MatooBlog
Pectus est quod disertos facit

Vendredi 30 Janvier 2004

Matooyage Des blogs dans ma revue de presse matutinale

Classé dans: Matooyage — @ 15:18:53

Ce matin tôt, très tôt, 10h30, j’arrive au taf, et premier réflexe… un café et quelques minutes consacrées à la revue de presse de ma boite. Je reçois une url tous les matins avec les articles de presse photocopiés en pdf.

Je clique sur le premier article qui est issu de la Tribune d’aujourd’hui et qui évoque le forum de Davos, avec l’intérêt particulier que revêt la « networking economy », c’est-à-dire le fait que les NTIC nous permettent de bosser en réseau avec les 4 coins du monde comme si les distances n’existaient plus. Et c’est vrai que c’est un phénomène bluffant que j’expérimente tous les jours. J’utilise pas mal le système de chat interne global qui me permet de communiquer avec toutes les filiales, et comme j’ai parfois besoin de demander un truc à un collègue du Canada ou des US, c’est hyper simple et efficace. J’avais aussi besoin un jour de faire une vérification sur un document avec une personne de Montréal. On s’est donc appelé par téléphone (ligne sur IP, donc virtuellement gratuite), et on a simplement fait du partage d’application. Ainsi on était tous les deux sur un même doc avec nos initiales auprès des deux curseurs qui prenaient tour à tour la main pour éditer. Exactement comme si elle se trouvait à mon bureau !

Bien sur, ces expériences exaltantes ont ce côté positif de donner la possibilité de mieux travailler, de supprimer les distances, de donner plus de convivialités aux échanges humains dans l’entreprise étendue (on parle de l’EE, « Extended Enterprise » dans ma boite)… Et puis, c’est génial de bosser avec tant de fluidité et de proximité avec des gens d’Inde ou du Japon. Mais cette globalisation de l’entreprise a aussi des conséquences sociales non négligeables, en effet, cela veut aussi dire que l’on commence à délocaliser virtuellement de plus en plus de tâches. Notamment, une partie des forces de développement logiciel (ma boite est un éditeur de soft) est localisée à Bangalore (la Silicon Valley indienne) et c’est tout bénef pour la boite. Aussi se pose maintenant le problème de cette délocalisation « sans douleur » dans des pays où les développeurs sont aussi bons qu’en Europe et beaucoup moins rémunérés.

Et là encore, c’est moralement discutable. En effet, je trouve tout à fait profitable – et allant dans le sens d’un développement économique équitable – à un pays tel que l’Inde de pouvoir mettre en valeur ses compétences High-Tech et un niveau d’ingénierie similaire au nôtre, plutôt que de les cantonner dans des activités textiles ou manufacturières à faibles valeurs ajoutées, de surcroît basées sur l’exploitation outrancière d’une classe sociale déjà défavorisée. Au contraire, cette génération d’ingénieur-informaticien peut certainement beaucoup apporter à la croissance de leur pays et doit galvaniser une classe moyenne quasi-inexistante. Ensuite, si on considère notre beau pays en crise, à qui l’on serine depuis des lustres que l’on délocalisait des activités dont le coût des ressources humaines n’était pas du tout compétitif (ce qui est indéniable, mais peut-être pas forcément un bon élément de calcul), mais que la France s’en sortirait grandie en se focalisant sur des activités à fortes valeurs ajoutées, notamment dans le High-Tech où nous excellons et où nous sommes compétitifs, même avec des salaires élevés.

Tribune - Loic Le Meur - U-blogEt bien la donne a changé. Aujourd’hui, nous pouvons aussi faire des économies massives en mettant nos ingénieurs sur la paille, et en utilisant ces merveilleux outils de communication pour nous rapprocher de nos collègues indiens, et les faire bosser pour pas cher. En plus, on a même la fierté de participer au développement des pays moins avancés que nous. La bonne blague… puisque le résultat sera concrètement une nouvelle crise et de nouvelles mutations pour y faire face. Espérons seulement que je me trompe, et que l’on rebondira à temps pour avoir une transition des plus courtes.

Le facteur qui change pas mal de choses, c’est que lorsqu’il s’agissait de fermer les boites de textiles dans le nord, et de virer des ouvriers, tout le monde s’en foutait grave (ceux des classes supérieures j’entends… incluant les politiques de tout poil). Et puis, la philosophie était d’affirmer que l’on assurait un meilleur avenir à nos enfants, ils seraient tous ingénieurs !!! (Youpi !) La syndicalisation accrue de cette population avait permis aussi une relative transition à ce secteur reconnu comme sinistré par l’état. Mais chez les ingénieurs, ce sera certainement différent. Ces BAC+5 qui n’ont jamais eu à chercher du travail, qui ne sont pas syndiqués, qui sont en majorité de droite et voire libéraux, sont habitués à ne pas s’émouvoir devant les mutations sociales, puisque depuis 20 ans cela ne les concerne pas. Aussi, je pense qu’on aura une sacrée période de latence avant de les voir redescendre de leurs douces illusions de pérenne expansion. On aura certainement un schéma identique aux cadres qui se sont fait massivement virés dans les années 90, avec pertes et fracas, quand on a compris que c’était là qu’on pouvait faire de véritables économies. Et ces pauvres hères qui pensaient retrouver du boulot en quelques semaines, ont parfois eu des destinées dramatiques.

J’ai lu dans les premières lignes de cet article, avec surprise, la mention de Loïc Le Meur et de son entreprise U-blog, en tant que bon exemple d’entreprenariat français dynamique et fondé sur des idées nouvelles et originales. Et notre Francis Mer un peu désintéressé qui scande un « félicitations » teinté d’incompréhension, tandis qu’il insistait sur l’importance des NTIC ! Heureusement, comme le signale le journaliste, Loïc n’attendait pas le go de Bercy !! Ce sont peut-être des idées comme celles-là qui, en effet, donneront du ressort à notre économie, et surtout, nous permettrons de nous différencier.

Jeudi 29 Janvier 2004

Cinéphage Uzak

Classé dans: Cinéphage — @ 18:35:11

Voilà un beau film turc qui tranche nettement sur tout ce que j’ai vu précédemment. Comme tous les films indépendants de pays à la culture très différente de la notre, il faut un certain temps d’adaptation à la manière dont les gens communiquent. Souvent, ces films sont grevés par une longueur ou une lenteur d’action excessive à nos habitudes cinématographiques.

Ainsi, comme pour A cinq heures de l’après-midi que j’avais vu auparavant, Uzak est un film lent et posé, un film qui déroule une intrigue minimale et avec des dialogues peu fournis. Mais l’ambiance qui est distillée est fantastique. Les décors naturels d’Istanbul sous la neige contribuent aussi beaucoup à cette impression, et à l’histoire même.

Le film évoque l’arrivée à Istanbul d’un jeune homme de la campagne, sans emploi, qui se rend en ville en espérant devenir matelot sur un des navires qui quittent le port tous les jours. Il va loger chez un homme originaire de son village, et qui a relativement réussi en tant que photographe de publicité. Les deux hommes ont du mal à communiquer, entre le jeune qui pense qu’il va vite trouver un travail et apprend à gérer ses déboires, et le plus âgé qui, ayant renoncé à la photo d’art et au cinéma pour un secteur plus lucratif, a du mal à partager son appartement. Ce dernier est surtout critique et irascible envers son invité dont il réprouve les manières et l’attitude. On sent bien chez le photographe la désillusion profonde de ne pas être devenu celui qu’il aurait aimé, et son aigreur auprès du jeune homme qui veut juste trouver un boulot.

Les deux comédiens sont excellents, et leur communication est finalement bien peu verbale mais d’une rare intensité. Et puis, il y a surtout cette manière de filmer, de laisser le temps filer et de se poser sur des plans superbes. On sent le talent de photographe du réalisateur, qui pose un œil sensible et épris sur son pays et nous fait partager sa beauté et la sérénité de ces paysages.

Uzak

Cinéphage 21 grammes

Classé dans: Cinéphage — @ 14:55:30

Ce film pourrait être considéré comme un simple exercice de style, mais c’est beaucoup plus que cela, grâce à des comédiens excellents et une direction d’acteur vraiment puissante. L’originalité tient, il est vrai, dans le montage monstrueusement saccadé qui fait que le film est découpé en une myriade de scènes dont l’ordre est chaotique. Mais évidemment, malgré la légere sensation de désorientation, on se fait vite à la technique et petit à petit, on a une intrigue qui est de plus en plus précise et complète.

Du coup, c’est difficile de raconter un peu l’histoire, vu que la chronologie même du film est dans le désordre. Disons simplement qu’il s’agit de trois personnages et leurs familles, que l’on suit et qui sont liés par un drame. Les trois acteurs principaux sont incroyables : Sean Penn, Naomi Watts et Benicio Del Toro. Ils sont bluffants d’authenticité et de crédibilité. Les rôles secondaires sont aussi bien tenus par, notamment, une Charlotte Gainsbourg très convaincante.

Le rythme est haletant et soutenu par un thème musical très prenant et qui souligne bien les moments les plus désarmants et émouvants. On peut un peu être perdu de temps en temps, avec cet anachronisme permanent qui montre d’abord des personnages qui se connaissent, et ensuite les mêmes personnages qui se rencontrent tout juste. A un moment, on se demande même qui est la vraie femme de Sean Penn !?

Bon par contre, je ne comprends toujours pas vraiment le sens du titre du film…

21 grammes

Boukinage Quelqu’un d’autre

Classé dans: Boukinage — @ 13:12:48

Voilà un bouquin que j’ai lu par hasard (c’est une copine de M. à qui j’ai bidouillé son ordi qui me l’a offert pour me remercier), et qui illustre encore mes préoccupations de quête d’identité et de « sens de la vie ». Cette fois, ce ne sont pas des trentenaires qui se prennent la tête, mais deux hommes à l’orée de la quarantaine qui se rencontrent par hasard à un club de tennis et dispute une partie acharnée. Ces deux hommes mûrs en âge et en apparence, Thierry Blin et Nicolas Gredzinsky, se trouvent à boire un verre et sympathiser après leur joute sportive. Chacun fait le bilan mitigé d’une vie de compromission et de faux-semblants, bien lointaine de celle à laquelle ils aspirent au fond d’eux. Leur conversation s’achève sur un défi, un challenge ultime, et l’alcool aidant ils se promettent alors de se revoir dans trois ans exactement, même heure, même endroit, et d’être, dans l’intervalle, réalisé dans leurs vies respectives.

Le bouquin montre donc en alternance entre l’un et l’autre, la manière dont chacun évolue et bouleverse son existence pour trouver enfin sa voie, et surtout sa place. Autant on place la trentaine comme une période de doute et de remise en question, autant les deux personnages sont directement embringués sur la rupture et la révolution de leur destinée. Thierry Blin, encadreur indépendant et marié à une femme qu’il aime plus par convention que par réel enclin, s’arrange pour rompre, se faire refaire le visage et devenir détective privé. Nicolas Gredzinsky, célibataire et employé à une boite de communication, utilise l’alcool pour s’émanciper et devenir un autre homme qui conquiert les échelons de son entreprise avec culot, en même temps qu’il se consume dans une relation passionnelle avec une inconnue.

Chaque chapitre place l’attention sur l’un ou l’autre des protagonistes, et nous fait partager leur mutation ou la fuite de leur passé. Les deux hommes ne trouvent pas forcément le bonheur, et le bouquin n’est pas construit pour nous prouver qu’il faut tout envoyer bouler dans sa vie. Il ne fait pas non plus l’anthologie d’une vie placée sous le signe du conformisme, mais il laisse le lecteur juger par lui-même grâce à l’exposé précis de la psychologie des deux personnages.

C’est un excellent bouquin aussi bien dans la forme du récit, que dans l’écriture, le sujet ou la dynamique de la narration.

Quelquun dautre - Tonino Benacquista

Mercredi 28 Janvier 2004

Matooyage Quel est le point commun entre Matoo, Van Gogh et OCB ?

Classé dans: Matooyage — @ 18:49:09

Et bien hier matin, je me rase tranquillement (je ne me rase qu’une ou deux fois par semaine, j’aime bien mon air « mal rasé »). J’avais changé mes lames donc j’avais en main une arme au tranchant redoutable. En un tour de main, ne me demandez pas comment, et par un mouvement brusque et désordonné, je me suis coupé l’oreille. Je me suis coupé plus exactement le dessus de l’oreille (oui oui, la partie supérieure, diamétralement opposée au lobe). Et voilà que ça pisse le sang comme le flot de l’Alphée dans les écuries d’Augias. Je m’empresse de mettre de l’eau froide, mais ça n’y fait pas grand-chose. Je finis par me coller un bout de sopalin derrière l’oreille (so chic) pour éponger, tout en protégeant mes affaires pendant que je m’habille.

J’attends un peu, je me dis que ça va forcément s’arrêter dans quelques minutes. Je suis déjà à la bourre mais bon… Et puis, une demi-heure après et quelques kleenex imbibés de sang frais, je me décide à quitter l’appart avec une cargaison de mouchoirs en papier puisque mon oreille est tout autant sanguinolente. Je marche donc jusqu’au RER où, vue l’heure tardive, je trouve sans mal à m’asseoir, et ouvre mon bouquin. J’ai toujours mon kleenex en main pour éponger régulièrement mon oreille cassée qui n’en finit pas de se répandre. Mais je suis pris par mon livre (je rate assez régulièrement mes arrêts) et pense de moins en moins à ôter le sang.

Je vérifie alors que ça saigne toujours autant, et je découvre avec étonnement que j’avais vaincu l’hémorragie grâce à la cellulose. Je ne remarque pas les figures singulières qui se dessinent en face de moi, où deux femmes sont assises en pleine conversation. Je les vois de plus en plus en train de me reluquer, à moitié surprise, à moitié inquiète. Et moi, je m’assure de temps en temps grâce à mon kleenex immaculé, qu’en effet je ne saigne plus. Et là, je sens un petit truc qui roule tout doucement dans le trou de mon oreille, mais pas celle que je suis en train de tamponner depuis quelques minutes. Ah oui, ça y est, j’ai compris pourquoi elles me matent. Elles se sont rendus compte qu’un ouf est assis en face d’eux, qu’il a une oreille maculée de sang, et qu’il s’adonne à une curieuse cérémonie en s’essuyant généreusement celle qui est intacte. Du coup, je change vite mon fusil d’épaule, mais le mal est fait. J’ai honte.

Ma première réunion de la journée avait lieu à 11h, et mon oreille souffrait toujours de la même fuite de liquide. Je suis allé courageusement voir mes interlocuteurs avec mon mouchoir à portée d’oreille (droite !). Et là, j’ai été sauvé. Ah si j’avais su. J’ai raconté mon histoire tragicomique au mec avec qui j’avais rendez-vous, il s’est d’abord foutu de moi, et puis il m’a demandé si je n’avais pas de papier à cigarette. J’ai répondu que non (putain si vous saviez les milliers de feuilles que j’ai à l’appart avec mon fumeur de oinjes de mari). Il en a alors demandé à un collègue, a découpé un tout petit morceau d’OCB, me l’a collé sur la plaie, et hop, fini le saignement. Voilà donc la fin de ma mésaventure.

Merci donc à OCB. Enfin, évidemment, j’ai eu l’air bien naze avec mon bout de papier collé mais au moins dans l’après-midi, je commençais enfin à cicatriser. Bon vous voyez maintenant le rapport entre Matoo, Van Gogh et une feuille d’OCB ?

Matoo Oreille coupee de Vincent mon sauveur

Mardi 27 Janvier 2004

Matooyage Journée neigeuse, journée spameuse

Classé dans: Matooyage — @ 20:24:05

Ce matin, j’arrive au boulot… 10h54 (:mrgreen:) et je check mes mails professionnels. Je vois que le chef de la sécurité informatique nous prévient d’une poussée massive de spams virussés sur le web. Il nous demande donc de ne pas ouvrir les messages dont on ne connaît pas l’auteur. Bizarrement je n’ai rien sur ma boite, il faut dire que je suis extrêmement prudent avec, et que j’utilise mes boites persos lorsque je dois donner mon adresse à des tiers.

J’ouvre mon webmail yahoo, et celui où je récupère les courriels matoo.net. Quelle surprise ! Je pense qu’en une journée j’ai du cumuler 200 spams d’une forme similaire. Mais cette attaque là diffère des autres dans la nature même du courrier. En effet, habituellement, je reçois des spams d’expéditeur anglais avec un sujet en anglais aussi. Aujourd’hui, il s’agissait en majorité d’expéditeurs français avec des sujets inexistants ou neutres (genre « Hello » ou « Test »). Et puis normalement, je repère aussi les domaines d’envoi qui sont plutôt exotiques, et comme je ne connais pas grand monde aux Iles du Caïman, ni affilié à çasuce.com, j’arrive à supprimer assez vite les indésirables. Là, les domaines utilisés sont laposte.net, ville-de-saumur.net, wanadoo.fr etc. Donc des domaines tout à fait vraisemblables qui peuvent leurrer facilement des victimes crédules.

Vous avez tous du en recevoir de toute façon ! En outre, j’ai commencé en début d’après-midi à recevoir des Reply de serveurs ou de gens qui me demandent pourquoi je leur avais envoyé un mail, ou bien que mon mail contenait un virus etc. La sauce a donc certainement encore bien pris (en envoyant des mails avec des expéditeurs connus et valides) ! Et puis le pompon, c’est de recevoir les mêmes mails infectés de gens que l’on connaît, prouvant que certaines connaissances ont ouvert la boite de pandore, et que leur carnet d’adresse a bien été utilisé.

Le contenu du spam est aussi classique qu’à l’ordinaire, on reçoit un message confus qui nous invite à ouvrir la pièce attachée pour en savoir plus. Un peu comme si, on avait des problèmes de compatibilité de messagerie (comme de recevoir un mail en html en pièce attaché au lieu de plain text), et qu’ouvrir ce zip ou ce pif serait le « fiat lux ».

“The message cannot be represented in 7-bit ASCII encoding and has been
sent as a binary attachment.”
“The message contains Unicode characters and has been sent as a binary attachment.”
Etc.

J’ai ainsi passé aujourd’hui plus de temps que d’habitude à trier les messages, car je ne voulais évidemment pas zapper les mails utiles. Mais je pense à ma mère qui a un e-mail, mais qui n’y connaît que dalle, ou bien à la myriade de néophytes qui se sont avoir quotidiennement par ce genre de pièges. Je vois tellement de personnes autour de moi qui s’équipent en ADSL ou câble, sans même avoir un firewall, c’est hallucinant. Mais d’un autre côté, si on n’est pas un minimum formé, on ne peut pas bien en comprendre l’utilité. Alors je prêche la bonne parole, et je partage mon maigre savoir d’utilisateur averti avec le maximum de gens.

Lundi 26 Janvier 2004

Matooyage Devoir filial ?

Classé dans: Matooyage — @ 19:21:08

Vendredi soir, je me suis rendu chez mes parents dans le 95. En fait, j’y vais de moins en moins. Jusqu’à l’année dernière, j’y allais en gros toutes les trois semaines et j’y restais tout le week-end. J’ai peu à peu réalisé que cette obligation que je m’étais faite était plus une astreinte et de moins en moins un plaisir. Tout cela à cause de l’ambiance strange qui règne à la maison, de mon frère qui me fait halluciner de par son incommunicabilité avec mes parents, et mon père qui redouble de schizophrénie (quel fantastique jeu de mots, même pas exprès !), ma mère qui vieillit et se fige dans un immobilisme qui m’attriste beaucoup. J’ai eu d’autres habitudes. Plus de mouvements, de dynamisme, toujours des choses à faire le week-end, des gens à voir, des conversations excellentes avec mes parents, beaucoup de rires !

Et aujourd’hui, je viens et passe deux jours à regarder la télé, puis repars. J’ai un peu laissé tomber la lutte. Ces derniers mois, je n’essaie plus de leur faire entendre raison. Je ne réagis plus à leur vindicte contre Pierre, Paul ou Jacques. Je ne tente plus de les convaincre de mieux analyser la situation, de se remettre en question, d’être plus réfléchi et consensuel, moins braqué. La joute est vaine, alors je ferme ma gueule. Mais du coup, j’en bave en silence, et conséquemment, j’espace mes visites.

Je me souviens avec nostalgie de ces conversations où leur clairvoyance m’épatait, où je savais que j’étais en train de parler avec des adultes qui m’écouteraient, et me considéraient doté d’une réflexion pas moins valide que la leur. Je leur faisais partager mes folies, mes lubies, je les emmenais écouter Philip Glass ou voir une sombre expo expressionniste à Pontoise, et de cette écoute active à mon égard, je n’en étais que plus attentif à eux. Aujourd’hui, c’est vraiment pour faire plaisir que je viens, et un peu par devoir. Ma mère ne veut jamais venir sur Paris, ni vraiment bouger le week-end. Quand je propose un truc, on en est toujours rendu aux calendes grecques. Et nos conversations sont devenus stériles. Je n’ose plus la contredire sinon elle le prend mal, et fait même la gueule. On ne se parle plus comme avant, avec notre cœur, à présent on le fait avec nos conventions et notre putain de protocole mutique.

Je sais que c’est un peu l’apanage de la cinquantaine. Je comprends qu’elle soit frustrée et mal dans sa peau vue la situation. Se séparer après 30 ans, c’est un peu faire un bilan mitigée de sa vie, mais ce revirement n’arrange pas les choses. Du coup, je ne sais pas si je dois péter un plomb ou pas. Si je dois leur parler, leur sonner les cloches ou fermer ma bouche. Je reste, pour le moment, égoïste et replié sur mon environnement, mais même cela, elle ne le comprend pas. Elle m’a fait la gueule quand je lui ai dit que je repartais samedi après-midi. Je lui ai dit que tous les fils de 27 ans ne passaient certainement pas obligatoirement deux nuits chez leurs parents, mais elle a simplement dit « de toute façon, que tu sois là ou pas, ça ne change rien ». Alors qu’évidemment, elle voulait dire exactement le contraire. Auparavant, elle m’aurait dit sincèrement et franchement qu’elle comprenait que j’avais des choses à faire chez moi, mais que c’était dommage car elle avait envie de me voir. Et j’ai bien souvent annulé des choses pour passer des soirées avec mes parents. Plus aujourd’hui.

Matooyage Psychodrame

Classé dans: Matooyage — @ 18:47:21

Aller voir un psy, c’est bien. Aller voir un bon psy, c’est essentiel, mais comment le choisir ? Comment ne pas se laisser embringuer dans de la psychanalyse de comptoir ou des méthodes ésotériques qui frisent le charlatanisme ? On se dit donc qu’une législation devrait clarifier les praticiens et les pratiques, mais voilà, on est pas vraiment dans un cadre médical classique. En effet, cette science qui guérit les maux de l’âme est très laborieuse à cerner. Par exemple, on peut difficilement décrire l’état de guérison d’un patient, ni vraiment mesurer l’efficacité d’une cure. Une science de l’esprit est impalpable par définition, et son essence même fait qu’on ne peut pas entièrement se fier aux symptômes extérieurs.

Et puis après tout, il y a aussi le cas des praticiens, puisqu’on trouve autant de méthodes que de psys ! Comment choisir ceux qui bénéficieront du statut officiel, et pourquoi ? Vont-ils mesurer l’efficacité ou la rentabilité de telle ou telle procédé pour faire une sélection officielle reconnue par l’état ? Je crois que c’est un des points les plus délicats, car je ne veux pas condamner les moyens les plus originaux ou novateurs d’apporter le secours à un malade, tandis qu’il faut se protéger de l’escroquerie.

Et puis ces lois sont surtout faites pour réguler ces professions libérales et mieux les taxer. C’est encore une fois une histoire de gros sous. Et je comprends que ce soit ardu pour des psys sérieux qui vont avoir du mal à prouver que leur activité rentre dans ce cadre légal. Prouver qu’on a des patients ? Combien on en a guéri ? Par quelle méthode ? Et encore une fois : quelle est la bonne méthode, quelle est la mauvaise ?

On voit pas mal de documentaires à ce sujet en ce moment. Dans un de ces documentaires télé, j’ai été interpellé par plusieurs témoignages à ce sujet. Il traitait des dérives de charlatans (genre qui te diagnostiquent en deux secondes et qui te donnent des solutions aussi vite), mais aussi des pratiques qui virent à la secte, telle la “kinésiologie”. Or j’ai une cop qui a fait de la kinésiologie, et à qui cela a fait du bien. Donc même si je n’y crois pas, je pense que cela n’est peut-être pas complètement con, puisque cela a fait du bien à une amie (plutôt équilibrée et pas du genre à se laisser berner… mais bon je dis cela avec des pincettes, tout le monde peut se faire abuser).

Je suis tout a fait ok avec le reportage qui accuse ces psys qui manipulent les préceptes psychanalytiques pour empapaouter leur client/vache à lait. Mais d’autres témoignages m’ont plutôt surpris. Il s’agissait de gens qui avaient “perdu” une personne à cause d’une psychanalyse (ou de kinésiologie justement), qui avait provoqué, en fait, de tels changements qu’elle était partie. C’était présenté comme une secte alors qu’on pouvait pressentir autre chose dans la manière dont les gens en parlaient.

Il y avait le cas de cette fille qui avait quitté sa famille. Le père n’avait pas l’air très commode, et même s’il était meurtri et désemparé de cette fuite, on sentait bien qu’il ne devait pas être un type facile. Et il décrivait une personnalité qui avait radicalement changé. Mais en mal pour lui, veut peut-être dire en bien pour elle ?? Peut-être qu’elle s’est simplement émancipée et que cela est mieux pour son bien-être. Et de nouveau, je me dis qu’il est extrêmement malaisé pour des proches, a fortiori des parents, de supporter un tel effet d’une psychanalyse. Combien de divorces ou de séparations sont la conséquence d’une (bonne ou mauvaise, rayez les mentions inutiles) analyse ? Faut-il pour autant ne pas en faire ? Je pense qu’il était facile à un documentaire de présenter comme cela des gens qui ont dit que leur proche était dans une secte parce qu’il ne comprenne pas le fond de l’histoire. La difficulté majeure réside alors, comme toujours, dans la manière de discriminer le bon grain de l’ivraie.

Samedi 24 Janvier 2004

Cinéphage Gothika

Classé dans: Cinéphage — @ 01:40:05

Je ne partais pas avec les plus grands espoirs pour ce film, sachant pertinemment qu’il s’agissait d’une commande hollywoodienne à Kassovitz. Et bien, j’ai trouvé que le cahier des charges était parfaitement rempli, avec un petit plus qui est, pour moi, une valeur ajoutée incroyable de ce réalisateur : sa maîtrise de l’objectif.

Gothika n’est pas doté du meilleur des scénarii, mais bon, je n’ai pas perçu l’impudence de vouloir délivrer autre chose qu’un film d’angoisse mâtiné de fantastique tout à fait potable. C’est un peu une intrigue à la « Ring » avec une conception très nipponne du revenant. Halle Berry est une jeune et belle psychiatre, mariée au directeur de l’institut où elle travaille. Son collègue Robert Downey Jr en pince pour elle en secret, mais elle feint de l’ignorer. Une de ses patiente, Penélope Cruz, est complètement chelou et lui raconte de sombres et énigmatiques histoires de viol. Un soir, alors qu’elle doit prendre une déviation pour rentrer, elle a un accident à cause d’une fille nue, au milieu de la route. Elle sort de la voiture pour la secourir, et dans un éclair, sorte de combustion spontanée, elle perd connaissance. Elle se réveille trois jours plus tard dans une des cellules de l’hôpital psychiatrique, accusée du meurtre de son mari dans des conditions affreuses.

Le scénario est, il est vrai, terriblement téléphoné, et pèche parfois un peu par son manque de crédibilité, ou bien la naïveté de l’intrigue, mais c’est efficace et « clean ». On devine aisément, que le fantôme est une âme en peine, qui va amener Halle Berry à trouver la véritable raison de sa mort (suicide apparent) afin qu’elle puisse trouver la paix. J’ai trouvé les trois acteurs principaux excellents, et Halle Berry plus belle et douée que jamais. Même Penélope Cruz m’a moins rebuté qu’à son habitude !

La musique est un peu soûlante, dans le genre omniprésent et trop banal pour ce genre de film. Les violons qui grimpent aux rideaux juste avant la scène qui fout les jetons, c’est tout de même un drôle de stéréotype de genre. Vraiment la qualité majeure pour moi est l’œil de Kassovitz. Ce type fait bouger son point de vue avec virtuosité, et donne une expression incroyable aux mouvements de caméra. Il filme et distille l’angoisse aussi grâce à cette manière de dynamiser ses scènes, et de jouer avec ses acteurs.

Donc ce n’est certes pas un chef d’œuvre, mais un petit film qui angoisse à souhait, et qui est un chouette divertissement. Peut-être un peu décevant pour un Kassovitz, mais pas tant que ça pour le standard hollywoodien qu’on voulait lui voir produire (merci Miramax, de nouveau).

Gothika

Vendredi 23 Janvier 2004

Boukinage Middlesex

Classé dans: Boukinage — @ 23:51:33

J’ai entendu parlé de ce livre pour la première fois dans la bouche d’Elisabeth Quin. Elle en vantait l’excellence en plus du fait que son auteur, Jeffrey Eugenides, était l’auteur de « Virgin Suicides » et qu’il avait remporté le Pulitzer avec ce nouveau bouquin. Ce furent trois arguments (Elisabeth Quin, Virgin Suicides et le Pulitzer) qui me persuadèrent de l’acheter au plus vite.

Ce bouquin est une saga familiale qui se tient sur trois générations, il s’agit de la chronique d’une famille grecque de Smyrne qui est contrainte à l’exil lorsque les Turcs s’emparent de la ville en l’incendiant. Le livre raconte l’histoire de Desdemona, la grand-mère, et de Calliope, la petite-fille, par le récit circonstancié dont cette dernière est la narratrice. Ainsi Calliope parle à la première personne, ou rapporte à la troisième l’histoire de sa grand-mère, celle des parents étant plus vue comme le lien tangible entre les deux.

Calliope n’est pas une fille ordinaire. Sa grand-mère, Desdemona, avait le pouvoir de deviner le sexe des enfants à naître grâce à l’orientation d’une petite cuillère sur le ventre d’une femme enceinte. Elle avait ainsi prévu que sa fille aurait un fils, et elle s’était manifestement trompée quand Calliope naquit. Mais pas complètement, puisque la petite fille est dotée d’une particularité génétique récessive très rare qui fait qu’elle est génétiquement un homme, muni des attributs sexuels des deux genres. A la naissance, personne ne remarque rien, et c’est seulement à quatorze ans que Calliope fait le choix de d’assumer son choix de se révéler en tant que garçon : Cal. Le narrateur, donc, explique sa spécificité génétique par un secret de famille, révélé par sa grand-mère. La consanguinité à l’époque était assez répandue et commune, or sa grand-mère était mariée à son cousin… qui était aussi son frère ! On apprend ensuite, que leur fils se marie avec une cousine de ce dernier, et qu’ils engendrent enfin Calliope, révélant ce gène enfoui.

Le bouquin comprend plusieurs niveaux de lecture et d’intrigue. En effet, il s’agit de l’épopée d’une famille déracinée, d’une intrigue sociale des années 60-70, de l’histoire de générations d’immigrants qui vivent le rêve américain et enfin de l’expérience de Callie, qui montre comment elle a vécu sa différence, et a fini par assumer son sexe génétique (celui d’un homme). On passe surtout à travers le temps et les lieux, dans des portraits de famille irrésistibles ainsi que des personnages attachants et fascinants. L’écriture est fantastique, et ne souffre pas du tout de la relative longueur de l’histoire (et le poids du bouquin de 670 pages). Le style global, au contraire, est tout le temps renouvelé et dynamisé par ces intrigues qui oscillent avec les générations et les contextes.

Enfin, l’histoire de Calliope est à la fois triste et belle. On ne peut pas dire qu’elle ait souffert de sa nature ambivalente, puisqu’elle est restée incognito pendant quatorze années. Et même si elle a enduré des années d’adolescence difficiles de son manque de puberté, puis de la révélation de sa nature virile, elle a été aimée par ses parents et a eu une belle enfance. La description de son calvaire et de sa quête est particulièrement émouvante et remarquablement présentée. Je suis épaté du brio avec lequel l’auteur a entremêlé des intrigues si diverses, tout en rendant chacune palpitante, et sans jamais friser la caricature. Vraiment c’est un roman dont on ne peut se défaire avant de l’avoir terminé.

Middlesex - Jeffrey Eugenides

Jeudi 22 Janvier 2004

Cinéphage Le dernier Samouraï

Classé dans: Cinéphage — @ 12:36:24

Je crois qu’il était très difficile de pondre un film plus convenu, plus conventionnel, plus hollywoodien ! Je me disais que je sujet forcerait un peu les auteurs à donner un souffle épique à ce film qui pourrait le faire un peu sortir de l’ordinaire. Et bien oui pour les décors, les costumes et l’ambiance, mais alors Morphéus le dialoguiste et Tom l’Omnipotent ont vraiment tout gâché.

Le scénario est horriblement classique, mais alors classique de chez classique, genre t’as tout compris dans les cinq premières minutes du film. Et toute cette première partie, avant le départ au Japon, est surréaliste. Je n’avais jamais vu Tom Cruise surjouer à ce point. Et on nous sort les violons américains habituels, « on s’en veut d’avoir massacrer les indiens, c’est mal, mal, mal ». Tom Cruise est un espèce de vétéran du Vietnam mais en 1876, et c’est à Little Big Horn qu’il a vécu son drame psychologique. On lui propose un job au Japon, il s’agit de former des soldats à la mode américaine, afin de combattre des rebelles Samouraïs. On envoie Tom au casse-pipe trop tôt (pourtant c’est pas faute de les avoir prévenu), et lui et ses soldats nippons inexpérimentés se font pétés la tronche par des Samouraïs vachement en forme. Résultat, Tom est fait prisonnier après avoir tué un guerrier et avoir fait acte d’une bravoure qui a étonné le chef des Samouraï (sacré beau gosse en passant).

Ensuite, le scénario s’améliore un peu, tout en restant classique (faut pas rêver). On a droit aux clichés les plus éculés sur le Japon, et toute la symbolique y passe… les cerisiers en fleurs en figure de proue ! Evidemment, pour corser le tout, on le loge chez la femme de celui qu’il a tué… évidemment il conquiert peu à peu la donzelle. Enfin rien que de très banal. Il apprend à aimer la morale du Bushido et petit à petit se forme au sabre. En quelques plans, il se fait d’abord pété la gueule, et puis égalité, et hop il finit par gagner. Waow ! Ensuite, il rejoint le clan des Samouraïs et se bat avec eux. Youpi ! En plus, comme il s’est même trouvé une meuf, la vie est belle. Et puis, ce n’est pas compliqué Tom Cruise est sur TOUS les plans. On a droit à toutes les expressions de son visage et les cadrages les plus divers.

Et pourtant, le fond n’est pas si mauvais, car la rencontre de l’orient et de l’occident est intéressante, et donne le ton à quelques scènes cocasses et émouvantes. En outre, on peut adhérer à certaines scènes à l’émotion poignante, mais tout est foutu en l’air par un pathos affligeant qui dégouline, tout de suite, il faut en faire des tonnes à coups de musique grandiloquente, yeux qui vibrent… Too much !

Les combats sont excellents, je les ai trouvés bien orchestrés et mis en scène. Les décors, costumes et l’atmosphère du 19ème sont aussi drôlement bien ficelés. Et puis c’est un divertissement… comestible on va dire. Je te ferais un petit montage là-dessus pour supprimer une heure de film et on y verrait déjà plus clair. Il fallait tout le monde sauf Tom Cruise pour jouer le rôle du Samouraï yankee, mais bon c’est Hollywood. Et puis la fin est merdique de chez merdique, tellement amerloque de base, tellement au ras des pâquerettes, alors qu’ils auraient pu limiter les dégâts en terminant le film en une apothéose qui au moins mettait en exergue l’honneur et le code des Samouraï, mais nan !

PS: Merci à Olivier d’avoir vu ce film avec moi. C’est très très très gentil et miséricordieux d’avoir accepté. lol

Le dernier Samourai

Mercredi 21 Janvier 2004

Outside Noeuds d’Ether

Classé dans: Outside — @ 20:20:02

Je disais récemment que des potes se mettaient à bloguer. L’un d’eux, Jeff, a démarré son blog « Nœuds d’Ether » récemment en y compilant d’anciens posts écrits à l’avance.

Je trouve qu’il écrit incroyablement bien, et j’adore le lire. Il est intelligent et drôle, et je le retrouve tellement dans ce qu’il écrit.

Et puis, je le dis pour certains que cela pourrait intéresser… il est beau comme un dieu grec. :mrgreen:

Matooyage Précaire versatilité

Classé dans: Matooyage — @ 20:12:23

Depuis quelques temps, j’ai subrepticement remarqué qu’il y avait une majorité d’actifs sur les divers chats et sites sur lesquels je traîne mes guêtres. Est-ce un signe des temps présents ou une simple conjoncture ? Ce qui est drôle c’est que je me souviens bien des années 96-98 (mes débuts sur les chats et ma vingtaine balbutiante) où une pénurie d’actifs sévissait, tandis que la population de passifs paraissait largement dominante.

Est-ce que l’on peut suivre cette tendance ? Cette propension sexuelle suit-elle un cycle de Kondratieff, relativisé par ceux de Juglar, eux -mêmes influencés par ceux de Kitchin ? Ou bien pareillement à certaines grenouilles africaines, les homos changent-ils de préférence sexuelle quand la population change afin de rééquilibrer leur écosystème marécageux !?

Plus sérieusement, je connais quelques personnes qui pensent qu’être actif réduit les risques de contamination au HIV. Ou bien encore, je vois que certains archaïsmes perdurent tels que : « On est pas pédé quand on encule, c’est seulement quand on se fait enculer. ». Il y a peut-être aussi un changement de mentalité qui consiste à se réaffirmer à travers une identité « active » qui est plus respectable aux yeux des hétéros (bizarre car il faut bien un enculé dans l’histoire), alors que « se faire enculer » était un des slogans vraiment différentiateurs des militants de la première heure. Mais en même temps, je côtoie de plus en plus de potes hétéros qui affirment que quitte à être dèpe, autant se faire prendre les fesses, sinon ce n’est pas vraiment original. D’ailleurs c’est peut-être bien leur peur… comme si imaginer des homos avec une activité copulatoire proche de la leur les rendaient plus borderline.

Je sais que les hétéros se posent souvent la question du choix de l’orientation sexuelle, que je traduis plutôt par « acceptation de sa nature », mais vu que je suis un gros pédé, à présent je suis passé au stade suivant, et tout naturellement je me demande : comment choisit-on son rôle sexuel ? Est-ce qu’il évolue, pourquoi et comment ? On est passif quand on est jeune et inexpérimenté, puis on devient actif ensuite, à la mode grecque antique ? Enfin, il y en a aussi beaucoup qui ont simplement une préférence, dictée par son plaisir ou les manières diverses dont on accepte ses psychoses, ooups pardon ses choix je voulais dire !

Et du coup, où sont donc passés les autoreverse, les multiprises, les versatiles ? Je croyais pourtant que c’était la grande majorité des homos. Et surtout je vois cela comme une manière classique de concevoir le rapport homo : réciproque, mutuel, équilibré. Ensuite, il y a la question même de la pénétration anale, que je ne considère pas comme essentielle à l’épanouissement de la relation sexuelle. Et pourtant, on voit bien que des couples se fondent autant sur cette relation d’alter ego, que sur celle liant deux opposés, ou deux contrastes. Les hétéros qui croiraient donc que les relations homos sont simples, car entre deux personnes de même sexe, et à priori, avec les mêmes désirs et aspirations, se trompent !! Deux mecs ou deux nanas, ne s’entendront pas facilement s’ils ont des sexualités incompatibles (deux actifs ou deux passifs).

Bon ben peut-être bien que les homos ont une sexualité de grenouille arboricole alors…

Lundi 19 Janvier 2004

Matooyage Exhausted

Classé dans: Matooyage — @ 23:18:05

Je quitte le boulot dans quelques minutes si tout va bien.

Dure journée !

Ils se sont bien vengés de mon vendredi dernier de congé ces boucaniers !

:crash:

Dimanche 18 Janvier 2004

Matooyage Week-end à Montpellier (suite et fin)

Classé dans: Matooyage — @ 23:19:29

Et bien, nous voilà de retour avec Diego dans le TGV double-étage pour un retour, un peu plus bondé (c’est un euphémisme) qu’à aller, vers Paris. Ce dernier lit son journal, et moi je blogue. D’ailleurs, il me l’a donné deux minutes afin que je lise un article qui dissertait sur notre hobby favori : bloguer. Ce papier du Monde fait le point sur les weblogs politiques qui poignent sur la toile de manière exponentielle. J’aime bien lire des articles sur les blogs où les journalistes expliquent encore ce que c’est et en donnent une définition simple, car il s’agit encore un phénomène émergeant et marginal. Du coup, je me sens un peu comme quand je fréquentais les raves en 93 (et cette date est plutôt tardive en fait, comme pour mon activité de blogueur d’ailleurs), et que j’en lisais des explications bardées d’incompréhensions dans les journaux et magazines de société.

Hier soir, nous avons donc dînés avec deux potes de Virginie, dont un, Clément, est sorti avec nous à la Villa Rouge. Cette boite, j’en avais beaucoup entendu parler et je mourrais d’envie d’y passer une soirée. Nous sommes donc sortis tous les quatre vers minuit et demi pour aller vers cet ensemble de clubs où se tient le temple de la nuit gay montpelliéraine. Virginie nous a garé à 300 kilomètres de la boite, nous avons donc marché 5 heures dans le froid et la boue avant de rejoindre l’endroit, mais cela fut aussi l’occasion de franches rigolades qui ont valu ce périple nocturne et gadouilleux.

Nous avons passé une excellente soirée. Cela faisait vraiment longtemps que je ne m’étais pas autant éclaté sur une si bonne house en boite, et au sein d’une population gay plutôt hétéroclite et sympa. En effet, et c’est certainement l’avantage de la boite de province, les gens étaient composés d’hétéros, gays, lesbiennes qui se fréquentaient avec beaucoup de naturel et d’esprit festif. Je n’ai pas senti d’animosités ou de tensions, et y’a même deux goudous qui ont tenu la porte des chiottes (cassées) le temps que je pisse (si c’est pas cool ça alors !). Nous nous sommes énormément amusés dans cette boite à la déco plutôt réussie et à l’ambiance plaisante. Moi qui avait envie de danser, j’en ai eu pour mon saoul. J’ai trouvé que la moyenne des mecs était pas mal et assez sympathique. Les sourires s’échangeaient facilement et agréablement, sans trop de fierté déplacée ou de ridicules expressions de renfrognement.

Mais surtout, la musique m’a énormément plu. Il s’agissait d’une bonne house qui flirtait avec le deep, progressive et hard. C’est le mélange que je préfère quand un DJ a la maîtrise pour jouer des morceaux inconnus avec beaucoup de punch, des tubes avec un arrangement et un mix original, et agencer le tout dans une harmonie qui suit les mouvements de la foule, mais peut aussi diriger les gens où le maestro le désire. J’ai vraiment pris mon pied à remuer comme un malade sur des musiques que je connaissais par cœur, à être frustré de ne pas entendre la suite de ce morceau remixé que je kiffe, et être pris au dépourvu par cette montée à laquelle je ne m’attendais pas. Et puis ces moments plus calmes, où on prend le temps de regarder autour de soi, de mettre en route son radar, de danser avec ses amis et balancer ses sourires les plus « Ginger » (Ginger c’est comme ça qu’on m’appelle quand je souris comme la poule rouquine de « Chicken Run »). Je suis parfois porté par le son dans des délires complètement fous et j’aime ça. Je me tape des trips bien fun dans ces moments là, et je me rends compte à quel point j’aime danser en club sur de la musique électro.

Le retour fut catastrophique et très marrant, puisqu’il avait manifestement plu et que les ornières étaient pleines de flotte et de vase, tandis que nous avancions dans un noir complet vers le parking bourbeux où nous étions garés. Je me suis retrouvé, bien évidemment, avec un pied complètement immergé dans une flaque pour mon plus grand bonheur tandis que Diego et Virginie dissertaient sur la beauté des étoiles (oui oui, j’ai pris le volant pour rentrer).

Aujourd’hui, on a pas fait grand-chose, nous sommes allés bruncher au « Comptoir de l’Arc » avec un pote de Virginie, Rachid. Et puis, nous avons tranquillement cheminé à travers la ville jusqu’à la gare. Maintenant vite, je veux voir mon amoureux (il faut que je démêle les allégations tenues dans les commentaires d’un récent post bande de flibustiers !).

Addendum :

En quittant le quai du TGV, je suis tombé sur mon dessinateur favori : Philippe. C’est ce garçon qui a brillamment dessiné les Matoo tout autour de mes posts. A la base, je le connais de gayvox, et suite à notre rencontre avec M., il m’avait ainsi croqué.

Il attendait son chéri, Jérôme, qui rentrait aussi de Montpellier par le même TGV que Dieg et moi. Ils m’ont ramené chez moi en voiture en deux minutes, génial !!

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