MatooBlog
Pectus est quod disertos facit

Vendredi 29 Avril 2005

Matooyage Outside Constitution européenne : oui ou non ?

Classé dans: Matooyage, Outside — @ 09:54:05

Tout le monde en parle, sur les blogs comme dans la vie, au bistrot (oui je traîne dans les bistrots) ou au Dépôt (mais siiii) : Oui ou Non à la Constitution Européenne !?

Je ne tiens pas un blog politique et je ne vais pas en faire des tonnes, je voulais seulement exprimer et expliquer ici ma circonspection en la matière. Et puis, d’abord, je ne l’ai pas lu c’te putain de Constitution ! J’ai essayé de commencer mais c’est long et c’est chiant comme la mort.

Donc première mention négative : une constitution ça se lit en quelques pages, c’est censé être clair, concis et accessible. Alors oui je sais que ce n’est pas que cela, que c’est aussi un traité qui résume les dizaines de trucs qu’on a signé depuis 1957, et que ce n’est pas simple de rédiger un machin pareil pour mettre d’accord 25 pays. Mais bon… merde quoi !

J’ai lu des choses dans la presse, dans les blogs, j’ai discuté avec des potes, avec mes parents. J’ai lu et entendu du pour et du contre… du sincère et du démago, du pragmatique et de l’utopique, du lard ou du cochon, mon cul c’est du poulet etc.

Maintenant voyons ce que je ressens et ce que mon instinct me dicte, ensuite ce que l’expérience et la raison me susurrent…

Déjà, je suis content d’une chose, j’aime vraiment que l’on s’occupe de la construction de l’Europe Politique. Je comprenais qu’il soit plus facile de commencer par le volet économique, et certaines implications finalement politiques ou du moins sociétales, comme la monnaie unique ou bien la libre circulation et installation des personnes dans tous les pays de l’Union Européenne. Du coup, une espèce de « cocorico » européen se dessine, et c’est une sensation extrêmement excitante et rassurante. Outre cela, il est indéniable que plus on sera lié, moins on pensera à se faire la guerre. Donc ce bidule a déjà une qualité pour moi : enfin un truc politique intéressant et stimulant, un truc dont on a l’impression qu’il sera déterminant pour la suite, un choix qu’on sait crucial et qu’on doit en conséquence bien arbitrer en soi.

Me voilà de retour au fameux moment des jeux de vingt heures : le jeu du ni-oui ni-non !

Car je parlais de mon instinct, et mon intuition première est négative. Je vois dans cette constitution une habile manière de faire basculer la France dans une sphère ultralibérale qui changera négativement notre politique nationale. Le fond de l’histoire est que j’ai peur que cette union politique soit pondérée vers des valeurs auxquelles je n’adhère pas. Voilà, le mot est lancé : peur. Peur de l’inconnu, puisque quels que soient les arguments des uns et des autres, il est impossible de prévoir les implications exacts de ce texte touffu. Chapichapo parlait d’uchronie récemment, et justement personne ne peut présager du bien-fondé exact de la constitution. On ne peut que conjecturer tout au plus, et je trouve que la plupart des gens manque bien d’humilité sur ce sujet. Autant les ouïstes que les nonistes partagent ce trop plein d’orgueil et de confiance en son petit jugement.

Ensuite, j’évoquais « expérience et raison ». Eh bien l’expérience, elle vient d’un souvenir de 1992 et du référendum pour Maastricht. J’avais 16 ou 17 ans, et j’étais contre à l’époque même si je n’ai pas pu voter. Or je pense que je ne mesurais pas les avantages que cela a procurés à la France et à l’Union Européenne. Et du coup, j’en viens à me dire que je ne voudrais pas revenir à une époque où nous n’avions pas tous la même monnaie et où nous ne pouvions pas librement circuler dans les pays de l’Union. Je n’y croyais pas, mais cela a réellement fondé un frémissement de sentiment national à cette gigantesque échelle, et c’est vraiment dans le bon sens pour moi. Mais je n’ignore pas non plus que cela a aussi pu provoquer bien des désastres (économiques, politiques, sociaux… ici ou ailleurs).

Seulement aujourd’hui, il me parait autant impossible de prévoir les implications précises de l’adoption de la constitution demain, que de me figurer une France sans Maastricht hier.

Donc, aux vues de mon expérience microscopique de citoyen, je dirais oui. Il s’agit d’un traité politique, d’une union des peuples autour de (bonnes) valeurs communes. Donc oui, oui, oui. Je m’étais trompé sur certaines valeurs de Maastricht, donc ne refaisons pas les mêmes erreurs.

Ensuite, vient naturellement l’exercice de la raison. Enfin évidemment, à mon humble niveau, je ne suis pas très intelligent ni dégourdi. Comme je vous ai dit, je n’ai même pas été capable de la lire c’te bitchy constitucheune. Et là, je me fie donc à des sources extérieures. Les pour, les contre dans la presse, les blogs, les cours de récré et les pauses-café. Et j’essaie de réfléchir, mais pas trop sinon ça me fatigue.

Ce qui est drôle c’est que j’ai trouvé toutes les nuances de mon indécision chez les uns et les autres. Un des nonistes les plus catégoriques et flamboyants (à qui je voue une certaine passion il est vrai…). Paca a clairement exprimé son opinion, et j’y souscris en partie. Je pourrais facilement l’imiter dans son avis qui est tranché et qui est empreint d’une « foi » que je respecte.

Et puis, il y a cette avalanche de ouïstes de tout bord. J’ai lu avec attention les commentaires de Laurent qui l’a au moins déchiffré pour nous, et je comprends bien son opinion. Je suis d’accord avec beaucoup de points soulevés. Après évidemment, les conclusions des uns et des autres diffèrent selon les opinions ou credo, et il n’y a pas de vérité absolue en la matière. Mais en gros, j’ai eu ces deux éclairages qui m’ont beaucoup plu et conquis. D’abord cet édito de Télérama qui représente à peu près ce que je ressens.

Edito Télérama sur la Constitution Européenne

Et puis, plus surprenant un édito de Charlie Hebdo. D’ailleurs l’auteur se plait à exprimer son opinion en sachant qu’elle est contraire à l’esprit de la maison. Et c’est finalement le plus intéressant dans ce débat : lire l’avis des gens dont on penserait qu’ils seraient opposés à ce qu’on découvre. Or ce mec est encore plus près de mes idées… ah là là, tentant de le rejoindre dans son anti-conformisme « conformiste » (comment dire ?).

Edito Charlie Hebdo sur la Constitution Européenne

Mais aujourd’hui, je suis encore indécis. En effet, j’ai l’impression que pas mal de ouïstes le sont un peu par dépit ou par pis-aller. Dire « oui » car sinon la France sera au ban de l’Europe, ou bien parce que les conséquences sont moins mauvaises que de voter « non ». Bof bof. Je suis à la rigueur d’accord sur un certain consensus, mais pas plus. D’un autre côté, les nonistes qui le sont eux parfois par simple volonté d’opposition (anti-droite ou anti-libéralisme) ou pure attitude rétrograde (contre les anciens traités ou même les « vive le bolchevisme »), j’ai aussi du mal avec eux.

J’ai pas mal lu les prosélytes affirmations de Chapichapo par exemple (voir la colonne de droite, les liens vers tous les posts teintés Europe) qui a compulsé et publié des informations très intéressantes.

Les deux auteurs qui m’ont le plus bluffé et que je couvre de tous les lauriers sont Aquoibon et Finis-africae. Le premier a rassemblé dans cette catégorie quelques articles qui aident vraiment à prendre une décision. C’est simple et didactique, un bonheur. Je me sens très proche de ce genre de démarche, et Pascal a aussi livré deux posts qui valent leur pesant de cacahouètes. Ils ne donnent pas tant leurs choix personnels qu’ils évoquent leurs opinions globalement et exposent plutôt sans ambages la trame de leur dilemme (beaucoup plus efficace selon moi).

Je ne sais pas si nous sommes le seul pays où nous avons aujourd’hui tant de difficultés à faire la part des choses. Je suis complètement perdu entre des partis politiques dont les factions elles-mêmes divergent et des rassemblements de nonistes ou de ouïstes dans lesquels je ne me reconnais pas. Noniste comme l’extrême droite ou gauche française ? Ouïste comme la droite, les ultralibéraux, le patronat ? Non et non.

Et puis il y a le pessimiste en moi qui me souffle que les gouvernements se réfugient déjà derrière l’Europe pour se dédouaner de leurs responsabilités, et cela ne devrait pas s’arranger avec les années, avec ou sans cette constitution. Aquoiboniste ?

Voilà, vous ne savez toujours pas ce que je vais voter, et vous le ne saurez pas, mais au moins vous avez toutes mes pistes de réflexions ou divagations. Au final, je suis de moins en moins circonspect, mais soyez certain que je serai bien mur pour le jour J. Putain de chiotte de merde, sa mère, sa race, je ne me prends la tête pour rien ! ;-)

Jeudi 28 Avril 2005

» Espagne : un cardinal compare mariage gay et holocauste. J’ai lu ça, et j’hallucine. Mais bon c’était prévisible, on est toujours capable du meilleur comme du pire. [Source: e-llico] (8)

» L’éclat de rire du jour nous est proposé par Greyhound qui publie une vidéo hilarante, répertoriant quelques lapsus vraiment marrant. Ma préférence va à Johnny… fan de Zazie ! :mrgreen: (0)

Cinéphage Man to man

Classé dans: Cinéphage — @ 15:40:50

Régis Wargnier sait filmer, et plutôt bien. Joseph Fiennes et Kristin Scott Thomas savent jouer, et plutôt bien. En outre, l’histoire est assez originale, les costumes et décors pas mal du tout et l’action plutôt pétillante. Mais bon… c’est d’un conventionnel assez redoutable et bien cousu de fil blanc du début à la fin. Du coup, l’impression globale que j’en retire est assez positive parce que divertissant et assez réaliste d’un point de vue historique, mais pas extraordinaire.

Finalement, cela donne un film très « Greystoke » dans l’époque, le thème et le style de réalisation. L’histoire est celle d’un groupe de professeurs en anthropologie et amis dont Joseph Fiennes. Ce dernier cherche activement le chaînon manquant entre l’homme et le singe en Afrique, et il pense avoir touché au but en capturant (à l’aide de Kristin Scott Thomas, véritable Allan Quatermain du film) deux pygmées des forêts centrafricaines (séquences « National Geographic » du film). Il les ramène en Ecosse mais rapidement il se rend compte de son erreur de jugement. C’est trop tard car ses amis sont persuadés qu’il ne s’agit que d’animaux qui valident une théorie scientifique de l’évolution dont ils veulent exploiter la manne financière.

On devine très rapidement les divers retournements de situation, et même si la morale sur la tolérance est bonne et valide, le film devient un peu naïf et facile dans son déroulement et sa narration. On en profite aussi pour égratigner plus largement la société occidentale « moderne et civilisée » de l’époque dont les credo scientifiques sont plus que discutables. Quelques moments un peu longuets n’arrangent pas cela, et ce film d’action « historique » paraît d’ores et déjà daté tant il renouvelle si peu le genre.

Dans l’ensemble, il s’agit donc d’un divertissement correct sur un sujet intéressant et touchant, mais qui n’est pas majeur et que j’oublierai vite.

Man to man

Mercredi 27 Avril 2005

» Une certaine Madame Lucifer a fait plus fort que feu Jeff. Elle a dégoté un Sophie Favier particulièrement gratiné. Un truc encore plus dingue que “plus qu’hier et bien moins que demain je t’aiiiiiime” (quoique… merci Scarole pour l’avoir en ligne hé hé). (3)

» Coco en Italie qui mate tout ce qui bouge, enfin tout ce qui a le cul sur un scooter, et qui doit faire face à ses émotions. :mrgreen: Ce Coco, c’est un univers de Sitcom ! (0)

» M. nous gratifie d’un croustillant mélisme en recopiant un bon billet d’humeur du philosophe Michel Onfray sur le sujet dont il ne faut pas prononcer le mot. Le tout est émaillé de quelques références bloguesques made in « Mélismes ». Cocasse et espiègle comme il sait bien le faire. ;-) (0)

Exposage Matooyage Ousmane Sow sur le Pont des Arts

Classé dans: Exposage, Matooyage — @ 15:28:08

Je sais que cela peut paraître incongru, mais je me baladais sur les bords de Seine il y a quelques jours. Je reluquais, comme d’habitude, les étals des bouquinistes et j’errais autant dans ma tête que dans mes pas. En voyant quelques couvertures usées de bouquins d’art de seconde main, je me suis mis à penser à ce qui m’avait vraiment ému dans le domaine. Mon regard s’est alors posé sur le Pont des Arts qui était à quelques minutes à pied d’où je me trouvais.

Je me suis alors soudainement remémoré cet événement majeur qui m’avait vraiment marqué à l’époque, et certainement l’une des premières fois où l’art me toucha de manière aussi directe et puissante. Il s’agissait de l’exposition d’Ousmane Sow qui s’est déroulée sur le Pont des Arts, une expo gratuite et libre que 3 millions de gens ont visité pendant ce printemps 1999.

Je n’avais jamais entendu parlé de ce type avant cette exposition qui avait le mérite de couvrir une bonne partie de sa vie artistique. Cet homme, Ousmane Sow, est un sénégalais de Dakar (né en 1935) qui sculpte, ou modèle plutôt, des statues d’humains d’une taille légèrement supérieure à la norme (1,5 fois plus grand que nature en gros). Ce sont des représentations d’africains en majorité, l’artiste en saisit les postures et les activités quotidiennes des principales tribus ou ethnies africaines. La fabrication de ces statues est complexe et secrète, il s’agit d’une structure filaire métallique qui est recouverte de papiers, cartons, terres, peintures et autres matériaux de récupération.

Le talent immense de cet homme réside en partie dans le réalisme des gens qu’il figure ainsi. On peut voir son œuvre comme un vrai témoignage ethnologique africain, mais aussi comme des statues d’une beauté stupéfiante et d’une expression saisissante. Cependant, il ne fait pas que reproduire ou transfigurer une réalité, il manifeste aussi son implication politique par ses œuvres. A cette expo, on pouvait notamment voir sa série sur la bataille de Little Big Horn. Il fait un rapprochement entre les africains et les indiens d’Amérique qu’il représente lors de cette victoire indienne sur les colonisateurs.

Là où son travail est le plus bluffant c’est dans la manière dont les visages qu’il modèle sont à la fois précis et réalistes mais peuvent aussi apparaître comme une matière brute et indomptée. En outre, j’avais été étonné de constater que les statues restaient dehors quelles que soient les conditions climatiques. Et j’avais lu qu’au contraire, Ousmane Sow ne voulait pas qu’on couvre les œuvres, même pour les protéger de la pluie, car le temps et les intempéries faisaient évoluer la matière et les pigments colorés en leur donnant un caractère alors unique et naturel. En effet, j’ai du voir l’exposition une douzaine de fois pendant plusieurs mois, et on constatait que les textures avaient évolué ainsi que les couleurs et l’aspect général des statues. Cela renfrognait les figures de certains, rendait plus réalistes les peintures corporelles d’un Nouba ou bien transcendait le regard d’un guerrier Masaï.

Ousmane Sow - visage nouba Ousmane Sow - visage Masaï

Nouba, Masaï, Zoulou, Peulh, Ousmane Sow explore des ethnies africaines que l’on ne connaît souvent que de noms, et il leur donne une existence tangible dans la représentation quotidienne de ces hommes et femmes. On les voit dans des rituels sacrés comme des danses ou la scarification, comme des guerriers en arme ou bien en train de sacrifier une bête, ou simplement de se faire tresser les cheveux. Chaque œuvre est singulière, elle possède un souffle et une force uniques. Mais l’ensemble créé du coup un sentiment extrêmement fort, et on ne peut pas rester insensible à une telle démonstration.

La fin de la visite correspondait à la bataille de Little Big Horn où les émotions étaient encore plus exacerbées par le fait que le créateur ait concrètement reconstitué des scènes de combat. On y voit notamment, figé dans un mouvement agressif, des indiens et soldats qui se tirent dessus et un cheval immense qui tombe abattu. Flippant. Impressionnant. Haletant. Déroutant. Bouleversant.

Autant dire que j’aimerais bien qu’on reproduise une exposition similaire un de ces quatre… ;-)

Ousmane Sow sur le Pont des Arts - 1999 - Nouba Ousmane Sow sur le Pont des Arts - 1999 - Masaï Ousmane Sow sur le Pont des Arts - 1999 - Peulh Ousmane Sow sur le Pont des Arts - 1999 - Little Big Horn

Mardi 26 Avril 2005

» Olivier nous a dégoté un gadget qui a l’air comme cela d’une grosse blague. Mais à lire ce texte, extrêmement bien rédigé, je me demande tout de même si ça marche. Après tout, pourquoi pas ? Et comme le souligne cette astucieuse page web : « De très nombreux témoignages d’utilisateurs attestent de cette possibilité, les trois quarts de ces témoignages proviennent d’ailleurs d’individus dont l’orientation est hétérosexuelle. ». Nan mais, ils ne vont pas nous piquer la sodomie non plus !! :langue: (5)

Matooyage Langue de dèpe

Classé dans: Matooyage — @ 19:52:41

Le midi on déconne plutôt bien avec mes collègues mecs et nanas, et en général je suis celui dont le langage est le plus… délié, dirons-nous ! J’ai toujours été comme cela, ou du moins depuis que je suis sorti de ma chrysalide, et je n’ai jamais ma langue dans ma poche. Je prends parfois sur moi d’ailleurs pour ne pas paraître le moins du monde embarrassé.

Il me semble que c’est un trait relativement répandu chez les pédés. Cela expliquerait d’ailleurs facilement que certaines réunions de pédales se concluent par des joutes verbales qui rivalisent de gauloiseries. Les hétéros conservent une bienséance qu’ils quittent rarement, et surtout ils gardent une certaine tempérance dans les rapports mixtes. Une femme ne doit pas user d’un certain langage devant un homme, et réciproquement si un type ne veut pas passer pour un rustre, il doit se maîtriser.

Du coup, un après-midi de pédales qui regardent Casimir, cela donne les interprétations les plus vicieuses sur les plus innocentes productions du PAF. Mais vraiment, c’est vrai que dimanche : la Noireaude avait un comportement très lesbien avec Blanchette, deux bonshommes (je ne connais pas le titre) en pâte à modeler cherchaient à s’enfoncer un balai dans le cul pour se déguiser en vache, un drôle de personnage avec des bosses incongrues et turgescentes etc. Et au final, nous avons mis à jour le glossaire en latin des pratiques sexuelles originales du Vatican, histoire de leur donner un coup de main (d’ailleurs fist-fucking se dit : pugnus in angustam viam).

Au boulot, cela commence Souvent par une conversation toute simple, et petit à petit la surenchère nous gagne. Or, je n’ai aucun problème à conclure par un mot ou une expression bien grivoise, à laquelle tout le monde pense mais que personne ne prononce. Et même si mes collègues sont largement habitués, j’arrive encore à les électriser de temps en temps. ;-) Il faut dire que je ne recule devant aucune énormité, et que je me moque allègrement du public alentour (notamment de gentes habitants et habitantes de Saint-Cloud, hé hé hé).

Il y a quelques temps le midi, on discutait avec mes collègues de l’importance de prendre son pied avec son homme (ou sa femme pour les mâles hétéros qui nous liraient). Ne me demandez pas comment on en est arrivé là, souvent ça part de complètement autre chose. Or, Naïri et Vanessa sont deux jeunes femmes mariées qui avaient l’air d’être d’accord avec moi sur le sujet. Cela sous-entendait donc qu’elles étaient pleinement satisfaites de leurs maris (et moi du mien, arf !). Nous étions donc partis sur un colloque bien égrillard avec quelques pointes graveleuses. Mes comparses pensaient qu’ils étaient largement au niveau de ma langue de dèpe.

Et voilà que je m’exclame : « Ouai mais bon, après tout, une fois que t’as baisé cinquante fois avec un mec, bon ben c’est bon, tu sais ce que c’est. C’est vrai quoi ! Un mec est super beau, il a une bonne teube, c’est le coup du siècle. Tu te fais sauter, c’est cool. Mais au bout de vingt fois, t’en as fait le tour après tout. Ou alors, il faut commencer à varier les plaisirs, à pimenter un peu le cul, ou même pour certains, à mettre en place d’autres règles dans la relation. ».

Aheum… silence éloquent.

Et Philippe qui rajoute : « Je pense qu’elles en sont à la quarantième et quelques fois, tu viens de casser leurs idéaux ! ».

PS : Aujourd’hui, Philippe, alors que les filles regardaient de plus près le motif de son jean, s’est exclamé : « Hey mais vous arrêtez de regarder ma bite !! ». Hum hum, attention, la concurrence devient rude dans la rusticité de nos propos ! :mrgreen:

Lundi 25 Avril 2005

Matooyage Money

Classé dans: Matooyage — @ 11:36:14

Je n’ai pas de thune en ce moment. Rien de catastrophique mais bon, cela m’inquiète toujours un peu. J’ai un petit découvert de rien qui va vite être comblé par mon prochain salaire, mais j’ai petit à petit puisé dans mes maigres économies, et je me sens un peu vulnérable. Evidemment, ce que je ressens est complètement disproportionné par rapport à la situation bien concrète dans laquelle je me trouve. Je sais bien que cela ira mieux lorsque je toucherai mon prochain salaire et une somme supplémentaire (intéressement).

Mais du coup, je me dis qu’il faut que je fasse quelques efforts, notamment sur les sorties et les restos. Je sais que j’ai un mode de vie parisien qui fait ressembler mon budget au tonneau des Danaïdes, et il faut juste que je sois un tantinet plus raisonnable ces prochaines semaines. Du coup, samedi soir je devais sortir aux Crazyvores avec mes potes et j’ai préféré annuler. Dans l’absolu, ce n’est pas tant une question d’argent puisque ce ne sont pas quinze euros qui font la différence, mais je suis dans un tel état d’esprit que je me serais senti coupable d’y aller.

J’ai vraiment un drôle de rapport à l’argent, et surtout au manque d’argent, et je pense que c’est une chose qui est directement liée à mon éducation. Je ne viens pas d’un milieu aisé, et j’ai toujours eu cette pensée instinctive que je pouvais devenir SDF en trois semaines. Je viens d’une famille qui a toujours craint le chômage (à raison) et qui a toujours eu du mal à joindre les deux bouts, et du coup j’ai une sorte de peur panique irrationnelle lorsque je sens que j’ai un petit souci financier. Bien sûr, depuis que j’ai conscience de cela, je le gère beaucoup mieux, mais de temps à autre, cela me reprend.

Beaucoup de mes amis viennent de familles plutôt bourges ou aisées, et en effet, leur éduction et leur expérience de la vie leur a appris qu’on s’en sort toujours, que jamais ils n’ont eu à avoir peur de l’avenir, et que la thune est un truc qui jaillit presque spontanément. Du coup, un découvert les laisse plutôt stoïque, et perdre un job n’est qu’une étape dans sa vie professionnelle. Moi, je me reconnais plutôt dans le personnage de Jugnot dans « Une époque formidable », et quand je l’avais vu à l’époque, cela m’avait vraiment foutu les jetons. Je reste persuadé, et certainement de manière bien exagérée (car j’ai une famille, même si elle n’est pas un soutien financier), que je pourrais facilement sombrer dans la misère si je n’y prends pas garde.

Ainsi, j’ai été pris d’une angoisse il y a quelques jours, qui va assez loin pour m’avoir fait oublier jusque mon code confidentiel de consultation de mon compte sur le net. J’étais en train de faire un virement, et je devais retaper ce code que j’ai purement et simplement oublié alors que je l’avais tapé dix minutes avant pour me loguer dans le système (j’ai d’ailleurs bloquer mon compte du coup). Par conséquence, j’ai préféré ne pas sortir samedi soir, et en me flagellant ainsi comme cela, je me sens un peu moins coupable de mes négligences.

Car, il y a aussi cette facette que je ne dois pas éluder. Il s’agit du fait que je ne gagne pas trop mal ma vie par rapport à mes parents ou à mes cousins et cousines, et que j’ai des problèmes de thunes qui sont seulement liés à des dépenses pour des loisirs mal gérées. Je développe alors une sorte de culpabilité toute judéo-chrétienne pour un budget mal administré. La bonne blague ! :mrgreen:

Bon, vivement que cela se tasse, et que je puisse redevenir un bon gros pédé parigot dépensier. :-)

Dimanche 24 Avril 2005

Ecoutage Matooyage Montgallet connection

Classé dans: Ecoutage, Matooyage — @ 23:44:45

J’avais mes écouteurs sur les oreilles en quittant la station de métro hier. A peine ai-je atteint la surface, que cette musique commence à me titiller les tympans :


Et voilà que je débarque à 16h30 un samedi après-midi dans la fameuse rue Montgallet. En quelques secondes, je suis plongé dans l’ambiance. Je suis sûr que cet endroit doit faire partie des guides de voyages à Paris. Il n’y a que là qu’on trouve une atmosphère pareille.

J’ai commencé à faire comme tout le monde, c’est-à-dire regarder les devantures des magasins d’informatique et surveiller la promo la plus intéressante sur le produit qui m’intéresse. Pour ceux qui l’ignorent, la rue Montgallet (au métro Montgallet) est une rue où l’on peut trouver des revendeurs de matériel informatique à environ tous les numéros. En bas de la rue, se trouve la grande surface « Surcouf » qui a attiré tous ces petits magasins spécialisés, dont la quasi intégralité sont tenus par des asiatiques, qui vendent moins cher les mêmes ustensiles de cuisineware. ;-)

La rue pullulait de monde et il fallait parfois faire la queue pour pénétrer dans certains endroits. J’adore cette ambiance dingue avec des centaines de milliers de geeks qui arpentent le pavé à la recherche du composant le moins cher ou le plus innovant. Et il est vrai que ce n’est pas toujours à la portée du néophyte. En effet, on peut vite être effrayé par le fait qu’il ne s’agisse pas de magasins tout proprets avec des vendeurs qui rassurent plus qu’ils ne conseillent, et des monceaux de pièces détachées électroniques du sol au plafond. On achète d’ailleurs des composants de marque lambda dans des sachets génériques avec une facture dont la garantie ne s’étend pas au-delà de l’après-midi. Les gens à qui l’on doit s’adresser ont souvent une attitude un peu revêche, et on doit s’exprimer en termes techniques et précis sous peine de passer pour un simple béotien en informatique.

Et cette musique qui résonnait entre mes deux oreilles et qui me faisait me croire dans un autre monde. De magasins en magasins, je surveillais les prix, tentais d’avoir l’œil sur la promo alléchante, et surtout je fantasmais sur tous les autres trucs que je mourrais d’envie d’acheter. Je suis rentré plusieurs fois dans des boutiques avec l’air de savoir et de maîtriser alors que j’étais complètement paumé dans les normes, standards, marques et caractéristiques.

Et au bout de cinquante mètres, je ne savais plus comment je m’appelais, je me suis dit qu’il était temps d’arrêter de jouer les auches, et d’acheter ce putain de disque dur de merde. Je suis rentré dans la première boutique au hasard, j’avais bien mémorisé le titre complet du bidule que j’avais vu estampillé sur la façade. Je l’ai demandé sans trop bafouiller, on me l’a alors apporté dans son petit sac anti-statique. Je l’ai payé.

J’ai prié pour avoir choisi le bon truc, pour ne m’être pas trompé sur une norme incompatible avec mon matos ou je ne sais quoi. Mais nan, ouf, ça marche !

J’adore cet endroit. :mrgreen:

Samedi 23 Avril 2005

» Un blog qui parle d’images de toutes sortes, et un auteur qui les éclaire avec des commentaires sagaces et passionnants (lire l’explication de la chute d’Icare par exemple). A noter aussi : ce post sur la manipulation des photographies et leurs utilisations dans la propagande politique (et encore un pain méritée dans la tronche de Mme la maire de Puteaux). (3)

» Michel est parti vivre un moment à San Francisco. J’ai beaucoup aimé son dernier post où il raconte ce qu’il a vécu ces quelques semaines. Avec et sans les paillettes. J’aime vraiment ce qu’il écrit et comment il le fait. (0)

» Connaissez-vous Margaret Cho ? Je suis désolé mais c’est un mini-post pour les anglophones puisque cette dernière est une célèbre humoriste américaine particulièrement gay friendly. Je l’avais découverte chez le roncier (j’en ai appris des choses chez lui !), et j’y retourne régulièrement pour m’en repayer une bonne tranche. En effet, les deux sketchs qu’il propose dans sa radioblog sont hilarants. Il y a d’abord celui sur les lesbiennes lors d’une croisière goudou où Margaret Cho a joué. Elle insiste beaucoup sur le fait que « Lesbians love whale-watching ! They fuckin’ love it ! They love it more than pussy ! ». Mais les mecs en prennent aussi pour leur grade lorsqu’elle se demande s’ils ont leurs règles. Fabuleux ! :pompom: A écouter sur sa radioblog (pistes 4 et 10). (4)

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