MatooBlog
Pectus est quod disertos facit

Mercredi 30 Novembre 2005

» Nicolas diffuse une une image très drôle et, par hasard, bien liée avec ce qui précède. “Personne n’aime mon blog, Docteur…”. (0)

Boukinage Paradis Turquoise

Classé dans: Boukinage — @ 16:08:06

Cette petite bouffée de littérature française se poursuit par la lecture du dernier bouquin (mais qui date du début d’année) de Christophe Ferré. Il s’agit là d’un roman assez court, mais qui recèle beaucoup de qualités. Et pourtant, j’ai eu un peu peur au début car le style est un peu cahotant et le récit a du mal à décoller. Mais petit à petit, j’ai été gagné par la plume de l’auteur, et conquis par son art de la narration. A cela s’ajoute une intrigue dont la portée est plus large que la simple anecdote, et dont les échos retentissent longtemps après qu’on ait fermé le livre.

L’auteur construit son histoire et son discours (parce que le roman est aussi un véritable manifeste sociologique) sur un mythe grec, et ça évidemment, c’est une chose à laquelle je suis très sensible. J’ai ainsi appris l’histoire d’Erostrate, un jeune éphésien qui, au IVe siècle av. JC, a mis le feu au temple d’Artémis pour devenir célèbre. Il fut condamné à mort, et surtout on décida d’interdire à quiconque de prononcer son nom afin de ne pas voir son objectif se réaliser. Force est de constater que le mythe a survécu à la mise à l’index…

Christophe Ferré s’interroge dans son livre, à partir de ce mythe (ou fait historique ?), et par son personnage principal, sur cette course effrénée à la célébrité dans notre société. Alors évidemment, on pense (et il évoque) à la téléréalité dont les évolutions sont de plus en plus stupides mais dont la montée en puissance est évidente (ainsi que les ravages). Et cette envie qui sourd en chacun de nous, cette envie d’être connu et reconnu, et la frustration conséquente à l’échec de cette quête de célébrité. L’auteur va plus loin en se référant à une célébritose qui peut devenir noire lorsque comme Richard Durn (le tueur de Nanterre), on donne la mort pour se sentir important et gagner sa part de « célébrité ».

L’écrivain étaye ses dires en racontant l’histoire de Marcellin. Son héros, anti-héros par excellence, est un personnage assez commun et minable, dont le désir d’être célèbre le consume complètement. Il va alors jusqu’à fomenter des agressions de personnes connues pour se faire connaître à son tour de ce gotha dont il est tant jaloux. Avec une grinçante ironie du sort, Christophe Ferré décrit les tourments internes de Marcellin et la manière dont ses plans homicides se terminent en fiasco. On assiste alors à un Vil Coyote qui essaie de piéger Bip Bip avec la même ironique inefficacité.

Comme je l’ai dit précédemment, le style de l’écrivain se transforme au fur et à mesure du livre, et d’un récit assez convenu, il arrive à des passages d’une lucidité et d’une force fascinantes. Et on sent que ce sujet lui tient à cœur, qu’il a voulu dénoncer et mettre en perspective cette maladie d’Erostrate à l’échelle de notre société. Il y a arrive avec une manifeste habileté, et à un certain moment vient forcément cette question : « Et moi dans tout cela ? ».

Christophe Ferré - Paradis Turquoise

Mardi 29 Novembre 2005

Matage Matooyage Le Weather Project à l’Opéra de Paris

Classé dans: Matage, Matooyage — @ 18:38:08

Le truc (car inclassable en terme d’art…) contemporain qui m’ait le plus marqué est sans conteste le « Weather Project » d’Olafur Eliasson à la Tate Modern à Londres. J’en avais parlé lorsque nous étions allé à Londres avec M. il y a tout juste deux ans.

Aussi quelle ne fut pas ma surprise quand j’ai vu cela, en surfant sur le site de l’Opéra de Paris.

Site de l\'Opéra de Paris

C’est une image superbe, entre photo et illustration, de ce que l’on pouvait alors voir à la Tate. Je me demande ce que ça fait là en fait… Qui a pu choisir un tel cliché ? Et quel est le lien, sinon purement illustratif, avec la page ? Je me suis aussi demandé quelle impression cela pouvait faire sur les gens qui ne connaissent pas cette œuvre contemporaine (certainement 99% des visiteurs de ce site français !). On dirait un peu une illustration de bouquin de SF… Mes photos sont un peu plus réalistes (et totalement pourries, oui oui !) même si elles possèdent cette même impression fantomatique et le gigantisme solaire (les photos des gens à terre sont les reflets que j’ai photographiés alors que j’étais moi aussi allongé par terre).

Mon souvenir de cette visite et de cette expérience reste prégnant, et je crois ne jamais avoir été autant impressionné par une installation contemporaine. Nous étions captivés par ce spectacle, et le fait que les gens jouent aussi naturellement le jeu (en s’allongeant sur le sol, en déambulant, en jouant avec leurs ombres, avec leurs mômes etc.) renforçait encore la puissance de l’œuvre.

Imaginez que vous rentrez dans cet immense endroit de 300 mètres de long et 70 mètres de haut, que l’atmosphère est sombre et que dardent sur vous les rayons d’un soleil matinal. Baigné dans une lumière jaune orangée, vous pénétrez dans cette immense salle et le disque solaire apparaît dans toute sa splendeur. Un truc de oufs ! Evidemment, passée la surprise, on voit qu’il s’agit d’un demi disque reflété, mais grâce à la légère diffraction du miroir, cela donne encore plus l’impression d’un soleil levant ou couchant d’une infinitésimale brume.

Je suis content d’avoir vu cela, et puis j’étais, en plus, bien accompagné à l’époque. ;-)

» L’avocat-blogueur Eolas (ou le blogueur-avocat ?) donne une vision simple, complète et dépassionnée des banlieues. Son article est extraordinaire (pour moi) de lucidité, clairvoyance, intelligence et sensibilité. Je me retrouve dans toutes ses propositions, observations, hypothèses et cogitations. A lire d’urgence ! (20)

Boukinage Je m’appelle Jeanne Mass

Classé dans: Boukinage — @ 00:23:30

Le voilà le livre aux 187 pages, qui se lit aisément le temps de deux machines à laver et quatre temporisations de sèche-linge. Cela pourrait être considéré comme une insulte, mais en fait c’est tout le contraire. Ce bouquin se nourrit de l’essence même du nawak. Imaginez la verve et l’à-propos d’un Pierre Dac avec l’imagination débordante d’un Vian, sur fond de truculentes aventures d’un Marcovaldo (Italo Calvino), les hallucinations bien réelles d’un Donnie Darko et un recyclage à tout va de toutes les marques de notre génération (« Names darling, names ! »), le tout accouché en phrases syncopées d’un langage courant voire verlan et autres joyeusetés linguistiques qui font bien d’jeuns.

J’entre dans la boîte et il y a un paquet de monde. La salle est totalement enfumée, c’est vraiment trop ouf donc je commence à sourire et je sors deux trois mots en anglais à une fille qui passe près de moi, une fille plutôt jolie qui me fait penser à un abat-jour.

Tout le public est surexcité. Les jeunes sont défoncés au cassoulet et je me dis que c’est le plus beau jour de ma vie et je cherche et je vois un oiseau et j’en aperçois un, alors je tends ma main et j’attends un bon quart d’heure mais l’oiseau ne vient pas donc je laisse tomber.

Oui, oui, oui voilà. Jeanne Mass, donc la presque chanteuse des années 80 (un s en plus), est videur dans une boîte de nuit avec son pote Derrick (comme l’inspecteur). Et en gros, le boss se fait refroidir par deux nounours roses géants (Donnie Darko, je vous dis !) que Jeanne voit partir du bureau de son chef. S’en suit alors une fuite loufoque des deux comparses, une sorte de virée sous acide faite de moments burlesques plus ou moins logiquement enchaînés.

Je ne pense pas que le roman marquera son temps, il est presque un peu facile par moment, et manque de poésie dans son délire pour avoir un vrai charme (mon opinion), mais il a une qualité qui le sauve : c’est poilant. Soit en calembours ou en « absurdus delirium » (Fluide Glacial), cet OVNI littéraire a le mérite de faire passer un bon moment et de faire souvent mouche avec un humour bien débile.

Et puis parfois, au détour des usuelles billevesées, une pépite retient l’attention. J’ai adoré ce passage qui est aussi dingue que le reste, mais dont je vous laisse apprécier la pertinence.

Il est 19h53, je ne suis toujours pas habillé. Ce soir, c’est fiesta. Lisa ne pourra pas venir. Je suis amoureux d’elle. Pourtant on n’a couché qu’une nuit et encore c’était pas vaginal.

De toute façon, l’avenir sera sodomique. Demain tout le monde se sodomisera. Le sexe, ce sera la sodomie, on oubliera complètement les vagins. Ne me demandez pas pourquoi. C’est comme ça. La société est anale. La société aujourd’hui est anale, c’est-à-dire qu’elle n’est pas tournée vers l’avenir mais vers l’intérieur, vers l’anus.

Le plus important, c’est la survie du moi, la survie du trou du cul. On ne pense plus qu’à soi aujourd’hui, on ne pense plus qu’à son trou du cul. La mort est une fiction médiatique.

Voilà tout ça sur 187 pages. Et d’un petit con d’auteur né en 1976 (ouai tout comme oime !) qui s’appelle Thomas Lélu.

Thomas Lélu - Je m\'appelle Jeanne Mass

L’avis des copines : Délires synaptiques.

Lundi 28 Novembre 2005

» Se non è vero (pfff tu parles d’un pseudo) publie de temps en temps ses “trucs de trentenaires“. Il faut reconnaître les vieilles stars des feuilletons de notre enfance. Rhalalalala, l’âge… Mais alors trouver un acteur de X-Or, là c’est normal que je sèche ! Ca marche aussi pour nous d’ailleurs, le Matoo de 1998 a pris un coup de vieux ! Such is life ! (4)

Exposage L’Age d’or des sciences arabes

Classé dans: Exposage — @ 17:28:36

L’Institut du Monde Arabe propose toujours des expositions très bien pensées et richement parées. Là encore, pour présenter les quelques siècles où la sciences de la civilisation islamique brillait sur le monde, l’IMA a créé une présentation très didactique, avec beaucoup d’explications et un nombre considérable de pièces.

Vues mes origines, je n’allais évidemment pas manquer un événement pareil, et j’ai eu l’agréable et curieuse impression d’avoir visiter l’illustration de ce bouquin, dans lequel j’avais beaucoup appris sur le sujet.

Une histoire de la science arabe - Ahmed Djebbar

Donc je n’ai rien découvert de fondamental dans cette expo, mais j’ai eu sous les yeux des objets qui sont passés entre les mains de maîtres dont je ne connaissais que le nom et les travaux, un sentiment bien grisant. Notamment, Avicenne ou Ali Ibn Sina, dont l’histoire romanesque de ce médecin perse (et pas arabe) narrée par Gilbert Sinoué m’avait fait connaître il y a des années ce personnage singulier, dont une copie moyenâgeuse du Canon était présentée. Ce même Canon qui allait servir de base de connaissance médicale jusqu’au 17e siècle en occident. L’exposition explique bien le rôle de transition essentiel des savants musulmans (arabes et perses) qui ont traduit les grecs et ont su récupérer les savoirs des anciens. On comprend aussi que le fait assez extraordinaire d’une religion qui glorifie la science (en regard de l’attitude rétrograde occidentale en la matière) est un véritable moteur et une valorisation des recherches scientifiques dans ces sociétés.

En outre, la présentation des œuvres et la scénographie de l’expo sont particulièrement réussies et très agréables. Le parcours de l’exposition est scandé en quatre parties qui se focalisent sur quatre piliers de recherche.

D’abord, on trouve « Le temps et l’espace » qui est un rappel historique et culturel, et permet justement de s’y retrouver entre héritage (à la fois des grecs aux arabes, et des arabes à l’Europe), religion et géographie. « Le Ciel et le Monde » est la partie consacrée à l’astronomie, la mesure du temps et de la terre. On y trouve tous les magnifiques astrolabes et autres abaques de l’époque. L’importance de devoir situer La Mecque de n’importe quelle grande ville du monde donne une aura certaine aux géographes et autres mathématiciens qui s’intéresse à la géodésie.

« Le Monde du vivant et l’Homme dans son environnement » nous montre les trouvailles incroyables en terme de médecine, pharmacopée, et toutes les sciences classiques : mécanique, optique, chimie etc. J’ai surtout été émerveillé de la volonté constante de ces savants de compiler leurs connaissances, de se servir des recherches des uns et des autres pour fonder leurs propres découvertes. Ainsi on trouve kyrielle de manuscrits qui sont des recueils quasi-encyclopédiques sur des domaines précis. J’ai aussi découvert des études de mécanique et de cinétique assez élaborées uniquement pour créer des automates sophistiqués qui sont capables de servir à boire ou d’autres choses. Il nous reste pas mal de plans de ces jouets articulés qui avaient l’air d’être très répandus et importants à l’époque.

La dernière partie de l’exposition se concentre sur« Science et art » et nous explique comment la géométrie pour les décors, ou bien la chimie pour les couleurs, ou les matériaux comme le verre, ont permis aux arts de progresser et de mieux remplir leurs fonctions ornementales.

Bref, vous avez compris. Il faut y aller, ça déchire sa race, sa mère. :mrgreen:

Institut du Monde Arabe - l\'Age d\'or des sciences arabes

L’avis des copines : Olichou.

Matooyage Il ne se passe rien à la laverie

Classé dans: Matooyage — @ 12:33:54

De retour à ma laverie Goncourt, samedi après-midi, parce que j’ai une tonne de linge et des draps et des serviettes et tout, et que chez moi ça prendrait à peu près trois semaines à sécher vu le temps. Et puis j’aime bien les laveries, j’ai toujours trouvé ces endroits fascinants. En fait, souvent on se croirait dans 2001 l’Odyssée de l’Espace avec tous ces hublots et cette couleur blanche immaculée. Une ambiance très science-fiction donc pour une activité des plus emmerdante et statique, et souvent pour compagnons de labeur des larrons qui ne sont pas là pour faire la foire. Mais bon, j’y ai déjà fait de savoureuses rencontres, comme quoi on ne sait jamais ce qui va arriver.

Laverie Goncourt

Eh bien là, il ne s’est rien passé.

Mais alors rien. Et puis y’avait personne.

Laverie Goncourt

Ah si, j’ai lu un bouquin en entier, mais bon ce n’est pas un exploit, un p’tit roman de 187 pages.

Laverie Goncourt

J’ai regardé mon linge tourner dans la machine, puis tourner dans le sèche-linge. J’aime bien quand ça tourne, et puis ça fait toum toum toum parce que les vêtements cognent contre les parois d’inox.

Je ne connais pas d’ambiance plus neurasthénique, et en même temps c’est un havre de paix assez reposant. En plus, mon portable ne capte pas et reste muet. Scotcher sur les tambours qui tournent et virent permet de penser à plein de trucs, à soi, aux autres. Et puis de ne penser à rien du tout, sinon au fait d’avoir bientôt plein de fringues propres à se mettre. Huuum c’est bon ça comme idée.

Non, non, ce n’est pas une chaîne, ni un concours, ni une imitation. C’est vraiment moi, un jour de rien à la laverie. C’était bien, j’y retournerai.

Dimanche 27 Novembre 2005

Marc-Aurèle Livre 4 - III

Classé dans: Marc-Aurèle — @ 13:36:26

On se cherche des retraites à la campagne, sur les plages, dans les montagnes. Et toi-même, tu as coutume de désirer ardemment ces lieux d’isolement. Mais tout cela est de la plus vulgaire opinion, puisque tu peux, à l’heure que tu veux, te retirer en toi-même. Nulle part, en effet, l’homme ne trouve de plus tranquille et de plus calme retraite que dans son âme, surtout s’il possède, en son for intérieur, ces notions sur lesquelles il suffit de se pencher pour acquérir aussitôt une quiétude absolue, et par quiétude, je n’entends rien d’autre qu’un ordre parfait.

Accorde-toi donc sans cesse cette retraite, et renouvelle-toi. Mais qu’il s’y trouve aussi de ces maximes concises et fondamentales qui, dès que tu les auras rencontrées, suffiront à te renfermer en toute ton âme et à te renvoyer, exempt d’amertume, aux occupations vers lesquelles tu retournes. Contre quoi, en effet, as-tu de l’amertume ? Contre la méchanceté des hommes ? Reporte-toi à ce jugement que les êtres raisonnables sont nés les uns pour les autres, que se supporter est une partie de la justice, que les hommes pèchent involontairement, que tout ceux qui jusqu’ici se sont brouillés, soupçonnés, haïs, percés de coups de lances, sont allongés, réduits en cendres ! Calme-toi donc enfin.

[…]

Il reste donc à te souvenir de la retraite que tu peux trouver dans le petit champ de ton âme. Et, avant tout, ne te tourmente pas, ne te raidis pas ; mais sois libre et regarde les choses en être viril, en homme, en citoyen, en mortel. Au nombre des plus proches maximes sur lesquelles tu te pencheras, copte ces deux : l’une, que les choses n’atteignent point l’âme, mais qu’elles restent confinées au-dehors, et que les troubles ne naissent que de la seule opinion qu’elle s’en fait. L’autre, que toutes ces choses que tu vois seront, dans la mesure où elles ne le sont point encore, transformées et ne seront plus. Et de combien de choses les transformations t’ont déjà eu pour témoin ! Songes-y constamment. « Le monde est changement ; la vie, remplacement*. »

*Pensée de Démocrite.

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

De l’intérêt vital de l’introspection.

Samedi 26 Novembre 2005

Marc-Aurèle Livre 4 - II

Classé dans: Marc-Aurèle — @ 15:10:22

N’accomplis aucun acte au hasard, ni autrement que le requiert la règle qui assure la perfection de l’art.

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

» J’apprends par XIII que Pierre Seel est mort. Il était le seul déporté homo officiellement reconnu comme tel. Je me souviens avoir lu aussi les extraits qu’Olivier cite sur la mort de son ami sous ses yeux. A ne pas oublier. (2)

Vendredi 25 Novembre 2005

Matooyage Devinette facile

Classé dans: Matooyage — @ 20:08:47

Alors j’étais où hier et aujourd’hui pour le boulot ?

Bruxelles - Grand Place

Bruxelles - Grand Place

Bruxelles - Grand Place Bruxelles - Grand Place

Oui bon je sais, c’est toujours au même endroit ! :mrgreen:

Et dans cette merveilleuse ville, on trouve même dans les devantures des pharmacies des repose-bras qui portent mon nom ! (Pas de lien vers leur site en commentaire plize, je leur ai promis de ne jamais le faire… si vous voulez découvrir cela, c’est sur matoo point fr.)

Dans une pharmacie

Voilà, juste le temps de faire un resto avec Diego, et je suis de retour à Paris. Je suis fatigué et un peu vidé, je pense que le week-end sera en sous-activité assumée. J’ai envie de douches bouillantes et de glandage sous la couette en matant des conneries. A deux de pRéféRence. ;-)

Boukinage L’embouchure du Mississipy

Classé dans: Boukinage — Tags: , @ 10:05:19

Jean-Christophe Duchon-Doris m’ayant fait l’honneur d’un commentaire sur le post que j’avais consacré au premier roman de cette série des aventures de Guillaume de Lautaret, et m’ayant un peu tancé sur mes reproches en m’enjoignant de lire le bouquin suivant (sous-entendu : « Avant de faire mes remarques perfides ! » Arf !), je me suis exécuté. Je lui devais bien ça, bien surpris même qu’il ait commenté mon blog (merci google).

Comme pour le premier bouquin, je suis obligé de faire la comparaison avec son concurrent : Jean-François Parot et mon cher commissaire du Châtelet, Nicolas le Floch. Même si ce dernier évolue dans le Paris de Louis XVI (qui débute son règne, les premières aventures étant marquées du sceau de Louis XV) tandis que Guillaume de Lautaret est un sujet de Louis XIV (1701, fin de règne), on retrouve un environnement assez proche en termes culturels et sociaux, même si les faits et personnages historiques sont évidemment distincts. J’ai retrouvé les mêmes spécificités et différentiations entre les deux auteurs que ce que j’avais noté la dernière fois.

Jean-Baptiste Parot utilise ses personnages et ses intrigues comme des prétextes à raconter la grande et la petite histoire de cette frange de nos annales dont il doit être féru. Il évoque les endroits, les coutumes, les métiers, la cuisine, et bien des détails d’époque qui sont un bonheur à découvrir plus de deux cents ans après. Du coup, ses héros ne sont pas toujours très crédibles, et ses intrigues pas toujours bien ficelées. Mais le voyage dans le temps et le dépaysement sont extraordinaires, les personnages très attachants et savamment étudiés. Jean-Christophe Duchon-Doris me parait tout autant érudit sur son époque de prédilection, mais bien meilleur romancier et il use (et abuse parfois) d’une plume à l’aisance et au panache impressionnants. Il se concentre beaucoup plus sur ses personnages et sur l’histoire qu’il raconte. Il élude plus facilement les anecdotes du quotidien (et ne cite que celles qui servent au récit) mais se plait à raccrocher aux wagons de l’histoire les faits de sa propre fiction. Ainsi on pourrait croire que ses personnages ont existé, et cette impression est des plus grisante lors de la lecture. Outre cela, ses protagonistes ont aussi les défauts de l’époque (Guillaume ne s’empêche pas quelques aventures, fait donner la question, et torture les huguenots !) ce qui leur donne beaucoup d’authenticité (plus que le bourreau en chirurgien de Parot…). Il y a donc un côté un peu moins exotique et docte, mais un souffle romanesque manifestement palpitant et prenant.

Cette fois, le roman emporte tous les suffrages. C’est simplement brillant, et j’ai dévoré le livre.

Guillaume de Lautaret est revenu à Paris pour assumer une nouvelle charge, avec sa fiancée, Delphine d’Orbelet, et la mère de cette dernière. Pour des raisons obscures, l’attribution de sa charge est retardée, et la mère de Delphine ne tarde pas à être embastillée par lettre de cachet, sans aucun motif exprimé. Rapidement, Guillaume comprend que tout est lié au père de Delphine qui serait mort dans des circonstances étranges aux Amériques, lors d’une expédition qui visait à remonter le Mississipi. Tout s’enchaîne alors avec une sombre histoire de conquête territoriale entre la France et l’Angleterre, de concurrence entre les missionnaires jésuites et les Missions étrangères, de tentative des huguenots français de s’installer en Louisiane et des circonstances troubles de la mort de Cavelier de la Salle.

L’aventure est menée tambour battant de Versailles et ses corruptions, à Saint Domingue, ses flibustiers et ses bordels, jusque ce mystérieux fleuve et cette région dangereuse pleine de bêtes sauvages et d’autochtones peu amènes. L’intrigue est haletante et captivante, elle mêle à la perfection les faits historiques avérés avec les personnages fictifs, dont on continue de suivre les évolutions et les histoires personnelles (Guillaume et Delphine). Je pense que le bouquin ferait un incroyable scénario de film. Alors que l’on se plaint de ne pas avoir d’histoire qui tienne la route, il y a là tout ce qu’il faut.

Cela commence comme l’ « Allée du Roi », et se poursuit en les « Mines du Roi Salomon » avec Stewart Granger et Deborah Kerr. Il s’agit là d’un très bon roman, très divertissant et intelligent. Si l’on aime un peu l’époque, le parlé du 18e (dont je suis fan), les récits gorgés de détails historiques et les mystères insondables, ce bouquin est résolument à lire.

(Cela n’empêche que j’attends avec impatience le dernier Parot… hé hé.)

Jean-Christophe Duchon-Doris - L\'embouchure du Mississipy

Jeudi 24 Novembre 2005

» Idem nous propose une intéressante étude de l’article de Marianne qui traite de la “fin du pouvoir hétéro”. A l’en croire, c’est un sacré torchon. Comme je ne l’ai pas lu, je ne peux pas infirmer ou confirmer ses dires. Apparemment cela vaudrait le coup d’y jeter un coup d’oeil curieux. En trois parties : une, deux, trois. (1)

Matooyage Le lion est mort ce matin

Classé dans: Matooyage — @ 16:54:09

Je suis tout chelou. Mon frangin m’a envoyé un sms pour m’apprendre que mon matou était mort. Bou.

C’est le seul animal que nous avons eu. Depuis 1989 il habitait notre maison, et c’est dur de se dire que je ne le verrai plus. Evidemment, ce n’est qu’une bestiole, mais ça n’empêche pas la tristesse que me procure sa disparition. Cette enflure de chat qui se barrait quand on l’appelait, qui ne se laissait approcher que pour la bouffe, et qui te collait les moustaches dans le nez à 6h30 du mat pour sortir. Ce chat qui sentait quand j’étais malade, et venait se pelotonner contre moi en ronronnant comme un B52 comme pour me soulager de mes maux, mon tigre du Bengale qui ne mangeait plus lorsque nous partions en vacances sans lui, et mon félin adoré dont la présence seule suffisait à me rendre zen.

Vers la fin, il n’était plus que l’ombre de lui-même, et la dernière fois que je suis venu chez mes parents, il se traînait difficilement. Mais il ronronnait toujours aussi fort quand je le prenais dans mes bras pour lui faire un câlin. Il va me manquer mon matou.

Le Chat
Je souhaite dans ma maison :
Une femme ayant sa raison,
Un chat passant parmi les livres,
Des amis en toute saison
Sans lesquels je ne peux pas vivre.

Guillaume Apollinaire, le Bestiaire.

Le Chat
[…]
De sa fourrure blonde et brune
Sort un parfum si doux, qu’un soir
J’en fus embaumé, pour l’avoir
Caressée une fois, rien qu’une.

C’est l’esprit familier du lieu ;
Il juge, il préside, il inspire
Toutes choses dans son empire ;
Peut-être est-il fée, est-il dieu ?

Quand mes yeux, vers ce chat que j’aime
Tirés comme par un aimant
Se retournent docilement
Et que je regarde en moi-même

Je vois avec étonnement
Le feu de ses prunelles pâles,
Clairs fanaux, vivantes opales,
Qui me contemplent fixement.

Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal.

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