39 articles pour le mois de Octobre 2004

  • Matooyage
Cousinages

Publié le Dimanche 31 Octobre 2004 - 18:18
Catégorie: Matooyage

J’ai reçu un MMS de ma cousine toute à l’heure qui m’apprend que mon petit-cousin, Tristan, a vu le jour le 29 octobre à 3h12, avec une cam-pic de ce dernier à la maternité. Je suis super content de compter un bout de chou de plus dans la famille.

C’est bien un petit-cousin, mais pour moi c’est un peu comme un neveu, car c’est bien le fils de ma cousine, mais c’est un peu comme ma soeur. Je m’explique… Cette cousine, Chrystelle, a son père qui est le frère de ma mère (lien germain classique), mais aussi sa mère qui est la soeur de mon père (moins classique). Autrement dit, nous sommes des cousins mais avec exactement la même ascendance et finalement le même « sang », un peu comme des frères et soeurs. Nous avons les mêmes oncles et tantes, grand-parents, cousins, cousines etc. En plus, nos parents ont habité sur le même palier pendant des années, et elle n’a que neuf mois de moins que moi.

Nous avons quasiment été élevés ensemble et malgré nos différences, nous restons extrêmement liés et affectivement très attachés l’un à l’autre. Depuis quelques temps, nous utilisons pas mal le MMS pour communiquer, elle prend des photos de ma petite-cousine Lauryn avec son portable, et elle me les envoie avec un petit mot. Du coup, je fais de mon mieux moi aussi pour lui répondre à mon tour. On a des vies vraiment différentes, mais tellement en commun « viscéralement », que je ne crois pas que l’on sera un jour séparé. Et c’est aussi ce qui me plait dans les liens familiaux, ce côté inexorable et cet espèce de repère qui se nourrit de l’enfance et des piliers affectifs. Bien sûr, on ne choisit pas sa famille, et chacun fait sa route, et puis, on choisit plutôt ses amis qui sont pour moi une évidente seconde famille. Malgré tout ce que je peux décrier sur ma famille, je sais que je peux compter sur eux, et que ce qui nous lie est un sentiment que je conserverais toute ma vie.

Neuf mois de moins, mais un peu d’avance car elle est mariée et c’est son deuxième enfant ! :mrgreen: Et comme moi, elle est donc d’origine algérienne, allemande, française et portugaise. Elle s’est mariée avec un guadeloupéen qui a des origines indiennes. Oui on fait dans le mélange ethnique chez moi. Leur première fille, Lauryn, est donc une adorable petite métisse qui ressemble à… euuuuh… une inuit ! Elle a de larges pommettes, les yeux presque bridés, la peau lait au café, et la frimousse de ma cousine à tel point que c’en est troublant (la bouche surtout et cette moue singulière). Donc, je me demande bien à quoi Tristan va bien ressembler ! Mais évidemment, il sera beau comme un dieu ! ;-)

Tristan

  • Cinéphage
Alien Vs Predator

Publié le Dimanche 31 Octobre 2004 - 17:53
Catégorie: Cinéphage

Ah là là, je l’attendais depuis longtemps celui-ci. Mais alors que je prenais cela pour une bonne occasion de rassembler ces deux monstres sacrés de la SF avec un scénario empreint d’autodérision, je suis tombé sur une tentative de produire un film sérieux avec une vraie intrigue qui est sensée tenir debout. Une tentative… avortée ! Mais ça reste un chouette navet divertissant et avec des effets spéciaux corrects.

Ils ont même récupéré Bishop pour interpréter le classique vieux milliardaire qui finance un projet scientifique privé démesuré, et qui recrute une équipe avec les meilleurs spécialistes mondiaux dans plein de domaines. D’ailleurs dans ce cadre, le film est plutôt optimiste puisque le chercheur en biochimie n’est autre que le Spud héroïnomane et looser (vous vous souvenez celui qui repeint de chiasse les parents de sa copine au petit déj dominical) de Trainspotting. Comme quoi, on peut toujours réussir dans la vie.

L’histoire c’est un peu à la StarGate, c’est-à-dire que les Prédators étaient un peu considérés comme des dieux par les humains dans les temps immémoriaux. Et ce sont eux qui nous ont appris à construire des temples notamment. Ils utilisaient les hommes pour porter en eux des bestioles parasites qu’ils chassaient comme rite d’initiation pour leurs ados. Ces bestioles ce sont bien sûr des aliens de la mort qui tue. Tous les cents ans, ils viennent donc sur la Terre pour infecter quelques hommes, et puis faire du braconnage à l’alien, et puis zou, ils repartent.

Ainsi ils attirent des hommes sur une île perdue de l’antarctique, l’île Bouvet, qui est inhabitée (mais a comme code internet : .bv, je sais ça n’a rien à voir avec le schmilblick mais j’ai trouvé ça marrant qu’une île déserte ait un code internet) en émettant une radiation thermique qui est détectée par satellite. On découvre alors qu’il s’agit d’une sorte de pyramide, d’une archéologie curieusement syncrétique puisqu’elle a les attributs des aztèques, égyptiens et khmers. Bishop qui est (avant d’avoir été l’androïde d’Alien 2) un milliardaire, un peu phtisique sur les bords, décide d’envoyer une équipe pour s’emparer de cette découverte archéologique majeure.

L’héroïne est une jolie black avec des couilles grosses comme asse qui est guide de montagne, et puis on a ensuite une belle brochette de personnages : le beau gosse archéologue italien spécialiste des aztèques, la goudou militaire (qui est très très contente que la black fasse finalement partie de l’expédition), le chercheur en bio écossais et maladroit à l’accent improbable, le mercenaire endurci, etc. Enfin, on s’en fout puisqu’ils se font tous bouffer au fur et à mesure. Seulement, les aliens sont coriaces et les Prédators finissent par avoir quelques problèmes d’intendance. C’est alors qu’une merveilleuse proposition philosophique vient éveiller les consciences : « l’ennemi de mon ennemi est-il mon ami ? ».

Ce qui est très choquant ce sont surtout les inepties scientifiques dont ils auraient pu aisément se passer. Vraiment ils n’avait pas besoin d’imaginer un tel mélange de civilisation… et surtout pas de nous montrer des idéogrammes en disant que « Dingueuuuuuh le premier est en aztèque, le second est un hiéroglyphes et le troisième un symbole khmer, c’est trop fado à comprendre et déchiffrer ! »… et puis se mettre à traduire tout ce qu’il y avait sur les murs comme si c’était trop fastoche et limpide. Et encore, j’en passe de biens meilleures (comme supposer que trois cadrans marquent le jour, le mois et l’année en aztèque, ou que la pyramide se reconfigure toutes les dix minutes). Rhooo si, il y a aussi tout de même l’armure de la mort, que confectionne le Prédator pour l’héroïne, avec un gant de boxe en tête d’alien, et une lance en queue de bestiole. Rien que pour ça, il faut aller le voir.

Mais cela reste marrant et bien fait, avec de bons moments d’action et de gentille frousse. Les aliens sont horribles à souhait et les Prédators un peu patauds, mais bien sympathiques dans le fond, malgré leur yeux en trous de pine et leurs mandibules prognathes.

Alien Vs Predator

  • Matooyage
aMor de mis aMores

Publié le Vendredi 29 Octobre 2004 - 20:08
Catégorie: Matooyage

Waaah, il est trop tard pour travailler à cette heure là un vendredi soir. Enfin là, j’ai tout bouclé, et j’aime bien cette ambiance d’entreprise morte et qui fleure bon le ouikène prolongé. Il n’y avait déjà pas grand monde aujourd’hui, mais c’est encore pire depuis une heure. Une partie des couloirs sont plongés dans la pénombre, et je n’entends que le cliquetis de mon clavier, en plus du dernier album de Troublemakers en fond sonore (souvent on me reproche de ne pas plus insister sur ce que j’écoute, donc voilà je commence).

Je repense à ce bouquin de Lucía Etxebarría, et à ces deux pages que j’ai cornées car je voulais mettre des citations de côté. Mais finalement, ça ne collait pas vraiment à la critique du livre en elle-même, car si je les ai retenues c’est plus parce qu’elle me correspondait personnellement, intimement. Evidemment, lire un roman qui décrit une passion amoureuse avec une telle vigueur et authenticité, ce fut me replonger avec délice et amertume dans ma propre relation, de six mois aujourd’hui caduque.

Je me souviens en particulier de ces élans que nous avions l’un pour l’autre, un truc dingue. Un mélange de sexualité et de bestialité amoureuse, mais avant tout l’expression de sentiments tellement forts et submergeant, que nos corps communiaient et vibraient à l’unisson comme jamais auparavant. On se sent alors porté l’un vers l’autre sans discernement et sans complication, c’est une fusion de tous les sens qui n’a d’autre but que d’étancher sa soif de l’autre. Alors les corps s’emboîtent parfaitement, les odeurs se mêlent, les caresses fusent, et un petit bout de bonheur éclot.

Ils sortirent et marchèrent côte à côte sous la soleil déclinant, sans se toucher, jusqu’à ce qu’il passe son bras autour de ses épaules. Ils se tournèrent alors l’un vers l’autre, s’arrêtèrent au milieu du trottoir et s’embrassèrent, s’agrippant l’un à l’autre comme deux naufragés à une planche de salut, à bout de souffle, avec une telle passion que les badauds leur jetaient des regards amusés. Il plongea le visage dans l’épaisse chevelure rousse, s’immergea dans le crépuscule embrasé de ses cheveux et respira les effluves de cannelle et les phéromones qui charriaient des souvenirs par bouffées. Il souhaitait rester là, le visage enfoui pour cacher l’émotion qui le submergeait, les décharges de désir comme un courant électrique au bout des doigts qu’il l’effleurait.

Et puis, la passion a cédé la place à … « autre chose ». Cette autre chose que je n’ai jamais réfutée ou rejetée ou crainte, mais qui l’a été d’autrui (cette fois-ci, car j’avais eu la même réaction pour une autre relation). En fait, j’ai toujours pensé que lorsque l’on avait vraiment trouvé le bon, on le sentait et que cette naturelle phase post-passionnelle s’installait alors avec sérénité et réjouissance. Quand on se sent rassuré par l’autre, par le couple et par la connaissance intime qu’on a acquise l’un de l’autre. Quand on est un peu plus sûr de soi, et du « nous ».

Il arrive que l’on préfère la tendresse à la technique. On dit généralement que quand une histoire d’amour se stabilise, quand un couple vit ensemble depuis plusieurs années et que chacun considère l’autre comme sa propriété, l’amour passion fait place à un amour plus casanier, la première flamme se transforme en braises qui réchauffent encore mais n’effraient plus, comme un brasero sous la table prudemment surmonté d’un couvercle. Un amour cimenté par le temps, un amour chaud et stable, s’entretient à partir des braises que laisse la passion initiale lorsqu’elle a été remplacée par un autre type d’amour, fondé sur l’affection réciproque et la satisfaction des attentes. Quand le sexe n’inquiète plus et qu’on se limite à répéter mécaniquement une série de positions et d’astuces (ce que l’autre aime qu’on lui fasse et ce qu’on doit lui faire pour obtenir ce que l’on aime), il devient beaucoup moins émouvant, mais aussi moins angoissant.

Je crois que c’est aussi dans cette épreuve de l’amour que beaucoup se perdent. Certains refusent la relation plan-plan et veulent tout cramer, veulent sentir crépiter leurs tripes et incendier leur coeur, car il n’y a que ça de vrai. D’autres ont peur et préfèrent se réfugier dans un univers rose bonbon où les gentils gagnent toujours à la fin. Alors faut-il ne vivre que pour la passion et se donjuaniser pour pérenniser cela ? Ou alors, faut-il s’enfermer dans une relation guimauve mais rassurante ?

Encore une fois, c’est la voie du milieu qui prime. Mais vous savez bien que dans la vie c’est « Ah non Matoo, tu choisis hein ?! C’est ou l’un ou l’autre ! Mais pas les deux ! On ne peut pas tout avoir dans la vie figure toi !! ».

Eh bien moi si, un jour, j’aurais tout ça ! Nah ! ;-)

  • Boukinage
De l’amour et autres mensonges

Publié le Vendredi 29 Octobre 2004 - 15:13
Catégorie: Boukinage

Lucía Etxebarría est un auteur que j’ai découvert et adoré avec « Amour, Prozac et autres curiosités », puis confirmé mon assuétude avec « Beatriz et les corps célestes ». Ses bouquins ont un souffle commun avec un style bien particulier et une tonalité très « espagnole » avec cette teinte de « movida » qui fait penser aux films d’Almodovar. Et puis, on retrouve aussi des thèmes communs avec des personnages centraux féminins, indépendants, passionnés à la fois fragiles et combatifs. Pas mal de rapports avec l’homosexualité aussi, tant masculine que féminine, et toujours traitée avec discernement et perspicacité.

Ce bouquin ci m’a particulièrement plu et marqué. Elle y disserte sur l’amour et la passion amoureuse à travers l’histoire tumultueuse de Ruth et Juan. J’ai rarement lu un roman qui me faisait aussi si bien ressentir les sentiments en montagnes russes de la passion. Elle développe des métaphores superbes, et son récit prend une forme singulière qui m’ont complètement fait rentrer dans l’intrigue.

Tout commence par le suicide raté de Ruth, et puis son explication qui engage la narration sur le récit de l’histoire d’amour entre cette réalisatrice avant-gardiste indépendante et marginale, avec un jeune (plus jeune qu’elle) écrivain basque ambitieux. Le livre raconte cela chronologiquement, de la rencontre aux affres de la fin, en évoquant à la fois les faits, et en se penchant aussi sur la logique et la psychologie des relations mises en exergue.

Cela donne un roman superbe où l’on suit cette femme et son évolution dans cette relation, qui, comme toutes les relations, a des répercussions sur son développement personnel et ses névroses. Il y a aussi ce côté espagnol que je trouve toujours flamboyant et haut en couleur dans les dialogues et les rapports entre les gens. On sent que ce sont des tempéraments latins et fougueux, et on est pas étonné que la relation amoureuse suive des règles identiques. Et évidemment, Ruth et Juan sont deux personnages hyper charismatiques et à la fois identiques et opposés, ce qui engendre une relation des plus fusionnelle et orageuse.

On y trouve aussi quelques extraits marrants sur la relation que Ruth (un peu bi sur les bords d’ailleurs) entretient avec son meilleur pote homo : Pedro.

Chaque fois qu’il buvait un verre de trop, Pedro se ruait sur Ruth, assurant qu’il était éperdument amoureux d’elle, et Ruth l’envoyait promener. Non qu’elle doutât de l’amour de Pedro, mais elle avait entendu beaucoup d’histoires de gays qui tombent amoureux d’une femme et pensait que quand on chasse le naturel, il revient au galop. Ils avaient beau dire qu’ils marchaient à voile et à vapeur, un homme qui marche à la vapeur ne peut pas changer du jour au lendemain, même pour des voiles exceptionnelles.

Le roman n’est ni pessimiste, ni optimiste sur l’amour. J’ai aimé le fait qu’il décrive la relation amoureuse sous ses diverses formes de la plus destructrice et passionnelle, à la plus conformiste et conventionnelle. Sans faire l’apologie d’aucune, on finit par voir que chacune des voies ont leur lot d’avantages et d’inconvénients, et que le problème de la quête amoureuse parfaite n’a pas encore été résolue (et on en est loin).

Lucia Etxebarria - De l'amour et autres mensonges

  • Matooyage
Comment m’énerver tout seul ?

Publié le Jeudi 28 Octobre 2004 - 23:51
Catégorie: Matooyage

J’ai certainement du modifier quelque chose pour que les commentaires affichent un message d’erreur après qu’on les poste, mais quoi ? Et ça me gave, ça m’agace, ça me casse les couilles mais à un point !!!

Comme d’habitude, j’ai trifouillé par ci par là en allant piocher des infos dans les forum de WordPress pour essayer de lutter contre les spammeurs acharnés du moment. Le résultat c’est que j’ai changé un truc de wp-comments-post.php et que quelques temps après : c’est la merde (mais bizarrement, je n’ai pas l’impression que ce soit exactement après ça). Et évidemment, j’ai effacer tous mes fichiers pour re-uploader les fichiers wordpress de base, mais ça ne fonctionne pas plus. Aaaaaaaaaaaaaaah, j’aime pas ça !!!

Je suis coincé et je ne vais pas pouvoir me calmer ou me pieuter avant d’avoir dépatouillé cela. Eh bien, ça promet… :pleure:
Evidemment, toute aide ou suggestion est la bienvenue ! ;-)

  • Outside
L’Europe dit non aux réacs

Publié le Mercredi 27 Octobre 2004 - 17:17
Catégorie: Outside

Aujourd’hui, je suis tout fier d’avoir élu des députés européens. Content de voir que leurs voix ont été entendues, de leur hémicycle strasbourgeois, pour annoncer une bonne nouvelle aux 456 millions d’européens. En effet, en majorité ils se prononcent contre la présence à la future Commission (dirigé par le portugais M. Barroso) du commissaire italien homophobe et machiste : M. Buttiglione.

La Commission Barroso devait normalement prendre ses fonctions à Bruxelles le 1er novembre. Mais elle était assurée que le vote des eurodéputés prévu mercredi débouche sur un refus d’investiture par une majorité hostile en particulier au commissaire italien désigné à la Justice, la Liberté et la Sécurité, Rocco Buttiglione, auteur de propos controversés sur l’homosexualité et la famille. Les traités européens empêchent le Parlement européen de refuser l’investiture à un commissaire en particulier et oblige ses élus à voter pour ou contre l’ensemble du collège.

Catholique conservateur, M. Buttiglione avait été récusé début octobre après son audition devant la commission des Libertés du PE pour avoir qualifié l’homosexualité de “péché” et déclaré que la famille existait “pour permettre à la femme d’avoir des enfants et d’être protégée par son mari”.

[Source : RadioFrance - France Info ]

C’est la première fois qu’une telle chose arrive, et je suis impressionné et ragaillardi par une telle démonstration du pouvoir des députés européens. Et surtout, évidemment, je suis ravi que l’on accepte pas à la Commission des personnes aux moeurs aussi décadentes et rétrogrades.

Clap clap clap !

  • Outside
L’amour et la sodomie

Publié le Mardi 26 Octobre 2004 - 19:32
Catégorie: Outside

Ils me font trop rire avec ces petits encarts dans la newsletter quotidienne. Cela ressemble un peu aux demandes abracadabrantesques qu’on pouvait lire à la fin de « C’est mon choix » ou des émissions de Delarue. Il faut dire que parfois on arrivait à des profils qui frisaient vraiment le ridicule, mais ils arrivaient tout de même à trouver assez de transformistes unijambistes pour l’émission suivante. Et puis sinon, une petite « séance de relookage » ne faisait pas peur à notre Evelyne Thomas nationale.

Et là, il faut avouer qu’ils n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère. Ce qui est marrant c’est surtout la juxtaposition des deux éléments, « ma première sodomie » et « ma plus belle histoire d’amour ». M’est avis que les gens qui recevront ces témoignages devront parfois faire preuve de discernement pour savoir dans quelle catégorie les classer. :mrgreen:

Appel à témoins Têtu

  • Matooyage
La Dame de Trèfle

Publié le Mardi 26 Octobre 2004 - 2:34
Catégorie: Matooyage

Samedi soir, Oli avait invité quelques personnes chez lui pour célébrer son quart de siècle balbutiant. Ainsi, nous nous sommes retrouvés avec Jean, Séb, Malik, Christophe, Xavier, Raphaël, JP, JB et Guillaume, et… ah non, pas de fille !! :mrgreen: Nous avons passé une soirée très cool à tchatcher et surtout à déconner sur des musiques improbables avec des pochetrons (je ne dénoncerais pas) qui s’en sont donnés à coeur joie.

Le but étant d’aller nous déhancher aux Crazyvores, nous avons marché cahin-caha sur le boulevard Richard Renoir pour atteindre le Bataclan et sa familière file de 150 mètres. Et là, on a fait un truc que je n’aime pas du tout faire, l’un de nous connaissait un mec presque à l’entrée, et on s’est incrusté avec eux. Rhaaaaaa habituellement je serais même allé seul faire la queue, mais là je devais rester avec Séb, donc j’ai obtempéré mais on ne m’y reprendra pas, je trouve ça vraiment abusif.

A l’intérieur la fête battait son plein, et j’ai retrouvé Eric, Jeff, Fabien, Emeline et les deux François. Et puis, il ne faut pas rêver, c’est bien le Bataclan un samedi soir, autrement dit les profils de dialh, rezo-g et gayvox au grand complet qui se trémoussaient sur les fantastiques compositions des redoutables Stock, Aitken & Waterman. Cela me fait toujours bizarre de remarquer ces visages que je connais sans connaître, de gens qui doivent aussi me reconnaître sans me connaître. Et à voir toutes ces personnes, je me dis qu’il n’y a plus beaucoup de monde qui n’a pas son profil sur le web.

Bien sûr, je suis tombé sur les personnes qu’il fallait pour donner à Diego quelques gossips. J’étais sûr que je rencontrerais cette personne qui alors évoquerait mon transfuge bruxellois. Et ça n’a pas raté !

Mais cette fois, j’y ai vu un ex que je n’avais pas revu depuis plus de deux ans : Ricardo. Quand je l’ai aperçu dans la foule, je suis immédiatement allé à sa rencontre, cela me faisait super plaisir d’aller le saluer. Nous nous étions plutôt quittés en mauvais termes la dernière fois, mais ce n’est pas pour autant que je zappe les gens ou que je suis rancunier, et je sais que c’est pareil pour lui. On a donc échangé quelques mots, et comme d’habitude nous avons évoqué les deux personnes que nous avons en commun : William et Sean.

J’ai été le centre d’une curieuse ronde amoureuse avec ces trois mecs un certain été de 1998. J’avais d’abord rencontré William et Ricardo lors d’une soirée à l’Imprevu Café où nous étions au piano-bar avec Caroline et d’autres amis. Ricardo et Caro se connaissaient évidemment, ce sont deux personnes avec lesquelles on ne peut se balader dans le marais sans qu’elles saluent un type tous les 10 mètres. J’avais bien accroché sur William et c’était apparemment réciproque, même si Ricardo, il me l’avouera plus tard, avait aussitôt eu des visées sur moi. Je suis sorti avec William à l’issue de cette soirée, et ce pendant… un mois ! Mouarf. Ce dernier est certainement le type le plus froid et doué de l’incommunicabilité la plus persistante que je ai jamais connu. Mais avec ses yeux bleus comme la glace, et son attitude polaire, je lui trouvais un charme dingue. Ricardo a tout de suite flairé l’occasion, et comme il savait que William voulait se débarrasser de moi, il n’a pas hésité à user de tous ses charmes pour me conquérir.

Donc un mois après, je sortais avec Ricardo, accessoirement le meilleur ami de William (ce qui l’arrangeait bien d’être débarrassé de moi). Ricardo m’a alors présenté Sean, un de ses meilleurs potes. D’ailleurs Sean était un ex de William… hé héhé, le « monde » est petit. Alors que je sentais que ma côté auprès de Ricardo était en chute libre (humm ça devait déjà faire trois bonnes semaines !), je développais dans le même temps une inclination de plus en plus tangible pour Sean. Aussi quand j’ai senti que Ricardo allait me claquer dans les doigts, ça m’avait plutôt faire rire, mais je n’en avais rien montré et avais joué ma parfaite Sarah Bernhardt… Trahie, inconsolable, languissante et phtisique d’un amour à jamais perdu !

Et je m’étais donc mis avec le pote de mon ex, dont l’ex était aussi mon ex, et le meilleur pote de mon ex. Vous avez suivi ? Enfin, je suppose qu’il n’y a rien d’extraordinaire, c’est un peu le b-a BA des amourettes de la vingtaine à Paris. Evidemment, tout cela ne se faisait pas sans heurt, et à l’époque je vivais « Santa Barbara » tous les jours en direct dans mon téléphone.

Le plus cocasse avec Sean, c’est que c’est certainement le freakiest des petits-amis que j’ai eu. Ah oui, il décroche la palme celui-ci, sans aucun doute. Il fait partie de cette caste bien connue, et courue des salons, des mythomanes. Mais alors pas un menteur à la petite semaine, plutôt un escroc de haut-vol qui était passé maître dans l’art de la dissimulation. Déjà, je l’appelle toujours Sean alors qu’évidemment il se prénomme Fabrice. A l’époque, il disait que Fabrice et Roméo étaient ses seconds prénoms, qu’il utilisait indifféremment. Il faut dire que j’étais, et je suis toujours, extrêmement naïf avec les gens, et que je ne vois pas pourquoi on me mentirait. Aussi j’ai toujours gobé avec la plus grande candeur, les couleuvres les plus énormes. Il m’avait par exemple menti sur ses origines, mais presque rien, il disait qu’il n’était pas métisse par exemple alors qu’il était très clair de peau. Et en fait, j’ai découvert qu’il était mi-guadeloupéen et mi-espagnol. Ou alors, il m’avait dit qu’il avait un an de moins que moi, et en fait il avait six mois de plus. Ou bien qu’il avait un grand frère, alors qu’il n’en avait pas. Et puis aussi, un frère jumeau qui était mort d’une maladie grave à l’adolescence, mais c’était encore faux. Et encore tant d’affabulations dont je ne peux même pas faire le compte ici.

Il avait eu le tort de me présenter à sa cousine, que je fréquentais après notre rupture. Et c’est un jour en évoquant son cousin, qu’elle appelait toujours « Fabrice », que je lui avais demandé pourquoi elle ne l’appelait pas « Sean ». Et elle m’avait dit surprise : « Eh bien il s’appelle vraiment Fabrice, mais il aime bien cet autre prénom, et donc il l’utilise souvent. » Et de fil en aiguille, j’ai compris que ça clochait, alors j’ai raconté tout ce que je savais sur lui à sa cousine, et nous sommes tous deux tombés des nues. Tout était faux, mais pas vraiment inepte ou surréaliste, simplement décalé et légèrement acidulé.

La dernière fois que je l’ai vu, c’est Ricardo qui m’avait envoyé des photos, que William avait trouvées sur le net. Des photos d’un film de cul avec Sean dans des positions bien acrobatiques avec deux autres gars. Cela m’avait fait un de ces chocs ! Mais je suppose qu’il doit aujourd’hui raconter qu’il a été un jour comédien pour le cinéma, mais qu’il a arrêté, car c’est un milieu qui est pourri. :mrgreen:
Je suis reparti du Bataclan avec mon morceau de carte à jouer. Mais si mon autre moitié me lit, qu’elle n’hésite pas à me contacter. ;-)

La Dame de Trèfle

  • Cinéphage
2046

Publié le Lundi 25 Octobre 2004 - 17:39
Catégorie: Cinéphage

Du vrai Wong Kar-Wai, donc attention les yeux : c’est aussi superbe que c’est sibyllin pour le non-initié au cinéaste asiatique. Et comme je ne suis pas un spécialiste, je ne pense pas avoir apprécié à sa juste mesure un film comme cela. En tout cas, l’esthétique est toujours au rendez-vous et ce film est un véritable écrin pour des comédiens et comédiennes remarquables, dans des costumes et des décors d’une beauté qui subjuguent le spectateur.

Même si je n’ai pas tout compris à la finesse de l’intrigue, on saisit pleinement la maîtrise de Wong Kar-Wai, on sent que rien n’est laissé là par hasard, et que toutes les images, les cadrages, la musique, les expressions participent à la narration. Cela rend le film hyper riche et parfois difficile à appréhender, puisqu’il faut avoir la grille de décodage pour bien comprendre le fond. La forme aide à cela, puisqu’une bonne partie du film est un véritable poème visuel, une oeuvre auquel participe des comédiens et comédiennes talentueux et outrageusement séduisants.

Nous sommes en 1966 et un journaliste, écrivaillon de romans érotiques à ses heures, se remémore ses rencontres amoureuses avec des femmes qui l’ont marqué. Il habite dans un hôtel dont le numéro de la chambre, 2046, se confond avec une trame fantastique qu’il écrit et qui serait alors l’année. Cette chambre d’hôtel et ce roman de science-fiction sont comme une malle de souvenirs et de regrets, frustrations, désirs que Tony Leung choisit comme moyen de transcender ses sentiments.

En une première vision, je peux difficilement dire que tout est limpide pour moi, mais je comprends bien que des métaphores m’échappent complètement. Notamment les musiques qui sont tout sauf choisies au hasard, et de même on trouve une série de gestes et d’accessoires lourde de symbolique. Mais du coup, c’est vrai qu’à la fin, je commençais à décrocher et à trouver le temps un peu long. Il parait que les films de Wong Kar-Wai sont à voir et revoir pour vraiment prendre son pied (cinématographique), donc je vais y retourner.

2046

  • Exposage
Images du Monde flottant

Publié le Lundi 25 Octobre 2004 - 15:28
Catégorie: Exposage

Derrière ce titre un peu curieux et évocateur se cache, aux galeries nationales du Grand Palais, une exposition de peintures et estampes japonaises des XVIIe et XVIIIe siècles. Ces oeuvres représentent un courant artistique typique de l’époque Edo, une époque de paix, d’euphorie et d’optimisme qui se traduit aussi dans l’art.

L’exposition est très bien fournie en multiples paravents en bois peints et rouleaux qui montrent chronologiquement l’évolution des styles et des sujets de ces oeuvres d’ornementation. L’époque est marquée par de véritables « stars » de la civilisation nipponne que sont les acteurs de Kabuki ou les courtisanes des Maisons de Thés. Même si réglementés et contraints par le shogounat, les théâtres de Kabuki et les Maisons de Thés sont le symbole de cette ère hédoniste. Le « Monde Flottant » c’est justement toutes ces images changeantes et ces larges scènes vivantes et mobiles, avec en exergue une exploration passionnée de la figure féminine.

On y voit donc de larges paravents en bois peints avec des scènes émaillées de dizaines de personnages dans une vie quotidienne douce et insouciante. Beaucoup de rouleaux aussi se focalisent sur la représentation de femmes magnifiques, avec des kimonos superbes et dans des postures délicates. J’ai été surpris de voir surtout des albums illustrés qui ressemblent incroyablement à des bédés (ou mangas), des pages reliées avec des dessins en noir et blanc et des textes les accompagnants. On a l’impression de voir un véritable story-board, du 17 ou 18ème siècle !

On n’échappe pas non plus aux estampes érotiques qui sont convenablement isolées et estampillés dans l’expo pour ne pas choquer (arf). Mais évidemment, tout le monde s’y presse pour voir en gros plans des braquemarts japonais surdimensionnés ( ?) qui pistonnent allègrement des courtisanes gémissantes. Et on retrouve alors les mêmes « mangas » pornos de l’époque. Ca va loin puisqu’il y a même une scène lesbienne avec gode-ceinture !!

L’expo se termine sur des estampes de plus en plus contemporaines avec des visages qui deviennent de plus en plus travaillés et précis (alors que celles du début sont plus sur la scène dans son ensemble et pas dans le détail des visages) et une perspective occidentale qui donne plus de réalisme aux peintures et des sujets.

Images du Monde flottant - Galeries Nationales du Grand Palais

  • Cinéphage
Eternal sunshine of the spotless mind

Publié le Samedi 23 Octobre 2004 - 19:42
Catégorie: Cinéphage

Un film de Michel Gondry c’est forcément un peu space et original, et si on ajoute du Charlie Kaufman pour le scénario, on ne fait que renforcer la première hypothèse. Le résultat est que c’est un film à l’intrigue aussi singulière, déjantée et tarabiscotée que « Dans la peau de John Malkovich », mais sur fond d’histoire d’amour à l’américaine entre Kate Winslet (Clémentine) et Jim Carrey (Joël).

En fait, tout commence par une rupture entre Joël et Clémentine. Comme toutes les belles histoires, elles laissent des marques et il est difficile de s’en remettre. Joël est complètement anéanti. Il découvre alors que Clémentine a eu recours à une entreprise, Lacuna, dont le rôle est de physiquement effacer les souvenirs du cerveau d’un personne. Ainsi, elle a éradiqué Joël de sa mémoire. Ce dernier décide alors de faire la même chose pour en finir un fois pour toute. La procédure d’effacement consiste alors à lui faire revivre ses souvenirs, alors qu’il est sous sédatifs, puis à les supprimer (avec un espèce de laser). Mais alors qu’il est dans sa tête et qu’il revit toute son histoire, il réalise que les choses ne sont pas telles qu’il le croyait.

Au début, on a un peu de mal à suivre l’histoire, car on ne sait plus trop faire la part entre la réalité, les souvenirs, les flash-back et la phase d’éradication mémorielle. Mais petit à petit, le jour se fait sur une intrigue complètement dingue et géniale. Et surtout, cette histoire d’amour entre ces deux anti-héros est magnifiques et vraiment émouvante. En outre, Jim Carrey et Kate Winslet s’amusent comme des fous dans cette fable amoureuse qui n’est pas sans rappeler la structure narrative de « 5 x 2 ». En effet, l’effacement des souvenirs fait revivre à Joël des moments sinistres de la fin de la relation à la rencontre amoureuse, et lui fait comprendre comment il a succombé.

Mais l’intrigue est bien plus complexe que cela, et on peut faire confiance à Kaufman pour expérimenter des mises en abîmes bien allègres qui font perdre pied au spectateur. En tout cas, c’est un film très divertissant et frais, malgré un vrai sens de la comédie dramatique liée à la rupture (Jim Carrey se fait une tête de looser comme on avait jamais vu), avec ce mélange baroque de romance, fantastique et jeu de pistes mnémoniques !

Eternal sunshine of the spotless mind

  • Cinéphage
Carnets de voyage

Publié le Samedi 23 Octobre 2004 - 19:09
Catégorie: Cinéphage

Je ne connais pas grand chose à l’histoire du Che (Ernesto) Guevara, et encore moins cette incroyable aventure qu’il a vécu alors qu’il finissait ses études de médecine, et qu’à 23 ans, avec son pote Alberto Granado, ils ont parcouru l’Amérique Latine en moto et à pied. Ce film décrit cette expérience qui part d’une idée fantasque très adolescente pour deux petit bourgeois de la société argentine. Un étudiant en médecine et un biochimiste qui partent avec presque rien et une motocyclette brinquebalante et vont parcourir plus de douze mille kilomètres simplement parce qu’ils veulent voyager. Cet itinéraire initiatique va les amener à rencontrer des gens, un peuple finalement, l’unique peuple du continent sud-américain, telle qu’Ernesto le pense.

Ce film est une réussite complète, les décors naturels sont hallucinants et on part avec les deux protagonistes dans un voyage de couleurs, de sensations, de vécu que seul le cinéma peut rendre aussi intense. Mais dans le fond aussi, il met en exergue la manière dont la vie des sud-américains, et en particulier les paysans et les indiens, faite de précarité, d’humiliations et d’injustice va jouer sur l’état d’esprit de ces deux hommes qui sont en train de se construire dans leurs vies et aspirations d’adultes. Les visages des gens qui émaillent le film sont incroyablement bien filmés, et laissent pantois d’une telle dignité qui transparaît d’une misère souvent extrême. Aussi, on comprend rapidement l’esprit révolutionnaire qui va naître de cette rencontre avec une réalité qui tranche crûment avec les idéaux du Che. L’épisode de la Léproserie est aussi troublant, les deux médecins y vont pour s’occuper bénévolement des malades (au Pérou), et découvrent ainsi des gens dont l’espoir est bien mince.

J’ai vraiment adoré ce film qui est d’une sensibilité incroyable, avec une musique, une mise en scène, des acteurs fabuleux. Gael Garcia Bernal est évidemment toujours aussi talentueux et beau, ce qui ne gâche rien. Il faut vraiment aller le voir et se laisser porter par cette narration si sud-américaine avec ce parlé argentin irrésistible, et un récit qui transcende la simple question politique.

Carnets de voyage