MatooBlog
Pectus est quod disertos facit

Mardi 28 Février 2006

Cinéphage The saddest music in the world

Classé dans: Cinéphage — @ 23:53:09

Ce film vaut le coup d’être vu et remarqué ne serait-ce que parce que vous n’avez jamais rien vu de pareil. Il s’agit d’un OVNI qui tient en haleine, qui déroute, qui interroge, qui fait rire et effraye, qui rend hommage à tous les cinéastes et qui ne laisse décidément pas indifférent. Ce n’est pas non plus un chef d’œuvre dont le souvenir sera impérissable, mais un film qui mérite vraiment de ne pas passer inaperçu.

La forme est complètement dingue, et le fond la rejoint peu ou prou en fait. Le film est tout en noir et blanc et fait irrémédiablement penser aux films expressionnistes et muets des années 20/30. La pellicule est toute dégueulasse, et les effets de caméra sont parfois saisissants de ce réalisme « antique », tandis que les personnages reprennent aussi des mimiques des comédiens du siècle dernier. Le début du film avec cette voyante et son retour à la fin, ainsi que d’autres plans, m’ont vraiment fait penser à « Citizen Kane », le chef d’œuvre d’Orson Welles.

L’histoire est hallucinante. Nous sommes pendant la grande dépression en plein Winnipeg (Canada). Dans cette ville qui est déjà réputée comme la plus déprimante du monde, nous trouvons une florissante brasserie de bière, avec à sa tête une curieuse femme dont le rôle est tenu par Isabella Rossellini. Elle est aussi bien désespérée dans le genre, et c’est directement explicable par le fait qu’elle soit cul-de-jatte. Elle décide de mettre en place un concours international de chanson triste, et le gagnant de la chanson la plus triste du monde recevra 25 000 dollars. Ce prix intéresse un homme et son père, les deux étant liés à la perte des jambes de la brasseuse. En effet, le père, qui était docteur, était amoureux d’Isabella Rossellini mais le fils a convolé avec cette dernière. Et lors d’un accident de voiture, le père a amputé la femme (mais il s’est trompé pour la première jambe saine, en étant trop saoul) sous les yeux du fils. Le fils a une petite amie avec qui il chante, Maria de Medeiros. Arrive alors de Serbie, pour le concours, l’autre fils du docteur. Il se trouve que ce dernier est un des musiciens les plus tristes du monde depuis que son petit garçon est mort. Sa femme qui a disparu se trouve être Maria de Medeiros…

Et encore c’est même un peu plus alambiqué que cela, mais en gros voilà le curieux objet cinématographique que j’ai vu avec beaucoup de plaisir.

Evidemment, cette tristesse célébrée à Winnipeg donne lieu à beaucoup de saynètes drolatiques et ironiques, et grâce à des actrices extrêmement inspirées le film a une saveur assez sympathique, et surtout très originale. La tristesse absolue de certaine situation tient vraiment de l’expressionnisme « théorique » mais arrive à toucher par la qualité de l’interprétation et par ce formalisme extraordinaire.

Vraiment, vraiment, on n’a jamais rien vu de tel. Et rien que cela, c’est une sensation délicieuse.

L’avis des copines : Chapi, Nij et Niklas.

The saddest music in the world

Lundi 27 Février 2006

Matooyage Morback attacks !

Classé dans: Matooyage — @ 18:44:51

Attention, tenez vous le pour dit, vous avez échappé au titre : le « Secret de Morback Mountain ».

La première fois, c’était avec mon premier plan cul, j’avais 22 ans (ouai j’ai tenu jusqu’en 1998 pour coucher avec un mec « juste pour le cul », j’avais des principes moâ madame !). Eh bien cette découverte de nouveaux horizons philosophiques avait aussi permis à quelques charmants insectes de trouver refuge sur mon pubis. Bon, à la base c’était assez généreux de ma part d’offrir un poil à ces SDF de l’amour vagabond. J’ai commencé à me gratouiller consciencieusement avant de deviner de quoi il s’agissait. J’ai d’abord pensé à des piqûres de moustique ou même une allergie !

Et Dieu a dit : croissez, multipliez ! Comme les morpions sont de bons catholiques… Au bout de quelques semaines de démangeaisons, j’en ai vu UN !!!!!!!! Aaaaaah ! Ca bougeait dans mes poils de couille !!! Des mini-crabes horribles avec des grosses pattes crochues qui se baladaient dans mes bijoux de famille. Et quand ils mordent, putain comment ça se sent et ça fait mal. Et là d’un seul coup, je me suis senti crade de chez crade. Je me suis inspecté des pieds à la tête, et j’ai constaté que mes morbacs avaient colonisé mon pubis mais aussi mon torse et mes cuisses. Arggggh dégueu ! Et j’avais tellement attendu qu’ils étaient énormes et bien gorgés de sang quand je les guillotinais entre deux ongles (eurk eurk, oui).

J’ai couru à la pharmacie et j’ai demandé : « J’ai des mooooooooooorpions tout partout !! Je veux m’en débarrasser !!!! ». Et pour cela une seule arme : SPRAY PAX !!! J’ai fait toutes les pharmacies du quartier et j’en ai vaporisé dix flacons sur tout mon corps, et j’ai encore attendu une heure avant de prendre une douche. L’avantage c’est qu’en plus de me débarrasser de mes parasites sanguinaires, j’avais aussi eu un peeling à l’acide des plus vivifiants. Ah ça, ça stimule aussi certainement le renouvellement cellulaire de l’épiderme tellement ça met la peau à vif ce truc.

Un an après, j’ai refait connaissance avec le phénomène après avoir couché avec un certain J. Rhalalala, comment je l’ai chambré lui après. Car je ne suis pas assez frivole (la « Matoo è mobile » pourtant il parait) pour ne pas savoir qui me les a refilés, et à qui j’ai pu aussi faire ce démangeant cadeau. :mrgreen: Mais au moins cette fois là, j’ai su comment m’en débarrasser avant prolifération.

Il y a quelques semaines (avant Juju évidemment, sinon je n’écrirais pas ça comme ça…), alors que je nageais en plein célibat, et que je cédais régulièrement à mes envies honteuses, j’ai frotté pas mal de pubis contre le mien. Oui, oui, « Retour à Morbacks End ». Pfff. A mon âge madame !!!! A presque trente ans ! Mais bon à la moindre gratouille suspecte : pschitt !

D’ailleurs, je peux même être très précis et affirmer que ce sont des blogomorbacs ! Une nouvelle race qui se refile de blogueurs en blogueurs, puisqu’en enquêtant un peu j’ai pu déduire que mon donneur l’avait reçu d’un autre blogueur, et que moi-même j’avais potentiellement pu en faire cadeau à un autre carnetiste. Voilà, les morbacs 2.0 sont arrivés ! (Tiens c’était un bon titre ça aussi…)

Matooyage Mais qui est donc le copain mystérieux de Juju ?

Classé dans: Matooyage — @ 00:30:19

Dialogue surréaliste à l’entracte de « Rigoletto » entre moi et Shaggoo.

Shaggoo : Hey Matoo, tu sais qui c’est le copain de Juju ? J’ai lu sur son blog qu’il ne pouvait pas venir avec nous, mais que son mec, lui, irait. Mais je ne le connais pas, c’est qui parmi eux ? (en montrant les gens derrière nous qui étaient en effet dans la bande)

Moi (est-ce qu’il se moque ou quoi ?) : Heuuuuuuu ? Sérieux ?

Shaggoo (il est teubé ou quoi Matoo, il a pas compris ou quoi ?) : …

Moi (‘tain il est sérieux ou il déconne ?) : Tadaaaaaaaaam ! (en faisant un geste genre : c’est oââaaame que j’arrive !)

Shaggoo (en fait il a trop deux de QI le gars Matoo, il faut que je reformule) : Bah j’ai lu sur le blog de Juju que son mec devait venir…

Moi (Bon alors là c’est certain, il ne sait pas.) : Bah c’est moi, enfin moi quoi, du coup oui-oui, c’est bien moi-moi. Moi ! (en me montrant du doigt)

Shaggoo : Aaaaaaaaaaah ?!!! Aaaaaaaaahhh !!!? Aaaah mais alors oui l’Allemagne tout ça…. c’était ça ?

Moi : Bah voilà, c’était bien ça.

Et moi qui pensais que c’était un secret de Polichinelle ! ;-)

Dimanche 26 Février 2006

ThéâtrOpérage Rigoletto

Classé dans: ThéâtrOpérage — @ 23:06:45

Sa mère, sa race, comment c’était de la balle ! :mrgreen:

Oui bon je sais, c’est un peu cavalier* comme critique, mais vraiment pour cette seconde tentative « entre blogueurs (et affiliés) » d’aller à l’opéra, je suis comblé ! Autant la fois dernière j’avais trouvé que cela manquait un peu de lyrisme, autant là… Mamma mia, il y en avait à l’envi !

« Rigoletto » de Verdi répond à toutes mes promesses et à tout ce que j’aime dans l’opéra. L’histoire est dramatique au possible, l’amour y est intense, ravageur et dévorant, les personnages candides, cruels, omnipotents, revanchards et corruptibles, et l’issue est la mort avec beaucoup de cris et de larmes. Aaaaah merveilleux !

Rigoletto est un vieux bouffon de cour avec beaucoup de pouvoir, et qui s’est mis à dos pas mal de courtisans. Il aide son maître, le Duc, qui est un coureur de gonzesses comme c’est pas permis. Rigoletto a un secret qu’il garde confiné chez lui : sa fille unique, la douce et ingénue Gilda, tenue à l’écart des hommes, de la connaissance et des dangereux queutards. Mais c’est sans compter l’assiduité du Duc qui suit la donzelle en sortant de l’église, et qui soudoie la duègne pour s’introduire dans la maison. Il se fait passer pour un étudiant sans le sou et fait les yeux doux à Gilda l’innocente petite.

Ensuite, les courtisans, qui pensent que Rigoletto cache une amante, décident d’enlever Gilda et l’amène au Palais où le Duc profite d’elle. Le bouffon décide alors de se venger, et demande à un affreux spadassin de s’en occuper. Ce dernier offre sa sœur au Duc pour l’attirer dans son repaire, et ensuite l’occire, tandis que Rigoletto montre la scène à sa fille pour qu’elle renonce à son amour pour le (trou)Duc. Mais Gilda est vraiment vraiment vraiment amoureuse de son Don Juan… et elle va le prouver jusqu’au bout.

Autant j’ai eu un peu peur au début… Un peu mou dans les voix, les interprétations et même la musique. Et puis, j’ai été déçu par le fait que lors de la première scène l’orchestre ne joue pas, mais c’est un enregistrement. Heureusement c’est l’unique fois où cela arrive. Et puis au bout de quelques minutes, Rigoletto arrive et les choses se décantent. Le Duc est aussi plutôt bon, et Gilda assure carrément. Rapidement l’action se met en place, et j’ai été emporté par l’excellence de l’opéra. Superbes décors, magnifiques costumes, bonne mise en scène, quelques airs qui sont plus que connus, personnages inspirés et qui jouent vraiment en plus de pousser la chansonnette et qui procurent leur lot de frissons et d’émotions. Bref, j’ai été enchanté et conquis par ce spectacle.

L’avis des copines : Kozlika, Shaggoo.

*T’as vu cette private joke que je te fais là un peu… ? ;-)

Rigoletto de Verdi - Opéra Bastille

Samedi 25 Février 2006

» Se non è vero écrit un post dans lequel beaucoup peuvent se retrouver. Pour moi c’est éminemment le cas. Je me sens proche de ce qu’il écrit car ce n’est pas non plus une histoire de cosettes, mais un simple pincement devant le chemin parcouru, et une conscience des choses aiguisée par les années et une certaine “ascension”. (26)

Vendredi 24 Février 2006

» “Le premier “pédéblog” date de 1976″. Fcrank évoque là Hervé Guibert et son livre : “Le mausolée des amants. Journal 1976-1991″. C’est souvent l’effet que peut procurer la lecture de journaux intimes ou romans épistolaires. Je me dis qu’aujourd’hui les blogs pourraient fournir une sacrée matière première à ce genre de production littéraire. (2)

Matooyage Sex and the Marais

Classé dans: Matooyage — @ 19:16:19

Hier avec mes copines : Charlotte, Miranda et Samantha, on est allé prendre l’apéro à l’Imprévu, et puis on est allé manger un morceau dans un jap de la rue du Roi de Sicile.

Charlotte et Samantha étaient complètement hypnotisées par le mec derrière nous au resto. Je n’ai pas eu le temps de le voir en chair et en os, et je n’ai pas osé me retourner tellement les deux étaient obnubilées. Mais j’ai fait semblant de leur montrer un truc sur mon téléphone, et j’ai pris une photo. Hé hé, attention je ne suis pas une super chroniqueuse du sexe pour rien ! :mrgreen:

Bômec au Jap

Charlotte s’est même offusquée alors que j’évoquais la taille de la bite d’un de mes ex, tandis que Samantha s’est grave lâchée en donnant moult détails sur d’autres, et que Miranda se renfrognait dans ses accès névrotiques. ;-) Bref je n’ai pas renommé mes comparses par pure fantaisie, hier nous avons vraiment formé un quatuor digne de cette série culte.

Charlotte est même sortie de son indécrottable pruderie en fin de soirée, tout en restant très raisonnable évidemment, et nous a régalé de quelques informations croustillantes. Miranda aussi a réussi à glisser quelques unes de ses légendaires tirades cyniques et ironiques sur l’amour.

Elles sont trop cool mes copines. :-)

Jeudi 23 Février 2006

Linkage Matooyage Retour en arrière ?

Classé dans: Linkage, Matooyage — @ 18:50:09

Entre ce que RC rapporte de Vanneste, et ce que je lis des propos de Ségolène sur le site de Têtu… ‘tain on est mal barré. Je pense que nous sommes juste à la frontière d’une rétrogradation des moeurs. On ne croit jamais que le progrès peut s’arrêter, voire retourner à l’obscurantisme, mais force est de constater que nous en prenons le chemin caillouteux. Rajoutez à cela une Edwige Antier, et je crois que nous pourrons bientôt définitivement oublier l’idée d’un mariage pour tous. Je crois que le temps va venir où nous devrons de nouveau nous battre pour nos droits élémentaires. Veillons au grain…

Outside Magicien(s) Tout est écrit

Classé dans: Outside — @ 18:39:02

Voilà un spectacle qui se veut composite, et qui marie ainsi avec entrain magie et humour. Trois comédiens-magiciens (Jean-Luc Bertrand, Julien Labigne et Sébastien Mossière) plutôt talentueux et dynamiques mènent le jeu pendant une heure et demie de spectacle. Le thème du show repose sur le fait que même si « Tout est écrit » chaque représentation est unique de par son public ou certains facteurs naturellement changeants. Les trois hommes illustrent alors par des tours de magie et quelques saynètes cocasses cette assertion.

Le problème c’est que ce n’est ni complètement bluffant en terme de magie, ni vraiment bidonnant dans la verve humoristique déployée. Pourtant ils ne sont pas mauvais, et on ne s’embête pas non plus, mais l’ensemble est trop plat. Ca manque cruellement de piquant, de piment et de sel.

Pourtant le mec du milieu là est carrément baisable (arf, c’t’une joke !). Y’en a même un qui tente une gorge profonde avec un ballon tubulaire rouge. Et l’histoire avec un lapin lubrique assure un petit peu d’originalité (jusqu’à ce qu’on apprenne qu’il s’agit d’une lapine). Mais cela reste un spectacle très très très tout public et prix de groupe pour les CE en sus. Les gens avaient l’air de bien se marrer, mais moi j’ai eu du mal à afficher autre chose qu’un sourire, ou même un sourire gêné quand l’attraction repose sur une personne du public qui se fait gentiment malmener.

La mise en scène est plutôt efficace et sympathique, mais ne permet pas non plus de rendre le tout assez consistant. Je suis déçu car les ingrédients sont bons mais la sauce manifestement n’a pas pris avec moi.

Magicien(s) Tout est écrit

Mercredi 22 Février 2006

Cinéphage Walk the line

Classé dans: Cinéphage — @ 18:44:14

On est habitué maintenant aux biographies des chanteurs ou chanteuses mythiques, et évidemment il faut savoir créer des films qui soient à la fois musicaux, agréables, instructifs et pas trop hagiographiques non plus. Mais inévitablement la vie d’une personne réelle n’est pas toujours aussi intéressante que celle d’un personnage fictif. Et là c’est un peu ce que j’ai ressenti pour cette bio de Johnny Cash. En plus du fait de me coltiner deux heures de pure mythologie américaine à laquelle je ne suis pas le plus sensible, et culturellement et musicalement.

Je pense que le scénario aurait pu avoir un peu plus de punch, d’autant plus que les éléments pris à part sont intéressants et assez stimulants. Mais là c’est longuet, le film insiste sur des passages sans que ça donne grand-chose par la suite, et au bout d’un moment on se retrouve en roue libre en ayant hâte qu’il se passe quelque chose. C’est dommage car cette histoire d’amour superbe et sincère avec June Carter est un élément de scénario qui est une bénédiction, et qui pourtant n’est pas si bien exploité.

Outre cela, le film est bourré de qualités, avec en figure de proue un incroyable Joaquin Phoenix et une excellente Reese Witherspoon. On trouve aussi des décors somptueux et une reconstitution des années 50 vraiment bluffante. Au niveau musical, je suis carrément plus dans le trip Jerry Lee Lewis (j’avais adoré « Great balls of fire »), avec qui Johnny Cash a tourné, que ce dernier. Donc je n’ai pas été hyper sensible aux passages musicaux, malgré un terrible charisme du chanteur.

Finalement, cela se laisse regarder avec plaisir, mais sans passion. En fait, à la fin du film, je me suis dit que s’il y avait un film qui vaudrait la peine d’être tourné c’est certainement celui de la vie de June Carter. J’ai vraiment accroché sur ce personnage de femme émancipée qui souffre de l’opprobre du puritanisme américain (elle est divorcée) tout en essayant de mener une carrière, s’occuper de ses enfants, prendre confiance en elle, gérer son histoire avec Cash en épargnant ses proches. Et puis ce couple qui finit sa vie ensemble… ça c’est tout de même de la putain de belle histoire d’amour.

L’avis des copines : Niklas et JS.

Walk the line

Boukinage Le livre de Joe

Classé dans: Boukinage — @ 16:39:20

J’ai beaucoup de mal à juger ce bouquin, car je l’ai dévoré, je l’ai lu avec une grande avidité, et au final énormément de plaisir. Une histoire fine et intelligente, des personnages attachants, des intrigues palpitantes et haletantes, des dialogues qui font mouche, de l’amour, de l’amitié, des dysfonctionnements familiaux et un happy-end nourri d’un déluge de bons sentiments où la mort d’un proche augmente encore la charge « sensible ». Donc tous les ingrédients pour en faire un excellent roman (américain), mais ce n’est pas tant la recette d’un bon roman que celle d’un film hollywoodien dans la mouvance blockbuster indépendant.

Et là c’est trop ! Jonathan Tropper écrit très bien, et il livre là un récit à l’ineffable efficacité. Mais son bouquin est écrit pour le cinéma, et il transpire trop la compromission hollywoodienne pour que j’encense complètement l’oeuvre littéraire. J’aime aussi lire des bouquins dans ce qu’ils procurent des sensations qui sont uniques et qui ne sont qu’imparfaitement reproduites à l’écran. Or on a là un scripte ou un scénario qui a été adapté pour une sortie en librairie.

Mais insistons plus sur ce qui est drôlement bien dans ce roman.

Joe Goffman est un écrivain à succès new-yorkais. Son premier roman (largement autobiographique) vient d’être adapté en un blockbuster interprété par Leonardo DiCaprio et Kirsten Dunst. Son best-seller évoque son adolescence dans sa ville natale, « Bush Falls », et il y raconte son amour d’ado en la personne de Carly, son fantasme sur la mère d’un copain, ses amitiés avec Wayne et Sammy, ses problèmes de communication avec son père, et globalement une galerie de personnages pas toujours sympathiquement mis en scène.

Le père de Joe est gravement malade, et son frère l’appelle pour qu’il se rende au chevet de leur père dans le coma. Joe est un peu obligé de revenir dans sa ville natale, où à peu près tous les habitants rêvent de le brûler en place publique. Il va peu à peu se retrouver face à ses fantômes, ses anciens potes, ennemis et responsabilités. On devine rapidement qu’il s’est passé quelque chose de grave avec ses deux meilleurs potes de l’époque, Sammy et Wayne. Et alors que Joe débarque à « Bush Falls », l’auteur introduit en alternance des chapitres du fameux livre incriminé, sorte de flash-back qui permet de mieux comprendre la situation actuelle.

Wayne est un des cracks de l’équipe de basket de la ville, qui est une institution au pouvoir surréaliste. Il est donc l’archétype du mec sportif, conformiste et populaire. Sammy c’est tout le contraire, et Joe est encore un autre type. Et malgré tout ces trois là forment un trio inséparable. Joe ferme les yeux sur une relation qui se révèle beaucoup plus intime entre ses deux meilleurs potes.

On retrouve 17 ans après, un « Bush Falls » qui n’a guère changé, et Joe va essayer de retrouver ses marques dans cet environnement aussi hostile que familier ou attachant.

Extrait du bouquin que j’ai posté.

Comme je l’ai dit au début, le bouquin est captivant et enthousiasmant. En outre, les rapports homos sont plutôt bien rendus et crédibles. J’ai dévoré cela avec une sincère délectation, malgré mes petites remarques perfides. Disons que l’auteur a vraiment les outils pour écrire un roman génial, et qu’il a assuré ses arrières (en plus de décrocher la timbale) avec une adaptation cinématographique déjà prête.

Le livre de Joe - Jonathan Tropper

Ecoutage Message personnel

Classé dans: Ecoutage — @ 02:08:15


Ecoutage Lesbians love whale watching

Classé dans: Ecoutage — Tags: @ 02:03:47

C’est une redite, mais je ne me lasse pas d’écouter ce truc (Merci Chaaaaarles !). Margaret Cho qui parle de sa croisière sur un “lesbian love boat”. Elle y affirme que les lesbiennes adorent regarder les baleines… (désolé pour les anglophobes !) Je manque de m’étouffer de rire à chaque écoute !

“They fuckin’ love it ! They love it more than pussy !”

Et surtout…

“I had sex with a woman on the ship… And I went thru this all thing you know : Am I gaaayyy ? Am I straaaaaight ? And I realized : I’m just slutty. Where’s my parade ? What about Slut Pride ?”

La même Margaret Cho que vous pouvez voir dans un épisode de Sex and The City où elle est excellente, saison 4 Ep. 2 (The Real Me / Narcisse).


Outside Winner takes all

Classé dans: Outside — @ 01:48:56

(Le titre ? C’est un vieux film Falcon des années 20, arffff.)

Coquecigrue vient de publier les résultats de ses votes en terme de trophées annuels. Je tiens à chaleureusement remercier l’équipe de Coxx* pour m’avoir attribué ce magnifique « Zonzon Lifetime Achievement Award ».

Zonzon Lifetime Achievement Award

Il parait que Neimad a couché pour avoir le sien, moi je vous rassure, je suis reste sage. Si sage… ;-)

Mardi 21 Février 2006

Boukinage Outside Exorcisme

Classé dans: Boukinage, Outside — @ 00:01:43

Extrait d’un bouquin que je suis en train de terminer (très bien même si un peu trop calibré pour le cinéma). Pour situer le contexte : Joe est un écrivain qui vient de publier un best-seller où il évoque un épisode funeste de son adolescence tout en égratignant un nombre important de personnalités de sa ville natale. Il y revient, malgré sa réputation délétère dans toute la ville, car son père est mal en point à l’hôpital. Il y retrouve son ami d’enfance Wayne, qui est en train de mourir du Sida, et dont la mère est une grenouille de bénitier. Les deux amis se retrouvent, se bourrent la gueule, et Joe ramène Wayne chez sa mère, il le couche sur son lit…

Elle baisse les yeux vers Wayne, qui n’a as bougé d’un pouce depuis que je l’ai déposé sur son lit, et paraît sur le point de s’avancer pour arranger son édredon lorsqu’elle s’arrête net, comme si elle venait de se raviser, et reste plantée là, bras croisés contre sa poitrine.
« Il n’a rien à faire dehors à traîner comme ça, dit-elle en fronçant les sourcils.
- Il voulait juste prendre un peu l’air.
- Prendre l’air, répète-t-elle avec mépris. (Elle remarque le livre que je tiens à la main.) Alors comme ça, vous êtes un écrivain célèbre, maintenant, ajoute-t-elle sur le même ton que si elle avait déclaré : Alors comme ça, vous êtes un pédophile notoire.
- Il faut croire.
- En tout cas, crache-t-elle avec dédain, vous ne me ferez jamais lire un torchon pareil.
- Comment pouvez-vous savoir que c’est un torchon si vous ne l’avez pas lu ?
- J’en ai entendu parler, répond-elle d’un ton solennel. Et croyez-moi, c’est déjà bien assez.
- Bien conclus-je en reposant le livre à sa place et en me dirigeant vers la porte. Je ne vais pas vous déranger plus longtemps. »

Je descends l’escalier, notant au passage les crucifix et autres bondieuseries assorties qui recouvrent la moindre parcelle de mur. La mère de Wayne m’emboîte le pas en marmonnant dans sa barbe. Arrivé à la porte d’entrée, je l’entends qui appelle mon nom à voix basse.

« Oui ? dis-je.
- Je prie pour votre père, me glisse-t-elle.
- Et pour votre fils ? »
Son visage s’assombrit, elle lève les yeux vers le ciel.
« Je prie pour le salut de son âme.
- Il n’est pas encore mort, répliqué-je. Il aurait peut-être besoin d’un peu moins de prières et d’un peu plus de compassion.
- Il a offensé le Seigneur. Il en paie le prix.
- Et je suis sûr que la Bible applaudit à deux mains la femme qui prive son enfant mourrant de l’amour d’une mère. »
Elle me foudroie du regard, avec cette lueur de défiance et de droiture des dévots à la piété dogmatique.
« Quand avez-vous lu la Bible pour la dernière fois, Joe ?
- Vous ne me ferez jamais lire un torchon pareil, dis-je. J’en ai entendu parler, et croyez-moi, c’est déjà bien assez. »

« Le livre de Joe », Jonathan Tropper.

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