MatooBlog
Pectus est quod disertos facit

Lundi 28 Février 2005

Matooyage Il te plait mon gros paquet ?

Classé dans: Matooyage — @ 01:36:10

Samedi soir, nous fêtions dans la liesse la plus nawakienne l’anniversaire de Fabien et de la prêtresse du NaWak qui n’est autre que Sophie. Eh oui, je considère que les deux fondateurs de cette étrange secte sont Sophie et Jeff. Cette dernière (je parle de Sophie, arf) a encore eu la générosité de nous inviter dans son appartement somptueux de la rive-gauche où il fleure bon le 6ème arrondissement, et où les pinces-fesses sont toujours réussis.

Les coquecigrueurs étaient là en bande, et il ne manquait presque personne de ce blog communautaire à la ligne éditoriale inexistante, pour le plus grand plaisir de ses aficionados. La soirée fut encore abreuvée de maints liquides vaillamment titrés. Pour aller avec, Séb avait concocté aussi un cocktail détonnant de tubes des années 90… Britney était de la partie aussi évidemment. Je découvre peu à peu que X. a à peu près la même culture musicale que Séb, on les a donc vu se coordonner et choisir sans coup férir des musiques heu…. comment dire… populaires ! :mrgreen:

Le samedi après-midi j’étais allé rejoindre Jeff et François in extremis pour les aider dans le choix des cadeaux… cinq minutes avant qu’il ne quittent le magasin. :gene: Du coup, j’ai pris quelques présents afin de les emballer et de les amener à la soirée pour soulager Jeff.

Assez fréquemment, cela me fait beaucoup rire de faire des paquets cadeaux à partir de magazines dont je prends les feuilles et que j’assemble à grand renfort de scotch. Mais le plus marrant, c’est de faire cela dans des magazines un peu… décalés. Il se trouve que j’ai reçu le catalogue IEM pendant quelques années lorsque j’habitais à Bastille. Ne me demandez pas pourquoi, je l’ignore ! :ok: Mais donc j’utilise ainsi ces pages olé olé pour confectionner de jolis paquets bariolés. En général, quand les gens ouvrent leur cadeau, on reconnaît ainsi rapidement que cela vient de moi, et il y a toujours des hétéros pour s’esbaudir devant cette encyclopédie à ciel-ouvert.

Parmi mes favoris, et de ces pages qui sont lues et relues pendant toute la soirée (hétéros et homos confondus), on trouve les trois catégories suivantes dont je vous offre un échantillon gratuit.

Résumé DVD catalogue IEM Résumé DVD catalogue IEM Résumé DVD catalogue IEM

Le premier est tout classique mais c’est ce qui me fait rire le plus dans ce genre de catalogue. Il s’agit d’une simple page descriptive avec les résumés des films et une grille pictographique bien astucieuse pour s’y retrouver. Je crois que c’est cette dernière trouvaille qui a toujours le plus épaté mes copines. Mais les résumés des films sont aussi un sacré morceau d’anthologie et de virtuosité littéraire. Je suppose que c’est le métier de quelqu’un de rédiger ce genre de choses… Et là c’est le summum, puisque nous pouvons lire les scriptes (néandertaliens) d’un film et de sa suite. On se rend compte alors qu’il y a vraiment un lien entre les deux scénarii, et qu’il vaut certainement mieux avoir vu le premier avant le second, au risque de n’y rien comprendre !!! :mrgreen:

Ensuite, on a la page avec les godes « realistic » des stars du porno. Aaaah les fameux ! On peut d’ailleurs lire sur la tranche (de la page, pas du gode) que les tailles de godes indiquées ne comprennent pas les couilles, et que les godes ne sont ni repris, ni échangés (Thank GOD !). Cette page a été la base de mon éducation de fauconnier émérite. Ensuite, le jeu consiste à reconnaître son propriétaire à la simple vue de son manche. Excellent pour la mémoire…

Sur cette catégorie, on a en général les filles qui n’en reviennent pas d’une telle « starification », et qui rosissent aussi de la taille des membres ainsi figurés. On entend couramment des « Oh nan c’est pas possible, regarde ça chéri ! » avec des regards en coin lourds de sens vers leurs jeunes mâles. Ces derniers font évidemment mine de rien, et se refusent à toute comparaison ou compromission pour quelque chose d’aussi vulgaire.

Enfin vient la série des accessoires ! Alors là c’est un consensus, personne ne sait à quoi cela sert, et pourquoi cela existe, et vraiment ce ne sont que perversités and co. La page des cockrings accroche souvent l’œil malgré tout, et ils veulent au moins en connaître les usages. Les filles trouvent en général ridicule l’accoutrement qui ceint ainsi la teube, et barbares les pinces et ce genre d’objets de torture consentante. J’ai vu les mecs plus captivés ou intrigués par ces machins qui sont censés augmenter le plaisir et retarder l’éjaculation, deux choses qui intéressent forcément les mecs, hétéros ou pas !

Mais bon, trêve de baliverne ! Vous avez lu la nouvelle ? Les Nœuds dans l’Ether ne sont plus. Jeff qui est un de mes amis les plus chers, avant d’être un blogueur de talent, arrête donc d’écrire son carnet. Cela ne changera pas grand chose pour nous deux évidemment, mais clairement je vais regretter de ne plus lire ses aventures, rodomontades de scientifiques et autres tergiversations philosophique sans queue ni tête (enfin parfois avec quelques queues).

Samedi 26 Février 2005

Matooyage Etre bien chez soi

Classé dans: Matooyage — @ 20:30:17

J’ai eu un mal fou à émerger toute à l’heure. Pourtant je ne me suis pas couché trop tard. J’ai encore cette crève qui me fait tousser, et je voulais rattraper un peu le déficit de sommeil de la semaine passée. Mais bon, j’ai finalement renoncé à la douce chaleur de la couette vers 14h, après avoir entendu sonner trois mon mobile (yeaaaah on m’aime ! arf).

J’ai ouvert les volets et une douce lumière d’hiver a baigné ma chambre. Je me sentais bien. Reposé, tranquille. J’ai humé l’air glacé de cette neigeuse fin de février, et j’ai refermé sagement la fenêtre. Je n’ai pas résisté à replonger sous la couette pour quelques minutes, à simplement regarder dehors à travers les voilages rouge orangé de la pièce.

J’ai réussi à me lever, j’ai mis mon peignoir, je suis péniblement passé de la chambre au salon. Cette luminosité est géniale. Mon regard s’est posé sur le bouquet de tulipes qu’un de mes convives m’avait ramené pour le dîner. Je suis vraiment une tapiole, j’adore les fleurs. Elles sont magnifiques et sont bien positionnées sur ma petite table. C’est parfait !

J’allume l’ordinateur, centre névralgique de mon nid qui délivre musique, télévision, images, radios, etc. J’ouvre le frigo pour constater la misère ambiante qui règne dans cet objet usuel. Mais je vois un plat que j’avais utilisé le soir du dîner. Resterait-il… ? Ouiiiii !

Je recueille délicatement les trois pâtisseries algériennes qui reste de mon dîner. Elles suintent le sucre et le miel. Lorsque je récupère la dernière pour la poser sur une petite assiette, un filet de miel blond retombe sur le plat, et j’en récupère quelques gouttes sur un doigt, que je glisse à ma bouche. Je dispose alors mes trois trésors sur l’assiette, un à l’amande, un aux noisettes et un troisième aux noix, que j’avais acheté à la « Bague de Kenza » rue Saint Maur, qui doit être une des meilleures pâtisseries algériennes de la ville.

Ainsi rasséréné par la délectable tournure que prend cette journée, je m’installe confortablement sur mon canapé-futon, je pose l’assiette aux mignardises à côté des tulipes. Il me manque quelque chose pour profiter convenablement de cette matinée d’après-midi. Je me lève, et réfléchis un peu à ce qui pourrait aller avec tout cela. L’évidence s’impose rapidement à mon esprit embué de sommeil. Saison 4, disque 2 de « Sex and the City ». ;-)

Me voilà donc paré à dévorer ce minuscule dessert aux noisettes qui doit à lui seul contenir l’intégralité des calories nécessaires à nourrir un homme pendant trois jours, mais au diable la raison. Dès lors que mes papilles commencent à faire fondre les sucs du gâteau, je succombe. « Oh putain que c’est bon ». J’enfourne rapidement l’intégralité et je goûte à ce petit moment de bonheur.

Ainsi la journée a commencé, et lorsque j’ai compris qu’il était déjà 15h et que je n’avais à peu près rien fait, j’ai eu un choc. Mais bon, c’est samedi. C’est bon d’être chez soi et de s’y sentir bien dans ses baskets.

Aaaaaaaaaaah, il faut que je parte, je vais être en retard (je me prends pour le lapin blanc moi en ce moment !) !!! :mrgreen:

Tulipes

Vendredi 25 Février 2005

Matooyage Pollution nocturne

Classé dans: Matooyage — @ 20:54:41

Hier soir avec X., on discutait tranquille au pieu après que plein de messieurs bien intentionnés ont quitté notre aire, au terme d’un chouette dîner. Je ne sais pas bien comment mais de fil en aiguille, on a discuté du côté pratique ou pas de faire l’amour le soir, le matin ou bien en plein milieu de la nuit. On est aussi compatible là-dessus, car l’un allume l’autre à peu près quand il veut, et l’autre démarre au quart de tour (oui, oui je sais, c’est le début). Et puis nous avons évoqué le fait de coucher simplement l’un avec l’autre, sans forcément faire joujou avec nos zizis, ce qui est déjà un petit bonheur en soi.

J’ai alors confié à X. que j’avais un drôle de truc d’ado qui reste scotché en moi, et dont je doute pouvoir me débarrasser un jour. Lorsque je n’ai pas une activité sexuelle débordante et que j’omets de me soulager, il est à peu près certain que je vais me réveiller dans la nuit baignant dans ma semence. :mrgreen:

Eh ouaiiii, comme un ado prépubère, j’me fais des films pendant la nuit et je lâche la purée sans même m’en rendre compte. Parfois c’est énorme, car je suis encore endormi mais ma conscience émerge tout juste, et je sens que je suis « hot hot hot », que je bande comme un ouf. Alors sans même me toucher je me mets à jouir, et en même temps je me réveille carrément en sentant les spasmes de l’éjaculation qui battent la chamade contre la couette. C’est une sensation des plus bizarre avec un râle qui hésite entre « Ooooh putain c’est trop bon » qui accompagne souvent une réminiscence des jolies images que mon esprit pervers avaient formées, et un « Aaaaaaah mes draps, nan, nan, nan, pas ça ! Kleenex silvouplééééé ! ».

Ce genre d’expérience est surtout forte par le fait qu’une éjaculation soit déclenchée sans même se masturber, ce qui ne m’arrive jamais en dehors de ces cas là. Je crois que je suis très fort pour fomenter les songes les plus érotisants et me chauffer les gonades à blanc. Je ne connais pas de personne à qui cela arrive alors que l’on a une vie sexuelle plutôt classique. J’ai déjà peu de potes qui me disent en avoir déjà eu adolescent, alors que moi c’est comme cela que j’ai découvert qu’en se touchant le machin, c’était encore plus chouette. Mais le truc chez moi, je crois que ce n’est pas tant le fait d’avoir atteint une certaine maturité sexuelle, mais simplement que lorsque je m’abstiens je retiens alors une certaine charge sexuelle en moi. Si mon désir n’est pas rapidement satisfait, et la charge évacuée, alors ça sort tout seul, et mon imaginaire se charge de remplacer ma main droite avec une efficience assez redoutable.

Pas la peine de vous dire, que je ne suis donc pas vraiment un adepte des « pas la première fois, tu comprends ? », mais plutôt « Ah ? On va pas baiser ce soir ? Heuuu… bin tu permets que je me branle, ou tu préfères te réveiller avec du sperme dans le dos ? ». Hé hé hé. :mrgreen: Je plaisante évidemment, mais il m’est déjà arrivé dans un cas comme celui-ci de justement me faire dessus, alors que je passais une première nuit romanesque avec un amant. Et hop, le calbute mouillé à 3h du matin… sympaaaaaa !

Donc si je me branle tous les jours, c’est simplement par hygiène personnelle. Il faut éviter les débordements hormonaux intempestifs ! :pompom:

Mercredi 23 Février 2005

Matooyage Comme dans un clip

Classé dans: Matooyage — @ 22:23:35

Ce matin, quand j’ai vu la neige qui tombait en flocon tout duveteux par ma fenêtre, j’ai su que ce serait une journée idéale pour abandonner mon roman au profit de mes écouteurs.

De temps en temps, souvent quand je suis fatigué ou que je n’ai pas la tête à bouquiner, je préfère écouter de la musique durant mon heure quotidienne de trajet pour aller au boulot. En général, le temps passe à une rapidité stupéfiante, et j’en ai même des absences flippantes. Je me réveille fréquemment en sursaut d’une drôle de torpeur en me disant que mon dernier souvenir conscient remonte à vingt minutes plus tôt.

En général, je chausse mes écouteurs juste avant de verrouiller la porte de mon appartement, sur le palier. Et là, hop, mon trajet se déroule dans ma tête comme si je regardais un clip à télé. C’est dingue car à partir de ce moment, j’ai l’impression que tout autour de moi concourt à cette chimère. Les flocons qui tombent en rythme, les gens qui me regardent, ceux qui m’ignorent, les voitures qui passent, les devantures qui s’animent… La musique me permet finalement de m’enfermer dans une rêverie intérieure tout en me rendant beaucoup plus sensible et à l’affût des gens et choses qui m’entourent. C’est comme si je me sentais protégé derrière une vitre sans teint et que je pouvais regarder mon environnement avec plus de liberté et d’acuité que d’habitude. Et ce sentiment est encore renforcé quand je pénètre l’enceinte du métro puisque je suis habituellement le nez dans mon bouquin, et rien ne me perturbe alors.

Et puis chaque trajet est unique, déjà je n’écoute pas la même musique au même moment, mais surtout les gens sont différents. Les paroles des chansons me font aussi divaguer et prêter des histoires similaires aux personnes que je regarde. Les gens doivent me prendre pour un vrai barge de temps en temps… :mrgreen:

Quelquefois, c’est plutôt moi que j’imagine en train de pousser la chansonnette. Donc c’est mon clip, et je marche dans la rue et je me vois en train de faire mon clip en chantant à tue-tête en pleine rue. C’est jouissif, car dans ces cas là on chante évidemment aussi bien que celui qu’on a à fond les ballons dans l’ouie.

StarAc et Nouvelle Star, tremblez car me voilààààà !! Et oui, je vais aller sur 29 balais, mais je ne me leurre pas, quand je rêve éveillé de ce genre de choses, je suis certain que je suis influencé par ces programmes à deux balles. Du coup, cela ne m’étonne plus quand mes ami(e)s instits me soutiennent que 90% des mômes mettent sur le petit papier de début d’année : « chanteur » ou « gagner la StarAc » ou bien simplement « Célèbre ». Vu comment déjà moi je nourris mes propres fantasmes dans la rue. Arf.

Et je me souviens que quand j’avais vu « Dancer in the Dark », certaines critiques arguaient que le côté comédie musicale des fantasmes de Björk étaient ridicules et peu crédibles. Je me suis alors offusqué, vu que justement moi je comprenais parfaitement ce qu’elle ressentait alors. En effet, en plus de ces clips égotiques, j’y incorpore souvent les gens avec qui je voyage le matin. Alors là, c’est le paroxysme de ma fantaisie puisque je peux sans effort imaginer un type en face de moi dans le RER qui se lève, balance sa mallette et se met à danser sur une barre tandis que des filles font les chœurs et que tout le monde se met tour à tour dans la farandole.

Parfois, je me réveille uniquement arrivé à la Défense ou bien à Suresnes, et j’hallucine d’avoir zappé autant de temps de transport. Je descends alors du tramway, et je reprends mon solo. ;-)

Mardi 22 Février 2005

Télévisage Adolf Eichmann : Un spécialiste, portrait d’un criminel ordinaire

Classé dans: Télévisage — @ 19:46:47

Adolf Eichmann est un officier nazi plutôt bien placé dans la hiérarchie du Reich, et qui fut un instrument stratégique de la politique d’extermination des juifs. Il était un haut cadre administratif qui avait pour spécialité les problèmes migratoires, et on lui avait notamment confié le déplacement et le transport de populations. Ainsi pendant des années, il a organisé des convois de trains et a mené des juifs, slovènes, polonais et tziganes aux portes des camps de la mort.

Il a été finalement arrêté en 1960 à Buenos Aires, et jugé en 1961 à Jérusalem, et ensuite condamné à mort. Son procès fut le premier à être filmé pour la télévision afin de servir au devoir de mémoire. De ces 350 heures d’archives, ce film expose en deux petites heures le jugement de cet homme, et surtout brosse le portrait hallucinant d’un fonctionnaire aussi efficace que criminel.

J’ai donc découvert ce type dont je n’avais jamais entendu parler, et dont la classique défense consistait à affirmer son rôle de simple « instrument » et d’exécutant de base sans aucun pouvoir de décision. En effet, on voit preuves après preuves, témoignages à l’appui, que ce type était un fonctionnaire zélé, à qui on a demandé d’organiser des déplacements de population en masse. Il a donc exécuté ses missions avec un dévouement tout particulier et a réglé comme une horloge suisse ses plans d’affrètement de trains dans toute l’Europe. Le procureur a beaucoup de mal à le mettre en défaut car on voit bien Eichmann, en tant que gratte-papier chevronné, jongler entre les paperasses, donner des arguments très construits et basés sur une logique imparable.

Le type est justement flippant, tellement on le voit froid et insensible à ce qui s’est passé, et surtout ce à quoi il a contribué en tant que « simple » logisticien. Et c’est justement là, que peu à peu, des failles apparaissent, des fêlures craquèlent alors cette carapace bureaucratique. En effet, on se rend de plus en plus compte qu’il avait largement conscience du plan globale, de l’élimination des gens qu’il convoyait, et on assiste en même temps à des témoignages bouleversants.

Apparemment, les gens qui ont souffert des exactions des nazis et de nombreux témoins n’avaient pas raconté leurs expériences traumatisantes avant cette opportunité d’en parler à la barre. Ainsi une quinzaine d’années après la fin de la guerre, ce procès vit défiler plus d’une centaine de témoins qui narrèrent les atrocités qu’ils avaient vécu durant la guerre. Tous étaient liés à des transports savamment organisés par Eichmann.

Ce qui est troublant tout au long du film, c’est qu’on se rend bien compte qu’apparemment Eichmann n’a fait qu’obéir aux ordres et son devoir, malgré quelques éléments singuliers, et cela met bien en exergue cette criminalité ordinaire à laquelle nous pouvons tous être amenés à participer. Evidemment, il fallait lutter et prendre position contre le pouvoir, et le discours d’Eichmann consistait justement à dire que cela ne servait à rien de se rebeller seul, et qu’il n’avait rien à se reprocher au regard de son activité à lui : la logistique. De la même manière, il y a plein de gens qui n’ont pas bougé pendant la guerre, et qui passivement on pu contribuer à ce que l’extermination soit si énorme. L’administration est un outil redoutable et ses rouages bien huilés ont concrètement permis ce génocide.

On peut facilement étendre ce constat à la France, avec tous ceux qui se sont sacrifiés, et ceux qui ont « simplement » attendu que le vent tourne, ou même ceux qui ont travaillé dans le sens des allemands « sans en avoir le choix ». Du coup, j’ai trouvé qu’en cela le documentaire ouvrait une réflexion incroyablement saisissante et intéressante sur la notion de responsabilité.

J’évoquais il y a quelques semaines que justement mon boulot m’avait parfois mis face à certaines contradictions à ce sujet. Et dans une moindre mesure évidemment, ce documentaire a fait écho à certaines réflexions que j’avais eues alors.

[Vu en DVD avant-hier soir…]

Un spécialiste, portrait d'un criminel ordinaire

Matooyage Radio killed the blog star ?

Classé dans: Matooyage — @ 00:46:50

Voilà donc l’expérience du passage radio qui s’est achevée. Je suis super content d’avoir participé à cette émission, malgré quelques déceptions sur la manière dont je me suis exprimé, mais je suppose que c’est pareil pour tout le monde. J’avais envie d’avoir plus de truculence ou de répondant, mais au final j’étais pas mal intimidé, et j’ai la sensation d’avoir été un peu minable. Arf.

Nous verrons demain ce que donne l’écoute sur le site. C’était très marrant de voir les dessous de l’émission, qui est aussi peu organisée que ça en a l’air quand on l’écoute. :mrgreen: Ils sont tous à plus ou moins avoir préparé un truc, un fil conducteur qui n’est pas tenu, des interventions anarchistes, mais beaucoup de bonne humeur et de bon esprit qui conduisent à un programme sympathique et plutôt pêchu. Et de fait, tous les chroniqueurs sont drôles et ont une jovialité communicative.

La radio est dans un endroit relativement délabré dans un quartier craignos, avec quelques psychopathes qui traînent leurs guêtres dans le coin, exactement ce que j’imaginais pour une radio associative. Un casque pour quatre, un micro pour trois, mais on se débrouille, on improvise, on se fait plaisir, et on fait plaisir aux auditeurs. C’est cool de savoir que des émissions de radio qui s’adressent aux pédés et goudous (à qui il faudrait en effet donner plus de visibilité) peuvent fonctionner et diffuser librement. A l’instar de « Pouf Pouf parlez-vous pédé ? », « Homo Micro » me paraît être une initiative vraiment intéressante et utile pour les gays de France et de Navarre (quand le flux ouaibe est disponible…).

Bon, je ne trouve pas qu’on ait dit des choses vraiment passionnantes sur les blogs, mais c’était au moins un petit aperçu. J’ai eu la surprise de rencontrer (le charmant) Micha, qui est le président de l’assoce des arméniens gays et qui connaît mon blog depuis plus d’un an apparemment. C’est lui qui évoquait le fait que le boss de Citébeur, Stéphane (Sooooo Citébeur, Wesh Cousin et consort. Diego et Jeff auraient adoré.) ne pourrait obtenir la Légion d’Honneur, mais bon il pourra toujours obtenir celle de Chevalier des Arts et des Lettres pour son œuvre cinématographique majeure. ;-) Et du coup, j’ai pu faire un clin d’œil à ma collègue et copine Naïri qui doutait sérieusement de l’existence de gays arméniens.

-N- et moi partagions le même micro, j’ai pu en profiter pour me blottir contre lui, même si j’ai du m’humilier publiquement en avouant la veste que je m’étais prise. Vous voyez bien que je ne raconte pas tout !? :mrgreen:

Lundi 21 Février 2005

Matooyage Mnémonique nique nique !

Classé dans: Matooyage — @ 09:35:14

Un petit jeu de mémoire dégoté par Raphaël.

Version pour les z’hommes sensibles.

Version pour femmes à femmes
.

(Evidemment les hommes pas sensibles et les femmes à hommes peuvent ainsi retrouver leurs affinités respectives.)

C’est dur hein ? :mrgreen:

Dimanche 20 Février 2005

Matooyage Ghost in the radio

Classé dans: Matooyage — @ 21:22:13

Demain soir ! Oyez Oyez braves et gentes pédales ! Et puis aussi les goudous, les hétéros, les bis et tout et tout, vous savez bien que je ne suis pas sectaire. ;-)

Donc demain soir sur la Fréquence Paris Plurielle (106.3 FM), -N- et votre serviteur serons les invités de la prestigieuse émission : « Homo Micro ». Hé hé hé. Donc, si vous voulez entendre ma voix de tapiole, en plus de m’entendre déblatérer sur les blogs et les pédéblogueurs, branchez-vous ! C’est de 20h30 à 22h30.

Ouai bon ok, moi aussi je n’avais jamais entendu parler de cette émission. :mrgreen: Un des animateurs nous a récemment contacté avec -N- pour nous demander notre participation, et que l’on évoque les blogs. C’est donc une émission sur une radio associative, et qui, comme son nom l’indique, est dédiée au monde homo mais sans restriction, et dans l’esprit le plus ouvert et universel.

Apparemment un flux est disponible sur le site de la radio, mais ça n’a pas l’air de fonctionner. :hum: Bah sinon, y’aura l’émission disponible dès mardi sur le site homomicro.net !

Je ne sais pas quelle sera la part de l’émission qui nous sera « réservée » ni bien ce qu’on va dire, mais bon on va se la jouer « freestyle » ! Je vais essayer de ne pas dire trop de bêtises, mais si j’en dis merci de votre indulgence. J’ai confiance, je sais que vous n’êtes pas des langues de pute. Naaaaaaaaaaan. :-)

Vendredi 18 Février 2005

Matooyage Hue Dada !

Classé dans: Matooyage — @ 22:43:22

Comme beaucoup de gens, je suis surpris des réactions au post de Bertrand. Parce que la stance « Berk le BareBacking », elle est certes le refrain de tout pédé bien-pensant aux poils lustrés, mais habituellement les gens ont un peu plus de discernement quant aux pratiques réelles des uns et des autres.

Et dans ce cadre, j’ai adoré ce qu’il a écrit, parce que c’est simplement authentique, et c’est à bien des égards le genre de situations auxquelles on s’est déjà retrouvé confronté. Du coup, cela m’a aussi fait m’interroger sur mon propre rapport au barebacking. Je suis né en 1976, donc un peu comme Freaky, le SIDA et sa prévention ont fait partie intégrante de mes vertes années. En tant que pédé, j’ai été encore plus sensibilisé à cela, et j’ai eu très peur de la maladie. La peur de la « mort à court terme », c’est un truc qui fonctionne plutôt bien, et vu comment les gens sont tombés comme des mouches en quelques années, je pense que la dissuasion a correctement marché.

Aujourd’hui le SIDA est toujours une maladie incurable et mortelle, mais c’est vrai qu’on a repris confiance et que cette fameuse dissuasion fonctionne moins. Déjà on ne peut plus affirmer qu’on va immédiatement en mourir, et donc la peur reste en place, mais n’est plus panique. Et puis, on sait qu’il faut continuer à vivre, aimer, jouir, et c’est donc ce qu’on fait. Et une protection existe, donc on l’utilise. Néanmoins, on ne voit plus les gens mourir autour de soi. Du moins, moi je ne le vois pas. J’entends des témoignages qui affirment que dans les années 90, on connaissait tous quelqu’un qui est mort du SIDA. Eh bien aujourd’hui, moi non, et ce n’est pas faute de fréquenter des tapioles de tous les genres et tous les milieux.

Je comprends donc mieux le phénomène de relapse et le fait que les plus jeunes voient cette menace comme de plus en plus abstraite et virtuelle. Du coup, on comprend moins bien la prévention (ça arrive aux autres), on se fie à ses propres jugements erronés (la fameuse confiance) et les risques paraissent minimisés. Mais finalement ce n’est pas une question de risque ou de probabilités, c’est uniquement une question de conjoncture : une fois et hop ! Ite missa est. Donc il n’est pas question de quantifier le risque, ce n’est pas les « une fois sur dix », ou « seulement dans les backrooms » ou je ne sais quoi, c’est une simple et mathématique question « d’à propos » qu’il faut assumer.

Voyons, livrons-nous un peu au petit jeu de la vérité…

Moi dans tout ça ?

Concrètement j’ai déjà fait des conneries, c’est-à-dire que j’ai déjà eu des rapports sciemment non protégés, surtout plus jeune (mais aussi plus récemment). Par contre, je suis un adepte du préservatif, et je n’ai jamais trop eu de problèmes avec ça. Et puis, je ne baise pas en backroom (là j’ai un vrai blocage), mais bon pour ça les plans cul internet c’est un peu AlloBackroom. Mais pour cela je suis tellement flippé de ces rencontres que je suis un ayatollah de la capote.

Mais clairement je me souviens avoir déstabilisé M. lorsque la première fois où nous avons couché ensemble (c’était donc en 2002), j’ai carrément voulu le faire sans. Je ne saurais pas dire pourquoi (enfin si, j’ai pensé avec ma bite), tout ce que je sais c’est que c’était une énorme connerie. Heureusement, il m’a envoyé bouler, ça l’avait plutôt refroidi d’imaginer que c’était certainement pareil avec tous les mecs. Mais la plus stupide des fois c’était avec Thomas, il y a des années, en 1997 je crois. Alors là simplement, par pure imbécillité, j’avais « confiance ». Je sais ce que ce mot a de débile, mais à l’époque je vous jure que j’y croyais dur comme fer. J’ai un peu déchanté quand j’ai appris qu’il baisait à droite à gauche (en haut, en bas, sur les côtés, en diagonal et transversal) et sans jamais se protéger. Ce fut un élément déclencheur pour moi qui n’avait couché qu’avec une poignée de gars, et toujours dans des contextes amoureux et romanesques, donc, dans ma tête, non sujets aux dangers de la contamination.

Ensuite, j’ai été très safe et j’ai à peu près conservé cette ligne de conduite, en me faisant notamment régulièrement dépister. Mais bon faut pas rêver, je ne suce pas avec capote, et donc le risque est à priori bien concret.

Il n’y a quelques années (2001), j’avais réalisé un fantasme qui me tenait à cœur. Le genre de truc un peu chelou qu’internet permet de facilement concrétiser. En plein milieu d’une nuit, un jeune mec s’est présenté à ma porte. Je l’ai seulement ouverte au quart, dans la pénombre bleutée d’une nuit de clair de lune. Romanesque à souhait. Aucune parole. Le petit gars s’est mis à genoux et a commencé à me sucer. Il a continué jusqu’à me faire jouir, sur ses lèvres, son visage, dans sa bouche. Ensuite, il est reparti… sans un mot. Nous avions convenu d’un tel scénario et je trouvais cela parfaitement safe. No comment.

Il y a autre chose aussi. Les films de cul. J’en regarde régulièrement, et j’aime bien cela comme beaucoup de mes congénères. Je préfère les films un peu plus « rough » aux films classiques si lisses et aseptisés. J’aime bien aussi me procurer des films non safe parce que ça m’excite de voir des mecs avaler. Du coup, je me sens aussi un peu con de faire prendre des risques à des acteurs de porno que moi-même je ne veux pas assumer dans ma vie intime. Ce n’est pas pour rien d’ailleurs que les films sont en majorité safe maintenant, puisque les comédiens de X ont aussi largement payé leur tribut.

Je me demande si ce désir est une réaction à un interdit ou un simple fantasme. Je me demande à quel point la stigmatisation du barebacking n’a pas aussi créé un interdit, qu’on a donc envie de transgresser. Mais quand la transgression devient un risque vital, on ne devrait même pas y penser, et pourtant cela arrive bien couramment.

C’est vrai que je n’ai jamais été une tête brûlée, ni un écorché vif mylénien, ni un anti-conformiste virulent, donc la peur de la maladie fonctionne encore comme stimulus premier à l’appel du préservatif.

J’ai aussi un fonctionnement amoureux qui fait que je ne prends pas de risque entre deux relations (ce qui ne dure rarement plus que quelques mois), que si je faute alors évidemment c’est protégé, et que l’objectif si je rencontre un amoureux c’est d’ôter la capote dès qu’on est sûr de nous (temps, tests, dialogues et tutti quanti), sauf si ce dernier est séropositif évidemment. D’ailleurs je ne crois pas que ce serait un truc qui m’effraierait où me ferait fuir. D’ailleurs, j’ai peut-être sans le savoir déjà couché avec un séropo, et je pense que je pourrais assumer cela dans une relation. Le truc le plus chiant étant évidemment la vigilance dans un moment où l’on a envie de s’abandonner et de plutôt penser à autre chose.

Mais personne n’est à l’abri d’une connerie, d’un ras-le-bol, d’un coup de folie (surtout quand c’est lié au sexe), il faut juste savoir en mesurer la véritable importance. J’assume le fait de ne manifestement pas être le meilleur exemple en la matière.

PS: Je sais j’en ai encore écrit une tartine et personne ne la lira, mais bon ça je l’assume aussi. :mrgreen:

Jeudi 17 Février 2005

Matage Télévisage Oh Esteban, je suis si heurEûûûûse !

Classé dans: Matage, Télévisage — @ 23:28:40

Avec X., on a commencé à se faire quelques épisodes des Mystérieuses Cités d’Or un soir. A chaque fois c’est la même chose avec ce dessin-animé, je ne peux pas en rester là, et je me regarde la série en entier sur plusieurs semaines.

J’ai quasiment toujours autant de plaisir à regarder ce truc. Je trouve que ça vieillit terriblement bien en outre. Et malgré les dialogues et les personnages neuneus, il n’en reste pas moins que le scénario, les images et la musique me procurent toujours autant d’émotions et de plaisir. Walalalalala quand le bateau il se met en marche, quand le condor il s’envole… c’est trop ouf de la mort qui tue sa mère. :mrgreen:

De plus, c’est la seule série qui recevait l’assentiment de mon père lorsque nous étions mômes avec mon frangin. Enfin non, il y avait aussi Goldorak ! Allez savoir pourquoi, mon père ne ratait jamais un épisode avec nous, il trouvait que c’était un super dessin-animé (ma mère restait dubitative, mais je crois qu’elle ne voulait pas décrédibiliser mon père à nos yeux, arf arf).

La série m’est aussi revenue en tête après avoir lu les savoureux posts d’un alcoolique mondain, qui pastiche avec un talent certain la série. Je me suis pissé dessus de rire à la lecture de passages de cette parodie très bien sentie. Je pense que cela parle particulièrement aux gens de ma génération qui ont connu et suivi gamin ce truc à la télévision.

Avec X., on rit aussi beaucoup aux soupirs égrillards de Zia et à l’espièglerie de Tao, à la candeur masochiste de ce pédé qui s’ignore d’Esteban ou à la perversité sadique à peine déguisée de Mendoza. Cela me fait un peu penser à des parodies des Chevaliers du Zodiaque qui sont un bonheur en la matière !

Que ce soit en bédé :

Parodies des Chevaliers du Zodiaque Parodies des Chevaliers du Zodiaque Parodies des Chevaliers du Zodiaque Parodies des Chevaliers du Zodiaque

[Source : http://www.saintseiya.com/]

Ou bien en vidéos… (qui m’ont fait pleurer de rire)






[Source : http://peps.conrad.free.fr/index.htm]

Matooyage Pour les fans

Classé dans: Matooyage — @ 21:38:29

N’oubliez pas la petite bannière “donation” à droite. :mrgreen:

Mercredi 16 Février 2005

Matooyage Matoo et les reustas

Classé dans: Matooyage — @ 17:36:43

A Paris, il n’est pas rare qu’on tombe sur un comédien ou une personnalité au détour d’une rue, et moi j’ai un drôle de réflexe dans ces cas-là. Il faut dire que la plupart du temps, je suis dans la lune. Du coup, il m’est arrivé à plusieurs reprises de croiser des gens connus, et alors je me mets à me demander d’où je connais ce type ou qui il me rappelle… et si je dois aller lui dire bonjour, car cela me rafraîchirait sans doute la mémoire. Je me souviens que j’avais eu ce réflexe en croisant dernièrement Vincent Cassel rue du Faubourg du Temple un soir très tard. Heureusement, au dernier moment je me réveille de cette torpeur et je me rappelle qui est cet inconnu connu qui est en face de moi !

Celui qui a vraiment du me prendre pour un ouf c’est Thierry Lhermite qui tournait un film dans ma rue il y a quelques années. Je me suis dirigé vers lui tout sourire, en me demandant : « Putain mais d’où je le connais ce vieux con… un pote de mes parents, un prof de lycée, un mec du taf ??? », et au dernier moment « hoooooooo » j’ai bifurqué et j’ai changé de trottoir. J’ai marché le plus vite possible et j’ai composé le code de mon immeuble comme un hystérique pour éviter l’auto-combustion de honte !

Hier, il se trouve que la place était propice à ce que l’on trouve quelques reustas plus ou moins « qualifiées ». Donc je m’attendais à reconnaître des gens, et à ne pas me laisser avoir. Je n’ai pas moufté quand, avec PH, nous avons eu Frédéric Diefenthal juste devant nous, ou Bruno Salomone dans le coin. Et puis, on a pu apercevoir quelques comédiens qu’ont voit couramment dans les séries télé, mais la salle était surtout pleine des gens qui avaient travaillé pour la série. Outre cela, quelques starlettes absolument caricaturales, dont surtout un clone de Julie Depardieu qui était habillée comme un sac (Prada, enfin non… plutôt Sylvain Lefebvre) et qui scandait qu’elle revenait de NiouYorque où elle avait tourné dans un court-métrâââââge, car non moi je ne fais plus ça, je ne fais plus que du cinémââââââ maintenant.

Vient le moment du cocktail (les 6 heures de projections étaient entrecoupés d’un cocktail dînatoire) et forcément je relâche mon attention, et Paul-Henri m’abandonne pour aller soulager sa vessie en même temps que Bruno Salomone (mais pas sur lui, il sait se tenir) à qui j’avais super envie de demander si ça fartait, mais je ne l’ai pas fait. Donc, je poireaute et dans la foule, je vois un mec. Enfin, non je vois une BOMBE. Vite, mode panique ! Je crois que je le connais… Humm, il ressemble un peu à Guillaume Canet, mais je suis certain que ce n’est pas lui. Donc c’est peut-être un mec que je connais alors ? Hummm, il me regarde aussi maintenant, mais est-ce que c’est parce que c’est moi qui le regarde, comme si on se connaissait ? Pffff. Nan, nan, je suis certain que je le connais ce bellâtre.

Aaaaaaaaaaaah, ça y est je le reconnais. Putain, quel con, heureusement que je ne suis pas allé le voir, c’est Jérémie Elkaïm en fait. :mrgreen:

Sinon Paul-Henri avait honte de moi, car il paraît que je ne suis pas sortable. En fait, quand les gens arrivaient après l’heure, j’ai dit un peu fort : « Tu vas voir que ce sont des connasses de fausses stars qui vont s’amener en retard… ». Et puis quand il me faisait la remarque que j’avais eu une gastro il y a quelques jours, et que là j’avais une toux, j’ai finement ajouté : « Ouai, je ne sais pas comment ça se fait, mais c’est passé de mon cul à ma bouche ! ». Arf. :langue:

Pendant la projection du dernier épisode, il était bien tard et la salle clairsemée. Du coup, Anne Brochet a mis sont manteau avec le mien sur le siège vide à ma droite. Et pendant une heure, elle se penchait et elle fouillait, elle farfouillait. Elle ouvrait des poches, soulevait son manteau, le mien. Je me suis dit : « Hey mais elle va pas me faire sa Béatrice Dalle klepto la Brochet !!!! ». Finalement, elle cherchait juste une bouteille d’eau ! ;-)

Quand nous avons quitté la salle, j’ai tenu à saluer Nicolas pour le remercier de l’invitation. Diefenthal était en train de lui parler, je lui ai donc tapé sur l’épaule pour lui dire quelques mots. Et dans ma tête je m’imaginais en train de dire « Hey, tu permets Fred, faut que je dise un mot à Nico, merci mon gars ! ». Arf arf arf. :pompom:

Télévisage Clara Sheller

Classé dans: Télévisage — @ 00:42:55

Il y a quelques mois, un blogueur avec qui j’avais échangé une poignée de mails m’avait proposé de lire le scripte de la série pour laquelle il avait écrit le scénario et les dialogues. Cette série « Clara Sheller » a été tournée l’été dernier et est co-produite par France 2 et une boite de production appelée « Scarlett ». Tant dans la forme que dans le fond, on voit là une œuvre ambitieuse. En effet, il s’agit d’un format long pour ce genre de série, 6 épisodes de 52 minutes d’un feuilleton qui s’occupe uniquement des problèmes sentimentaux de bobos parisiens métrosexuels (on imaginerait plus aisément un 26 minutes pour le sujet).

Hier c’était la soirée où l’on a eu la chance de visionner les 6 épisodes d’un coup au Forum des Images.

Et dans le fond, on voit difficilement un truc pareil sur l’ORTF… Une jeune femme interprété par Mélanie Doutey, chroniqueuse dans un magazine de société de la capitale, matinée entre Bridget Jones et Carrie Bradshaw, habite en coloc avec son meilleur pote JP. JP, joué contre toute attente par Frédéric Diefenthal, est un pédé plutôt hors-milieu et pas tendance qui a du mal à s’assumer, et du coup à trouver l’âme sœur. Les deux amis font plus que cohabiter puisqu’ils bossent tous les deux au même magazine où JP est comptable (il a fait embaucher Clara lors de sa dernière rupture dévastatrice), et qu’ils entretiennent une relation aussi fusionnelle qu’ambiguë. D’ailleurs, JP les fait passer pour un couple chez ses parents et au magazine.

Pour citer les personnages principaux, on trouve aussi la meilleure amie de Clara et son copain (Bruno Salomone), le voisin (Thierry Neuvic) qui vient d’emménager et qui est du genre terriblement sexy et finalement plutôt « ouvert », du genre à plaire à la fois à Clara et son coloc, le patron du journal (Christophe Malavoy), les parents des deux protagonistes principaux et quelques autres figures un peu plus présentes sur des épisodes clefs.

Nous suivons donc les pérégrinations de ces personnes qui sont du coup vraiment proches des parisiens de trente ans, et dont les préoccupations sont étonnamment bien mises en boite. On sent aussi la touche « gay ». Plus qu’une simple documentation, il est évident qu’il fallait une tapiole digne de ce nom pour signer des dialogues si enlevés, drôles, des répliques acérées qui font mouche et qui font rire, mais aussi des moments plus tendres ou d’autres aux accents plus dramatiques. Tant au niveau de l’intrigue qui est déroulée sur les 6 épisodes que des dialogues, on ne peut qu’applaudir un tel résultat.

Bien sûr cela reste une production française et on n’a pas la fureur sexuelle de « Queer As Folk » (mais c’est loin d’être sage et asexué) ni l’extravagance et la truculence de « Sex and The City ». Toutefois, la spécificité lutétienne a bien été mise en exergue avec des plans de Paris genre carte postale qui émaillent toute la série, et à certains égards certaines péripéties sont incroyables pour une production de ce genre. Quelques gauloiseries qui choqueront bien les dames patronnesses et raviront bien plus de gens, et surtout redorent un peu notre blason en terme de production télévisuelle (‘tain je viens de découvrir que ce même scénariste a aussi signé des épisodes de « Sous le soleil », LA HONTE !!!).

Les épisodes en eux-mêmes… on ne peut pas dire que la réalisation soit extraordinaire mais ça reste tout à fait correct. On sent que les budgets ne sont pas extensibles et qu’un peu plus de temps pour tourner serait nécessaire. Mais avec les épisodes, l’amélioration va crescendo tant dans le jeu des acteurs, qu’on sent beaucoup plus s’amuser et s’impliquer que dans la mise en scène qui prend un peu d’ampleur. Cela explique peut-être que le premier épisode soit une CATASTROPHE. Sans déconner, j’ai halluciné que ce soit si lent à démarrer, que les répliques me fassent moins rire que quand je les ai lues, que les comédiens soient parfois aussi… faux, et qu’au final on se dise : « nan mais bon, ça rime à quoi ? ».

Et puis le second épisode commence et la magie gagne immédiatement le spectateur, c’est immense et ça ne descend plus du tout. Les comédiens et comédiennes jouent beaucoup mieux, les répliques fusent, les rires jaillissent et l’on s’attache immédiatement aux personnages qui avaient pu un peu agacer au premier abord (Mélanie Doutey est un peu à claquer dans le premier épisode). Evidemment, ayant lu le scripte en entier, j’ai un peu loupé l’effet de surprise et les retournements de situation, mais cela ne m’a pas empêché de prendre un plaisir fou à redécouvrir l’histoire sous ce jour nouveau.

La surprise vient évidemment de cette intrigue totalement novatrice, mais aussi de Frédéric Diefenthal qui joue vraiment bien le pédé. Il m’a bluffé sur ce coup. Car son personnage s’assume de plus en plus avec les épisodes, et vraiment il ne surjoue pas, il ne cabotine pas non plus. Et les quelques semonces « queer » qu’il lance sont curieusement crédibles. Christophe Malavoy tire aussi son épingle dans la série, je l’ai trouvé particulièrement efficace.

Mais la palme, et cela n’étonnera qu’à moitié de ma part, revient à Hélène Vincent. Cette dernière est très connue pour son rôle de Mme Le Quesnoy dans « la vie est un long fleuve tranquille » et ma fameuse citation avec « Ne jurez pas Marie-Thérèse ! ». Elle endosse le rôle de la mère de JP qui est dépressive et suicidaire. Quand j’avais lu le scripte, j’avais douté en lisant certaines répliques, me disant que ce serait extrêmement délicat de trouver la personne qui ne tomberait pas dans la caricature, et saurait à la fois être drôle et touchante. On doit à Hélène Vincent la première crise de rire du film, où elle fait une crise d’angoisse en donnant une assiette à dessert à Clara en tremblant (et faisant trembloter le flanc) et en ajoutant accablée qu’elle est très mauvaise cuisinière. Son personnage évolue par la suite, et il n’y avait qu’elle pour en faire quelque chose d’aussi bon.

Bon, le seul hic, c’est que l’on ne sait pas encore quand ce sera programmé. Moi je dis que le « Château des Oliviers » c’est bon on a compris, on pourrait peut-être passer à autre chose. « Clara Sheller » est sûrement cette série !

Clara Sheller

Mardi 15 Février 2005

Boukinage Les nuits blanches du Chat botté

Classé dans: Boukinage — Tags: , @ 23:26:37

Je me suis essayé, avec ce bouquin de Jean-Christophe Duchon-Doris, à un nouvel enquêteur des temps anciens. Là je ne peux pas m’empêcher de faire des comparaisons car on est proche de l’époque de Nicolas Le Floch, et que j’aime particulièrement les aventures de ce dernier.

L’auteur situe donc son roman en 1700, mais cela suffit pour sauter deux rois, puisque nous nous retrouvons donc au temps de Louis XIV tandis que Nicolas Le Floch connaissait, la dernière fois que je l’ai quitté, l’arrivée au pouvoir du Louis N+2, autrement dit Louis XVI. Et là l’époque est bien marquée dans un sud de la France isolé et singulier. On y sent les querelles de religion et notamment la chasse aux hérétiques, les bastions huguenots qui tentent d’échapper à la révocation de l’Edit de Nantes.

Nous sommes donc dans les Alpes provençales vers Seynes-les-Alpes plus exactement, et nous assistons à une série de crimes étranges qu’on attribut un peu trop aisément à un grand loup. Une fille de nobles du coin, Delphine, qui s’ennuie à mort dans son château se mêle de l’affaire en découvrant quelques détails troublants dans la mise en scène de ces meurtres. On a aussi Guillaume de Lautaret, le procureur, qui enquête officiellement et tente de démêler cet écheveau. Une galette dans une bouche d’une morte et une cape rouge, des petits cailloux blancs dans celle d’un paysan assassiné… un faisceau d’indices vient à prouver une curieuse connexion entre le serial killer et les Contes de ma Mère l’Oye.

En deux mots je dirais que ce que je reproche aux aventures de Le Floch (qui résout ses affaires en deux coups de cuillère à pot à la fin des bouquins) n’est pas du tout présent ici, alors qu’il manque tout de même ce qui fait le piment de ce genre de roman. C’est-à-dire que le bouquin est dotée d’une intrigue palpitante et très bien ficelée, avec moult rebondissements et suspens, mais qu’on souffre du manque « d’historicité » du tout. On aurait pu aisément avoir un livre similaire à notre époque sans qu’il soit besoin d’y transposer grand chose. Malgré l’atmosphère de persécution des protestants, de politique versaillaise et quelques références (Charles Perrault est contemporain), je suis un peu resté sur ma faim.

Par contre, les personnages sont bien plus authentiques et moins « parfaits ». Dans les romans « historiques » comme cela on a très souvent des personnages qui sont un peu trop anachroniques dans leur philosophie, alors que là l’auteur ne cherche pas à faire de Delphine une femme moderne ou de Guillaume un modèle de droiture et de déduction. Au contraire, ce dernier est plutôt conforme aux habitudes du moment. Il fait donner la question sans hésiter, fait brûler des sorcières avec beaucoup de probité et en viole même certaines en passant. Du coup, ce héros pas lisse du tout rehausse l’intérêt global qu’on peut avoir pour le roman.

Les nuits blanches du Chat botté - Jean-Christophe Ducon-Doris

Lundi 14 Février 2005

Matooyage Le vieux fusil

Classé dans: Matooyage — @ 10:16:20

Hier, j’ai rêvé de mon grand-père paternel, c’est quelque chose de très rare. Mon grand-père paternel c’est celui aux origines les plus mystérieuses et exotiques. Il était algérien, et c’est de lui que me vient mon second prénom : Malek. Je dois mon troisième prénom, Manuel, à mon grand-père portugais.

Mon grand-père algérien, Mohammed-Ali, était énigmatique à bien des égards. Déjà, j’ai le souvenir de l’avoir toujours connu vieux et bourru, et surtout silencieux, extrêmement silencieux. Il m’appelait « Matio » avec son accent du bled, et il adorait ma cousine Chrystelle et moi parce que nous étions ses petits derniers (et moi en tant que porteur et héritier de son nom de famille). Nous passions nos mercredis après-midi chez lui depuis tout gamins. D’ailleurs nos parents n’ont pas idée du danger que cela représentait vu que mon grand-père nous laissait faire à peu près toutes les conneries de la Terre.

Malgré tout, il nous faisait un peu peur. Enfants, avec Chrystelle, on le redoutait. Il ressemblait un peu à un pirate ou bien à un brigand, on trouvait qu’il aurait pu être un de ces bandits de la prohibition du style Al Capone. D’ailleurs son borsalino était encore accroché dans sa chambre, à côté de son vieux fusil. Et puis, il avait des doigts en moins. Et pas un peu, il n’avait que 5 doigts sur 10. Le pouce et l’index à la main gauche, le pouce, l’index et le majeur à la main droite. Cela lui donnait encore plus des airs de corsaire. On avait imaginé des tas d’histoires abracadabrantes sur son compte, et surtout on pensait que des morts étaient cachés dans le grenier, et qu’un trésor était à découvrir… sous les boulets de charbon (ma mère n’a pas trop aimé notre salissante quête du Graal) !

Plus tard, nous apprîmes bien banalement qu’il avait eu un accident du travail, et qu’il avait laissé ses doigts dans une machine d’imprimerie. D’ailleurs, il serait mort aspiré dans la machine, qui l’attirait irrémédiablement vers le massicot, s’il n’avait eu le courage insensé de s’arracher lui même les doigts. Il a compris qu’il allait mourir s’il n’agissait pas (et tout le monde paniquait mais personne ne pensait à arrêter l’engin), il a donc mis ses pied sur la machine, et de tout son poids et ses forces il a poussé sur ses jambes et tiré sur ses mains jusqu’à ce que ses jointures cèdent. Par contre, son passé d’Al Capone ne fut pas entièrement démenti et mon père me racontait quand son paternel l’emmenait aux combats de catch à l’Elysée Montmartre, ou bien quand il faisait subrepticement glissé son cran d’arrêt de sa manche au creux de sa main parce qu’il avait aperçu un fâcheux près de chez eux, dans la rue du Faubourg du Temple, près de chez moi.

Et s’il était un peu space, c’est surtout parce qu’il était sourd comme un pot, et que la plupart du temps, il ne nous entendait pas. Mais nous ne pouvions pas le comprendre si jeune. Heureusement je l’ai encore connu quelques années, jusqu’à mes 17 ans en fait.

En arrivant sur Paris, j’ai aussi fait des photos du café qu’il avait tenu rue Oberkampf avant la guerre avec ma grand-mère. Endroit que mon père ne m’avait jamais montré… J’ai aussi conservé avec révérence cette photo d’identité de l’arrivée de mon grand-père en métropole (à l’époque l’Algérie était française). On peut y voir un jeune homme au regard farouche et terriblement noir, avec un turban qui ceint son crâne, et un tatouage d’Allah en plein milieu du front (qu’il a fait ôter par la suite).

Mon rêve reprenait une anecdote que nous racontons souvent ma cousine et moi en réunion de famille en nous bidonnant comme des baleines. Nous devions avoir 8 ans, et c’était un mercredi après-midi. Mon frère et ma grande cousine n’étaient pas avec nous, et je jouais avec Chrystelle dans la rue (très prudent encore). Nous sommes tombés sur un connard qui nous faisait chier avec son grand vélo, et qui était très méchant méchant méchant. Il arrêtait pas de vouloir nous frapper, nous voler nos billes et péter nos chouettes constructions troglodytiques. Un vrai enculé quoi !

On rentre donc en courant chez notre grand-père apeurés et déçus de devoir de nouveau abandonner notre territoire. Mais notre aïeul nous avait regardé par la fenêtre. Il nous interpelle en arrivant et nous demande ce qui ne va pas. On lui explique tout penaud et piteux que nous souffrons le martyr de cet emmanché à vélocipède.

Et là, notre grand-père nous regarde dans les yeux. Et on comprend qu’il va se passer un truc important là.

Il se lève de son siège, qu’il ne quittait presque jamais la journée. Il va dans sa chambre. Il décroche son fusil. Il nous dit : « c’est le petit morveux en vélo là devant qui n’arrête pas de passer ? ». Nous répondons en chœur : « oui, oui c’est lui là ». Il sort et nous le suivons.

Il ouvre le portail et dégaine son arquebuse des années 40 en direction du gamin. Ce dernier s’arrête tout net, et nous regarde ébahi. Et mon grand-père lui sort calmement « Tu vas dégager de chez moi maintenant toi. Et si tu reviens embêter mes petits-enfants, je te tire dessus. ». Le môme écarquille les yeux, balbutie trois mots incompréhensibles et se taille à toute allure en pleurant de peur sur sa bicyclette. A ce moment là, on se serait presque cru dans un Tex Avery tellement la scène était surréaliste. Autant pour mon grand-père d’un flegme britannique avec un flingue entre les mains, que pour le garçon que l’on avait jamais vu pédaler aussi vite tellement il a eu la trouille (et qu’on a jamais retrouvé sur notre chemin).

Notre impassible grand-père avait esquissé un sourire en notre direction alors que nous le remerciions de nos éclats de rire et de nos applaudissements nourris. A partir de ce jour, il était devenu notre héros, cela lui plaisait d’ailleurs, et manifestement il tenait à nous.

J’aime bien quand mes rêves me renvoient ce genre de souvenirs. Sacré Mohammed-Ali ! ;-)

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