MatooBlog
Pectus est quod disertos facit

Mardi 31 Août 2004

Cinéphage Les chroniques de Riddick

Classé dans: Cinéphage — @ 23:29:10

J’avais vu « Pitch Black », film à petit budget genre Science-Fiction série B (à la « Planète Hurlante ») qui narrait des premières aventures de Riddick alias Vin Diesel, et j’avais beaucoup aimé. Vin Diesel est un comédien lamentable mais il joue bien la brute décérébrée (mais joue-t-il alors ?) et il a un sex-appeal assez redoutable. Donc il réintègre parfaitement son rôle dans les chroniques de lui-même, le second opus de ses pérégrinations inter-galactiques.

On se retrouve là dans un film à plus gros budget, mais apparemment ils n’ont pas mis un kopeck de plus dans la poche du scénariste (pauvres scénaristes hollywoodiens). Tout est parti dans les décors, costumes et effets spéciaux, mais pas à tort et à travers. Le résultat final est grandiose et vraiment très agréable à voir sur un grand écran. Il s’agit d’une fresque interplanétaire où une sorte de civilisation, les Necrommongers tentent de soumettre l’univers entier à leur pouvoir et sorte de dogme mystique. L’Imam de « Pitch Black » et une surprenante Elémentalienne (excellente Judi Dench comme toujours) attirent Riddick car il pense qu’il est un des survivants de la race des Furians, une race de puissants belligérants. Or, une prophétie annonce que le chef des Necrommongers sera tué par un Furian.

C’est un excellent film d’action, agrémenté de belles images et effets spéciaux, ainsi qu’un univers recréé selon des typologies de peuplades, que l’on connaît déjà d’autres films de SF comme Dune par exemple. Et le tout fonctionne assez bien pour passer un bon moment, sans s’ennuyer, mais sans non plus se pâmer de bonheur cinématographique.

J’ai aussi reconnu Linus Roache qui joue le (petit) rôle d’un bras droit du chef des méchants. C’est celui qui joue le prêtre du film du même nom (« Priest ») qui reste un de mes films cultes dans le répertoire « gay ».

Les Chroniques de Riddick

Cinéphage HellBoy

Classé dans: Cinéphage — @ 22:42:37

Bon ben on va faire rapide hein, parce qu’il n’y a pas grand chose à en dire… En gros, j’ai eu l’impression d’avoir regardé un grooooos épisode de X-Or. Je ne connais pas la bédé, et donc je ne peux pas bien juger cela en terme d’adaptation. Mais vraiment dans le scénario (les méchants veulent envahir la Terre), les personnages (deux équipes de très gentils et très méchants) et la gueule des monstres, Bioman avait déjà tout fait.

Bon après, c’est vrai que ça se laisse voir, que quelques pointes d’humour un peu décalées viennent ragaillardir l’ensemble, avec un Ron Perlman qui est assez bon dans le rôle du héros diabolique. Pour un blockbuster, ce n’est pas si mal et on a évité la catastrophe (j’aimais bien X-Or quand j’étais plus jeune).

HellBoy

Exposage Sanyu, l’écriture du corps

Classé dans: Exposage — @ 16:35:56

Le musée Guimet, en tant que musée national des Arts asiatiques, organise des expositions dont le thème est toujours connexe à l’art asiatique. Là, il s’agit d’une rétrospective assez complète (mais plutôt courte) de l’œuvre d’un chinois né en 1901, Sanyu, qui a vécu en France de 1920 jusqu’à sa mort en 1966. Il n’a jamais été un peintre majeur de l’époque, il est mort dans l’indifférence quasi-générale, et il est redécouvert en ce moment, notamment de par ses accointances artistiques avec Matisse.

Comme souvent pour les peintres contemporains, on peut suivre facilement leur évolution par des phases artistiquement très « marquées ». Sanyu n’échappe pas à la règle, et on découvre salle après salle, les évolutions d’un peintre qui s’est interrogé sur sa peinture toute ta vie. On sent l’homme à l’étude dans toutes ses toiles, il explore de nouvelles voies graphiques par les couleurs, les formes et toute une gamme d’expressions nouvelles tout à fait conformes à l’avant-garde de son époque.

Le rapprochement avec Matisse est indéniable, et la spécificité de ce peintre est justement ce qu’il tire de sa différence majeure avec les peintres de son époque : le fait qu’il soit chinois. Et ce que j’ai beaucoup aimé dans ses œuvres, c’est justement son trait si assuré et délicat, si maîtrisé et libre à la fois, une véritable œuvre de calligraphe pour le coup. Ce syncrétisme, entre son éducation artistique chinoise traditionnelle et la « libération » de son talent et de ses envies au contact du milieu artistique parisien, donne à ses toiles les plus « graphiques » une force et une beauté incroyable. Alors que les peintures « expressionnistes » plus classiques ne m’ont pas vraiment plu, ses toiles les plus esquissées avec quelques traits noirs dont seule l’épaisseur varie, ou bien ses nues abstraits m’ont vraiment impressionné !

On sent que ce type a cherché sa voie d’expression picturale pendant toute sa vie à visiter ces salles avec des styles tellement différents. Je n’aime pas du tout l’utilisation du rose qu’il fait, on dirait parfois du papier peint de chambres de barbies. Et puis, comme il n’avait pas un succès fou avec son art, il a même passé une période de sa vie à promouvoir un sport qu’il avait inventé : le ping-tennis !

Il est vraiment mort trop tôt le pauvre… il avait encore certainement beaucoup à exprimer, et à nous apporter avec cette sensibilité de peintre contemporain parisien et ses racines chinoises traditionnelles.

Sanyu, l'écriture du corps Sanyu, l'écriture du corps Sanyu, l'écriture du corps

Lundi 30 Août 2004

Matooyage VSD

Classé dans: Matooyage — @ 20:16:02

Il faut absolument que j’arrête de sortir tous les soirs comme ça, et surtout cela me permettra de dépenser moins de thune. Et puis, j’aime bien aussi passer des soirées seul à ne rien faire, ou m’abrutir devant un dvd. Voilà quelle était ma résolution de la semaine dernière…

Le résultat évidemment est tout autre. Alors qu’Orange me prévient que ma facture n’est pas encore complètement soldée, mais qu’il me reste à payer la suite des pots cassés (cela met quelques temps à être rapatrié des différents opérateurs suédois). Je n’ai pas trouvé de meilleur moyen de faire des économies que d’aller au resto les cinq soirs de la semaine dernière. Pfff. Lamentable.

Et rebelote vendredi soir, j’avais rendez-vous avec un mec que je poursuivais de mes assiduités virtuelles depuis plus de 4 ans !!! Il s’agissait donc d’une vraie victoire pour moi, de le rencontrer enfin concrètement. En plus, Julien, ou Athaldir, et moi avons pas mal de connaissances en commun. Nous sommes allés dîner à l’Autre Café, et dans la soirée, nous avons rejoint des gens au Paris-Texas (mon bar à putes colombien préféré).

Là-bas, nous avons encore passé une très bonne soirée avec Séb, Olivier, Oli, Jeff, Marie et trois potes à elle. Marie est vraiment une personne qui a tous les charmes… une vraie âme de pédé dans un superbe brin de brunette. Irrésistible quoi ! Et le bar, qui cahin-caha, a l’air de fidéliser quelques clients avant son démarrage véritable en fanfare pour septembre.

Samedi, j’ai passé l’après-midi avec Diego, en l’aidant à acheter un cadeau pour sa frangine, et puis nous sommes aussi allés boire un verre à l’Amnésia. Nous avons encore tchatché toute l’après-midi sans même le réaliser ! Mais comment je vais faire quand il sera plus haut que Dunkerque !!!

Le soir, j’étais invité à dîner chez Oli avec Séb, Yann, Raphaël, son copain Christophe et Malik. J’étais extrêmement content de faire la connaissance de Malik dont le blog, feu arezki, était un de ceux que je préférais. Et puis, je me souviens toujours de cet épisode avec ma collègue Naïri, qui m’avait envoyé le lien vers son blog en me disant d’attaquer. Mais surtout, ça m’a fait plaisir d’échanger un peu sur le thème de l’Algérie qui lui est encore plus cher qu’à moi.

Boosté par un excellent début de soirée, j’ai suivi ces joyeux drilles jusqu’au Vogue/Scorp, où nous nous sommes démenés comme des bêtes sur la piste. J’ai été très agréablement surpris par la musique, qui vraiment valait le coup, ainsi que la population plutôt mignonne et cool en moyenne. C’était vraiment agréable de sortir à sept gars comme cela et, c’est rarement le cas, motivés pour s’éclater sans fioriture.

Je dois attirer l’attention sur l’extrême popularité de notre Oli National dont les niveaux d’excitation sont exponentiels, pour ne pas dire atomiques, si l’on se réfère à ses récentes conquêtes. Et cette soirée là, il a décroché la timbale. Aaaaaah, j’y crois pas, dès qu’il est parti, le mégabeaumec de la soirée est venu refiler son numéro à Raphaël pour notre hidalgo. Pfff, c’est dégueulasse.

Réveil, dimanche à midi, pour courageusement bruncher avec JS. J’ai passé un bon moment, bien calme et posé, au Charbon, à discuter avec ce talentueux blogueur (qui prend trop de photos à mon goût en ce moment, alors qu’il a une plume géniale) que je rencontrais pour la seconde fois.

Nous nous sommes quittés vers 16h, et j’ai foncé dans le 16ème pour rejoindre Oli, PH et Nabil au Musée Guimet. J’ai croisé Laurent et son Lapin qui quittaient le musée (un gage de qualité donc !). Nous avons alors vu l’expo temporaire, et puis la collection permanente au pas de course car il ne nous restait pas beaucoup de temps. J’ai été très impressionné par la richesse de cette collection. Il y a vraiment de quoi faire, et puis ce n’est que 4 euros le dimanche. J’y retournerai donc bientôt et avec l’audio-guide pour comprendre un peu mieux ce qui est exposé sur ces quatre étages d’arts asiatiques.

Ensuite, nous avons eu envie d’aller au ciné… tandis qu’Oli retrouvait son bel éphèbe de la veille (salaud, le peuple aura ta peau !). Du coup, PH, Nabil et moi, sur des conseils malavisés de Nabil, sommes allés voir « HellBoy ». Je n’avais pas vraiment envie de rentrer, donc j’ai refait un tour gratuit, et suis allé voir « Les chroniques de Riddick ».

Je suis rentré vers 1h… dodo.

Bon, je n’ose même pas faire le bilan financier de tout cela, de peur de réaliser mon imbécillité galopante dans ce fragile domaine pécuniaire. Mais je crois que je n’avais pas très envie de penser au coup de fil que je ne recevrais pas ce week-end, et que fuir mon appartement était encore le meilleur moyen de penser à autre chose. Et puis, ce n’est pas comme si j’avais erré dans Paris, comme une âme en peine. J’ai au contraire passé un fabuleux week-end en ayant vu plein de potes et en ayant bien teufé.

Eh bien, vous devinerez donc sans mal la teneur des prochains posts… j’ai assez de blogoboulot pour toute la semaine je pense (ah tiens je viens aussi de finir un bouquin génial, arf) ! Tant mieux, ça m’évitera de parler de moi, ce n’est pas le plus opportun des sujets du moment.

PS : J’ai reçu le mail d’un mec (que je ne connais pas) qui m’a reconnu dans la rue samedi soir alors que je traversais le boulevard Voltaire pour me rendre chez Oli. Oh yeaaaah, j’adore !

Outside Vendre sa blogÂme au diable !

Classé dans: Outside — @ 14:31:58

C’est une chose que de mettre des liens de pubs dans son blog, histoire d’essayer d’en tirer quelques rétributions ou plutôt un amortissement de ses dépenses de fonctionnement, mais c’en est une autre que de lancer des sujets contre rémunération.

Pourtant, cela existe bel et bien ! Une société américaine, Blogversation (d’ailleurs en français cela rime beaucoup trop avec « malversation »), propose aux blogueurs de lancer des thèmes proposés par des annonceurs contre une rétribution financière qui serait proportionnelle à l’audience du blog en question. Berk berk berk.

J’imagine que c’est un moyen peu onéreux et efficace pour simuler une réunion de groupe « quali » sur des thèmes précis, et en profitant surtout d’une population bien innocente et qualifiée. C’est aussi un moyen de faire une publicité « virale » d’un nouveau concept ou objet. Bref, du marketing bien offensif avec tout ce que cela revêt d’anti-esprit-du-blog.

J’espère que cette initiative sera un gigantesque fiasco ! Nan mais oh, il manquerait plus que ça ! Maintenant on se ferait payer pour parler de tel ou tel sujet dans son blog !

[Source : Le Journal du Net]

Vendredi 27 Août 2004

Matooyage Bon sang, mais c’est bien sûr.

Classé dans: Matooyage — @ 16:56:18

Pascal racontait comment il s’était fait recaler d’un don de sang parce qu’il aime un peu trop tripoter le zizi de ses camarades de jeu.

Moi je donne le mien au boulot (mon sang, pas mon zizi… quoique), en gros tous les un ou deux mois selon le passage de l’EFS. Pour moi, c’est un acte civique vraiment fort. Et puis, même si c’est tout sauf agréable, ce n’est vraiment pas grand-chose à côté de l’importance que cela revêt au quotidien. Naïvement, j’ai l’impression que tout le monde en France donne son sang… c’est un acte gratuit et « bon ». Un truc qui te prend quinze minutes, la plupart du temps y’a un bahut qui vient au boulot le matin et il suffit de s’inscrire à l’avance sur un agenda partagé. Cela me faisait candidement penser que nous étions une majorité de péquins ici à le faire, presque par habitude et réflexe.

Comme je l’évoquais sur finis-africae, je me fais planter une fois sur deux en gros par le médecin. En effet, je rencontre deux types de personne. Un mec qui demande concrètement si je suis homo (hummm pourquoi, ça t’intéresse ? Hheuuuuu nan nan, c’est écrit là sur mon questionnaire !), et comme je dis oui, il me dit direct « babaille ».

« Vous faites partie d’une population à risque, nous ne pouvons pas accepter votre sang. »

Ce à quoi, je décoche mon plus beau sourire, et je dis « Ok, à la prochaine alors ! ». Etant donné, qu’on a déjà n fois discuté du sujet, je ne lui fais même plus part de mes opinions. Et je l’ai déjà prévenu que je reviendrais à chaque fois jusqu’à ce que ça change, donc il me connaît.

Et puis, il y a un autre médecin, une femme, qui elle ne pose pas de questions aussi directes. Elle se renseigne simplement sur les pratiques à risque, les rapports non protégés etc. Donc elle ne fait pas correctement son métier, mais grâce à elle, je donne mon sang (et comme je fais des tests régulièrement, et que je suis relativement prudent avec ce que je fais avec mon zizi) et c’est bien pour ceux qui en ont besoin. Avec mon piercing, là, c’est râpé pour 6 mois, mais ça, je trouve que c’est tout à fait normal.

J’en discutais ce midi avec mes collègues Franck et Olivier. Je m’étais déjà rendu compte que sommairement, sur la dizaine de gens que je fréquente au boulot et avec qui je « socialise » le plus, je suis le seul qui donne son sang. Et ce sont tous des gens très biens, très propres sur eux, de bonne famille et avec de bonnes mœurs pas tordues comme les miennes. Alors pourquoi ?

Eh bien, j’ai un peu essayé de demander leurs raisons ce midi, et j’ai obtenu : « bah j’m’en fous », « j’aime pas les piqûres », « et bah pourquoi faire » etc. Et en discutant un peu plus, je n’ai réussi qu’à les agacer. Pfff. C’est dépitant. :hum:

Jeudi 26 Août 2004

Matooyage Matoo la coiffeuse

Classé dans: Matooyage — @ 18:13:29

Hier soir, après une excellente soirée en compagnie de Xavier Héraud et Charles Roncier dont je suis grand fan du « Guide des jeunes homos », nous sommes allés boire un pot au Duplex. Quand on est rentré dans le bar et qu’on s’est dirigé vers le comptoir pour commander des boissons, j’ai chopé des bribes de conversation autour de moi.

Notamment, quelques mecs qui plaisantaient avec un de leurs comparses en le charriant sur son job. L’un lui demandait s’il avait avoué à un mec qu’il draguait (qui était juste à côté dans le bar) qu’il était coiffeuse dans le marais. Et l’autre qui riait mais qui sérieusement demandait à son pote d’arrêter de vouloir casser son coup (surtout que sa proie avait l’air toute refroidie par la nouvelle).

Cela m’a fait repenser à une mésaventure d’il y a quelques années, je devais avoir 23/24 ans. Je fréquentais alors beaucoup un copain, Ali, et on sortait assez régulièrement avec des amis à lui, dont un pote de pote, Fabrice, que j’aimais bien. Ali était un excellent ami, et doté un caractère de pédébitch bien trempé comme on les aime.

Moi, j’avais super envie de revoir Fabrice, et j’étais trop content d’avoir l’occasion ainsi de dîner avec eux au resto, et de pouvoir discuter avec. Et puis, un autre pote m’avait dit que Fabrice avait demandé des trucs sur moi, et avait dit qu’il me trouvait pas mal lors de la dernière soirée passée ensemble avec Ali et d’autres (au Queen certainement lol). Donc j’étais tout content, et je me sentais challengé pour briller auprès de ce mec.

La soirée commence, on se retrouve au resto à 6 mecs, c’est cool je suis en face de lui et Ali. Mais je le sens un peu froid avec moi… bizarre, comme s’il n’était plus du tout intéressé. On discute, et puis la conversation s’oriente un peu sur son boulot, sa boite, et puis leur com. Alors je me mets à lui poser des questions sur leur stratégie marketing en disant que j’ai justement pensé à lui en lisant un truc dans un journal à ce propos (et je lui fais les yeux doux bien sûr). Il me répond un peu évasivement, genre je suis une bécasse. Alors je reprends, et cette fois je me mets à parler marketing avec quelques termes bien choisis, et j’insiste sur ce que je pense être une erreur de com. Il parait étonné et me répond un peu plus posément. Puis s’ensuit une conversation plutôt technique à ce sujet, et nous échangeons quelques idées avec pas mal d’aplomb.

Il s’arrête net de parler… il me regarde d’un air soupçonneux et il dit :
« Mais… dis moi un truc, c’est vrai que tu es coiffeur ? »

Alors là, je suis estomaqué. Je ne réponds rien pendant trente secondes à repasser les pires suppositions : « est-ce que c’est ma manière de parler, de m’habiller, ce que j’ai dit toute à l’heure ? est-ce qu’il dit ça pour me casser ? ».

Et puis, ça fait tilt : Ali. :hum:

En effet, je me tourne vers mon ami qui est complètement hilare et me dit « je suis désolé » entre deux halètements hystériques tellement il se bidonne. Et puis je demande à Fabrice comment il a appris cela. Et lui me confirme qu’il a demandé à Ali en boite la dernière fois, et que ce dernier lui a répondu avec son habituelle assurance : « Oh la Mathieu, elle est coiffeuse… ». Mais la blague de bitch n’avait pas été démentie jusqu’à cette soirée là, à dessein ou pas…

Donc j’ai ensuite rectifié mon orientation professionnelle, en disant que de toute façon cela ne changeait pas grand-chose à ce que j’étais. « N’est-ce pas ? » rajoutais-je à l’attention de Fabrice.

Finalement, je ne suis pas sorti avec même si des années après, nous restons toujours autant dans l’ambiguïté et la séduction quand nous nous rencontrons. Et il continue à me demander à chaque fois en rigolant : « c’est vrai que tu es coiffeur ? ».

Outside Histoire de dèpes

Classé dans: Outside — @ 16:20:47

Lu sur un forum de gayvox bien sûr !

Cela commence par un gayvoxien qui nous explique dans un forum bien nommé : « pourkoi moi !!!! ».

Auteur: kalaad95
Date: 26-08-2004 11:04
je comence a en avoir marre des mecs ki ne sont pas sinceres alors ke tu leur cri haut et fort ke tu les aime a en mourir (facon de parler biensur) exple: mon “homme” ki est revenu vers moi en me disant kil m’aime alors kil sort tjs avec mon ex !!!!!!!!! j’en rage!!

Une âme noble et généreuse lui répond et tente de comprendre le syllogisme manifeste qui se cache dans ce premier message :

Auteur: lune26
Date: 26-08-2004 11:38
” alors kil sort tjs avec MON ex !!!!! ”

Kalaad surement une fote de frappe ? Sinon euh comment on appelle ça Dja … ah oui lapsus … ( c’ pas un gros mot ça ? )

Et là, y’a comme une incompréhension :

Auteur: kalaad95
Date: 26-08-2004 11:55
“kill”, je c, c’est un peu ce ke g envi de faire surtou ke je ne suporte pas d’etre pris pour un con!!

Ou alors on peut aussi appeler cela un quiproquo :

Auteur: lune26
Date: 26-08-2004 12:02
il s’appelle ” kill” ? Kalaad j’ comprend rien à ton histoire ???

Et puis soudain, fiat lux :

Auteur: kalaad95
Date: 26-08-2004 12:10
je t’explik mon “homme” s’appelle marc on c separer ya 1 mois 1/2 pendant ce tps on a chacun retrouver kelkin, pour moi le mec ke g rencontrer s’appele will. marc a vu will et lui a fait des avances donc will c separer de moi (tu suis juske la???). ensuite marc est revenu vers moi et de fil en aiguille nous nous somme remis enssemble et je pensais ke will avait laisser tomber marc et g apris hier ke marc sortai avec will et moi en meme tps voila toute l’histoire…

Alors ça, si c’est pas une bonne histoire de pédés !

Et ce qui est génial c’est que tout le monde essaie de lui débrouiller son histoire, et est vachement gentil avec. C’est mignon comme tout. Je pense que j’aurais été trop tenté de me la jouer Agapi dans la Cloche à frometon. Ils sont sympas ces gayvoxiens, surtout les anciens de yarps d’ailleurs. ;-)

Mercredi 25 Août 2004

Matooyage Juste une question d’amour ? Non, de business !

Classé dans: Matooyage — @ 09:42:55

J’ai acheté mon Têtu mensuel que j’ai lu dans le RER ce matin, sous le regard ébahi d’un reubeu joggingneux qui se demandait ce qu’un de ses confrères faisaient sur la couverture avec un air si lascif. Un jour, je vais me faire trucider moi avec mes conneries de visibilité !! :mrgreen:

J’avais vu sur la couv cette interview de Mougeotte et le papier sur « le virage gay de TF1 », et j’avais hâte de me rendre compte de la teneur du discours. Et puis, j’ai aussi lu le commentaire (pas vraiment une diatribe ni un libelle) avec un soupçon d’acrimonie et surtout une accusation de complaisance, de Média-G sur le sujet avec un excellent titre : « Le virage TF1 de Têtu ».

Il s’agit en fait de deux pages de texte, une partie qui décrit un peu l’histoire de TF1 avec le traitement de l’homosexualité depuis les années 80 dans ses émissions, JT, choix de séries ou films etc. Et puis, un encart avec une interview d’Etienne Mougeotte sur cette homophilie assumée de la chaîne.

Je comprends assez bien du coup le réflexe de Média-G, même si ma première réaction à moi est plutôt du côté de TF1, plus que de Têtu. Alors oui, on sent bien que Têtu prend le côté positif de la chose, et pourquoi pas ? D’ailleurs, j’avoue sans vergogne que TF1 a le mieux traité la Gay Pride cette année, de loin devant tous les autres media. En effet, la visibilité des pédés sur TF1 est manifeste, et c’est bien de le dire. Et en effet, l’interview à Mougeotte est absolument fade et inintéressante. De même, faire la chronique des années 80 à aujourd’hui, en évoquant de Mourousi à Anne-Laure de la StarAc, ne me parait pas un truc vraiment intéressant.

Ce qu’on a compris depuis longtemps, et dont je m’étonne qu’on fasse encore semblant de l’ignorer, c’est que TF1 fait du business. Du business et RIEN d’autre. La télévision n’est qu’un support publicitaire, un instrument de communication aux masses pour leur faire acheter du Benco et de l’Ariel (enfin de l’Omo).

Allez, petit rappel du discours assumé de TF1 par son PDG, Patrick Le Lay :

« … A la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit ».

« Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible »

Alors des pédés sur TF1 ?
Mais pourquoi pas ?! Ca fait du chiffre ? On atteint les objectifs de recettes aux annonceurs ? On élargit notre assiette de consommateurs sans aliéner les principales cibles ? Et en plus, cela redore notre blason et améliore notre image ? Banco ! Allons-y donc faisons du pédé… mais pas du gay France2 gnan-gnan… Non non, il faut faire du bon pédé TF1 ! Rien à foutre de véhiculer des idées, de changer des mentalités pour plus d’équité, pour une véritable idéologie engagée de la chaîne.

Prenez-moi donc un Vincent McDoom en Gucci-Prada dans les labours, un trans qui se prostitue au bois chez Carole Rousseau, un échange entre un pédé agriculteur et une maraisienne pure porc, une version française de « Queer eye for a straight guy » avec 5 tapioles tapiolissimes, des présentateurs manifestement pédés pour les pédés mais qui restent tout à fait incognitos pour les ménagères, etc.

Donc pas la peine de prendre en considération les jolis discours de ces messieurs, et aussi les tentatives d’explication de Têtu (dont Média-G donne la justification par des intérêts personnels…). TF1 ne fait pas de politique, ils font du bénéf. C’est beaucoup plus simple que cela, et on vous le serine depuis des années : les pédés sont de bons consommateurs. Bon ben voilà, ça suffit à leur donner leurs lettres de noblesse à TF1.
CQFD.

Le problème de cette vision capitaliste de la société, c’est que, comme pour tout, il y a un côté positif et négatif à cela. En effet, on se rend compte que ce levier financier et social est, dans notre société libérale et sous le joug du pognon, plus balaise encore que le marteau de Thor. Je pense que cette manne marketing nous a plus émancipée en quelques années, que des générations de militantisme homo avant. Le problème c’est qu’elle nous apporte aussi son lot de désavantages. Etant donné, qu’on est reconnu comme une communauté de consommateurs, et pas par rapport à de belles Idées, on doit se comporter un peu comme les américains, en lobbyistes et plus en citoyens. Or le progrès passe par un militantisme idéologique réel, on doit accepter la différence d’autrui et vouloir réduire les inégalités entre les citoyens, plus que de défendre une image de contributeur économique. Sinon, cela revient à nous diviser encore plus, à créer toutes ces segmentations débiles avec des gays propres sur eux, des pédés folles, des pédés cadres sups, des trans, des lesbiennes butchs, des gays black, des gays cathos etc. avec leurs propres revendications et une force basée sur une propension à consommer et à être marketé.

Je trouve une vraie opportunité dans cette conquête et reconnaissance des gays en tant qu’acteurs (et bons payeurs) de la société. Et TF1 met cela en exergue avec beaucoup d’efficacité. Mais nous avons aussi besoin de véhiculer des idées de progrès social, tout en conservant cet esprit frondeur et militant. Malheureusement, France2 n’a pas l’air d’assumer son rôle de service public dans ce but. Les radios un peu plus, mais ce n’est pas la panacée. Et je pensais que Têtu était, pour la presse, l’acteur le plus investi dans ce domaine et cette double optique « politique ». Du coup, maintenant, j’ai des doutes… Et nous verrons bien ce que PinkTV fera à son tour, j’avoue que je ne suis pas très optimiste non plus.

Outside Une gay attitude que j’aime

Classé dans: Outside — @ 01:18:20

On a trop rarement l’habitude de lire des textes de profil de sites bien rédigés. Là ce n’est pas tant dans la forme, mais surtout dans le fond que j’ai été touché.

Ce que j’écris moi, est assez nul je pense, mais je ne mets sur ces trucs là bien souvent qu’une accroche pour discuter. Et la plupart du temps, les textes à lire sont déplorables ou à la rigueur drôles, mais là je trouve que c’est bien tourné, fin et spirituel. Sans porter aucun jugement sur cette personne, en tout cas je me sens interpellé par cette définition !

Et c’est aussi ce qui est sympa sur ces sites, c’est de pouvoir en effet communiquer comme nous le faisons, en écrivant, en étant lu, et en lisant à notre tour. Ca aussi, c’est du charme. :mrgreen:

Joli portait sur Gayattitude

Mardi 24 Août 2004

Boukinage Toutes les familles sont psychotiques

Classé dans: Boukinage — @ 16:07:06

Je vois les livres de Douglas Coupland sur les étals de librairie depuis des années, et à en lire les quatrièmes de couv, je m’étais dit qu’il fallait que je lise ce type. En outre, je subodorais un esprit à la John Kennedy Toole qui me charmait d’avance. Toutefois, je n’en avais jamais eu l’occasion avant celui-ci.

Ce bouquin est une saga familiale des plus divertissante. Une famille américaine bien déjantée et vitriolée, à qui il arrive des aventures abracadabrantes. Pour Coupland de toute façon, « toutes les familles sont psychotiques » et même s’il décrit certaines familles modèles qui entourent cette famille décalée, ce n’est que pour mieux déconstruire un schéma familial qui a l’air si vertueux et droit en apparence.

C’est un bouquin qui est extrêmement drôle, et pathétique aussi dans le récit des tourments de chaque membre de la famille, et dont les dialogues font souvent mouche. Cette famille de tarés, ce sont les Drummond (non rien à voir avec Arnold et Willy). Janet la mère est une canadienne d’une soixantaine d’année, elle est divorcée de Ted, un américain remarié avec une jeune femme : Nickie. Ils ont trois enfants, deux garçons paumés (mais différents) et une fille prodige. Wade est un espèce de malfrat de seconde zone mais au bon cœur et à l’âme « noble », tandis que Bryan est un dépressif suicidaire complètement largué et inadapté dans une vie trop compliquée pour lui. Sarah est handicapée de naissance, elle a une main en moins due une malformation fœtale à cause des médicaments que sa mère prenait sans en connaître la nocivité. Sarah est justement le genre de fille parfaite : future astronaute, mariée à un homme génial, battante, intelligente et sympa.

Ajoutez à cela des drames familiaux à la limite du surréalisme… Wade qui couche avec Nickie sans qu’ils sachent qu’elle est la nouvelle femme de son père… Le père le découvre et vient alors abattre son fils chez sa mère. Or la balle traverse Wade, puis sa mère, qui se retrouve alors atteinte du HIV (transmis par son fils)… Bryan qui se met avec une fille étrange nommée Shw qui est enceinte de lui… Et bien d’autres curiosités que l’on découvre avec un subtil mélange d’humour et d’acrimonie.

Donc cette famille est dingue, mais Coupland l’affirme, elles le sont toutes !! Sarah qui en est le membre le plus respectable se voit aussi démasquée en femme adultère qui en a ras de bol d’assumer son rôle de bonne fille vertueuse. Mais bon ce n’est pas si grave, son mari fait la même chose ! Et finalement, on en vient à se dire que les Drummond n’offrent peut-être pas la meilleure des images de marque, mais ils ont au moins une chose qui les lie : l’amour. On en revient alors aux véritables valeurs familiales, pas les conventions sociales qui ne sont que poudre aux yeux, mais plutôt les sentiments que l’on se porte les uns aux autres, le soutien aveugle et désintéressé, le lien qui malgré les ressentiments et les péripéties est véritablement indestructible.

L’histoire c’est que Sarah va aller dans l’espace, et qu’elle invite sa famille au grand complet pour assister à l’événement. Evidemment, ils font un peu tâche à côté de la famille Brunswick qui est l’archétype de la famille américaine proprette et carrée. Et pour venir encore compliquer la donne, Ted, Wade et Bryan se mettent en cheville avec un truand pour essayer de s’en sortir financièrement. C’est une catastrophe complète, et il faut tout le talent, la détermination et la valeur de Janet pour récupérer la situation. Et la situation, elle est complètement loufoque ! Clonage, guérison du sida, Lady Di, Disney World, trafic d’enfants etc. Quand on commence ce bouquin, on ne peut même pas deviner comment ces thèmes peuvent si radicalement et promptement se succéder !

J’ai beaucoup aimé le personnage de Janet. C’est un personnage de femme et de mère incroyable… Elle a fait des erreurs et elle les assume, elle a aussi subi son existence toute sa vie, et maintenant elle dit merde à ceux à qui elle a envie de le dire. Ses enfants sont toute sa vie, sa maladie est son combat principal, et elle est forte, courageuse, intelligente. Elle n’est pas parfaite, mais cela ne la rend que plus humaine et attendrissante. Et surtout, c’est elle qui s’occupe de tout le monde, ses enfants, son ex-bonhomme et même jusqu’à la femme de son ex-mari ! Elle résout avec simplicité et bon sens, là où les imbéciles de fils et mari s’étaient mis dans la panade avec beaucoup de talent.

Toutes les familles sont psychotiques - Douglas Coupland

Matooyage Ma vie est une sitcom ?

Classé dans: Matooyage — @ 12:06:46

Dimanche soir, j’ai dîné avec un journaliste gay qui habite à New-York avec son homme, et qui est correspondant aux States pour Têtu. Waaaaa, j’assure hein ? :mrgreen: Eh bien, j’ai passé une très bonne soirée avec ce jeune homme, JM, qui habite à deux pas de chez moi dans ce petit quartier connu du 10e vers la rue Ste Marthe.

Ce monsieur m’a connu par mon blog, nous avions alors échangé quelques mails, et venant sur Paris, j’ai sauté sur l’occasion pour le rencontrer de visu et mieux faire connaissance. Nous avons parlé à peu près de 3000 sujets, de la vie (gay) à New York, de politique américaine (en passant par les élections, les opinions des américains sur l’antisémitisme français, de la structure politique un peu manichéenne des US etc.), de son boulot de journaliste (enfoiré de journaliste spécialisé dans les voyages, qu’on envoie à Bab-El-Oued pour qu’il ponde un papier), de nous aussi, de son enfance vernie et de la mienne plutôt vert-de-grisée, de nos curieuses destinées, du lien entre ce qui est finalement advenu et notre pédésexualité et puis bien sûr : les blogs !

JM a découvert les blogs relativement récemment, et évidemment, en tant que jongleur de mots, il est un peu comme un enfant devant une pâtisserie avec un énoooôôrme gâteau derrière la vitrine ! Il surfe de blogs en blogs, tombant comme nous sur des horreurs et sur des trucs qui lui plaisent grave, l’émeuvent, le gavent, l’indiffèrent, l’intriguent ou l’énervent. Et puis, il y a les blogs persos comme le mien l’est en partie (oui oui n’oubliez pas que de temps en temps je parle aussi de bouquins, ciné ou expos lol). JM a beaucoup insisté sur la valeur de ce que l’on raconte tous, surtout en tant qu’éléments de réalité « vrai ». Là où tous les scénaristes, écrivains, journalistes de la Terre essaient de piocher des idées sur leurs propres existences ou bien celles de leurs proches, les blogs sont une sorte de source d’idées absolument inépuisable et originale. Les blogs sont la vraie vie, ce sont des sitcoms de la réalité. Evidemment, la vie est plus banale que dans une série, mais il n’en reste pas moins que ce que l’on raconte est potentiellement le germe qui nourrira l’imagination d’une personne qui l’utilisera à ses fins personnelles.

Alors quid de ses propres idées et de leurs propriétés ?

En fait, je m’en fous plus ou moins. A la base, j’estime que ce que j’écris n’en vaut vraiment pas la peine, et puis surtout, je tiens à rester dans l’esprit internet qui est gratuit et universel, et aussi dans le blog « catharsis » qui est avant tout un exercice personnel et dont la ligne éditoriale m’est propre. Evidemment, je n’aimerais pas qu’on me vole mes idées, qu’on subtilise ma vie. Mais je serais flatté si j’apprenais que j’ai inspiré un personnage de « Queer as Folk », ou donné des idées à un politique sur les gays, ou donné du fil à retordre à un sociologue ! Mais vraiment ce ne sont pour moi que des « effets de bord » du blog. Et si jamais, les blogs deviennent vraiment autre chose que du plaisir gratuit et inutile, je pense que j’arrêterais.

Lundi 23 Août 2004

Matooyage Paris-France ? No darling, no. Paris-Texas !

Classé dans: Matooyage — @ 16:37:26

C’est bien connu les soirées les moins préparées et planifiées sont les plus réussies. Ne faisant pas exception à la règle, vendredi soir, je devais rejoindre, avec Donato, Antoine et Séb dans un bar proche de Voltaire dans le 11e. Je n’avais jamais entendu parler de ce bar, qu’Antoine et Séb avaient décrit comme « sympa dans le genre calme, feutré, canapé et ambiance tamisée ».

Je retrouve Donato vers 20h, j’ai aussi Jeff au téléphone qui doit nous rejoindre plus tard, tandis que Sophie et François sont sensés venir nous retrouver au bar vers la demie. Tout a l’air de magiquement bien se goupiller, et nous prenons la rue Godefroy Cavaignac pour atterrir devant le « Paris-Texas » dont le drapeau gay orne la morne entrée.

Heu…. Mais qu’est-ce qu’ils m’ont dit les autres là ? Je reste interdit devant ce mur où se découpe une simple porte d’entrée avec un rideau en plastok bleu cheap où l’on ne voit qu’une pièce sombre en transparence. Mais c’est pas vrai, on dirait un bar à putes des quartiers chauds de Bogotá ! Donato me convainc de pénétrer dans cette antre des bas-fonds du 11e, et nous découvrons le « Paris-Texas ».

Ah ouai, ça c’est feutré comme ambiance ! Il fait sombre comme la poix là-dedans, et on se fait scruter dès notre incursion. Une boule à facette imprime sur tout ses petites taches de lumière, et on se faufile le long du bar dans ce minuscule réduit pour gagner un canapé assez confortable dans le fond. Ouuuuh que c’est joli et de bon goût ce bar recouvert du drapeau amerloque ! Mais finalement ce n’est pas si mal. Les barmen sont souriants et serviables, mes yeux s’habituent à l’obscurité et je devine même un sous-sol, qu’on accède par un escalier à l’entrée, que je me promets d’explorer plus tard. Evidemment, Séb et Antoine ne sont pas encore arrivés. L’endroit est presque vide, mais Antoine m’avait expliqué que l’ouverture officielle était en septembre et que jusque là, ce serait très tranquille. Je ne sais pas pourquoi, j’ai du mal à voir l’endroit devenir le nouvel « Open » mais bon… :mrgreen:

C’est vrai que les canapés sont confortables, les consommations peu onéreuses et le fait qu’on soit dans le 11e, donne à l’endroit un côté décalé qui me plait assez. Malgré le côté « bar à putes colombien », je reconnais que c’est finalement drôle d’être là. Nous sommes rapidement rejoints par Sophie et François qui sont aussi hésitants que nous pour entrer là-dedans, puis Séb et Antoine débarquent à leur tour, suivis de peu par Olivier.

Nous les laissons rapidement avec Donato, Sophie et François pour aller dîner dans le quartier (pas cher, attention, je vous rappelle qu’Orange m’a ruiné), et puis nous revenons en troupe puisque Jeff et Oli nous ont alors retrouvés. Nous arrivons sans mal à nous faire une place, mais pas mal de clients de passage sont venus dans la soirée. Nous avons beaucoup ri, beaucoup bu (c’est drôle comme ces deux activités sont liées) et devisé dans la joie et la bonne humeur. Pour ne pas démentir sa réputation, il se trouve que Jeff a même retrouvé par hasard deux comédiens d’un des épisodes des vacances de l’amour mais d’une saison inédite (elle sortira peut-être un jour avec le Matoo’s cut).

La vessie pleine de Coca light, je suis descendu dans ce sous-sol plus sombre encore que le reste du bar, pour essayer de trouver les wc. Antoine, ce fameux gentleman, m’a accompagné pour me faire visiter et tester toutes les commodités de l’endroit. C’est qu’il nous a fallu quelques temps pour découvrir toutes les ressources mises à la disposition des consommateurs du « Paris-Texas ». On dirait une backroom mais vraiment chelou de chez chelou. Une petite pièce basse de plafond, quelques miroirs aux murs, deux canapés en cuir (of course :mrgreen:) avec un drap blanc bizarre à moitié accroché au plafond, un espèce de matelas sur le sol recouvert d’un drap… un recoin sombre s’ouvre sur une toute petite pièce noire avec un fauteuil et deux tabourets éclairés par une guirlande rouge agonisante… strange… ah tiens, finalement, y’a aussi les wc !

En remontant, nous avons du affronter les regards interrogateurs et soupçonneux de nos commensaux. Mais nan, on a rien fait de mal, on revient juste du donjon, enfin j’veux dire des toilettes quoi ! Quoi j’ai l’haleine qui sent la bière maintenant ?!? :mrgreen:

Nous avons abandonné les lieux à la fermeture vers 2h du matin, avec les mêmes viandes saoules que d’habitude. :-) J’ai un problème d’ailleurs avec cela, je ne bois pas, ne fume pas, mais je n’aime pas les soirées sans alcool et sans fumette. I’m a freak !

Dimanche 22 Août 2004

Télévisage Embrouille téléfilmique

Classé dans: Télévisage — @ 01:02:42

Samedi soir chez mes parents, à 15 kilomètres de toute trace de civilisation, et en compagnie d’une seule télévision aux programmes mornement hertziens, j’ai curieusement porté mon dévolu sur un téléfilm de nième zone de la 6.

Je n’ai vu que la dernière heure de ce téléfilm en deux parties qui a l’air d’avoir duré 7h30 mais dont on peut récupérer le fil en regardant deux minutes avec attention. Un peu comme les Feux de L’amour quoi ! Et il se trouve que je suis resté accroché dessus car ce n’était pas trop chiant (enfin à en croire Télérama, c’est bien parce que je ne suis arrivé qu’à la fin : « Pour meubler un interminable dimanche après-midi à la rigueur, pour une soirée c’est abuser. ») et les personnages m’ont un peu tapé dans l’œil.

C’est simple, y’a un superflic qui a déjà son papa qui est donc un vieux superflic. Superflic a une fille qui veut s’engager dans la police contre la volonté de son papakeuf, mais, vous l’aurez deviné, soutenu par papiflic. Waaaaaaaah ! Donc la fille devient aussi fliquette ! Or, un SeriÂl KilleûR (à prononcer avec l’accent) s’amuse à trucider tout ce qui bouge, et sème des petites énigmes. Finalement papakeuf, nanafliquette et papiflic sont amenés à collaborer, surtout quand le frère et la belle-sœur de papakeuf (donc respectivement oncle et tante de nanafliquette, fils et belle-fille de papiflic… ce post me fatigue déjà) se font tuer par le SeriÂl KilleûR.

Je vous passe les détails, mais y’a aussi une amourette entre le bras-droit de papaflic et nanafliquette… et j’en passe… il fallait bien faire durer le machin deux parties !

Là où j’ai été vachement troublé, c’est que dans ces téléfilms au rabais vous trouvez toujours des comédiens qui ont joué dans d’autres daubes, ou bien des séries télévisées. Certains sont même devenus des comédiens confirmés de film « cinéma » ou bien des stars de série, et on peut alors les voir, parfois un peu ridicules, dans leurs débuts (galères). Mon problème c’est donc que j’ai été troublé pendant tout le film car c’était truffé de personnages de séries ou de films particulièrement charismatiques, et que du coup, j’avais du mal à les trouver crédibles.

Papakeuf (Craig T. Nelson), je ne le connaissais pas, et pour nanafliquette (Amanda Detmer), ça allait encore, je me souvenais vaguement d’elle dans « Destination Finale ». Mais pour papiflic (Richard Crenna), c’est vraiment difficile de faire l’impasse, c’est le colonel de Rambo !!! Alors dès que je le voyais je pensais à Stallone en train de gueuler « Coloneeeeeeeeeeel » ou bien dans Hot Shots 2. Pfff, tout de suite, ça gâche un peu le fabuleux rôle de composition de papiflic. Et puis, le collègue de papakeuf qui se tape nanafliquette, c’est Aidan Shaw (John Corbett) dans « Sex and the City ». Du coup, j’arrêtais pas de me dire que ça ne collait pas du tout, il est pas flic, il fait des meubles design à New York ce mec !! La femme de papakeuf, c’est Margaret Chenowith (Joanna Cassidy), la mère de Brenda dans « Six feet under ».

Et enfin, last but not least, la cerise sur le gâteau, le fils du frère défunt de papakeuf (oui oui son neveu, ou bien le cousin de nanafliquette, aussi petit-fils de papiflic) n’est autre que le pote de Spiderman qui lui pique momentanément MJ dans le premier, et s’identifie un peu trop à son père dans le second : James Franco. Et lui le problème, c’est que non seulement il est beau, mais là en plus il est très beau, et surtout il annonce à tontonkeuf avec beaucoup de gravité (il explique à tontonkeuf pourquoi il vient de se faire péter la gueule) : « I’m gay » (il dit en fait « je suis gay » parce qu’on est sur M6, faut pas déconner non plus, ils ne vont pas programmer leurs téléfilms du samedi soir en VO, mais je trouve ça plus drama le « I’m gay »).

Forcément, j’ai donc suivi jusqu’au bout, je voulais voir si au moins, ils lui trouvent un mec à la fin. En tout cas, ils insistent vachement sur son côté « garçon sensible », c’est très drôle, et dans sa manière de parler, le ton de sa voix (et tout ça en VF) ou ses fringues (très gentil garçon propre sur lui). Evidemment, y’a pas eu une once de bite, faut pas rêver non plus, le neveu de tontonkeuf c’est pas le genre à aller au Dépôt le samedi soir, et puis bon, ses parents viennent tout de même de se faire assassiner par un SeriÂl KilleûR.

Mais on peut noter que l’homosexualité du neveu apparaît volontairement bien traitée dans le téléfilm. La famille le prend vachement bien, et surtout tontonkeuf qui assure dès que son neveu lui avoue son douloureux problème. Il lui dit : « Tu sais Matt, on n’est plus au siècle dernier, on peut parler de ce genre de choses », et puis il accepte ce qu’il est, et il l’aime et tout et tout. Bref, c’est le meilleur tonton de la Terre, et à la fin, quand y’a la photo avec le maire et la famille SuperFlic, après tontonkeuf il sert Matt LeNeveuDèpe dans ses bras pour le réconforter. D’ailleurs ce final est insupportable… le colonel de Rambo avec Aidan Shaw, Margaret Chenowith et le pote de Spiderman, sur le même plan, c’était très déstabilisant. :hum:

Il s’appelle Matt en plus le pédé, alors forcément, j’me suis vachement identifié. :mrgreen:

Source : “To Serve and Protect”
Au service de la loi Téléfilm (1 et 2/2) de Jean de Segonzac (USA, 1999). 185 mn.

Samedi 21 Août 2004

Cinéphage Le Village

Classé dans: Cinéphage — @ 02:55:19

Je pensais que j’allais être déçu par un film qui encore une fois caricature le propre style de Shyamayayayaylayan (je n’arrive jamais à le prononcer correctement) et son premier film qui était vraiment quelque chose de fort et original. A force de pondre des 6ème sens, pollués en plus par des tiers comme Mel Gibson, je redoutais un petit peu ce film.

Mais j’ai été au final plutôt agréablement surpris. Evidemment, on reconnaît la patte de l’auteur qui ne peut s’empêcher de nous coller une surprise de dernière minutes et un emboîtement de retournements de situation pour bien nous surprendre. Et puis, il nous refait le coup de l’ambiance sombre, glauque, mystérieuse avec des personnages tout aussi inquiétants. Il ne peut non plus éviter les coups de speed dans ses scènes de frayeur, je crois d’ailleurs que ce type est un fétichiste des gens qui sursautent de peur dans leurs fauteuils de cinéma.

Il fait donc tout ça encore une fois. Mais il le fait bien, et même très bien. Ajoutez à cela de très bons acteurs (Sigourney Weaver, William Hurt, Joaquin Phoenix, Adrien Brody) qui sont bien dirigés, et une histoire qui tient la route et qui, même si on s’attend à être surpris par un truc auquel justement on ne doit logiquement pas s’attendre, est plutôt bien menée de bout en bout. La musique aussi m’a bien plu, l’omniprésence d’un violoncelle dont les plaintes sont presque humaines et soulignent encore plus la peur qui s’instille dans les personnages, effrayés par ces bois monstrueusement hantés.

L’histoire est simple, on est dans l’Amérique au temps de la petite maison dans la prairie, mais seulement le village est complètement isolé, à cause de la présence menaçante de créatures monstrueuses qui hantent les bois alentours, et forcent les habitants à l’autarcie. Evidemment, certains sont tentés d’outrepasser les limites du Village pour diverses raisons, et des événements tragiques vont conduire les gens à se remettre en question.

Les images du films sont vraiment très belles, et le réalisateur donne vie à la forêt avec beaucoup de talent. On se met vraiment à la craindre, et à ressentir la peur qu’on lit sur les visages des protagonistes. Le rapport à la peur qui est l’élément central (à bien des égards…) donne vraiment à ce film tout son intérêt.

PS : A lire, la critique de JP (avec spoilers) qui déchire sa race tellement qu’elle est bonne.

Le Village

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