Ça rime à tout
J’étais en train d’écrire un post bien perso, parce que je me disais que le ciné et les bouquins, ça va un peu, mais qu’il était temps que le blog reprenne un peu du poil de la bête. C’est comme cela que je l’aime mon « journal extime » !
Et puis, je tombe là-dessus. Ouai c’est lui… l’ex, le M. de ces deux dernières années. Et là, vous pouvez imaginer mon état d’esprit. Malgré tout un collègue vient me demander comment se passe l’annonce produit de la rentrée, et je lui fais mon topo sur les projets du lancement de produit, mes contacts avec un portail de designers sympa, les pistes de com, mes idées sur la manière d’agencer les messages marketing et puis quelques estimations budgétaires à affiner. Le tout avec mon sourire « Ginger » comme le dit A. (du sourire de la poule Ginger de Chicken Run), et mon habituelle désinvolture. Flegmatique jusque dans les pires situations, je ne sais pas si c’est bien ou pas, mais là je subis un raz-de-marée de sensations qui me submergent comme rarement.
C’est surtout de la tristesse, et de la douleur pure. Je ne reproche pas du tout sa manière de faire, ni dans le fond, ni dans la forme. Je ne vais pas commencer à lui reprocher ce que je prône pour moi. Il a complètement le droit de faire ça… On est plus ensemble depuis 2 mois maintenant, c’est bon. On a d’autres gens dans nos vies, on vaque à nos affaires sentimentales ou de cul, et chacun doit respecter le cheminement de l’autre. Par contre je ne le laisserais plus dire que je suis un mec trop impliqué dans le web, tandis que lui au contraire en est complètement indépendant, et s’en bat les gonades. Sinon je pense qu’il n’aurait pas ressenti ce besoin d’expression là.
Tout ce que je peux dire c’est que j’avais été un peu plus nuancé et métaphorique dans ma manière d’évoquer mon escapade. Mais c’est tellement représentatif de nos différences que c’en est très touchant pour moi. Et c’est aussi pour cela que je l’aimais tant. Donc je ne lui en veux nullement. Et comme je l’ai toujours dit, la vraie douleur de la rupture, elle vient avant même de rompre. Elle vient juste avant la fin, dans cette période d’angoisse qui vous tient au ventre, dans cette période d’incertitude où tous les scénarii dont envisagés, fantasmés, sublimés et où la réalité prend son visage le plus funeste. Ensuite, quand c’est fini, c’est finalement une certaine libération de l’esprit. Et je suis relativement adepte du Stoïcisme de Marc-Aurèle dans ce cas là. Je me soucis de ce qui dépend de moi seulement, pour ce qui ne dépend pas de moi, cela ne sert simplement à rien, donc autant ne pas être atteint par des choses inutiles et en dehors de son arbitre. En conséquence, je conserve mes sentiments mais ce qui dépend de moi, ce sur quoi je peux agir, c’est demain, et non hier. Cela explique en partie la manière zen avec laquelle j’ai toujours géré la fin de mes relations, même lorsque cela me pesait énormément. Donc en théorie, ce simple message posté en forum ne devrait pas me toucher plus que cela. Mais vous savez bien, de la théorie à la pratique…
Evidemment, je ne suis pas logique là, je suis en plein délire structuré, et j’en ai conscience, donc cela m’aide aussi à garder l’équilibre sur ma barque. De toute façon, j’aurais eu tôt ou tard vent de ses activités nocturnes (ou diurnes) et cela m’aurait atteint de manière identique. Il se trouve que le type en question est à peu près diamétralement opposé à ce que je suis, aussi cela me renvoie à un manque de confiance de base. Postulat : je suis moche, con et nul. Mais si le type avait été plus similaire à moi, alors j’aurais été jaloux et n’aurais pas compris, et aurais été aussi malheureux.
Donc je crois simplement que je suis triste et jaloux. Je ne supporte pas de l’imaginer avec un autre, alors la vision détaillée de ses galipettes m’a profondément chagriné. Maintenant, il faut que j’arrête mes conneries, que je ne souffre plus de le savoir avec d’autres mecs, dans les trips qui le branchent et avec les gens qu’il a envie de fréquenter. Et encore une fois, je ne lui en veux pas, je ne suis même pas en colère. Juste malheureux.












Et voilà que je reçois il y a peu de temps une curieuse missive d’un lecteur inconnu qui joint à son charmant courrier un opuscule de Joann Sfar : « Noyé le poisson ». Qu’est-ce que je me suis marré à découvrir cet auteur et cette histoire dingue ! Evidemment, le fameux lecteur ne donne pas son nom, et justement, m’intrigue encore plus. Il a une superbe écriture en plus, pas comme moi qui ne sais plus qu’écrire avec un clavier. J’ai du rédiger une lettre récemment, et on aurait dit un môme de maternelle qui essaie tant bien que mal de former ses lettres. Et puis j’avais mal à la main à la fin (je l’ai refaite trois fois histoire de). Oh là là, je vous le dis, dans quelques générations l’écriture manuelle ne sera plus qu’un usage des temps passés. Et bien lui, il écrit donc bien, et ce, autant concernant la forme que le fond. Genre le mec qui a compris que j’allais être totalement aiguillonné par cette lettre si délicate et charmante. Alors cher « Solal » (c’est la signature), merci beaucoup…





















