MatooBlog
Pectus est quod disertos facit

Mercredi 31 Août 2005

Matooyage Repères et repaires

Classé dans: Matooyage — @ 17:35:19

Il y a quelques jours, j’ai passé une bonne heure au téléphone avec un pote que je connaissais au collège, et que j’ai suivi jusqu’à aujourd’hui. Nous ne nous voyons pas très souvent mais on se mail et se téléphone assez régulièrement pour nous tenir au courant de nos petites vies.

Nous discutions à bâtons rompus (tiens elle vient d’où cette expression ?) et à un moment nous avions besoin de nous souvenir d’une année précise. C’est alors que je n’ai eu aucune difficulté à me rappeler de l’année grâce à des événements clefs ou bien les années d’études. Et là c’était simple, l’année où nous sommes partis en vacances ensemble ? 1996 ! Car : deuxième année d’IUT, séjour à NewCastle, petit-copinage et douloureux cassage avec David, fermeture du Palace, une kyrielle de soirées AbFab (avant les OverKitsch pour les jeunettes, mais on suçait aussi à 3h) au Queen etc.

Jusqu’à ce que je bosse c’est comme si je pouvais avoir des repères fixes très efficaces liés à des gens que j’ai fréquentés, à mes études, à mes premiers jobs (stages, alternance puis CDI). Les études sont pratiques pour cela car elles rythment l’année avec un début et une fin sur des périodes qui sont uniques (sauf si on redouble évidemment). Et l’année suivante, on étudie autre chose, ou bien on est sanctionné par un diplôme, on change d’endroit, parfois de ville, et souvent de connaissances. Je me rends compte que depuis quelques années la donne a changé. En effet, le boulot ne devient plus un repère fiable dès lors qu’on en change pas. Or cela fait presque cinq ans que je suis dans la même boite, et entre 2000 et 2005 en effet, j’ai plus tendance à prendre mes relations amoureuses pour jalons, mais c’est chiant ça ne tombe jamais sur une durée ronde et ça ne commence par forcément au même moment de l’année. :mrgreen:

On parlait de cela avec mon pote, et lui qui bosse dans la même boite depuis 7 ans, y était encore plus sensible, d’autant plus qu’il est avec la même fille depuis 4 ans. Quand on étudie et que tout change tous les ans, on ne se préoccupe pas trop de soi, de son avenir, de ses aspirations. On essaie de tenir la route, on voit pas après pas… alors tiens, si je faisais telles études, tiens si je complétais avec ça… ah tiens, je pourrais aussi faire ça comme taf si ensuite je faisais un stage dans ça. On passe ainsi de repaires en repaires, en prenant le moins de risque, sur un chemin le plus rassurant et balisé possible. Et c’est normal, car sélectionner ses études apparaît toujours comme le plus cornélien des choix, on a l’impression d’être à des moments de sa vie où l’on prend des directions cruciales pour son avenir.

Et puis trouver un boulot se résume souvent à continuer dans le secteur où le premier stage vous aura par le plus grand des hasards balancé. Mais un premier job c’est sacré, et on n’est pas trop difficile. Un peu plus dans le second, beaucoup plus dans le troisième, le quatrième nous faisant bénéficier d’un peu plus de confiance en soi et de maturité.

Et nous étions donc au même point de notre réflexion avec mon pote : nous allons avoir trente ans, et nous avons enfin le temps de nous poser. Ouf, ça y est ! Les études sont derrière nous, un job dans lequel on s’épanouit et on ne se sent pas trop mal. Mais à présent, on peut un peu plus visualiser ce qu’on sera dans vingt ans. Eh oui, si on en reste là, voilà l’exacte copie des prochaines années, les rides en plus. Et donc, pour la première fois depuis trente ans, nous nous posons la véritable question : est-ce que je suis heureux ? Est-ce que ce job est ma voie ? Est-ce que je vais continuer comme ça pendant toute ma vie ?

Je connais un gars qui a renoncé ainsi à son job de directeur qualité très bien rémunéré, pour devenir comédien. Et hop ! Moi j’ai toujours pensé que j’avais un job qui me convenait et dans lequel je ne m’ennuyais pas du tout, qui me permettait de mener une vie assez confortable, et qu’à côté je ménageais du temps pour des activités personnelles dans lesquelles je pouvais m’exprimer et faire ce que je voulais. Mais forcément, je remets régulièrement en question ce « satisfecit » personnel.

Allez je dis la vérité, je n’ai pas eu cette discussion avec un pote, en fait j’ai inventé ce mec pour me sentir moins seul dans mon discours. Cela montre d’ailleurs à quel point je suis fragile sur le sujet en ce moment pour aller jusqu’à mettre en scène un compagnon imaginaire sur mon blog (oui oui, ça ne m’arrive jamais sinon). Mais c’est tout moi ça, même quand je monte un bateau, je n’arrive pas à tenir plus de quinze minutes. D’ailleurs, je suis nul au Loup-Garou parce qu’il suffit de me demander qui je suis, et je réponds toujours la vérité. Hein Jeff ? Hu huhu.

Et là c’est le volet professionnel, mais le personnel (lire : affectif, amical, amoureux) est tout autant décisif et délicat. Quand trouver le bon ? Y a-t-il un quand (ou un « bon ») ? Comment sait-on quand on doit s’accrocher, et quand on doit lâcher prise ? Ces couples qui se séparent quasi-irrémédiablement, est-ce que cela veut dire que c’est inexorable pour moi aussi ? Pourquoi je me fâche avec des amis que j’aime ? C’est ma faute ? Que doit-on accepter d’un ami et à quel moment dit-on stop ? Jusqu’où je dois aller pour me faire aimer ? Faut-il toujours être franc et sans tact comme je suis parfois ?

Une seule chose qui me rassure pas mal dans tout cela, avec le petit recul que j’ai sur les décisions et péripéties de ma petite vie personnelle et professionnelle, c’est que finalement ça ne va pas mal, et je ne suis pas une tête brûlée, sans non plus vivre dans l’ascèse. Je crois que je suis heureux. Pourvu que ça dure. Putain, en attendant, comment je me prends la tête moi de temps en temps… pfff. :mrgreen:

Mardi 30 Août 2005

Linkage Outside Sudoku (non ce n’est pas un gros mot)

Classé dans: Linkage, Outside — @ 18:44:16

Il y a un phénomène étrange depuis quelques jours qui est lié à mes collègues et au blog d’Oli. Dès que je lis une news chez ce dernier, un de mes collègues l’évoquent dans la seconde !!

Je lisais son post sur le sudoku dont j’ignorais le sens, et qui m’interpellait fortement (BPTP est censuré au taf… pfff). Et quand j’ai tourné la tête sur ma gauche (bon ok, ils ont un tout petit peu posé) :

Sudoku

Les deux frangins bo-gosses de la boite étaient en train d’étudier leur achat du midi en s’esbaudissant de leur esprit d’avant-garde. Mais je leur ai vite fait ravaler leur fierté, car les blogs m’en avaient tout dit en avant-première ! ;-)

Outside Paul Auster dans le métro

Classé dans: Outside — @ 17:44:12

Puisque j’ai la tête dans les affiches en ce moment, voilà aussi ce qui m’attriste plus que me choque : la campagne de pub démentielle pour le dernier bouquin de Paul Auster. Voilà l’affiche en question :

Affiche du métro pour le dernier roman de Paul Auster

Et là, l’avalanche sur les couloirs de métro qui en sont placardés à outrance (sur les grands couloirs des Halles donc on ne peut vraiment pas y échapper, pire que « juvabien juvamine » trois fois de suite à la télé) :

Affiche du métro pour le dernier roman de Paul Auster

J’aime beaucoup Paul Auster, j’en suis fan depuis une dizaine d’années, et même si j’ai une nette préférence pour ses œuvres plus anciennes, je trouve toujours dans ses romans beaucoup de qualités dont cette patte qui le caractérise, et dont je me délecte. Il y en a des meilleurs et des moins bons, et je ne suis pas un aficionado complet (pas comme les pro-Nothomb qui ont l’air de révérer tout ce qu’elle pond par exemple) mais j’ai beaucoup de considération pour cet auteur qui est un très très bon vendeur de bouquins depuis quelques années. En effet, en tant qu’auteur à succès et familier des best-sellers, je suppose qu’il est devenu un « produit » essentiel et profitable de sa maison d’édition. Et je sais que le monde de l’édition n’est plus depuis longtemps conduit par l’amour de l’art, mais par l’universelle et œcuménique loi du marketing. J’ai toutefois encore du mal à voir les bouquins vendus comme des barils de lessive.

Or il y aura certainement des têtes de gondole pleines à craquer du dernier Paul Auster dans les espaces Culture de mon pote Michel-Edouard, une chose que l’éditeur aura assurément payé très cher. Ce qui me désespère c’est qu’on puisse comparer alors cet écrivain avec un Dan Brown. Eurk ! Mein gott !

D’un autre côté, je suis plutôt content qu’un écrivain que je considère comme un « bon romancier » ait touché tant de gens et devienne une référence pour tout le monde. Manque de pot, nous sommes en pleine promotion de la rentrée littéraire. Il peut nous écrire une bouse, on en fera autant des choux gras !

J’aurais préféré découvrir cette nouveauté dans une vitrine de librairie ou sur un étal de la Keufna. Mais je ne suis peut-être qu’un élitiste à mon tour d’avoir une telle vue de la littérature…

Outside Coup de foudre pour l’Opéra

Classé dans: Outside — @ 17:40:49

Un autre exemple de publicité sur un thème connexe à celui de mon pote Michel-Edouard : cette affiche du RER pour promouvoir l’Opéra de Paris (Garnier et Bastille sont concernés par cette unique appellation) auprès d’une clientèle un peu moins bourge et élitiste qu’elle n’est aujourd’hui. En effet, l’opéra reste un spectacle, de par son prix et d’une certaine tradition, réservé à une élite, et intellectuelle et fortunée. Or l’Opéra de Paris étant « national », il parait tout à fait salutaire de chercher à attirer un public le plus large possible.

Affiche du RER pour l\'Opéra de Paris

Affiche du RER pour l\'Opéra de Paris

A priori l’affiche annonce 12 000 places à 5 euros avec le slogan « Coup de foudre pour l’Opéra de Paris ». Désolé pour la qualité merdique mais je n’ai vraiment pas réussi à mieux faire (si quelqu’un peut me choper cela…).

Plutôt que de se la jouer « opéra », l’affiche est assez surprenante puisqu’il s’agit d’une image de bédé de Plantu ( ?) qui illustre avec humour cette rencontre « main dans la main » entre ces deux personnages. Il n’était pas très sympathique de figurer un bourge et une racaille, donc les allégories choisies sont un peu plus habiles. D’un côté on a un personnage qui sort du 18e siècle avec perruque et lavallière qui a le mérite de symboliser les bourges mais surtout le thème de l’opéra : classique, chargé d’histoire et d’art, sans toutefois tomber dans la rombière choucroutée en tailleur Channel (ce qui est assez courant dans les couloirs de Bastille).

De l’autre côté, nous avons un d’jeuns casquété qu’on n’imagine pas vraiment féru d’opéra, mais bon ce n’est pas pour rien qu’on a utilisé la bédé…

Finalement, les deux détails qui ont leur importance et qui symbolisent peut-être mieux la société que les gens, ce sont les chiens ! En effet, mate la gueule de ton ienche, et je te dirais qui t’es (grognasse) ! On a d’un côté le chienchien à sa mémère ou à sa tapette, et de l’autre le bon pitt ou assimilés à son loubard. Bah la voilà la fracture sociale ! :mrgreen:

Et puis les p’tites notes de musique avec des cœurs pour nous faire comprendre que l’amour de la musique ne connaît pas de barrière, et comme le disait le bon Michel-Edouard : « la culture est partout à sa place et qu’elle n’est pas l’apanage d’une elite ».

Je trouve que cette publicité est assez bien fagotée, même si je m’interroge plus sur le fond même de la promotion. En effet, un peu comme on se rend compte que la gratuité des musées ne permet pas vraiment aux gens plus défavorisés d’aller les visiter, je me demande si le prix de l’opéra est le véritable frein. Peut-être faudrait-il plutôt sensibiliser les écoliers à l’art lyrique, et même leurs parents à certains égards (car c’est un truc qui se transmet bien par les parents) ?

PS: Vous noterez que je n’ai pas fait de rapprochement entre cette affiche et un larvage de chez citébeur… parce que hein… moi on ne me la fait pas… le bourge et la racaille qui se donnent la main !

Lundi 29 Août 2005

» Mathieu (mais ce n’est pas moi) pond une jolie parodie sur l’air de “What you waiting for” de Gwen Stefani… On s’y retrouve tous ! Arf. (1)

» GuiM vient d’ouvrir la possibilité de voter pour son podcast préféré ici. J’attends d’avoir écouté la quarantaine en compétition, mais j’ai déjà ma petite idée ! (0)

Matooyage Post-amorem, animaux sereins

Classé dans: Matooyage — @ 18:31:18

J’aime ce moment juste après l’amour, où l’on se sent envahi par le sommeil, et où naturellement les corps se positionnent pour un dernier contact avant de perdre connaissance. J’aime avoir son dos contre ma poitrine, sentir tout son corps s’imprimer contre le mien et percevoir la douceur extrême de sa peau, la chaleur de son flanc et mon sexe lové sur ses fesses.

Mon bras gauche occupe juste l’espace formé par l’arrondi de son cou et l’oreiller, tandis que le droit passe délicatement sous son bras droit à lui, et ma main repose sur sa poitrine. J’ai le visage qui se perd dans sa nuque, et je sens cette affolante odeur de sexe, mélange de sueur, de salive et de sperme. Ma jambe droite se faufile entre ses jambes, et vient compléter la fusion charnelle. Nos mains se cherchent dans cet embrouillamini de membres et d’oreillers et de couvertures. Elles finissent par se trouver, les doigts s’entremêlent, et nos paumes imitent nos deux corps cimentés.

Comme un paquet dont on aurait préparé les ficelles, nous sommes prêts pour l’emballage final. Il suffit que chacun serre ses bras et jambes enchevêtrées dans ce pandémonium organique, pour que l’on se sente encore plus l’un contre l’autre, l’un avec l’autre, l’un dans l’autre. Une dernière étreinte, bisous, bisous, calinouchouchoux, mots doux, hiboux, choux, cailloux, et hop on se délasse, on se pose. Les mains se détachent peu à peu, je m’attarde un peu de ma main droite sur cette partie du corps que j’aime tant (le creux au dessus de la hanche sur le flanc) en descendant de sa poitrine à ses fesses. Je laisse ma main posée là.

Le sommeil nous gagne, les respirations se font plus profondes et plus calmes. La réalité commence à céder le pas sur le rêve, le contact de l’autre devient moins conscient, puis s’estompe. Nous nous séparons tacitement d’un commun accord afin de rechercher une position plus agréable « en solo ». Mais nous ne sommes pas loin d’un de l’autre. J’ai toujours une main baladeuse ou un bout de moi inquisiteur qui a besoin d’être en contact de l’autre. Parfois je ne fais qu’effleurer du bout d’un doigt son épaule, mais ça me suffit à m’endormir avec le sourire aux lèvres.

[Cette nuit, vers 1h30 du matin avec J.]

Dimanche 28 Août 2005

» Alléluia ! J’ai compris un post “scientifique” de David ! Il explique pourquoi il trouve que les “fonctions de hachage” sont géniales, et il est très très pédagogique et simple dans ses explications. Ses exemples et ce qu’il raconte sont très intéressants et “éclairants” à certains égards (j’ai quand même quelques connaissances en électronique et logique numérique de par mon DUT GEII, huhu). (4)

Matooyage Outside Leclerc et son militantisme de pacotille

Classé dans: Matooyage, Outside — @ 01:42:35

J’ai évoqué plus bas le fait que j’avais trouvé assez bien tournée la publicité Leclerc pour la promotion de la culture pour tous, malgré le côté forcément démagogue d’une telle démarche. Mais disons que pour cette campagne, il n’y a pas que du mauvais.

Par contre, comme JS le soulignait en commentaire, la campagne sur le pouvoir d’achat dont notre ami Michel Edouard se targue sur son blog (toutes les affiches sont disponibles dans le post en question) est beaucoup plus choquante, déplacée et tartuffe. En effet, sous couvert de lutte pour le pouvoir d’achat des français, Monsieur Leclerc ne fait que prêcher pour sa paroisse. Il veut nous faire prendre des vessies pour des lanternes, ou en l’occurrence ses visées hégémoniques dans la grande distribution pour un militantisme dans le « social » et la défense des consommateurs.

Il est malin car il se base sur des données plutôt justes, et argumente bien. En outre il apparaît régulièrement comme un homme responsable et courageux, qui tient toujours ce même discours de combat pour le sacro-saint Consommateur. Seulement sa réponse m’apparaît non seulement comme biaisée, mais aussi comme un foutage de gueule assez incroyable. Et au-delà de cela, le moyen utilisé dans la pub me choque encore plus que le message lui-même.

Donc son truc c’est de dire que l’on empêche la grande distribution (fameuse loi Galland) de baisser les prix et d’encore plus faire jouer la concurrence entre les fournisseurs. Alors que ce qui compte c’est avant tout le pouvoir d’achat qui est grevé par des prix trop importants. En fait, Leclerc comme tous les distributeurs du même acabit font peser sur leurs fournisseurs des pressions hallucinantes en terme de prix et de conditions de vente. Cela vaut non seulement pour les grandes marques, mais encore plus pour les petits fournisseurs tels ceux qui produisent les fameuses « marques de distributeurs » ou MDD. Ces marques qui copient souvent les grands noms en moins chères et mieux positionnées en linéaire. Leclerc d’ailleurs avait fait encore plus fort d’un point de vue marketing avec ses marques « Repères » en faisant croire qu’il ne s’agissait pas vraiment de MDD mais simplement d’un label (imprimé sur le packaging du produit). J’avais trouvé cela très habile à l’époque car je voyais bien des personnes de ma famille qui se méfiaient des classiques MDD du genre « produit Auchan » (avec la marque du distributeur clairement identifiée) tandis que les produits « Repères » de Michel Edouard passaient à l’as.

Et l’avantage de ces produits, c’est qu’ils peuvent être fabriqués par des sociétés que l’on peut presser comme des citrons, et mettre sauvagement en concurrence à tout moment. Pour survivre dans cet univers de grande distribution toujours plus concentré et compétitif, ces entreprises des coûts salariaux très bas et exploitent au maximum les gens qui bossent pour eux, ainsi que leurs propres fournisseurs. L’autre avantage de ces produits est qu’ils ne nécessitent pas de publicité, puisque c’est la grande marque qui s’en charge. Ainsi, pour un prix légèrement inférieur à la grande marque, le distributeur se fait des couilles en or. En effet, il ne s’occupe donc pas de la promotion, ses fournisseurs n’ont aucun moyen de pression (comme « Coca » qui au bout d’un moment peut dire « stop » vu que, malgré, tout aucun distributeur ne peut s’en passer), le placement en linéaire se fait directement au bénéfice du distributeur et il s’assure ainsi une marge extraordinaire. Bravo les prix bas ! Merci Monsieur Leclerc de lutter ainsi pour mon pouvoir d’achat.

La campagne en elle-même est dégueulasse car elle insulte les véritables combats militants. En reprenant ainsi les images d’Épinal de mai 68 et des luttes d’extrême gauche, on vilipende des messages, qui certes peuvent être considérés comme utopiques mais qui étaient une volonté pure, honnête et intègre de changer les règles pour les rendre plus justes, équitables et appropriées.

Le pire c’est qu’un tel discours doit certainement convaincre des gens. Oh là là, il existe certainement des personnes qui croient mordicus que Leclerc se bat pour leur pouvoir d’achat. Ca fait peur…

Affiche Leclerc genre \"militant\"

Samedi 27 Août 2005

» Martine ne fait pas dans le paréo JPG, c’est has-been. Elle fait dans le caoutchouc, et putain, ça lui va plutôt bien. Miam ! (1)

Vendredi 26 Août 2005

Boukinage L’affaire Jane Eyre

Classé dans: Boukinage — @ 20:13:33

Le deuxième bouquin de la série « les conseils bouquinesques de Pingui » est celui-ci de Jasper Fforde. Un livre qui n’avait finalement pas emballé notre Pingui, mais beaucoup plus David. Et c’est marrant, mais j’ai un avis tout à fait similaire à ce dernier. En effet, ce n’est pas toujours bien écrit (traduit ?), mais l’inventivité mêlée à la folie du récit et des personnages fait que j’ai beaucoup aimé me plonger dans ce monde « décalé ».

L’héroïne Thursday Next (Jeudi Prochain donc mais « à l’envers » en anglais, ouai bon vous voyez ce que je veux dire quoi…) fait partie des OpSpecs qui sont une police spéciale qui s’occupe des délits liés à la littérature. Ah oui, il faut aimer l’uchronie et la loufoquerie qui suinte de l’imagination débordante de l’auteur ! Car non seulement nous sommes en 1985 (jusque là tout va bien), la guerre de Crimée dure depuis plus de 150 ans, le père de Thursday a de drôles de pouvoirs qui lui permettent de se déplacer dans le temps et d’aller ainsi modifier la réalité (d’ailleurs il est recherché par des ChronoGardes) et en gros la littérature n’est pas une blague. Si cette catégorie d’OpSpecs s’en occupent (ce sont les OpSpecs 27, tandis que d’autres numéros font d’autres choses, et parfois tellement secrètes que les missions des numéros inférieurs à 12 ne sont même pas connu du grand public !) c’est parce que la société tient à ses auteurs, et qu’il est pénalement très grave de les « attaquer ». Or dans le livre présent, on attaque Jane Eyre de Charlotte Brontë de manière très radicale, au point que la frontière entre réalité et fiction tend à se supprimer.

L’histoire est complètement barge, et pourtant elle se tient tout à fait. Un peu comme quand on lit « l’Ecume des Jours » de Vian en fait : on est un peu surpris au début, et puis on s’émeut sans ciller lorsque l’héroïne meurt parce qu’un nénuphar pousse dans ses poumons. Là, il est un peu déstabilisant de constater que les gens en 1985 ont pour animaux de compagnie des Dodos (qu’ils fabriquent eux-mêmes) et dont les versions d’ailleurs diffèrent en qualité. Mais une fois qu’on a compris le système, on n’est à peine choqué de constater la possibilité d’entrer dans un roman grâce à des « vers correcteurs » et un « grimoire technologique ».

La couverture du bouquin reproduit un kit de fabrication de Dodo qui m’a particulièrement plu !

Dodo home cloning Kit

J’ai vraiment accroché à l’intrigue, et même si on peut avoir le vertige à certains moments, l’action est assez palpitante, et l’univers imaginé par l’auteur très distrayant par ses aspects comiques ou perspicaces. Par contre, certaines maladresses dans le style et l’écriture parasitent et embrouillent parfois la lecture. C’est dommage car dans une intrigue qui part ainsi dans tous les sens, on a au contraire besoin d’une certaine homogénéité et fluidité dans l’écriture. Du coup, je comprends que cela puisse agacer. Mais il s’agit d’un petit bémol pour un roman vraiment charmant et décoiffant.

L\'affaire Jane Eyre - Jasper Fforde

Jeudi 25 Août 2005

Matage Matooyage Outside La culture c’est comme la confiture Leclerc

Classé dans: Matage, Matooyage, Outside — @ 18:10:16

Je n’ai rien lu ou vu sur ce spot pour les « espaces culture » des hypermarchés Leclerc que j’ai vu pas mal de fois au ciné, or je trouve que cette publicité est excellente. Un peu à la manière des pubs pour Le Parisien qui jouait sur les poncifs et les plus désagréables manières des parigots (têtes de veaux), cette séquence publicitaire joue sur le bobo en visite dédaigneuse dans une Province profonde cliché à mort.

Le spot repose ainsi sur un double cliché et une confrontation très marrante. D’un côté les bobos parisiens facheunes et rafinés qui débarquent dans la fameuse Terra Incognita : « Hors de Paris », et de l’autre les fameux provinciaux qui sont en apparence des beaufs finis, mais dans le fond de fins lettrés* grâce à Michel-Edouard.

Pour Michel-Edouard, il ne s’agit évidemment pas d’un double cliché, mais bien de proclamer (sur son blog) que « la culture est partout à sa place et qu’elle n’est pas l’apanage d’une élite », ce que je trouve très juste. Mais tout de même, cher Michel-Edouard, des « Deschiens » comme on les voit dans ce spot, il en existe de vrais (et sans simulation) dans les rades les plus banals de la capitale (et ailleurs !). Et on peut être parisien sans être élitiste ou provinçophobe. Je connais similairement pas mal de bobos dans des villes de Province qui n’ont rien à envier aux parisiens (têtes de chiens) pour le coup !

Par conséquent, la pub me fait encore plus rire. Parce que dans l’espace culture de mon centre Leclerc à moi que j’ai (à Osny, j’ai été élevé dans un des plus grands de la Terre !!!!) depuis que je suis tout petit, on ne trouve pas que des joyaux mon chou. Des têtes de gondole blindées de « Da Vinci Code » aux tables élégamment recouvertes du dernier manuel de savoir-vivre de Nadine, en passant par les mémoires de Diana et la filmographie illustrée de Dary Cowl, il est vrai que la notion de Culture en prend un grand coup dans la reliure. Et c’est dans le 95 d’ailleurs, c’est la Province ? Ou pire… la banlieue est un no man’s land !

Mais d’un point de vue marketing c’est génial, je suis fan de l’idée. Et j’avoue que ce spot est extrêmement habile, et distille avec beaucoup d’intelligence ses messages. Disons que je trouve Michel Edouard un peu plus fin que les Magasins U et leurs fameuses « Missions Prix » dont la portée misérabiliste n’est plus à prouver. ;-)

*oui, j’aime les allitérations


Matooyage Brazil, Brazil !

Classé dans: Matooyage — @ 10:43:06

Voilà les messages que je reçois d’un gars sur Orkut. Encore un brésilien qui essaie de me parler, ce qui est adorable. Mais là c’est manifestement de la traduction Google ou un truc comme ça.

Je vais lui répondre en traduisant en portugais par Google à mon tour… Gnark gnark gnark. :mrgreen:

Message du Brésil par Orkut

Mercredi 24 Août 2005

» [Via Laurent] Il faut savoir que la première fois que j’ai du écrire un « sot-l’y-laisse » (c’était une putain de dictée de Pivot), j’avais plutôt vu ça comme ça : « Solylès » ce qui avait beaucoup fait rire mes parents. J’ai été captivé par Chris qui livre une belle analyse des « poteaux roses ». Laurent lui donne même l’occasion de reprendre les rênes/rennes. (2)

» M le Maudit et ses déboires avec la SACEM pour régulariser son « piratage d’opérette » (au sens propre !). C’est du Mathieu tout craché ça. Cependant, je pense que nous allons tous devoir bientôt ranger au placard nos radioblogs chéries. On verra… (3)

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