Cela va faire deux ans que je blogue, que je m’amuse, que je me plais à m’écrire et me décrire pour le quidam qui me lira, mais aussi pour mes potes et, en fin de compte, surtout pour moi. En écrivant le titre du post, je me suis dit que je pouvais aussi l’appeler « quo vadis » mais je subodorais avoir déjà utilisé l’expression. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que deux posts portent déjà cet intitulé. Cela reflète tout à fait mes blogoréflexions du moment…
J’ai raconté beaucoup de choses et je n’ai pas spécialement envie de me répéter. Parfois je commence un post, et puis un truc me met la puce et l’oreille et en faisant une rapide recherche, je me rends brusquement compte que j’ai déjà disserté dessus quelques mois auparavant. Par conséquent, je laisse tomber car je n’ai pas envie de radoter, même s’il y a peu de chance que cela apparaisse comme tel aux lecteurs.
Mais bon, les lecteurs… il y a vraiment des lecteurs ?
Hier par exemple… 1578 visites, 1382 visiteurs uniques… Bon, mais je bosse pour ça vous savez bien. Je vais lire les autres, je commente chez eux… donc soyons un peu honnêtes et remettons les choses à leurs places. 987 personnes ont atterri chez moi par une requête de moteur de recherche (il y a un peu de matière il faut dire) et 102 par un lien sur un site. Je vous passe la liste des mots-clefs, c’est aussi désopilant et sexué que chez tout le monde. Donc ça donnerait à peu près 489 visites, et si l’on y applique le ratio visite/visite unique, on se retrouve avec en gros 430 lecteurs « volontaires ». Peut-être un peu plus si l’on considère les gens qui ont leurs bookmarks ou des agrégateurs en ligne, et qui sont donc comptabilisés dans les visiteurs « référant ». Mais ces lecteurs qui débarquent des commentaires ou des blogrolls sont après tout aussi légitimes que ceux qui viennent directement (?). En outre, parfois je lis des blogs que je connais en me servant de mes bookmarks, de bloglines ou bien utilisant une blogroll, un lien sur un commentaire ou encore en tapant le nom de l’oiseau sur google.
Mais bon, je considère que c’est donc autour de 430 par jour, et cela remet bien les choses à leur place. C’est tout petit.
Sachant que c’est en plus ce putain de post N°337 avec les Dieux du Stade qui me rapporte le plus de liens, requêtes, référencement, je me dis que ce n’est tout de même pas exactement la substantifique moelle de ce que je suis. Je ne fais pas un blog utile ou technique, et je n’en ai pas la vocation. Ce sont juste mes élucubrations et ça me plait beaucoup de le faire comme cela, même si c’est devenu une assuétude comme toute ma relation à internet. Avec ses côtés bénéfiques évidemment dont je jouis quotidiennement, mais aussi son contraire.
Il y a aussi ce côté « star » qui est très très drôle étant donné que si l’on considère la communauté des pédéblogueurs parisiens, je suis en effet plutôt connu. Mais si sort de ce cercle restreint, ce n’est évidemment plus du tout le cas.
C’est vrai que j’ai eu quelques moments marrants et surprenants à être reconnu dans la rue par des gens dont je n’avais jamais entendu parler auparavant, enfin dans le Marais. Arf. En fait la principale chose que cela m’a apporté, c’est être reconnu tout court. J’avais envie d’écrire et d’être lu, mais je n’ai jamais osé montré ma médiocre production littéraire. Après je n’ai jamais vu la blogosphère comme une compétition à base de statistiques ou de popularité des uns et des autres, même si j’avoue qu’en mon for(t) intérieur, cela me ravit de l’avoir au moins remportée une fois. Tout cela n’est qu’un combat incestueux entre Orgueil et Humilité.
Depuis quelques temps, je lis à droite et à gauche de petites mentions qui me font beaucoup rire (j’en ai bien relevé 4 ou 5). En effet, on écrit des posts « à la matoo » ce qui signifie d’ailleurs en substance : « écrire de manière ampoulée et prolixe ».
Au moins, je sais que je représente une certaine manière de bloguer, qui plait d’ailleurs autant qu’elle m’attire des diatribes de tous les côtés.
Je disais il y a quelques semaines que les pédéblogueurs avaient tendance à utiliser les blogs comme des compléments de profils, comme c’est déjà le cas sur Gayattitude. Mon blog, une fiche de profil améliorée ? Hey, finalement ce n’est pas faux. Si l’on considère mes dernières rencontres : Deubeuliou, X., ou bien coucheries (de celles que j’ai racontées et les autres que j’ai préférées taire vu comment ça se passe quand on dit qu’on couche avec un blogueur, arf), ou même sorties, il est bien notoire et ostentatoire que je fais partie de la Matrice.
J’ai tout de même eu pas mal de surprises dans l’expérience du blogging. A commencer par les referers « which came from outer space » du genre des skyblogueuses qui publient des billets amoureux (« Merci pour ce que vous faites Matoo » j’ai un jour lu) sur mon post des Rugbymens à oilpé, ou bien des forumeurs fans de Madonna outrés que je sois si bien positionné dans google alors que je ne suis « personne » dans le milieu des aficionados (et pas fan en fait !). Le pompon revient à un forum des fans d’Hélène Ségara qui se sont récemment montés contre moi à cause d’un vieux post que j’avais oublié où je me moquais gentiment (si si) d’un hétéro, fan de la chanteuse [SIC], qui avait peut-être quelques penchants contre-natures. Et là je persiste et signe, lorsqu’on est fan d’Hélène Ségara et mec hétéro, il faut se poser de sérieuses questions.
Hier, j’ai écrit au webmaster d’un site porno, en effet je recevais pas mal de visites d’un site « gays-black point com » qui récupérait mon fil RSS pour l’exposer dans la rubrique « histoires gays ». J’ai écrit au gars qui a très vite réagi et a diligemment ôté les infos. Je lui ai simplement expliqué que je doutais que ses visiteurs soient spécialement intéressé par des histoires gays (et black) qui traitent de moi à l’Opéra Bastille avec môman. De la même manière, je me suis pris un scud par le site « matoo point fr » dont le site m’avait fait beaucoup rire, mais qui me demandait de ne faire aucune association ou hyperlien entre nous (le pédégé m’avait gentiment écrit en me disant qu’il n’avait aucun jugement de valeur, mais que lorsqu’on tapait Matoo dans google à l’époque on tombait sur : « un oide dans le uc », ce qui ne les arrangeait pas trop…). J’avais tout de suite obtempéré bien sûr, et leur sollicitude m’avait très agréablement surpris. Enfin ne parlons pas du nombre considérable de sites qui me référencent en tant que site de cul gratuit à cause de ce putain de post N°337 (pas étonnant que SmartFilter ne m’aime plus) !!!
Il y a aussi des referers et des échos qui font plaisir comme lorsqu’on récupère des critiques de bouquins sur un site pour des mômes, ou de films sur d’autres, ou lorsque des hétéros m’écrivent pour me dire que me lire leur a permis de mieux comprendre et accepter leur pote qui venait de leur annoncer son homosexualité (il y en a eu deux), etc. Et celui qui m’a certainement le plus flatté est du à une lectrice qui m’a cité plusieurs fois sur un forum du site web de Renaud Camus, et dont je prenais un malin plaisir à venir grappiller en petite souris les réactions des uns et des autres. D’ailleurs lire les réactions des HélèneSégariennes était jouissif, vu qu’elles n’avaient pas idée que le referer me donnait un regard sur leur petit monde (je dis « elles » car je suppose que ce sont des filles ou des tapioles lol). Elles me traitent de « peti con, imbéssile et frustrée », c’est mignon.
C’est amusant, ce post sonne comme si j’allais faire mes adieux, mais non je ne suis vraiment pas du genre Diva (pour ça en tout cas), ce n’est pas d’actualité. A ce niveau là, mon mentor en la matière, Garoo, a encore fait montre d’une conduite que j’aime beaucoup. Même s’il craint intégrer la ferme des blogueurs, j’ai toujours admiré sa manière de se renouveler, de ne pas se laisser mener par le bout du blog mais de simplement mettre en ligne ce dont il avait envie. Je comprends qu’on ne veuille plus parler de sa vie intime lorsqu’on s’en prend finalement plein la gueule, ce qui m’arrive encore trop régulièrement par mail, ou bien comme on peut le deviner pour Paumé et d’autres blogueurs « intimistes ».
Aussi, je me mettrais peut-être à ne plus mettre à jour mon blog que pour évoquer des bouquins, le ciné, ou alors autre chose. Mais laisser complètement tomber, ça ne m’enchanterait pas trop. Ce qui m’amuserait, ce serait plutôt de me challenger sur une autre sorte d’objectif. Ce serait de continuer à publier en faisant en sorte d’avoir de moins en moins de lecteurs. Créer, toujours créer, pondre et pondre, poster et poster mais dans le but ultime de retourner à la douce époque des premiers posts à deux francs, et leurs quinze lecteurs quotidiens. Oh oui je kifferais cela, de subrepticement glisser vers le néant, en ayant une stratégie bien définie. Ou alors plus délicat et excitant encore : le Blog comme métaphore de l’Entropie. Wow mon Jeffounet va adorer cette idée.
- Je vous juuuure Madame !
- Ah Marie-Thérèse ça suffit, ne jurez pas !!!