MatooBlog
Pectus est quod disertos facit

Dimanche 30 Novembre 2003

Matooyage Catharsis de l’écriture

Classé dans: Matooyage — @ 22:16:47

Hier, invité par une copine de taf de M., nous allés prendre un verre à l’Amoldobar dans le 2ème, où un écrivain signait ses deux bouquins. Cet écrivain, Gonzague de Larocque, est médecin et sexologue, il doit avoir à peine trente ans et il est l’auteur d’un premier roman qui narre son itinéraire et notamment l’acceptation de son homosexualité. Il m’a dit l’avoir écrit sous le pseudonyme Gonzague La Tour de Mossart afin de respecter la vie privée de ses parents, dont il racontait largement l’histoire dans son roman. Il vient de publier « Les Homosexualités » dans la collection « Idées Reçues » aux éditions du Cavalier Bleu. Cet essai compile les poncifs et banalités les plus courantes entendues de-ci de-là, et dont l’auteur démonte une à une les origines et les positions sous-jacentes. J’aime beaucoup la manière dont les chapitres sont agencés et intitulés, cela donne vraiment envie de se plonger dedans et de découvrir comment il a évoqué ces sujets.

Sommaire - Les homosexualites

Cet écrivain a déjà une première qualité : il est vachement sexy. Ah ouai, c’est un sacré beau mec. Joli sourire franc et rieur, barbe naissante, petites binocles d’intello et un rien de sagacité et d’espièglerie dans sa manière de parler. Bon, j’ai donc acheté ses deux bouquins pour me les faire dédicacer. C’est drôle, c’est sa maman qui se chargeait de vendre les livres du fiston, une maman charmante, très du genre à appeler son fils « Gonzague ». ;) Je vais lire ces ouvrages dès que j’aurais fini le gros roman dont j’ai ingéré déjà la moitié (et qui me remue grave les tripes). J’avais entendu parlé de l’écrivain car il avait participé à une émission de Delarue au début de l’année, mais je n’avais pas eu la curiosité de pousser plus loin mes investigations.

Son premier bouquin : « Des Aveux, Chronique d’une enfance homo » est articulé selon le récit qu’il a fait à une tierce personne de son enfance et surtout de son parcours en tant qu’homo, de ses premiers émois, à l’édification de sa personnalité dans un environnement qui n’est pas dénué d’obstacles à la naturelle réalisation de soi. En le feuilletant, il est clair que je me retrouve dans pas mal de situations décrites. Je suppose que cela a du être une extraordinaire manière de s’exprimer et d’exorciser une période difficile de son existence. C’est aussi indéniablement une manière de communiquer avec ses parents, ainsi qu’une sensation de parler à d’autres homos et de vouloir les aider à mieux appréhender leur sexualité (sous un angle d’ailleurs pas uniquement sexuel). Je me dis que le blog c’est aussi cela pour moi, non que mes parents le lisent (who knows ?), mais une véritable catharsis qui libère et formule ce qui reste en soi, ou prend une autre forme que lorsqu’elle s’exprime oralement (une forme bien plus teintée de subjectivité dans mon cas).

L’auteur a très sympathiquement dédicacé ses deux livres pour moi, et m’a expliqué l’origine du pseudonyme de son premier roman. En effet, dans “Gonzague de la Tour Mossart”, “Mossart” vient de la juxtaposition des premières syllabes des deux héros des “Amitiés Particulières” de Peyreffite, livre culte s’il en est, Alexandre Motier et Georges deSarre.

Le soir, j’ai rejoint Donato et Virginie, cette dernière étant à Paris pour le week-end. Nous sommes allés dîner au « Chant des Voyelles », rue des lombards, toujours aussi moyen (mais acceptable cette fois) niveau bouffe et déplorable concernant le service. Mais bon, on a passé un bon moment ensemble à bien tchatcher et ironiser sur notre sort. Nous étions tous les trois en train de nous étendre sur nos problèmes conjugaux respectifs, quand nous avons percuté sur une singulière identification. C’était clair ! Virginie était Charlotte, j’étais Carrie et Donato était Miranda. Et cette trainée de Samantha qui était encore en train de courir la gueuse, c’était bien sûr Diego. Mouarf.

Mais bon il y a déjà un blogueur qui porte bien son nom et mérite de porter haut l’exégèse. Je ne ferai pas un palimpseste de mon blog pour me bradshawiser plus que je ne suis déjà. :mrgreen:

Des aveux - Gonzague de la Tour Mossart Les homosexualites - Gonzague de Larocque

Vendredi 28 Novembre 2003

Matooyage Un oide dans le uc ?

Classé dans: Matooyage — @ 18:23:07

Imaginez un peu… mes collègues mâles et moi dans un grand bureau. L’un deux m’interpelle et me dit, « Oh tiens tu sais pas, y’a machin qui est allé au Dépôt avec deux potes à lui samedi soir par erreur ! ». Et suivent évidemment tout une kyrielle de « arf arf, ourfourf, mouoooorff » mâtinés de « Oh et il a fait gaffe à ses seufs au moins ?!! Ha ha ha. ». Je souriais pensivement en me disant que si je ne les avais pas préalablement briefés sur ce club privé, haut lieu de la culture chic et intellectuelle du gay Paris, ils ne joueraient pas les initiés comme ça.

Mais j’ai surtout été très étonné de ce tabou si limpidement exprimé au sujet de leurs postérieurs, et du danger de s’en approcher de trop près. C’est alors qu’une idée méphistophélique a traversé mon esprit pervers, j’ai fait un grand sourire et j’ai dit : « Hey les mecs, il y a un truc que je ne comprends pas chez les hétéros. Mes copines me racontent qu’elles mettent des oides à leurs mecs et qu’ils adorent graaaave. Alors ? Elles me tchatchent ou alors vous êtes has-been, ou alors vous jouez vraiment les vierges effarouchées ». Et ouai, c’est la mode, les mecs hétéros maintenant, ça jouit du cul comme tout le monde.

Et là chers amis, il fallait être là, il ne fallait pas manquer ce prodigieux spectacle de stupéfaction de groupe. Vraiment vous avez raté la décomposition instantanée de cinq visages de mecs, hilares une seconde auparavant, qui tentaient d’assimiler une information indigeste. Et bien pris au dépourvu, il s’agissait de ne pas trahir, ou bien un étonnement démesuré (quoi ? t’es pas au courant… pff quel has been alors…) ou une impassibilité excessive (ah bon ? tu te fais prendre des oides dans le uc par ta meuf et tu kiffes ?). J’ai donc eu droit à un éloquent silence, et une gamme d’expressions faciales qui aurait donné du travail à un physiognomoniste ambitieux.

Et les statistiques parlent d’elles-mêmes… l’un ignorait tout de cette barbare pratique, deux étaient offusqués et rétorquaient avec force que « non non ! » ce n’était pas leur truc, même s’ils aimaient varier les plaisirs (ça devait être une précision pour me rassurer de leur statut d’étalon), et un dernier (le plus fashion c’est vrai) qui ne disait rien et s’est replongé dans son boulot. Et moi d’insister : « et bien alors, vous savez ce qu’il vous reste à faire pour être dans le coup ?! ». Les types se sont mis à jacasser entre eux, et fashionboy a fini par dire « Hey Oh, les gars ?!! Ne me dites pas que vous n’avez jamais…. Héééé alleeeeeez ! ». Et puis la conversation a vite obliqué sur des problématiques moins sujettes à polémique.

A mon avis, il va y avoir des expérimentations dans les chaumières ! Avant de partir en week-end, j’ai rajouté : « n’oubliez pas votre Rénova, enfin je parle pour vos copines quoi… ».

Cinéphage Finding Nemo

Classé dans: Cinéphage — @ 16:26:57

Je le mets en anglais le titre, c’est carrément plus juste que la traduction française. En effet, le papa de Némo, Marlin, est à la recherche de son fils unique qui a été un peu trop imprudent et s’est fait capturer par un plongeur. Marlin est surprotecteur à l’égard de son fils qui a une nageoire atrophiée et dont il craint toujours qu’il lui arrive malheur. En fait, Némo est le survivant de toute une portée qui fut dévorée par un méchant poisson (genre brochet) qui avait aussi tué sa maman. Némo en a ras les écailles que son père le couve comme ça, et le premier jour d’école il s’écarte du récif rassurant pour barboter en pleine mer. Manque de pot, il se fait embarquer par un dentiste amateur de plongée, et se retrouve dans l’aquarium du cabinet d’orthodontie.

Ce film d’animation est un chef-d’œuvre à tout point de vue ! Techniquement nous sommes de nouveau confronté à un Studio Pixar qui atteint des sommets de virtuosité artistique en 3D. Les fonds sous-marins sont à la fois incroyablement réalistes et en même temps on perçoit encore ce côté lisse et le rendu particulier de la 3D. Et j’aime bien cet effet singulier, ce n’est pas du dessin et pas non plus la réalité. Les couleurs sont fabuleuses, et on se croit vraiment en plein océan pacifique.

Le scénario est inspiré de Disney, mais il a cette touche Pixar qui le rend beaucoup plus dynamique, moderne et surtout il y a un fou qui a inventé des personnages et un scripte d’un humour irrésistible. La salle était vraiment toute entière hilare grâce à des scènes humoristiques mais aussi des personnages et des dialogues truculents et savoureux. Marlin cherche Némo dans l’océan, accompagné de Dory qui m’a fait mourir de rire, et ils rencontrent toute une galerie de bestioles qui sont prétextes à des tribulations désopilantes. Le petit Némo est dans son aquarium à Sydney et fait la connaissance de la faune locale qui est un peu maboul à force de rester dans cet environnement artificiel. Il y a même un français !! Jacques est une crevette qui nettoie l’aquarium avec une grande ferveur, et qui scande même quelques phrases en français dans le texte.

Et puis, ça a beau être une histoire d’amour filial entre un poisson-clown et son fils, j’ai été super ému par le film et l’intrigue. Donc il faut voir ce film d’animation qui est une merveille du genre et qui lie humour, sentiments et esthétique de l’image.

Finding Nemo

Matooyage L’art de la concision

Classé dans: Matooyage — @ 14:55:36

Ouai ben j’ai au moins trouvé un truc où je suis nul. J’ai du être trop influencé par des aphorismes comme « plus c’est long, plus c’est bon » ou des trucs de ce genre.

Mais je démarre sur une idée et je brode et je brode. Et puis j’ai surtout cette manie de d’expliquer un peu le pourquoi du comment et d’arriver à des digressions trop importantes. Enfin, les assertions jetées comme ça, c’est pas non plus mon truc… Je ne veux pas non plus saouler les gens, ni non plus faire de mon blog un OMNI (Objet Marketing Non Identifié).

Bon ben c’est décider je continue comme avant, en essayant simplement de mettre moins de viande superflue et surtout de circonvolutions pédantes (ça ouai, chuis fort). Allez hop !!

Du coup, là, j’ai fait pire que tout. C’est un post qui, intrinsèquement, ne sert à RIEN (mais il est court hein !?). :euh:

Jeudi 27 Novembre 2003

Matooyage Communautarisme communautaire

Classé dans: Matooyage — @ 18:31:47

La communauté… c’est vraiment une notion qui me trouble. J’aurais peut-être étudier un peu de sociologie pour m’éclairer, car je tangue toujours entre optimisme et pessimisme dans ce domaine. La communauté en tant que regroupement de personnes selon un intérêt commun, ce rassemblement qui constitue une « famille qu’on se choisit » est un formidable instrument pour la société, pour la démocratie et finalement pour l’expression de chacun. L’union fait la force dit-on. Enfin, on dit aussi à juste titre : « Diviser pour régner ». Je pense que les communautés sont des outils d’expression des minorités et un vecteur de progrès social indéniable, mais aussi une voie royale pour une ghettoïsation et une stratification sociale néfaste à la société. Je pense qu’on doit tous se considérer comme, avant tout, des citoyens, ensuite viennent se greffer des appartenances à des groupes divers et variés qui expriment simplement notre richesse culturelle, et le fait ineffable que nous sommes tous des individus unique. Le challenge est donc de réussir à exprimer une différence en tant que richesse culturelle et mise en commun par un groupe d’une culture spécifique, et non une différence qui catégorise et répartit les personnes en ensembles disjoints.

Et puis c’est drôle de constater comme les communautés s’emboîtent et se segmentent. Et plus la population de base augmente, plus elle se regroupe en sous-communautés homogènes. Le régionalisme est très présent en France, et pourtant il suffit de partir à l’étranger pour voir l’instinct grégaire dominer et les français se regrouper quelle que soit leur origine géographique. On constate également pour les pédés (ah évidemment il fallait que j’en parle) qu’ils se rassemblent jusqu’à former des sous-communautés très segmentées à Paris, alors qu’en Province se côtoient souvent des genres de tapioles très différents faute d’une population gay assez nombreuse. L’avantage de Paris c’est de pouvoir trouver chaussure à son pied avec une certaine efficience en ciblant les zones de reproduction et de pâturage de l’espèce qui sied à son inclination. Ce que j’aime dans les coins gays de villes de Province, c’est que ce n’est pas une concentration carnavalesque de bars, et que l’on rencontre opportunément toute sorte de gens, des personnes moins stéréotypées et moins figées dans une attitude discriminante.

Ce midi je discutais avec ma collègue N. qui est arménienne d’origine. On discutait de cette propension des gens à vouloir se mettre avec des personnes d’une même communauté. C’est souvent l’obédience religieuse, sociale ou même ethnique qui pousse à vouloir se mettre en couple ou fréquenter (dans un objectif de toute façon copulatoire arf arf) les personnes d’une même communauté. N. n’a pas épousé un arménien car l’amour a vaincu cette propension, qui n’est d’ailleurs pas forcément l’expression d’un racisme. C’est vrai, qu’après tout, une culture identique qui est une même religion ou origine ethnique est un facteur de convergence important pour quiconque. Aussi on peut comprendre que deux arméniens qui ont une langue et une culture en commun, et cas très singulier, un génocide traumatisant dans leur histoire proche, se sentent particulièrement des accointances.

Nous avons continué à discuter et notamment de la délicate position des homos qui concilient une communauté homo et une autre qui dans un ensemble plus vaste est considérée comme globalement homophobe. D’ailleurs, le réflexe de N. est drôle, elle m’a dit « mais y’a pas d’assoce de gays juifs ou musulmans par exemple ? ». Et bien, si justement, elles sont parmi les plus actives et fréquentées. Car les communautés qui sont les plus importantes, et dont les membres se sentent le plus investis, ont des homos, et ces homos ne renient pas toujours leur appartenance première (malgré une stigmatisation parfois très difficile à supporter). De même, l’association AGLA rassemblent justement les arméniens gays de France dans ce but d’expression de leur différence et de leur attachement fervent à leur culture et leur histoire. Ce qui est « marrant », c’est de constater que certaines personnes sont tellement dans leur communauté que, même en tant que pédé, elles veulent rencontrer et se mettre avec des gens de la même appartenance. Je connaissais par exemple un pote juif, qui ne sortait qu’avec des juifs… « tu comprends… la religion… ». Ah ouai forcément ! :euh:

Heureusement que ces associations et ce communautarisme existent. En effet, un pote me parlait d’un plan cul qu’il venait de faire avec un reubeu rencontré au sport. Ce dernier ne fréquentait pas du tout le milieu, et ne draguait qu’au sport. Une racaille qui se fait sucer et encule dans le noir, et qui se barre en courrant. Le mec n’a pas voulu boire un verre, « tu comprends c’est ramadan ». Et qui profère quand on lui parle un peu d’homosexualité : « hé mais chuis pas un rataï moi ».

Matooyage Paris – Sao Paulo

Classé dans: Matooyage — @ 16:31:01

Hier soir, j’ai fait la connaissance d’un charmant brésilien doté du plus antique des prénoms : Plínio (j’adore ce patronyme). A la base, il m’a écrit en tant que lecteur de mon blog, et puis de mails en mails, nous nous sommes rencontrés (il m’avait rassuré et M. aussi en disant qu’il avait un copain lol). Il est gémeaux comme moi, et nous avons réellement beaucoup de points communs et surtout une même soif de découverte de l’autre. Nous avons donc discuté autour d’un verre, je suis toujours baba de ces globe-trotters qui sont nés aux antipodes et qui résident à Paris, c’est-à-dire, en comparaison au Brésil, en Terre Adélie (climatiquement parlant).

Ce garçon est né au Brésil a fini ses études à New York, est venu au Portugal et a atterri en France ! Une expérience pareille associée aux rencontres et aventures qu’on doit vivre en bougeant comme cela, doit vraiment être une extraordinaire source d’enrichissement. Et ça se sent quand on parle avec ! En quelques minutes, je regrette d’être le gaulois de base qui a cru découvrir la vie en partant une année étudier en Angleterre. Je veux revenir quelques années avant, je veux partir à la conquête du monde !! Meuh non… En outre, je plains tout de même les gens qui séparés de leurs racines doivent d’adapter à une langue, des mœurs et une société différente de la leur. Je suppose que c’est à double-tranchant… un défi et une découverte passionnante, un dépassement de soi, une manière de se trouver, mais aussi la réalisation de son attachement à sa famille, sa langue, sa culture, ses us et ses repères.

Allez pas de regrets… j’ai encore le temps de péter un boulons et de partir quelques années trouver le Graal dans un ashram au cœur du désert de Gobi.

Magazinage Des mêmes causes aux mêmes conséquences

Classé dans: Magazinage — @ 00:22:39

Cela fait quelques fois que j’achète le magazine « L’histoire » que je trouve assez bien fagoté et toujours une mine d’information impressionnante. J’aime ce côté éclectique qui fait qu’on peut y trouver de tous les pays, toutes les cultures et toutes les références historiques. Je me délecte particulièrement des mises en perspective de faits historiques avec des faits plus contemporains, voire une explication d’événements actuels sous la lumière d’évènements passés identiques. Et c’est tristement prévisible, les hommes font quasiment les mêmes conneries. C’est incroyable de lire ces articles qui remémorent (ou enseignent) et relatent des faits historiques parfois proches mais oubliés (ou ignorés), et donnent ainsi des clefs pour comprendre ce qui se passe, et avoir une opinion moins spontanée et irréfléchie.

J’apprécie aussi les articles qui remettent en question des connaissances historiques complètement miteuses par manque d’études concrètes sur le sujet, ou simplement par la mythification qu’ont pu subir certains faits due à des éclairages historiques pollués par une conjoncture particulière. Evidemment je ne confère pas non plus à ces publications un enseignement absolu. Elles sont aussi sujettes à critiques et précautions, puisqu’elles sont également le fruit d’un auteur influencé par son propre environnement. Mais je tends tout de même à penser que ce qu’on nous livre en pâture aujourd’hui dans ce domaine, est distribué par des gens qui en ont au moins conscience, et tentent donc d’échapper à cet écueil.

Et l’h(H)istoire commence donc par cette mascarade :

« Il y a deux mille ans, notre pays s’appelait la Gaule. […] Les Gaulois étaient des barbares, mais ils étaient braves, intelligents et gais. Ils aimaient à bien entendre parler et à entendre bien parler, et ils étaient toujours curieux d’apprendre des nouvelles. A la guerre, ils attaquaient l’ennemi avec impétuosité ; ils marchaient et combattaient sans discipline et, quand ils étaient vaincus, ils se décourageaient facilement. […] La Gaule fut conquise par le Romain Jules César, de l’an 58 à l’an 50 av. J.-C., malgré la vaillante défense du Gaulois Vercingétorix, qui est le premier héros de notre histoire.
Les Romains possédèrent la Gaule pendant environs quatre cents ans. Comme ils étaient très civilisés, ils civilisèrent les Gaulois. »

Arf arf arf. Dire que c’est presque exactement ce que j’ai appris en primaire, et en substance ce qui a nourri notre inconscient collectif depuis des générations. Le point positif c’est que cela nous fournit une origine historique concrète et antédiluvienne, une idée de nation débarrassée de toute nature chrétienne et catholique qui arrangeait bien les républicains du 19ème siècle qui ont sanctifié ce « mythe ». Le point négatif c’est que cette narration gauloise ne repose sur aucune étude archéologique et est partiellement vraie, voire complètement erronée. J’ai lu que les rois de France se faisaient souvent remonter aux francs ou comme successeur de César lui-même. A la révolution, on a cherché des ancêtres qui correspondaient à une idée plus conforme des nouvelles idéologies. Les Gaulois se sont retrouvés sur le devant de la scène comme des laïcs et des démocrates (car organisés en groupuscules indépendants). En fait, une bonne partie de l’histoire des Gaules est justement comptée par César qui l’a rédigée dans ses récits de campagne. Et ce récit dépeint la Gaule comme une zone géographique relativement homogène, ce qui l’arrangeait bien. Les recherches archéologiques effectuées sur des sites gaulois ont permis de fonder des hypothèses tout à fait différentes de nos images d’épinal. Les Gaulois tels qu’on les nomme forment un ensemble hétérogène de peuplades plutôt inorganisées, dotées de divinités locales et en conflit avec tous leurs voisins. Ils maîtrisent de manière très avancée la métallurgie et sont reconnus pour la facture de leurs armes. Ce sont surtout de grands agriculteurs et à l’époque la forêt recule considérablement avec un défrichage grandissant. Surtout, ce sont des peuples ouverts sur l’étranger et qui pratiquent un intense échange avec les contrées voisines. Ainsi, nos ancêtres picolaient du vin italien en profusion, ils exportaient des épées, des casques, de la joaillerie, des aliments…

Et puis je me sens le plus grand des imbéciles quand je constate l’entendue mon ignorance. Les pogroms russes par exemple du début du siècle dernier qui ont fait plus de 3000 morts et 10 000 blessés avec l’appui du tsar dans une Europe percluse d’antisémitisme… Ces massacres ont d’ailleurs fortement contribué à l’exil des juifs aux Etats-Unis ainsi qu’à un engagement massif dans les partis révolutionnaires. Il y a aussi ces mille visages de la Vierge Marie où on nous présente un regard curieux sur la représentation de ce personnage au long de l’histoire. L’iconographie évolue considérablement avec la manière dont on perçoit son importance spirituelle et la pratique religieuse. Aussi on la représente tour à tour comme victime, mère digne et grave, exemple à suivre, image de piété et de dévotion incarnée ou même femme forte. Un article assez terrible fait un point sur les archives du 19ème siècle concernant les procès des mères infanticides. On constate avec horreur que c’est un crime plutôt commun et même répandu dans les campagnes et zones économiques sinistrées. Ces mères étaient souvent obligées de cacher leurs grossesses pour ne pas être déshonorer ou perdre leur emploi. Ensuite, elles étaient naturellement poussées à tuer leurs bébés car elles ne pouvaient pas assumer ni la maternité, ni l’enfant. Ces meurtres ont décru à partir du moment où on a procuré un véritable secours à ces mères en détresse. J’ignorais aussi que les samouraïs obéissaient à un système aussi féodal, et que ce sont avant-tout des propriétaires terriens. A tel point, qu’ils se mutent assez rapidement en hauts fonctionnaires et capitalistes de la société japonaise. Et puis une enquête sur la politique arabe de la France m’a bien éclairé sur ces liens qui perdurent avec les pays maghrébins et plus globalement arabes et l’importance politique de De Gaulle à ce sujet.

L'histoire - decembre 2003 - les Gaulois

Mercredi 26 Novembre 2003

Matooyage Face-à-face à OK Coral dans les pissotières

Classé dans: Matooyage — @ 11:32:14

Hier, j’ai passé la soirée avec Diego (pour changer), on s’est retrouvé vers 20h vers le Mixer et on est allé prendre un verre à l’Amnésia. J’aime bien ce bar, et puis ce n’était pas bondé hier donc vraiment plaisant. Le petit barman a, de surcroît, un sourire magnifique ! ***soupir***

Ayant établi notre nouvelle résidence au japonais qui jouxte l’Open, nous y avons passé un peu de temps à deviser, papoter, tchatcher, bavarder, caqueter, échanger, déblatérer, commérer, jacasser, cancaner, confabuler… Enfin, vous voyez quoi… moi, M., lui, son ex, ses actuels, ses futurs… En bref, on a joué à Secret Girl pendant deux heures ! Ensuite on est allé traîner nos guêtres au RAIDD, rue du temple, ze nouveau bar gay du marais que je trouve vraiment sympa. Cela m’amène à évoquer le titre du post.

Comment se regarder les yeux dans les yeux dans une pissotière tout en urinant, mais sans se pisser dessus ? ILS ONT TROUVE !!!
Dans les chiottes du RAIDD, il y a deux pissotières qui se font face, donc les mecs urinent dos à dos. Jusque là, c’est normal. Mais l’innovation (ça me rappelle mes slogans marketeux à la con du genre « Unleash creativity to empower innovation ») réside dans la mise en place à la hauteur des yeux d’écrans LCD avec caméra encastrée dans le mur. Ainsi l’écran diffuse l’image de celui qui est en train de pisser derrière vous (mais pas sur vous hein !?! Vous avez compris ?). L’effet est tout a fait étrange et incongru au premier abord. Moi, évidemment, j’étais pété de rire et je n’ai pas réussi à pisser, du coup je suis allé dans les chiottes fermées. Il faut dire que le mec qui me regardait sur l’écran était trop sérieux. En plus, il ne regardait même pas sa bite, j’avais envie de lui dire de faire attention de ne pas se pisser sur les pompes… Je sais bien que c’est la norme pédémaraisienne, il faut avoir le visage dur et fermé, et faire un regard de salope inaccessible et surtout, surtout, surtout ne pas esquisser l’ombre d’un sourire. Exercice assez périlleux pour moi, puisque ma face de dèpe est ordinairement affublée d’un inextricable rictus.

Plus il faisait la gueule, et plus j’avais besoin de me marrer, et moins envie de pisser. J’ai abandonné ma CyberUroVigie et ai rejoint les toilettes pour un peu plus d’intimité, et personne pour me mirer avec un regard inexpressif de bœuf aux stéroïdes. Sinon, j’exagère parce que l’ambiance est tout de même plutôt sympathique, et les mecs pas aussi coincés et amorphes que je l’entends. :langue:

Mardi 25 Novembre 2003

Cinéphage Mystic River

Classé dans: Cinéphage — @ 16:08:44

Le film débute et s’achève sur cette même vision qui à la fois explique, initie et conclut l’intrigue. Une dalle de béton avec des noms gravés dans le ciment frais, une connerie de trois mômes, trois copains de l’époque. On lit JIMMY, SEAN et DA pour Dave. Ce dernier étant incomplet car Dave a été enlevé puis séquestré par deux hommes qui, en se faisant passer pour des flics, l’admonestent et le font entrer dans sa voiture sous le regards ébahis mais résignés des deux autres compères. Dave s’échappe 4 jours après, 4 jours de sévices qui le marquent à jamais et qu’il tente d’oublier pour continuer à vivre.

Toujours la dalle de béton, toujours ces noms, toujours ce nom incomplet, et les trois amis des années plus tard, Sean Penn (Jimmy) est plus ou moins voyou et ex-taulard, Kevin Bacon (Sean) est un flic de la criminelle qui vient de se faire larguer, tandis que Dave (Tim Robbins) s’est marié et a eu un enfant. Le drame retentit et la machination infernale se (re)met en route lorsque la fille de Jimmy est retrouvée assassinée, et un faisceau de soupçons tendent à incriminer Dave.

Ce film est un des meilleurs opus de Clint Eastwood, autant dans la réalisation que dans la direction d’acteur. Mais il est aussi terriblement bien servi par une brochette d’acteurs qui fait des merveilles, Sean Penn, Kevin Bacon et Tim Robbins rivalisent en excellence dans ce film délicat. Les seconds rôles tenus par Laurence Fishburne et Marcia Gay Harden (déjà formidable épouse de Pollock) ne sont pas en reste dans cette pléiade de talentueux comédiens. Et puis simplement et terriblement, l’intrigue est excellente. On est engoncé dans un présent qui suinte des traumatismes du passé, un présent où l’amitié qui lie les protagonistes n’est plus qu’une mascarade avec une même excoriation morale : ce qui est arrivé à Dave et le sentiment de culpabilité qui en découle. On suit donc l’évolution des trois personnages tout au long du film, où se révèlent leurs peurs, leurs faiblesses et leurs singularités.

Les rebondissements du film en font un excellent thriller avec notamment cette culpabilité qui passe de suspects en suspects, et dans le fond on a une peinture pleine d’acuité de la violence urbaine et de ce milieu populaire de Boston. Enfin, j’ai été particulièrement marqué par le jeu de Tim Robbins qui est la victime ultime du film, celle qui souffre depuis le commencement et qui n’est jamais vraiment sorti de son cauchemar. La manière dont il se projette en tant que gamin, poursuivis par des loups dangereux, et l’exposé de son psychisme perturbé et de ses angoisses sont brillamment décrits et mis en scène. Comme si dès le début du film, le sort s’était abattu sur ce gamin, comme si ce meurtre devait lui retomber dessus par le plus malheureux des hasards. Un film écorché vif, brutal et angoissant sur la fatalité, où un des derniers plans remontre ce pavé de ciment avec ces noms, et ce dernier nom jamais achevé.

A lire aussi, la critique de mon aquoiboniste favori…

PS : Un bémol technique qui m’a vraiment choqué : quand Sean Penn vient voir sa fille à la morgue des pompes funèbres, il lui pose une robe sur elle. Alors on voit la robe qui se soulève au rythme de respiration de la fille… pas top crédible donc…

Mystic River

Lundi 24 Novembre 2003

Matooyage Ah mes aïeux !

Classé dans: Matooyage — @ 17:12:54

Je suis un gros dormeur, mais aussi un fantasque et invétéré rêveur. Rêveur autant nocturne que diurne, mais pas nyctalope, je vagabonde sur des chemins oniriques et suis dans la lune aussi bien dans mon lit, que dans le train ou bien quand je marche dans la rue. Ce matin, je me suis réveillé assez rapidement et soudainement, ainsi mes derniers songes ont été capturés par ma conscience balbutiante.

J’étais en train de rêver à ma famille, ceci certainement lié à ma déconvenue du week-end, et notamment à mes grands-parents. Je les ai peu fréquenté en définitive, le dernier membre de cette tribu disparate est décédé en 1993, et sinon les autres je les ai connu gamin, ou alors pas du tout pour l’un d’eux. Je considère, néanmoins, et je ne sais pas d’où me vient cet attachement, qu’ils m’ont légué un sentiment assez curieux en terme de racine. En effet, j’ai un grand-père paternel algérien, une grand-mère paternelle allemande, un grand-père maternel portugais et enfin une grand-mère maternelle française. Je porte la marque de cet éclectique atavisme dans mon nom, mais surtout dans mes seconds prénoms qui sont Malek et Manuel. J’ai toujours eu beaucoup de fierté à revendiquer ces multiples provenances, et autant de regret à n’avoir pas grand-chose d’autre à briguer, vu qu’ils ont abandonné tout lien avec leurs pays ou cultures d’origine.

Ils sont donc morts, certains m’ont beaucoup transmis, d’autres moins. Je n’ai pas connu le Manuel dont je porte le nom (son ex-femme me disait que je ne perdais pas grand-chose !). Pour d’autres, ce sont des souvenirs de mômes, des bribes de conversations mais surtout beaucoup de regards et de sensations. Je suis un athée ou du moins un agnostique convaincu, aussi je ne sais pas ce qu’il est advenu d’eux, je vois simplement qu’ils sont en moi, dans mes souvenirs et les images de mon passé, nimbés de beaucoup de tendresse et d’amour.

J’ai rêvé qu’ils étaient tous les quatre ensemble à veiller sur moi, un peu à la manière des ancêtres des religions asiatiques ou ceux des croyances amérindiennes. Je les voyais (et c’est vrai qu’ils se connaissaient bien) comme faisant tout leur possible pour que j’aille bien, me défendant des méchants pas beaux, et m’aidant à faire les meilleurs choix. Notamment, je vois bien mon grand-père algérien, il était comme sur une des photos que je kiffe particulièrement où il est très jeune et il porte un turban avec un tatouage sur le front (que je ne lui ai pas connu). Ensuite, j’ai du faire une curieuse association d’idée car je les vois un peu comme dans « Mulan » de Disney. Du coup, mes ancêtres m’envoient une bestiole pour m’aider, comme un animal totem ou un dieu tutélaire qui prend soin de moi. C’est un dragon comme dans « Mulan » aussi, et animal mythique que j’aime beaucoup (j’en ai un tatouage et c’est mon signe chinois). Mais à partir de là, mes sensations changent et je ne comprends plus trop ce qu’il se passe. Le dragon me porte comme endormi sur son dos, et je suis super excité. Je sens des sortes de tentacules sur moi, qui courent sur mon corps lascif. Et j’ouvre un œil pour constater que M., mon dragon tutélaire, a sa main sur moi et me caresse le ventre complètement dans les vapes, ce qui me met dans un état plutôt tendu et me sort de ma torpeur.

PS : Hum humm… Encore un bon sujet de réflexion pour Sigmund…

Outside Vibromobile

Classé dans: Outside — @ 14:29:21

Non ce n’est pas la voiture de VibroMan, c’est simplement une manière astucieuse et habile de doter son téléphone portable d’une fonction supplémentaire. Quel cadeau de noël original et qui fera tant plaisir !!!

Vibromobile
Illustration Vibromobile

Je ne doute pas du succès de cet accessoire, je le verrais bien en vente chez Colette. :mrgreen:

[Source: Pierre’s life]

Outside RenovaBlog

Classé dans: Outside — @ 12:01:54

Vous savez que je me soucis toujours de votre propreté rectale. Dans cet objectif rémanent, j’ai remarqué qu’on avait droit à une nouvelle pub Rénova de François de Rousseau dans le métro. Et sur le site, j’ai trouvé le calendrier des pubs avec les photos passées et à venir. Je vous laisse juge…

Renova - JanvierRenova - FevrierRenova - Mars
Renova - AvrilRenova - MaiRenova - Juin
Renova - JuilletRenova - AoutRenova - Septembre
Renova - OctobreRenova - NovembreRenova - Decembre

Les photos sont indéniablement très belles, mais la mise en scène toujours aussi décalée et barrée. J’adore ce fond d’usine avec les chiottes dans un coin. On reste dans le registre homo-érotique conforme aux calendriers des rugbymen, avec toujours ce même soucis de l’exposition du rapport sexuel/sensuel entre un homme et une femme. L’anulingus est encore affirmé haut et fort comme la pratique de l’année ! :langue: Renova frappe fort avec cette campagne, je me demande quel est le résultat concret sur les ventes.

Dimanche 23 Novembre 2003

Télévisage J’aime les femmes

Classé dans: Télévisage — @ 03:10:06

Oui c’est inhabituel, je me sens obligé à cause de la FOG qui me trouve trop « gay » en ce moment. Je montre trop peu à quel point je kiffe grave les bonnes meufs. Comme j’ai passé les dernières 24 heures chez mes parents, et ce soir avec M. en cocooning intensif et merveilleux dans le canapé, ce fut l’occasion d’un télévisionnage soutenu et acharné.

Ce midi, chez mes parents, je regardais « + Clair » en mangeant des sushis que ma maman avait acheté pour me faire plaisir (adorable !). Et je dois dire que j’ai une passion certaine pour Daphné Roulier. Elle est intelligente, fine, posée, incisive et avec un caractère bien trempé. Elle représente tout ce que j’admire et je révère chez une femme. Elle recevait une autre femme que je trouve absolument irrésistible, Maïtena Biraben, qui présente « Maternelles » sur France5. Cette dernière est aussi battante et indépendante que charmante et désarmante. Et pourtant, tout ce que je peux dire d’elles, me donne à penser que ce ne serait pas les premiers adjectifs qu’un mec donnerait pour décrire la nana idéale. J’en conclu que je suis bien un gros pédé.

En rentrant, j’ai vu cette même Daphné chez Pascale Clark pour un « En aparté » des plus singuliers. La demoiselle Roulier était des plus tendues et nerveuses, elle a fumé clope sur clope en étant extrêmement réservée. J’adore cette personnalité assez abrupte chez elle, elle est autant féminine que glaciale dans son port et son apparence. Et Pascale Clark est de même une femme d’exception, dotée d’un incroyable talent pour interviewer et d’une grande sensibilité. Plus tard, j’ai aussi vu Elisabeth Quin. Aaaaah. Quand je pourrais avoir son éloquence et son sens de la rhétorique, je serai un homme accompli. Outre cela, je trouve que c’est une femme délicieuse et gracieuse. Elle flirte avec une gamme d’expressions hallucinante qui la rendent drôle, ironique, sérieuse, émue ou outrée avec la même force et authenticité.

Et puis, il y a les mythes, les femmes que je vois à la télévision, qui ne sont que des chimères mais pour lesquelles je nourris de véritables émois et une sincère dévotion. Ruth, la mère dans « Six feet under » est un personnage des plus troublants et émouvants. Elle est noyée dans ses névroses et ses problèmes existentiels, empêtrée dans ses mœurs traditionnels et parfois inique dans ses jugements, mais aussi incroyablement attachante et si aimante envers ses enfants. Et puis, elle a pu montrer sous ses abords coincés, qu’elle pouvait s’émanciper, refaire sa vie, faire aussi n’importe quoi et même complètement dépasser les bornes et sombrer dans le délire le plus fantasque. Sa fille dans la série, Claire, représente la partie obligatoire de la relation typique mère-fille… passionnelle et orageuse ! J’aime beaucoup Claire pour sa fragilité et sa sensibilité à fleur de peau. Elle est jeune, pétillante et libre, elle est radieuse et a un tempérament de feu. Dans le même temps, elle se prend aussi la tête sur son avenir, elle a le cœur brisée par des histoires amoureuses malheureuses, et elle ressent la vie avec ses tripes. Et là, en ce moment même (M. dort à côté… arf), je regarde « Sex and the city ». Inutile de préciser que, comme tous les gays de l’univers, je suis un inconditionnel de cette série aussi signée HBO.

Carrie, Samantha, Charlotte, Miranda… Difficile de croire que cette série ne s’adresse pas aux pédés ! On s’identifie aisément à chacune d’elles, et elles sont l’essence même de femmes irrésistibles de mon point de vue. Carrie pour son charisme incroyable, son côté gonzesse chiante tellement séduisant et surtout une femme qui vit sur ses sentiments et qui a besoin d’être rassurée. L’hédoniste Samantha est le personnage haut en couleur par excellence, et surtout un pédé dans un corps de femme ! Elle inverse les rôles à la merveille, et a une philosophie tellement désopilante et singulière que ne renieraient pas certains de mes potes. Et puis, il y a Miranda aussi, qui est un mélange explosif de femme attractive, intelligente, cultivée et ambitieuse. Elle est aussi complexée et a un mal fou à assumer ses « capacités », et du coup à se retrouver à l’index pour des hommes qui recherchent autre chose chez une femme. Son ironie et son sens de la dérision me font aussi totalement craquer. Enfin Charlotte, la sage et attirante Charlotte est une bourgeoise parfaite qui va de désillusions en désillusions quant à ses piliers moraux mais y croit toujours autant. Elle se laisse déniaisée par ses amies et recèle des qualités de loyauté et d’honnêteté qui lui donnent une aura particulière.

Je sais que ce sont des personnages de fiction, mais pour le coup, je les vois autrement. Ces séries sont carrément réalistes et les protagonistes qui en résultent sont hyper attachants parce que justement proches de nos préoccupations, de nos petits travers et faiblesses, de nos désirs inavoués ou assumés, de nos tabous et au final, une catharsis qui fait du bien.

Je le dis donc, haut et fort, oh oui, j’aime les femmes ! Je parle des femmes de télévision parce que ce serait gonflé de parler ainsi de mes amies, mais dans le fond, je peux m’exprimer à leur sujet exactement comme cela. :langue:

Matooyage 24 heures chrono

Classé dans: Matooyage — @ 01:44:50

Je suis arrivé à 20h07 à Cergy-Pontoise pour un week-end chez mes parents. Je pensais repartir dimanche après-midi, comme d’habitude. Finalement, j’ai du mettre un terme à cette mascarade dès samedi 16h41. Sur le quai du RER, j’ai senti le souffle de l’air pollué quand le train s’est glissé dans la gare, et je me suis dis : ouf, je rentre chez moi.

Dieu sait que j’aime mes parents, et que je sais pertinemment que je leur fais plaisir en venant passer le week-end à la maison (que j’appellerai certainement toute ma vie la maison). Je ne peux pas dire que ce soit insupportable, mais je crois que je me sentirai mieux lorsqu’ils seront concrètement séparés (ils sont en plein divorce super amiable… ils ont le même avocat !). Hier, j’avais en face de moi mon père plus décalé et déphasé que jamais, ma mère plus ignorante de ses névroses, tout en soulignant celles des autres, et mon frère qui méconnaissait joyeusement tout cela dans la fuite et le déni plus complet. Et moi… obligé, à mon tour, de faire comme si tout allait bien, et de jouer mon rôle de fils prodigue bien élevé et qui distrait tout le monde. Arghh. Du coup, j’ai fait ça, je me suis dit que ça le faisait pour une soirée et que ça pouvait en valoir la peine pour faire plaisir, ne pas leur prendre la tête et ne pas me prendre la tête non plus !

Mais, ce matin, à l’idée d’une autre journée similaire, je ne me suis pas senti la force de simuler de la sorte. Et je ne peux pas non plus provoquer un conseil de famille sous un prétexte aussi fallacieux que prétentieux de me part. En effet, quel petit merdeux suis-je pour décider qu’ils ont des problèmes, qu’ils n’en parlent pas et qu’ils vivent dans une atmosphère gluante de non-dits, de faux-semblants et autres fameux artifices de l’incommunicabilité. Je sais, et certainement à raison, que cela serait pris pour de l’orgueil, de l’arrogance ou de l’ingérence, et non pour une preuve d’amour, de considération et de prévenance. En fait, je ne sais pas si je dois vraiment les provoquer, ou bien si c’est plus sage de me mettre dans la ronde et de jouer avec eux. Est-ce l’attitude la plus raisonnable et la plus sensée, ou la plus facile et lâche ?

Je suis rentré à Nation vers 18h, me faire consoler par mon chéri. Heureusement, ça a tout a fait fonctionné. :mrgreen:

Samedi 22 Novembre 2003

Boukinage Un garçon d’Italie

Classé dans: Boukinage — @ 20:19:28

Il écrit vraiment formidablement bien ce Philippe Besson. J’ai encore été happé par son style et son sens de la narration. Deux qualités qui m’impressionnent toujours chez les jeunes écrivains de sa veine. L’histoire en elle-même est intéressante, un homme, Luca, meurt noyé dans un fleuve à Florence dans des conditions un peu mystérieuses (suicide, assassinat ?). Il a une petite-amie, Anna, avec laquelle il refuse de s’engager, et pour cause, il vit en parallèle une relation charnelle et fraternelle avec un jeune prostitué Leo. Le livre s’articule autour de ces trois personnages qui sont tour à tour narrateur en autant de courts chapitres que de soliloques de chacun.

Le plus original est le fait que Luca, lui-même, raconte son histoire alors qu’il est déjà mort à la première page. Son discours de « mort » est vraiment bien tourné et insolite. On le suit de sa récupération dans le fleuve, à la morgue, jusqu’à l’enterrement et enfin six pieds sous terre. Leo et Anna tentent de faire leur deuil, chacun de leur manière, avec leurs forces, leurs faiblesses et leurs incompréhensions. Chaque protagoniste s’interroge sur l’autre et par là sur eux-mêmes. C’est un livre intimiste et posé, un livre tout en touches impressionnistes et en délicatesse. Anna est celle qui souffre comme une femme, avec passion et opiniâtreté. Elle finit par apprendre l’existence de l’autre, et éclairer les zones d’ombre de son ami disparu. Leo souffre aussi mais il se refuse à exposer ses sentiments, pour la simple et bonne raison qu’il est l’amant honteux, l’homme de l’ombre. Il n’existe pas, se rend à l’enterrement incognito et n’a personne à qui confier son ire et son profond chagrin. Luca est mort et il angoisse à l’idée que sa vie soit entièrement dévoilée, l’ambiguïté étant qu’il aime les deux, tout en ne s’engageant avec aucun. Aussi tout au long du livre, chaque narrateur évolue et livre ses pensées, ses réactions aux questions et réponses des uns et des autres. J’ai beaucoup aimé cette forme de roman qui permet de se glisser dans la peau de chacun, et donc de donner l’opinion de chacun sans jamais les juger (ou alors uniquement par le truchement du narrateur suivant). L’histoire est assez prenante et captivante dans ce qu’elle développe en matière de sentiments et de confusion des sentiments. Elle nous plonge dans cette étrange intrigue aux effluves policières mais résolument placée sous le signe de l’amour.

Malgré tout, je ne suis pas complètement emballé par le bouquin pour le simple fait que je suis resté sur ma faim. En effet, le roman est court, beaucoup trop court à mon goût. Je pense que la mise en scène est à peine ébauchée et c’est déjà la fin, une fin assez réussie tout de même, mais qui ne fait qu’effleurer la surface des gens, alors que j’aurais voulu tellement plus explorer les personnages et leur émotions. Je me dis donc en définitive « so what ? » alors que je l’ai lu d’une traite et avec beaucoup de délectation, alors que le style est d’une grande qualité, que les personnages sont attachants et bien campés et que cette approche de la bisexualité demanderait encore bien des développements. On peut aussi tourner cela en qualité, se dire que Philippe Besson est un écrivain de la pudeur, qu’il laisse au lecteur la possibilité de laisser courir son imagination et de plonger dans une atmosphère le temps d’un souffle, puis de s’en extraire aussitôt. Mais non… j’aurais voulu plus, attendu mieux. J’ai été tellement submergé par « En l’absence des hommes » que j’ai été un petit peu dépité par celui-ci, même s’il en a la carrure et la qualité littéraire. « Un garçon d’Italie » reste un bon roman mais dont l’aura ne s’étend pas à la mesure de l’histoire vécue par ses protagonistes.

Un garcon d Italie - Philippe Besson

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