MatooBlog
Pectus est quod disertos facit

Mercredi 31 Décembre 2003

Matooyage Rentrez chez vous !

Classé dans: Matooyage — @ 17:32:29

Hier, j’ai eu une journée bien remplie qui a débuté un peu tard, car en ce moment je recharge les accus en dormant comme un loir. J’avais donc rendez-vous avec Marc, un blogueur que je lis assidûment depuis quelques mois, afin de déjeuner en sa compagnie au « Père Fouettard » aux Halles. Nous avons fait connaissance en parlant bien sûr de blogs (bah tiens !) et puis plus personnellement de nous. Il a eu l’impudence d’étaler tous les gadgets électroniques que j’adore. Je devais avoir l’air d’un môme devant les vitrines des grands-magasins la veille de Noël, puisque mon interlocuteur se promène insidieusement et impunément avec sous mon nez, un P-900 flambant neuf, un i-Pod, un appareil photo numérique top, et je suis sûr qu’il ne m’a pas tout dit. Arggggh. Mais bon, comme c’est aussi son boulot (il est journaliste pour des magazines techno), cela lui donne une bonne excuse de succomber à ces petites merveilles de technologie.

Ensuite, j’ai rejoint Donato devant l’Institut du Monde Arabe pour boire un thé et opportunément se faire une des deux expositions. Cela fait un petit moment que je bave devant les affiches de cette expo de peinture « De Delacroix à Renoir », et puis surtout sur celle concernant l’archéologie algérienne. D’ailleurs, cette dernière n’intéressant pas grand monde, je pense que j’irai seul. Je ne peux nier que c’est entièrement une curiosité que j’ai développé en rapport avec mon ascendance algérienne. J’ai toujours été attaché à ce pays dont je ne connais que très peu de choses, et cette expo retrace à travers des œuvres archéologiques une histoire qui s’étend de la préhistoire à l’antiquité, jusqu’à l’Hégire et l’établissement de l’Islam dans le pays.

En y allant, je me suis dit que si la vague d’islamophobie en France avait au moins un avantage, c’est qu’il n’y aurait pas beaucoup de monde dans l’expo. Quelle surprise quand j’ai vu cela, sachant qu’il fait –15°C :

Queue devant l'IMA

Mais allez-vous en !!! Rentrez chez vous ! Je vous ai dit qu’en ce moment, on aime pÔ les arabes. Bon et bien, non alors, apparemment on aime toujours autant la culture arabomusulmane à Paris. Il faut dire que les expos de l’IMA sont exceptionnelles et d’une grande originalité, j’y ai appris énormément. Donc j’étais content de constater cette foule pour les deux expos en parallèle, et puis totalement motivé par revenir un autre jour. Du coup, on est allé boire un chocolat chaud (ah bon le çocola ço… oui oui pour moi le chocolat chaud c’est régression directe) en papotant et cancanant comme deux petites vieilles.

Le soir, nous étions invités chez un couple d’amis de M. dans le 18ème, où M. avait l’occasion de voir Maud qui était de passage à Paris pour les fêtes. Alors Maud, j’en ai déjà parlé (deux fois, dis donc !), c’est la copine de M. qui a trouvé l’amour, et l’a suivi impulsivement au bout de quelques semaines en Malaisie où ils résident en ce moment. Ca me faisait plaisir de les voir également, car je les trouve adorables. Son copain, Christophe, est pilote là-bas, et en discutant de ma récente expérience aéronautique, j’ai halluciné. En effet, il a appris à piloter à Lognes dans le même aéroclub que XIII, et surtout sur le même avion que celui que nous avions pris samedi dernier. « Ah ouai, le Victor-Novembre ? » me dit-il… Excellent !

Cinéphage Kitchen stories

Classé dans: Cinéphage — @ 16:42:56

Voilà un film dingue et drôle qui ne ressemble à rien de connu, qui sort des sentiers battus sans chercher vraiment à jouer les anti-conformistes, non c’est simplement un OVNI qui vient du nord de l’Europe, et qui m’a complètement fasciné et séduit.

Pour le pitch, disons que l’histoire se passe en Suède dans les années 50, le Home Research Institute effectue des recherches très sérieuses d’optimisation des cuisines suédoises en vue de réduire au maximum le chemin parcouru pour la ménagère. « la mère au foyer n’ait plus à parcourir en une année la distance qui sépare la Norvège du Congo. […] il lui suffisent s’aller en Italie du Nord pour servir son repas ». La suite de ces études a lieu en un coin reculé de la Norvège, où une poignée d’hommes célibataires ont accepté qu’une personne vienne les surveiller pendant un temps donné afin de noter tous leurs déplacements dans leur cuisine.

Il ne doit y avoir aucun échange entre eux pour ne pas troubler la mission, et les surveillants-chercheurs vivent même dans une mini-caravane à côté de la maison qu’ils surveillent. C’est ainsi que Folke, un suédois motivé et ambitieux, est amené à investir la cuisine d’Isak, un vieil homme norvégien bourru et solitaire, de la plus singulière manière qui soit. Visez donc ce plan fabuleux qui ponctue tout le film :

Kitchen Stories

Le film conte donc la relation qui peu à peu se noue en les deux hommes. Une relation qui est aussi glaciale que le climat au début, et qui peu à peu se mue en une florissante amitié. Le film met en exergue à la fois les caractères très différents des personnages, mais aussi, par de petites touches discrètes et ironiques, la sempiternelle inimitié entre Suédois et Norvégiens (un peu comme les Français et les Anglais je suppose). Surtout on voit peu à peu s’installer une complicité, due à cette intimité forcée et saugrenue, et le vieux qui manque de compagnie se voit ragaillardi, tandis que l’observateur suédois trouve un sens plus concret et patent à sa vie. Et leur relation se nimbe même d’une ambiguïté homo qui est très cocasse, notamment par la jalousie manifeste d’un voisin qui, se voyant relégué, va même jusqu’à amener une nuit la caravane du suédois sur une voie de chemin de fer.

Le film procure beaucoup de sourires et de rires (discrets) par cette situation burlesque et irrationnelle, mais aussi est chargé d’une authentique émotion qui m’a beaucoup touché. Un chouette petit film indépendant qui n’aura qu’un modeste succès en salle certainement, mais que je suis drôlement content d’avoir vu !

Kitchen Stories

Cinéphage Le Seigneur des Anneaux : le Retour du roi

Classé dans: Cinéphage — @ 15:45:44

Je ne suis pas un fan du Seigneur des Anneaux, mais je suis allé voir la trilogie car c’était un bon divertissement, à la fois dans le fond (Tolkien sait bien écrire des histoires passionnantes) et dans la forme (effets spéciaux, bons comédiens). Et puis Peter Jackson c’est tout de même le réalisateur du film qui a failli me faire vomir : Bad Taste. Je vous le conseille. Je l’ai vu alors que nous dînions avec mes parents (dans le débuts des années 90), et mon frère nous avait mis la cassette « pour rire ». Après quelques minutes, nous avions eu droit à la scène la plus haute en couleur, où un mec se met à vomir des immondices dans un saladier, et que ses comparses se le repasse à la suite afin de boire cette soupe de gerbe fumante. L’apothéose c’est quand le chef boit à son tour et s’exclame « Merci Robert, j’ai eu un gros morceau. ». Mon père a alors simplement tourné sa tête vers mon frère en infléchissant un sourcil de la manière la plus suggestive. Mon frère a immédiatement couru arrêter le magnétoscope en s’excusant afin d’éviter les foudres paternelles.

Mais le même Peter Jackson avait grave assuré dans les deux autres opus, donc je m’attendais à ce qu’il abatte ses derniers atouts pour ce final que tout le monde attendait. J’ai trouvé que les deux autres avaient beaucoup de qualités qui sont reproduites dans le « Retour du Roi », il s’agit de la beauté des plans, des décors naturels, des effets spéciaux et de l’interprétation des comédiens. Je ne peux pas m’empêcher d’y trouver les mêmes faiblesses aussi, mais qui sont plus du fait de mon goût personnel que d’une mauvaise transposition du bouquin. En effet, le truc de la quête, je trouve ça passablement chiant. L’histoire se résume, pour moi, en un groupe constitué pour aller d’un point A à un point B. Sur le chemin, ils rencontrent plein plein de méchants, et ils perdent au fur et à mesure quelques combattants mineurs. Et puis, ils arrivent, hop c’est fini. Du coup, je ne peux m’empêcher de trouver l’histoire un peu trop simple et linéaire, même si le cas pour pas mal de romans ou films. Et dans le cas de Tolkien, l’intérêt réside finalement moins dans le récit de l’épopée que dans la manière dont il crée un univers complet et cohérent, et la façon dont il nous fait rentrer dans un monde imaginaire très crédible dès lors qu’on s’affranchit un peu de ses normes adultes. Aussi j’ai trouvé les deux premiers films très divertissants et sympas, mais plutôt longs et pas vraiment haletants (en plus je savais que le fin mot était pour le dernier seulement).

Ce film m’a donc beaucoup plus tenu en haleine, et j’ai moins été gêné par la durée. Encore une fois, les décors et les effets spéciaux sont bluffant. J’ai trouvé notamment la scène de bataille finale extraordinaire à tout point de vue. Par contre, la fin n’en finit pas (c’est le cas de le dire !) et je me demandais bien où il voulait en venir. Une bonne ellipse aurait suffit pour moi au lieu de détailler comme cela ce qui arrivent à tous les personnages. Par contre, j’ai été un peu déçu de la manière dont certaines histoires ont été entaillées, par exemple on ne comprend pas trop ce qui arrive à Arwen, on la voit à la fin, et hop, les épousailles !

En définitive, j’ai aimé le film mais une fois au cinéma (ah oui impossible à la télé) me suffit largement. Oubliez-moi pour les marathons avec les trois épisodes version longue pendant 12 heures (pop-corn, coca et sondes urinaires fournies par la salle).

Le Seigneur des Anneaux - le Retour du Roi

Lundi 29 Décembre 2003

Matooyage Cécoin du uc

Classé dans: Matooyage — @ 23:09:02

Hier, j’ai passé une journée top en compagnie de Diego. D’ailleurs quand je pense qu’il va probablement quitter Paris bientôt, ça me fout le bourdon à l’avance… je n’ai pas de chance moi alors, d’abord Virginie et puis Dieg.

On a passé du bon temps ensemble et c’est vrai que cela faisait longtemps que l’on ne s’était pas retrouvé juste tous les deux pour glander dans Paname. Au départ, nous avions prévu de bruncher chez les tapioles, donc nous nous étions donnés rendez-vous devant les Marronniers. Or depuis longtemps, on se disait avec mon pote qu’on devait absolument tenter un repas dans cette antre de l’élitisme gay à deux balles : La Maison Rouge. Un établissement très « A Gay » comme on dit avec Diego, en allusion aux Chroniques de San Francisco où Armistead Maupin décrit une certaine population gay hyper sélective et faisant des catégories sociales d’homos, jaugées selon la fortune, la profession ou la famille. Nous avons donc franchis l’enceinte de ce haut-lieu de la petite bourgeoisie homosexuelle pour savoir si vraiment la bouffe et le cadre étaient à la hauteur de leur ardoise.

Je ne vais pas critiquer la qualité de la nourriture sur un brunch, mais disons que pour un brunch à 24 euros c’était bien ordinaire. On est très bien assis par contre, et la déco n’est pas mal (c’est tout de même TRES Café Costes). Nous avons été servi par un joli jeune homme mais pas un canon non plus, et pas hyper obséquieux non plus. Mais surtout, les gens !!! Oh là là, les gens !!!! Tous hyperlookés (un dimanche midi nan mais oh, ça va pas la tête là les pédésexuels ?!!), hyper pincés et précieux, parfumés, coiffés à la perfection (pas génial mais pas un cheveux de travers), habillés en créateurs et tout. Et pas un bruit, pas un rire, pas un éclat de voix. Non non. Des gens comme il faut, qui savent bruncher avec le style et la classe inhérents à leur appartenance sociale. Ce n’est résolument pas un endroit pour moi. Mais j’essaierai d’y dîner une fois, on ne sait jamais, je changerais peut-être d’avis alors. Enfin, nous avons résumé la doctrine de l’endroit en une expression idoine : « cécoin du uc ».

Ensuite, nous j’ai traîné mon ami à l’expo Zao Wou-Ki dont c’était le dernier jour au Jeu de Paume (Paumé ? Naaaaaan !), mais ce n’était pas la peine, il devait y avoir au moins une heure de queue dans le froid sibérien. J’ai par conséquent laissé tomber à regret, j’ai honte de moi car c’est un de mes peintres fétiches, et que j’ai rarement vu exposer à Paris. Nous avons décidé d’aller aux Halles pour voir si on pouvait se faire une toile, et nous avons constaté qu’à peu près la moitié de la ville de Paris avait eu la même dominicale pensée. Du coup, nous nous sommes repliés sur le MK2 Beaubourg pour un choix plus éclectique et certainement moins populaire ! Et là dans le genre indépendant, on a frappé fort avec un film suédois-norvégien dont je me souviendrai : « Kitchen Stories ». Diego aussi s’en souviendra… entre deux bâillements (ça me rappelle Manu la dernière fois, mouaaarf !).

En fin de journée, j’ai rejoint le foyer conjugal où j’ai attendu le retour du mari prodigue (déjàààà ?!!), et nous avons passé une bonne soirée de chaleureuses retrouvailles. :mrgreen:

Matooyage Mon sauveur

Classé dans: Matooyage — @ 15:46:56

M. est revenu hier soir avec un peu d’avance puisque je ne l’attendais qu’aujourd’hui. J’étais content qu’il soit déjà de retour, il m’a manqué comme un dingue pendant ces quelques jours d’absence en Bretagne. Cela m’a fait du bien aussi de me retrouver un peu seul à fourgonner dans l’appart’ tranquillement comme quand j’habitais seul. J’ai pu me reposer un peu, et surtout récupérer un peu d’un sentiment d’indépendance salvateur quand on vit à deux. C’est vrai que je me sens épanoui et heureux avec lui en couple et dans un même appartement, mais je n’étais pas le genre à aspirer absolument à cela avant de le rencontrer. M. est génial pour cela (aussi) car on se ménage chacun pas mal de temps pour soi, et par exemple voir nos potes l’un sans l’autre n’est pas du tout un tabou. Parfois, j’ai besoin de passer une soirée seul et du coup, je profite qu’il voit un de ses amis pour cela, et réciproquement je le laisse aussi respirer.

Par contre, s’il y a une chose que j’adore dans la vie en couple, c’est dormir avec mon bébé. Ca, c’est vraiment devenu une accoutumance dont je ressens vite le manque quand nous ne sommes pas ensemble. Le lit est grand, vide, froid… pou !

Et puis, il y a aussi que je suis un être complètement détraqué et maboul. En effet, quand je suis seul chez moi, je me fais souvent des frayeurs, et des frayeurs bien familières, des peurs de mômes ou d’adolescents qui ressurgissent alors. Bien sûr, j’ai moins peur qu’avant, mais cela se manifeste alors plus comme une angoisse insidieuse. Par exemple, quand je suis sous la douche et qu’il n’y a personne dans l’appartement, j’ai deux trucs bizarres qui me viennent en tête encore aujourd’hui. D’abord j’ai peur de me faire poignarder dans ma douche (Merci Psychose…), ensuite j’ai peur d’être aspiré dans l’évacuation de l’eau (Merci Freddy et ses griffounettes). Et lorsqu’il fait nuit, j’ai peur des vampires ! Il y a toujours un Nosferatu pour se cacher dans le noir, et surgir pour me faire du mal. En général, la frayeur monte quand je me couche et que j’éteints tour à tour les lumières.

Alors évidemment, quand Super M. est là, je n’ai rien de tout cela en tête. Il ma rassure, et si j’ai peur, son simple contact me suffit pour me rassurer. Hummm si doux, si chaud, si tendre… Et plop, plus de méchants.

Dites, c’est grave docteur ?

C’est drôle que je sois toujours la proie de ces images infantiles que j’ai depuis longtemps exorcisées par le simple exercice de la raison, mais qui, comme une pollution résiduelle, sont encore des références mentales instinctives. Enfin, ça ne m’empêche pas de dormir, ni ne m’effraie vraiment, c’est plus une impression vite dissipée et qui me fait me dire que je suis un gros psychopathe de base.

Dimanche 28 Décembre 2003

Matooyage Comment je me suis envoyé en l’air avec XIII

Classé dans: Matooyage — @ 23:04:08

Samedi midi, je reçois un coup de fil de XIII qui me confirme l’idée de nous envoyer en l’air. Cela m’enchante car c’est une première fois ! Un vrai dépucelage en définitive !! Ainsi défloré par Olivier, j’ai tenu son manche comme un chef m’a-t-il dit. Je n’en menais pourtant pas large, hyper impressionné par le vertige et la maniabilité de l’engin.

Le n'avion !

Je pourrais continuer encore longtemps sur ce champ lexical et registre sybarite, mais les meilleures plaisanteries sont les plus courtes. Mouaaaaarrf ! J’ai donc volé avec Olivier dans un petit coucou de l’Aéroclub de Lognes (77) duquel il est membre. Je m’attendais à beaucoup flipper au décollage, et j’ai été agréablement surpris de ne pas sentir vraiment le moment où l’appareil a quitté le sol. Cependant, une minute après, alors que mon pilote tire son manche droit vers lui (non non, il ne s’est pas touché la bite, j’ai dit qu’on arrêtait dans l’image à deux balles), l’avion a commencé à grimper aux nues et j’ai métaphoriquement fait pipi dans ma culotte. Putain ce que les premières minutes m’ont fait flippé sa race, sa mère !

Mon pilote vérifie la sécurité de l'avion et suit sa liste de check...

Je me suis vite habitué et relaxé, et j’ai pu profité du paysage et surtout de cette incroyable impression qui m’a saisi aux tripes de voir le monde d’en haut, c’était tellement minuscule en bas… une sensation d’omnipotence et de liberté vraiment agréable. Je me suis rendu compte à quel point les lotissements sont horribles du ciel ! Je suis resté nerveux, mais émerveillé par le voyage. Et puis, Olivier m’a fait piloter l’avion et j’ai adoré cela, même si j’étais toujours extrêmement tendu par cette périlleuse mission. Je m’imaginais que si je déconnais, l’avion allait vriller et qu’on allait s’écraser au sol, et comme ce n’était pas un F-16, je n’aurais même pas pu jouer au Lieutenant Pete Mitchell.

Pour mieux me faire comprendre certaines notions d’aviation et certainement compenser une virilité défaillante (gnark gnark), XIII m’a fait goûté aux joies de la « gravité zéro » et du « décrochage », ce à quoi j’ai réagi avec concision par un : « Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah », et puis « Enfoiréééééééééééééééééééééééééé ». Nous sommes redescendu au bout d’une heure, et j’étais crevé. J’ai hâte de remettre ça en tout cas, c’était vraiment un cadeau génial.

Et puis nous sommes allés faire un tour en bagnole à Val d’Europe, où j’ai dévoré un gâteau au chocolat (hey merde, ça creuse l’altitude !). Olivier allait sur Paris pour un dîner, donc il m’a déposé gare de Lyon où j’ai repris le métro jusque chez moi.

Je vous présente mon pilote et initiateur : XIII

Matooyage Comment j’ai rencontré XIII

Classé dans: Matooyage — @ 13:22:14

Je me souviens, c’était en 1997, je venais d’intégrer ma première boite et de découvrais par la même occasion : Internet. Evidemment, j’ai rapidement braconné la toile pour trouver des havres de gaytitude. A cette époque, j’ai complètement accroché sur un site qui était un truc dingue pour moi, il s’agissait de ooups.net, et je lisais avec délectation un des chroniqueurs : XIII. Ooups était finalement une sorte de blog Multi-Utilisateurs, puisque le principe reposait sur des personnes qui publiaient des articles sur des sujets divers et variés, mais évidemment lié à l’homosexualité. Ooups c’était drôle, ironique, politique, culturel, vivant, truculent, désopilant et, avant l’heure, les ooupsiens s’étaient donné le mot pour former une belle communauté. En 2000, ils ont été rachetés et ont créé l’antenne française de gay.com, c’est devenu autre chose, oui vraiment autre chose. Je crois que c’est aussi pour cela que je n’ai jamais accroché à gay.com malgré une qualité intrinsèque indéniable, je leur en ai trop voulu d’avoir envoyé mon ooups dans les limbes. Malgré tout, il restait encore un truc familier… un Olivier Monnot alias XIII qui continuait à marquer de sa jolie plume de bons articles.

Je lui avais écrit à l’époque de Ooups et on avait échangé quelques mails sympas, mais sans suite. Et puis, le webomane que je suis a traîné ses guêtres à peu près partout où un drapeau arc-en-ciel a point sur la toile… caramail, citegay, gayvox, yarps, etc. Et souvent, une PA citegay de XIII, un XIII dans un chat, tiens… un profil de XIII, oh tiens c’est marrant garoo en a fait une galerie de photos… Ensuite, il y a tous ces gens avec qui j’ai conversés, et qui se sont exclamés « Quoi !!! Tu ne connais pas XIII ? ». J’ai aussi eu des échos de ses mecs ou plans, parfois positifs, parfois pas du tout. Vous connaissez les bruits de chiottes du web gay, aussi nauséabonds et fiables que ceux de ce saumâtre quartier de Paris ! :blah:

Cela fait un peu plus d’an que nous communiquons par ICQ, mais qu’on ne se voit pas… pas dispos, pas d’occasion… Et puis je découvre son blog, et lui le mien. Au bout de quelques mois, merde, il faut que je le vois. C’est cool, il se dit pareil. Il est sur Paris pour les fêtes, il m’appelle, je lui donne rendez-vous le lendemain. On se rencontre. Et voilà comment j’ai rencontré mon idole de mes premiers émois sur le net.

Nous avons dînés au XO Café vendredi soir, et puis nous avons rejoint Diego pour un verre au Tropic (mein gott, cette population !) et puis à l’Amnésia (aaaah c’est mieux !). Je suis extrêmement heureux d’avoir eu l’opportunité de rencontrer Olivier. On s’est d’emblée très bien entendu, et j’ai vite senti qu’une connivence poindrait de nos accointances virtuelles. Il est charmant, très intelligent et fin. On a parlé très librement, moi avec mon légendaire rentre-dedans, et lui me répondant avec beaucoup d’humour et de sincérité. Evidemment, on a évoqué ses diverses expériences dans le web, dont j’ai eu vent en tant que consommateur, mais aussi de sa nouvelle vie à Toulouse qui consiste à assumer pleinement sa passion pour l’aéronautique. C’est un garçon qui a l’air d’avoir la tête sur les épaule, beaucoup de ténacité et pugnacité dans l’accomplissement de ses désirs et aspirations. Enfin au moins du côté professionnel… mouaaaarf !

Nous nous sommes quittés vers 2h30 du matin, j’étais complètement mort. Il m’avait cependant proposé d’aller faire un tour en avion avec lui le lendemain. Une alléchante proposition, vu que je ne suis jamais allé dans un petit avion, que j’ai acceptée si les éléments étaient avec nous.

Boukinage Cosmopolis

Classé dans: Boukinage — @ 03:29:13

Je n’avais jamais lu de roman de Don DeLillo, je le connaissais de réputation et j’avais lu quelques critiques savoureuses de ses anciens bouquins, aussi j’ai voulu m’y frotter. C’est un bouquin édité dans une collection que j’aime beaucoup pour la qualité de son papier et les proportions de l’objet relié (des parallélépipèdes allongés en longueur): Actes Sud. C’est aussi l’éditeur des romans de Paul Auster qui est un de mes auteurs favoris. Et Don DeLillo, pour l’écriture, mais aussi le cadre (New York) et les personnages énigmatiques m’a pas mal fait penser à Auster dans ce bouquin.

Le héros du livre, Eric Packer, est un jeune magnat de la finance de 28 ans, qui d’une start-up a fondé en quelques années un super-empire de la spéculation. Sa richesse est telle qu’il possède des millions de dollars et un patrimoine hallucinant. Il a notamment en sa possession une limousine extraordinaire avec le sol en marbre et un équipement Hi-Tech avant-gardiste, qui lui permet de travailler tout en se déplaçant. Il surveille ainsi des dizaines d’écrans de contrôle avec des cours de devises et d’actions, tandis qu’il reçoit ses employés ou qu’il se restaure. Ce jeune businessman est fiancé à une poétesse détraquée qui est aussi une héritière richissime, avec qui il entretient une relation singulière.

L’originalité de l’intrigue réside dans l’unité géographique : la voiture. Ainsi, quasiment tout le roman se tient dans l’enceinte de l’omnipotente limousine, protégé par un impitoyable chef de la sécurité, dans laquelle Eric reçoit tour à tour ses collaborateurs pour deviser d’un insoluble problème : le comportement du yen. Il doit traverser la ville pour aller chez son coiffeur, un trajet improbable puisque semé de toutes les embûches : manifestations, embouteillages, cortège présidentiel etc. Le héros-spéculateur a parié gros sur une chute de la monnaie nippone qui, contre toute attente, continue à grimper aux nues, et il essaie de comprendre les raisons de cette débandade. Ce trajet en plein New York est aussi un parcours initiatique où le héros tente de faire le point sur sa vie, de remettre en question son travail et ses idéaux, de trouver sa place dans la société et de retrouver un semblant l’identité.

C’est un roman noir et un auteur à la plume acrimonieuse qui livre une vision apocalyptique et au bord du gouffre d’un monde corrompu, un monde au capitalisme absolutiste et méphitique. Les cadres de sa boite qui défilent à l’arrière de la limousine sont des exemples vivants de cette société moderne et avilie qui déshumanise au maximum ses partisans. L’auteur dépeint alors un série de personnages dans des scènes saugrenues avec des dialogues incisifs et parfois ésotériques dans un domaine où se mêlent finance, technique et philosophie. L’environnement contribue à la mise en scène chaotique puisque des embûches jalonnent son parcours et montrent de manière flagrante la déliquescence de son univers.

Le héros ne trouve la rédemption qu’en abandonnant sa fortune et la protection de son véhicule, dans une mort prophétique (annoncé dès le début) où il se jette presque sciemment, car il a enfin trouvé un sens à son existence. J’ai été vraiment impressionné par l’écriture de Don DeLillo qui est précise, poétique et puissante. Le roman m’a tenu en haleine par la dynamique du parcours routier, qui va de concert avec la quête d’identité du personnage, et une intrigue qui, peu à peu, délivre son message et nous met en face d’une réalité bien étonnante.

Cosmopolis - Don DeLillo

Samedi 27 Décembre 2003

Télévisage Même pas honte

Classé dans: Télévisage — @ 23:28:18

Je viens de mettre la téloche en marche, après une longue et merveilleuse conversation téléphonique. Je suis sur la 2, émission spéciale chanson québécoise… avec tous les hurleurs et toutes les hurleuses.

N’empêche, j’adore !!! Isabelle Boulay, Linda Lemay, Robert Charlebois ! Qu’est-ce que je suis ému quand je les écoute. Je sais que c’est à la mode de les détester et de les fustiger un max. Mais nan, je dois avouer que, même si je n’aime pas tout, j’en adore sincèrement certaines !

“Je reviendraiiiiiii à Montréaâââââllll !”

Vendredi 26 Décembre 2003

Matooyage Bien reçu 6 sur 6

Classé dans: Matooyage — @ 02:28:26

J’ai offert à ma maman pour Noël un cadeau commun avec mon reuf (un truc de soins sympa dans un Vénus Beauté Institut local…) et puis je tenais aussi à lui faire un présent plus personnel. Je suis un grand, que dis-je, un énorme fan de la série « Six Feet Under », j’y ai d’ailleurs aussi converti M. qui apprécie autant que moi cette fiction et ses personnages. En outre, nous y voyons une peinture de mœurs désopilantes, et plusieurs protagonistes à la psychologie irrésistible. Et puis, surtout, on y retrouve de soi et évidemment de ses congénères. Oui, c’est certes beaucoup plus aisé de faire le parallèle avec les défauts et névroses d’autrui, plutôt que de réaliser avec auto-franchise qu’on se perçoit dans les travers d’un personnage perclus de maladresses.

Cette série m’a marqué par la manière dont elle a pu m’émouvoir ou me faire rire, avec des personnages et des situations tour à tour sincèrement tragiques ou drôles. Et parfois faisant don des deux, grâce à un sens de l’humour noir particulièrement aiguisé et perspicace dont je me suis délecté avec bonheur durant les trois saisons. Les héros sont insolites et incroyables car, au premier abord, ils incarnent des clichés basiques, mais ils acquièrent peu à peu une individualité et une singularité qui les rendent de plus authentiques. On est donc d’abord intrigué par eux, et rassuré car on les voit bien comme des pantins, pures allégories de poncifs et portraits psychologiques bâtis au cordeau. Néanmoins, par la suite, l’histoire leur donne un vécu, des épreuves et des réactions beaucoup plus subtiles qui font qu’on s’attache et qu’on s’identifie plus aisément. Ainsi, je retrouve en définitive des parcelles de mes propres défauts et qualités dans tous les personnages.

J’ai donc offert à ma maman la première saison qui est récemment disponible en DVD, et nous avons regardé les 3 premiers épisodes ce soir dont le pilote. Une chose me fait plaisir, c’est qu’elle a l’air d’apprécier la série, les personnes, l’environnement et les intrigues. Pendant que nous regardions, nous avons aussi pas mal échangé sur ce qu’on en pensait, et je lui ai donné quelques bribes d’explications pour qu’elle rentre un peu plus facilement dans le « trip ». Au bout du troisième, je commence à lui expliquer que je trouve que les personnages deviennent de plus en plus « épais » et intéressants, et qu’on finit par vraiment s’attacher à eux car ils sont dotés de qualités et de défauts, de névroses et de tout ce qu’on peut trouver dans la réalité. Je continue subtilement à exprimer ce point, et je m’apprête à lui dire que je perçois pas mal de similitudes entre elle et Ruth, la mère, à certains égards, lorsqu’elle me dit : « Ouai mais la mère, elle est vraiment barge. Le personnage n’est pas bien réaliste tout de même ! ».

Bon évidemment, je n’ai pas fini ma tirade, j’ai souri, j’ai acquiescé et on a maté la suite. J’ai aussi senti le malaise réciproque lorsque nous avons regardé les scènes de tendresse ou d’amour entre David et Keith. Mais plutôt que de ne rien dire, elle a soufflé : « Je suis étonné de la manière dont ils montrent des relations homos, c’est vachement bien pour une série. ». J’étais déjà content qu’elle utilise le mot « homo », car je lui ai franchement dit récemment que le vocable « homosexuel » avait vraiment une connotation pathologique (dans la bouche des gens, c’est toujours presque technique comme qualificatif) pour moi, et que je préfèrerais qu’elle dise « homo » ou « gay » (steuplé mÔman !). Ensuite, aussi crypté que je peux me montrer, j’ai expliqué que c’était une production HBO, qui a déjà « Sex and the city » dans son escarcelle, et que cela expliquait leur parti pris pour un ton libre et, au contraire, sans tabou (ou même les explorant !). En décodé, elle me faisait remarquer qu’elle les trouvait bien mignons, et je lui ai répondu que moi aussi. Elle a rajouté pour finir de me rassurer qu’elle trouvait que M. avait des airs de Nate (on avait dit deux secondes plut tôt qu’il était très sexy et charmant – Nate bien sûr pas M., arf !).

Ah là là, c’est compliqué parfois pour se parler, mais même si la communication est parfois un peu parasitée ou embrouillée, au moins le canal est là et ouvert, bien tangible, et je sais que cela ne peut aller qu’en s’améliorant.

Jeudi 25 Décembre 2003

Matooyage Joyeux Noël 2003 !

Classé dans: Matooyage — @ 04:57:14

Cette année c’est chez nous qu’on célèbre les deux traditionnels repas de Noël, d’abord le réveillon pantagruélique (soir où dans ma famille l’on s’échange les cadeaux à minuit pétante), et puis le lendemain le jour même de Noël pour un déjeuner plus frugal. Habituellement, on ne fête que le 25 chez mes parents, et c’est un oncle et une tante qui organisent le réveillon, mais comme ils sont en plein déménagement ma mère a proposé d’assumer les deux tâches, ce qui n’est pas une sinécure.

On a toujours fêté les noëls en famille et avec pas mal de monde, déjà parce que la famille est assez étendue des deux côtés, mais surtout pour la manière dont les familles de mon père et ma mère sont liées. En effet, l’oncle et la tante chez qui nous allons habituellement le 24, sont tous les deux directement liés à mes parents. Concrètement, ma mère est la sœur de mon oncle, mais en même temps mon père est aussi le frère de ma tante. Ainsi leurs enfants, mes cousines, sont par le sang comme des sœurs, puisque nous avons les mêmes oncles, tantes, cousins, grands-parents etc. Cette singulière conjoncture a généré un lien fort entre ces deux familles, en plus du fait qu’ils se connaissent tous depuis qu’ils sont enfants.

Je suis étonné et drôlement content d’avoir reçu autant de sms de potes pour me fêter un joyeux noël, c’est une chose qui ne se faisait pas trop précédemment (plutôt pour le nouvel an) mais que je trouve bien sympa. En effet, j’aime bien l’idée du mélange entre famille et amis, et d’ailleurs je suis un de ceux qui pensent que les amis sont la « famille qu’on se choisit ».

La soirée s’est très bien passée et je suis ravi de ces retrouvailles annuelles, qui, l’heure en témoigne, se sont bien prolongées dans la nuit. Mes cadeaux ont été appréciés (ou ils ont simulé mais ce n’est pas grave) et du coup, cela me fait énormément plaisir de m’être un peu pris la tête pour chacun. Nous avons aussi fêté les 90 ans de mon grand-oncle, et j’avais pour l’occasion acheté au couple leurs journaux de naissance. Je me suis procuré, par un site web, deux quotidiens originaux d’époque du 19 décembre 1913 et du 6 mars 1915. Cela les a beaucoup touché, je n’en ai été que plus comblé.

Et puis nous avons chanté. En effet, ma cousine avait ramené un bouquin de chansons et comptines de mômes, on a proprement halluciné sur le fait que les trois générations représentées connaissaient les mêmes airs et refrains d’école. Aussi nous avons entonné la chanson à tue-tête et en canon, au grand dam de ma petite-cousine de deux ans et demi qui se demandait ce qui se passait dans cette maison de fou. Et des Pirouette Cacahouète, des Petits Navires, des Ne pleure pas Jeannette, des Et ron et ron, petit patapon, des En passant par la Lorraine avec mes sabots et j’en passe et des meilleures.

Le seul hic c’est que ma grande-tante a été malade. On pense qu’elle a trop mangé, à des heures inhabituelles (on a terminé de manger à plus d’une heure du matin) et que son estomac n’a pas supporté. Du coup, elle a été pris d’une envie de vomir, et a rendu en partie dans le couloir. J’ai ensuite raccompagné en bagnole mon grand-oncle et ma grande-tante afin qu’ils puissent se reposer.
Et quelques heures plus tard, ma tante (la sœur de mon père) s’exclame que ses chaussures sont bizarres, et « Oooooooh c’est la tante qui a vomi sur mes chaussures toute à l’heure !! ». Et ma cousine de rétorquer à sa mère : « Haaaaan, la tante elle t’a gerbé sur tes pompes, y’a même des bouts de coquille St Jacques séchées !!! ». Et moi de rajouter « Fais gaffe, paske c’est acide la gerbe, peut-être que sous les bouts de coquille séchées y’a des trous ! ». Et on s’est tous pris d’une crise de rire pas très chrétienne mais excellente pour la santé et la digestion.

Bon il est presque 5 heures, j’ai intérêt à convoler bientôt avec Morphée si je ne veux pas être mort quand môman sonnera le clairon toute à l’heure pour le déjeuner.

Encore une fois, Joyeux Noël !!!

PS : J’ai fait très fort je trouve pour un post aussi inintéressant d’en faire aussi long ! Si vous ne me prenez pas pour un prolo après ça… :langue:

Mercredi 24 Décembre 2003

Matooyage Avant – Après

Classé dans: Matooyage — @ 15:56:20

On vit aujourd’hui avec des objets qui modèlent notre environnement à beaucoup d’égards. On voit bien qu’en matière de communication par exemple le téléphone mobile ou Internet on révolutionné notre manière de transmettre et recevoir l’information. Et quand je parle à des mômes, je me rends compte qu’ils hallucinent de penser qu’on a pu vivre sans téléphone portable avant.

Or je me rappelle d’un monde sans portable, mais aussi sans Carte Bleue, sans ordinateur personnel, sans Web, sans email etc. Et les périodes de transition et d’adoption des nouvelles technologies sont de plus en plus courtes, on voit que quelques années après l’utilisation du mail, on se demande comment on pratiquait avant pour communiquer dans une entreprise. Et même pour garder le contact avec ses potes ou sa famille, quelqu’un de retors au mail est déjà un paria (ne parlons pas de l’allergique au portable encore plus rare). Toutes ces innovations ont forcément une influence sur la structure et le fonctionnement de notre société. On se dit aussi facilement que la révolution va en s’accélérant plus les années passent, et que les bouleversements technologiques sont de plus en plus déstabilisants, réformateurs et facteur de mutation de société.

Mais en réfléchissant un peu à quelques exemples proches, je pense que ce n’est pas si simple et logique. En effet, si je réfléchis à mes parents… Ma mère est née en banlieue parisienne, dans le 95. Dans son coin, ils ont eu l’électricité en 1967. Donc jusqu’à l’âge de 17 ans, ma mère s’éclairait à la bougie et la lampe à pétrole. Remarque, je suis sûr que mon petit cousin aurait l’impudence de me sortir avec le même étonnement amusé que jusqu’en 1998, Matoo passait tous ses coups de fil d’une cabine téléphonique, et passait des heures à attendre ses potes en retard. Mes parents se sont mariés en 1973, ma mère m’a raconté qu’ils avaient attendu deux mois pour avoir le téléphone, une durée classique… En 1975, ils ont eu leur première télé couleur. Au début des années 80, elle avait offert à mon père une calculette CASIO à 8 chiffres qui faisait les 4 opérations : 350 FF. Et avant ? On écoutait la radio, on utilisait des règles à calcul et surtout le calcul mental. Et avant ? On lisait beaucoup pour se divertir, on s’écrivait pour communiquer, etc.

Dernièrement, je discutais avec ma grande-tante (ma fameuse grande-tante de 88 ans), et elle me serinait comme tous les ieuves sur le fait « que c’était mieux avant » (avec l’accent de Cabrel c’est encore plus désopilant). Mais elle m’a avoué qu’une chose avait vraiment considérablement changé son existence à l’époque. Une chose qui avait réellement modifié la condition féminine et participé à l’émancipation de la femme. Il s’agit de la machine à laver. (Ah !?) Et là, elle m’a expliqué le processus horrible que représentait le lavage du linge à la main au lavoir dans ces années de servitude domestique. Et cela, elle l’avoue encore aujourd’hui, c’est le truc qu’elle ne veut plus faire, la raison pour laquelle elle ne veut plus revenir en arrière, quitte à retrouver l’univers idéal et immaculé de ses vertes années. Plus jamais de lavage manuel ! Bon, en outre, il faut dire qu’elle était femme de ménage, alors ceci explique peut-être cela… :)

En conséquence, il ne faut pas croire qu’on vit une époque si intense en bouleversements technologiques qui changent la vie. Cela fait longtemps que le processus est en marche et qu’il modèle la société au fur et à mesure de son expansion. Aujourd’hui, l’informatique et Internet son certainement les rouleaux compresseurs qui redessinent une bonne partie de notre environnement familier, scolaire, professionnel, voire même culturel, amical ou affectif. Et moi-même, je me demande, mais comment j’ai fait sans un mobile ou sans un mail jusqu’à 21 ans !!
Et en fait avec le recul, ça allait plutôt pas mal !

Outside Fantastic Eye !

Classé dans: Outside — @ 10:40:52

Je ne suis pas un grand fan de photoblog - d’ailleurs doit-on dire photolog ou photoblog, ou bien comme ex-Navire neo-Embruns : photoblogue ? - mais celui-ci vaut son pesant de clics !

Il s’agit de Sam Javanrouh : “married to Talayeh, born in Tehran/Iran, moved to Toronto/Canada in 1999. Art director at Optix, a visual effects and animation company”. Il publie tous les jours une photo sur son site : [daily dose of imagery].

Ses photos sont magnifiques en elles-mêmes, mais surtout elles m’évoquent quotidiennement des souvenirs, des idées, des sensations… Ce type a, à mon sens, un vrai sens de la photo artistique contemporaine. J’adôôôôôôôôôôôoooooore la photo ! (avec l’accent de Chouchou d’la place d’clicly)

[Source : Blog A Part]

Lundi 22 Décembre 2003

Matooyage Quo vadis ?

Classé dans: Matooyage — @ 15:46:59

Je racontais précédemment que je conservais énormément de souvenirs de mômes, et notamment avec ma copine Marie-Aude. Aaaah Marie-Aude, c’est ma première copine d’école. On s’est rencontré en maternelle, c’est Davy qui nous avait présenté. Le pauvre, il a regretté son acte ensuite, puisqu’elle est devenu mon acolyte exclusif et cela dure depuis maintenant 21 ans. Nous nous sommes retrouvés un peu par hasard en ce premier jour de CP dans la même classe, et naturellement nous nous sommes assis l’un à côté de l’autre. Et il s’est passé la même chose en CE1, CE2, CM1, CM2, 6ème, 5ème, 4ème et 3ème. Au bout d’un moment, nos parents avaient même demandé à ce qu’on soit dans la même classe, et puis les profs eux-mêmes ne voulaient plus nous séparer, craignant de nous déstabiliser. L’avantage de cela fut de façonner une amitié digne des forges d’Héphaïstos, l’inconvénient évident est qu’on est devenu la béquille l’un de l’autre, et qu’on flippait de se séparer. Mais à la fin du collège, on est parti dans des lycées différents, car on ressentait tous les deux le besoin de voler de nos propres ailes.

On passait beaucoup de temps, juste tous les deux à parler, parler et parler en arpentant les abords de la cours de récréation (où de pauvres arbres décharnés tentaient de survivre aux armes de destructions massives que sont la gente infantile). On discutait de tout, et ce qui est dingue, c’est mon souvenir vivace de certaines conversations complètement déphasées pour des gamins de 7 ou 8 ans qui se résumaient en un prophétique « Quo vadis ? ».

En 1985, nous avions 9 ans, nous étions donc en CM1, je me remémore précisément un dialogue lié à une chanson très en vogue à l’époque : « en l’an 2001 » de feu Pierre Bachelet (Ah bon, il est pas mort ?). Le refrain était « quand on aura vingt ans en l’an 2001 » vaguement chanté en canon par des moutards impubères. Après un rapide calcul, nous avions déduit que nous aurions, nous, 25 ans en ce futur incertain. Et cela nous avait plongé dans les hypothèses les plus illusoires et chimériques sur notre devenir. On ne se voyait même pas spécialement comme des supers stars, on s’imaginait dans certains boulots, et puis à vivre dans d’autres pays, et tout cela sans avoir la moindre idée des études qu’on pourrait bien suivre ou des inclinations qu’on pourrait avoir par la suite. J’avais même émis la possibilité qu’on meurt le soir même en sortant de l’école, écrasés par un chauffard, ce qui le cas échéant, aurait sérieusement écourté notre éventuelle destinée.

Mon orgueil légendaire me tendait tout de même à croire mordicus que je ferais quelque chose de ma vie, et surtout que j’aurais quelque chose d’exceptionnel, que je deviendrai « quelqu’un »… Donc quand j’entendais les gens dire « ce qu’il est mature pour son âge… » et je remarquais aussi que les gens qui réussissaient étaient tous beaucoup plus âgés que moi : « un merveilleux jeune écrivain prodige de 26 ans vient de sortir… ». Et aujourd’hui, il faut bien que je me rendre à l’évidence, j’ai 27 ans, je ne suis qu’un quidam parmi une multitude d’autres individus lambda. On ne me dit plus que je suis mature pour mon âge (étant donné que ce n’est plus le cas, c’était seulement de la précocité, et une précocité qui m’a plus handicapé qu’autre chose), et je n’arriverais certainement pas à être cet autre moi que je projette avec mes fantasmes les plus ridicules. Bizarrement, cela ne me dérange pas du tout.

Je pense que je me raccrochais simplement à un futur brillant comme un espoir qui me permettait de tenir le coup. Maintenant que je vais à peu près bien, cela fait quelques années qu’entendre ces gens qui réussissent et qui commencent à avoir des dates de naissance qui commencent par 80 (arggggh), et bien cela ne m’atteint pas spécialement. Je suis plutôt admiratif et fasciné (enfin pas par Elodie qui a gagné la StarAc du haut de ses 21 ans !).

Au fait, cette réminiscence logorrhéique me vient d’une conversation RERienne de ce matin, où deux jeunes filles d’une quinzaine d’années se demandaient si elles envoyaient ou pas leurs candidatures à la StarAc 4, misant que c’était leurs seules chances de faire un truc constructif de leurs vies. Dans le même genre, deux amies institutrices m’ont confirmé la tendance en me confiant que sur les petits papiers de début d’année, les élèves de primaire en majorité mettent en profession souhaitée : « Célèbres » ou « Chanteurs ».

Dimanche 21 Décembre 2003

Télévisage Dancing queens

Classé dans: Télévisage — @ 23:17:39

Je viens de revoir pour la nième fois « Priscilla, Folle du désert » sur le câble. J’adore ce film. Je sais qu’il est considéré comme un film plutôt mineur et surtout comme un catalogue de caricatures. Mais moi j’y voyais plus que ça la première fois, et encore maintenant.

En effet, ce film date de 1994, année charnière s’il en est me concernant, il marque la mode des Drag Queens et dépeint le voyage de trois folles hurlantes dans toute l’Australie, de Sydney à Alice Springs. On rit beaucoup dans ce film, mais ce ne sont pas les mêmes ressorts que dans la « Cage aux Folles », là on rit plus de leurs conneries et de leur sens de l’humour, que du ridicule des personnages.

Ce que j’aime, c’est le décalage permanent et le voyage initiatique effectué par ces personnages complètement hors-normes. Et le film ne donne pas non plus une fausse image de tolérance, il est simplement juste, ce qui est un exercice tellement difficile… L’ironie c’est aussi que le seul moment où elles ont du succès avec leur numéro, c’est avec les aborigènes dans le désert australien. Un véritable morceau d’anthologie.

Et puis il y a dix ans, faire un film qui narre le voyage de deux travs et un trans, dont un qui chante de l’opéra sur une chaussure pailletée géante, en plein désert, ce n’était pas si facile de bien le faire. C’est un film drôle et délicat, qui ne se prend pas au sérieux, mais profite de l’anecdote pour montrer simplement et efficacement que la différence n’est pas facile à vivre, et qu’il faut l’assumer. Je trouve que tout est bien abordé, de la paternité de l’un des drags, au transsexualisme ou bien le regard des gens sur la différence. Et puis les folles, la disco, les boites, l’ironie, l’anti-conformisme, j’aime bien.

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