MatooBlog
Pectus est quod disertos facit

Mercredi 30 Juin 2004

Matooyage Ça rime à tout

Classé dans: Matooyage — @ 14:58:15

J’étais en train d’écrire un post bien perso, parce que je me disais que le ciné et les bouquins, ça va un peu, mais qu’il était temps que le blog reprenne un peu du poil de la bête. C’est comme cela que je l’aime mon « journal extime » !

Et puis, je tombe là-dessus. Ouai c’est lui… l’ex, le M. de ces deux dernières années. Et là, vous pouvez imaginer mon état d’esprit. Malgré tout un collègue vient me demander comment se passe l’annonce produit de la rentrée, et je lui fais mon topo sur les projets du lancement de produit, mes contacts avec un portail de designers sympa, les pistes de com, mes idées sur la manière d’agencer les messages marketing et puis quelques estimations budgétaires à affiner. Le tout avec mon sourire « Ginger » comme le dit A. (du sourire de la poule Ginger de Chicken Run), et mon habituelle désinvolture. Flegmatique jusque dans les pires situations, je ne sais pas si c’est bien ou pas, mais là je subis un raz-de-marée de sensations qui me submergent comme rarement.

C’est surtout de la tristesse, et de la douleur pure. Je ne reproche pas du tout sa manière de faire, ni dans le fond, ni dans la forme. Je ne vais pas commencer à lui reprocher ce que je prône pour moi. Il a complètement le droit de faire ça… On est plus ensemble depuis 2 mois maintenant, c’est bon. On a d’autres gens dans nos vies, on vaque à nos affaires sentimentales ou de cul, et chacun doit respecter le cheminement de l’autre. Par contre je ne le laisserais plus dire que je suis un mec trop impliqué dans le web, tandis que lui au contraire en est complètement indépendant, et s’en bat les gonades. Sinon je pense qu’il n’aurait pas ressenti ce besoin d’expression là.

Tout ce que je peux dire c’est que j’avais été un peu plus nuancé et métaphorique dans ma manière d’évoquer mon escapade. Mais c’est tellement représentatif de nos différences que c’en est très touchant pour moi. Et c’est aussi pour cela que je l’aimais tant. Donc je ne lui en veux nullement. Et comme je l’ai toujours dit, la vraie douleur de la rupture, elle vient avant même de rompre. Elle vient juste avant la fin, dans cette période d’angoisse qui vous tient au ventre, dans cette période d’incertitude où tous les scénarii dont envisagés, fantasmés, sublimés et où la réalité prend son visage le plus funeste. Ensuite, quand c’est fini, c’est finalement une certaine libération de l’esprit. Et je suis relativement adepte du Stoïcisme de Marc-Aurèle dans ce cas là. Je me soucis de ce qui dépend de moi seulement, pour ce qui ne dépend pas de moi, cela ne sert simplement à rien, donc autant ne pas être atteint par des choses inutiles et en dehors de son arbitre. En conséquence, je conserve mes sentiments mais ce qui dépend de moi, ce sur quoi je peux agir, c’est demain, et non hier. Cela explique en partie la manière zen avec laquelle j’ai toujours géré la fin de mes relations, même lorsque cela me pesait énormément. Donc en théorie, ce simple message posté en forum ne devrait pas me toucher plus que cela. Mais vous savez bien, de la théorie à la pratique…

Evidemment, je ne suis pas logique là, je suis en plein délire structuré, et j’en ai conscience, donc cela m’aide aussi à garder l’équilibre sur ma barque. De toute façon, j’aurais eu tôt ou tard vent de ses activités nocturnes (ou diurnes) et cela m’aurait atteint de manière identique. Il se trouve que le type en question est à peu près diamétralement opposé à ce que je suis, aussi cela me renvoie à un manque de confiance de base. Postulat : je suis moche, con et nul. Mais si le type avait été plus similaire à moi, alors j’aurais été jaloux et n’aurais pas compris, et aurais été aussi malheureux.

Donc je crois simplement que je suis triste et jaloux. Je ne supporte pas de l’imaginer avec un autre, alors la vision détaillée de ses galipettes m’a profondément chagriné. Maintenant, il faut que j’arrête mes conneries, que je ne souffre plus de le savoir avec d’autres mecs, dans les trips qui le branchent et avec les gens qu’il a envie de fréquenter. Et encore une fois, je ne lui en veux pas, je ne suis même pas en colère. Juste malheureux.

Boukinage Une table de verts pâturages

Classé dans: Boukinage — @ 12:16:09

J’avais été enthousiaste à la lecture du quatrième de couv de ce recueil de nouvelles de Guy Davenport :

« […]à la frontière entre l’essai, l’histoire et l’imagination, entre l’érotisme et l’érudition. Davenport fait revivre en éclats éblouissants et vibrionnants des figures aussi diverses que celles de Jésus-Christ, Franz Kafka, Soren Kierkegaard (Mr Churchyard), James Joseph Sylvester - le premier professeur juif à avoir enseigné dans une université américaine -, Lawrence d’Arabie, Dorothy Wordsworth, quelques gamins qui s’éveillent à la sexualité, Thoreau et d’autres encore. »

Et en fait, j’ai été déçu. Les nouvelles sont hyper conceptuelles et surréalistes, mais à un tel point que je n’ai compris que le quart des histoires, et parfois presque rien. Pourtant c’est joliment écrit, et le postulat de base est souvent intéressant, mais alors il en sort une sorte de prose poétique sans queue ni tête. Bien sûr, je ne suis pas un spécialiste des artistes ou personnalités qu’il évoque, et c’est certainement aussi cela qui m’a embrouillé encore plus les méninges.

Mais ces histoires de jeunes éphèbes qui posent à oilpé pour des vieux peintres libidineux qui tripent sur leur slips… bof. De même que certaines nouvelles n’ont simplement aucun intérêt pour moi, ni narratif, ni anecdotique, juste quelques phrases bien tournées autour d’un personnage « historique ». Non vraiment, je n’ai pas accroché…

Guy Davenport - Une table de verts pâturages

Mardi 29 Juin 2004

Cinéphage Memories of murder

Classé dans: Cinéphage — @ 17:37:08

Il faut l’avouer, d’habitude les films coréens c’est long et chiant. Enfin souvent ! (Ouai je sais je suis pas modasse, il faut aimer les films coréens longs et chiants quand on lit Télérama avec délectation comme moi.) Et bien là, ce n’est pas le cas !!! C’est un film incroyable qui passe du rire aux larmes, de l’émotion au burlesque, et de l’horreur à l’action en quelques plans. Le tout donne donc un film patchwork qui surprend par ces changements de tons brusques et désinvoltes, mais charme par l’incroyable homogénéité qui se dégage de l’ensemble.

A la base, c’est une sombre histoire de sérial killer qui sévit en Corée en1986. Les jeunes filles sont violées et assassinées de manière similaire. Un homme est envoyé en renfort de Séoul, et il tente avec un autre flic local de trouver le meurtrier. Ils découvrent bientôt que le tueur ne commet ses crimes que les jours de pluie, et qu’il fait passer une chanson particulière à la radio.

Donc le film démarre comme un vrai thriller et la vue réaliste des corps décharnés et violentés des victimes nous met dans le ton. Et puis, voilà que l’enquête du flic local prend la forme d’une vaste bouffonnerie. Il suspecte les personnes les plus douteuses pour lui, et manifestement les moins capables d’un tel crime, et les interroge de manière plutôt comique (péquenaud style). Cela donne lieu à quelques scènes rigolotes, mais ensuite ça tourne à la torture policière institutionnalisée et là c’est finalement moins drôle dans le fond (mais toujours avec ce côté bouffon). Et d’un autre côté, l’autre policier, celui de Séoul, apporte une caution plus sérieuse et un souci d’enquêter de manière plus fondée avec des capacités de limier un peu plus développées (mais pas non plus fantastiques).

On est dans une scène complètement comique avec le chef de la police qui frappe ses subordonnés incapables, et puis, bammm, on se retrouve une nuit, la pluie à torrent, une musique tonitruante, et une fille se fait courser, battre, violer, tuer. Le rythme et le ton du film changent du tout au tout, mais avec autant de crédibilité. Hallucinant ! Et c’est comme cela jusqu’au bout… juqu’à la fin, et même la fin après la fin. D’ailleurs, on ne saura pas vraiment le fin mot, mais ce film sait à la fois mener en haleine, dérouter, effarer et faire rire. Un OVNI cinématographique !

Memories of murder

Cinéphage Le rôle de sa vie

Classé dans: Cinéphage — @ 01:06:33

Pour un premier film, je pense que c’est une vraie réussite. Il est vrai que le charme repose essentiellement sur ces deux monstres de comédiennes que sont Agnès Jaoui et Karin Viard, elles sont incroyablement bonnes (pas à la ouaiche-ouaiche style) dans ce film. Vraiment elles rayonnent d’une manière incroyable, et leurs deux talents à l’unisson produisent une synergie qui nourrit et soutient tout le film.

L’histoire est assez simple, et a déjà fait le sujet de plusieurs film (dont le fameux Eve de Mankiewicz), Jaoui est l’archétype de l’actrice célèbre hystérique et autocratique, tandis que Viard joue le rôle de la nana effacée qui devient son assistante et est complètement en admiration. Jaoui ne supporte pas qu’elle soit soumise et à sa botte, mais elle lui fait des crasses dès qu’elle s’émancipe un minimum, et commence à intéresser son entourage. Tandis que Karin Viard découvre peu à peu qu’elle vaut quelque chose, et prend confiance en elle. Ajoutez à cela un homme charmant et quelques personnages secondaires bien jaugés, et vous obtenez une comédie de mœurs des plus fines et agréables.

Du coup, on rit pas mal à certains mots qui font mouche, on s’émeut aussi à certaines scènes, et on passe un excellent moment sans jamais regarder l’heure. Cette peinture des relations entre célébrité et anonymat est particulièrement acerbe et bien ciselée. A un autre niveau, j’y ai vu ce qui se passe couramment dans la vie quotidienne, entre des personnes sur le devant de la scène, et de simples doublures, et c’est finalement assez troublant.

Le rôle de sa vie

Lundi 28 Juin 2004

Boukinage Un témoin honorable

Classé dans: Boukinage — @ 16:41:04

Alors si vous voulez lire encore un excellent écrivain 10/18 dans la collection « Grands Détectives », n’hésitez pas c’est Magdalen Nabb. Elle a écrit toute une série de romans policiers qui tourne autour d’un carabinier florentin : l’adjudant Guarnaccia. C’est le traducteur du roman qui me l’a filé, en subodorant que cela me plairait (à force, je crois qu’il connaît bien mes goûts, il a aussi excellemment traduit le non moins excellent Girl).

L’intrigue du bouquin est très bien ficelée et intrigante à souhait… un transsexuel est retrouvé découpé en morceaux, et l’enquête est confiée à Guarnaccia qui est un officier un peu bourru et pas du tout préparé à affronter ce milieu, mais un fin limier qui a prouvé sa valeur dans de précédentes affaires. Et dieu sait qu’investir le milieu de la prostitution trans n’est pas une sinécure pour un père de famille italien moyen, avec ses préjugés malgré son caractère humaniste. Il découvre alors les affres de cette prostitution et le caractère particulièrement sordides que revêt celle-ci. Tout le monde détestait celle qui s’est faite découper, elle était jalousée à cause de sa beauté et de sa fortune (acquise le long du trottoir) mais aussi par son caractère imbuvable et mauvais. Tout semble désigner une de celles qui faisaient le tapin avec, mais l’adjudant sent que cette évidence est truffée d’incohérences.

L’intérêt du bouquin réside vraiment dans la fragilité de ce héros, qui garde son caractère un peu rogue mais qui finit par comprendre la douleur et la détresse qui sont infligées tous les jours à ces femmes que l’on ne considère même plus comme des citoyens à part entière dans nos sociétés. Ce qui m’a vraiment plu, c’est aussi la manière dont l’auteur évoque les rapports de Guarnaccia avec sa famille. Les quelques anecdotes qui scandent le récit, et notamment une émouvante relation père-fils, permettent d’appréhender avec plus d’acuité le héros et lui donne une épaisseur psychologique vraiment déterminante. L’auteur décrit avec beaucoup de finesse la façon dont l’enquête influence la vie quotidienne du flic et réciproquement. Je sais bien qu’il y a bien un côté « Julie Lescaut » là-dedans, mais avec le côté péjoratif en moins (et j’imagine moins Guarnaccia fan de Madrange).

Un témoin honorable - Magdalen Nabb

Dimanche 27 Juin 2004

Matooyage Les gays en parade

Classé dans: Matooyage — @ 23:24:51

Hier donc, j’ai rejoint Diego à Port Royal et on s’est posté pour regarder tous les chars, mater (du verbe « matar », tuer en espagnol qui convient bien aux œillades échangées ça et là à chaque Gay Pride ! Mon dieu, les hormones masculines en début d’été…) tous les beaux garçons et choisir le char qui nous conviendrait le mieux afin de marcher et festoyer derrière !

Ce fut une Gay Pride des plus politiques, et finalement il y avait peu de chars de bars ou boites. Je ne sais pas si c’était une volonté de l’organisation, ou si simplement l’investissement ne vaut pas trop le coup pour les bars. Et puis, de toute façon, ils savent bien qu’ils feront le plein le soir ! Le succès était encore là, vu le nombre de paradeurs, mais il me semble qu’il y en avait un peu moins que la fois dernière… Les chars associatifs avaient du coup mis les bouchées doubles et avec beaucoup de talents et d’humour. Il fallait voir le char Energay avec les agents EDF-GDF en tenues !! Evidemment, j’ai pensé à mon papa qui aurait été mort de rire à voir ce truc là. Et vraiment la palme revient au char de l’asso gays d’Air France : Personnailes. Ils ont pendant toute la marche dansé sur une chorégraphie que tout le monde connaissait puisqu’il s’agissait des consignes de sécurité des avions, et le tout sur des rythmes house et disco endiablés. C’était pétant de rire, et eux-mêmes avaient l’air de vraiment rire en faisant cela.

Pascal nous a rejoints et nous avons commencé notre marche avec le char du Pulp, puis Folies Pigalle et FG. J’étais un peu déçu par la musique, tout cela était bien uniforme, pas mal de house-tech des années 90, mais peu de mix qui m’ont convaincu par rapport à l’excellence du Pulp l’année précédente. Sinon toujours des rencontres inopinées qui me font halluciner. Je vois toujours des gens auxquels je ne m’attends pas, et jamais ce que je cherche (Olivier notamment… pffff) ! Tout de même, j’ai croisé Jean qui distribuait ses tracts, et même Cossaw sur son char ! Et puis, Ludo et Eric, avec Sam évidemment…

Finalement arrivé à Bastille, nous avons rejoint Olivier, et sommes allés voir Caro et toute sa clique (Waow Sandy, Isa, Séverine, Thomas, Benjamin, Jean, Laetitia) qui étaient restés postés boulevard Henri IV puisque Caro ne pouvait pas marcher (elle a une jambe immobilisée). Donc une bonne occasion de faire une bise et de voir des gens que je n’avais pas fréquenté depuis… ouh là parfois quelques années !! Cela m’a fait tout bizarre, et je ne me sentais pas très bien dans mes baskets. Du coup, je suis parti pour prendre une douche et me revigorer un peu avant ma soirée post-marche.

Quelques photos, mais vraiment pour les bonnes pics, ça se passe chez Laurent !

Gay Pride 2004 Gay Pride 2004

Gay Pride 2004 Gay Pride 2004
Gay Pride 2004 Gay Pride 2004

Et si vous regardez bien la dernière photo à droite… un petit zoom et hop : un Cossaw ! ;-)

Gay Pride 2004

Je suis passé chercher mon acolyte et nous nous sommes rendus chez Sébastien pour une chouette soirée avec pas mal de ses amis que je ne connaissais pas. Les gens étaient adorables, et il y avait aussi certains blogueurs tels que Olivier, Yann ou JP (qui a toujours autant de mal à faire comprendre le nom de son blog lol), que je connaissais déjà bien. On a passé un très bon moment, à tchatcher à droite et à gauche, à se faire tirer le portrait en quelques centaines d’exemplaires (je comprends maintenant les patchworks photographiques de son blog !). Et nous avons tout de même été jusqu’à 11 sur son lit, où un surprenant jeu a obtenu un franc succès : « prends-moi donc avec la bouche le nounours en gelée que je tiens dans la mienne »…Aheummm je n’en dirais pas plus ! :mrgreen:

Je suis rentré à pied jusque chez moi, j’ai bien mis une heure d’ailleurs et ce fut un vrai bonheur (sauf pour mes pieds qui m’en veulent énormément). En effet, il faisait très chaud, et traverser tout Paris comme cela avec ma musique dans les oreilles, c’est une sensation toujours aussi agréable et relaxante. J’ai ramené Diego chez lui et puis j’ai pris le boulevard de l’hôpital jusqu’à Austerlitz… Ensuite j’ai traversé la seine, et puis hop, direction Bastille par le boulevard du même nom. Après c’est aussi simple, boulevard Richard Lenoir jusque la rue Jean-Pierre Timbaud, là je tourne à droite, je continue la rue des trois bornes. Et puis l’avenue Parmentier sur quelques dizaines de mètres vers la gauche, la rue Deguerry, ma rue, est juste à ma droite. Je vois l’imposante église qui est devant mon immeuble… Je compose le code, je rentre. Odeur à présent familière de mon « plus si nouveau que ça » logis. Evidemment, je ne me couche pas immédiatement. Je regarde s’il y a de nouveaux commentaires sur mon blog, je vérifie mes mails, si j’ai des messages sur mes sites sordides de prédilection… Je me tâte pour regarder un épisode des Mystérieuses Cités d’Or (je me retape la série depuis quelques jours). Finalement, je penche pour « Cours Privés » de Cadinot, qui sied beaucoup plus à mon humeur badine et mutine de l’instant. Inutile de dire qu’ensuite, je me suis endormi comme une masse ! :mrgreen:

Samedi 26 Juin 2004

Matooyage Dress-code Gay Pride

Classé dans: Matooyage — @ 13:06:27

Je me prépare gentiment pour aller à la Gay Pride toute à l’heure. J’espère seulement que le temps va se lever. Je suppose que malgré tout ce que j’ai pu lire contre la marche dans les blogs ou forum, ce sera comme d’habitude du pipi dans un violon, puisqu’en général tout le monde finit par y aller. Moi je n’en démords pas, et toujours pour les mêmes raisons je dis qu’il faut y aller.

D’ailleurs, hier je buvais un verre avec Sébastien, Cédric et Olivier rue des lombards, et quelques supporters avinés sont passés en nous traitant allègrement de tous les noms. Voilà, à Paris, Hôtel de Ville, en juin 2004, nous ne sommes toujours pas à l’abri. Et bien sûr, les événements passés extrêmement graves comme celui de Sébastien Nouchet doivent nous rendre encore plus vigilants. Non seulement l’homophobie n’est pas caduque, mais très vivace en dehors des ghettos où l’on veut bien nous voir paître, puisqu’en tant que vache à lait, nous sommes plutôt considérés comme des citoyens de premier plan.

Et puis, je radote mais je crois que je le dis tous les ans à qui veut bien l’entendre, la Gay Pride cette année est aussi pour moi une manière de rendre hommage à mes copines de Stonewall, qui en 1969 à New-York ont retroussé leur collants et se sont révoltés contre les répressions policières homophobes à coups de talons-aiguilles. Cela fait donc 35 ans cette année. Happy Birthday !! Aussi notre combat pour la reconnaissance simple et évidente de l’homosexualité est très jeune, et très fragile, il ne faut pas croire que tout a toujours été comme ça. Et ce sont bien les trans, travs, folles qui ont le plus souffert et se sont battus pour notre liberté de penser, agir et baiser. Elles y étaient obligées par le fait qu’elles ne peuvent pas se cacher alors que se dissimuler parmi les hétéros serait certainement encore notre manière de nous assumer si elles ne nous avaient pas émancipés. Donc c’est un peu facile de maintenant s’assumer en marquant sa différence, et en faisant comme s’il existait une bonne manière d’être pédé, comme si la Gay Pride ne donnait pas une bonne image etc. FUCK la bonne image ! FUCK les bonnes manières ! FUCK la respectabilité !

Il s’agit d’être soi, d’être bien dans sa peau et en accord avec ses principes.

Bon allez, moi c’est pas tout, il faut que je saute dans la douche. :mrgreen:

Si jamais on se croise, je porterais mon ticheurte French Connection « FCUK » pour faire écho à mes revendications (lol). Et comme certains pensent que je ne mets pas de sous-vêtements, voilà le boxer DIM noir que je porte ! :langue:

We’re here ! We’re queer ! Get used to it !

Dress Code Gay Pride 2004

Vendredi 25 Juin 2004

Boukinage L’Association

Classé dans: Boukinage — @ 16:16:57

C’est marrant comme cette maison d’édition est liée à mon anniversaire ! Déjà ils sont situés rue de la pierre levée dans le 11e, à 500m de chez moi, mais en plus deux personnes « blogosphériques » m’en ont offert deux opus pour mon anniversaire. M. déjà m’avait acheté le Lewis Trondheim ci-dessous parmi plein de bédés pour mes 26 ans. Lewis Trondheim met en scène des petits personnages dans ces situations incongrues et burlesques, j’aime beaucoup ce genre de petites bédés avec un style très fort et une ironie un peu grinçante dans ces histoires absurdes. J’avais alors découvert cette maison d’édition « L’Association » dont les bédés foisonnent d’auteurs vraiment cool et originaux.

Lettre d'un inconnuEt voilà que je reçois il y a peu de temps une curieuse missive d’un lecteur inconnu qui joint à son charmant courrier un opuscule de Joann Sfar : « Noyé le poisson ». Qu’est-ce que je me suis marré à découvrir cet auteur et cette histoire dingue ! Evidemment, le fameux lecteur ne donne pas son nom, et justement, m’intrigue encore plus. Il a une superbe écriture en plus, pas comme moi qui ne sais plus qu’écrire avec un clavier. J’ai du rédiger une lettre récemment, et on aurait dit un môme de maternelle qui essaie tant bien que mal de former ses lettres. Et puis j’avais mal à la main à la fin (je l’ai refaite trois fois histoire de). Oh là là, je vous le dis, dans quelques générations l’écriture manuelle ne sera plus qu’un usage des temps passés. Et bien lui, il écrit donc bien, et ce, autant concernant la forme que le fond. Genre le mec qui a compris que j’allais être totalement aiguillonné par cette lettre si délicate et charmante. Alors cher « Solal » (c’est la signature), merci beaucoup…

Joann Sfar ne produit pas des dessins magnifiques ou techniquement très élaborés, mais avec un vrai style qui tape, et une adéquation entre l’histoire et le trait qui est excellente. Bon et puis en plus, c’est un beau mec ! (Quoi ? Ca n’a rien à voir !? :mrgreen:)

Joann Sfar Joann Sfar - Noyé le poisson

Et puis dernièrement, je reçois un paquet un peu plus volumineux d’un blogueur, surprise !? Ce dernier m’offre un magnifique bouquin de Marjane Satrapi, cet auteur de bédé iranienne dont j’avais beaucoup entendu parler. « Broderies » évoque les conversations entre femmes iraniennes d’un certain milieu social (sa propre famille en fait) qui se retrouvent pour palabrer en buvant du thé. Marjane se souvient des histoires de sa grand-mère, sa mère et leurs amies qui discutent à bâtons rompus, et n’ont pas de tabous envers leur sexualité notamment. Cela change complètement le regard que l’on peut avoir sur l’Iran et les femmes ! C’est très drôle et fascinant aussi, il y a notamment toute une partie sur la virginité et les femmes qui se font parfois recoudre, tandis que d’autres prônent une liberté sexuelle plus épanouie.

Donc « L’Association » ça a l’air d’être une maison d’édition qui assure vraiment sa mère, sa race !

Lewis Trondheim - Non non non Joann Sfar - Noyé le poisson Marjane Satrapi - Broderies

Jeudi 24 Juin 2004

Cinéphage Shrek 2

Classé dans: Cinéphage — @ 19:02:55

Alors si vous n’êtes pas allé au cinéma ces dernières années, vous ne risquez pas de comprendre grand-chose car ce film est aussi parodique d’un « Y a-t-il un pilote dans l’avion ». C’est un déluge de gags à chaque plan, et on ri franchement du début à la fin, ce qui fait un bien fou !!

L’histoire en outre est vachement belle et la morale est toujours aussi simple et saine à mon avis. L’apparence est trompeuse, et on ne doit pas juger sur le physique. C’est un peu neuneu mais ça passe vraiment bien dans ce film, et après tout ce n’est pas une morale classique mielleuse à la Disney. Donc Fiona est devenue une ogresse tout ce qu’il y a de respectable, avec son Shrek de mari, et toujours l’âne qui leur colle aux basques (sa dragonne de gonzesse est lunatique mouarf). Le jeune couple se rend chez les parents de Fiona pour les mettre au courant. Les parents découvrent alors avec effroi que le Prince Charmant est arrivé trop tard pour délivrer la princesse. La mère de ce dernier, qui n’est autre que la bonne fée et marraine, décide d’un stratagème démoniaque pour se débarrasser de Shrek…

Tout est prétexte à la blague et au pastiche, et ça n’arrête pas une seconde. On flirte encore avec tous les dessins animés, classiques hollywoodiens, personnages de contes (avec un chat botté fabuleux), une bande-originale tour à tour rock, disco, comédie musicale, et surtout de véritables comédiens pour doubler. Ce dernier point fait toute la différence car les acteurs choisis sont impeccables et extrêmement bons ! Une mention spéciale à la bonne fée qui est jouée par Jennifer Saunders, encore plus rouée que l’Edina d’AbFab. Pétant de rire sur toute la durée !!!

Shrek 2

Mercredi 23 Juin 2004

Magazinage Outside Matoo bouilli

Classé dans: Magazinage, Outside — @ 18:13:11

Je ne peux pas m’empêcher de rire quand je lis ça. Mais dans le fond, c’est terrible.

Mais qu’est-ce que c’est drôle. Et alors ce titre, il n’y a que l’édition locale du Parisien pour trouver ça.

Pauv’ minou ! :gene:

La psychiatre s'est vengée en faisant cuire le chat

Boukinage Mendiants et orgueilleux

Classé dans: Boukinage — @ 18:05:36

Je ne connaissais pas Albert Cossery, et j’ai découvert en achetant ce bouquin qu’il a reçu le prix de la Francophonie en 1990, qu’il s’était établi à Paris en 1945 et s’était lié à Albert Camus, Lawrence Durrell et qu’il avait rencontré Louis Guilloux et Jean Genet. Et maintenant que j’ai lu le livre, je comprends mieux les connections avec ces auteurs, et les différentes thématiques que l’on croise dans cette œuvre.

Tout se passe dans les rues du Caire, des quartiers pauvres et misérables où une sordide histoire de crime d’une prostituée va nous permettre de faire connaissance avec un milieu bien particulier, quelques personnages pittoresques et hauts en couleur, ainsi qu’un héros à la philosophie bien singulière. En fait, Gohar, un intellectuel qui a plus ou moins choisi sa déchéance et son statut de mendiant (en rébellion passive contre le gouvernement en fait) est accroc à sa dose de hachisch que Yéghen lui fournit quotidiennement. Plus ou moins par erreur… et pris d’un coup de la folie dû au sevrage, il étrangle une prostituée de la maquerelle Set Amina (alors que personne n’est à la maison close). Ensuite une enquête a lieu, avec Nour El Dine, un flic homo (honteux) qui mène ses investigations, et plusieurs protagonistes que l’on rencontre et suit au fur et à mesure.

Ce bouquin est avant tout un véritable plaisir à lire pour son écriture et son style littéraire. Cet auteur manie réellement le verbe avec une poésie et une acuité fabuleuse. Ensuite, j’ai vraiment été charmé par les diverses philosophies et principes qui sont expliqués, ainsi que la manière dont l’auteur montre les différentes strates de la société égyptienne de l’époque. Gohar fait parfois son Siddhârta, et pourtant c’est ironique presque de la part d’un junky qui vient d’assassiner une fille. Or il a aussi un discours d’une sagesse et d’un ascétisme confondant.

On a un plaisir infini à plonger dans ce monde tellement différent du nôtre, et à vouloir connaître le fin mot de cette intrigue policière (alors que ce n’est finalement pas le sujet du bouquin) mais surtout de voir comment les personnages évoluent entre le début et la fin. Il faut absolument que je lise d’autres ouvrages de ce type !

Mendiants et orgueilleux - Albert Cossery

Cinéphage Wonderful Days

Classé dans: Cinéphage — @ 17:36:00

Un anime (parce que manga c’est le livre, je viens de comprendre la nuance ! :mrgreen:) bien original puisque Coréen, et surtout qui présente un chouette mélange de 2D, 3D et images réelles. Le tout donne un long-métrage de science-fiction assez bien ficelé, avec des images d’une réelle beauté et cette attitude contemplative typiquement coréenne (autant dans la mise en scène, la musique ou les tonalités) qui est tout à fait en accord avec ce monde futuriste.

On est en 2142 et la Terre a été submergée par les eaux à cause d’une pollution galopante qui fait pleuvoir sans arrêt et obscurcit complètement le ciel. Une population a constitué une ville-champignon qui se nourrit de cette pollution pour créer de l’énergie : Ecoban. D’autres habitants, ceux de Marr, sont reclus à l’extérieur de la cité ultramoderne et vivent dans des taudis, tandis qu’ils sont considérés par Ecoban comme de simples insectes nuisibles (et des ouvriers qui travaillent sur leurs champs de pétrole). Or le taux de pollution diminue de manière inquiétante et les gens d’Ecoban se préparent à incendier leurs puits de pétrole pour étendre la zone de pollution et assurer la pérennité de leur cité. Cela entraînera la mort de tous les marriens qui vivent à l’extérieur, mais ça personne ne s’en soucie.

Et là le scénario est d’une originalité folle puisqu’un des marriens est un exilé d’Ecoban, et il se bat pour recouvrer le ciel bleu. Et quand il était petit, il avait une copine, et hooooo cette copine est une fliquette maintenant, et bien sûr, ils sont grave love. Et elle, elle croyait qu’il était mort. Quand ils étaient petits, il y avait un troisième larron : le garçon amoureux de la fille, et jaloux du héros, qui maintenant n’est autre que le chef de la fliquette. Ralalalalalalala le suspense !

Donc l’intrigue n’est pas extraordinaire, même si cette idée de base de la pollution en tant que source d’énergie est vraiment originale ! Vraiment, l’intérêt du film réside dans la manière dont l’auteur transcende cette banale histoire d’amour grâce à des images d’une incroyable beauté, et un vrai style global qui m’a énormément plu et captivé.

Wonderful Days

Mardi 22 Juin 2004

Matooyage Merci Jack !

Classé dans: Matooyage — @ 18:52:15

Hier soir, je suis donc allé d’abord voir l’expo au musée du Luxembourg avec Diego et un blogueur : Pingui (oui son pseudo est ridicule, mais il est mignon alors c’est pas grave d’accord ?). David est un blogueur (très cool) d’un genre particulier puisqu’il n’utilise son weblogue que pour y concaténer ses lectures et autres activités culturelles dans le simple but d’en garder une rémanence. Il avait, il y a quelques temps, exprimé son envie d’aller voir l’expo, et du coup, je lui ai proposé qu’on y aille ensemble.

Evidemment, c’est encore un mec qui a un mec !! Rhalalalalala. :mrgreen: On a bien rigolé toute cette soirée avec le Dieg et David, à se balader dans Paris en pleine teuf de la zikmu !! Saint-Michel et Saint-Germain-des-Prés étaient blindés de rockers, et nous sommes simplement passés pour nous rendre de l’autre côté de la Seine. Le centre de Paris était complètement blindé avec le match de foot, et nous avons rapidement rejoint la rue des Archives qui était absolument BONDEE ! Certains hérétiques ont du rester coincés des heures dans leurs bagnoles en voulant traverser un marais à la démographie exponentielle, et aux rues transformées en dancefloors. Le Cox et l’Open étaient inaccessibles et la musique tonitruante et technoïde faisait vibrer tous les gens à l’unisson. Une excellente ambiance, et des beaux gosses qu’on ne voit pas toujours… un peu comme à la Gay Pride quoi !

On est allé faire un tour aussi vers la rue du Roi de Sicile et devant le Quetzal, où l’ambiance était excellente. La musique était hypeeeeeeer pétasse et vachement bien (CQFD arf), et les gens encore une fois vraiment de bonne humeur. Je ne suis pas rentré très tard car j’étais vraiment naze et puis la flotte a un peu diminué mon courage. ;-)

Exposage Moi ! Autoportraits du XXe siècle

Classé dans: Exposage — @ 18:18:22

Cette exposition au musée du Luxembourg est une réussite qui réside dans la richesse de la diversité des toiles présentée, et aussi dans ce parti pris de regrouper des autoportraits par typologie et non pas de manière chronologique. Ainsi, les six salles regroupent 150 portraits de tous les genres foisonnants de la peinture contemporaine du siècle passé (on a du mal à s’y faire, mais le XXe c’est bien le siècle dernier).

L’expo est assez déroutante dans ce choix fort de faire des rapprochements qui peuvent parfois paraître assez difficiles à comprendre du fait des sensibles différences de style et d’expression. Mais l’effet esthétique est incroyable et génial. En effet, tous ces visages qui nous regardent, et qui SE regardent, sont les artistes qui se sont peinturlurés de mille manières : fauve, surréaliste, abstrait, photographique, collage, huile etc.

Les 6 salles sont composées selon les thématiques suivantes :
(chopé sur le site du musée)

Ressemblance & dissemblance
Où sont rapprochées des oeuvres qui n’ont rien de commun et qui mettent en évidence les enjeux et les contradictions qu’implique la représentation de soi.

Masque et expression
Où l’on constate que les expressions de la physionomie cachent parfois plus qu’elles ne révèlent et que les masques peuvent révéler plus qu’ils ne dissimulent.

Histoire & métamorphose
Où l’on comprend qu’être anachronique est un moyen d’être contemporain et que pour se révéler, il peut être nécessaire de se métamorphoser.

Miroir & photographie
Où l’on se rend compte que l’image de soi est toujours celle d’un autre.

Atelier & regard
Où l’on est conduit à se demander quelle intimité l’artiste invite à partager et à se poser la question : qui regarde qui ?

Corps & vanité
Où l’on s’aperçoit que l’apparition du corps, de sa sexualité, ne modifie pas l’enjeu essentiel de la représentation de soi : tenir tête à la mort.

Tous ces gens ne font que se poser la même question « qui suis-je ? » et les modalités de réponse sont absolument irrésistibles : drôles, tragiques, énigmatiques, sombres ou lumineuses ! Du coup, l’exposition n’est pas statique, on a envie de tourner et virer, de revenir à la salle précédente. Ce n’est pas une de ces expositions où l’on doit suivre un cheminement et lire des tonnes d’explications, là il faut simplement se laisser aller, et voir l’autre, enfin voir soi en l’autre, ou l’autre en soi. Mouarf.

Moi ! Autoportraits du XXe siècle

Outside Cour Carrée du Louvre

Classé dans: Outside — @ 17:38:34

Dimanche aprème, entre Harry Potter et mon dîner, j’avais une heure et quelques à tuer, alors je suis allé me poser tout seul dans la Cour Carrée du Louvre. C’est pour moi l’unique endroit où j’aime lire ou simplement m’asseoir et penser dans une quiétude et un sentiment de paix absolument délicieux. Il y règne toujours un silence incroyable quand on sait l’affluence extérieure, et peu de gens y font plus que passer pour se rendre vers la pyramide.

Outre cela, ce lieu est superbe, et cette vue géométrique est aussi froide et orthogonale que chaleureuse par ses riches ornements sculpturaux.

Voilà d’ailleurs ce que je voyais assis par terre…

Cour Carrée du Louvre

Et pour compléter le tour d’horizon, ma cheutron à oime contre le mur avec une drôle de moue !

Matoo dans la Cour Carée du Louvre

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