je me souviens avoir refusé un CSNE à San Francisco parce que je venais de rencontrer un mec. Arf. Dire que ce con m’a largué deux mois plus tard, et que je m’étais grave retrouvé dans la mouise pour feinter l’armée. Mais pas de regret, il fallait vivre ces moments d’amour, et le sacrifice réalisé pour cette quête en valait largement la peine.

  • Cinéphage
Le Royaume des Chats

Publié le Samedi 9 Août 2003 - 3:49
Catégorie: Cinéphage

Mais qu’il est génial ce Miyazaki (ce n’est pas lui qui a réalisé, mais il est largement instigateur du projet) ! J’ai adoré ce dessin-animé. Il est tout à fait dans la lignée des précédents, même s’il ne possède pas l’ampleur et la dimension onirique ou mythique du Voyage de Chihiro ou bien Princesse Mononoke. Mais c’est une intrigue passionnante et charmante, avec des personnages attachants et drôles dans un cadre proche de celui d’Alice au pays des merveilles.

Haru est une jeune fille qui sauve un jour un chat des roues d’une voiture. Ce dernier est en fait le prince du Royaume des chats. Pour le remercier, le roi invite Haru au Royaume et manigance un stratagème pour la transformer en chatte et lui faire épouser son fils. Mais c’est sans compter sur quelques énergumènes du Ministère des Chats qui vont aider Haru à se sortir de ce mauvais pas.

C’est un film idéal pour les gamins, mais ça m’a fait un bien fou à moi aussi. La bande son est un peu moins travaillée que pour les autres production, mais c’est un régal en comparaison des dessins-animés qui sortent en salle (les Disney and Co.).

Le Royaume des Chats

  • Cinéphage
Terminator 3

Publié le Samedi 9 Août 2003 - 3:39
Catégorie: Cinéphage

Je suis un fan du premier opus. J’ai attendu le second des années plus tard avec beaucoup d’impatience et de candeur. Je me demandais comment ils allaient récupérer le scénar, si le lien serait crédible ou pipoté, comment ils allaient faire passer Schwarzy pour un gentil, etc. Et le deuxième épisode fut une énorme surprise, tant en matière d’effets spéciaux (première utilisation du métal liquide avec un bon brouillon pour Cameron dans Abyss) que pour le scénario. En outre, le personnage de Terminator est à la fois sympathique et reste tout à fait compatible avec l’esprit du premier. On est évidemment dans un film grand public qui fonctionne sur des effets spéciaux, mais c’est un très bon film d’action, servi par des acteurs corrects et surtout qui surprend. C’est bien le plus difficile dans les suites, une fois passée l’effet de surprise il faut trouver autre chose sinon le spectateur se lasse des effets répétés (X-Men 2, Matrix 2).

Et bien Terminator 3 est plutôt décevant en terme d’originalité. Schwarzy fait vraiment bien ses 50 ballets passés et ça se voit beaucoup beaucoup, ses dialogues sont proches de ceux de Morpheus dans Matrix (heum heummm) et son humour est presque déphasé avec son rôle (je ne comprends pas, alors que ça passait bien dans le 2), je n’ai pas trop aimé la prestation de John Connors, il a absolument fallu lui dégoter une meuf (pfff), Sarah Connors est pas dans le film (rhaaaa elle n’a pas voulu reprendre le flambeau, quel dommage !), le TX est un squelette recouvert de métal liquide en forme de bonne meuf (waaaaaao l’originalité)…

Bref, c’est du blockbuster pur porc. Oh mais ça se laisse voir car l’action est correctement menée, les mandales et les baffes pleuvent, les bagnoles explosent, Schwarzy et la SuperBonneMeuf se torgnole à qui mieux mieux etc. Mais l’histoire est vraiment moyenne. Seule chose qui sort un peu de l’ordinaire, c’est le dénouement carrément péssimiste. Mais le film n’est pas accrocheur, pas punchy, pas singulier… bref, ça manque de peps. Le 4 risque vraiment de friser la cata, je crois qu’il vaut mieux arrêter là.

Terminator 3

  • Boukinage
Au bout du labyrinthe

Publié le Vendredi 8 Août 2003 - 19:47
Catégorie: Boukinage

Philip K. Dick a toujours été un auteur que je redoutais et qui m’impressionnait avant même que je le lise. Mon père en était fan mais m’avait toujours dit que c’était un écrivain ouf et pas toujours très accessible car tellement perché dans son écriture que l’on se perd dans des codes et des intrigues imbriquées. Et puis, il est l’auteur de nouvelles ou romans qui ont produit parmi les meilleurs films de SF et dont certains films cultes pour moi : Blade Runner, mais aussi Minority Report ou bien Total Recall et un moins connu mais que j’aime particulièrement : Planète Hurlante.

Et j’ai remarqué récemment, qu’il était publié dans cette collection que j’aime bien : 10/18 domaine étranger. Alors j’ai commencé par lire Ubik et j’ai complètement accroché. J’ai terminé récemment « Au bout du labyrinthe » et ça a confirmé tout le bien que je pense de cet écrivain.

Ce n’est pas tant dans la qualité de l’écriture que réside le génie de K. Dick que dans la sagacité de ses intrigues et sa clairvoyance dans une habile manière d’agencer des problématiques sociétales dans le futur. Il n’insiste jamais sur la technique, mais dépeint des moeurs complètement étrangers avec brio et un sens extraordinaire de la psychosociologie. Certaines description sont incroyables et j’ai mieux compris quand j’ai lu qu’il avait écrit justement ces passages sous acide.

Ce bouquin en particulier est déroutant et génial car il met en scène des personnages mystérieux qui obéissent à un système théologique à la fois proche de nous mais comme ayant subi une énorme évolution par syncrétisme successif au fil des millénaires. Il y a donc beaucoup d’ironie mais aussi une justesse hallucinante (au propre et au figuré) dans la manière dont les protagonistes vivent leur religion. L’histoire est un peu difficile à résumer, il s’agit en gros de personnes qui ont émis des « prières » pour changer de boulot et de planète. Ces « prières » ont été entendues et exaucées, et ils se retrouvent en mission sur une planète inconnue et plutôt sauvage. La mission est mystérieuse pour tous, et le message qui devait leur donner des informations a été détruit. Ces gens sont bizarres et ont des réactions très inhabituelles et psychologiquement très « marquées ». On suit en gros leur pérégrinations jusqu’à leur découverte de la véritable raison de leur présence et bien plus encore. Avec K. Dick, ce qu’on croit est toujours balayé d’un revers et jusqu’à la dernière page, rien n’est sur.

Au bout du labyrinthe - Philip K. Dick