MatooBlog
Pectus est quod disertos facit

Lundi 31 Janvier 2005

Cinéphage Garçon stupide

Classé dans: Cinéphage — @ 22:43:11

Il est toujours un peu délicat d’évoquer des films tellement étiquetés gay. On peut se retrouver à y voir des choses bien uniquement parce que l’homosexualité y est présente. Or, la pédésexualité n’est pas la pierre philosophale du cinéma. La plupart du temps je considère que si un même film transposé dans un univers hétéro est nul, alors ce n’est pas en en faisant un film pédé qu’on le transmute en chef d’œuvre. Dans ce cas précis, on est dans un film où le personnage central est bien un homo, mais dont son orientation sexuelle n’est qu’un trait supplémentaire à un caractère singulier et à une histoire plus globale.

Je n’ai pas trouvé que le film était une réussite complète, mais il commence plutôt mal, et s’améliore petit à petit en découvrant quelques pépites qui méritent qu’on s’y attarde. On peut rapidement passer sur les scènes qui justifient que ce soit un film « homo », c’est-à-dire les scènes de plan cul un peu trashy, le joli corps et la belle gueule du héros, les séances de tchat’ sur les réseaux, les rencontres impromptues etc. Alors, on évolue dans l’univers de Loïc qui est un jeune garçon paumé, qui bosse dans une usine de chocolat, et donc les loisirs tournent autour de ses plans cul, et de son amie Marie avec qui il entretient une relation ambiguë. Le héros porte bien le titre du film puisqu’il justifie à plusieurs reprises quelques faiblesses culturelles qui ont bien fait rire la majorité de la salle (il ne sait pas qui est Hitler ou ce qu’est l’Impressionnisme).

Il ne sait vraiment pas quoi faire de sa vie. Il prend des photos avec son mobile, et c’est à peu près la seule activité intellectuelle ou artistique qu’il développe. Avec son amie, il est vraiment space. Il lui raconte ses plans avec moult détails pour la choquer ou la dégoûter, en même temps qu’il lui voue un amour étrange, avec beaucoup de jalousie et de possessivité.

Dans le film, l’intrigue se nourrit de trois événements majeurs. Il rencontre un type et démarre une sorte de relation amicale étrange. On ne voit le mec qu’en caméra subjective qui regarde Loïc et qui discute avec, presque sous la forme d’un documentaire. Le mec cherche à s’intéresser à Loïc, ce qui trouble énormément ce dernier, puisque cela ne fait pas du tout partie du processus de rencontre habituelle (de la baise chirurgicale et anonyme), et remet en question ses credo en la matière. Ensuite, il se prend d’une passion singulière et obsessionnelle pour un joueur de foot, une « star » locale du ballon rond qui s’appelle Rui Pedro Alves qu’il suit et photographie. Loïc fantasme simplement sur ce mec, son job, son statut, sa popularité, sa famille, son physique… Enfin, un truc un peu plus étrange (et maladroit en terme de narration) est le suicide de Marie qui bouleverse complètement Loïc.

Donc le film prend un peu plus de substance à mesure que le personnage évolue et se découvre. Mais ça ne va pas bien loin, et ce n’est pas non plus superbement joué.

Garçon Stupide

Dimanche 30 Janvier 2005

Matooyage Pour moi ce sera une soirée Imprévu(e) bien RAIDD(e) avec un Grain de Sel !

Classé dans: Matooyage — @ 23:43:43

Tout est dans le titre !!

Diego était là ce week-end, et il a donc squatté chez moi vendredi soir, mais pas samedi puisqu’il a trouvé une couche plus accueillante durant une excursion touristique rue du Temple.

Nous avons commencé ce samedi soir en allant boire un pot à l’Imprévu avec Séb, Oli, PH, un pote d’enfance à lui : Thibault, Nicolas et l’invité Mystère du jour : JB. Ce dernier est le « plan ski » de Jeff qui se révèle être une charmante fusion entre les physiques d’Alec, William et Stephen Baldwin ! J’avais prévu un repli stratégique au MK2 Beaubourg pour aller voir le film pédé du moment, mais un guet-apens a été fomenté par mes camarades (excepté Oli) qui préféraient continuer à siroter leurs beuvrages. Donc nous avons renoncé au ciné et avons profité des consommations que PH n’a pas renversés sur Diego (naaaan j’ai rien dit !!). ;-)

Je voudrais simplement souligner que, contre toute attente, le service à l’Imprévu a été odieux. Ils ont été d’une rudesse singulière toute la soirée, autant pour commander, être servi ou même pour régler. Impolis comme je n’avais jamais vu dans ce bar, que je vante, au contraire, très souvent pour l’affabilité de son personnel.

Nous avons changé de cap vers 23h30, et nous sommes orientés vers le marais et plus précisément le lieu aux pissotières les plus angoissantes de la Terre (enfin jusqu’à ce que j’aille dans cette boite où l’on urine contre une vitre sans tain qui donne sur la piste de danse). Une fois pénétré au RAIDD, j’ai pu noter avec joie la peur et l’appréhension grever les faciès de mes coreligionnaires, au milieu de ce magma de butchs coxiens en ticheurtes tight. Pouaaaah ça empestait la testostérone là-dedans ! C’était surtout blindé de chez blindé, et on a lutté pour réussir à faire notre trou dans la foule compactée. Mais moi j’ai bien aimé la musique, l’ambiance très faussement virile de drague pseudo-macho et musculeuse, et puis j’avoue que la moyenne des mecs était carrément pas mal.

Nous avons rencontré Pierre et Raphaël que j’avais déjà croisés aux dernières Crazyvores. Ce sont deux amis de Diego (Raph est un de ses ex), que j’avais un peu fréquenté avec lui, il y a quelques années. C’est d’ailleurs lors d’une de ces soirées que j’avais fait la connaissance de Mathieu (que je continue à entrecroiser fréquemment dans la rue, le métro… dingue). J’ai toujours eu un peu d’appréhension quand je les voyais. Pour moi il s’agissait d’une petit communauté de « A gays » avec de très bon jobs et de l’argent, un groupe dont j’ai toujours senti l’ostracisme déguisé ou pas, fabulé ou pas, à mon égard (mais dieu sait que je me fais parfois des films, et que j’ai un gros complexe d’infériorité… physique, intellectuel et social).

Je suis aussi tombé sur J., un mec que j’avais superficiellement connu par Jeff, et que Thibault connaissait bien (it’s a small world…). C’est dingue comme ce type s’est transformé en quelques années. D’un jeune minet de 18 ans au look d’ado pré-pubère, voilà un mec de 21 ans qui en paraît 28, avec une tête à avoir trop gobé et un look de butch qui maîtrise l’usage de ses sphincters à la perfection. Brrrr. Cela fait peur de voir de si jeunes mecs qui ont l’air si désillusionnés d’avoir grillé trop vite leurs cartouches. Du coup, j’espère qu’à vraiment 28 ans, il aura recouvré un peu de bon sens, who knows ?

Aujourd’hui, j’avais rendez-vous au Grain de Sel. Julien, le copain d’Eric, nous avait convié à aller jeter un coup d’œil aux toiles qu’il exposait dans ce bistrot gastronomique. Eh bien ce fut une double surprise, d’abord le superbe travail de Jul et ensuite l’exquise cuisine dont nous nous sommes délectés. Nous sommes tous sortis unanimement conquis par les plats, le cadre et le service exceptionnel de cet endroit. Et du coup, j’ai aussi fait la rencontre de Malena dont je connais et apprécie bien le blog. Nickel ! :mrgreen:

Au Grain de Sel
13 rue Jean Beausire
75004 Paris
Mo Bastille

Et sur leur site, on trouve même quelques recettes dont celle du moelleux au chocolat à se faire damner. La voici :

MOELLEUX AU CHOCOLAT CARAQUE
Ingrédients pour 6 personnes
-
586 grammes de chocolat caraque
312,5 grammes de farine
485 grammes de sucre
21 œufs

DEROULEMENT
-
Mélanger le sucre et les œufs (les blanchir)
Faire fondre au bain-marie le chocolat
Ajouter la farine au mélange œuf/sucre,
puis le chocolat fondu

Mélanger au fouet énergiquement jusqu’à ce
que le mélange devienne homogène et mousseux
(si vous avez un mixeur ou une girage
vous pourrez éviter des crampes au bras !!!)

Graisser les moules à moelleux
puis cuire 7 minutes à 220 °C

Servir avec une crème anglaise
ou un coulis de fruits rouges

Samedi 29 Janvier 2005

Matooyage Quid blogis ?

Classé dans: Matooyage — @ 20:08:09

Cela va faire deux ans que je blogue, que je m’amuse, que je me plais à m’écrire et me décrire pour le quidam qui me lira, mais aussi pour mes potes et, en fin de compte, surtout pour moi. En écrivant le titre du post, je me suis dit que je pouvais aussi l’appeler « quo vadis » mais je subodorais avoir déjà utilisé l’expression. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que deux posts portent déjà cet intitulé. Cela reflète tout à fait mes blogoréflexions du moment…

J’ai raconté beaucoup de choses et je n’ai pas spécialement envie de me répéter. Parfois je commence un post, et puis un truc me met la puce et l’oreille et en faisant une rapide recherche, je me rends brusquement compte que j’ai déjà disserté dessus quelques mois auparavant. Par conséquent, je laisse tomber car je n’ai pas envie de radoter, même s’il y a peu de chance que cela apparaisse comme tel aux lecteurs.

Mais bon, les lecteurs… il y a vraiment des lecteurs ?

Hier par exemple… 1578 visites, 1382 visiteurs uniques… Bon, mais je bosse pour ça vous savez bien. Je vais lire les autres, je commente chez eux… donc soyons un peu honnêtes et remettons les choses à leurs places. 987 personnes ont atterri chez moi par une requête de moteur de recherche (il y a un peu de matière il faut dire) et 102 par un lien sur un site. Je vous passe la liste des mots-clefs, c’est aussi désopilant et sexué que chez tout le monde. Donc ça donnerait à peu près 489 visites, et si l’on y applique le ratio visite/visite unique, on se retrouve avec en gros 430 lecteurs « volontaires ». Peut-être un peu plus si l’on considère les gens qui ont leurs bookmarks ou des agrégateurs en ligne, et qui sont donc comptabilisés dans les visiteurs « référant ». Mais ces lecteurs qui débarquent des commentaires ou des blogrolls sont après tout aussi légitimes que ceux qui viennent directement (?). En outre, parfois je lis des blogs que je connais en me servant de mes bookmarks, de bloglines ou bien utilisant une blogroll, un lien sur un commentaire ou encore en tapant le nom de l’oiseau sur google.

Mais bon, je considère que c’est donc autour de 430 par jour, et cela remet bien les choses à leur place. C’est tout petit. :langue: Sachant que c’est en plus ce putain de post N°337 avec les Dieux du Stade qui me rapporte le plus de liens, requêtes, référencement, je me dis que ce n’est tout de même pas exactement la substantifique moelle de ce que je suis. Je ne fais pas un blog utile ou technique, et je n’en ai pas la vocation. Ce sont juste mes élucubrations et ça me plait beaucoup de le faire comme cela, même si c’est devenu une assuétude comme toute ma relation à internet. Avec ses côtés bénéfiques évidemment dont je jouis quotidiennement, mais aussi son contraire.

Il y a aussi ce côté « star » qui est très très drôle étant donné que si l’on considère la communauté des pédéblogueurs parisiens, je suis en effet plutôt connu. Mais si sort de ce cercle restreint, ce n’est évidemment plus du tout le cas. ;-) C’est vrai que j’ai eu quelques moments marrants et surprenants à être reconnu dans la rue par des gens dont je n’avais jamais entendu parler auparavant, enfin dans le Marais. Arf. En fait la principale chose que cela m’a apporté, c’est être reconnu tout court. J’avais envie d’écrire et d’être lu, mais je n’ai jamais osé montré ma médiocre production littéraire. Après je n’ai jamais vu la blogosphère comme une compétition à base de statistiques ou de popularité des uns et des autres, même si j’avoue qu’en mon for(t) intérieur, cela me ravit de l’avoir au moins remportée une fois. Tout cela n’est qu’un combat incestueux entre Orgueil et Humilité.

Depuis quelques temps, je lis à droite et à gauche de petites mentions qui me font beaucoup rire (j’en ai bien relevé 4 ou 5). En effet, on écrit des posts « à la matoo » ce qui signifie d’ailleurs en substance : « écrire de manière ampoulée et prolixe ». :mrgreen: Au moins, je sais que je représente une certaine manière de bloguer, qui plait d’ailleurs autant qu’elle m’attire des diatribes de tous les côtés.

Je disais il y a quelques semaines que les pédéblogueurs avaient tendance à utiliser les blogs comme des compléments de profils, comme c’est déjà le cas sur Gayattitude. Mon blog, une fiche de profil améliorée ? Hey, finalement ce n’est pas faux. Si l’on considère mes dernières rencontres : Deubeuliou, X., ou bien coucheries (de celles que j’ai racontées et les autres que j’ai préférées taire vu comment ça se passe quand on dit qu’on couche avec un blogueur, arf), ou même sorties, il est bien notoire et ostentatoire que je fais partie de la Matrice.

J’ai tout de même eu pas mal de surprises dans l’expérience du blogging. A commencer par les referers « which came from outer space » du genre des skyblogueuses qui publient des billets amoureux (« Merci pour ce que vous faites Matoo » j’ai un jour lu) sur mon post des Rugbymens à oilpé, ou bien des forumeurs fans de Madonna outrés que je sois si bien positionné dans google alors que je ne suis « personne » dans le milieu des aficionados (et pas fan en fait !). Le pompon revient à un forum des fans d’Hélène Ségara qui se sont récemment montés contre moi à cause d’un vieux post que j’avais oublié où je me moquais gentiment (si si) d’un hétéro, fan de la chanteuse [SIC], qui avait peut-être quelques penchants contre-natures. Et là je persiste et signe, lorsqu’on est fan d’Hélène Ségara et mec hétéro, il faut se poser de sérieuses questions. :mrgreen:

Hier, j’ai écrit au webmaster d’un site porno, en effet je recevais pas mal de visites d’un site « gays-black point com » qui récupérait mon fil RSS pour l’exposer dans la rubrique « histoires gays ». J’ai écrit au gars qui a très vite réagi et a diligemment ôté les infos. Je lui ai simplement expliqué que je doutais que ses visiteurs soient spécialement intéressé par des histoires gays (et black) qui traitent de moi à l’Opéra Bastille avec môman. De la même manière, je me suis pris un scud par le site « matoo point fr » dont le site m’avait fait beaucoup rire, mais qui me demandait de ne faire aucune association ou hyperlien entre nous (le pédégé m’avait gentiment écrit en me disant qu’il n’avait aucun jugement de valeur, mais que lorsqu’on tapait Matoo dans google à l’époque on tombait sur : « un oide dans le uc », ce qui ne les arrangeait pas trop…). J’avais tout de suite obtempéré bien sûr, et leur sollicitude m’avait très agréablement surpris. Enfin ne parlons pas du nombre considérable de sites qui me référencent en tant que site de cul gratuit à cause de ce putain de post N°337 (pas étonnant que SmartFilter ne m’aime plus) !!!

Il y a aussi des referers et des échos qui font plaisir comme lorsqu’on récupère des critiques de bouquins sur un site pour des mômes, ou de films sur d’autres, ou lorsque des hétéros m’écrivent pour me dire que me lire leur a permis de mieux comprendre et accepter leur pote qui venait de leur annoncer son homosexualité (il y en a eu deux), etc. Et celui qui m’a certainement le plus flatté est du à une lectrice qui m’a cité plusieurs fois sur un forum du site web de Renaud Camus, et dont je prenais un malin plaisir à venir grappiller en petite souris les réactions des uns et des autres. D’ailleurs lire les réactions des HélèneSégariennes était jouissif, vu qu’elles n’avaient pas idée que le referer me donnait un regard sur leur petit monde (je dis « elles » car je suppose que ce sont des filles ou des tapioles lol). Elles me traitent de « peti con, imbéssile et frustrée », c’est mignon.

C’est amusant, ce post sonne comme si j’allais faire mes adieux, mais non je ne suis vraiment pas du genre Diva (pour ça en tout cas), ce n’est pas d’actualité. A ce niveau là, mon mentor en la matière, Garoo, a encore fait montre d’une conduite que j’aime beaucoup. Même s’il craint intégrer la ferme des blogueurs, j’ai toujours admiré sa manière de se renouveler, de ne pas se laisser mener par le bout du blog mais de simplement mettre en ligne ce dont il avait envie. Je comprends qu’on ne veuille plus parler de sa vie intime lorsqu’on s’en prend finalement plein la gueule, ce qui m’arrive encore trop régulièrement par mail, ou bien comme on peut le deviner pour Paumé et d’autres blogueurs « intimistes ».

Aussi, je me mettrais peut-être à ne plus mettre à jour mon blog que pour évoquer des bouquins, le ciné, ou alors autre chose. Mais laisser complètement tomber, ça ne m’enchanterait pas trop. Ce qui m’amuserait, ce serait plutôt de me challenger sur une autre sorte d’objectif. Ce serait de continuer à publier en faisant en sorte d’avoir de moins en moins de lecteurs. Créer, toujours créer, pondre et pondre, poster et poster mais dans le but ultime de retourner à la douce époque des premiers posts à deux francs, et leurs quinze lecteurs quotidiens. Oh oui je kifferais cela, de subrepticement glisser vers le néant, en ayant une stratégie bien définie. Ou alors plus délicat et excitant encore : le Blog comme métaphore de l’Entropie. Wow mon Jeffounet va adorer cette idée. ;-)

- Je vous juuuure Madame !
- Ah Marie-Thérèse ça suffit, ne jurez pas !!!

Outside Auschwitz par Tenner

Classé dans: Outside — @ 14:39:32

Tenner nous offre là encore un exemple probant de son écriture ciselée avec ce texte qui évoque des souvenirs de la visite d’Auschwitz durant l’été 1993.

Cela se passe de tout commentaire, il faut juste lire.

La plupart de ce que ce mec écrit est vraiment de la bombe, comme sa petite maxime introductive l’indique…

Vendredi 28 Janvier 2005

Cinéphage Le Château ambulant

Classé dans: Cinéphage — @ 14:50:43

Voir un Miyazaki c’est toujours un voyage onirique garanti, encore une fois il ne déroge pas à cette merveilleuse règle. Ce film est une réussite complète pour moi. Comme dans pas mal de ces animes, tout démarre très concrètement et puis, comme dans Alice aux Pays des Merveilles, le héros bascule dans un monde où se révèlent des démons, des esprits, des sorcières etc.

Cette histoire abracadabrante commence par Sophie qui est modiste, elle croise par hasard un jeune et séduisant garçon dans une rue qui la sauve de plusieurs êtres étranges, sorte de démons de boue humanoïdes. Ces derniers sont à la solde de la Sorcière des Landes, et il en avait après le jeune homme qui est un magicien appelé Hauru. La sorcière jette alors un sort à Sophie et la fait devenir une vieille femme. Sophie, désespérée par ce sort, quitte la ville et tente de gagner les Landes pour retrouver la sorcière. Elle rencontre alors un épouvantail à tête de navet (qu’elle surnomme comme cela) qui la mène à un Château ambulant qui n’est autre que la demeure de Hauru. Incognito, Sophie se fait embaucher comme femme de ménage. Elle nourrit un béguin pour Hauru qu’elle a du mal à assumer à cause de ses complexes et de son manque de confiance (elle se croit laide).

Le Château ambulant est un amoncellement de bric-à-brac qui marche littéralement avec quatre pattes mécaniques et grâce à la force motrice de la vapeur, mais surtout il est motorisé par un démon que Hauru retient étrangement prisonnier. C’est un démon de feu qui se prénomme Calcifer. Sophie doit découvrir quel est le lien ténu et singulier entre lui et Hauru…

Et je zappe tous les personnages secondaires, il y en a une myriade et tous plus marrants les uns que les autres. On retrouve le genre de bestiaire fou et débile qu’on ne trouve que dans les films de Miyazaki. Cette homme a plus qu’une imagination fertile, il faut une vraie montée d’acide pour créer un univers pareil. C’est un mélange subtil entre des mondes européens, de la mythologie japonaise, des visions purement enfantines et une sacro-sainte histoire d’amour empêtrée de mauvais sorts et d’une guerre. Le personnage de Calcifer est extraordinaire, il fallait vraiment le faire de personnifier comme cela des flammes ! Et pour un démon, il est bien sympathique. Mais il y a aussi un vieux chien tuberculeux génial et encore d’autres trouvailles.

Les films de Miyazaki ont tendance à pas mal se ressembler, jusqu’au graphisme des personnages qui n’évolue pas beaucoup. On a aussi les petits personnages qui sont très similaires, par exemple le chien et la vieille sorcière sont assez identiques au duo comique dans Chihiro formé par le bébé transformé et l’espèce de bestiole qui vole. Mais il y a à chaque fois un souffle nouveau qui fait vibrer à l’unisson les cordes intimes et sentimentales du spectateur.

Je n’ai pas été aussi désorienté ou déçu que PH par les quelques raccourcis ou incohérences qui émaillent le récit. Mais en lisant ses remarques, je suis assez d’accord avec lui, et autant avec -N- qui y répond avec ses interprétations. On peut d’ailleurs chacun avoir la sienne. Cela ne me parait pas un problème majeur dans ce film là en tout cas. En fait, j’ai tellement été charmé par le film que j’ai tout gobé comme un môme. Et moi, quand y’a de l’amour.. partout, dedans et autour, j’aime bien. :mrgreen:

Le Château ambulant

Jeudi 27 Janvier 2005

Matooyage ThéâtrOpérage Le Barbier de Séville

Classé dans: Matooyage, ThéâtrOpérage — @ 15:26:22

Avant-hier, j’ai pu profiter du cadeau de noël que j’avais fait à ma maman, et je l’ai accompagnée à l’Opéra Bastille pour voir (et écouter) le Barbier de Séville de Rossini.

Waaaaaaaaaaaaaaah comment j’ai kiffé ma race pour parler poliment ! :mrgreen:

On a pu vraiment en profiter car on était au premier rang du premier balcon et presque au milieu, donc idéal. En outre, cet opéra est vraiment une merveille, tant au point de vue du design, du confort ou de l’acoustique. Comme je ne suis pas un grand connaisseur de spectacle lyrique, j’avais choisi un truc assez connu et pas trop abstrus pour les béotiens que nous sommes. Or le Barbier de Séville est un des opéras les plus « populaires », on en connaît quasiment tous l’histoire et les grands airs. Et là aussi, comme les sous-titres sont disponibles sur un afficheur électronique en haut de la scène, on profite pleinement du texte et des dialogues de l’œuvre plutôt que de suivre l’intrigue à tâtons.

Je ne suis vraiment pas apte à juger la qualité d’interprétation de l’orchestre ou des chanteurs et chanteuses. Tout ce que je peux dire c’est que cela m’a extrêmement plu, que j’ai été happé par la musique et les chants. Les décors étaient magnifiques, avec ce thème arabisant omniprésent dans les costumes et l’aménagement de la scène. Et quelques originalités dans la mise en scène ont apporté des touches modernes à un opéra des plus classiques pour correctement coller au charme « futuriste » de ce superbe bâtiment.

Bon sinon, on ne se refait pas… ralalalala je vais me discréditer une fois de plus mais je suis obligé de le dire : « PUTAIN QU’EST-CE QU’IL Y A COMME PEDES A L’OPERA !!!!!!! ». Sans déconner, je crois qu’un mec sur deux était homo à cette soirée. Je pensais que c’était un mythe, eh bien non c’est une réalité bien tangible !

On voyait même pas mal de couples de mecs par-ci par-là, évidemment plutôt le genre sage et cultivé, un peu bourge aussi. ;-) Notamment à ma droite, j’avais deux mecs, un plus vieux en costard tiré à quatre épingles, et un plus jeune plutôt chemise Paul Smith et foulard rentré (beurk). Pendant tout l’opéra, il a collé son genou contre le mien, en le bougeant de temps en temps, mollement et lascivement. Hé hé hé. Et moi je faisais le pédé typique qui accompagnait mÔman à l’opéra… une aubaine ! Un peu plus tard, j’ai remarqué que les deux mecs étaient ensemble (une main posée sur le genou de l’autre). Waaaaaaaaaaaaaah des couples qui se cherchent un troisième en plein Barbier de Séville. Je n’ai pas répondu à ses appels duj’nou, donc il a laissé tomber au bout d’un moment. Bon ben voilà, j’ai pas pu résister, il fallait que je le dise sur mon blog. ;-)

J’ai hâte de retourner là-bas en tout cas, c’est à chaque (rare) fois un vrai petit moment de bonheur.

Le Barbier de Séville - Opéra Bastille

Le Barbier de Séville - Opéra Bastille

Mercredi 26 Janvier 2005

Boukinage Le secret des Enfants-Rouges

Classé dans: Boukinage — @ 22:19:04

C’est marrant j’ai commencé la série alors que je bloguais déjà, et voilà donc que se présente un quatrième post pour évoquer le quatrième opus des aventures de Victor Legris par Claude Izner (le 1er, le 2e et le 3e).

Le côté positif c’est que ça va vraiment en s’améliorant. L’action est soutenue, les intrigues palpitantes et les personnages toujours aussi attachants. On vit depuis l’Exposition Universelle de 1889 avec le libraire Victor Legris, son partenaire et père adoptif japonais Kenji, leur commis Joseph, l’amante de Victor Tasha qui est aussi peintre impressionniste etc. Le quatrième bouquin se passe en 1892, et comme d’habitude les auteurs (ce sont deux frangines) instillent avec autant de finesse, de talent et d’érudition des kyrielles de petits détails historiques. Cela va du fait d’actualité aux précisions géographiques du Paris de l’époque, en passant par une étude des mœurs, des factions politiques, des genres littéraires et artistiques etc.

Le roman entier tourne autour de la quête d’un curieux objet, une sorte brûle-encens en forme de calice fait d’un crâne de petit singe avec quelques pierreries sans valeurs, et qui vient d’Indonésie. Ce calice appartient à Kenji, et ce dernier se le fait dérober tandis que plusieurs crimes sans relation apparente ont lieu en Angleterre et à Paris. Il n’en faut pas plus pour Victor Legris qui se précipite sur l’enquête alors qu’un premier rapprochement logique le lance sur une piste.

Alors on passe de quartier en quartier, et l’objet de mains en mains. C’est l’occasion pour les auteurs d’évoquer le Paris misérable du 11e arrondissement, et ce marché des Enfants-Rouges (apparemment vers la rue de Bretagne dans le 3ème), ainsi que tous les métiers qui gravitent autour de la récupération, recyclage et revente de vieux objets ou détritus. Ils choisissent aussi souvent de parler d’événements qui ont une résonance particulière avec des situations plus contemporaine. Or l’époque de 1892 est marquée par les attentats anarchistes de Ravachol dont les retentissements sociaux et politiques sont largement relatés.

L’intrigue est donc bien et rondement menée par une plume toujours aussi alerte et intelligente, mais on y retrouve aussi malheureusement les mêmes travers. En effet, dans les quatre bouquins on sent bien que les auteurs ne savent pas bien finir leurs histoires. Soit ça se termine en eau de boudin (dans le premier, on découvrait le fin mot dans un article de presse) ou alors la conclusion est complètement disproportionnée par rapport aux événements, ou bien là on a encore une conversation finale qui éclaire toute l’histoire et on se dit un peu : « so what ? ». Mais là encore, je vois une nette amélioration pour la conclusion, et un peu moins cette sensation de bouclage intempestif.

En conclusion, j’ai hâte de lire le prochain épisode et de retrouver ces personnages auxquels je me suis bien attaché, et surtout ce Paris qui est assez lointain pour être exotique et désuet à souhait mais assez proche pour que je puisse visualiser tous les endroits que les écrivains évoquent.

Claude Izner - Le secret des Enfants-Rouges

Mardi 25 Janvier 2005

Matage Télévisage The Gay cruise - MTV

Classé dans: Matage, Télévisage — @ 18:15:24

Il y a quelques mois, Diego m’avait dit qu’il avait vu une émission de téléréalité des plus incroyables, il s’agissait de MTV qui avait filmé plusieurs portraits de pédés qu’ils avaient suivi pendant leur croisière gay dans les caraïbes. Dieg m’a donné une cassette de cet « Envoyé Spécial » croisé avec « C’est mon choix » et « Les Queers », j’en ai encodé le prologue pour vous faire partager cet ovni télévisuel. Désolé pour la qualité, mais comme ça a été enregistré sur un autre magnéto que le mien, ce n’est pas un résultat top.

Vraiment MTV est à la pointe je trouve à ce niveau. Il s’agit d’une de ces émissions qui flirte entre documentaire et téléréalité, en proposant un programme unique qui suit plusieurs personnages et brosse ainsi quelques portraits… mais dont la portée sociologique est extrêmement limitée ! :mrgreen: Là où MTV « kick ass » pour moi c’est dans la ligne éditoriale et la « direction artistique » d’un tel show. Pour une chaîne dont le public cible est j’imagine autour de 14 ans, j’hallucine du ton pour lequel ils ont opté. On aurait plutôt imaginé une PinkTV se lâcher comme cela, tant le programme est orienté « gay ». Même si la diffusion était tout à fait nocturne, il n’empêche que le traitement est très cash et direct, sans janotisme ni fioriture. Et je n’ai pas non plus noté de manière trop caricaturale de traiter l’image ou dans la scénarisation de l’émission. A croire que des gays sont aussi les auteurs et décideurs de ce docudramaqueen. ;-)

La Gay Cruise est une croisière où l’on trouve exclusivement des tapioles qui passent quinze jours dans les caraïbes, et surtout passent leur temps à fucker entre deux soirées à thèmes. Et les thèmes sont ceux chers à nos compatriotes amerloques : soirée cuir, soirée sous-vêtements etc. Il y a donc absolument tous les ingrédients pour appâter le chaland télévisuel : du sexe, de la curiosité malsaine, des portraits personnels dont on peut se repaître… D’un point de vue encore plus péjoratif, on pourrait aussi penser qu’il s’agit simplement d’une émission que les hétéros MTViens ont regardé comme le cirque des horreurs et bizarreries de passage dans leur petit écran. Mais le volet positif c’est qu’en tant que pédé, j’ai adoré. J’ai trouvé cela extrêmement drôle et bien monté, j’ai vraiment apprécié le ton global qui n’est pas du tout moraliste ou trop cliché. Et pourtant j’étais à la recherche du petit grain de sable qui allait faire grincer tout le rouage.

Evidemment, on est sur une croisière gay, donc on s’adresse forcément à une frange des homos qui a la thune pour partir, et qui est forcément « milieu ». Mais même là, dans leur choix de personnages, ils ont évité le pire en sélectionnant trois mecs très différents et assez « représentatifs ».

Il y a Aaron de Minneapolis qui est la pédale de base qu’on a envie de boxer au bout de trente secondes. Le mec bosse dans les « Media Relations » et est l’archétype du pédé avec un bon boulot, de la thune et bien pétasse superficielle élitiste, qui se fait mec sur mec et vient là principalement pour prendre du bon temps. A l’extrême opposé, Duncan de Boston est un garçon effacé et discret, il vient là pour se lâcher un peu, pour essayer de prendre un peu confiance et pour lutter contre sa timidité avec les mecs. Il n’a pas beaucoup de succès, il est fleur bleu et cherche l’amûûûûûûûûr. Et enfin Robb du Minnesota qui bosse dans un bar gay. C’est l’hystérique de service qui en plus endosse à la perfection le rôle de la serveuse écervelée. Il se travelote pour se marrer avec ses potes, adore les mecs et jouer avec eux, mais se fait blesser dans des histoires amoureuses.

On a donc les trois types qui ont trois potentiels distincts envers le public. Le premier est une bitch hautaine et précieuse, le second est attachant et adorable mais un peu benêt et le troisième est marrant et maraisien au possible.

On les suit tout au long de leur croisière, et on se prend facilement au jeu. Je suppose que l’identification fonctionne du coup pour les homos, ce qui n’est pas le cas pour la majorité des émissions de téléréalité. On assiste alors à une plongée dans un milieu homo américain flottant, avec les trois mecs qui vont aux soirées, font des rencontres, ont des désillusions et quelques bons moments. C’est très divertissant et on ne s’emmerde pas puisque l’émission en profite pour exhiber tout ce qu’il y a de plus exotique dans le milieu homo : des folles perdues, des drags, des chaps et j’en passe.

Le montage est aussi très efficace, entre les interviews des mecs (« je suis dégouté, je me suis pris un rateau », « ouaaaa je kiffe son petit cul à lui », « je me sens seul et en panique » etc.) et les scènes sur le vif. Mais on devine que tout cela suit un scripte bien clair et prédéterminé.

Le truc renversant pour nos petits cœurs de midinettes c’est que Duncan le trouve ! Qui ? Mais l’amûûûûûûûûr évidemment ! :mrgreen:

Je sais que beaucoup vont encore crier à la caricature, aux clichés éculés etc. Mais vraiment, il faut voir ce truc pour se rendre compte qu’ils ont réalisé quelque chose qui tient réellement la route. C’est assez rare, voire unique dans le genre, pour que cela soit à remarquer.


Lundi 24 Janvier 2005

Matooyage Le jour du jugement NaWakatoire

Classé dans: Matooyage — @ 02:15:17

C’était hier soir.

Déjà, il a grave plu pendant des heuuuuuuuuuuuures. J’ai commencé la soirée avec Jeff, et il a flotté du moment où nous sommes sortis du Gibus, jusqu’à ce que je revienne à pied des Crazyvores dans la nuit. Nous étions au festival Emergenza avec Sophie, Emeline, Fabien et d’autres pour soutenir la copine de Sophie qui fait partie d’un groupe rémois qui s’appelle Allomorphe. Nous les avons soutenu du mieux que nous avons pu, mais malheureusement ils se sont faits lourder. Pourtant, ils sont vraiment doués, il y a notamment deux morceaux qui m’ont bluffés par leur qualité.

Nous avons rejoint plus tard Séb, TiSéb, Paul-Henri et Marie chez Obal. Vous savez bien… c’est presque un commandement : « tu n’iras pas à jeun à une soirée des Crazyvores ». Nous nous sommes mis en marche vers minuit et demi sous la flotte, et nous avons prié pour ne pas faire la queue. Finalement, nous avons pénétré illico l’antre du Bataclan, et avons retrouvé rapidement nos compères, après avoir rapidement croisé Kiki.

J’ai compris qu’il se passait quelque chose quand j’ai réalisé qu’une drôle de conjonction avait lieu sous mes yeux. Je dansais sur de la musique vaguement anglo-saxonne des années 80 avec des personnages qui n’avaient pas grand chose à faire les uns avec les autres, à moins que ce jour fut celui de l’Apocalypse. En effet, Jésus Christ était avec nous (la preuve était habilement dissimulée sur son ticheurte en strass, mais grâce à mes talents de décrypteur digne du DaVinci Code…). Il faisait face à un personnage qui, avec sa croix déchirée, ses chaînes bardées et sa quincaillerie digitale ne pouvait être que l’Antéchrist. Et au centre, comme auréolée de sainteté, resplendissait notre Marie adorée qui se débattait entre ces deux parangons de la Tentation. L’Antéchrist est allé jusqu’à lui mordre le haut du string pour la convaincre de rallier ses troupes, mais elle a tenu bon. Il faut dire qu’elle était soutenue par son Séraphin dont les ailes déployées l’ont protégée.

Et l’allégorique soirée s’est poursuivie, lorsque que Ganesh est apparu avec son look « Devdas à Donf ». Alors il n’y avait plus de doute, c’était bien la fin, les dieux étaient revenus sur Terre, et nous allions tous succomber. Comme il était écrit, tout s’est mélangé et ce fut un beau bordel, puisque même The Punisher est passé nous voir pendant la nuit (accompagné d’Atlas en personne…). L’Excitation était aussi là, et il passait entre les uns et les autres pour leur suggérer d’horribles manifestations, à tous les niveaux. Alors les péchés ont plu, le stupre et la luxure en proue évidemment.

Il y eut alors des tsunamis de sodomie dans tous les sens, c’était… hummmm…. GENIAL !!! :mrgreen: Nous avons essayé de résister mais c’était vain. Un Chérubin a succombé et s’est donné en pâture à l’Antéchrist et Ganesh qui n’attendaient que ça. Jésus lui surveillait pendant ce temps là la première des créations de son papounet, son Adam tout en carbone, de peur de le perdre dans ce flux de transgression. A un moment, j’ai bien vu que je me faisais sauter par l’Antéchrist (il bouffait décidément à tous les râteliers), et deux secondes après il me donnait son cul… pfff insatiable celui-là.

Dans tout ce désordre, et pour compliquer encore l’affaire, un des Rois Mages s’est pointé avec son ticheurte customisé et m’a reconnu au signe kabbalistique sur le mien. Il a prophétisé la venue d’un Ange sur la Terre, un Ange qui sauverait le monde de sa perte et de cet Apocalypse de pacotille. Un ange de bonté, de tendresse, de sagesse et de quiétude. Un Ange qui de par son amour de son prochain transcenderait nos pauvres existences. Il n’en aurait pas conscience, mais nous allions lui devoir la vie.

Il est venu. Il nous a sauvé. Alléluia.

Du coup, j’ai pu m’éclipser pour rentrer à mes pénates, parce que j’en avais plein les pattes. Je vois que la queue descend jusqu’aux chiottes et je manque alors de défaillir de lassitude, et puis placidement je me mets à la file. Et alors survient une Apparition. Un garçon se place immédiatement à mes côtés, et me jette un regard. Un second… une minute après un troisième. L’Apparition se met alors à débiter des banalités, il est charmant ce con. ‘tain voilà, le genre de truc qui ne m’arrive JAMAIS quand je suis célibataire. Arf. Evidemment, quoi de plus original pour entamer une conversation que de me demander ce que j’ai sur mon ticheurte, et ce que cela signifie. Je lui explique donc en quelques mots le pourquoi du comment, le fait que j’assume le ridicule de la chose, et que c’est vraiment « pour rire », ainsi que ma blogophagie. Nous échangeons quelques mots de plus, et nous montons en même temps les marches du Paradis. L’Apparition se prénomme William, il est beau comme une Apparition. Les portes du Paradis sont proches, je donne mon ticket. Il est juste après moi. Je récupère mes affaires, les enfile, le regarde droit dans les yeux, fais un sourire, lui claque une bise affectueuse sur la joue droite, et dis dans un souffle : « bonne nuit ».

Je suis rentré chez moi en catimini, X. roupillait comme un bienheureux… en forme de X. Je me suis promptement déshabillé et douché, et je suis allé déposer un baiser dans son cou, avant de me blottir contre son petit corps tout chaud et sucré.

PS: Ce n’était peut-être pas très explicite, mais c’était une putain de bonne soirée. ;-)

Samedi 22 Janvier 2005

Matooyage Explicit Blogging

Classé dans: Matooyage — @ 19:12:42

Ce soir c’est concert au Gibus puis Crazyvores avec plein plein plein de monde. :mrgreen:

Mon dress-code est plus que jamais explicite et NaWak ce soir, pour exemple le ticheurte beauf :

I am blogging this...

Donc, je ne passerai pas inaperçu ! ;-)

Vendredi 21 Janvier 2005

Outside Lorsque la Légalité devient L’égalité

Classé dans: Outside — @ 14:41:34

Si vous prenez le métro, vous avez déjà dû voir ces affiches qui vantent le « téléchargement légal ». Ce sont des artistes qui nous le disent sous l’égide de leurs maisons de disques et de l’état : « Téléchargez-nous légalement ». La phrase est en blanc sur fond noir, une aubaine pour le détournement puisqu’il suffit d’un bon marqueur noir pour faire disparaître une ou plusieurs lettres sans que cela se voit.

Et voilà ce que j’ai vu ce matin dans le métro. Un petit « L » en moins, et la légalité devient l’égalité en un tour de main. Du coup, c’est devenu une publicité qui vante au contraire le téléchargement, sans plus de précision, et voilà ces saltimbanques qui nous encouragent à les pomper à donf « EUX AUSSI » !!! Par la suite, je n’ai vu que des affiches retouchées de cette manière, je pense qu’une si bonne idée ne peut que faire des émules.

Pub pour le Téléchargement légal dans le métro

Je me demande toujours ce que les créatifs ont en tête pour faire l’impasse sur ce genre de détournement. Mais bon, je me doute bien que lorsqu’on est focalisé sur une création, ça ne doit pas être évident d’intégrer ce genre de choses. Et pourtant sur un sujet aussi polémique, et notamment à l’attention de ces mêmes gens qui ont le marqueur facile, ils auraient peut-être pu avoir un peu plus de jugeote.

Ce n’est pas la première fois, ni la dernière, que l’on voit ce genre de détournement « facile », et là je crois que si rapidement après le lancement de la campagne, c’est un excellent moyen de la torpiller complètement.

Voilà un truc qui va faire plaisir à l’ami Paul. ;-)

Matooyage Le livre de Jérémie

Classé dans: Matooyage — @ 11:44:11

Je suis très circonspect pour ce film… en gros j’en suis sorti plutôt déçu, et pourtant il y a plein de choses très bien. Bon encore une fois, une traduction de titre qui est plutôt une adaptation que je ne trouve pas géniale mais bon… The Heart is deceitful above all things.

D’abord c’est une adaptation de Sarah, le livre de J.T. LeRoy dont j’avais fait une critique si dithyrambique il y a quelques mois. Je connais bien le travers qui veut que l’on soit déçu par les transpositions des livres qu’on a aimé à l’écran. Mais normalement j’arrive à faire la part des choses, et là je savais qu’elle n’avait quasiment récupéré que les personnages. Et vu le roman, je me doutais bien qu’il serait ardu de mettre en images tant de pensées abstraites et délires mystiques.

C’est bien ce que j’ai beaucoup aimé dans ce film : les personnages. Asia Argento incarne à la merveille cette mère détraquée qu’est Sarah, et les comédiens qui jouent son fils Jérémie sont aussi très bons, ainsi que les rôles secondaires qui sont tous assez connus. C’est marrant car au niveau des comédiens, on peut facilement faire des recoupements. En effet, on retrouve toute une clique de personnes qui jouaient dans des films connexes ou bien qu’on sait liés aux auteurs. Gus Van Sant avait découvert JT LeRoy à l’époque de « Sarah » justement, et on retrouve John Robinson (le blondinet d’Elephant avec le ticheurte jaune). Pote de Gus Van Sant, on pense à John Cameron Mitchell (Hedwig and the Angry Inch) et, à juste titre, Michael Pitt (le Tommy Gnosis de Hedgwig) joue dans le film. Tous ces gens étant artistiquement proches, je me doute que Jonathan Caouette doit aussi faire partie de la bande (découvert par John Cameron Mitchell aussi). On trouve aussi le Billy de Six Feet Under : Jeremy Sisto (qui jouait aussi dans le déjanté « May »), ou bien Winona Ryder ou Ornella Muti…

On retrouve donc les personnalités de Sarah et de son fils Jérémie. Elle est complètement folle et larguée, elle récupère son fils de 6 ans chez ses parents adoptifs et décide de s’en occuper. Le gamin est déjà bien perturbé par ce choc, mais en plus il subit de plein fouet l’univers de cette fille qui se prostitue plus ou moins, se met avec des gars puis les largue, abandonne régulièrement l’enfant, lui fait avaler des médicaments qui lui donnent des hallucinations ou le défoncent, laisse des hommes abuser de son fils etc. Le môme perd tout discernement, ce mélange contrasté entre amour et violence achève de le perdre dans ses valeurs. Et lorsqu’elle le « largue » dans un trip de plus, le voilà récupéré par ses grand-parents qui sont des catholiques intégristes à la limite de la barbarie humaine. C’en est presque à se demander ce qui est le mieux pour l’enfant. Et puis, elle finit par le récupérer, et hop, c’est reparti pour une autre partie de road-movie. D’autres amants, clients, routiers à sucer, d’autres mecs qui abusent de Jérémie qui s’identifie de plus en plus à sa mère. Est-ce l’amour qu’il lui voue qui fait qu’il se travelote à 12 ans à peine et cherche à faire comme elle avec les mecs ? Il cherche à attirer l’attention, à attirer la violence, la punition, l’amour…

Oui oui, on est dans un univers complètement tordu et chelou, un univers extrêmement proche de celui du livre, et remarquablement filmé. Les personnages sont aussi tour à tour attachants et repoussants. Mais le gros problème vient du manque de scénario. En effet, tout le décor est bien posé, les personnages sont correctement campés, mais alors on attend un peu de matière, une structure narrative un peu plus construite, une histoire quoi ?! Mais non, il s’agit simplement d’une succession de saynètes qui donne une impression de décousu, et concourt à nous mettre dans le même flou que ces gens paumés qu’on voit à l’écran. Cependant, la forme ne m’a pas suffit, j’avais vraiment envie de suivre une intrigue, de voir les choses évoluer, de mieux sentir et percevoir les personnages. Or j’ai l’impression qu’Asia Argento est restée dans l’évocation superficielle de leur misère.

Je suis déçu car je pense qu’elle aurait finalement gagné à plus récupérer l’intrigue du bouquin, même si c’était difficile. J’ai vraiment trop de mal à accrocher à un tel scénario en roue libre, et c’est dommage car les interprètes avaient le talent pour donner un excellent film.

Le livre de Jérémie

Jeudi 20 Janvier 2005

Boukinage A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie

Classé dans: Boukinage — @ 21:37:28

J’avais fait l’impasse pendant des années sur cette œuvre d’Hervé Guibert. Je n’avais pas envie de lire un bouquin d’un écrivain qui a le sida et dont c’était le sujet principal. Pas envie de lire un truc déprimant, il était aussi parmi pas mal de livres du même acabit dont j’étais un peu lassé, et puis je dois avouer que ça ne m’intéressait pas trop. X. me l’a prêté en me persuadant que celui-ci en valait particulièrement le coup.

En fait, j’ai plus qu’aimé et je l’ai dévoré en quelques jours. Quel style, quelle écriture… un truc énorme. J’ai été captivé dès les premières pages, et je ne me suis pas embêté une seconde. Je pense qu’on ne réagit pas tous à ce genre d’écrit de la même manière, mais pour moi ce fut une lecture d’une incroyable fluidité. J’ai eu l’étrange sensation que l’auteur avait écrit des lignes juste pour moi, et que je les recevais avec une unique acuité.

Hervé Guibert expose donc son journal sous forme de courts extraits, comme des petits chapitres d’une page ou deux. Au premier abord, on dirait un patchwork de textes comme de multiples réflexions et anecdotes, mais d’une vision parcellaire de ce qu’il a vécu on se retrouve vite dans le fil palpitant du récit d’un homme face à sa maladie. Bien sûr c’est souvent triste et très poignant, mais cela va bien au-delà de la simple commisération.

J’ai donc vu de l’intérêt dans la narration de ce bout de vie qui vacille avec ses médecins, ses amis, ses amours, mais aussi dans ses réflexions un peu plus philosophiques et dans cette incursion singulière dans l’existence d’un homme sur le fil.

Je retiens particulièrement cette phrase, cette très longue phrase, une déclamation « anaérobique » de l’auteur qui évoque son ami Muzil (qui n’est autre que Michel Foucault) et sa relation à son amant Stéphane, et à la maladie.

Quelques mois après que j’eus suscité ce fou rire chez Muzil, il s’abîma dans une sévère dépression, c’était l’été, je percevais sa voix altérée au téléphone, depuis mon studio je fixais avec désolation le balcon de mon voisin, c’est ainsi que discrètement j’avais dédié un livre à Muzil, « A mon voisin », avant de devoir dédier le prochain « A l’ami mort », je craignais qu’il ne se jette de ce balcon, je tendais d’invisibles filets de ma fenêtre jusqu’à la sienne pour le secourir, j’ignorais quel était son mal mais je comprenais à sa voix qu’il était grand, je sus par la suite qu’il ne l’avoua à personne sauf à moi, il me dit ce jour là : « Stéphane est malade à cause de moi, j’ai enfin compris que je suis la maladie de Stéphane et que je le resterai toute sa vie quoi que je fasse, sauf si je disparais ; l’unique moyen de le délivrer de sa maladie, j’en suis sûr, serait de me supprimer. » Mais les jeux étaient déjà faits.

Enfin, Hervé Guibert évoque des sujets qui ne sont pas toujours faciles à lire, et à appréhender. On évolue vraiment dans la fin des années 80. Les gens commencent à tomber comme des mouches, les traitements sont balbutiants, les tests ne sont pas systématiques. En gros, les gens en sont encore à mettre la tête dans le sable puisque la lutte est vaine. Et donc, on se contamine sciemment ou pas, on a pu se le choper alors qu’on ignorait tout du Sida, ou qu’on s’en foutait, ou bien qu’on ne réalisait pas bien qu’il pouvait vraiment toucher tout le monde. La séropositivité met alors en exergue les modes de vie des uns et des autres. L’auteur évoque sa relation avec Jules, qui lui-même est avec Berthe, et qui a deux enfants avec cette femme. Une sorte de trio amoureux pas très précisément décrit, mais dont on sent la force de la relation (même si cela parait étrange). Il parle de ce que la séropositivité peut aussi permettre à des gens de se sentir plus proches les uns des autres, et là plus particulièrement de cette idée bizarre de presque désirer que les enfants l’aient attrapé pour se sentir plus intimement lié eux, affectivement et biologiquement.

J’aimais ces enfants, plus que ma chair, comme la chair de ma chair bien qu’elle ne le soit pas, et sans doute plus que si elle l’avait été vraiment, peut-être sinistrement parce que le virus HIV m’avait permis de prendre une place dans leur sang, de partager avec eux cette destinée commune du sang, bien que je priasse chaque jour qu’elle ne le soit à aucun prix, bien que mes conjurations s’exerçassent continuellement à séparer mon sang du leur pour qu’il n’y ait jamais eu par aucun intermédiaire aucun point de contact entre eux, mon amour pour eux était pourtant un bain de sang virtuel dans lequel je les plongeais avec effroi.

Il y a d’autres moments comme cela, qui peuvent être un peu choquants aujourd’hui mais qui se comprennent aisément lorsqu’on se replace dans ce contexte « historique », à une époque où on était pas persuadé du mode même de transmission du virus (larmes, sueur ?).

Il s’agit d’un très beau bouquin, vraiment remarquablement bien écrit.

Hervé Guibert - A l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie

Mercredi 19 Janvier 2005

Matooyage La pissotière

Classé dans: Matooyage — @ 14:01:03

Non ce n’est pas le récit de mon dernier plan cul… nan, nan promis, ni même en rêve ou en chimère bloguesque.

Je vais « un peu » au cinéma ces derniers temps, en fait c’est presque une semaine « marathon » et j’adore ça. Je fréquente donc assidûment les chiottes de l’UGC des Halles, enfin une fois dans la soirée en moyenne je pense.

Or, j’ai toujours eu un problème avec les urinoirs. Je n’aime pas ça. Eurk, j’arrive pas à me concentrer assez pour pisser correctement la dedans. Ca ne m’étonnerait pas que ce soit un truc de chochotte ça d’ailleurs. ;-) Dès que j’ai un mec à côté de moi, je suis troublé, intimidé, je ne sais plus où poser mon regard, j’ai l’impression qu’il me scrute, et indéniablement, si forte mon envie soit-elle, mon pénis se refuse à m’obéir. Pas de pipi. Rien, nada, pas une goutte. Et j’ai l’air con, alors je fais semblant d’avoir fait, je secoue le machin tout sec (ah oui je continue de simuler), je remballe, et je change discrètement de chiotte. Evidemment dans un bar gay c’est encore pire, puisque la promiscuité est alors totale. Et il suffit de croiser le regard d’un voisin pour le deviner le plus lubrique possible et l’imaginer en train de vouloir mater à tout prix.

Ralalalalalalalalalala.

D’ailleurs, je me souviens qu’au Lycée, j’étais allé pisser avec un copain. Ce dernier me voit rentrer dans les chiottes fermés, et il me dit : « Tu sais que les mecs ne sont pas obligés de s’asseoir pour pisser ?! » en se marrant comme un con. Ah ah ah, très drôle. :gene:

Mais je prends sur moi et j’essaie de m’améliorer. Du coup, quand je suis tout seul, je me lance des défis au boulot, dans des bars ou au ciné. Allez hop, vas-y… concentration… piiiiiiiiiiiiiiiiiiiiissssssse. Et j’y arrive de mieux en mieux. Je ne vous raconte pas les trois jours, où j’ai demandé à aller boire un triple expresso pour me diurétiquériser à donf.

Il y a aussi mon expérience des urinoirs du troisième millénaire au RAIDD… Sans compter aussi que la fois où comme un grand je me soulage dans une pissotière, je me paye une honte… déculottée !

Hier, je rentre donc aux wc, c’était à la fin d’une dernière séance, et j’étais presque sûr qu’il n’y aurait personne. Et surtout, la porte des chiottes fermés était condamnée. Ces pissotières sont particulièrement périlleuses puisqu’il n’y a aucune séparation entre deux vasques. Donc intimité ZERO ! Bon, je me mets en place… et j’attends deux secondes que ça vienne. Baaaam, la porte s’ouvre en trombe et deux hétéros un peu bourrus, deux potes, un black et un blanc, débarquent en parlant fort.

Le blanc se met immédiatement à côté de moi, et commence à sortir son braquemart, et un jet puissant part tout de suite (il a failli m’éclabousser le con). Et là, je commence à avoir honte, je me dis : « oh putain, qu’est-ce que je fais ? ». Je tente un mantra sacré : « Brahmarpanam Brahma harvir Brahmagnau Brahmana hutam Brahmaiva tena gataryam Brahma karmasamadhina » mais rien n’y fait.

Alors je regarde le mec et lui dit en souriant : « Heu bon, vous auriez pas pu me laisser tout seul là, parce que maintenant je ne peux plus pisser moi ! ». Il me regarde bizarrement, et je me rends compte que je viens de passer pour un extra-terrestre (alors que je pensais que mon attitude était suspicieuse et que j’avais besoin de la justifier). Son pote prend alors sa place, et moi j’en profite pour me reboutonner, alors que le black pisse à son tour. J’explique alors à mes nouveaux compères mon terrible secret…

- J’ai commencé à pisser là parce que les chiottes sont condamnés et que je pensais que je serais seul. Le simple fait de vous entendre parler et de vous savoir là, ça me kéblo et je peux plus sèpe.
- Ah ouai ? Mais c’est dingue ça ! et ils commencent à se marrer.
- Et bin dis donc et si ta nana elle te parle pendant que vous baisez, tu fais comment ? rajoute le black en se bidonnant

Je reste estomaqué par cette remarque de pissotière (et assez fier qu’ils puissent encore me prendre pour un des leurs), et je lui réplique un rien cynique : « On ne doit peut-être pas avoir la même manière de fonctionner, mais en général moi mes activités copulatives sont assez éloignés des chiottes et d’une envie de pisser, tu vois ? ». Son pote se met à exploser de rire, et à se foutre de l’autre. Il me répond donc : « Nan mais tu comprends quoi, je voulais dire que si ta nana, elle te parle pendant l’amour ça peut te déconcentrer genre… », et je le coupe : « ah ouai nan mais chacun ses tripes, moi je respecte », ce qui rend le pote encore plus hilare.

Finalement, les mecs me disent : « bon bah on va te laisser finir alors… bonne soirée » en rigolant. Du coup, j’ai réussi à pisser ! Alléluia ! :mrgreen:

Cinéphage Ocean’s Twelve

Classé dans: Cinéphage — @ 01:34:16

Pfiouuuu, ce film est une vaste supercherie, une vaste fumisterie, une vaste bouffonnerie !! Mais ça se laisser regarder… ;-)

Le scénario n’est pas à une incohérence près ou plutôt à une fantasmagorie digne d’un des meilleurs épisodes de « Mission Impossible », mais ce n’était pas le but je pense. Il s’agit d’un vrai pastiche du premier volet, et en cela c’est une grande réussite. Malgré ce charme indéniable avec la même bande son efficace, de bons acteurs en pleine forme, une action toujours présente et palpitante, je me suis fais chier au bout d’un moment. Trop c’est trop, et j’ai décroché à ces histoires de cambriolage aux techniques arsèlupinesques invraisemblables, avec ce scripte dont on sait à l’avance qu’il nous réserve un gigantesque tour de passe-passe final.

Donc c’est très joli, très esthétique, un show à l’américaine avec toutes les reustas de la Terre, bien dirigées, aux dialogues ironiques et spirituels mais c’est tout. Je lis que Soderbergh aurait signé un film « majeur », vraiment je ne comprends pas pourquoi. Je ne trouve vraiment aucune finesse particulière à ce film, et vraiment pas au scénario qui se termine comme le pire des feuilletons de l’Eté, bienvenue au Château des Oliviers.

La mise en abyme de Julia Roberts est par contre un vrai numéro de cirque qui fonctionne très bien, et rend attachant toute cette clique de comédiens. A coup de clins d’œil, de caricatures et de parodie, ils arrivent à rendre le tout supportable, mais pas plus.

Ocean's Twelve

Page suivante »

Powered by WordPress