36 articles pour le mois de Août 2003

  • Matooyage
Multi STAR : Gay, gay, gay, ils assument leur homosexualité

Publié le Jeudi 7 Août 2003 - 15:57
Catégorie: Matooyage

M. a trouvé ce magazine peoplesque à Saint-Briac et l’a tout de suite acheté pour qu’on se rende compte de la manière dont ils avaient évoqué le sujet.

Je suis assez circonspect car vraiment c’est à la fois un grand classique du magazine d’entrée de gamme, mais la manière dont ils ont traité le sujet est vraiment très engagée pour ce genre de publication, et sur le coup très gay friendly.

C’est le top du journal people de bas étage qui recycle à tout va et fait les fonds de tiroir pour un Numéro 4… Le mag n’a quasiment pas de rubriques et une seule pub uniquement sur la page de dos (donc ne va pas durer longtemps je subodore). Il s’agit d’un alignement de « gens célèbres » dont on disserte sur l’homosexualité connue ou supposée avec plus ou moins de bienséance et clairvoyance. Désopilant. Et la présence de Mitterrand en première page est assez drôle, sur le coup je me suis demandé s’ils lui avaient aussi découvert une sexualité cachée, mais non c’est simplement l’évocation de la dépénalisation de l’homosexualité en 81.

Néanmoins, j’ai été surpris de la teneur de l’édito, et de celle des articles en général. En effet, le rédacteur est extrêmement gay friendly est même politiquement très à gauche je trouve.

« Bien heureusement, les mentalités évoluent et font enfin reculer les pires préjugés ancestraux sur les homosexuels.
[...] Des aveux pas toujours faciles à faire dans une société où le retour à l’ordre moral le plus obscur nous menace depuis un certain 21 avril 2002… »

Il évoque le courage des personnalités qui ont dit la vérité sur leur orientation sexuelle, il les remercie de ce qu’ils ont apporté par leurs exemples à émanciper d’autres gens.

« Grâce à leurs confessions magnifiques de courage, ils ont aidé des milliers d’adolescents vulnérables à se sentir plus libres, déculpabilisées, à tout simplement s’accepter, à être eux-mêmes !
Refusant les mensonges et les faux-semblants, ces stars courage, admirables de pudeur, sont des pionniers de la vérité qui font progresser la civilisation.»

Bon il se touche un peu, mais il faut admettre que c’est bien engagé pour un torchon de ce genre qui se targuent d’être le « journal des révélations ». Et dans tous les articles, on retrouve ce même ton très sympa avec les personnalités évoquées et une certaine volonté de montrer ces gens sous leur meilleur jour.

Multi STAR le journal des revelations - Arf arf arf

  • Matooyage
Du rêve à la réalité

Publié le Jeudi 7 Août 2003 - 1:59
Catégorie: Matooyage

Me revoilou à Paris. Je suis à la fois content d’être rentré, et en même temps complètement désemparé d’être ici seul sans M. Ses bras et son odeur me manquent déjà… Pou ! Enfin, il reste quelques jours chez ses parents et me revient en fin de semaine. Je vais mettre ce temps à profit pour prendre soin de moi (je ne suis pas assez attentif à mon bien-être), voir Diego et surtout essayer le moins possible de penser à mardi prochain… au taf quoi. Arrggggh ça y est, j’y pense… Aaaaaah.

Bon mais le titre du post concernait tout autre chose. En vacances, je n’étais pas très concentré et seul pour écrire. Là, je me sens plus disert et reprends mes pérégrinations.

Vous vous souvenez de Gérard de Nerval et de son Allée du Luxembourg, c’est un poème que j’avais appris à l’école il y a bien longtemps, et bien je me fais aussi des films bien graves en cinémascope et technicolor.

Souvent je rêve moi aussi et cela tout éveillé, j’ai l’esprit qui divague et j’aime bien ça, je ne crois pas à ce qu’on m’en dise que ça soit le cas pour tout le monde. Ouai ok, j’ai 27 ans, mais la plupart du temps, tout démarre d’une action banale qui se passe sous mes yeux et d’une attitude plutôt contemplative et neutre de ma part. Je suis dans le train, ou bien en bagnole, ou alors en train de faire bronzette au soleil. Quand on ferme les yeux, on rêve tout de suite, on est dans ses pensées en fait et elles peuvent tout à fait être imagées et prendre une forme onirique. Et bien, quand je laisser flâner mon regard, mon rêve prend très souvent la relève et continue l’action comme bon me semble. Evidemment, je suis toujours une espèce de héros ou de démiurge essentiel à l’action, et au centre de l’événement. Cela doit être l’évocation d’un sacré orgueil de ma part encore une fois. Cette manière que j’ai de me projeter en héros ou sauveur est aussi, je pense, le reflet de bien des peurs, d’une grande insécurité, et de pas mal de complexes.

Certains rêves sont récurrents et sont de reflets de désirs de gamins. D’ailleurs je crois que c’est la fibre la plus authentique de ce qu’il me reste de mon esprit de môme. Finalement mes rêves éveillés n’ont pas beaucoup changés et sont toujours autant scotchés à certains mythes. Ces images et situations qui reviennent souvent sont celles du justicier. Souvent, je suis à la rescousse d’une catastrophe avec une gamme de super pouvoirs plus ou moins collés à la réalité. En gros, j’évolue d’une « super Jamie » aux gambettes bioniques jusqu’à un vrai héros de comic à la X-Men. Mon imaginaire s’est toujours nourris de beaucoup de bédés (notamment les Marvel), de dessins animées, et de films. C’est de là que j’ai tiré beaucoup de mes trames de rêve. Il est donc courant que tout en marchant dans la rue, sur le trottoir, je croise une suite de petits poteaux métalliques, du genre de ceux qui empêchent les bagnoles de se garer, et que je m’imagine alors me faisant agresser, réussir à les arracher du sol avec une certaine maîtrise d’un champ magnétique que j’aurais créé à cet effet (du genre de Magnéto dans X-Men) pour me débarrasser de mon vilain. Evidemment, ces visions fantasmatiques sont adaptées au contexte, c’est ainsi que croiser un joli garçon dans la rue me fait autant, voire plus, divaguer (avec moins de super pouvoirs à l’appui sinon celui d’un irrésistible sex appeal). Et souvent, il ne s’agit que de faire des choses que personne d’autre ne pourrait faire, des choses incroyables telles que voler d’un immeuble à un autre, ou simplement flotter dans les airs. Parfois, je me prête une certaine faculté à la télékinésie qui me permet de déplacer des choses et de faire bien des prodiges. Et comme dans le poème, un simple bruissement ou un mouvement inopportun peut me réveiller de ma torpeur. Alors c’est comme on passait brutalement de l’image de mon rêve à celle voisine de la réalité. Les personnages disparaissent en un instant, les poteaux regagnent sagement le bitume, finalement le beau mec ne s’est pas retourné, et je continue sobrement ma route.

J’en ai parlé à M. qui évidemment me prend pour un fou (ndla – il a raison). Ces visions oniriques ne sont jamais réelles sauf quand je dis à M. que je me vois en train de faire des cochoncetés avec lui, alors on arrive aisément à passer directement de la théorie à la pratique ou bien du rêve à la réalité.

  • Matooyage
Ker Argonid

Publié le Mercredi 6 Août 2003 - 2:57
Catégorie: Matooyage

J’avais parlé de mon histoire de Victoria Mélita au cousin de M., et il m’avait dit qu’il voyait tout à fait où pouvait se trouver sa maison (bizarrement pas du tout à l’endroit de la stèle en granit). Et en effet, je suis allé à quelques dizaines de mètres d’ici vers la rue du Grand Duc.

Chemin du Grand Duc

Et je suis tombé sur la villa qui était évoqué sur les divers sites : Ker Argonid.

Plaque de Ker Agonid Villa de Ker Argonid

Elle ne paye pas vraiment de mine, mais c’est une jolie bicoque. Décidément, cette histoire aura été un des éléments marquants de mon séjour de cette année.

Et sinon en donnée top fashion peopolistique, hier je suis allé à la plage et j’ai installé ma serviette à deux pas d’Emmanuel Chain, tandis que ce matin Frédéric Beigbeder a pris ses croissants à la boulangerie devant moi. Je savais bien que j’étais dans un temple de la bourgeoisie versaillaise, mais là je vais de Charybde en Scylla. Mouarrrrf.

  • Matooyage
Last night, but not least

Publié le Mercredi 6 Août 2003 - 2:50
Catégorie: Matooyage

C’est la dernière nuit à Saint-Briac. Demain, je repars sur Paris avec J. et E., M. quant à lui reste jusqu’à la fin de la semaine chez ses parents. Je suis assez content d’avoir quelques jours pour moi à Paris, puisque A. ne sera pas non plus de retour de suite.

Je suis monté pour taper ces quelques lignes alors que les autres sont en bas à converser sur divers thèmes. La soirée est encore bien arrosée et j’en suis à l’habituel moment où je ne me sens plus assez en phase pour suivre, argumenter ou même m’immiscer dans certaines conversations. J’en déduis qu’il faut que je fasse au moins une pause pour m’isoler et puis j’y retournerai plus tard. M. est aussi imbibé que les autres, mais pour le moment il n’est pas pénible, espérons que ça dure. Ce n’est pas facile d’être sobre dans cette société, croyez-moi !

Il est clair que lorsque je suis en soirée et que l’alcool coule à flot, il y a un moment où je passe, opportunément ou pas de protagoniste à spectateur. Cela ne m’embête pas, j’y suis même plutôt habitué depuis pas mal d’années. Je suis capable d’aller assez loin dans le délire sans substance, mais à un moment le déphasage intervient à un niveau tel que je dois me couper un peu d’autrui pour simplement recharger mes accus.

Diego (‘tain j’en ai ma claque des Di et des Do et des V.) m’a appelé aujourd’hui, c’est cool on se verra dès jeudi et pas mal même jusqu’à son départ en week-end. Ce bougre s’est déjà trouvé un mec ! Je suis extrêmement content de le sentir déjà si énamouré de quelqu’un, ce n’est pas une midinette et pour que ce soit arrivé si subrepticement, je ne doute pas que le jeu en vaille la chandelle. En effet, il a rencontré ce Sébastien deux jours avant de partir au Mexique en vacances, et à peine rentré, ils ont concrétisé leur affaire. Ce qui est cool, c’est que c’est un ami de H., qui est un des meilleurs potes de Dieg. Cela en plus de ce que Diego m’a dit me fait penser que je vais moi aussi bien kiffer l’hidalgo quand je le rencontrerai.

  • Matooyage
Vacances moribondes…

Publié le Samedi 2 Août 2003 - 21:30
Catégorie: Matooyage

Et ouai… Je n’ai absolument pas envie de reprendre le boulot, donc jusque là tout va bien. Je ne suis pas malade. Néanmoins, j’ai bien envie de retrouver mon appartement et mon territoire après plus de deux semaines ailleurs. Je rentre mercredi prochain, cela me laissera quelques jours pour me réacclimater à Paris et ses faubourgs. Je pense que j’en profiterai pour voir Di et faire quelques expos et bonnes balades avant de reprendre le taf avec le stress de la rentrée.

Nous sommes 8 en ce moment à la maison, d’autres nous ont quittés et certains rejoints. L’ambiance est toujours aussi bonne et le temps magnifique améliore encore la qualité du séjour. On ne fait toujours pas grand-chose de très productif, et dieu que c’est bon. C’est en gros, piscine le matin et plage l’aprème avec interlude badminton, pétanque et entracte scrabble ou Uno. Bref, il s’agit de bonne glandouille bien de chez nous !

Je suis content les vacances sont vraiment l’occasion de me réconcilier avec la presse écrite. M. achète Libé tous les jours même à Paris mais je ne prends jamais le temps de le lire en entier. Là c’est tous les matins le rituels des journaux avec Libé et une fois par semaine le Canard Enchaîné et Charlie Hebdo. M. a même acheté « Minute » pour que nous sachions de quoi il s’agissait. Une bien curieuse publication au demeurant, j’en suis resté interloqué. Evidemment, l’oisiveté estivale requiert aussi l’achat et le partage compulsif de revues tout aussi brillantes telles que Voici, Gala, Paris Match ou un petit nouveau que je trouve particulièrement bien markété : « Public ».

Sinon, je n’en ai pas parlé précédemment mais V. ne vient pas à Saint-Briac. Je suis bien dégoûté mais bon… such is life ! Elle a trouvé un job et un appartement en quinze jours, je suis super fier d’elle. Elle ne pouvait pas tout faire sur le coup, alors ses (nos) vacances sont passées à la trappe. Enfin elle n’est pas la plus mal lotie à Montpellier. Arf.

  • Boukinage
La disparue du Père-Lachaise

Publié le Samedi 2 Août 2003 - 21:26
Catégorie: Boukinage

Comme je l’avais écrit précédemment, je voulais me procurer le second opus de Claude Izner (pseudonyme de deux soeurs écrivains en fait). C’est chose faite et je ne regrette pas du tout cette lecture estivale. J’ai dévoré en deux jours cette nouvelle histoire de Victor Legris, le détective-libraire de la fin du 19ème à Paris, rue des Saint-Pères.

Pour dire vrai, j’ai même trouvé ce bouquin meilleur que le premier. On pourrait croire que les suites sont toujours une resucée de celui des origines mais quand on lit ce genre de série, on finit par avoir des préférences selon les situations et les intrigues. Ce livre là est encore mieux écrit et les incursions de l’histoire de cette fin de siècle sont plus intelligemment et subtilement intégrées à l’intrigue en cours (canal de Panama, occultisme à la mode, épidémie d’influenza…).

Enfin l’histoire en elle-même est palpitante, les rebondissements haletants et les personnages à la fois hauts en couleur et attachants. Décidément, j’aime beaucoup le couple formé par Tasha et Victor, mais enfin ça c’est mon côté midinette. Dans le premier bouquin, je me souviens que j’avais trouvé la fin un peu bâclée, ce n’est pas le cas ici, même si de la même manière on se retrouve avec un dénouement assez abrupt et précipité (mais qui conserve toute logique et est très intelligible).

Et c’est encore la description pittoresque et véridique de la ville de Paris en 1890 qui donne beaucoup de charme au récit. Je me plais à lire les aventures d’un personnage dans les rues dans lesquelles moi-même je vagabonde plus d’un siècle (et un millier d’années lumière culturellement) après. On suit l’évolution de Victor Legris à travers les quartiers de Paris et dans des endroits dont les remugles sont encore présents dans nos esprits. J’ai hâte de lire le troisième !

La disparue du Pere-Lachaise - Claude Izner