MatooBlog
Pectus est quod disertos facit

Samedi 31 Décembre 2005

Matooyage Opération JDA

Classé dans: Matooyage — @ 13:10:25

Ah bah voilà !! Par un concours de circonstances, j’organise le réveillon de ce soir avec des potes chez oime. Et voilà que j’ai passé la nuit (trop courte) avec un mignon blogueur, qui est parti de chez moi y’a trente minutes. Je m’étais pourtant dit que j’allais me lever tôt et être sérieux et tout et tout.

J’ai une tête de cul assez fabuleuse, et surtout TOUT à faire ! Aaaaaaaaah !

Voilà pour le post du jour, y’a pas que ça à faire !!!

Non, vous n’en saurez évidemment pas plus. ;-) Have fun !

Vendredi 30 Décembre 2005

ThéâtrOpérage L’Amour des trois oranges

Classé dans: ThéâtrOpérage — @ 01:47:07

Ce soir, c’était la sortie à l’Opéra Bastille qu’avait concocté Kozlika. Etaient donc présents pour voir et écouter cet opéra : M le maudit, la dangereuse trilingue, Shaggoo et sa moitié, Vroumette et la sienne, Zvezdoliki, Gilda, Etienne et Vrai Parisien.

Les places à 9 euros c’est vraiment de la balle, évidemment ça donne un peu le vertige et un bon torticolis mais ça vaut carrément le coup. Cela place alors l’opéra à la portée tout ceux qui veulent s’y mettre.

« L’Amour des trois oranges » est un opéra de Prokofiev de 1921. L’histoire est celle d’un prince hypochondriaque et incurable qui va trouver dans la quête de trois oranges enchantées, dans la cuisine d’une méchante sorcière, le salut et l’amour. Mais on trouve une kyrielle de personnages secondaires et d’intrigues, avec des gens qui convoitent son royaume et veulent le faire mourir de langueur (une méchante fée, le premier ministre et la nièce du roi notamment), tandis que d’autres le soutiennent, comme Trouffaldino, qui essaie par tous les moyens de le faire rire.

Le thème principal et récurrent de l’opéra est assez connu et entraînant, mais manque de pot il ne vient que donner un peu d’énergie à une composition globale un peu molle et sans relief (à mon goût). Du coup, j’ai trouvé un manque de pèche et de lyrisme aux chants. Il s’agit plus de répliques quasiment parlées et qui tombent parfois complètement à plat. Ce n’est pas vraiment mon truc en fait… Je suis vraiment plus fan des œuvres un peu plus troublantes et passionnelles, je crois que je suis résolument concierge (que je partage avec elle) dans mes goûts en la matière.

Par contre, j’ai beaucoup aimé le spectacle en lui-même, qui en plus a le mérite de ne pas s’éterniser (moins de deux heures). En effet, la mise en scène insiste énormément sur les aspects festifs et quasi-carnavalesques de l’opéra avec beaucoup de jongleurs, danseurs et amuseurs en tout genre. La production ne lésine pas sur les figurants et sur les effets spéciaux pour rendre un peu de la magie de l’œuvre avec envol des personnages, pluies d’étincelle sortant des baguettes magiques, jonglages de couteaux, brumes mystérieuses… La réalisation apporte donc beaucoup à une musique (pourtant bien orchestrée à ce que je peux en juger…) qui ne m’a pas emballé, et permet de remarquablement servir l’histoire.

L’Amour des trois oranges - Prokofiev

Jeudi 29 Décembre 2005

» Extraordinaire AstroSexe de Elle, dégoté par la belle Alexia, et comme toujours, brillamment repris par Pascal. Un peu d’espoir donc, ce n’est qu’un déraillage temporaire… (2)

Ecoutage Matooyage Barba non facit philosophum

Classé dans: Ecoutage, Matooyage — @ 13:31:15

Il est plus de minuit, je pénètre dans la rame de métro de la ligne 11, je suis à châtelet. Je rentre chez moi. Je me cale tranquillement dans un carré vide, bien incrusté sur ma banquette, les écouteurs dans les esgourdes, je rêvasse les yeux dans le vide. Bâââââââââm, les portes vont se fermer (oui c’était le bruit des portes, si, si). Un mec entre in extremis, et jette un regard circulaire. Humm pas mal la petite… Le wagon est presque vide, mais il s’avance vers moi, et curieusement il s’assoit juste en face. Je suis surpris, je me redresse un peu histoire de ne pas non plus m’affaler tout de suite sur lui.

Hôtel de Ville - Bâââââââââm !

Tiens, je vois qu’il me regarde dans la vitre qui fait miroir, et donc je regarde aussi son reflet, tout en ayant les oreilles agréablement rythmée par Muse (Endlessly). Je ne trouve pas le mec complètement renversant, mais assez charmant sur le coup. Entraîné par la zik, je me redresse et me la joue à donf. J’écarte les jambes, prends le maximum de place sur la banquette, et j’esquisse un sourire. Nous échangeons alors un regard, et je fais mon mâle dominateur, tandis qu’il me lance un regard de pédale en rut. J’adoooooooore.

Rambuteau - Bâââââââââm !

Le jeu continue, cette situation, inédite pour moi, me galvanise carrément. On alterne entre le miroir et la réalité, c’est à la fois fugace et horriblement long, on perd facilement ses repères temporels dans ce genre de circonstances ubuesques.

Arts et Métiers - Bâââââââââm !

Changement de plage musicale. Et là, c’est le drame.

When I was young
I never needed anyone
And making love was just for fun
Those days are gone
Livin’ alone
I think of all the friends I’ve known
When I dial the telephone
Nobody’s home

Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaah ! Je réalise soudainement que Céline Dion est en train de me chanter « All by myself », et que mon plan viril est complètement à l’eau. Et je me dis : « Meeeerde si ça se trouve il l’entend déjà préparer sa vocalise à travers mes écouteurs !!! ». Et voilà Céline qui me vrille les tympans !

All by myseEEEEEEElf
Don’t wanna be
All by myseEEEEElf
AnymoOOOOOre

Heuuuu, je crois que je ne suis plus crédible du tout, et je commence à me marrer tout seul. Eh bien, je fais un beau pédé moi là d’un seul coup. Très Bridget Jones. Je révise mon attitude, et je n’ai plus qu’une seule chose à faire.

République

Aaaaaaah ! Vite, vite, je fuis la rame avant que les portes ne se referment sur moi. Et surtout ne pas le regarder !

Bâââââââââm !

Tant pis pour moi, je rentrerai à pied. Et je me remettrai Céline en chemin pour mieux en profiter. ;-)

Tiens c’est pour vous aussi mes petites célibattantes.


Exposage Girodet (1767-1824)

Classé dans: Exposage — @ 02:11:29

Je suis vraiment content d’avoir vu cette exposition au Louvre, in extremis en fait puisque quelques jours avant la fin. Et voilà ce qui se fait de mieux en rétrospective avec un excellent choix de toiles, des explications claires, complètes et pédagogiques, et en plus une scénographie qui met en valeur les peintures.

Et que dire sinon que ce peintre avait un talent hallucinant et pour l’époque (d’après les explications fournies sur place) une audace qui mène parfois à l’irrévérence, tout en restant dans un formalisme et dans le mouvement « classique » de ses pairs. Apparemment, il s’agit d’un peintre qu’on ne redécouvre que depuis peu, mais dont l’aura est de plus en plus forte. Les toiles rassemblées au Louvre sont là pour démontrer son excellence technique, mais aussi les idées novatrices et clairvoyantes que Girodet a introduit dans la peinture de son temps.

On est en effet captivé par ces portraits et scènes bibliques ou mythologiques, par leur perfection de rendu, mais aussi par cette extraordinaire manière de capter les regards, les émotions les plus fortes, et les tensions les plus passionnelles. Girodet arrive à insuffler une vie hallucinante à ses peintures, et les tableaux les plus connus et monumentaux sont assez bien mis en valeur pour véhiculer leurs forces et qualités, à la fois dans la forme et dans le fond. Encore une fois, les explications sont essentielles et fort heureusement librement dispensées (pas uniquement dans un audioguide).

Outre cela, je ne résiste évidemment pas à l’envie de rajouter que le Girodet était une bonne pédale de chez nous, et qu’il mettait un soin assez troublant à dessiner et peinturlurer les corps de mâles qui le troublaient justement. Il était même pas mal branché reubeu le bougre, hu hu hu. Les mentions de son homosexualité sont carrément explicites à plusieurs reprises dans les notes qui accompagnent les peintures.

L’avis des copines : Oli.

Girodet (1767-1824) au Louvre

Mercredi 28 Décembre 2005

» Un de ces très beaux textes de Phil (qui doit certainement s’appeler autrement mais ce n’est pas grave, je reste sur mes acquis !) où il raconte ses parents, son lien filial… (1)

» Oh mazette, quelle crise de rire ! Merci Sire Shiva pour ce florilège du Maillon Faible en vidéo. (1)

Cinéphage Mary

Classé dans: Cinéphage — @ 02:03:12

Un film d’Abel Ferrara, ce n’est jamais anodin, mais celui-ci m’a moins convaincu que d’autres avant. Pourtant c’est bien réalisé et les comédiens principaux sont excellents : Juliette Binoche, Matthew Modine et Forest Whitaker. Je crois que c’est le sujet qui m’a un peu rebuté, et aussi cette mise en perspective de ces trois destins face à leur « crise mystique » qui ne mène au final pas à grand-chose.

Un peu comme si Ferrara avait lu le « Da Vinci Code » et qu’il avait voulu en faire un film sur Marie-Madeleine. Il se base donc sur les écrits apocryphes de cette dernière et met en scène trois personnages autour du thème. Il y a d’abord Binoche qui est une actrice qui a joué le rôle de Marie-Madeleine, et a subi un véritable choc mystique et christique. Une connexion s’est produite entre l’actrice et son personnage, et elle abandonne son travail, tout en ne quittant plus la terre sainte. Ensuite, Modine joue lui le rôle du réalisateur du film en question, où il interprète carrément Jésus. Lui se retrouve sous les feux des projecteurs dans une ambiance des plus polémiques et médiatiques, avec une horde de gens opposés à un film « blasphématoire ». Forest Whitaker présente une émission sur Jésus à la télé. Certains événements de sa vie privée le déstabilisent dans sa notion de la foi et de sa quête de lui-même. Il interviewe le réalisateur de ce film polémique, et se lie avec Binoche.

Il y a un intérêt certain à découvrir ces personnages, et les voir se croiser, observer leurs bouleversements internes, mais à la fin je me suis dit : so what ? Donc je reste sur une impression mi-figue mi-raisin malgré quelques qualités, dont celle d’être un film inspiré qui traduit avec talent les tourments intérieurs de ses personnages.

L’avis des copines : Oli, la copine qui a aimé. Mister Klas, la copine qui n’a pas aimé.

Mary

Mardi 27 Décembre 2005

Cinéphage Le Monde de Narnia : chapitre 1 - le lion, la sorcière blanche et l’armoire magique

Classé dans: Cinéphage — @ 18:56:56

Wow, c’est pas un titre de pédé ça !

Donc le Monde de Ragnagna… heu non Narnia, eh bien j’y suis allé avec pas mal d’à priori, notamment suite à quelques critiques glanées ça et là. Et au final, j’ai été très agréablement surpris, et plutôt conquis par ce premier opus.

En fait, il s’agit vraiment d’un film pour gamin, il en a les qualités et les défauts. Quelques maladresses viennent un peu alourdir et ralentir le rythme, du coup c’est un peu longuet à la fin. Mais j’imagine la difficulté d’adapter des cycles romanesques comme le Seigneur des Anneaux, même si là j’ai trouvé ça beaucoup moins chiant et long.

J’ai été charmé par l’histoire et les personnages. Et vraiment on trouve là de jeunes comédiens épatants (un William Moseley de 18 balais qui est choupinou comme tout), des décors et effets spéciaux excellents, quelques pointes d’humour britanniques bienvenues, une histoire dont le souffle épique emporte de temps en temps si l’on a l’esprit assez ouvert et enfantin (ce qui est mon cas). Après le scénario en lui-même est tiré d’un bouquin, donc j’imagine que nous sommes tributaires de la narration de l’auteur. Et de ce côté-là, j’ai été un peu agacé par le constant souci de happy-ending. Impossible de dézinguer un gentil une bonne fois pour toute, donc cela rend le tout un peu niais, et décidément gamin. J’ai beaucoup aimé ce qu’explique Orphéus à propos du lien éventuel avec le christianisme, mais, comme il le dit, sans prosélytisme aucun.

L’originalité des effets spéciaux réside là dans l’animation des animaux, qui est d’une qualité quasi-irréprochable. Les castors, loups, léopards, et autres animaux numériques sont bien modélisés et texturisés, mais surtout beaucoup mieux intégrés que dans d’autres productions. Ainsi les rapports entre le décor ou les personnages avec les animaux sont d’une grande crédibilité. Mufasa, ah non je veux dire le lion (qui est roi aussi cependant) est aussi très bien animé, et très impressionnant, presque aussi bien coiffé que le lion Timotei d’ailleurs, c’est dire.

Le tout m’a donné une relative envie de voir la suite, je retrouverais ces personnages avec plaisir, en espérant une suite un peu moins candide et puérile. En effet ces frères et sœurs forment un quatuor attendrissant et bien sympathique. To be continued, donc.

L’avis des copines : Chapichapo, Orphéus, David et Fab.

Le Monde de Narnia : chapitre 1 - le lion, la sorcière blanche et l\'armoire magique

» Une histoire dingue… celle de Bruno, un médecin français, qui est arrêté à Tunis pour homosexualité. Il s’en tirera en faisant une grève de la faim au bout de quatre mois de détention. Où il ne fait pas bon être pédé en Tunisie, même si cette arrestation paraît être ubuesque, mais la souffrance de cet homme est bien tangible. Il en rapporte surtout un témoignage édifiant des conditions de détention tunisiennes, ainsi que du respect des libertés essentielles. A lire ! [Via Hou-Hou] (6)

Lundi 26 Décembre 2005

Linkage Matooyage LudoNoël

Classé dans: Linkage, Matooyage — @ 21:32:53

Me voilà de retour dans mon douillet appartement de Paris. Oh yeaaah ! Je suis même en vacances pour cette petite semaine entre Nowel et le JDA (marre d’écrire jour de l’an à tout bout de champs, donc soyons in il s’agit du JDA ou même « djaille di eille »). Oh yeaaah bis !

J’avais quelques appréhensions pour ce noël et j’ai été ravi de vivre un moment à l’opposé de mes plus grandes craintes. Certains ont eu de bien beaux ticheurtes, et moi je fais rapidement l’impasse sur les verres Titi et Grominet peints à la main ou le coffret Harley-Davidson… oui oui faisons l’impasse. :mrgreen:

Déjà la bonne chose c’est que nous étions de nouveau réunis tous ensemble, alors que l’année passée mes cousines-frangines et leurs parents avaient fait sécession ce qui m’avait vraiment peiné. En effet, aussi loin que mes souvenirs remontent, nous avions toujours passé Noël avec eux. Cette fois du coup, mon oncle et ma tante avaient invité tout le monde chez eux, et comme ils sont un peu loin, nous avons tous dormi là-bas. Donc pas de problème d’heure tardive pour aller se pieuter, ou d’histoires de se lever tôt pour le lendemain.

Et tout a été comme sur des roulettes. J’ai relu le post de l’année dernière, et je rigole en relisant ça. J’avais oublié ces questions que je me posais sur mes parents et leur divorce, les engueulades santabarbariennes avec mes cousines etc. Aaaah voilà ce que j’aime aussi dans le blog, enfin dans mon blog pour moi que j’ai, c’est ce simple outil de rémanence des faits passés. Et comme ce blog est une empreinte plutôt personnelle, il me permet aussi de me suivre à la trace comme dans un journal intime (public !). Que de choses se sont passées en une année… pour moi, pour eux.

Pas de drame ou de scandale cette année. Une simple et joyeuse concorde sous le signe de l’hilarité et des jeux. C’est un des trucs que j’aime dans ma famille, et dans le fait que nous ne soyons pas des bourges coincés et sclérosés. On s’est tous marré de 7 à 77 ans, enfin plus exactement de 14 mois à 90 ans, autour de plateau de jeux ou de la bonne vieille PS2 des familles. ;-)

Résultats : ma mère et ma cousine trichent de plus en plus avec les années, et donc donner les rênes de la banque à ma cousine n’était pas une bonne idée.

Noël 2005

Il y eut aussi les performances vocales et chorégraphiques de ma tante sur « T’as le look Coco » (Sing Star sur PS2) qui resteront dans les annales.

Noël 2005

Ou bien ma petite cousine de quatre ans qui connaissait par cœur les paroles de Marilyn Manson, et qui scandait dans le micro en imitant parfaitement le chanteur dans un impressionnant yaourt phonétique. Et moi qui dit inquiet à ma cousine : « Fais gaffe, elle va devenir sataniste ! ». Et ma cousine de me répondre placide : « Tant qu’elle me dit pas “va sucer des queues en enfer”, ça ira. ».

Noël 2005

Nous avons rigolé sur les mimiques des avatars de Buzz, et avons joué tous ensemble à ce quiz musical. J’ai aussi gagné au moins trois millions d’euros à « Qui veut gagner des millions » (même pas honte !).

J’ai passé pas mal de temps avec mon petit cousin Tristan, le plus petit du groupe, qui nous a gratifié de ses premiers pas en solo. Un petit amour de petit gars.

Noël 2005

Bref, jusqu’à 4h30 du matin, on a fait du bruit, ri, tchatché, mangé, bu, chanté, et encore ri. Et rebelote de lendemain, ou je devais partir le premier pour aller sur Paris et rejoindre Diego. La sœur de Diego, Ornella, qui habite à 50 mètres de chez moi avait préparé un succulent dîner à base de fois gras et d’empanadas ! Mamma mia ! Nous avons passé une soirée très agréable et j’ai ri de bon cœur avec Dieg, sa sœur et la meilleure amie de cette dernière, Elise.

Je ne démords pas cependant de mes dires antinowelesques, et en écho à cela, ces deux notes ferroviaires dont la conjonction m’a interpellé. Une troisième qui parle aussi de train, et un blogueur qui a l’air d’aimer ce transport autant que moi, encore un ferrotomane. ;-)

Samedi 24 Décembre 2005

» Elisabeth propose un petit tour d’horizon de ses mots clefs, ainsi que quelques remarques personnelles. Merci pour la crise de rire du jour ! (1)

Boukinage Jackpot

Classé dans: Boukinage — @ 14:27:01

Comme l’avait dit Fliptom, et qui m’avait convaincu de lire ce bouquin de Carl Hiaasen, voilà le parfait roman américain made in 10/18 (nous sommes tous les deux assez fan du “Domaine étranger”). J’y ai aussi un peu retrouvé de l’ambiance particulière du sud des Etats-Unis (Floride là), ainsi que de celle qui émane de la « Conjuration des imbéciles » et la Nouvelle-Orléans. Donc un foisonnement de personnages, d’intrigues et des situations extrêmement burlesques et totalement iconoclastes. En plus de cela, le tout est teinté d’une sévère moquerie des bondieuseries en tout genre, ce qui ne peut que me faire jubiler.

Tout se passe dans une curieuse ville de Floride, Grange, qui a construit sa renommée sur ses miracles : sa Vierge qui pleure, sa tâche sur l’asphalte en forme de Jésus et les stigmates purulents d’un voisin. Et surtout, évidemment, une industrie florissante qui est fondée sur du merchandising digne de Lourdes. Evidemment tout est en toc, mais cela n’empêche par les pèlerins de s’extasier sur ces manifestations divines. Dans cette ville, un jour JoLayne, une nana black qui bosse chez un vétérinaire et a une passion pour les animaux, gagne au loto. 14 millions qu’elle compte investir pour acheter in extremis un terrain qui va être vendu pour qu’un centre commercial y voit le jour, et sauver ainsi de pauvres et innocentes tortues.

Mais Bode et Chub, deux racistes nazillons, imbéciles et violents, gagnent aussi au loto. Voulant récupérer l’intégralité de la somme pour créer une milice paramilitaire, ils décident de trouver JoLayne et de lui soutirer son billet gagnant. Dans le même moment, un journaliste de faits-divers, Tom Krome, vient à Grange pour interviewer la gagnante.

550 bonnes pages de courses-poursuites, bastons, malversations en tout genre, saynètes drolatiques (pris au second degré évidemment) avec les deux teubés de l’Amérique profonde, etc. Et puis aussi, puisque c’est un bon roman, une belle histoire d’amour, des personnages secondaires hauts en couleur, un décor de fond entre bayous et arnaques à l’idole christique de plus en plus déjantées (on finit avec des tortues avec les visages des apôtres peints…). Outre cela l’ensemble se tient bien, est joliment écrit et fort distrayant. En fait, on a là un scénario de film tout prêt, cela ne m’étonnerait pas que le projet soit déjà dans les tiroirs hollywoodiens.

Jackpot - Carl Hiaasen

Ecoutage Joyeux Machin

Classé dans: Ecoutage — @ 13:15:13

Et mon clin d’œil cynique du jour, enfin un clin d’oreille plutôt, en plus d’une spéciale cacedédi à Sophie². ;-)

Ouai parce qu’on n’arrête pas de me seriner avec Nowel et la millefa et tout et tout. Ok, ok, c’est aussi vachement sympa les fêtes de noël, et je suis sûr que je vais y prendre beaucoup de plaisir encore cette année. Mais vraiment, il ne faut pas trop en faire.

Merci Pink de pondérer un peu tout cela. :kiss:


Jeudi 22 Décembre 2005

ThéâtrOpérage Vincent River

Classé dans: ThéâtrOpérage — @ 16:36:05

Une pièce avec Cyrille Thouvenin qui se joue au théâtre du Marais et qui évoque un crime homophobe… Ok je suis encore allé voir un truc de pédé. De prime abord oui, mais après avoir vu cette pièce, je peux affirmer que l’œuvre va bien plus loin que cela, et possède des qualités qui l’élèvent au-delà d’un manifeste contre l’homophobie (même si c’est déjà important).

Bon passons sur le fait que Cyrille Thouvenin est à mourir car tout le monde le sait, et blablabla rhaaa lovely. Cette pièce est un huis clos en un acte (90 minutes) de Philip Ridley, traduit de l’anglais donc. Il s’agit d’une confrontation entre une mère célibataire qui vient de perdre son fils unique, l’actrice Marianne Epin (Anita), et un jeune garçon qu’elle fait rentrer chez elle, Cyrille Thouvenin (Davey). Le fils d’Anita, Vincent, a été découvert le corps massacré (elle l’identifie par une marque de naissance sur le corps) dans un lieu de rencontres gays plutôt glauque (genre des chiottes désaffectés). Elle a remarqué depuis un certain temps qu’un jeune garçon traîne autour d’elle, et la surveille. Il se retrouve à sa porte, elle le fait entrer, et une discussion s’entame.

Davey a le visage abîmé comme s’il venait de se battre, et est débraillé. Anita essaie de lui tirer les vers du nez, et de savoir pourquoi il l’espionnait comme cela, elle sait qu’il y a un rapport avec son fils. Davey explique dans un premier temps qu’il est celui qui a trouvé le corps, mais qu’il ne connaissait pas du tout son fils, et que cette découverte a été un choc immense pour lui. Il croit pouvoir exorciser cela en demandant à Anita de lui en dire plus sur son fils. Rapidement, on comprend qu’il y a plus… et peu à peu le dialogue s’instaure, et la vérité émerge.

Les dialogues sont incisifs, parfois cyniques, ironiques ou crus, et surtout très bien écrits. Ils portent à la fois la tension émotionnelle de l’instant, mais aussi le récit des événements passés. Une narration sous forme de flash-backs tellement efficace qu’elle nous fait imaginer avec une saisissante acuité ce qui a pu se passer. Deux personnes en train de se parler, cela pourrait être chiant ou lourd, mais grâce au talent des comédiens et à la finesse de l’écriture, c’est tout le contraire.

Et pourtant, Thouvenin n’a pas démarré la pièce en donnant le meilleur de lui. Je l’ai trouvé un peu poussif et faussement hystérique au début, peu convaincant. Mais par la suite, il était comme possédé par ce personnage, et il véhicule alors une émotion sans mièvrerie qui sert le texte à merveille. Du côté de Marianne Epin, c’est bien simple elle est parfaite du début à la fin. Chacun des personnages a un moment de la pièce qui lui est plus consacré, d’abord la mère, et puis Davey à la fin. On doit reconnaître alors le mérite des comédiens qui doivent assurer non seulement des tirades interminables, mais aussi chargées d’une émotion dont la justesse était vraiment très difficile à rendre.

J’ai eu l’impression étrange et fascinante d’avoir vu les images que les acteurs décrivaient lorsqu’ils racontaient des épisodes de leur existence ou les circonstances de la mort de Vincent. En sortant du théâtre, j’ai donc le sentiment d’avoir vu un film « vivant », ce qui démontre pour moi la force de cette pièce. C’est la dernière demain soir…

Vincent River

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