MatooBlog
Pectus est quod disertos facit

Lundi 31 Mai 2004

Matooyage 28

Classé dans: Matooyage — @ 02:40:22

Allez, il est pas vraiment encore l’heure mais officiellement on peut d’ores et déjà dire que j’ai 28 ans. C’est comme ça, tous les ans… quelques mois après Garoo (deux spécimens de 1976 donc, très bonne cuvée n’est-ce pas Cédric ?) je m’en vais rejoindre un nouvel âge.

Bon ben voilà hein, on va pas en faire un drame ou un post trop long. Je n’ai jamais été vraiment traumatisé par le temps qui passe. Je suis assez content de vivre relativement les bonnes choses aux bons moments. Evidemment, tout ne roule pas encore au poil dans ma vie, mais je n’ai pas la sensation d’avoir des regrets à formuler sur des choix que j’aurais fait, ou bien des choses que j’aurais ratées.

En bilanisant un peu, c’est vrai que l’on peut toujours se demander ce qui serait arrivé « si », mais bon vous savez bien où nous mènent de tels raisonnements. Je me souviens d’un truc en particulier qui avait choqué pas mal de gens de mon entourage. Il y a quelques années, en 1999 en fait, j’avais dégoté un CSNE pour mon service militaire assez royal puisqu’il s’agissait de 16 mois à San Francisco très bien payé de surcroît. Mais je suis tombé amoureux quelques semaines avant de signer, et j’ai refusé de partir. Cet amour était si fort, si authentique, si nouveau et bouleversant que je ne pouvais pas le sacrifier. Je m’étais alors dit que ce serait certainement une décision charnière de mon existence, mais je l’ai prise en âme et conscience. Evidemment cela ne m’a pas évité de me faire jeter rapidement après, et d’en baver pendant pas mal de temps. Mais je n’ai jamais regretté par la suite, malgré les parachutistes qui voulaient ensuite me voir rejoindre leurs rangs (naaaaaaaâââââân !) et toutes les turpitudes liées à une situation qui part à vau-l’eau à cause d’un facteur clef où « peut-être » j’avais commis une erreur. Je n’ai jamais regretté car ces quelques mois de bien-être à deux sont certainement autant dans la mémoire de mes amis (ils évoquent souvent cela en fait) que dans la mienne les instants de bonheur amoureux les plus beaux de ma courte existence.

En fait, je ne suis tout simplement pas de ceux qui se disent qu’on peut retrouver plus facilement un mec qu’un job par exemple. Je conserve mes utopies en la matière, et même lorsque je subis une sempiternelle déception amoureuse, cela pour l’instant n’entame pas ma foi en l’Amour.

Ah là là, j’écris un post tranquilou, et de quoi je parle ? D’amour ! Décidément, ce blog est un bonheur d’introspection au quotidien pour moi. Il n’y a pas à se prénommer Sigmund pour subodorer une déception amoureuse dans les parages (et la peur de ne pas trouver chaussure à son pied). Mon anniversaire me fait penser aux deux précédents qui furent deux moments très forts, autant dans le stress, l’angoisse et la mélancolie que dans la joie la plus intense et vraie. Et tout cela lié à M. bien sûr. Mes 27 ans qu’on peut déjà lire dans ce fatras qui me sert de blog. Et puis mes 26 ans, où j’ai certainement eu la plus surréaliste des expériences en la matière. Anniversaire sucré-salé, tragi-comique ou aigre-doux, jamais une métaphore ne pourra décrire cet OVNI. Je crois n’avoir jamais eu plus moralement mal que ce soir là, tandis que la teuf en elle-même était une complète réussite…

Et voilà, je dis que je fais court, et je me perds encore en digressions. Incorrigible !

Donc je suis paré pour repartir de bon pied avec mes 28 ballets sous le bras. Hop !!
:gne:

Dimanche 30 Mai 2004

Matooyage Crazy

Classé dans: Matooyage — @ 15:58:27

Et bien ce fut une longue et bonne journée hier. Je suis déjà excessivement fier d’avoir fait rutiler mon appartement au prix de presque trois heures de labeur acharné en calbute et ticheurte avec mes gants Mapa. Et que je te frotte par ici, et que je te décalcairise par là, et que je te nettoie l’armoire de salle de bain qui ne l’avait sans doute jamais été depuis… au moins. C’est tout de même plus agréable !

Et puis ma maman allait voir un ballet à l’Opéra Garnier (cadeau de Diego et M. pour la remercier de nous avoir loué le chalet pour le ski) avec une copine à elle. Je suis donc allé les pêcher à la sortie vers 22h pour aller manger un morceau. Ma mÔman était drôlement contente de me voir, et surtout que j’ai fait l’effort de venir manger avec elles-deux ce samedi soir (genre le sacrifice de mes potes pour elle, elle sait que c’est un truc significatif). Et puis, comme je suis un gentil garçon avec de bonnes manières et de la conversation, je pense qu’elle adoooooore entendre sa copine dire : « mais qu’il est bien élevé ce garçon »., afin de penser très fort : « c’est moi qui l’ai fait ! ». Enfin, je suis resté deux heures en leur compagnie et c’était vraiment très chouette. On a bien tchatché et puis cette amie, Joëlle, est une femme que je connais depuis très longtemps étant donné que c’est une collègue de ma maman depuis Mathusalem. Elle a d’ailleurs connu toute la famille de ma mère, puisqu’ils sont tous passés dans cette entreprise. Il s’agit d’un labo pharmaceutique dont ma grand-mère a été l’une des premières embauchées en 1955, et ma mère y bosse depuis 1964 à aujourd’hui. Parfois quand je pense que ma maman bosse depuis qu’elle a 14 ans dans la même boite, ça me fait halluciner, je me dis que cette époque est bien révolue. Et en fait, les frères et la sœur de ma mère y ont bossé tour à tour souvent en premier job ou bien en dépannage (le schéma classique de l’usine du coin qui choppe des familles entières).

J’avais vraiment une grosse envie de sortir au Follivores hier soir, et du coup, j’ai passé quelques coups de fils. Et quel fortune, vu que quasiment tout le monde était ok ! Ainsi, vers minuit et demi, j’ai rejoint Nabil, Cédrick, Néïla (frangine de Nab), Romaric (mec de Nab), Jean, Yann, Séb et Olivier chez ce dernier. Nous nous sommes donc rendus au Bataclan pour une Crazyvores.

La soirée s’est très bien passée, et j’étais vraiment content de danser de tout mon saoul pendant une bonne partie de la nuit. On est tous à peu près resté ensemble, et du coup c’était aussi très agréable d’avoir formé un petit groupe qui interagissait pas mal (sauf Cédrick qui partait en vrille de temps en temps, mais c’est normal lol). La musique c’était vraiment du n’importe quoi. En général, ça commence vraiment Crazyvores, mais ça part en couille vite fait avec une compil Eurodance des plus douteuses. C’était dommage vraiment que Donato n’ait pas pu venir, car pour une fois, comme il s’agissait de gagner un voyage en Sicile, on a eu droit à tout le répertoire des tubes italiens des années 80.

Une soirée des plus classiques dans le domaine, avec quelques œillades amicales de « connaissances » ou d’anciennes accointances (plan cul inclus) que l’on salut de loin mais qu’on ne va pas voir. Et puis aussi, d’autres que l’on a repéré, et dont on accroche le regard avant de mimer quelques paroles de loin, ensuite seulement, se décider à faire quelques pas pour taper la bise et prendre quelques nouvelles. Mon dieu quel protocole il faut respecter dans ces boites de tapioles, c’est trop fort. J’ai d’ailleurs glané en passant quelques gossips stratégiques pour Diego.

Par contre, cette soirée me fait toujours le même effet. J’arrive et les lumières éteintes et le monde aidant, je trouve que les mecs sont tous hyper séduisants. Or au fur et à mesure de la soirée, ou bien les beaux types se tirent, ou bien plus certainement la lumière, la foule clairsemée et la sueur dégoulinante, collante et puante doivent me tirer de mes jugements fantasmagoriques de début de soirée. Mais avec Séb, je crois que nous sommes d’accord pour céder la Palme à un mec absolument bœuf et terriblement sexy affublé d’une espèce de polo Adidas avec un petit col. Moi j’appelle ça un BONHEUR ambulant !

Samedi 29 Mai 2004

Cinéphage La Vie est un miracle

Classé dans: Cinéphage — @ 20:59:38

Emir Kusturica livre ici un pur produit de son œuvre cinématographique, en cela on est un peu dans des schémas familiers (lassitude ?), mais on profite aussi de l’excellence qu’il a à filmer ce peuple et surtout cette guerre. En effet, le film se passe en 1992 à la frontière entre la Serbie et la Bosnie, juste au moment des premiers affrontements à Sarajevo et de la montée en puissance des combats entre toutes ces régions e l’ex-Yougoslavie.

Le film se divise en deux parties bien distinctes, l’une avant la guerre, et l’autre ensuite (de durées égales). On est encore une fois dans une histoire typique de Kusturica avec des intrigues de familles, de politiques, d’amour et de contrebandes en tout genre, le tout dans un bordel incroyable avec un bruit monstre et une pagaille absolue, et toujours un thème musical typique redondant qui scande l’intégralité du film… Le héros c’est Luka, il est responsable d’une ligne de chemin de fer pour relier la Serbie et la Bosnie (les paysages sont magnifiques d’ailleurs). Il est le beau-frère du maire, sa femme est une cantatrice complètement allumée et hystérique, son fils (un vrai modèle BelAmi soit dit en passant…) est footballeur et a été remarqué par un grand club. A cela se greffe un millier de personnages qui viennent faire la fête ou foutre la merde selon… avec bien sûr des fêtes et beuveries en veux-tu en voilà, une musique tonitruante et des mecs louches qui trafiquent du tabac et de l’essence. On est avant la guerre, donc la rapports entre les serbes et les bosniaques sont tout à fait normaux et courtois (ce qui est normal, car ce sont de simples voisins), et Luka rencontre inopinément Sabaha (musulmane) qui est infirmière dans l’hôpital où il amène sa femme qui pète un boulon.

Et puis la guerre éclate, Milos, le fils, est appelé sous les drapeaux tandis que le père doit veiller sur la ligne de chemin de fer. La mère se tire avec un musicien hongrois, et Luka se retrouve seul. Sabaha est faite prisonnière et amenée à Luka afin qu’il puisse l’échanger contre son fils. Et là une histoire à la Roméo et Juliette peut commencer…

Ce film est donc dans la forme tout à fait semblable à l’ambiance survoltée et géniale de « Chat noir, chat blanc », avec quelques passages humoristiques cinglants, et des traits typiquement yougoslaves. J’ai beaucoup aimé cette histoire qui met un peu de temps à se mettre en place, mais qui est très attachante et palpitante. L’auteur en profite aussi pour évoquer la guerre et la stupidité de cette guerre-ci qu’il connaît bien, ainsi que la médiatisation honteuse (tournée de manière très ironique) dont ces peuples ont été le jouet. Le film est aussi truffé de bestioles, surtout un chat et un chien qui sont de tels personnages qu’ils devraient figurer au générique comme des acteurs. Mais il y a aussi une ménagerie complète avec des ours, des oies, des canards, un cheval etc. et des mises en scène de tous ces animaux qui prennent une part importante du film (et montrent leur importance dans cette société).

C’est un très bon film qui m’a plu par son histoire et ses personnages, mais aussi par l’ironie du sort qui emprisonne ses héros, même si Kusturica se veut toujours optimiste (Roméo retrouve Juliette là tout de même). Cet auteur est un vrai conteur et c’est à chaque fois un vrai plaisir de se laisser emporter.

La Vie est un miracle

Cinéphage La Grande séduction

Classé dans: Cinéphage — @ 20:29:32

Sainte-Marie-La-Mauderne, tout un programme ! Il s’agit d’un petit village de 125 personnes perdu sur une côté sauvage du Québec et accessible uniquement par bateau. Tout commence par un récit conté par Germain qui a vécu toute sa vie là-bas. Il explique avec beaucoup de tendresse et de passion que le village vivait lorsque les hommes travaillaient de la pêche, ce qui n’est plus le cas vu une conjoncture défavorable. Aujourd’hui c’est la dèche, et tout le village ne subsiste que des allocations gouvernementales. Une usine cependant étudie une installation au village, mais à la condition qu’un médecin soit implanté de manière permanente. Après qu’un contrôle policier malheureux oblige un docteur de Montréal à s’enterrer un mois au village, les habitants vont devoir déployer des trésors d’imagination et de roublardise pour convaincre le médecin de rester.

Le scénario est d’une simplicité affligeante mais ce n’est vraiment pas l’intérêt premier de cette comédie. C’est uniquement un prétexte à une fable sympathique et émouvante, avec quelques bonnes petites valeurs humanistes et chaleureuses. Un bon petit film qui tient son défi de nous montrer que « quand on veut, on peut ».

Les habitants menés par Germain vont tenter de séduire le docteur par tous les moyens. D’abord ils vont l’espionner pour savoir ce qu’il pense et tenter de l’amadouer plus facilement. Ainsi pendues à ses conversations, deux femmes du village le mettent sur écoute, et c’est à chaque fois une démonstration énergique de tous les diables pour satisfaire le montréalais, qui est plutôt du genre grande ville moderne. Et puis les habitants sont des péquenots dont on se moque aisément tout le long du film mais avec beaucoup de sympathie. Il faut les voir tenter de faire croire que le Cricket est leur sport favori (et démonstration à l’appui avec les villageois équipés pour un vrai match), ou bien de coller un poisson gigantesque (surgelé) au bout de la ligne de pêche du docteur pour le mettre de bonne humeur (et Germain d’expliquer que les gros poissons comme ça qui nage profond, sont parfois gelé tellement ils nagent bas !). Bien sûr, le tout servi avec un accent délicieusement drolatique pour nous les maudits français.

Ce n’est pas le film de l’année, mais une comédie qui se laisse voir avec beaucoup de plaisir et de légèreté, avec des personnages attachants et des rebondissements très cocasses.

La Grande séduction

Vendredi 28 Mai 2004

Matooyage Carmen Consoli au Zèbre

Classé dans: Matooyage — @ 23:29:38

Tout a commencé par un drôle de concours de circonstances, nous devions passer la soirée ensemble avec Diego et Donato. On voulait aller se faire un classique ciné-resto tel qu’on les aime bien tous les trois. On avait tout bien goupillé et puis dans l’après-midi je reçois un coup de fil de ma collègue et amie : Naïri. Cette dernière me demande si je fais un truc ce soir (ah oui au fait, il s’agit de jeudi soir dernier) parce qu’un de ses potes l’invite à un concert au Zèbre à Belleville d’une chanteuse italienne très populaire là-bas et apparemment très cool. En somme, elle se demandait si ça me branchait qu’on puisse se retrouver là-bas et passer un bout de soirée ensemble. J’ai décliné cette sympathique invitation puisque j’avais déjà tout prévu avec mes D’ boys.

Je raccroche et deux minutes plus tard, mon téléphone sonne. C’est Donato, il m’explique rapidement qu’une copine italienne vient de le prévenir que Carmen Consoli est concert ce soir au Zèbre, et que ça le branche grâââââââve, et que ça lui ferait super plaisir de nous faire découvrir cela. Ni une ni deux, je lui raconte mon coup de fil précédent ce qui nous fait halluciner. Je me dis qu’une telle conjonction ne peut signifier qu’une chose : je dois faire connaissance avec cette Carmen Consoli. Donc j’appelle Dieg pour lui demander, et je confirme ma présence à Naïri que je retrouve sur place.

Et nous voilà donc vers 21h au Zèbre. Le Zèbre c’est un ancien cinéma de Belleville très connu. Il a surtout défrayé la chronique lors de sa fermeture car cela signifiait beaucoup par rapport à la dépersonnalisation d’un certain Belleville. Daniel Pennac en a d’ailleurs parlé dans pas mal de ses bouquins, en en faisant même un décor privilégié de son roman : « Monsieur Malaussène » (j’ai dévoré tous les bouquins de cette série). Cet endroit sied merveilleusement à des concerts intimistes de ce type avec une cinquantaine de personnes, un balcon en bois qui fait tout le tour, des tables disposées un peu partout avec des chaises hautes et cette ambiance très Belleville : popu, bon enfant et coolos. Evidemment la place était investie de compatriotes et ça tchatchait italien dans tous les sens.

Et elle est apparue cette fameuse Carmen Consoli. J’ai été conquis par la performance de ce petit bout de bonne femme qui déploie une énergie du diable et qui transmet une émotion hallucinante. C’était un concert très acoustique, elle avait une guitare sèche et était seulement accompagnée d’un type avec une guitare électrique, et de temps en temps par un violoniste et un violoncelliste. Pendant deux heures, elle s’est déchaînée sur sa guitare en tapant dessus comme une dératée de temps à autre, à tel point qu’une rythmique supplémentaire était vraiment superflue. Donc un sens du rock très efficace sur une base mélodique assez jazzy de temps en temps, et portée par une voix d’une beauté transcendante. Le regret énorme que j’ai c’est que ses textes sont hyper importants et très bien écrits, or aller écouter une chanteuse à textes italienne quand on y bite pas grande chose… Ce qui est cool c’est que les textes des chansons avec leurs traductions étaient disponibles avec le programme (excellente initiative du Zèbre), mais je pense que j’aurais été transporté de comprendre ce qu’elle nous disait. En plus vue la taille de la salle, elle chantait vraiment pour un public qu’elle voyait, et qui le lui rendait bien. Le concert est finalement passé très vite, et nous a beaucoup plu à tous les trois.

Et finalement j’ai retrouvé Naïri à la fin, cela m’a fait plaisir de pouvoir lui présenter mes compères, dont elle avait beaucoup entendu parler. Les autres ont dû prendre un métro et sont partis rapidement, tandis que j’ai un peu marché avec Naïri en rentrant vers chez moi (du coup oui, j’habite vraiment à deux pas) pour la raccompagner à un taxi. Une excellente soirée.

Carmen Consoli

Jeudi 27 Mai 2004

Cinéphage Le jour d’après

Classé dans: Cinéphage — @ 18:28:51

Bon déjà l’auteur du film : Roland Emmerich, j’avais beaucoup aimé son « Stargate » qui reste un film culte pour moi dans ce mélange parfait entre fantastique, exploitation des fantasmes mythiques et historiques et aventures punchy, malgré une fin abominablement américaine. A tel point qu’il devrait faire des montages spéciaux et couper les 5 dernières minutes de tous ses films pour l’export. Et puis « Independance Day » qui reste un des blockbusters les plus vulgaires et insultants que les US ont pu pondre. Ce film est un ramassis de clichés plus éculés les uns que les autres, une quasi-insulte au monde entier qui passe par la valorisation encomiastique du surhomme américain (pléonasme pour le Roro) dans tous les domaines : morales, physiques, philosophiques, politiques, humains, militaires. Il n’y a que les effets spéciaux qui ne sont pas spécieux dans ce truc ! Et puis, évidemment comment ne pas citer le navet intégral qu’était Godzilla ! Le seul truc qui m’avait plus c’était le fait de donner la responsabilité du réveil du lézard à la reprise des essais nucléaires français.

Là, j’avoue que je m’attendais à une spectaculaire daube estampillée « catastrophe », mais je voulais absolument voir les effets spéciaux dont la bande-annonce était truffée. Et je pensais sérieusement que les US allaient sauver le monde, que leur merveilleux pays allaient encore montrer l’exemple à la Terre entière, que scientifiquement ce serait choquant, et que la bande-annonce ne soit en définitive qu’une concaténation des effets spéciaux de tout le film. Et bien, non… enfin disons que c’est plus subtil que cela.

Bon alors je vous préviens je spoil à mort, mais on s’en branle puisque le scénar n’a RIEN d’original, il est aussi neuneu que l’on peut imaginer ! Donc, le point de départ du film c’est Dennis Quaid qui est un super scientifique qui est jamais à la maison. Donc il ne s’entend pas très bien avec son fils, Jake Gyllenhaal (la bombe humaine de Donnie Darko, putain je veux le même), qui lui reproche implicitement son absence. Et puis y’a l’ex-femme qui est un docteur « courage » qui s’occupe avec vocation et don de soi des enfants cancéreux. Et le truc c’est que la glace des pôles fond à cause de l’effet de serre. Or Jack prévoit une catastrophe climatique à cause de la modification des courants marins (et notamment le changement de salinité induit par l’apport massif d’eau douce) et qui renverrait l’hémisphère nord à une période glaciaire.

Et patatras, contre toute attente, le point de rupture est atteint, et alors en quelques jours le monde change de visage. Des gigantesques ouragans se forment sur le monde, et foutent le boxon en tuant des millions de gens et réduisant à néant de grandes villes comme Los Angeles ou New York. Je n’y connais rien en climat alors c’est vrai que du coup le côté scientifique ne m’a pas spécialement choqué, et puis de toute façon c’est un film et je sais encore apprécier la fiction (même irréaliste).

Un truc qui ne dépaysera pas : la réalisation. Copier Coller de « Independance Day », mais alors vraiment ! Vous avez le papa héros et la maman héroïne, qui s’aiment mais le travail de papa a tout foutu en l’air, et pourtant c’est grâce au travail de papa que tout va s’arranger. Enfin toute la galerie de personnages n’est qu’une succession de clichés de l’Amérique bien-pensante. On a donc la mère médecin admirable, le black clodo sympa avec son chien (sympa aussi le chien), le fils coincé et intelligent amoureux de sa copine de classe qui est belle et innocente, le pote black petit-génie (pour compenser du clodo certainement), le concurrent riche et bourge newyorkais qui a des visées sur la copine (le salaud, mais ça n’ira pas bien loin) et les sempiternelles petites saynètes d’inconnus qu’on suit quelques secondes ou quelques minutes avant qu’une catastrophe ne les engloutisse (snif snif snif). Vous avez dit conventionnel ?

En fait, le fiston se rend à New-York pour un concours d’étudiants, et est pris dans la tempête qui ravage la ville. Son père décide de s’y rendre coûte que coûte, et d’aller le secourir malgré l’œil de l’ouragan qui s’approche (et congèle tout sur son passage en un instant). D’ailleurs l’ouragan, il crie comme un méchant monstre qu’il est pour bien nous faire comprendre qu’il est du côté obscur de la force.

Ce qui est bien dans ce film (si si) : les effets spéciaux. Ils sont véritablement impressionnants de réalisme et de gigantisme. C’est la première fois que je suis bluffé à ce point, tant dans la technique, que dans l’intégration au film. Hallucinants ! Et autre chose en fait, quelques petites piques ou réactions critiques à l’encontre des US, et cela sous forme de blagounettes assez réussies qui tempèrent un petit peu la vigueur chauvine de Roro. Par exemple, les US au début du film sont en plein déni de réalité et persistent dans le refus des accords de Kyoto, ensuite ils font leur mea culpa quand la moitié du pays est sous la glace ! Et quand les américains fuient, ils se réfugient forcément au sud… au Mexique ! Alors la presse fait état d’une inversion des flux migratoires des plus comiques en montrant des amerloques qui traversent le Rio Grande pour se réfugier au Mexique, tandis que des camps de réfugiés sont créés pour eux. Le Mexique décide même de fermer ses frontières à l’immigration américaine, ce que le président négocie avec l’effacement de la dette latino-américaine. Et puis, de dernier fait un discours de fin pétant de rire (les 5 minutes de montage à supprimer pour l’export) où il remercie les « so-called » nations du tiers-monde de les avoir accueillis et secourus. Mouarf. Bien essayé.

Mais en filigrane de tout cela, les américains sont tout de même de sacrés couillus, ce sont pas les mexicains qui auraient pu survivre à un truc comme ça, et ça on le fait bien comprendre. Parce que ça reste un américains qui a découvert le pot aux roses, qui est parti chercher son fils (oui oui bien sûr, il l’a retrouvé, un peu frigorifié, mais c’est tout), et cette dernière image du film avec ces centaines de gens qui ont réussi malgré tout à survivre et qui démontre à quel point cette nation (qui sait prier Dieu à bon escient, on le serine tout le film) en a des grosses comme des noix de coco. Donc humble oui, mais à l’américaine. Et maintenant, je trouve que c’est quasiment un genre à part que cette auto-congratulation qui suinte dans les blockbusters de ce type. Et c’est d’autant moins gênant que c’est grossier et facilement identifiable, du coup on en fait un cliché pardonnable et rien d’autre.

Au global, c’est une excellente histoire avec un sujet porté par des effets extraordinaires et des acteurs qui assurent bien. Le film est donc très agréable à regarder, sans vraiment de longueurs (de 2h, on aurait pu peut-être juste virer 10 minutes de propagande quoi), et une morale qui change un tantinet de ce dont on a l’habitude. Un bon vieux film catastrophe de chez nous en Amérique !

Le jour d'après

Mercredi 26 Mai 2004

Outside Crôa crôa crôa*

Classé dans: Outside — @ 17:50:29

Et ben voilà le résultat, à presque 28 ans, je dial sur un site avec un type qui a une photo de Titi pour tronche. Je l’ai zappé trois fois, mais il est reviendu et reviendu, alors j’ai essayé de tchatcher un peu en étant ironique…

J’ai fait tout mon possible pour discuter mais là, c’était vraiment trop dur.

[Pfff, c’est chiant d’être célibataire, et de traîner ses guêtres là-dessus, à mon avis c’est aussi propice à rencontrer un mec, qu’à rencontrer un type au hasard dans la rue ! Mais c’est pas pour ça que je vais arrêter, je suis un grand malade.]

*A la fin de cette conversation, je voyais vraiment le corbeau de Docteur Slump, vous savez de profil et qui fait “croa croa” en laissant des points noirs (??).

Conversation Rezo-g

Mardi 25 Mai 2004

Matooyage Ne bougez plus, rien ne va plus !

Classé dans: Matooyage — @ 23:39:59

Pfffff. Quelle idée encore j’ai eu de me prendre pour un informaticien ! Déjà  que mes oe était bizarrement transformés en 1/2, mais alors là … c’est la fin du monde.

Pourquoi mais pourquoi j’ai voulu upgradé mon WordPress… il est si chou, si joli, si gentil(, si corse) mon b2 que j’aimais tant. Bon maintenant, il faut assumer et voir si c’est moi qui merde (certainement) ou plutôt le copier-coller depuis Word.

Vous avez donc bien deviné, c’est un post-test ! (pas un truc qu’on fait pour tester l’efficacité d’une campagne après qu’elle ait eu lieu, mais bien un post qui sert de test !)

Merci de votre mansuétude à  mon égard ! :langue:

Matooyage Coming-out - Vol. 2

Classé dans: Matooyage — @ 23:19:45

Suite du Vol. 1

Malgré toute mon expression naturelle et spontanée de gayttitude, mes parents restaient confinés dans le non-dit et ne pensaient pas une seconde que j’étais pédé. Revenons à nos moutons… Février 1997 ! J’étais avec Thomas depuis quelques temps, et je dormais souvent chez lui sur Paris (le 11ème aussi !). Or ma mère avait reçu un coup de fil pour moi, une personne cherchait à me contacter pour me proposer un stage de fin d’étude. Je m’en souviendrais toujours puisque je devais contacter urgemment un certain Monsieur Michou (mais celui-ci bossait dans l’aérospatial). Mouaaaarf. Ma maman savait que je passais la nuit chez mon pote Thomas, mais elle n’avait pas son numéro de téléphone.

Elle file dans ma chambre en se disant qu’elle trouvera certainement un agenda ou un répertoire téléphonique avec ses coordonnées. Or, mes parents ne sont pas du tout du genre à fouiller dans mes affaires, aussi rien n’était caché. J’ai omis certaines choses, mais mes parents savaient toujours où j’étais, je ne mentais pas et disais que j’allais au Queen, au Scorp ou au Palace, ou bien que je dormais chez Thomas ou Caro. Ma mère entre dans ma chambre et par réflexe ouvre le premier agenda qui se trouvait sur mon bureau. Je n’y notais pas de numéro, mais plutôt mes rendez-vous, et j’y faisais aussi de courts résumés de mes soirées (les DJ, les potes présents et l’ambiance générale de la soirée). Elle a ouvert une page au hasard, et est tombé sur : « Rendez-vous avec Thomas chez lui », et la mention suivante rajoutée à la hâte : « On a baisé comme des oufs, c’était génial. ».

Aheuuuuuum.

Finalement, elle a trouvé son numéro et m’a appelé chez lui alors que nous dormions. Il a donc répondu, puis m’a passé le combiné (et là je pense à ce qu’elle avait dans la tête, à réaliser que nous étions l’un à côté de l’autre dans un lit endormis…). J’ai compris au ton furibard de la matrone que je devais rentrer illico presto au bercail et je me suis grouillé comme j’ai pu. Arrivé à Cergy, je rentre dans la voiture et là je sens que quelque chose ne va pas. Elle commence donc à me dire qu’elle a cherché le numéro de Thomas et qu’elle est tombée sur une chose qu’elle aurait préféré ne pas savoir, et puis elle se met à chialer. Ah ok… c’est donc ça un coming-out. Et là mon réflexe fut de dédramatiser les choses, et de l’accuser gentiment mais fermement de beaucoup de naïveté et d’ingénuité à mon égard dans l’affaire.

Et puis nous rentrons et alors les choses se gâtent. Elle reprend du poil de la bête. Elle m’accuse de ne plus fréquenter que ces amis-là, ces gens-là de Paris (avec pas mal de mépris dans la voix), de ne plus m’occuper de mes anciens amis, de négliger mes études (complètement faux) etc. Et plus grave, elle me dit qu’elle comprend alors pourquoi j’ai fait un test HIV, et d’autres petites choses de ce style. Et puis elle demande pourquoi je suis comme ça, genre est-ce que c’est pour leur faire du mal, et le qu’en dira-t-on et j’en passe et des meilleures !

Moi je ne pipe mot, je démens seulement les quelques inepties vraiment énormes. Et puis je craque, je l’arrête et je déclame en une traite comme possédé :

« Bon alors là, j’en ai ma claque ! On va arrêter de tourner autour du pot, et surtout on va se poser les vrais questions. Parce que cela fait une heure que vous m’engueulez et vous me culpabilisez, alors que je crois qu’on aurait bien d’autres choses à se dire et à se demander.

D’abord si je suis pédé, c’est potentiellement pour trois raisons, ni plus, ni moins.

La première, c’est que c’est peut-être simplement génétique. Voilà c’est comme ça, c’est biologique et je n’y peux rien, comme je suis droitier ou que j’ai les yeux noirs. Et d’ailleurs aux dernières nouvelles, comme vous êtes mes parents et mes géniteurs, s’il faut en vouloir à quelqu’un, et bien c’est à vous seuls ! C’est donc de votre faute si je suis comme ça, et pas la mienne.

La seconde possibilité, et bien en général, c’est l’éducation. Et là encore, les responsables de la manière dont j’ai été élevé, c’est vous, pas moi. C’est pas ma faute si mon père était absent et ne m’a jamais montré d’affection ou que ma mère voulait une fille par exemple. Alors arrêtez de rejeter sur moi votre propre défection. Assumez plutôt les conséquences de vos actes et de toute l’éducation que vous m’avez apporté.

Et la dernière éventualité, c’est un truc qui est assez commun chez les homos. Peut-être que tout simplement quand j’étais gamin, je me suis fait violer, ou alors touché par des gens, et que j’ai été malheureux pendant toute mon enfance, complètement choqué et névrosé. Peut-être que j’ai souffert le martyr pendant des années, voulu même mourir, peut-être qu’on a abusé de moi, et que je suis maintenant comme ça car c’est la seule manière de m’en sortir sans péter un plomb. Peut-être que je suis foncièrement malheureux. Mais ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas ma faute. Non mais, vous savez combien d’adolescent se suicide tous les ans pour ça ?

Et ce qui est dingue, c’est que vous m’engueulez depuis une heure, et que jamais encore vous ne m’avez demandé si je suis heureux, si je suis bien dans ma peau, si je suis épanoui, si j’ai des amis. Vous ne me dites même pas que vous m’aimez. Vous devez deviner à quel point ce n’est pas une chose facile à vivre et à assumer, et votre premier réflexe c’est de penser à vous alors que vous ne devriez penser qu’à moi et mon épanouissement vital. »

Bon alors là je vous passe les violons, mais tout le monde a pleuré. On s’est pris dans les bras, dit que l’on s’aimait, rassuré sur le fait que non je ne m’étais pas fait violé à leur insu. Ma mère s’est excusée sur le coup du SIDA et sur les autres petites mesquineries. Mes parents ont été rassurés finalement de constater que j’étais un garçon heureux et épanoui, qui restait un bon élève et qui tentait de mener sa barque au mieux. Ensuite, j’avais tout de même ouvert la brèche de la culpabilité, mais aujourd’hui on a enfin arrêté de chercher, car cela ne sert vraiment pas à grand-chose d’en connaître la réponse. C’est dans la simple formulation et verbalisation de la question que se trouve la preuve de la considération que l’on se porte, et quand on comprend que ce qui lie les parents aux enfants ce n’est que de l’amour et rien d’autre, alors la vie est si simple et belle.

Fin.

Matooyage People darling, People !

Classé dans: Matooyage — @ 01:46:37

J’ai passé la journée en Belgique pour le boulot, et j’ai halluciné car je suis d’abord tombé sur Jack Lang que j’ai bousculé dans la gare du Nord. Et puis, Vincent Delerm qui était à deux pas de nous dans le Thalys (First Class darling, First Class !). Bientôt je vais être assez jetset pour passer à la ferme des célébrités, il faut que je calme mes ardeurs. ;-)

Ce midi en discutant avec les belges que je briefais pour un projet multimédia, on a tchatché de pas mal de trucs, et puis à un moment, les mecs se sont mis à parler de leurs nanas et des nanas en général. Elles sont chiantes, elles veulent des mômes, et cette dernière qui a voulu me présenter ses parents au bout de 15 jours, et celle-ci qui me passe la bague au doigt alors que cela ne fait que quelques mois qu’on se fréquente etc. De vrais pré-adultes, post-ados en pleine phase existentielle ! Alors j’ai annoncé qu’en effet, le fait d’être pédé me simplifiait bien la mise, et que je n’avais pas à me soucier de tout cela, et certainement de l’opinion des parents en dernier. Finalement, je voyais dans leurs yeux une sorte d’envie, à m’entendre décrire ce genre de relation « entre mecs » absolument idyllique à leurs esprits machos prépubères (mais tellement craquant les cons !).

Je les ai rassurés en leur disant que les couples homos finissent par ressembler aux couples hétéros, que notamment il y a souvent un déséquilibre dans les couples homos qui simulent parfois à s’y méprendre un homme avec une femme, et que dans le fond on est de plus en plus en train de calquer ce modèle uniforme. Je ne doute pas que dans quelques années, la première question de parents qui apprennent que leur môme se farcit un mec, sera : « Et il fait quoi dans la vie de godelureau ? ».

Et bizarrement par la suite, on m’a fait une remarque qui m’a fait penser qu’ils ne savaient pas exactement que j’étais pédé. En fait, je suis tellement pédé, et tellement persuadé que ça se voit comme le nez au milieu de la figure, que je suis toujours à mille bornes de penser qu’on pourrait me croire hétéro. Mais en discutant un peu plus, je me rends compte que ce n’est pas tant de porter un costard, mais surtout la nature même de mon travail qui décontenance mes interlocuteurs, et me fait indubitablement pencher du côté obscur de la force. Je fais du marketing ce qui est somme toute un taf de bonne tapiole, mais je bosse dans l’informatique, et dans des applications industrielles très complexes. Ainsi à ces mecs là, j’arrive le matin à Bruxelles et je passe une journée entière à leur expliquer le pourquoi du comment de la conception assistée par ordinateur d’un avion ou d’un moteur de bagnole, avec les avantages de l’intégration de la simulation de la fabrication et de l’associativité entre les différents étapes du processus de création industrielle. Je parle de la faculté de capturer, partager et réutiliser le capital intellectuel d’une entreprise grâce à des templates intelligents qui s’adaptent à leur environnement et restent compatibles avec les standards de qualité définis par l’entreprise. J’évoque aussi la capacité à collaborer à travers le monde avec toutes les équipes d’ingénieurs et de designers, et avec toute la chaîne de sous-traitance. Je disserte sur la manière dont la boucle d’analyse en étant aussi finement couplée au design peut permettre une véritable productivité, en plus d’une maximisation des recherches d’alternatives, et au final une innovation poussée. Et puis je remarque l’intuitivité de ces solutions, ce qui autorise une vraie capture de l’intention de design, et donc la libération de la créativité.

Arf. Tu m’étonnes que je les embrouille au bout d’une journée. Le gars il est tellement paumé, je pourrais être la Reine du Danemark, il ne s’en rendrait pas compte !! :mrgreen:

Je suis rentré vers 19h45 et ai rejoint mon dîner, juste en prenant le temps de me changer. En effet, Oli m’avait invité avec Seb, Jeff et Yann pour étrenner le début de sa grande tournée parisienne printanière de dîner. On a beaucoup ri, et surtout avec Seb, avec qui je m’entends généralement comme larrons en foire.

Je remarque qu’Olivier a parlé de « ménagerie » en parlant de sa vaisselle ! Tandis que j’ai tenté de trouver le nom des élus des cantonales, que tout ce qui m’est venu c’est « cantonnier », puis de me dire que non ça c’était celui qui bossait à la cantine… Aheuuuum. Non je n’avais pas bu, mais en grande forme, ça oui !

Et puis bien sûr, des taaaaaaaas de potins de gossips… :langue:

Lundi 24 Mai 2004

Cinéphage Kill Bill : volume 2

Classé dans: Cinéphage — @ 01:39:56

Et bien ce second volet tient les promesses du premier et termine ce film (car c’est bien un film unique) avec un brio inégalé. Vraiment il assure grave sa mère sa race ! J’en reviens donc je suis encore un peu dans les couleurs, les personnages, la musique… le western, le pur film de kung-fu chinois à la « Baby Cart »… Dingue.

Il faut savoir que Uma Thurman est absolument fantastique, et belle comme une déesse. Que Tarantino a toujours la caméra aussi leste et habile, ce type fait des plans et joue avec le spectateur comme personne, ça c’est un vrai réalisateur qui raconte son histoire à sa manière et qui use magnifiquement des outils mis à sa disposition. L’histoire ce n’est même pas la peine de la raconter, elle n’a pas un intérêt extraordinaire, la gonzesse est en colère, elle veut se venger, on s’était arrêté au chapitre 5, ça tombe bien on recommence au 6 !

Le ton est volontairement différent, puisque l’on nous a montré ses capacités de tueuse sanguinaire à la moitié précédente, donc on est plus dans une narration, dans la mise en place macabre de la funeste fin de Bill, mais comment ? Mais les scènes de combat sont aussi époustouflantes que dans le premier (avec la merveilleuse Daryl Hannah notamment), et autant rythmées avec une sauce asiatique très classique et savoureuse (autant dans le punch que dans l’humour et la dérision).

Et vraiment, on s’en prend plein la vue et les oreilles. Un spectacle dingue, d’une vitalité à couper le souffle !

A lire, le post de JP qui en parle très bien.

Kill Bill Volume 2

Dimanche 23 Mai 2004

Matooyage Politics darling, politics !

Classé dans: Matooyage — @ 23:25:19

Hier soir, j’étais invite à dîner chez Tom, le copain d’Hervé, avec Diego et Gégé, une amie très proche d’Hervé. J’ai passé une excellente soirée, et on a vraiment pas vu le temps passé à palabrer de tout notre saoul sur maints sujets.

Pour la petite histoire, Gégé devait ramener l’appareil à fondue bourguignonne, ce qu’elle a fait, mais le brûleur était kaput. Hervé a bricolé un appareillage d’une haute technicité à renforts de bougies chauffes-plats… C’était très joli mais ça ne chauffait pas beaucoup. Arf. Du coup, quelques allers-retours à la cuisine furent nécessaire pour maintenir le poêlon à bonne température. Oui je sais vous vous en foutez, mais c’est aussi ça mon blog, je tiens à le rappeler. :ok:

J’ai toujours des conversations palpitantes et sérieuses avec Hervé et Diego, d’ailleurs je suis parfois largué lorsqu’ils parlent un peu trop précisément de droit ou de notions qui m’échappent. Et aussi simplement, parce que ce sont deux pointures en terme d’actualités et de politique, et que je suis certainement moins attentifs qu’eux à ce niveau. Mais bon, j’arrive parfois à tirer mon épingle du jeu. Et en terme de politique, j’entends très souvent des gens, sur les blogs ou ailleurs, qui font part de leur désintérêt en la matière. Cela reste un truc qui m’épate. Certainement parce que mes parents ont toujours mis en exergue certaines valeurs républicaines ainsi que l’importance de la démocratie, et que voter a toujours été un devoir plus qu’un droit. Or, pour ne pas voter aveuglément, il faut s’intéresser un minimum, mais s’intéresser à la politique, ce n’est pas compliqué, il suffit de lire un peu les journaux.

Ce qui m’étonne toujours, ce sont les gens qui affirment n’avoir aucun intérêt pour la politique, et du coup s’annoncer presque comme apolitique. Et de la part d’un pédé, ça me paraît encore plus énorme, étant donné que l’émancipation des pédés est le truc le plus politique qui soit. Mais bon dans une société qui se communautarise, c’est vrai que les pédés ça devient plus une histoire de lobby (économique) que d’idéologie. Berk !

Enfin nous avons parlé de beaucoup de sujets, mais quand j’étais largué je nous recentrais en parlant de cul, et ce qui est drôle c’est la manière naturelle avec laquelle on en parle aussi bien que le reste.

Samedi 22 Mai 2004

Cinéphage Troie

Classé dans: Cinéphage — @ 03:05:41

Ou bien il faut dire « TROYYYYYYYYY ! » comme la bande-annonce faisait retentir (et me faisait frémir l’idée d’une telle mascarade). Mais comme l’ami JP l’a très bien résumé dans son post sur le sujet, j’ai aussi été très agréablement surpris par ce film. D’abord par la fidélité relative au récit d’Homère, ensuite pour les comédiens/décors/costumes, et puis pour la réalisation. Ce n’est pas d’une folle transcendance, mais un bon blockbuster divertissant et bien plaisant à regarder.

Je pense que l’habileté réside dans la manière dont le scénario a été subtilement agencé pour respecter l’intrigue globale de l’Iliade, tout en greffant aux personnages des sensibilités et une épaisseur psychologique qui a servi à élaborer des rapports humains plus hollywoodiens (mais sans en faire un truc ridicule ou inepte). Bon je passe sur Patrocle qui devient un cousin, alors que tout le monde le sait, Achille se tapait la Patrocle, et Briséis n’était qu’un faire-valoir. Mais bon, je sais je sais, ce n’est pas très hollywoodien, donc Patrocle devient un cousin adoré chéri, et Briséis une nana qui en a et dont Achille tombe raide-dingue. Mais le plus intéressant c’est Agamemnon qui est vu comme le tyran sanguinaire et avide, et Priam comme le vieux sage. Ensuite, on entend tous ces patronymes à consonances grecques qu’on a connu à l’école ou à la télé : les Pâris, Hector, Ajax, Ménélas, Ulysse etc. Avec même une apparition d’Enée à la fin qui porte son papa (c’est meugnon ça alors), et hop l’Enéide peut commencer !

Concernant les parallèles, je ne peux pas m’empêcher de penser au Seigneur des Anneaux, puisque la forme du film est conforme à ce genre : les combats épiques, les héros mythiques… Il y a aussi pas mal de « Gladiator » dans la manière de filmer, dans les couleurs, les combats, et Priam qui joue son Marc-Aurèle, aussi dans la musique qui a des relents de Laurence d’Arabie (et des chœurs similaires à ceux de Gladiator).

Alors bien sûr, on peut trouver que ça déclame un peu dans tous les sens, et que parfois certains surjouent un petit peu, mais dans l’ensemble le film tient la route, et on tient bon les deux heures et demi qu’il dure. C’est un tout petit peu long d’ailleurs à certains moments, mais bon ça passe. Je retiens la performance physique d’Achille avec un Brad Pitt qui a un corps sublime. Certains plans de lui sont à mourir (surtout quand on montre cette partie du corps que j’adore là… vous savez juste au creux des reins mais sur le côté). Eric Bana fait aussi un Hector des plus charmants, tandis qu’Orlando Bloom tire à l’arc au moins aussi bien que Légolas ! :mrgreen: Enfin, Brian Cox est vraiment bien. Il endosse le rôle de cette enflure d’Agamemnon avec beaucoup de talent. J’aime beaucoup cet acteur et surtout sa voix, il était incroyable dans L. I. E. (un film extraooooordinaire j’vous jure madame) l’année passée.

Donc franchement, ça vaut le coup d’y aller, les combats sont très très bien chorégraphiés et les images de synthèse même pas trop moches !

Addendum : Je dois rajouter une chose que j’ai omise et qui est de la plus grande importance !! Ma caution cinéphile pour aller voir ce film, en plus de mon ami Diego, c’est qu’à ma droite était assise Tonie Marshall en personne ! Si si si ! :mrgreen:

TROYYYYYYYYYYYY

Boukinage Avicenne ou la route d’Ispahan

Classé dans: Boukinage — @ 02:33:11

J’étais en rade de bouquin ces derniers temps, donc j’ai fait le plein la semaine passée, mais j’ai profité de ce temps de latence pour dévorer (pour la douze ou treizième fois je pense) un de mes bouquins fétiches. J’en ai quelques uns comme cela que je lis régulièrement parfois depuis quelques années, je ne m’en lasse pas, je redécouvre à chaque fois une chose qui me ravit plus encore. Or, ce roman de Gilbert Sinoué fait partie de ma top-liste des meilleurs romans de l’univers.

J’avais déjà évoqué cet auteur pour un ouvrage d’un tout autre genre mais qui valait aussi pas mal le coup, c’était Monsieur Aquoibon qui m’avait fait découvrir cela. Mais « Avicenne ou la route d’Ispahan » est l’archétype du roman qui captive tant qu’on le commence sans pouvoir le lâcher. Il faut dire que ce bouquin rassemble des éléments qui ne peuvent que retenir mon attention : il s’agit du récit de la vie d’un grand savant, en fait le plus grand médecin de la Perse du 11ème siècle, qui était versé dans toutes les sciences et qui a parcouru le monde musulman à cette époque où l’Islam était LA civilisation florissante et le fer de lance du monde. Et ce récit est incroyablement épique puisque cet Avicenne a eu une vie des plus trépidante aussi bien d’un point de vue scientifique que personnel.

Ce qui est extraordinaire dans ce bouquin c’est qu’il est romancé à partir d’un écrit réel, c’est-à-dire le récit biographique de l’ami et disciple d’Ali Ibn Sina (Avicenne) : Abou Obeïd el-Jozjani. En fait, c’est même à partir de ce récit que les œuvres scientifiques, philosophiques et littéraires d’Avicenne ont pu être correctement recensées (puisque beaucoup se sont perdues en un millénaire). Ce récit, Gilbert Sinoué fait mine de le traduire et raconte une quête des plus passionnante et trépidante. On découvre alors ce personnage fabuleux qu’est le médecin Abou Ali el-Hosayn ibn Abdallah ibn Sina, un savant libertin et orgueilleux, un homme de foi et d’honneur, un homme passionné par toutes les sciences et d’une prodigieuse intelligence.

L’auteur développe dans ce livre un style d’une grande qualité, avec ce ton suranné et des échos de langue arabe qui rendent le récit encore plus authentique et exotique. Et surtout, l’histoire est complètement prenante et palpitante, le cheikh el-raïs rencontre les plus grands savants arabes et perses dans toutes les cours, il s’en fait chasser, voit sa tête mise à prix, chemine de cités en cités et pendant ce temps étudie, pense, écrit des bouquins, soigne, enseigne et prie le clément. Et le récit est aussi puissant dans la narration des exploits scientifique d’Avicenne, que dans la passion amoureuse ou des aventures picaresques.

Ce bouquin est important aussi dans ce qu’il démontre la grandeur de la science et de la civilisation perse de cette époque. On se rend vraiment compte que pendant que l’obscurantisme régnait en occident, le monde perse était un vivier de tous les progrès culturels et scientifiques.

Avicenne ou la route d'Ispahan - Gilbert Sinoué

Vendredi 21 Mai 2004

ThéâtrOpérage Perversité sexuelle à Chicago

Classé dans: ThéâtrOpérage — @ 19:02:59

Avec un titre pareil et un résumé alléchant, je pensais que j’allais me régaler de textes croustillants et d’acteurs à la verve bradshawienne (sans rapport avec ce cher blogueur Bradshaw, le seul, le vrai, l’unique !). En fait, j’étais invité par l’ancienne locataire de mon appartement, qui me l’avait fait visiter suite à l’annonce. Nous avions vite sympathisé, et puis je lui ai rendu service en évitant qu’elle se fasse barboter sa caution sous de fallacieux motifs. Du coup, on a bu quelques verres ensemble et on s’entend assez bien. Elle est un peu - beaucoup - barrée mais je l’aime bien.

On a vu cette pièce au Théâtre Rive Gauche vers Montparnasse. Il s’agit de quatre comédiens, deux femmes et deux hommes qui sont deux paires d’amis de Chicago. Le décor est unique et figure à la fois les appartements des uns et des autres, ou tout autre lieu (un bar, un bord de lac). Les deux hommes sont avant tout collègues de bureau, Bernie et Dan, avec un bellâtre plus âgé, tchatcheur et tombeur de ces dames, l’autre est un éphèbe totalement « Rhaaaaaaaa lovely » (sérieux, j’ai failli me faire dessus), qui est plus dans la romance et qui écoute bouche bée les aventures sexuelles rocambolesques (et affabulées) de son compère. En parallèle, les deux femmes qui habitent ensemble, Déborah et Joan, représentent plutôt pour l’une la jeune femme dans le vent, autonome et malgré tout à la recherche du bon type, et l’autre la femme plus âgée et désillusionnée, un peu frustrée et contrite (lesbienne ?).

La pièce se compose d’une trentaine de saynètes très brèves où l’on suit le parcours des personnages, et notamment l’idylle naissante de Dan et Déb (yeah man !). Ces sketchs sont censés être drôles et très ironiques ou grinçants, sur la pseudo-révolution sexuelle et le fait que l’on se nourrit d’illusions en pensant que les rapports hommes-femmes ont changé. En fait, ce n’est pas très marrant. On sourit certes un peu, mais il y a quelque chose de bancal qui ne passe pas du tout. Je pense que cela vient en partie du texte, en partie des comédiens. Les deux ne sont pas complètement mauvais, mais pas non plus assez bien ficelés et convaincants pour que la mayonnaise prenne. Du coup, je reste mi-figue mi-raisin.

En fait, au début je trouvais que les textes étaient pas mal, mais que les acteurs n’étaient pas du tout dedans. Puis à mesure que l’intrigue se construit et que les personnages se précisent, j’ai plus apprécié le jeu de chacun, et alors c’est le texte qui m’a un peu déconcerté. Un rien de misogynie et d’homophobie qui a du mal à passer bien sûr, mais aussi une incohérence globale avec des intrigues mal commencées, et même pas terminées qui m’ont laissé une impression malaisée de l’ensemble.

Les deux comédiens avec le plus de bouteille(Stéphane BIERRY, Nathalie CORRE) ont fait montre d’une meilleure interprétation que les deux autres (Patrice COSTA, Anne LOIRET), mais je ne veux pas non plus leur jeter la pierre, parce que je crois que vraiment les dialogues bancals et une mise en scène moyenne ne les ont vraiment pas mis en valeur.

Du coup, j’ai été obligé de mater le beau gosse pendant toute la pièce en me disant : « putain qu’est-ce qu’il est beau », et comme on le voit de plus en plus déshabillé, jusqu’en tenue d’Adam (et doté d’une bonne teube aussi en passant), cela a suffi à me mettre de bonne humeur ! :langue:

Perversité sexuelle à Chicago - Theâtre Rive Gauche

Page suivante »

Powered by WordPress