MatooBlog
Pectus est quod disertos facit

Jeudi 30 Septembre 2004

Matooyage I’ll be back

Classé dans: Matooyage — @ 18:54:43

Si si. :mrgreen:

Demain, c’est mon dernier jour de boulot. Je suis content car mes sacrifices estivaux ont payé, et le lancement de produit s’est vraiment bien passé. Dès demain, je suis enfin en vacances pendant quinze jours ! Sauf que c’est l’automne depuis une semaine, que les feuilles tombent et qu’il pleut. Donc je vais tenter d’aller voir ailleurs si j’y suis.

Mardi 28 Septembre 2004

Outside I’m creep

Classé dans: Outside — @ 02:14:07

Voilà un truc que je regarde et écoute tous les soirs… avant de me pieuter.

Avec une des plus belles chansons de l’univers, un groupe que j’adore au plus haut point, une animation qui sert diablement bien ces paroles un peu cruelles et si lucides. Rhaaaaaa un petit bonheur !

En plus, on dirait mon bureau ! Si c’est vrai, j’vous jure madame !!! (Ne jurez pas Marie-Thérèse - non non je ne m’arrêterais pas de seriner cette référence) Et puis, le bonhomme et moi, on aurait presque un air de ressemblance.

Alors parfois, je me le mets au bureau et je chante à tue-tête ! Et alors ça me donne, en effet, des envies de courir, courir… (Forest ? Nan nan… ne déconnons pas, c’était un post sérieux et posé).

Ah les bonnes envies suicidaires adolescentes, j’espère qu’elles ne me quitteront jamais ! (évidemment je m’aime trop pour considérer cela autrement que comme de la rhétorique romantique) Sans déconner, quand je me laisse aller comme ça sur un morceau (et là l’image apporte aussi son effet), et que des émotions me submergent à ce point, je me dis que je suis encore en vie. Fiat lux.

Alors voilà, mon cadeau du jour ! Et je ne déplorerais aucune défénestration !! Retenez-vous, je veux pas avoir de problème merde !! De vous à moi…

(faut cliquer sur le bonhomme, pour les bécasses)

Creep - Radiohead

Bon allez, j’vais me pieuter cette fois. :mrgreen:

Matooyage Courte soirée

Classé dans: Matooyage — @ 00:50:25

Je viens de rentrer du boulot.

J’ai comme l’impression que la soirée va passer très vite.

Ah ? C’est déjà demain.

Et merde ! :mrgreen:

Samedi 25 Septembre 2004

Matooyage La dernière ligne droite

Classé dans: Matooyage — @ 19:59:50

La semaine a été difficile, et je ressens un peu ce week-end comme la dernière ligne droite avant l’arrivée. J’ai bossé comme un ienche toute cette semaine, et j’ai du annuler pas mal de choses pour me consacrer uniquement à mon boulot. J’ai plus ou moins réussi à conserver la cadence de mon blog, mais les journées étaient vraiment trop longues. Je devrai me rattraper la semaine prochaine avec les gens que j’ai un peu mis de côté ces jours-ci du coup.

Là je suis en train de taper ces quelques lignes de mon ordinateur portable directement connecté en VPN au boulot… et rebelote ! J’ai deux bonnes journées de dur labeur (pas vraiment de week-end donc), mais mardi prochain, c’est la quille ! C’est toujours comme ça dans la période qui précède un lancement de produit, mais je pense que le jeu en vaut la chandelle, vu tout ce qui est prévu pour cette fatidique date.

Ce n’était pas la dernière ligne droite que pour moi cette semaine, c’est marrant d’ailleurs cette conjonction de moments « intenses » pour mes deux amis les plus proches, Virginie et Diego.

Virginie a passé les nuits de mardi à hier soir chez moi, elle donnait la dernière touche à sa thèse qu’elle soutient la semaine prochaine à Paris. Elle est donc venue de Montpellier, et je pensais qu’on aurait l’occasion de passer du temps ensemble, or on a plus dormi ensemble qu’autre chose ! :mrgreen: En effet, je suis rentré plutôt tard tous les soirs et bien crevé. Mais tout de même, mardi soir, nous avons dîné avec Donato tous les trois dans le Marais, et hier soir, on a squatté l’appartement en soufflant un peu. Je m’étais accordé cette soirée pour me reposer et l’avoir avec moi, et elle avait imprimé et remis son précieux document de fin d’études. Là, elle est repartie chez ses parents, et je me remets au boulot. :hum:

Hier soir, nous avons regardé mes photos d’école au lit, et on a ri comme des fous. C’était un super moment de complicité, car on a aussi regardé nos photos de lycée avec tous ces visages, ces noms et ces personnalités que l’on a connu, il y a tout juste dix ans. Evoquer cela, c’est aussi évoquer certains tourments de mon adolescence, que j’ai mis de côté car cela me fait encore mal d’y penser. Je lui ai montré aussi quelques feuillets que j’avais écrits lorsque j’avais 17 ans, et qui pompeusement sont sensés décrire les différentes personnes que l’on fréquentait. On s’est bien marré à regarder ça, et à se remémorer nos histoires de lycéens, sans parler de nos tronches d’il y a dix ans… :gene:

Jeudi soir, je suis passé après le boulot (vers 22h lol) chez Diego pour l’aider à déménager un énorme pot avec un laurier chez sa voisine. Une entreprise de déménagement est venue le lendemain lui emporter tous ses cartons, et à l’heure où j’écris cela, il ère comme une âme en peine (avec son chat Kefta) dans son gigantesque appartement de 85m2 à côté de la Grand Place de Bruxelles. Le pôôôôôôôôvre ! :mrgreen: Nous ne nous sommes pas beaucoup vus ces derniers temps, moi occupé par le boulot, et lui par son déménagement et tout ce que cela implique comme tracasseries administratives.

On s’est appelé toute à l’heure, et il en a gros sur la patate. Ca y est, il est bruxellois et je ne le verrais plus autant qu’avant. Moi aussi, je n’en mène pas large même si j’essaie de le booster au maximum. Je sais qu’il va être extrêmement bien là-bas, c’est une ville agréable, et tout de même vraiment proche de Paris. Et puis, on est tous les deux autant motivé pour précieusement conserver et continuer à cultiver notre amitié.

Bon allez ! Qui dit dernière ligne droite, dit aussi que c’est bientôt l’arrivée ! Donc plutôt que d’écrire ici, je m’en vais changer la face du monde avec mon super méga plan marketing de la mort qui tue. (Ô putain de chiotte de merde, ce que je n’ai pas envie de faire ça… Au secouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuurs !!!!!)

Boukinage L’Audacieux Jeune Homme au trapèze volant

Classé dans: Boukinage — @ 15:59:38

Je l’ai déjà dit, mais je suis fan de cette collection « motifs » du Serpent à Plumes, les titres en eux-mêmes bien sûr, mais aussi les couvertures, le papier, les typos, l’encre…

Pour évoquer ce bouquin, il faut en connaître la genèse car elle détermine vraiment l’état d’esprit dans lequel il faut appréhender cet auteur et cet ouvrage en particulier. William Saroyan est fils d’immigrés arméniens, ce qui n’est pas anodin. Les arméniens sont les victimes d’un génocide (de la Turquie) pas toujours reconnu dans le monde entier, et ils sont naturellement extrêmement marqués par cela. C’est un peuple de l’exode et dont la survie réside dans un sentiment communautaire très fort malgré les déportations successives et une diaspora bien réelle.

William Saroyan est un écrivain entêté et persévérant qui voit une de ses nouvelles « L’Audacieux Jeune Homme au trapèze volant » publiées dans une revue littéraire : Story. Alors il prend une décision folle, inconsidérée et superbe : « Je décidai d’écrire au moins une nouvelle par jour pendant au moins trente jours et d’envoyer ces nouvelles à Whit Burney et sa femme Martha Foley, directeur de Story. » [préface du bouquin]

Il l’a fait, et les responsables de la revue ont aimé, ont même beaucoup aimé puisqu’au final William Saroyan a publié ce recueil avec 26 de ces nouvelles du « quotidien » en octobre 1934.

Cet auteur est donc un vrai « furieux » de la littérature et de l’écriture. On sent dans ces nouvelles ce besoin compulsif et vital d’écrire, de raconter de fabuler sur le papier. Cet auteur a en plus un style magnifique et une plume enlevée. Les nouvelles sont extrêmement variées dans le fond et la forme. Il s’agit parfois de divagations d’un poète, parfois d’un récit parfaitement calibré et efficace, souvent on sent l’écrivain sans le sou qui écrit avec son sang et sa sueur, qui « novélise » son existence pour mieux en tirer encore une substance originale et authentique. Le sujet récurrent est celui de l’auteur lui-même qui s’interroge sur les raisons d’écrire et d’opter pour un métier aussi incertain et bancal, mais aussi sur le challenge un peu fou qu’il s’est donné.

La première nouvelle m’a beaucoup plu et marqué, elle évoque sa rencontre avec un coiffeur assyrien, et leur rapport en tant que peuples opprimés. Mais la différence, qui n’est pas mince, est qu’il reste alors 70 000 assyriens dans le monde. S’en suit alors une conversation entre ces deux hommes où le coiffeur assyrien explique qu’il est trop tard, et qu’il préfère renoncer tout de suite à ses racines plutôt que de les voir s’annihiler complètement avec le temps. L’arménien alors se pose la question de son propre peuple et de ses rapports avec…

Lors de certaines nouvelles, Saroyan explique qu’il n’aime pas inventer des histoires comme cela, il préfère raconter des bouts de vie à lui. Ainsi il aime rendre des conversations ou des rencontres qu’il a réellement faites, mais avec son regard et son style. Ce recueil pourrait être simplement la copie de son blog au jour le jour. Comme s’il s’était astreint à poster tous les jours, et à les envoyer par mail à deux personnes pour les convaincre de son talent littéraire. Plus je lisais ce recueil, plus je me disais cela.

L'Audacieux Jeune Homme au trapèze volant - William Saroyan

Jeudi 23 Septembre 2004

Cinéphage Mensonges et trahisons et plus si affinités…

Classé dans: Cinéphage — @ 19:49:31

Pour apprécier ce film, il faut un minimum adhérer aux discours habituels d’Edouard Baer. Car Edouard Baer fait du Edouard Baer, donc il est plutôt bon dans le film, mais c’est particulier. Moi j’aime beaucoup. C’est le genre de personnage qui me fait rire, un peu comme Marina Foïs, simplement quand ils sont eux-mêmes ! Et là il endosse un rôle qui lui colle à merveille, celui d’un Woody Allen parisien (avec un peu plus de sex appeal que Woody Allen, il faut l’avouer) qui, sous couvert de fragilité et de complexité psychologique, n’est pas toujours très franc avec ses interlocutrices.

Edouard Baer est donc égal à lui-même, mais il est très bien entouré avec un Clovis Cornillac fabuleux (cet acteur, je l’ai vu dans pas mal de petits films français ces dernières années, et il est vraiment talentueux) en footballeur bien bœuf et Marie-Josée Croze que j’ai trouvée fantastique (c’est la jeune femme qui jouait dans « Les invasions barbares »). En outre, les dialogues sont drôles et fins. On en rit pas à gorge déployée, mais de temps en temps, certains passages sont irrésistibles, et rendent l’ensemble tout à fait plaisant.

Edouard Baer joue le rôle d’un nègre qui écrit des bios pour des stars people. Un jour il doit écrire celle d’un footballeur complètement beauf, mais qui se trouve être fiancé à celle que Baer aimait à la fac, et pour qui il éprouve encore des sentiments. En même temps, il est en couple avec une fille qu’il aime beaucoup, mais… « mais » car c’est un gars compliqué qui pérore pour rien, et qui aime ça. Cela donne des soliloques un peu verbeux mais parfois bien savoureux.

Malgré tout, l’intrigue est un peu bâclée entre une comédie de mœurs avec des personnages qui sont dans le doute sur l’amour, la vie, le bonheur, le grand classique quoi, et puis un bête marivaudage avec un chassé-croisé amoureux dont la conclusion n’est pas des plus habiles. Mais bon, on passe un bon moment au global, et cela vaut la peine d’aller le voir, notamment pour les quelques saynètes qui m’ont bien rendu hilare.

Mensonges et trahisons et plus si affinités...

Mercredi 22 Septembre 2004

Matooyage La fête au vrai matou

Classé dans: Matooyage — @ 16:06:24

Hé hé hé. C’est chou ça, y’a plein de monde qui m’a fêté ma fête hier. D’ailleurs, j’ai un message de ma grande-tante terrible qu’il faudrait que je mette en ligne tellement c’est adorable (et drôle).

Oui ce n’était pas la saint Matoo, mais la saint Mathieu, car je m’appelle en fait Mathieu, si si si, j’vous jure madame ! (Ne jurez pas Marie-Thérèse !!)

Mais il y a bien un matou dans ma vie, et on a coutume dans la famille de dire que ce matou là est un vrai frangin à bien des égards. Quand je suis allé chez mes parents ce week-end, j’ai voulu le prendre en photo, et je ne résiste pas à poster quelques clichés ici. Je sais c’est neuneu et tout le monde s’en fout, mais c’est mon blogueuuuuh ! Et puis ce ne sera pas la première ni la dernière fois qu’on me dira que c’est de la merde (yeahhh !).

Comme moi, le matou du matoo est tout roux (bon oui je sais, il faudrait aussi qu’il se mette au régime), et il a la tête dans le cul au réveil ! :mrgreen:

Je l’ai d’abord chopé la tête dans les fleurs (môman est pas contente, mais il s’en branle évidemment)…. Et puis, je l’ai vite agacé, donc il a péniblement translaté son auguste personne à 50 centimètres de là.

Le vrai matoo Le vrai matoo

Non, non, il n’est pas mort. Si ? Ah nan, il étire une patte…

Le vrai matoo Le vrai matoo Le vrai matoo

Là, je le fais vraiment chier alors, il se lève. Et me jette son regard de Matoo pas réveillé pas aimable. Je vous dis qu’on a un truc en commun !!

Le vrai matoo Le vrai matoo

Mardi 21 Septembre 2004

Matooyage Work’N Folk

Classé dans: Matooyage — @ 19:23:16

Cela fait maintenant quatre ans que je bosse dans ma boite, et j’ai eu pas mal de chance en termes de collègues ou même de hiérarchie. Je pense qu’il n’est même pas la peine que j’insiste sur le fait que je suis ouvertement pédé au taf (même si ce n’est pas le trait le plus saillant de ma personnalité, nan nan). Bien sûr, les gens qui ne me fréquentent pas plus que ça ne sont pas au courant, même si ça a au moins du tchatcher jusque là. Mais bon, certains me demandent encore si je suis marié ou si la petite fille en photo sur mon bureau (ma ch’tiote cousine Lauryn) est ma fille. :mrgreen:

Je m’entends particulièrement bien avec les gens de mon ancien département, et on est un bon petit groupe de 8-9 personnes à nous retrouver plus ou moins le midi pour bouffer et pour déconner. Du coup, j’y pensais depuis longtemps, et hier, j’avais invité ceux avec lesquels je m’entends le mieux et que j’estime beaucoup. 3 filles et 3 mecs vraiment sympas et adorables ! Etaient donc présents Naïri que j’évoque assez souvent, Vanessa, Céline, Franck (celui qui a eu une aventurette avec ma copine Virginie), Olivier et Grégory.

J’avais préparé de mes petites mains une quiche lorraine et une autre chèvre aubergines (les voilà les fameuses Ôbergines) avec une salade mélangée (avec de la roquette, j’adore). Et puis, les pâtisseries algériennes ont été bien accueillies par mes convives. Pas de cafard dans les verres, ni dans les plats. Waow ! Mais Olivier (qui lit mon blog, donc je le soupçonne d’avoir cherché) en a repéré un petit qui galopait derrière le canapé, l’enculé de sa race (le cafard, pas Olivier). Pourtant j’avais joué à Terminator et Monsieur Propre tout l’après-midi, mais bon il faut bien que je me rende à l’évidence, tant que l’immeuble ne sera pas clean, je ne suis pas près de m’en débarrasser.

On a surtout drôlement ri et parlé, évidemment du boulot, on a taillé des costards à qui de droit, on a bitché et cancané tout notre saoul. Et puis on a aussi évoqué beaucoup d’autres sujets. J’étais content de provoquer cette incursion de ma vie professionnelle dans ma vie privée, car ils en valent vraiment la peine.

Evidemment, on est pas obligé de copiner avec ses collègues, mais j’ai du mal à comprendre, comment font certaines personnes à mon boulot pour tenir bon tout en tirant une tronche de 8 mètres de long toute la journée. Passez plus de 8 heures par jour dans un endroit, sans se marrer, parler chiffons devant un café, ou bien mater le cul d’un beau mec avec une copine (faute de grive…), ça doit être mortel. :mrgreen:

Matooyage Back to reality ou les Ôbergines

Classé dans: Matooyage — @ 01:42:33

En rentrant pour aller faire des courses pour mon dîner de ce soir, j’étais un peu dans mes pensées du moment… Sans mystère vu ce qui précède, je pensais à mes parents, et puis à pas mal de tracasseries du côté de ma vie perso aussi. Et je me lamentais sur mon pauvre sort, jusqu’à ce que dans le RER, une harengère dans mon dos me sorte de ma torpeur. Le temps de lever un œil et une oreille, et j’ai compris que c’était le sempiternel discours d’un SDF qui demandait assistance. On est tellement blasé par ça, c’est dingue quand même.

J’ai alors commencé à relativiser mes petits problèmes, et étrangement, les micro événements qui se sont succédés ont fini de me convaincre d’arrêter de focaliser sur mes petites emmerdes qui finiront en plus par bien se régler presque d’elles-mêmes. En effet, « le » SDF était une femme, une très jeune femme enceinte de trois mois, sans ressource évidemment. Premier gloups, et première fois de la journée où je me dis « bon Mathieu, bobo de merde à deux balles, arrête de ressasser tes problèmes de daube ! ».

J’arrive à Châtelet, je sors de mon carrosse bleu et rouge, pour enchaîner sur le bon vieux métropolitain. C’est alors que je croise le chemin d’une vieille femme assise dans un coin, en train de faire la manche. Genre 75 ans, et complètement ravagée… deuxième gloups. Allez, ça fait du bien, reprenons en cœur : « bon Mathieu, bobo de merde à deux balles, arrête de ressasser tes problèmes de daube ! ».

Je passe à la Bague de Kenza acheter quelques mignardises pour le dessert (‘tain j’en salive juste en tapant ça), et puis je vais faire les courses pour le dîner dans mon Attac du coin, rue saint Maur. Je repense à cet article de Télérama qui m’avait bien foutu les boules. Ce papier évoquait un fait social assez important : Paris n’a plus de classe populaire, exit de la capitale les prolos ! Il ne reste plus que des bobos qui votent à gauche et se targuent justement d’habiter des quartiers très populaaaîîîîîres. Ainsi, un peu comme moi qui vais bruncher au Charbon le dimanche, tandis que l’on passe directement de mon immeuble (avec cafards tout de même) à des foyers Sonacotra glauquissimes. Et bam dans ma tronche (même si je ne pense pas avoir encore assez de thune pour ça). Mais c’est très bien, c’est une couche d’humilité supplémentaire.

Prolo, le bobo aura ta peau - Télérama N°2852 - 8 septembre 2004

En plus, je lis Télérama. :mrgreen:

Je commence à faire mes courses, et vas-y que je te prends des trucs par ici, et des trucs par là. Je ne regarde pas vraiment les prix, je sais que je prépare un dîner pour 7 personnes et j’ai besoin de ça, ça, ça et ça. Et puis, je veux des trucs de qualité, donc je veux bien mettre le prix. C’est alors que je les aperçois. Trois hères, une fille et deux garçons, qui déambulent dans les rayons avec un panier, qui scrutent les linéaires et surtout l’un deux, il a une calculette, et il ajoute consciencieusement le prix de chaque produit. De temps en temps, il critique ou repose les denrées que les autres ont choisies pour rester dans leur maigre budget. Troisième gloups de la journée ! Et rebelote : « bon Mathieu, bobo de merde à deux balles, arrête de ressasser tes problèmes de daube ! ».

Je passe à la caisse. La jeune fille est inexpérimentée, elle a l’air d’avoir 18 ou 20 ans et elle hésite à chaque manipulation ou opération délicate, genre un article sans prix ou une carte de crédit étrangère. Je patiente tranquillement, ça va, j’ai le temps. Je pose mes articles, et elle les passe un par un consciencieusement. Bip, bip, bip. Vient le dernier article : un sac avec des légumes. Elle regarde le contenu du sac, le pose sur la balance, et là elle me regarde avec un petit sourire et une moue dubitative : « Excusez-moi mais qu’est-ce que c’est Monsieur ? ». Je la regarde un peu étonné, mais je réponds immédiatement : « ce sont des aubergines ». Je suis un peu surpris car l’aubergine n’est pas vraiment un légume rare ou exotique, enfin je crois. Et là, la jeune femme sort une liste de papier, et elle cherche… elle cherche… elle cherche. Elle retourne la feuille, puis elle revient sur le recto. Elle me regarde alors en souriant : « Eh bien, figurez-vous que ce n’est même pas écrit sur la feuille ». J’hallucine carrément que mes aubergines soit ainsi vilipendées dans mon quartier. Et puis, j’ai une illumination. Je réponds à son sourire et lui demande : « Vous êtes certaine ? Vous avez regardé à aubergine, A. U. ? ». Elle me rétorque surprise : « Ôbergines ? ». Et moi de lui répondre du tac au tac : « Non, non, aubergine, c’est A., U. ! ».

Alors elle conclut des plus sérieuses : « Ah oui, vous avez raison, c’est là. Merci monsieur. Vous savez j’ai encore des choses à apprendre dans le métier… ». Je sors de là, et gloups. Cela me vient alors naturellement : « bon Mathieu, bobo de merde à deux balles, arrête de ressasser tes problèmes de daube ! ».

En arrivant chez moi, je trouvais que les anicroches du moment étaient parfaitement surmontables. Evidemment, je ne vais pas commencer à jouer avec l’adage « il y a toujours plus malheureux que soi » car c’est ridicule, et ça ne mène qu’à l’immobilisme. Néanmoins, cela fait parfois du bien de remettre un peu son existence en perspective. Le pire c’est que, dans la plupart des cas, il suffit juste d’observer ce qui se passe autour de nous.

Lundi 20 Septembre 2004

Matooyage Ma Tata de Tonton

Classé dans: Matooyage — @ 18:42:51

Samedi soir, ma môman avait invité mon oncle pédé (son frère) à dîner avec son ex mec qui est là en ce moment (ma mère rachète à ses frères et sœur la maison de ma grand-mère que mon oncle habitait justement avec son ex) pour déménager ses dernières affaires. Je connais bien ce dernier, vu qu’ils sont restés ensemble une vingtaine d’années. Mon oncle à 62 ans et on a bizarrement jamais été très proches, alors qu’on pourrait penser que l’homosexualité aurait été un vecteur propice.

Il faut dire que le tabou entourant mon oncle à ce propos, est l’exemple probant de la manière dont on peut vivre des années ensemble sans se connaître, ni mettre de mot sur l’indicible. En effet, ma famille a toujours accepté mon oncle et il était invité partout avec ses divers mecs (j’en ai connu deux)… noël, mariages, anniversaires etc. Il était certes original puisqu’il était célibataire, et vivait toujours avec « un copain », et c’était « lecopainderaymond ». On a jamais évoqué le fait qu’il soit homo, jamais ! Ses mecs ont toujours été adorables et très potes avec mes parents, ma grand-mère et mes oncles et tantes, mais tout dans le non-dit. Et cela va même plus loin, puisque quand nous avions 17 ans à peu près ma cousine et moi, nous avions parlé à ma mère et le père de ma cousine.

Nous avions voulu clarifier un point. « Mais Raymond, il est homo quand même, Philippe c’est pas son colocataire, c’est son petit-ami. La « chambre de Philippe », c’est une connerie, ils couchent ensemble non ? »

Et là, nous avions eu droit à la consternation de ma mère et mon oncle qui ont balbutié et bégayé que « oui, peut-être… on n’est pas sur, certainement oui, mais bon on en a jamais parlé… ça a toujours été comme ça ». Quoi ? C’est ton frère, tu l’aimes, tu le respectes et tu ne sais même pas qui c’est en réalité ? Aaaah c’est beau la famille !

C’est vrai que le modèle Matoo a un peu permis de ruer dans les brancards. Disons que j’ai dit à mes cousins, cousines, puis leurs parents, et ensuite seulement mes parents (enfin j’ai raconté ça, et ) mon homosexualité. A tous, sauf à mon oncle homo, il a été le dernier, et j’étais hyper gêné !! Ma mère aussi n’a osé lui en parlé que récemment, il y a deux ou trois ans seulement. En plus quand je lui ai dit, il m’a dit avec un sourire ironique « Ah booooon ? », le salaud !! Par contre, cela a indéniablement contribué à nous rapprocher ces dernières années.

Ce qui est marrant, c’est qu’il a toujours vécu dans l’ombre comme ça, mais qu’il a fait sa gay pride vers les 50 balais. En même temps que cela devenait plus cool dans la société, et qu’il gagnait en maturité, il a commencé à s’affirmer. Aujourd’hui, je pense qu’il n’en a rien à branler de ce que pensent les autres, et il vit exactement comme il l’entend (ce n’est pas à plus de 60 ballets qu’on va lui donner des leçons de morale). Je me souviens que vers les 55 ans, il s’est fait percer l’oreille droite… il s’est rasé la tête etc. un vrai look de pédé quoi, et même à son travail ! Et puis, il a commencé à parler plus librement, même en famille, de son copain en tant que son amant, plus qu’un simple pote.

Aujourd’hui, a 62 ans, il est très proche de ma mère, et ils se parlent comme un frère à sa petite sœur, ils sont vraiment à égalité. Elle lui a parlé de son divorce, comme il a pu s’épancher de sa récente rupture avec son mec. Elle a trouvé ça marrant qu’il se retrouve un mec par internet, mais bon elle sait de par mon expérience que ça peut fonctionner (lol), et puis après tout merde, pourquoi pas ?! Et là, il attend son visa pour rejoindre son australien avec qui il a passé 4 mois la dernière fois (après une rencontre purement virtuelle), afin de s’installer là-bas, pour un an dans un premier temps. Tout le monde dans la famille est content pour lui.

Je suis très fier de lui. :mrgreen:

Matooyage Famille en vrille

Classé dans: Matooyage — @ 11:55:48

Ce week-end c’était en famille, et ce n’était pas la joie. Je suis rentré chez pôpa et môman, et autant la dernière fois ça s’était bien passé, autant là on a frôlé la catastrophe. Mon père atteint des sommets de bizarrerie qui finissent par sérieusement m’inquiéter. Mes parents sont sensés quitter la baraque le 5 novembre (ils sont divorcés depuis quelques temps déjà, genre deux mois), et mon père (qui est fou depuis un certain temps, mais là ça se précise) a décidé de faire des travaux. Ouai, les travaux qu’il n’a pas fait en 20 ans, il se met à les faire aujourd’hui. Il a construit deux murs, drainé le bas du jardin, construit un abri de jardin etc. En outre, il ne veut pas s’occuper de déménager donc il a dit à ma mère qu’il ne voulait absolument rien dans la maison, il rachètera tout.

Et moi j’arrive pour essayer d’éviter que mon père ne pète complètement son dernier boulon, et aussi soulager ma mère qui ne sait plus comment le gérer. Mais comme je ne suis pas non plus un titan, et que je n’ai pas la vocation de sauver le monde, je ne veux pas non plus m’impliquer plus que je le dois en tant que leur fils (et pas leur psy). Donc la dernière facétie de mon papounet consiste à creuser un truc énorme pour refaire le filtre à sable de l’assainissement. Il est en train de se niquer le dos à refaire ce machin alors qu’il n’y est absolument pas tenu, et en plus il galère grave, mais ne demande de l’aide à personne. :help:

On a réussi à monter un stratagème en invitant un oncle à prendre le café dimanche qui, dans la confidence, a dit à mon père qu’il l’aiderait dès aujourd’hui (même contre son gré) avec d’autres beaux-frères. Ma mère est dans tous ses états, et moi, je m’inquiète de voir mon père ainsi, il ne sait même pas où il va habiter dans un mois. Terrible !

Vendredi 17 Septembre 2004

Matooyage Sobriété névrotique

Classé dans: Matooyage — @ 22:50:50

Hier soir, j’ai fait la rencontre de deux blogueurs ! C’est hallucinant, je blogue depuis 17 mois, et je suis déjà un vieux blogueur. Tant se sont arrêtés depuis que j’ai commencé, et beaucoup ont démarré aussi, mais apparemment c’est dans la majorité des cas, une lubie passagère. BrainNotFound avait écrit un excellent billet à ce sujet.

Je discutais déjà un peu avec ces deux messieurs (Eric et Olivier) par mail, messenger ou bien des sites malfamés, et nous avons dîné en terrasse au Comptoir. J’ai passé une très chouette soirée en leur compagnie, et j’ai pas mal appris sur eux. Je me suis encore fait remarquer par ma sobriété et mon coca-light traditionnel (non ceci n’est pas un post publicitaire), tandis que mes deux compères dissertaient sur les qualités et spécificités des vins de la carte. Eric nous avouant même son penchant pour la bouteille, il a affirmé qu’il buvait du vin chez lui tout seul chaque soir ! (Mwarf arf arf :mrgreen: tu vois je t’avais dit que je te dénoncerais mon chou)

Eh bien, oui, sauf rare exception, je ne bois pas d’alcool, je n’aime pas le vin, je n’aime pas le champagne, et même pas le cidre ! Eurk ! Comme je me suis bien forcé pendant des années, j’arrive à ingurgiter le contenu gazeux d’une flûte à champagne lors d’un mariage ou un truc comme ça. Mais ensuite, il faut rapidement que je m’assoie car cela me fait tourner la tête, voire me rend nauséeux. Ouai je sais, c’est drôle. Et le jeu consiste souvent en soirée à me voir consommer un verre d’alcool fort : « Ooooooh Mathieu, il boit !!! Hey, regardez les mecs, IL BOIT !!! ». Top challenge ! :mrgreen:

Et pourtant c’est dommage, je pense que je rate quelque chose en n’appréciant pas cela. Mon père essaie depuis des années de me convertir à son intérêt pour l’œnologie, mais je goûte avec à chaque fois avec la même expression genre : « pouahh ! ». Il faudra que je demande conseils à Eldrakan !

Je pense que ce n’est ni un avantage, ni un inconvénient. C’est simplement une névrose de plus, mais qui est à la fois perçue comme une marque de vertu, et peut être vécue comme un handicap social à certaines occasions. Je parle de névrose car je pense que c’est un rejet qui est plus que simplement lié à une préférence gustative. Je fréquente depuis toujours des gens qui consomment de l’alcool, que ce soit en famille ou bien en soirées avec des potes. J’ai connu les beuveries adolescentes, les ivrogneries estudiantines et l’alcoolisme pédémondain, et je pense que j’aurais simplement pu être comme la plupart des gens consommer pour le plaisir, en « abusant modérément » ! ;-) Je me demande si l’alcoolisme « héréditaire » qui a sévi pendant des générations entières dans ma famille (des deux côtés) n’est pas un peu lié à cela. J’ai peut-être une sorte de névrose transgénérationnelle qui s’est exprimée en me faisant rejeter justement ce qui a pu causer la perte de mon ascendance (et à laquelle inconsciemment je suis sensible) !?

Et j’ai fait le même blocage avec les drogues en général, à part internet et les autres drogues qui ne sont pas répertoriées comme telles tout en étant des dépendances (si je n’étais que raisonnable, je serais encore plus chiant que je ne suis aujourd’hui). Sinon, jamais d’X, de coke ou même de teush, et pourtant j’ai commencé à sortir en 1994 en rave !!!!!

Ce que les gens n’imaginent pas, c’est ce qui peut se passer dans ma tête lorsque je suis à une soirée, et que tout le monde est bourré ou défoncé. Evidemment, c’est déjà un excellent moyen de faire naturellement parler les gens et d’obtenir des informations confidentielles sur plein de sujets (gnark gnark). Mais surtout, les gens qui sont dans un état second lié à de l’alcool ou de la drogue sont dans leur trip, et ressentent aussi souvent une sensation de groupe plus forte. Des délires peuvent ainsi naître dans un groupe, et j’ai assez souvent du mal à y adhérer à cause de mon décalage.

Ainsi, on a souvent tendance à dire que les gens s’isolent dans la drogue, et que c’est chacun pour soi. Eh bien, moi c’est parfois le contraire, je me retrouve comme isolé dans ma sobriété et dans ma lucidité. Alors, un univers complet s’ouvre à moi, et c’est un sentiment que j’adore. Imaginez, vous êtes dans un endroit bondé, la musique est tonitruante, des gens vous entourent mais vous perçoivent plus qu’ils ne vous appréhendent réellement. Et là, c’est comme l’ouverture d’un vortex vers un monde parallèle. On pourrait croire que ce sont les autres qui sont dans leur univers avec leur vision trouble et leur démarche titubante, mais non, c’est moi qui suis seul dans mon monde « net ». Incroyable sensation d’acuité redoublée, de clairvoyance et de discernement.

Les meilleures expériences en la matière furent indéniablement les raves des années 94-96 (18-20 ans). Je rentrais alors avec un pote dans des endroits dingues (ah les rendez-vous de la Porte Maillot) pour des free parties déjantées avec des gens perchés comme on ne peut pas imaginer, mais surtout un sentiment de fête et de bien-être tel que je l’ai rarement ressenti. Et j’évoluais comme dans un épisode de Star Trek au milieu de ces gens tous adorables, en tripant comme un dingue sur la musique qui me défonçait naturellement. J’avais alors acquis la réputation (ironique) d’être le seul teufeur qui sécrétait tout seul de quoi s’éclater pendant toute une nuit. Sauf que j’allais me pieuter vers 10h le lendemain matin, alors qu’eux continuaient toute la journée. Evidemment, je vis aujourd’hui des expériences un peu moins palpitantes (j’ai passé l’âge !), mais je crois que je n’ai pas beaucoup changé. Toujours aussi sobre, toujours aussi ouf !

Jeudi 16 Septembre 2004

Cinéphage The Bourne Supremacy

Classé dans: Cinéphage — @ 15:56:18

Les traductions des titres sont tellement minables que je préfère rester sur les versions originales. Le problème quand on traduit comme ça des titres de film sans savoir qu’il va y avoir une suite, c’est qu’on peut avoir du mal ensuite à décliner la première traduction. Et étant donné que maintenant c’est une trilogie qui est prévue, dont les titres sont The Bourne Identity, The Bourne Supremacy et The Bourne Ultimatum (ne pas oublier le o, sinon c’est moins sérieux), et que le premier opus était « La mémoire dans la peau », ils nous ont pondu un chouette « La mort dans la peau ». Je n’ose même pas présager du titre du troisième épisode mais ça risque encore d’être un truc dans la peau. A croire que ce pauvre Matt Damon a des problèmes d’acné juvénile (trilogie française sponsorisée par Biactol ?).

J’avais beaucoup aimé le premier volet qui renouait pour moi avec le bon film d’espionnage, tout en gardant la qualité des films d’action américains « classiques ». L’intrigue était vraiment palpitante et Matt Damon endossait avec pas mal d’aplomb son rôle de petit minet en apparence, et tueur accrédité par la CIA en réalité. On a évidemment plus cette surprise dans le deuxième, et du coup, on est forcément pas ébahi de le voir décoller la tête des méchants, parler vingt langues et tuer avec une froideur professionnelle, le tout avec sa petite trombine de gentil garçon à qui on donnerait le bon dieu sans confession.

Et l’histoire de ce film-ci est un peu redondante, on fait porter le chapeau à Bourne pour une affaire où la CIA perd des hommes. Ainsi, Bourne est de nouveau menacé alors qu’il se la coule douce à Goa avec sa meuf (la Marie du premier). Trop pas sympas les mecs ! Et manque de pot, on le rate, mais la Marie, elle, elle meurt !! Alors Jason Bourne, il est tout colère, et il veut savoir pourquoi on le pourchasse, et surtout se venger.

Heureusement, l’action arrive et c’est toujours aussi beau et efficace. L’intrigue aussi prend un peu plus de consistance, même si elle ne finit pas par nous faire complètement adhérer au scénario (c’est bon le coup de l’amnésie, on avait déjà compris). On ne s’embête pas une minute, les combats sont superbes et les poursuites en voitures bien vertigineuses. Je reprocherais peut-être une caméra un peu trop rapide et épileptique qui donne parfois mal au cœur, mais surtout fait parfois perdre le fil de la scène.

A part ces quelques petits défauts, cela reste un excellent divertissement, un bon film d’action, qui n’est pas truffé de pubs ou d’hollywooderies éhontées, avec des plans superbes de Berlin et des acteurs qui tiennent vraiment la route. Par contre, de là à en faire un troisième…

The Bourne Supremacy - La mort dans la peau

Mercredi 15 Septembre 2004

Boukinage Semelles de plomb

Classé dans: Boukinage — @ 14:25:04

Dans la série « Famille américaine névrosée », ce livre de Molly Giles illustre parfaitement bien le thème et pourrait être le cas d’un symposium de psychanalystes. Néanmoins, un certain manque de rythme dans la narration finit par lasser. Arriver à la fin du bouquin fut plutôt fastidieux, et les personnages m’ont plutôt agacé qu’intrigué.

Le roman est centré autour de Kay qui est une femme de quarante ans, mariée avec un homme plus âgé, Neal, et plutôt insignifiant. Il ne la rend pas heureuse et est même parfois bien désagréable avec. Son père Francis l’a toujours rabaissé et jamais montré le moindre signe d’affection. Quant à sa mère, Ida, elle lui colle la culpabilité de tous ses malheurs depuis le jour même de sa naissance. Finalement, il n’y a que son fils, Nicky, qui l’aime et lui prouve, la seule personne du livre avec qui elle a des rapports sensibles et « normaux ». L’intrigue tourne autour de cette femme qui est déjà bien handicapée par sa famille, et dont on sent la gangue qui l’empêche d’avancer, et même pire, qui la conduit à s’aliéner de manière similaire à ses parents.

La mère, Ida, est un personnage très particulier qui est tout le temps malade, mais surtout qui tombe souvent ou se casse des membres (toujours plus ou moins à cause de Kay). Ensuite, elle attrape une gangrène et elle se fait couper des bouts. Oui, carrément ! Donc le bouquin commence, elle se fait couper sa seconde jambe et se retrouve cul-de-jatte sur un fauteuil roulant. Mais elle reste une femme extrêmement belle et enjôleuse, et le même bourreau pour sa fille compatissante.

Les différents protagonistes sont plutôt bien dépeints, et chaque caractère est travaillé pour donner toute crédibilité aux névroses qu’ils expriment. En cela, il est intéressant de les voir évoluer, mais où le bât blesse c’est que l’intrigue n’est pas plus palpitante que ça. Du coup, mon intérêt s’est vite émoussé, et je suis resté sur ma faim.

Semelles de plomb - Molly Giles

Mardi 14 Septembre 2004

Matooyage Les blogueurs en communautés

Classé dans: Matooyage — @ 09:46:53

Zurban a publié la semaine dernière un papier sur les blogs. Dans ce cadre, pas mal de gens ont été interviewés, et j’y ai aussi participé en tant que pédéblogueur manifeste. Evidemment, je trouve que le mec n’a pas dit que des choses justes, voire des trucs nazes, mais bon… c’est toujours comme ça les articles. Et Zurban n’est pas exactement un magazine d’investigation sociologique !

En tout cas, le journaliste a retenu que j’étais un blogueur très « parisien » qui fréquentait des lieux branchés. Je suppose qu’il fait allusion au Paris-Texas, mon-bar-à-putes-colombien-favori, ce qui va leur faire plaisir car je crois qu’ils ont quelques problèmes de fréquentation malgré la branchitude absolue de leur backroom. Mais surtout, quand j’ai parlé au type au téléphone, il est venu avec quelques opinions assez découpées à l’emporte-pièce, et ce notamment concernant la vocation communautaire des blogs. Il m’a dit tout de go avoir constaté que les blogueurs se regroupent par affinités et qu’ensuite ce ne sont que des sous-groupes imperméables qui se frottent les uns aux autres.

J’ai acquiescé sur le fait même qui est indéniable. J’ai aussi expliqué ce qu’était l’endogamie des blogs en termes embrunsiens pour qu’il comprenne que la manière dont les blogueurs s’agrègent est moins évidente qu’elle en a l’air. Certains ne se lisent en majorité qu’entre fournisseurs de blog par exemple (évident à l’étude des blogrolls des gens de 20six ou u-blog), et cela est directement lié au système qui favorise la communauté d’utilisateurs. Ensuite, j’avais un peu été décontenancé par la teneur des propos du journaliste, et j’avais essayé d’expliquer que les blogs ne font que représenter ce que nous sommes, et plus ils sont nombreux plus leur représentativité s’améliore.

Ainsi le sentiment d’appartenance à une communauté s’exerce à tous les niveaux. Pour moi, il n’y a qu’un facteur qui importe : « le nombre ». Du moment que la masse critique est atteinte pour une population donnée, alors elle créé sa propre existence en tant que sous-ensemble homogène. Elle affine alors ses codes culturels, qui ne sont pas différents de ceux de la population-mère, mais simplement plus détaillés, plus spécifiques, plus déterminants.

Par exemple, considérons deux français au hasard (sexe, âge, CSP indéterminés etc.) qui se rencontrent en plein middle-west. Eh bien, forcément ils vont se trouver énormément de points communs… une langue, des valeurs, le sentiment d’appartenance à la nation, la bouffe, etc. Ensuite, si on se focalise sur la France, il est évident que deux personnes prises au hasard se considèreront comme extrêmement différentes voire diamétralement opposées. Mais encore une fois : « tout est relatif ! ». On retrouve donc alors toutes les composantes d’une population, et si certaines caractéristiques sont communes à un nombre suffisant, il y a une forte chance pour qu’une communauté s’en dégage.

Après, les raisons fondamentales de constitution de ces groupes sont diverses. On peut avoir le côté lobby à l’américaine, où « l’union fait la force » est le leitmotiv de ces communautés. On a aussi le côté plus superficiel qu’on trouve en France dans le « réseau », réseau d’influence, réseau de connaissances, réseau familial, réseau d’écoles etc. Et puis, on a la communauté gay qui mélange avec plus ou moins de bonheur tout cela. A Paris par exemple, on est tellement nombreux qu’on a la « liberté » de se segmenter à loisir. D’abord de manière dingue, on y sépare drastiquement les lesbiennes et les gays. On y trouve aussi en une segmentation plus fine, des regroupements professionnels type SNEG ou bien d’origines et de cultures (Kelma pour les reubeus, Lusogay pour les gens qui parlent portugais, AGLA pour les gays arméniens). Mais il suffit d’aller en province pour aussi se rendre rapidement compte que les clivages existent beaucoup moins entre les homos. Simplement parce que les populations ne sont pas assez nombreuses pour s’organiser ainsi. Il est alors tellement naturel de rentrer dans un bar où l’on trouve mélangés les lesbiennes, les gays, les bis, et puis des mecs de tous les genres (de Cox à Open en passant par Amnésia) etc.

De la même manière, si on prend deux personnes complètement au hasard, et qu’il se trouve qu’elles soient blogueuses, alors elles auront forcément un point commun supplémentaire, et partageront toute une gamme de valeurs. Mais il est évident pour moi, que dans le domaine du blog, j’aime lire des carnets de gens avec lesquels j’ai des « choses » en commun. Du coup, on a tendance à, en effet, lire des blogs pédés et à se fédérer en groupuscules plus ou moins homogènes.

Mais je pourrais aller plus loin, et me restreindre aux pédéparigoblogueurs, ou même plus au pédéparigoblogueurs du 11ème arrondissement ou bien du nord de la ligne 11. Mais bon dans le dernier cas, apparemment, on se retrouve juste Freaky et moi en tête-à-tête, ce qui est limite pratique pour se communautariser (Dis Freaky, tu veux bien être ma sœur de la communauté FreakyMatoo, ça change de MadCow ?).

Enfin voilà, tout ça pour dire que ces histoires de regroupement de gens sont pour moi vraiment liées à la taille d’une population. C’est aussi pourquoi je considère que les blogueurs ne sont pas plus ouverts d’esprit que les autres. Au début, peut-être puisqu’il n’y avait pas assez de monde pour se regrouper selon des spécificités autres que celles qui pouvaient nous amener à bloguer. Mais aujourd’hui, on peut facilement juger des blogueurs selon leur degré d’endogamie dans tel ou tel domaine (orientations sexuelles, fournisseurs de blog, géographies, langues, sexes, cultures etc.). Je suis d’ailleurs un élève médiocre avec une liste peu œcuménique. :mrgreen: Manifestement, je suis assez étroit d’esprit, et je n’en suis pas très fier.

Par contre, je donne du coup une énorme valeur à ces quelques blogues qui ne sont pas des pédéblogs et que je lis avec une grande délectation. Et j’essaie le plus possible de ne pas m’enfermer dans ce carcan, même si c’est tentant. Un peu comme je fais des efforts pour continuer à prendre autant de plaisir à fréquenter mes ami(e)s hétéros, et à ne pas m’aliéner à ne fréquenter que des homos. Du coup, c’est aussi pour cela que je ne suis pas certain que ce soit une bonne idée de faire un ParisPédéCarnet. Il faut que je m’atèle à plutôt rendre la sauterie mensuelle du Capitaine un peu plus gay friendly, hé héhé.

Bloggeurs, bloggeuses

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