Tarnation

Etymology: alteration of darnation, euphemism for damnation
: DAMNATION — often used as an interjection or intensive; often used with in « tarnation strike me — James Joyce », « where in tarnation you from? — Jessamyn West »

(Mais le titre du film est tiré du nom d’un groupe de Rock.)

Imaginez un gamin un peu perturbé qui dès l’âge de 11 ans se met à se filmer avec une caméra, à s’enregistrer et à fixer son image et celle de son entourage sur tous les supports. Et c’est vrai que plus les années s’égrainent et plus il est possible de trouver des gens dont l’existence a pu potentiellement être filmée depuis les premières échographie « en live » et pendant toutes les périodes de la vie. Pour le réalisateur-producteur-scénariste-acteur de cette oeuvre biographique extraordinaire c’est une démarche un peu moins banale puisqu’il a trente ans et un an, et qu’il s’est approprié une caméra pour se filmer lui-même tout môme dès 1983.

Il s’agit donc d’un OVNI cinématographique qu’on se prend en pleine poire, et j’y ai été particulièrement sensible. Tout commence par un plan sur ce mec, Jonathan Caouette, une espèce de beau mec avec un air à la Robbie Williams (et à la JP), qui se filme dans un moment de déprime et de crise d’angoisse car sa mère ne va pas bien. On comprend qu’elle souffre d’une maladie psychiatrique assez grave. Le mec de Jonathan lui fait un câlin pour le consoler (ah il est homo ?!), et Jonathan entreprend de raconter son histoire à travers ses images.

On trouve alors un patchwork d’images, de photos, de vidéos, de messages de répondeur, d’une bande-son d’une foisonnante richesse (très rock, il faut que folkfurieuse en parle !!) qui forment au final un ensemble extrêmement homogène. Cette oeuvre aurait autant pu être dans une expo à Beaubourg qu’à l’UGC tant la recherche artistique sur la forme est extraordinaire. Quand on voit que les producteurs exécutifs sont Gus Van Sant et le brillant John Cameron Mitchell (auteur de mon fétiche : « Hedwig and the angry inch »), on comprend bien ce qui a pu les motiver dans ce projet. En effet, « Tarnation » est à la fois un délire queer et fantaisiste mais aussi une fable adolescente à fleur de peau, et un opéra rock dramatique.

L’histoire débute par l’annonce de l’overdose au lithium de sa mère, et donc par là, le récit de l’histoire de Jonathan… celle de la rencontre de ses grands-parents, de la naissance de sa mère et de ses premiers problèmes psychologiques qui ont été « soignés » par des électrochocs qui l’ont rendu encore plus malade des années durant. Et puis, vers l’âge de 11 ans, Jonathan commence à se filmer, et comme tous les mômes il se met à jouer devant ce miroir rémanent, ou bien à shooter sa famille et à ainsi conserver des bribes de vie familiale. On perçoit tout de suite la fragilité de l’enfant, et en même temps son talent incroyable (la première « scène » qu’il interprète m’a scotché à mon siège), on ressent son besoin de capturer le réel pour mieux l’apprivoiser.

Le film prend alors une tournure très biographique, puisqu’il raconte son histoire au travers de ses essais de vidéastes amateurs, en même temps qu’il raconte en voix off quelques moments de son existence (notamment lorsqu’il a été placé dans des familles d’accueil). L’homosexualité n’y est pas largement évoquée, mais elle tient une part importante malgré tout dans le récit, puisqu’il l’évoque dès l’adolescence en tant qu’élément majeur de son développement.

Mais surtout Jonathan Caouette évoque sa mère et son rapport avec elle. Elle est de plus en plus déphasée et en décalage avec sa personnalité originelle, et cela affecte aussi beaucoup son fils. L’amour (réciproque) qu’il lui voue est un des sentiments qui passent le plus limpidement dans ce film. Il évoque aussi ses propres problèmes psychologiques, entre la maladie de sa mère, ses névroses liées à son éducation et aux épreuves qu’il a traversées, mais aussi une affection psychiatrique réelle. En effet, Jonathan a fumé deux joints à 11 ans avec non seulement de la marijuana, mais aussi une molécule (genre LSD) qui lui a bousillé un peu les méninges, de sorte qu’il vit (et voit) sa vie comme dans un rêve, et est incapable de se concentrer. On comprend alors aussi mieux la manière dont il réalise son film.

J’ai été touché par cette oeuvre troublante à plusieurs niveaux. D’abord c’est un récit poignant dans le fond et autant singulier que superbe dans la forme. Et puis, l’homosexualité et la famille névrotique sont forcément des notions qui me parlent. A un moment, il se pose aussi un problème que moi-même j’ai ressassé dans le rapport à la folie. En fait, il se demande s’il va devenir fou, et s’il va lui aussi perdre complètement la boule. Il y a cette angoisse qui l’étreint, comme j’ai cette sourde crainte de devoir aussi un jour faire face à ces démons familiaux qui font que deux tantes, un oncle et mon père sont mabouls.

Jonathan se pose aussi l’intéressante question de son propre travail et de sa démarche, et j’ai trouvé cela particulièrement intelligent et pertinent. Est-ce que c’est complètement dingue de s’être filmé comme cela pendant des années et d’en faire un film ? Ou bien est-ce que c’est au contraire ce qui l’a sauvé de la folie ?

Ce support de ses névroses est-il une catharsis ou une camisole ?

Bon, inutile de dire qu’il faut que vous alliez le voir… Vous comprenez aisément que j’ai adoré. :mrgreen: J’y suis allé seul, et ça m’a plongé dans un drôle de cocon tout le dimanche soir. D’ailleurs je suis rentré à pied, et je ne me suis même pas rendu compte du trajet, j’ai avancé comme un zombie sur ce chemin que je connais par coeur. C’est ce même soir que j’ai écouté « Vive la fête » en boucle. Humm, tiens ce n’était pas innocent ça finalement (mais l’ai-je cru un moment ?).

Tarnation

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38 commentaires sur “Tarnation

  1. Moi, je me suis demandé : et si c’était des conneries, tout ça ? Je veux dire : de la fiction. A deux ou trois moments, sur la fin notamment, je me suis permis de douter de l’authenticité des personnages. Et si Caouette nous menait en bateau ? En fait, le film pose aussi la question de la vérité comme adéquation au réel, à la réalité, à ce qui s’est vraiment passé. On s’interroge sur la façon de reconstituer une vérité à partir de document épars et de témoignages contradictoires. J’ai bien aimé ce film, moi aussi. Mais aux audaces formelles de Caouette(pas si audaciuses que ça), j’ai préféré le Nobody Knows de Kore-Eda Hirokazu (sorti la même semaine).

  2. Frenzy> En fait connerie ou pas, ce n’est pas si important pour moi. Le truc c’est que ça m’a vraiment et sincèrement touché. Ensuite, en effet, on peut se poser la question de la réalisation, du montage et de l’histoire en elle-même. On sait bien que dès qu’on touche à la réalité, même une simple transposition sur la pellicule suffit à l’altérer, alors là encore plus vu l’écrin que construit Caouette.

    Mais moi autant l’écrin que le contenu m’ont scotché. :ok:

  3. Bof bof, moi ça m’a pas transporté, c’est pas parce que l’on a une caméra et imovie qu’on devient cinéaste, comme c’est pas parce qu’on a un blog qu’on devient écrivain (Tarnation, nouveau concept de filmlog ?)

    Pour contre-balancé l’avis de Matoo, je vous copie une critique avec laquelle je suis plutot d’accord. Parce non ce film n’est pas un chef d’oeuvre.

    Critique de Raphaël Lefèvre sur http://www.cinelycee.com/film.php?id_film=837

    « Le cas Caouette

    Attention, événement. On lira très certainement çà et là – voire partout – des dithyrambes émerveillés criant à l’originalité absolue de ce roman-photo familial qui aurait pu rester sur les étagères du salon de son réalisateur. Il faut dire qu’une fée nommée Gus Van Sant (preuve s’il en est que le bonhomme n’est pas aussi intelligent que ses films) s’est penchée sur le berceau de Tarnation… J’ose espérer que ce n’est pas suffisant pour flouer le jugement critique (sa nature d’objet filmique bricolé et bouillonnant tendant à interroger les limites du cinéma est plus à même d’impressionner), mais on peut se demander si ça n’a pas joué dans la réputation magique avec laquelle le film nous arrive de Cannes…

    Le seul intérêt du film n’est malheureusement pas d’ordre esthétique, mais ontologique. L’existence même de Tarnation, qui est le produit de vingt ans de filmage, sur tous types de supports, de morceaux de sa propre vie par le dénommé Jonathan Caouette (comédien pour le moins tourmenté par les tares familiales), est en effet un phénomène digne d’attention. Il faut bien l’avouer, il y a quelque chose de fascinant – et, sauf abus de ma part, inédit – dans le devenir sur l’écran du corps de l’acteur, qu’on voit vraiment évoluer de 11 à 31 ans au sein d’un seul et même métrage. Le hic, c’est que rien de vraiment fort ne ressort de cette psychothérapie au rabais dans laquelle le sujet se réfugie dans un narcissisme scabreux recourant à une mythologie éprouvée, à la fois kitsch et sordide.

    Les problématiques à brasser n’y manquent pourtant pas. Le rapport à l’homosexualité – vécue à la fois dans le cliché de la «culture gay», excessive et chatoyante, et dans une vision underground quasi doloriste reconnaissant l’existence d’une normalité en marge de laquelle elle survivrait – constitue notamment un aspect qu’il aurait été intéressant de développer. Mais de développement, point. De façon générale, tout cela aurait pu avoir une certaine portée si un regard stimulant s’était posé de la part du trentenaire sur les traces de son passé ; après tout, on ne peut pas demander à un gamin à l’esprit torturé d’être d’emblée un génie du cinéma. Mais non content d’être filmé sans talent particulier, Tarnation est monté à l’aveuglette, et prouve aux tenants du discours démago selon lequel tout le monde peut faire du cinéma grâce à la «démocratisation» de la caméra et des logiciels de montage, que les objets qui en résultent ne sont pas forcément bons.

    On a ici affaire à du simple déballage de vie privée sans mise en perspective. Se filmer soi-même, pourquoi pas ? Mais dès lors qu’on décide de se livrer à autrui, il convient de réfléchir un minimum à la façon de le faire, de trouver tout au moins un équilibre entre instinct et éthique. Persuadé que l’innocence première de sa démarche l’absout de toute dérive et que parle pour lui sa vie digne d’un talk show putassier (le plan où sa mère délire et celui où il soumet son grand-père à un interrogatoire, tous deux d’une ahurissante obscénité, pourraient figurer dans les pires émissions du genre), Caouette balance son vécu dans un bazar audiovisuel où une structure en flash-back bidon tient lieu de piment narratif à une histoire racontée principalement par des cartons à la troisième personne (mmmh… distanciation…). Agrémentées d’un fatiguant bout-à-bout de la discothèque personnelle du réalisateur, les images viennent parfois corroborer les cartons, souvent faire du remplissage. Et ce maelström a beau s’agiter dans tous les sens, le personnage ne prend pas beaucoup d’ampleur et le film reste désespérément plat, sans densité. Difficile, dans ces conditions, de crier au génie. »

  4. Ah mais je ne suis pas en train de dire qu’il FAUT aimer, ou que mon goût des choses est celui qui prime !! De gustibus et coloribus…

    En tout cas, j’aime les avis qui diffèrent comme celui-ci. Merci. ;-)

  5. « Le truc c’est que ça m’a vraiment et sincèrement touché » : à vrai dire, moi aussi, ça m’a un tantinet bousculé. Mais c’est bien là le problème : dans la mesure où j’ai fini par douter de la vraisemblance de ce qu’on déballait là, j’ai eu une sorte de sentiment-réflexe : une sorte de défiance, de soupçon. D’où ma question : le Cahouette, est-ce qu’il chercherait pas à nous manipuler, nous, nos affects, nos sensibilités de pédés ? Il force un peu (trop) la sympathie, nan ? En tout, son mec est mignon :-)

  6. Moi je l’ai vu avec un ami au mois de mai.
    Et bien, je suis sorti de la salle en me demandant si c’était vrai parce que c’est un peu trop pour moi, il est certain que ça prend aux tripes mais trop … Je me demandais si c’était sincère, j’ai la même réaction que Frenzy.
    Mon ami et moi on s’est demandé si on allait le revoir là à sa sortie, j’en ai vraiment pas l’envie et de plus j’ai oublié.
    S’il y a un film qui m’a littéralement transporté c’est bien Eternal sunshine en attendant Tropical Malady…
    En tous cas le couple était mimi :-)

  7. Moi, ça m’a fait penser à la dernière expo de Nan Goldin à La Pitié-Salpétrière, où elle photographie sa soeur enfermée dans des hôpitaux psychiatriques – mais avec la tendresse en moins. Et ça me faisait aussi penser aux blogs : mais pourquoi s’exposent-ils tous comme ça ? Ce à quoi je me rétorque : mais pourquoi je les lis ?

  8. My God ! Je suis démasqué !
    Ouf, je suis inconnu lol

    Nom du service Notoriété Evocation Dep. Noto/Evo. Intérêt et évocation Dép. Evo./Int. Intérêt et (connaît peu ou pas) Usage et Intérêt
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    222 item19 / Q4=2 3 4 item19 / Q4=3 4 idem
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    Carte Jumelle item8 / Q4=2 3 4 item8 / Q4=3 4 idem Q11= 1 ou 2 et Q4item8=3 4 idem Q11= 1 ou 2 et Q4item8=1 2 Q11= 1 ou 2
    Répondeur item9 / Q4=2 3 4 item9 / Q4=3 4 idem
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    Telecharg. Image/SFR Logo item16 / Q4=2 3 4 item16 / Q4=3 4 idem Q23B= 1 ou 2 et Q4item16=3 4 idem Q23B= 1 ou 2 et Q4item16=1 2 Q23B= 1 ou 2
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    TU aimes ma matrice ?

  9. tu me fais buger AMAX :o)

    Abonnés – BRUT
    95%-99% Page 1/74
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    Type client TOTAL Enthousiastes Minimalistes Pragmatiques Professionnels
    TOTAL
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    Abonnés – BRUT
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    Ancienneté TOTAL
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    Enthousiastes
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    Minimalistes
    C
    Pragmatiques
    D
    Professionnels
    E
    TOTAL
    Moins d’un an
    1 à 2 ans
    2 à 4 ans
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    62 15.4 16 15.7 13 13.0 22 21.6 11 11.2
    148 36.6 37 36.4 43 42.9 37 36.4 31 30.7
    92 22.8 13 13.0 aE 18 17.7 E 16 15.6 E 45 45.0 ABCD
    21 5.2 10 9.6 d 2 2.0 c 9 9.2

    Etc. Etc.

  10. Mon petit chou à la crème, figure toi que j’ai essayé ! Mais malheureusement cela ne fonctionnait qu’avec Firefox et ça foutait grave le boxon avec IE. Du coup, je suis revenu à une mise en page moche mais qui fonctionne. Pfff. Désolé, je suis une bite dans ce domaine. (C’est dommage parce qu’en effet c’était joli comme tout en début de commentaire.)
    :boulet:

  11. Ce film est la démonstration post-moderne du manteau d’incompréhension dans lequel l’Art peut se draper : hier, les soupes Campbell d’Andy Warhol. Aujourd’hui, Tarnation.

    J’ai de plus en plus envie de le voir, ce machin. :ok:

  12. Mince, j’avais pas vu le commentaire : « Moarf, encore un truc autocentré type blog wahrolien je parle de ma queue en la filmant nan ? Comment by RebornMadelaine ».

    Et moi qui pensais faire l’esthète en citant Wahrol dans une phrase, pfffff… Mais bon, l’honneur est sauf : j’ai dit « post-moderne ».

    :croa: :petard:

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