MatooBlog
Pectus est quod disertos facit

Vendredi 31 Décembre 2004

Cinéphage Benjamin Gates et le trésor des Templiers

Classé dans: Cinéphage — @ 03:45:00

Je craignais le pire pour ce blockbuster made in Disney, œuvre syncrétique assumée par tout le monde entre Indiana Jones et le Da Vinci Code, et finalement j’en suis sorti plutôt enchanté.

Mais vraiment c’est dingue comme ça fait penser au bouquin que j’ai récemment terminé, là sincèrement, les scénaristes ne peuvent en renier la paternité. Et Indiana Jones dans le personnage de Nicholas Cage aka Benjamin Gates est aussi limpide. Ce dernier est un chercheur de trésor mais plutôt monomaniaque, en effet il cherche le trésor des Templiers qui serait aux USA (dingueuuuuh) et dont la quête est une affaire de famille depuis des générations. En fait, depuis qu’un de ses ancêtres a reçu d’un des signataires de la Déclaration D’Indépendance, une mystérieuse phrase qui détient codée le secret de l’emplacement du trésor. Mais le père de Benjamin s’est lassé de ces énigmes qui ne font que donner jour à d’autres énigmes et d’autres pistes.

Mais la quête est précipitée lorsque Benjamin, son acolyte Riley (miam), et leur partenaire un peu louche Ian, mette la main sur une pipe en écume qui donne une autre énigme liée à la Déclaration en elle-même. Ian décide de jouer en solo, et Benjamin décide de voler la Déclaration avant lui.

Deux heures de course au trésor avec cryptages savants, décodages sherlockholmesques décoiffants et incroyablement doctes (enfin en surface seulement évidemment, car si on se penche sur toutes les références historiques, je pense que c’est à mourir de rire) avec des courses-poursuites, le FBI aux trousses, les méchants, les gentils, la belle Diane Kruger (très bien sur le coup)…

J’ai trouvé cela très efficace, bien ficelé et plaisant, malgré un début qui m’a fait peur. Le commencement du film sur les chapeaux de roues est vraiment trop « toc » et trop cousu de fil blanc. Mais heureusement, le film se détache un peu d’Indiana Jones et tente de trouver sa voie, avec un personnage qui se cherche un statut de héros, qui finalement tient la route, et une histoire qui essaie de poser sa philosophie (franc-maçonne). La bonne surprise vient aussi du second rôle classique « comique » qui est rarement drôle, mais cette fois ça fonctionne bien. Justin Bartha, le coéquipier de Benjamin Gates, est très marrant à maintes reprises, et il contribue à la touche d’humour qui rend le film tout à fait regardable.

Le scénario n’essaie pas non plus de trop se raccrocher aux branches historiques, et l’histoire passe donc assez bien. On finit par accepter avec plaisir la trame de ce film d’aventures bien classique et trépidant. Evidemment, on a droit aux codes cachés dans les objets du quotidien, aux illusions d’optiques, aux caches secrètes, aux tunnels souterrains, aux mécanismes antédiluviens en pierre, mais avec vérin hydraulique (au moins !), qui fonctionnent toujours très bien. ;-)

En tout cas, il est loin de détrôner Indiana Jones… ça c’est sûr, mais il se laisse voir avec un vrai plaisir.

Benjamin Gates et le trésor des Templiers

Cinéphage Maria, pleine de grâce

Classé dans: Cinéphage — @ 02:58:51

Ce film évoque un thème plutôt « classique » puisqu’il s’agit de drogue en Colombie, mais comme Oli le disait, l’intérêt est de s’être focalisé sur des protagonistes dont on a pas l’habitude, plutôt que de signer un énième film hollywoodien sur les cartels de la drogue. Il s’agit de l’épopée d’une jeune fille qui passe de la drogue de Bogotá à New York.

Elle est une « mule », c’est-à-dire une personne qui avale des capsules étanches de drogue afin de faire passer ces substances de Colombie aux USA. A la base, elle avait une vie assez réglée, qui ne lui convenait pas vraiment mais dont elle s’accommodait. Elle travaille dans une usine à fleurs, où elle ôte les épines des roses toute la journée à la chaîne, elle a un petit copain, elle sort avec ses amis et donne la majorité de son maigre pécule à sa famille dans le besoin. Et puis voilà qu’elle découvre qu’elle est enceinte de son petit-ami. Elle ne l’aime pas, et réciproquement, alors elle ne l’épouse pas comme cela aurait du se faire. Et puis elle quitte son job sur un coup de tête. Maria est une battante, mais aussi une fille-femme têtue et indépendante.

Une rencontre inopinée la met sur le chemin d’un petit malfrat qui lui propose de faire la « mule » pour une belle somme d’argent. Elle en a besoin, elle accepte.

S’ensuit alors toute cette procédure barbare et douloureuse qui consiste à ingérer à jeun près d’une centaine de ces capsules de poudre, et puis la peur de ce processus et la terreur qui monte à l’idée du danger que cela représente (la prison, la mort si une capsule s’ouvre, les menaces sur la famille). On suit avec autant de frayeur qu’elle ces étapes, et cette jeune actrice est excellente. Son angoisse monte en puissance en même temps que celle du spectateur. Et c’est bien une victime, une victime qui pourrait être arrêtée ou mourir, mais qui a bien conscience de commettre un crime. Ce que la pauvreté peut amener à faire faire aux gens… Elle n’a pas vraiment le choix, alors elle rassemble toutes ses forces, et elle avance, avec le cœur de son fœtus qui bat en elle.

Comme Oli, je pense aussi qu’ils auraient pu en faire un film d’une ampleur bien plus importante, mais cela reste une petite œuvre indépendante avec beaucoup de charme et de force.

Maria, pleine de grâce

Cinéphage Les sœurs fâchées

Classé dans: Cinéphage — @ 02:35:27

Ce film paraissait alléchant pour cette rencontre entre les deux monstres que sont Isabelle Huppert et Catherine Frot. En outre, en faire deux frangines que des caractères diamétralement opposés va forcément provoquer des joutes savoureuses, ajouter à cela des comédiens comme François Berléand ou Brigitte Catillon, et voilà un film français fort prometteur.

Malheureusement, je n’ai pas trouvé que le résultat était à la hauteur de ce casting de rêve. Déjà les deux actrices sont cantonnées dans des interprétations tellement stéréotypées de leur répertoire que c’en est presque caricatural. On a Isabelle Huppert qui est la femme froide, frigide, cruelle et désabusée. Elle est mariée à un mec riche et vit une vie de bourgeoise coincée à Paris, elle renie ses origines modestes provinciales, et a l’air de détester tout le monde. Sa misanthropie s’exerce sans vergogne sur (notamment) son mari, son fils, sa bonne, sa sœur. Donc elle éructe, elle grogne et ronchonne, elle nous fait une Huppert plus cynique et féroce que jamais. Et voilà que débarque sa sœur (qu’elle hait comme les autres) qui est gentille, niaise, ouverte, simple, généreuse et rieuse. Une Catherine Frot candide et ingénue qui s’ébroue avec un plan de Paris pendant tout le film (énorme le cliché du plan à touriste qui s’envole). Evidemment cette dernière aime sincèrement sa frangine qui le lui rend par des coups bas bien vicelards.

Mais passé ces clichés d’actrices, c’est surtout du côté du scénario que le bât blesse. En effet, l’histoire se résume en deux mots, Catherine Frot débarque à Paris pour présenter un manuscrit chez Grasset. Heumm… D’ailleurs en passant, elle est esthéticienne au Mans, et elle vient présenter chez Grasset un livre qui raconte sa rencontre avec un homme (le titre c’est « Un homme, un vrai »), pas hyper crédible mais bon… Elle s’installe donc chez sa sœur pour quelques jours. Et voilà. Isabelle Huppert est extrêmement jalouse, alors que Catherine Frot déballe le grand jeu de la provinciale à Paris. Elle pastiche même Julia Roberts dans Pretty Woman en pleurant à chaudes larmes à l’Opéra. Elle charme tout le monde avec sa gentillesse et sa nature clémente, et horripile encore plus sa sœur. On a donc droit à nos duels verbaux, mais rien que de très convenus. Et finalement, il ne se passe pas grand chose dans ce film malgré les quelques tentatives de percées du côté de la famille des deux sœurs, du couple Huppert-Berléand (avec quelques scènes catastrophiques je trouve)…

Mais bon, je ne vais pas non plus détruire le film, car même si elles cabotinent un peu dans leurs rôles caricaturaux, elles sont évidemment sublimes. Quelques scènes d’engueulade sont particulièrement réussies et puissantes, notamment quand Huppert devient complètement hystérique en un quart de seconde (extraordinaire !). Je suis seulement déçu que le scénario ne soit pas un peu plus étoffé, les personnages un peu plus nuancés et les dialogues plus incisifs. Ah oui, c’est beaucoup tout de même ! Cela se regarde donc sans peine, mais sans le plaisir extatique que j’imaginais. J’en demande peut-être trop d’ailleurs aux vues des critiques plutôt encourageantes que j’avais lues jusque là.

Les soeurs Fâchées

Mercredi 29 Décembre 2004

Matooyage Quel beau métier…

Classé dans: Matooyage — @ 20:06:37

Je suis passé en métro à St Paul hier, et je vois qu’il y a de nouveaux sièges. Ce sont des sièges pour une personne et vraiment moulé en demi-sphère, genre design des années 90. Je me dis rapidement qu’en plus d’être un siège moche, c’est surtout un procédé typiquement anti-SDF. On a vu fleurir dans les stations de métro toute sorte de nouveaux sièges pour éviter que les clodos viennent y dormir ou puissent s’y installer durablement. Il y a donc eu des bancs en bois avec des sortes d’arçons pour séparer les places, mais certains ont réussi à s’en accomoder avec des morceaux de cartons et de plastique. Peu à peu, on supprime toutes les surfaces planes rehaussées qui permettaient à un plus grand nombre de voyageurs de s’asseoir, mais aussi aux SDF de s’allonger et de pioncer là.

Et c’est vrai que cela chasse temporairement les pauvres gens qui errent toute la journée à là recherche d’un endroit à squatter. C’est un drôle de dilemme social, car je trouve ça dingue qu’on repousse la misère hors de la vue des gens sans s’en soucier plus que cela , et d’un autre côté j’ai connu Bréguet-Sabin (où j’habitais alors) avec des dizaines de personnes qui y « résidaient » carrément ce qui n’est pas non plus une solution viable.

Mais surtout je me pose la question des gens à qui l’on soumet ce problème, et à qui on demande d’inventer des procédés anti-SDF comme on invente des mobiliers urbains anti-tags ou anti-vandalisme. Il doit exister des projets officiels dans des sociétés qui s’intitulent : « mobilier urbain RATP nouvelle génération : anti-SDF ». Avec des gens qui s’ingénient à trouver les meilleures solutions pour maximiser l’inconfort des gens qui souhaiteraient s’allonger là.

De la même manière, je me demande comment ça se passe dans les services marketing de ces sociétés et d’autres qui commercialisent des produits dont les débouchés ou les marchés sont « limites ». Est-ce que ces entreprises ont fait des démonstrations à la RATP en leur assurant les propriétés anti-clodo ? J’entends par là aussi, par exemple, que les producteurs de vinasse en bouteilles plastiques genre La Villageoise ont bien des projections de vente, et qu’un de leur segment de marché est celui des SDF et celui des alcooliques ultimes. Est-ce qu’ils ont des tableaux de bord avec ces mêmes étiquettes ? Est-ce que la paupérisation a augmenté leurs ventes ? En sont-ils contents ou bien seulement inconscients ?

Un autre exemple un peu plus trivial est celui d’OCB tiens ! Est-ce qu’ils tiennent compte de la progression des fumeurs de oinjes, ou est-ce qu’ils pensent vraiment que le marché de la clope roulée est en pleine expansion en France ? Les responsables politiques doivent bien savoir qu’il y a une corrélation entre les deux, alors est-ce qu’ils se renseignent sur les ventes d’OCB pour estimer la consommation de drogues douces « fumées » en Gaule ?

Un truc encore plus drôle est d’imaginer les concepteurs de préservatifs ou de godes, comment donc est-ce que ça peut se passer ?Y a-t-il des ingénieurs de 50 ballais qui bossent sur des études industrielles pour Durex ou IEM ? Les designers de gode, qui sont-ils ?

En pensant à ces sièges et à cette « élimination » des SDF (oui je rêvassais tout cela dans le trome), j’ai repensé à une chose qui m’avait énormément choquée, troublée et fascinée quand je l’avais vu. Il s’agit du film « Amen » de Costa-Gavras où l’on voit des ingénieurs du régime nazi étudier de manière très sérieuse comment augmenter et rationaliser l’élimination des prisonniers des camps de la mort. Il y a vraiment eu des ingénieurs pour plancher sur ce genre de problèmes…

D’ailleurs il y a toujours des ingénieurs partout dans le monde pour créer, innover, perfectionner des armes de tout genre. Il existe certainement des cahiers des charges et des matériaux publicitaires qui vantent et explicitent le nombre de gens tués, la puissance et la précision de ces « outils de pacification » ou autre litotes de bon aloi. D’ailleurs en France, il ne faut pas aller loin pour trouver de grandes entreprises militaires ou d’armements qui font la fierté du pays en ce funeste domaine. Mais quand on bosse sur la portée d’une bombe ou la nocivité d’une molécule chimique, qu’est-ce qu’on peut bien se dire ? Après tout, si on ne le fait pas, quelqu’un d’autre ne se gênera pas, et puis cela reste un job qualifié et très intéressant ? Glups.

Et il n’est pas difficile quel que soit son job, de faire un lien avec une entreprise plus ou moins liée à de telles activités. Je suis complètement en ligne de mire d’ailleurs dans le genre, puisque ma boite fait partie d’un groupe industriel bien connu. Mais je garde la tête haute, je travaille pour un éditeur de logiciel, un logiciel de design et de simulation qui sert à concevoir tout et n’importe quoi. Oui, oui, tout, genre un grille-pain, une voiture, un avion ou un téléphone. Ou n’importe quoi comme un avion militaire, un missile, un drone ou un porte-avion.

Et moi j’ai l’habitude de faire le marketing de ces logiciels, m’occuper de concevoir des manières de vanter nos qualités pour dessiner des chaussures modasses, des cafetières design ou le dernier concept-car qui tue. Et puis parfois, je dois faire un peu de bruit sur des nouveaux contrats. Tiens justement on vient de gagner un gros bizness avec la boite qui conçoit des destroyers pour la Navy, et je dois pondre un petit « package promo » sur ce sujet « shipbuilding ». Cool, en plus le sujet m’intéresse et les images de synthèse sont superbes. Et puis, je bosse un peu avec le DA sur la maquette d’une page du site web, je récupère alors les matériaux de communication pour voir ce qu’on peut utiliser. Il y a une très belle image en perspective du bateau avec les canons et tout, c’est grandiose, très altier et militaire, très propre. Je décide d’utiliser cette image, et puis je la scrute un peu plus précisément. Le décor de fond est un rivage au lointain et dans le crépuscule, avec évidemment la mer, le tout dans les tons verts et gris. Mais je regarde mieux, et je vois des lueurs jaunâtres dans un coin de l’image, sur cette côté reculée. Ah ok… ce sont des flammes. Ah… Ok, je viens de m’esbaudir devant l’image d’une maquette numérique d’un destroyer américain avec les canons qui fument qui vient de virtuellement mettre à feu et à sang un territoire. Comment ont-ils pu produire une telle image ? Quoique après tout c’est une vision sincère de ce couteau de boucher flottant.

Qu’est-ce que j’ai fait ? Ah mais, j’ai simplement demandé au DA de retoucher l’image dans Photosh… hop, plus de flammes… Et j’ai gardé la belle et fière vision du navire qui croise pacifiquement.

Terrible non ?

Les sièges dont je parle... Photo by Strokkur (merchiiiii)

Matooyage Ciao Sylvia

Classé dans: Matooyage — @ 15:06:31

Hier soir j’étais invité chez une des meilleures amies de Sébastien (feu Ange Etrange) qui fêtait son départ pour Rome. Une fête car ce n’est pas un simple départ touristique mais bien une véritable installation chez nos cousins transalpins. C’est marrant car c’est arrivé très vite et de manière assez inopinée, un peu comme ces trentenaires qui décident de changer de vie ou de boulot arrivés à l’âge fatidique. Sylvia est pourtant plus jeune, donc c’est autre chose mais il s’agit probablement de cette envie de changer de vie, de se dépasser, de croire en soi, et de se mettre un peu en danger pour mieux se sentir vivre, de se challenger pour en sortir encore plus adulte et accompli. Elle quitte sa famille, ses ami(e)s, son boulot, son appartement, et hop ! Ciao ciao.

Evidemment elle n’en menait pas large hier malgré la satisfaction, je suppose, de voir qu’on est encore libre à notre âge et que cette décision, un peu folle et courageuse, prend forme puisqu’on en est aux aux-revoirs. On la sentait donc aussi heureuse que possible, et naturellement fébrile…

J’ai passé du bon temps avec Séb, Marie, Antoine, Nat et son copain (Oooh soooo sexy) Nicolas. Evidemment la Déesse Alcool a correctement été louée et son autel bien fourni en offrandes diverses et variées. Elle a su inspirer à ses adeptes des remarques et des actions qui m’ont encore bien fait mourir de rire. Mais ce n’est pas drôle, dès qu’il y avait une grosse connerie on me regardait en me disant : « Ah nan, ça tu peux pas bloguer !!! ». :mrgreen:

La trentaine frémissante, qu’est-ce que je vais bien pouvoir foutre en l’air dans ma vie ? Oh je crois que je n’aurais pas à chercher longtemps, c’est certainement le genre de choses qui vient tout seul. Mais je suis un mec tellement flippé de la vie dans le fond, que j’espère que j’aurais le courage de suivre mes impulsions, simplement pour ne rien regretter (ou pas trop) dans vingt ans. Ma philosophie de toute façon m’enjoint à ne jamais regretter, mais plutôt continuer à avancer. On verra. ;-)

Mardi 28 Décembre 2004

Matooyage Utrique fidelis

Classé dans: Matooyage — @ 19:57:06

La semaine commence vraiment bien, j’ai déjà vu pas mal de monde et je me repose bien. Cette petite période anti-laborieuse me fait un bien fou. Déjà pour dormir, mais aussi pour flâner et pour voir des amis. Hier notamment, j’ai déjeuné avec Caro et Fabrice. Caro est une amie de Cécilia, qui m’avait présenté Fabrice qu’elle connaissait de la Fac (encore un truc du genre « tiens j’ai deux potes pédés, je vais les présenter »). J’étais même sorti avec Fabrice pendant au moins deux jours après avoir lutté comme un lion pendant des semaines pour me le faire. Il en a résulté finalement une belle amitié, à laquelle je tiens énormément.

J’étais donc extrêmement content de passer un peu de temps avec eux vers la Butte aux Cailles. On a encore fait halluciner Caro avec nos mœurs de pédébarbares, notamment concernant la fidélité. En voilà une notion qui en a fait coulé de l’encre et fait pondre des posts à droite et à gauche. Fabrice et moi étions plus ou moins d’accord sur le fait qu’elle était sous-entendue comme une fidélité de cœur et de corps. Mais nous étions aussi tous les deux en phase sur le fait que si l’un des deux y contrevenait, cela passait tant qu’on n’était pas au courant, et qu’on ne voulait pas du tout l’être le cas échéant.

Pour Fabrice il s’agissait de permettre à l’autre d’assumer des pulsions sexuels auquel lui ne se sentait pas de répondre, et ainsi de permettre l’équilibre du couple, tout en ne le mettant pas en danger pour un problème heu… hydraulique ! :mrgreen: Moi je suis un peu moins précis là-dessus… je sais que beaucoup de choses peuvent advenir dans un couple. Je pense qu’on peut faillir et rester amoureux et sincère. Je pense qu’on peut aussi être indécis à certains moments. Mais là mes amies hétéros me disent qu’au contraire c’est aussi en ne franchissant pas la ligne de conduite qu’elles se sont fixée qu’elles mesurent la grandeur de leur amour.

En tout cas, je sais que je ne veux pas de couple libre ou de trio. Evidemment je changerais peut-être plus tard, c’est vrai que la donne peut certainement évoluer après quelques années. Mais je suis tellement jaloux que je ne vois pas comment je pourrais imaginer mon mec en train de baiser avec un autre, même si je suis là, et encore pire que chacun fasse son marché de son côté. Et pourtant ça a l’air d’être le quotidien de couples qui fonctionnent plutôt bien. Alors la duplicité plutôt que l’honnêteté ou la sincérité ? Aheum… oui en fait. Dans ce cas précis, j’estime en effet que l’on a le droit de s’affranchir de ces règles pendant quelques temps, comme une période de probation, ou simplement de folie, qui permet de reprendre ses esprits, ou de les perdre complètement. On revient alors dans la relation rasséréné et rassuré, ou alors on en tire les conséquences…

Mais peut-être qu’après quelques années, il est pragmatique de se dire que le sexe peut se vivre en-dedans et en-dehors du couple en toute quiétude et sincérité. Mais au fond, je ne pense pas fonctionner comme cela. Nous ne sommes peut-être non plus pas tous égaux de ce côté là. ;-)

Aujourd’hui, je devais aller déjeuner à Place d’Italie avec Cécilia, Caro (bis repetita) Sophie et X. Ce dernier était avec moi, et je lui ai donc demandé si cela ne lui faisait pas trop peur de rencontrer mes gentilles copines. J’ai senti l’angoisse monter en lui, mais finalement non, il a été impeccable comme je le pressentais. :mrgreen: Et comme des midinettes, dès qu’il est parti fumer sa clope, elle m’ont demandé plein de détails, et m’ont confirmé : « il est très très bien ».

Nous sommes allés faire un tour à la keufna (FNAC pour les béotiens), et là j’ai eu une bonne expérience pour l’égoblog. En effet, au détour d’un rayon, un employé de la FNAC m’apostrophe en me faisant un grand sourire « Hey Mathieu ». Et hop, il est agrippé par une dame qui lui demande où se trouve le dvd du Seigneur des Anneaux (la connasse, on ne voyait que cela en plus). Le truc c’est que je ne connaissais ce jeune homme ni d’Eve ni d’Adam donc je cherchais rapidement dans ma base de données interne (Cergy, Primaire, Collège, Lycée, IUT, Ecole, boulots, boites, Paris, colos, potes de potes, soirées etc.), mais elle m’a rendu un « Sorry. No Match. ». Il est rapidement revenu vers moi et s’est présenté. Rachid donc me connaît du blog, et m’a donc reconnu. Aaaaaah je kiffe ! Il m’a fait plein de chouettes compliments, et cela m’a beaucoup touché et flatté. Cela compenserait presque le mail de la semaine dernière où l’on se plaint de mon « imbécillité congénitale ».

Donc, merci Rachid. ;-)

Dimanche 26 Décembre 2004

Matooyage Ferrosynchronisme

Classé dans: Matooyage — @ 22:49:18

J’ai rencontré mon amie Virginie au lycée, il y a (putain) donc dix ans, et dès lors nous sommes devenus très proches. Les amis, comme les amours, sont parfois rapprochés par des points communs ou au contraire des divergences. Avec Virginie nous avons rapidement trouvé une connivence intellectuelle et amicale, malgré des caractères très différents, mais surtout nous avons un « référentiel » commun qui est un véritable catalyseur de bonne entente. En effet, nous venons d’une ville voisine, d’une famille dont le profil est relativement similaire à la fois en culture, en rites, en relationnel, nous partageons beaucoup de valeurs communes en ayant des mêmes racines. Cela fait que nous nous comprenons très souvent à demi-mot et que la communication entre nous a toujours été claire et saine.

En ce moment, nous sommes particulièrement sur la même longueur d’onde. Nous avons commencé par nous dégoter un petit-ami le même jour, et voilà que mon portable sonne dans le RER cette après-midi, alors que je rentrais sur Paris.

Moi : Allo, salut Virginie !
Elle : Salut Mathieu. Ca va ?
Moi : Ouai impec, je rentre sur Paris là, je suis dans le RER.
Elle : Ah bon ? Mais moi aussi je suis dans le RER, et je rentre sur Paris.
Moi : Mais t’es où ? Mon train repart de Cergy-Neuville là.
Elle : Ah oui eh bien le mien aussi.
Moi : On descend à la prochaine alors, et on se retrouve ?
Elle : Ok, à tout de suite.

Moi qui regrettait de n’avoir eu le temps de la voir pendant ces quelques jours avant qu’elle ne rentre sur Montpellier, j’ai eu une sacrée chance ! Du coup, nous nous sommes installés ensemble et avons papoté pendant tout le trajet. Et opportunité supplémentaire, son nouveau petit copain, Benoît, l’attendait à Châtelet, ainsi j’ai pu voir le bellâtre qui a volé le cœur de ma copine.

Je vois débarquer sur le quai des Halles un grand gaillard d’un mètre quatre-vingt dix avec le sourire émail-diamant et une gueule à tomber. Waowww. Putain elle se tape une bombe la Virginie ! Je suis trop content pour elle, c’est évidemment seulement un bon début pour le moment, mais ce qu’elle m’a raconté de lui me fait dire qu’il y a tous les ingrédients pour que ça fonctionne vraiment bien entre eux.

Et puis, je suis rentré tranquilou chez moi… petite soirée en solo, bien posé dans mon appartement avec le chauffage à donf… les blogs à rattraper, le MSN qui chauffe et moi qui tape, tape, tape sur Word pour ça ou autre chose. ;-)

Virginie et Matoo par Phil :

Matoo et Virginie

Matooyage Merry Dallas

Classé dans: Matooyage — @ 01:13:33

C’est bon, c’est fini, on peut officiellement annoncer que Noël pour 2004, c’est derrière nous ! Je ne suis finalement pas mécontent de ces deux journées.

Dans ma famille on célèbre traditionnellement le réveillon et le jour de Noël, on passe le 25 chez mes parents, et le 24 chez leurs frères et sœurs. J’ai évoqué à maintes reprises cette originalité nuptiale qui consiste à avoir le frère de ma mère qui est marié à la sœur de mon père (on suit ?). Les fameux oncle et tante qui sont les parents de mes cousines-frangines.

Cette année était différente, mes cousines sont toutes deux mariées et ont plusieurs enfants, donc des belles familles et d’autres obligations. Aussi c’est la première fois en 28 ans que nous n’étions pas rassemblés en ce réveillon, et ça m’a fait beaucoup plus ennuyé que ce que je subodorais. Ces deux cousines sont vraiment comme mes sœurs, et ça m’a peiné de ne pas les avoir hier soir. Mais nous étions invités chez mon oncle et ma tante le lendemain, donc ce n’est pas non plus la cata.

Et puis, il est normal que cela arrive. A chaque génération des noyaux familiaux se reconstituent ainsi. Je crois que je culpabilise un peu à cause de mes parents, même si c’est tacite. En effet, ils sont les derniers à ne pas avoir de petits enfants, et à profiter de cette démultiplication familiale. Cette dernière étant l’épanouissement de tout parent lorsque leurs enfants deviennent eux-mêmes des parents. Cette soirée à mis en exergue le léger retard que nous accusons mon frère et moi, sachant que ma situation rend un peu risquée tout prospective procréative, et que cela me peine pour eux. D’autant plus que mes parents ont divorcé récemment, et que des petits enfants seraient un ciment supplémentaire pour notre petite cellule familiale énucléé.

L’espoir était tout de même de mise puisque mon frangin Jérôme nous a amené sa petite amie Anne-Lyse. Je crois qu’ils sortent ensemble depuis un mois ou deux, mais bon avec les hétéros… (lol) C’est surtout le fait qu’elle accepte de rencontrer la famille de son mec dans ces conditions qui m’ont épaté. Et je dois dire que cette petite (l’âge de X. !) a remporté tous les suffrages. Je l’ai trouvé charmante et vraiment agréable. D’ailleurs MonOncle et MaTante ont été unanimes : « On l’aime beaucoup. Elle a un bon coup de fourchette, et elle boit son petit coup. C’est très bien. ».

Ce 24 fut dont tranquille et serein, il n’y avait que mes parents, mon frangin, sa meuf et mon grand-oncle et ma grande-tante. Evidemment, mes parents continuent à faire comme s’ils étaient mariés, mais encore plus que jamais… Ils dorment évidemment toujours dans le même lit, et mon père est d’une humeur plus excellente que jamais. Il a pourtant trouvé un appartement à Cergy, et devrait y emménager prochainement. Je suppose que cela changera alors la donne, mais jusque là, c’est vraiment la quatrième dimension. Il y a aussi indéniablement la présence d’Anne-Lyse qui nous a poussé à une certaine représentation de nous-mêmes. Nous voulions faire plaisir (et honneur) à Jérôme et j’ai remarqué que tout le monde se tenait pour donner la meilleure image possible à notre néophyte. Mon père notamment n’a pas du tout été ouf, ou alors dans sa facette la plus irrésistible. Il a donc été très drôle et spirituel, comme toujours original et attachant. Moi j’ai joué le frérot qui explique les rites et codes familiaux, en instaurant le plus vite possible une amicale complicité entre nous.

Aujourd’hui, nous sommes allés chez mon oncle et ma tante donc, et j’y ai retrouvé mes cousines, leurs maris, leurs enfants etc. La véritable fête de Noël pouvait donc commencer, et j’ai encore trouvé ça génial. C’est un peu une remise à zéro des histoires et des existences des uns et des autres… j’ai raconté le Japon, j’ai conté à mes cousines l’abécédaire de ma vie sentimentale fait notamment de M., de X., elles m’ont donné des nouvelles de leurs maisons, boulots, scolarités de gamins etc.

Par conséquent, maintenant que nous étions en famille, seulement en famille, les névroses épanouies, les psychoses sur les starting-blocks, nous pouvions nous comporter sans grimage. Tout a commencé par une sombre histoire de carottes et de navets… je n’ai pas bien compris. Ma tante a apporté un plat de ces légumes cuits devant ma cousine en lui faisant une remarque en coin. J’ai vu la moue boudeuse de ma cousine se former, une lèvre trembler avec nervosité, et elle a rétorqué silencieusement : « C’est pour hier que tu me dis cela ? Tu trouves que j’élève mal ma fille c’est ça ? Je sais bien que c’est encore ça ! ». Sa mère lui répond avec un sourire encore plus fébrile et gêné : « Ah mais nan, je rigolais… je ne faisais pas du tout cela pour ça ». Mon autre cousine en face qui regarde sa sœur et lui dit : « Mais nan, ne le prends pas mal… elle ne trouve pas que tu élèves mal ta gamine ». Et voilà ma cousine qui, telle Sarah Bernhardt, se lève de table les yeux en larmes et quitte précipitamment l’assemblée pour sortir prendre l’air. Evidemment, sa sœur choquée, troublée, émue, bouleversée la suit immédiatement pour la réconforter. Leur mère est alors touchée en plein cœur et déclame qu’elle ne comprend pas, qu’elle n’a rien fait, que c’est encore sa faute, qu’elle ne saisira jamais comment sa fille peut fonctionner… Elle s’enferme alors aux toilettes, puis ressort et file à son tour dehors. Ma maman n’écoutant que son courage et dans un élan de solidarité féminine va rejoindre les autres femmes pour tenter de leur rendre raison.

Pendant ce temps-là, mon oncle, mon père, mon frère, les gendres et moi, nous continuons à manger. Je dis alors solennellement : « Comment ça m’a trop manqué hier l’ambiance Santa Barbara, c’est trop cool la famille ! », mais ils ne m’ont pas répondu, les hommes sont vraiment trop coincés. Et moi pour tuer le temps, je joue l’imbécile avec MaTante en lui racontant des bobards pour expliquer la scène précédente. Etant donné qu’elle est complètement sourde, nos repas de famille sont un peu comme un bon Buster Keaton pour elle.

Dix minutes plus tard, elles sont rentrées toutes les quatre en rigolant et en conversant gaiement, avec les yeux cerclés de mascara non waterproof. Tout allait mieux apparemment. Ma tante a pris sa fille dans ses bras en lui faisant un gros câlin, tandis que ma cousine s’excusait d’avoir fait ça à ce moment là. Ma mère avait l’air satisfaite de son rôle de médiatrice, et mon autre cousine s’est rassise en face de moi en soufflant : « Bon tout va bien. ». Chrystelle est revenue à côté de moi, et je lui ai fait un bisou à mon tour.

Tout le monde s’est tu pendant quelques secondes, cela m’a laissé le temps de lancer à la cantonade : « Putain c’est vrai Chrystelle, tu l’élèves pas très bien ta fille ! ». Tout le monde a rigolé, et le mascara a pu continuer à couler… de rire !

Aaaaah ma famille… comment ne pas les aimer ?

Vendredi 24 Décembre 2004

Matooyage Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant…

Classé dans: Matooyage — @ 17:34:58

Mais pas d’une femme inconnu que j’aime et qui m’aime, mais plutôt de moi en fournisseur de Rocher Suchard à la cours de Louis XIV. Ouai je sais, c’est assez original !

Encore ce matin, je me suis réveillé avec ce songe familier. Je dis « encore ce matin » car c’est un vrai rêve récurrent qui me poursuit depuis des mois, voire des années. Il se passe de temps en temps des choses différentes, mais en gros le décor et les personnages ressemblent pas mal à « L’allée du Roi » qui est un téléfilm que j’avais beaucoup aimé sur la vie de Mme de Maintenon (sooooo queer !) avec Dominique Blanc. Donc je suis pâtissier ou plutôt chocolatier, et un jour je vais à la cour, car petit à petit j’ai gravi les échelon de cette supercherie absolutiste grâce à mon invention culinaire qui tape grave sa mère tellement qu’elle est bonne : les Rochers Suchard au lait. Vous savez les rochers avec un cœur en praline relativement mou (et super gras), enrobé de chocolat plus craquant et saupoudré de pralin en poudre qui croque sous la dent. Le tout soigneusement et richement emballé dans sa gangue de papier alu brillant rouge et or.

Est-ce que j’aime ça ? Putain mais oui, j’adooooooooore ça ! Mais j’ignore s’il y a un lien entre mon assuétude et mes songes.

Donc je vais à la cour, et j’ai un gros paquet de Rochers emballés sous le bras, et je traverse antichambres après antichambres, et tous les nobliaux me matent avec jalousie et sournoiserie. Ils attendent que je me plante et que Loulou aka Monsieur Soleil trouve mes chocolats dégueus. Mais je garde la tête haute, et je traverse le château de Versailles avec dignité, auréolé de mon chouette costard d’époque et ma perruque à bouclettes (un vrai drag !). Finalement je débarque devant une sorte de conseil où le Roi trône au centre.

Et là j’ai les boules de chez boules, mais je commence ma petite tchatche, et surtout j’offre un Rocher à Loulou. Et là évidemment, il kiffe grave à donf sa race, tellement ça lui plait, que ça lui émoustille les papilles de la bouche comme une vraie éjaculation de la langue. J’ai donc gagné mon pari, et je deviens le chocolatier officiel de sa majesté. Ensuite, je lui explique (car on devient vachement intime) les différentes manières de déguster les Rochers… en grignotant la coque chocolatée puis en suçant petit à petit le praliné, en enfournant la totale en deux bouchées gargantuesques, en croquant morceaux par morceaux en mélangeant bien le dedans et le dehors afin de jouir des différentes sensations gustatives et physiques… le craquant du pralin, le fondant et la douceur du chocolat praliné… et puis laisser le goût peu à peu envahir la bouche, la langue, le palais… respirer et sentir le chocolat dans tout son être. Et puis, j’invente plein de recettes à base de Rochers… concassés, soufflés, braisés, cuits, bouillis, grillés etc.

Ce qui est fou c’est que je deviens un mec très important dans le royaume, et surtout la coqueluche de Louis XIV, et donc autant convoité que détesté de la cour et de ses manigances et félonies.

Evidemment, il n’arrive pas la même chose à chaque fois. Là j’ai un peu compilé, sachant que je reviens parfois à zéro, ou alors je suis déjà dans la place, et je dois me défendre contre Twix ou Rolo qui veulent me piquer le marché, les cons ! :mrgreen:

Voilà, voilà… oui oui vous pouvez dire que je suis ouf. Là je ne pourrais plus trop contredire… :-)

Ce qui me fait rire c’est vraiment le côté répétitif du rêve, et puis cette folie des grandeurs associée à ce chocolat… Mais je suis intrigué par d’autres éléments : le fait que je sois super anti-royaliste mais que j’aspire au contraire dans mon rêve à devenir le larbin royal (le chien du roi est le roi des chiens…), le fait qu’il s’agisse d’un Rocher Suchard, c’est-à-dire un chocolat à deux balles mais dont je suis réellement féru, etc.

Enfin, je ne suis peut-être que gourmand avec le fantasme secret de me traveloter ! ;-)

Et puis souvent je me réveille du coup avec une envie dingue de bouffer un Rocher. Ce matin, ce qui était cool, c’est que X. était là, donc je ne me suis que discrètement collé contre son flanc chaud et doux, mon visage dans le creux de son cou, et son odeur qui m’affole, et me suis rendormi avec d’autres pensées, une autre fringale beaucoup plus salutaire.

Sur ces considérations chocolatées, je vous souhaite un bon noyel, et je vais quitter le boulot (enfin) pour une semaine de néant total. Ô merveille.

Jeudi 23 Décembre 2004

Matage Outside Joyeux NawakNoyel du boss

Classé dans: Matage, Outside — @ 17:37:05

Certains ont peut-être remarqué que j’avais installé une MatooTV dans le menu à droite. En effet, j’ai découvert les joies du flv (vidéo compressée et streamée dans un flash) et je trouve que c’est vraiment cool de pouvoir partager certaines séquences comme cela.

En voilà une qui me rend particulièrement hilare, et qui est bien adaptée à la saison. Je serais d’ailleurs curieux de voir l’originale, qui devait être aussi comique dans un autre genre.

Enjoy ! :mrgreen:


Mercredi 22 Décembre 2004

Matooyage Copain germain

Classé dans: Matooyage — @ 17:43:49

La vie d’homo commence souvent au mieux à l’adolescence, et la plupart du temps après le lycée. Il faut le temps de se découvrir, d’expérimenter, de s’assumer etc. Et puis, on s’émancipe souvent dans des milieux extérieurs au sien pour éviter de se griller, et d’abord conserver l’anonymat de ce phénomène mutant étrange. Aussi cela commence en vacances lorsqu’on rencontre des gens nouveaux, ou après une soirée étudiante arrosée. Ensuite Alors qu’on devient formellement gay, une nouvelle race de potes peut poindre : les pédés. Ces potes deviennent alors le terreau de nouvelles rencontres, amitiés, amours, et nous séparent quelquefois de manière un peu nette (mais temporaire pour la plupart) avec les gens qu’on fréquentait précédemment.

C’est ainsi que ma vie avant et après l’IUT n’a vraiment pas été la même. Les études supérieures ont représenté pour moi une scission terrible entre ces deux existences qu’ont été l’avant et après révélation de l’homosexualité. Plus je remonte dans les années, et moins j’associe ce que j’ai vécu à des éléments gays. La ville d’où je viens et à laquelle je suis viscéralement attaché, Osny dans le 95, est complètement détachée de tout l’univers gay qui est complètement parisien pour moi, et pour mon expérience. Et pourtant… je l’ai toujours été évidemment (enfin moi oui, c’est évident), et j’ai toujours désiré des copains, et fantasmé encore plus. Mais bizarrement j’étais à 3000 kilomètres de m’imaginer et me projeter plus tard tel que je suis aujourd’hui.

Et pourtant… ma cousine Chrystelle qui m’est la plus proche (celle qui est comme ma frangine) avait un très bon copain de primaire qui se prénomme Michael, je pense que j’ai du le rencontrer la première fois en CM2 à une fête d’anniversaire de ma cousine. Et je me souviens qu’il me plaisait déjà ce con. Des beaux yeux bleus, une grande gueule et un charme fou quoi. Et les années se sont égrenées, et nous nous sommes vus et revus par l’intermédiaire de Chrystelle, toujours pour des fêtes, et plus tard au collège où nous nous fréquentions de loin (il avait un an de moins que moi, et donc ne fréquentait pas les mêmes classes).

Et puis, le lycée arrive, et même ma cousine perd de vue ce garçon au bout de quelques années. De temps en temps, tout de même on se croisait et un sourire, un salut, comme un clin d’œil, venaient éclairer nos visages et nos souvenirs de mômes. D’autant plus que ce garçon était autant que moi lié affectivement à notre ville natale. Et puis, un jour, alors que j’habitais depuis longtemps sur Paris, je vais à une soirée à Cergy avec des potes hétéros. Nous allons boire un verre au pub du coin « Au Bureau » (LE pub de Cergy de l’époque), et je le croise dans une foule dense et enfumée. Je le vois de loin, nos regards se croisent, et les doutes s’estompent… « putain il est pédé ! ». Enfin, il avait en tout cas les deux oreilles percées et des mèches décolorées, oui y’avait des chances ! ;-) Et toujours ces yeux bleus de tueurs, ses tempes grisonnantes ainsi que ce sourire désarmant. Mais je ne crois pas qu’il m’avait vu, et je m’étais enfui, dégonflé.

C’est un an après, que dans le même endroit, avec des amis de banlieue, je retombe nez à nez avec Michael. Cette fois, nous avons parlé, échangé quelques phrases banales d’amis d’enfance qui se retrouvent après des années de silence et d’éloignement. Rien d’extraordinaire, mais de quoi me convaincre de son charme et de son orientation sexuelle. Encore une fois, je ne sais plus trop ce qui a cafouillé mais nous en sommes restés là (il était avec son mec je crois… arf).

C’est encore plus tard… courant 2000, que le contact finit par se renouer. Comme souvent dans ces années pédécybernétiques balbutiantes, ce fut le déclic Caramail. Je crois que je l’ai accosté car j’avais vu « Osny » dans son ASV (arf, ASV… ça sonne tellement cara !), et nous avons tchatché de tout et de rien. On s’est plutôt bien entendu, et classiquement il me demande une photo, que je lui envoie. Alors il m’écrit : « Mathieu B… le cousin de Chrystelle ? ». Aheuuuuuum ! Aaaaaaaaaaaaaaah ! Mais t’es quiiiiiiiiiii ?

Il n’a pas fallu longtemps pour que nous trouvions le fin mot de l’histoire, que je découvre qu’il était fraîchement célibataire, et que nous devions nous voir car nous avions plein de choses à nous dire.

La rencontre fut dingue car c’était une première fois qui n’en était absolument pas une. Assez naturellement, nous avons dont évoqué toutes ces années, nos souvenirs, nos attaches et finalement nous découvrions une inclination aussi surprenante que grisante. Et badaboum, nous sommes sortis ensemble. Quand j’ai dit cela à ma cousine, elle a halluciné évidemment. Et j’étais aussi ébahi qu’heureux de me sentir aussi bien avec Michael car nous étions de la même ville, du même background en quelque sorte, et c’était presque comme si nous devions le faire. En plus, je garde un très très bon souvenir de tout ce que nous avons fait. :mrgreen:

Et puis, c’est vite retombé comme un soufflé, plutôt prévisible d’ailleurs… Lui était plus ou moins en train de se remettre avec son ex, et clairement nous avions un riche passé en commun, mais un présent qui ne nous donnait plus beaucoup de raisons de nous rapprocher. Et passés ces moments extatiques où je sortais avec un mec d’Osny, à Osny ( !!!!), il m’a vite largué, au grand dam de ma cousine. :-)

Cette relation m’a aussi un peu réconcilié avec mon passé et certains démons de mon enfance. C’était fugace mais malgré tout un pas important, juste avant que j’entame une relation longue et fructueuse avec Nicolas, ce qui n’est pas complètement un hasard.

Ce même Michael vient de me retrouver par mon blog, et m’a envoyé un mail il y a quelques jours, du coup : vlan ! Tout m’est revenu en mémoire, et j’ai voulu l’évoquer. Jamais je n’aurais cru que je pouvais sortir avec un copain rencontré alors que j’étais en primaire. Comme quoi…

Mardi 21 Décembre 2004

Matooyage La bonne image

Classé dans: Matooyage — @ 16:41:30

En dépit d’une situation sans espoir, et malgré les politiques de normalisation envahissant la culture, je concevais toujours mon homosexualité comme une aventure, une chance de franchir non seulement les barrières entre les sexes mais aussi les barrières de classe, tout en me permettant aussi de violer quelques lois au passage. Sinon, me disais-je, autant être hétéro.

Bruce Benderson, Autobiographie érotique.

J’ai écrit n posts qui insistent sur ce que je pense de l’image des homos dans la société, du coup, j’ai l’impression de me répéter. Mais comme des gens différents me lisent aujourd’hui, je ressens un peu le besoin d’en remettre une couche, histoire de ne pas ressortir un vieux billet.

Je réagis surtout à l’actualité qui a ramené sur le devant de la scène la fameuse « image » des pédés. Aujourd’hui, on peut en effet tolérer un homo, même à droite, mais il doit être intégré, autrement dit il ne doit pas « faire pédé », ne pas être efféminé, ne pas évoquer trop sa sexualité, et avoir un comportement qui soit le plus proche possible des hétéros. L’ambiguïté de cette pensée normalisatrice « conservatrice » est qu’ils n’ont pas non plus intérêt à aller trop loin dans l’identification aux hétéros, c’est-à-dire qu’ils ne doivent pas songer au mariage ni à avoir des enfants. D’ailleurs, on leur a dédié un contrat qui évoque à peine une union, juste pour leur dire qu’on les considérait comme de bons contribuables en leur donnant quelques avantages fiscaux, mais bon seulement s’ils font montre de bonne volonté pendant trois ans. Mais pas de mairie, pas de simulacre d’union matrimoniale, un truc bien hétéroclite pour que les pédés appellent ça mariage, et que les autres comprennent bien que c’est du vent.

D’ailleurs quand j’y songe, c’est drôlement tentant de se rallier à cette « bonne image » lorsqu’on est relativement propre sur soi, et qu’on a souffert d’un certain manque de reconnaissance sociale. C’est ainsi qu’on voit aujourd’hui des homos contre le milieu, contre la Gay Pride, contre ce qui donne une « mauvaise image ». On parle de mauvaise image comme on parle de mauvaise haleine, et les idées pour y remédier me paraissent aussi efficaces et hypocrites qu’un spray mentholé. Il faut cacher, dissimuler, se conformer…

Et voilà qu’on essaie de faire rentrer dans le moule les homos, et ces derniers ne sont pas en reste pour s’y loger, tout en mettant à l’index ceux qui ne correspondraient pas à ce Nouvel Ordre Social.

Eh bien non ! Enfin, moi je dis non ! ;-) Fuck la respectabilité ! Il ne s’agit pas de différencier les pédés ou de leur dicter une conduite sociale. Il s’agit simplement d’égalité entre les citoyens, de respect des êtres et de respect des droits fondamentaux des français et françaises.

Evidemment, il y a un problème de représentation des homos. On est choqué lorsqu’on voit qu’à la Gay Pride, des gens font l’amalgame entre soi et d’autres gens dont l’image ne nous revient pas. Mais est-ce qu’il serait mieux qu’on soit tous assimilé à des homos sourire Polydent (merci Jackie), fidèles, cadres sup, bons consommateurs et bons fistons ? Est-ce que ce serait vraiment réaliste surtout ?

Non, non, et cela me pose aucun problème qu’on voit les homos de la Gay Pride comme une représentation assez fidèle de ce que peut être la communauté homo, car on y voit vraiment de tout. Il faut bien sûr améliorer le traitement de l’info, mais cela ne me dérange pas qu’on soit moins cul serré que les hétéros, et qu’on voit des trans, des butchs, des folles, des bears, des SM en cuir, latex ou même des esclaves en laisse etc. Et qu’on m’associe à cela ? Mais j’en suis ravi, complètement heureux et satisfait. Je suis pour que chacun vive sa vie telle qu’il l’entend. Mes parents, ma famille, mes amis me connaissent, je n’ai pas besoin de les rassurer en leur faisant croire que je suis un petit homo parfait et lisse.

Chacun a le droit de vivre sa vie selon ses propres critères, envies, désirs, aspirations, valeurs… et cela ne fait pas de nous des citoyens avec des droits différents. Donc parfait si certains veulent se marier, aspirent à la fidélité et à une vie la plus proche possible du modèle de leurs parents. Mais cela me va aussi bien que l’on choisisse de vivre peroxydée, dans le marais 24/24, en faisant ses courses tous les soirs au Dépôt. Je déteste par contre entendre les pédés prôner des valeurs pour les autres dans le seul but de se faire « accepter ». Et cela autant dans le sens « rentrons dans la norme » que dans le sens « soyons anti-conformiste ». Je trouve aussi ridicule ceux qui veulent copier les hétéros et en faire LA règle, que ceux qui voudraient faire une loi diamétralement opposée en raison de quelques critères philosophiques tapioloïdes.

D’ailleurs quand ma mère m’a un jour dit qu’elle était contente que je ne sois pas une folle perdue, je l’ai menacé de devenir Zaza Napoli si elle continuait à me dire cela, et qu’elle devait m’aimer pour moi, et pas en fonction de ce que ses collègues pouvaient penser. Ceci expliquant d’ailleurs pourquoi elle parle facilement de moi pour mon boulot ou mes études, mais en omettant toujours mon homosexualité (lorsque ses amies lui demandent si j’ai quelqu’un par exemple). Et puis je lui ai aussi dit qu’elle ne me voyait pas folle car j’étais son fils, mais que ma pédésexualité ne faisait l’ombre d’un doute pour quiconque discute avec moi vingt minutes (non je ne suis pas l’incarnation de la virilité).

Liberté, Egalité, Fraternité. Jamais pays n’a eu aussi belle devise. Il serait temps qu’on la remette au goût du jour.

Lundi 20 Décembre 2004

Boukinage Matooyage « Leurs yeux se rencontrèrent… »

Classé dans: Boukinage, Matooyage — @ 19:29:44

La lecture de ce bouquin a sûrement été inspirée par mon humeur mutine et badine du moment… De l’amour, de l’amour, de l’amour ! Ce livre qui est sous-titré « Les plus belles premières rencontres de la littérature » présente des courts extraits de romans immortels, dont les amours ont marqué la littérature, et dont le récit des premières rencontres est passé à la postérité.

C’est un petit bouquin de 133 pages qui se dévore en quelques heures, et évidemment, je n’ai pas lu tous les romans dont les extraits sont tirés. Les titres sont vraiment des standards, et c’est un effet purement grisant que de se plonger dans ces quelques pages, ces instants charnières très particuliers où les deux héros/amants se rencontrent pour la première fois. Et quand on connaît le roman, relire dans ce contexte ces « perturbations » de la narration donne un frisson enivrant.

Les extraits sont classés selon des thèmes suivants, je sais que cela va plonger certains dans des souvenirs émus de lectures adolescentes, et j’imagine qu’on se dit qu’il en manque des essentiels, ou que d’autres n’ont rien à faire ici, mais dans le fond, je trouve que c’est un choix tout à fait judicieux.

Rencontres insolites :
Alexandre Dumas, Les Trois Mousquetaires
Jean Giono, Le Hussard sur le toit
Colin Higgins, Harold et Maude
Roberto Benigni et Vincenzo Cerami, La vie est belle

Quand ça commence mal…
Marcel Proust, Un amour de Swann
Aragon, Aurélien
Albert Cohen, Belle du Seigneur
Sébastien Japrisot, L’été meurtrier

Espoir ?
Charles Beaudelaire, Les Fleurs du Mal
Vladimir Nabokov, Lolita
Richard Matheson, Le jeune homme, la mort et le temps
Marguerite Duras, L’Amant de la Chine du Nord
Bernhard Schlink, Le liseur
Alessandro Barico, Soie

Coup de Foudre !
Guillaume de Lorris, Le Roman de la Rose
William Shakespeare, Roméo et Juliette
Jean Racine, Phèdre
Stendhal, Le Rouge et le Noir
Gustave Flaubert, L’Education sentimentale
Ernest Hemingway, Pour qui sonne le glas
Philippe Labro, L’étudiant étranger
Jean-Christophe Rufin, L’Abyssin
Philippe Sollers, Passion fixe

Et la fin du bouquin laisse quelque pages vierges avec des lignes pointillées et cette invitation « Et vous ? ». Alors moi ?

En fait, je pourrais presque garder une trace écrite de ces rencontres si l’on considère que la rencontre par internet commence au premier contact épistolaire. Mais je garde en mémoire quelques premiers contacts savoureux, comme avec M. où nous nous sommes insultés pendant pas mal de temps (« enculé de merde » et autres joyeusetés), avant de se rencontrer de visu et de succomber. Il y a aussi eu un des Nicolas avec son « Nous vous devons plus que la lumière. » qui marquait bien son appartenance à EDF et qui m’avait tapé dans l’œil (il faudrait que je parle de mon oedipe non résolu avec EDF - NB : mon père y bosse). Je me souviens de Frank aussi à la Gare de Lyon… rhaaa qu’il était beau ce con. Sébastien le toulousain sur son vélo qui est venu vers moi aussi nerveux et anxieux que je pouvais l’être. Et puis, Nicolas aussi, un autre, et là c’était le coup de foudre réciproque qui éclate la tronche sur place tellement ça déchire. Et puis, X. dont je garde le goût sucré de notre premier échange de regards, aussi délectable que ses premières paroles lues et aussi tangiblement suave que son premier baiser.

J’ai eu Virginie au téléphone toute à l’heure, et nous avons développé un sens assez remarquable du synchronisme amoureux sur ce coup là. En effet, elle se morfondait depuis pas mal de mois, et elle m’annonce qu’elle sort avec un Benoît depuis une semaine, le samedi d’avant. Et je lui apprends avec surprise que moi aussi je suis sur mon petit nuage rose, en plein trip d’X.

Leurs yeux se rencontrèrent

Samedi 18 Décembre 2004

Matooyage Allez, mouche toi dans un Lotus

Classé dans: Matooyage — @ 12:18:29

Dans ma boite, on utilise Lotus comme client-mail (beuuuuurk), et on a des listes prédéfinies correspondant à des groupes de gens. Il y a des listes par service, par immeuble ou par pays par exemple. Et il y a la liste la plus globale qui soit, il suffit de taper un mot-clef du genre : « toute_la_boite », et alors on envoie un mail à tous les employés du groupe… en gros 5000 personnes dans le monde. :mrgreen:

Evidemment, il n’y a quasiment que le Grand Sachem (enfin surtout sa secrétaire, je suppose) et ses lieutenants qui utilisent cette liste pour nous annoncer de merveilleuses nouvelles quelques fois par an. Evidemment, il y a toujours une bécasse pour faire un « reply to all » et répondre à toute la Terre en écrivant une blague à l’expéditeur en pensant qu’il est seul destinataire. D’ailleurs, on a même eu une nana pour essayer de fourguer une place pour un concert de Madonna (pas le dernier, celui d’avant) en envoyant un mail à toute la Terre (Pédégé inclus) et en proposant des enchères (internationales).

Mais cette après-midi, nous avons eu droit au summum… et le gars ne l’a même pas fait exprès. Imaginez un peu… un mec, un petit drôle, a récupéré d’un collègue des ressources humaines un bout de film de la teuf de Noël du département RH. Dans ce film, on voit distinctement les gens à cette fête, un peu pompettes, en train de faire la ronde autour d’une collègue déguisée en Père Noël, et en train de chanter « Petit Papa Noël ». C’est évidemment désopilant, voire plus lorsqu’on aperçoit les responsables RH Groupe et France, main dans la main en train de pousser la chansonnette à moitié ivres et en taquinant le père Noël (ce n’est pas une métaphore sexuelle). :mrgreen:

Le réflexe du plaisantin fut d’en faire profiter ses petits camarades dans un traditionnel mail groupé. Il compose alors une petite épître drolatique avec un titre accrocheur, et proposant de visionner cette vidéo made in TrashTV. Mais pour compléter son effet, il s’est assez senti en goguette pour faire croire à ses camarades qu’il avait mis en copie toute la Terre. Il a donc mis en CC : « toute__la_boite » avec deux underscores pour tromper le serveur de mail.

Là où le joyeux luron a moins eu de flair, c’est que le serveur a correctement interprété le nom de la liste, et qu’il a ainsi envoyé un mail de 25 Mo à tout le groupe avec cette vidéo !!! Non seulement il a envoyé sa blague à toute la boite (dont certains d’un certain département ont du rire jaune, ou même voir rouge), mais en plus il a paralysé une bonne partie des serveurs de mail (qui ont du être rebootés) qui n’ont pas tenu la charge. :langue:

Aux dernières nouvelles, le gars en question était instamment demandé dans le bureau du DRH… J’espère qu’il ne va pas non plus se faire virer, mais ce sera certainement considéré comme une faute. Allez c’est la période des fêtes de fin d’année… un peu d’humour les dirlos ! ;-)

Vendredi 17 Décembre 2004

Outside Au nord, y’avait un gros con

Classé dans: Outside — @ 18:36:41

Et il persiste et signe, c’est extraordinaire. Allez donc lire cette courte interview sur 20 Minutes. Putain, c’est ouf de chez ouf, il nous fait la totale…

[Vous persistez à dire que « le comportement homosexuel n’a pas la même valeur que le comportement hétérosexuel » ?]

Oui, il est inférieur au comportement hétérosexuel. Si on n’accepte pas ce principe, l’humanité est condamnée à disparaître.
[…]
J’estime que l’orientation sexuelle n’est pas héréditaire, mais acquise, et je suis prêt à en débattre. Mais je suis surtout victime d’amalgames. Je prends un exemple. On dit en psychologie que l’orientation sexuelle est « un réflexe conditionné » . On explique donc que de tels comportements peuvent se rééduquer.

C’est évidemment affligeant de voir que des gens pensent encore comme cela, mais bon il ne faut pas non plus complètement vivre sur Mars, il y a en France des millions de gens qui pensent de même, et c’est bien qu’ils s’expriment pour qu’on puisse en prendre conscience, plutôt que laisser l’hypocrisie régner. Donc je ne suis pas non plus super étonné que de tels propos puissent être exprimés, après ce qu’on a connu avec le PaCS. Au moins, à présent on connaît les arguments de nos détracteurs, et là c’est si franchement ridicule, que ça fait presque du bien.

Je le prends aussi un peu de deux manières, je suis à la fois révolté, et puis blasé et puis presque rassuré. Révolté car j’ai envie de remettre ce connard à sa place, et de lui faire comprendre que dans mon pays, on ne me parle pas comme ça. Blasé car ces propos sont tristement banals et reflètent bien la bêtise crasse à laquelle nous devons faire face. Enfin rassuré, car l’ennemi a enfin montré de quel camp il est. Remercions ce pédé, ooups pardon, cet enculé, ooups repardon, cet… pff ce quoi alors, ce grocon (meuh nan ça c’est le tache de Paca), bon allez cet olibrius on va dire (restons polis), de nous montrer où est le côté obscur de la force.

Bon ce n’est pas comme si j’en avais besoin, mais je sais que ce n’est pas le cas pour tous et toutes. Au moins, nous savons à présent que le combat n’est pas terminé, et que l’acceptation pure et simple de l’homosexualité n’est qu’une douce illusion. Alors que j’entendais des tapioles qui snobaient la gay pride ou qui disaient que cela ne servait plus à rien, qu’être pédé en France était presque classique et bien mieux accepté, voilà une bonne chose pour une prise de conscience globale. Ouf, la lutte continue, ils n’ont pas réussi à tenir leur langue ni leurs propos décadents.

[Via : Elrond]

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