MatooBlog
Pectus est quod disertos facit

Vendredi 31 Mars 2006

Outside Etymologie du mot « Opéra »

Classé dans: Outside — @ 19:48:31

De temps en temps, je colle de l’opéra au boulot. Un peu fort pour que les gens se disent en passant « Tiens la folle lyrique a encore frappé ! ». D’ailleurs, quand c’est de la musique de d’jeuns, ils se permettent de faire des remarques, mais quand c’est de la Grande Musique (comme disait ma grand-mère), je peux faire péter les baffles. Ils n’osent pas (ça fait moins caille-ra, arf !).

Les collègues avec qui je partage ce laborieux espace tolèrent mes excentricités, mais bon l’opéra ça dépasse un peu les bornes. Donc ils n’hésitent pas à arrêter ma musique pour la remplacer par du reggae ou de la salsa dès que j’ai le dos tourné !! Ou alors dans un changement de CD, et hop y’a Rammstein qui commence à gueuler sa mère !

Là je n’avais pas quitté mon poste depuis une bonne demi-heure, et ça lyrisait à donf de mon côté de la pièce. Mais comme je l’ai toujours affirmé, j’ai des goûts de concierge, donc mes coreligionnaires n’ont pas non plus à subir cinq heures de Wagner. J’ai mis un petit double-CD sympathique avec que des morceaux connus pour ne brusquer personne. Callas avait cédé la place à Caballe, et Gruberova se préparait à se décrocher le larynx. Cette dernière entame l’air le plus connu de la Terre : la Reine de la Nuit.

D’habitude, on m’aurait sorti avec un sourire tiens encore la pub Vania Pocket, où là en l’occurrence celle pour le riz Taureau Ailé de mon enfance. Mais c’était sans compter la répartie légendaire de Benoît qui a toujours le bon mot. J’avais bien senti qu’il allait me balancer une énormité quand j’ai vu poindre son sourire narquois, et qu’il m’a regardé.

« Ah ouai Opéra c’est comme opérer en fait ? A l’époque on opérait sans anesthésie et ça donne ça quoi ? »

En effet, Madame Gruberova qui était en pleine vocalisation, il faut avouer que… Rhaaaa du coup j’ai rigolé, parce qu’il ne me restait plus que cela à faire. :mrgreen:

» Fabien évoque dans un de ses brillants posts dont il a le secret (et le talent) le fait d’avoir à dire sa séropositivité à une personne pour qui on commence à avoir une certaine inclination. (5)

Télévisage Nouvelle Reusta N-1

Classé dans: Télévisage — @ 00:03:19

Bon bah allez, je me lance. Il faut bien que j’en parle de cette Nouvelle Reusta !! Une information qui est encore toute fraîchement sortie des téléscripteurs : il y a eut un bug informatique qui a mal interprété les résultats des votes par SMS, d’où grosses bêtises, d’où annulation des recalages !!!!!! :mrgreen:

Il faut dire pour ceux qui n’aurait pas vu l’émission (mais quiiiii ?) que les votes du public ont été vraiment au contraire du bon sens. Les meilleurs se sont retrouvés à l’index, et les plus mauvais plébiscités. On pensait que c’était du au fait que les gens avaient voté tout au long de l’émission pour les premiers à passer (manifestement les plus mauvais), tandis que les derniers n’avaient pas eu le temps d’obtenir suffisamment d’appels. Mais apparemment, le problème technique fournit aussi une part d’explication (ou alors c’est de la pure arnaque à la M6 !!!).

Alors la Nouvelle Reusta dans mon petit groupe de potes et copines adoré c’est un peu une institution. On se retrouve le mercredi soir devant la téloche et on braille comme des truies qu’on égorge pour se foutre de la gueule d’une tenue, d’une coiffure ou d’une gueule, pour défendre nos chouchous ou pour simplement se marrer, et quand on est saoulé (dans tous les sens du terme), on parle d’autre chose. Y’en a même qu’arrêtent pas de dire « chuuuuuuut » parce qu’ils veulent sincèrement écouter les conseils de la Dove à chemise en Skaï ! Incroyable !

Et puis il y a évidemment Marianne James qui est la muse de cette émission, et dont l’humour, la répartie, les humeurs ou les caprices sont assez irrésistibles. C’est la 6 en plus, avec son côté très bricolo et avec moins de moyen que TF1. C’est tout de suite plus beauf, plus kitsch mais aussi un peu plus authentique et « second degré » (enfin pas pour tout le monde, c’est bien un trait caractéristique de la téléréalité).

Nous retrouverons donc Gaël la coiffeuse-paysagiste qui avait été justement éliminée. Car même si ce mec, il faut avouer, n’est pas mal du tout, il ne chante tout de même pas très bien et a le charisme d’un arrosoir. Nous verrons si BÊveuuû(rly) aura le bon goût de se retrouver une aussi belle jupe, et si Wladimir, lui, pourra simplement éviter le mauvais karaoké. Tandis que Barbie Guadeloupe essaiera (juste) de chanter (juste), et Skeletor Jackson d’éviter de nous faire peur.

De l’espoir pour Joana qui avait tout de même bien poussé la chansonnette malgré un physique délicat mais comme le professe Tac-Tac : « Vive les moches ! ». D’ailleurs Christophe a toute ses chances et étaye en effet bien ce nouvel aphorisme coxxien*. Et si l’on fait une petite comparaison avec Daniel K., un ancien gagnant teuton, on se dit que c’est possible.

Et pour remettre une couche chez les copines, tous nos encouragements à Missy Elliott et à Bruno (une vraie coiffeuse fan d’Aguilera). Ce dernier arrivera-t-il à chanter autre chose que du Christina ? Il avait bien réussi lors de l’émission mais j’ai peur qu’il ne connaisse qu’un peu trop cette chanson, et qu’il la fredonne depuis dix ans.

Moi j’aime bien Florian et Célia, et Dominique mais j’aimerais bien qu’elle sorte un peu de son registre « voix de black ».

Bon bah voilà, j’ai craqué ! :pompom:

Jeudi 30 Mars 2006

» Si comme moi vous êtes fans de la « Nouvelle Star » (si, si, j’assume). Allez chez Folk Furieuse, il publie des billets hebdomadaires sur l’émission qui sont vraiment bien fagotés. Ah les soirées « Nouvelle Star » avec les potes pour démonter les candidats et crier plus fort que la télé (on entend pas grand-chose aux chansons en général), y’a que ça de vrai ! (4)

Boukinage Inconnu à cette adresse

Classé dans: Boukinage — @ 18:40:09

Voilà un tout petit bouquin, tout juste une grosse nouvelle, qui ne délivre pas un message anodin, surtout lorsqu’on réalise qu’il a été publié en 1938. La publication de cette nouvelle dans un magazine par l’auteur, Kressmann Taylor, une femme américaine, a d’ailleurs été suivie d’un incroyable engouement. Mais cette correspondance fictive résonne encore plus fort aujourd’hui je pense.

Il s’agit donc d’un court récit épistolaire qui figure des échanges de lettres, entre 1932 et 1934, entre deux amis très intimement liés d’origine allemande. L’un est un galeriste juif américain (Max), et l’autre est son associé (Martin) qui s’en retourne au pays avec sa famille, après avoir fait fortune. La forme du roman est on ne peut plus simple, on lit tour à tour les plis échangés entre les deux amis et partenaires entre l’Allemagne et les USA. On apprend alors que celui qui rentre en Allemagne arrive dans un pays miné par la dépression. On sent poindre rapidement la politique hitlérienne et l’attrait de Martin pour le dictateur est manifeste.

Les échanges de lettres prennent alors un ton beaucoup moins amical, et Max se préoccupe de ce qu’il entend des pogroms en Allemagne, tandis que Martin stigmatise de plus en plus les juifs et adhère à la politique nazie. Lorsque la petite sœur de Max, une brillante comédienne berlinoise, est inquiétée par sa judéité, elle doit rapidement fuir.

Je n’en raconte pas plus pour ne pas gâcher la découverte de cette percutante nouvelle. L’amitié entre les deux hommes se trouve de plus en plus menacée par les événements politiques, et on suit à travers cette relation exactement ce qui se passe à une échelle plus large. Il est surtout fascinant de constater la clairvoyance de cet écrivain qui avait tout compris (ou qui ne se voilait pas la face) et qui l’exprime ainsi avec une simplicité aussi déroutante que troublante.

Un petit grand bouquin à lire !

Inconnu à cette adresse - Kressmann Taylor

Outside Copycat

Classé dans: Outside — @ 11:34:31

Il y a quelques jours, je lisais avec stupéfaction le post de Nicolas qui évoquait un bête plagiat d’une de ses notes, où il faisait la chronique un nouveau disque. J’ai déjà retrouvé certaines de mes « critiques » à droite et à gauche, et sans mention de la source, ce qui est en effet plutôt agaçant. Mais on peut comprendre la tentation d’aller discrètement effectuer son copier-coller et de se l’approprier dans un de ses articles. C’est facile et c’est du contenu par cher. Moralement évidemment c’est en dessous de tout, mais bon…

Mais je n’imaginais pas qu’on puisse recopier une de mes notes les plus banales et quotidiennes pour l’intégrer à son blog. Je me suis rendu à l’évidence, soit ce cher BeGood33 a une existence des plus similaires à la mienne, mais là c’en est frappant, soit il m’a tout bonnement pompé (pourtant, d’habitude j’aime ça…) en modifiant quelques mots, et vogue la galère !

Watching-out

« Watch-out ! » donc, oui c’est le cas de le dire…

J’en suis sur le cul !

Quel intérêt de raconter un truc aussi personnel ? J’avais compris quand on avait piqué des posts qui se voulaient un peu marrants et qui caricaturaient les pédés par exemple, mais là une histoire de réparation de montre et de coming-out déguisé ? Du coup j’en viens même à douter de l’existence de ce mec. Est-ce que ce ne serait pas un faux blog juste là pour agréger du contenu et pour faire croire qu’il se passe des choses sur cette plateforme ?

Ou alors il y a eut une faille spatiotemporelle avec rupture du continuum espace-temps et on a vécu la même chose, il a écrit son post avec les mêmes phrases, et a même pensé à un titre identique ! J’avoue que j’ai des doutes…

Mercredi 29 Mars 2006

» Rouge-Cerise raconte une belle rencontre en Chine, endroit qu’il quitte bientôt, et dont il gardera au moins ce souvenir. Un post tout en finesse et en sensibilité. (0)

ThéâtrOpérage « L’arrivée à New York » de Céline, par Fabrice Luchini

Classé dans: ThéâtrOpérage — @ 11:35:44

Lundi soir se tenait l’une des toutes dernières représentations, au théâtre de la Gaîté Montparnasse, de Luchini qui lisait un texte de Louis-Ferdinand Céline. « L’arrivée à New York » est un extrait de « Voyage au bout de la nuit », certainement le plus connu des romans de l’auteur, et que je n’ai pas lu (arf). Le spectacle est divisé en deux parties qui sont bien le reflet de ce que je pense et ressens par rapport au comédien.

En effet, j’ai un rapport complètement passionnel et passionné à Luchini qui est un acteur que j’adore autant que je déteste, que je révère autant que je méprise ! C’est affreux !! Il m’insupporte quand il joue son cabotin, hautain, élitiste et précieux, mais je ne peux que m’incliner devant l’excellence de son jeu, la finesse de sa répartie, son érudition, son humour et finalement son charisme ravageur.

Les deux parties sont aussi bicéphales que mes sentiments envers le comédien, mais elles-mêmes contiennent leur part d’ombre et de lumière. Et que donne le tout alors ? Eh bien quelque chose de brillant, de fascinant, de magnifique, de flamboyant, et aussi un truc bouffon, éclairé, tapageur, intéressant, drôle et hilarant. Aaaah mais ce qu’il m’agace une seconde, et comme je l’adore la seconde d’après. On dirait du Louise Labé :

Je vis, je meurs: je me brûle et me noie,
J’ai chaud extrême en endurant froidure;
La vie m’est et trop molle et trop dure,
J’ai grands ennuis entremélés de joie.

Tout en un coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j’endure,
Mon bien s’en va, et à jamais il dure,
Tout en un coup je sèche et je verdoie.

Ainsi Amour inconstamment me mène
Et, quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.

Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Et être en haut de mon désiré heur,
Il me remet en mon premier malheur.

Bref ! J’ai surtout découvert un texte superbement récité par un Luchini toujours très en verve et en grandiloquence. Ce mec a tellement de pouvoir sur son audience, une telle maîtrise du texte, mais aussi une telle appropriation (oh on sent qu’il le connaît depuis des années et des années), qu’il peut le dire de mille tons différents tout en étant crédible. Et il en rajoute, il en fait des tonnes, et quand il oublie des phrases, alors il répète la précédente comme si elle avait une importance énorme, mais c’est seulement pour se raccrocher aux wagons. Alors il m’énerve, et je commence à fulminer sur cette pédanterie déplacée. Et puis sans prévenir, il est génial, il transcende les écrits de Céline comme s’ils étaient siens, il habite le texte et sublime l’histoire racontée. Pfff. Incroyable !

La récitation terminée, le spectacle prend une autre tournure. Il peut enfin se lâcher complètement et mettre le moteur à cabotinage en turbo. Mais il véhicule son amour des textes qu’il vient de réciter avec un véritable génie et une passion qui ne peut laisser indifférent. Et il se met à faire le bouffon et à se foutre littéralement la gueule des gens qui sont venus le voir au théâtre. Les geubours et les intellos de la salle en prennent pour leur grade, et il joue avec délectation sur son rôle de comédien « gauche caviar ». Tour à tour, gaudriolant, grinçant, ironique, il crie, chuchotent, soupire, il cite Céline, Nietzsche, La Fontaine etc. Un one-man show auto-hagiographique qui m’a beaucoup fait rire, et parfois donné envie de lui donner un coup de boule.

Voilà, ce mec est génial et exécrable, c’est bizarre mais c’est comme ça. J’en suis vraiment admiratif, et au final on lui pardonne son éléphantesque infatuation parce qu’il a un talent dingue. Et je l’adore avant tout parce que justement il n’est pas comme tout le monde, on ne lui donne pas facilement une étiquette ou une appartenance. Cette relation, tout sauf manichéenne, que j’entretiens avec ce type est au moins un truc qui n’est pas tiède du tout, et ça fait du bien.

« L’arrivée à New York » de Céline, par Fabrice Luchini

Cinéphage Romanzo criminale

Classé dans: Cinéphage — @ 10:24:26

Ce film est basé sur des éléments réels et raconte l’histoire d’une bande de malfrats (et accessoirement des potes) qui, suite à un enlèvement qui leur rapporte un bon magot, décident de l’investir pour « s’emparer » de Rome. Pendant les années 75-90, ils vont réussir à se mettre à la tête des organisations criminelles romaines : jeux, prostitution, drogues, le tout sous l’égide de la mafia sicilienne.

Les personnages sont rapidement posés et « profilés » à travers leurs surnoms qui en disent beaucoup : le Libanais (pour le teuchi), le Froid (pour son caractère), le Dandy (pour son attrait des belles fringues, bagnoles, gonzesses), Fil de Fer, le Noir, le Bouffon, etc. Ces petites frappes et magouilleurs qui n’hésitent pas à tuer leurs ennemis pour mieux s’imposer, avec le Libanais à leur tête, viennent à Rome et s’imposent rapidement sur le « marché » de trafics en tout genre. Les trois protagonistes principaux sont des amis d’enfance, et restent liés malgré des divergences, et les vicissitudes de cette « joint-venture » entre la mafia et eux. Un commissaire perspicace et deux femmes viennent encore compliquer la donne, et avec les années des fêlures deviennent crevasses entre les partenaires.

Les profils psychologiques sont remarquablement mis en scène et interprétés par de très bons comédiens et comédiennes. Je n’ai pas vu le temps passé, et j’ai été entraîné dans cette fascinante et intrinsèquement violente histoire italienne des années 70-80. La bande -son est fabuleuse, la réalisation est agile, habile et rythmée, on trouve là tous les ingrédients d’un western moderne particulièrement percutant.

J’ai aimé le fait qu’on ne puisse pas voir dans ce film une apologie de la criminalité (les mecs ne sont pas des héros, vraiment pas), mais qu’on n’en fasse pas non plus des monstres sanguinaires (malgré leurs actes qui sont parfois d’une insupportable barbarie). Au contraire, c’est bien là le plus tragique, on se rend compte que ces types ont aussi une notion de loyauté, aiment aussi sincèrement et nourrissent certaines valeurs. Mais encore plus dérangeant, et en vogue dans ces derniers films (Syriana, Lord of War, The Constant Gardener), on constate une fois de plus l’imbrication et l’implication des gouvernements dans des activités plus que suspicieuses. Et alors les responsabilités ont tendance à devenir floues, ou du moins pondérées, lorsqu’on se dit que la pègre a pu aussi servi de porte-flingue à l’Etat.

Il faut noter aussi les deux bombes du film que sont Kim Rossi Stuart et Anna Mouglalis (une française…la pianiste qui joue la fille cachée de Dutronc dans « Merci pour le chocolat »), qui en plus d’être d’excellents comédiens ont une vraie aura sur l’écran.

Il s’agit d’un très bon film qui a le mérite d’être intelligent, frappant, bien joué et différent de ce qu’on peut habituellement voir au cinéma.

L’avis des copines : Niklas.

Romanzo criminale

Lundi 27 Mars 2006

Matage Matooyage Toothcrush

Classé dans: Matage, Matooyage — @ 16:45:28

Il faut que je vous raconte… C’est une drôle d’histoire en fait, une histoire de brosses à dents ! Dingue !!

En fait tout a commencé alors que j’étais chez B. toute la semaine dernière. Nous avions bien senti que quelque chose se tramait dans la salle de bain, et puis il fallait se rendre à l’évidence, il y avait des signes avant-coureurs qui ne trompent pas… Voilà :

Toothcrush

C’est évident, nos brosses à dent ont d’abord sympathisé, en se croisant de-ci de-là, et puis un soir que nous les avions indolemment posées sur le rebord de la vasque, est arrivé ce qui devait arriver. Et c’est tout de même original de se rencontrer sur le bord d’un lavabo. Elles ont passé toute la semaine à faire plus ample connaissance, mais surtout à se faire de gros câlins et à copuler comme des folles. Il fallait les retrouver tous les matins sans dessus dessous les poils synthétiques ébouriffés et le manche égrillard, dans les positions les plus acrobatiques.

Ah nan mais moi je vous dis, elles font plaisir à voir. Elles ne sont pas ensemble depuis longtemps mais elles s’entendent comme larrons en foire, et on n’a pas pu les décoller pendant une semaine. Et que je te fais des papouilles dans la cambrure, d’un côté, et que je te mordille l’anti-dérapant de l’autre, et que je papote tous les soirs de tout et de rien jusque pas d’heure.

Rentrer à Paris a été un supplice pour nos pauvres brosses à dents qui n’avaient vraiment pas envie de se quitter. Mais il fallait bien rentrer au bercail et reprendre le boulot. Donc elles ont dû regagner leur demeure originelle, et ma petite brosse s’en est allée dans ma salle de bain avec dignité et les poils en berne. Elles se manquent cruellement c’est manifeste, mais il faut prendre son mal en patience, comme tout le monde.

La nuit dernière, j’ai entendu du bruit dans les rangements au-dessus du lavabo. Mon ingénieux et ultrasophistiqué système de sécurité de la salle de bain (indispensable !!) s’est immédiatement déclenché et tout a été enregistré. Regardez ci-après :



spacer

Ma pauvre brosse à dents… Elle cherche sa moitié à l’endroit où elles se retrouvaient pour aller folâtrer dans les émaillées et inox contrées sauvages. Vous avez vu comme elle regarde si sa copine ne serait pas tombée dans un trou, et comme elle soupire en regardant dans toutes les directions. C’est trop triste. Elle se languit depuis sur ce rebord, et attend patiemment qu’on lui redonne un peu d’espoir.

Du coup, B. débarque vendredi prochain. Faut pas déconner car c’est de notre santé buccodentaire qu’il s’agit. On ne peut se nettoyer correctement les quenottes que si nos brosses à dents sont heureuses et épanouies. Et B. et moi voulons le bonheur de nos brosses. Avant tout. ;-)

Dimanche 26 Mars 2006

Boukinage Champsecret

Classé dans: Boukinage — @ 14:19:30

J’avais découvert Gilles Leroy au hasard d’une table couverte de bouquins, et j’avais été conquis par « Grandir ». J’avais été particulièrement stupéfait de trouver chez cet auteur la parfaite symbiose (à mon avis) entre ce que j’aimais dans la littérature américaine (le sens de la narration, l’épaisseur psychologique des personnages, les nombreux dialogues) et la littérature française (le style, la plume, les métaphores alambiquées, l’aphorisme enlevé, la poésie du langage et un brin de névrose qui trahit son auteur). Ajoutez à cela une de ces sagas familiales avec un personnage homo, et j’avais évidemment accroché. Malgré quelques faiblesses, je retenais avant tout une écriture fascinante.

Ce nouveau roman de Gilles Leroy ne ressemble pas du tout au précédent. Dans le fond comme dans la forme, et pourtant c’est cette même écriture, ce style brillant, ces sentiments exacerbés qui m’ont fait le lire avec autant d’avidité et de délectation. Ce n’est pas vraiment un roman puisque le narrateur (et le héros) est un écrivain qui s’appelle Gilles Leroy, et qui vit à la campagne, dans un endroit reculé : « Champsecret ». Ce dernier compose son livre sous forme d’entrées de journal (ou de blog ?), et nous découvre ainsi une année de son existence d’auteur. Mais ce n’est pas non plus un récit purement autobiographique. Il s’agit donc d’une sorte de fiction réaliste (ou une réalité fictionnelle, bref un roman en oxymoron), je suppose, qui permet de rentrer dans l’imaginaire, le bestiaire et l’univers d’un auteur qui ressemble beaucoup à Gilles Leroy. Un jardin secret et un jardin bien réel aussi qui sont au centre du roman, et dans lesquels l’auteur puise son inspiration.

Et à 48 ans, il ne doit pas être trop mal le sieur Leroy parce qu’il s’envoie tout de même un nombre considérable de jeunots du coin ! Il décrit bien la misère sexuelle des types du genre « honteuses » avec qui il s’envoie en l’air mais sans que jamais les autres n’affirment leur homosexualité. Rien à voir cependant avec des rapports comme ceux que l’on peut lire dans « Autobiographie érotique » de Benderson, on sent que les rencontres que fait le narrateur de « Champsecret » sont plus naturelles, inopinées et presque fortuites.

On lit donc dans ce roman sous forme de courtes entrées de journal, ce qui arrive dans la vie de cet écrivain parisien, retiré à la campagne. Il précise les mois, et ensuite on a des mentions éparses de jour de la semaine, parfois des dates, parfois même des moments non datés. J’ai beaucoup aimé la forme car c’est un mélange très intéressant entre une concision et un résumé factuel qui sied au journal, mais avec des digressions, réflexions et parfois une préciosité de langage qui sont beaucoup plus du fait de l’auteur. Cela donne un récit plutôt digeste et agréable à lire, d’autant plus qu’une structure narrative se dégage de l’ensemble avec une succession d’intrigues qui dirige l’attention du lecteur.

Ainsi plusieurs parties se dessinent avec des protagonistes comme le meilleur ami un peu zarbe, ou bien l’amie atteinte du cancer qui va mourir alors que ses pièces ont été des échecs (j’ai vraiment été touché par cette « histoire ») et bien sûr les garçons qui passent dans son lit pour un moment ou plus. Et puis il y a Zach qui revient tout au long du roman, et dont la relation prend la forme d’épisodes qui ne sont que des revers successifs, mais dont on sent l’attachement affectif et la sincérité de certains sentiments. Malgré tout, rien de solide ou de tangible dans ces relations « amoureuses »… et ça, ça m’a plutôt mis le moral en berne.

J’ai beaucoup aimé la petite dizaine de fois où l’auteur révèle les lapsus calami qui ont émaillé son manuscrit. On découvre alors quelques erreurs dont la portée psychologique n’est peut-être pas évidente, mais qui rend les faiblesses de l’écrivain encore plus attachantes. (Et il ya encore tant à dire… sur le titre du roman en lui-même ou les titres des différentes parties…)

Bref, je confirme avec ce livre, l’admiration que j’ai pour le style de Gilles Leroy. Quelle écriture… J’ai flâné dans son jardin avec beaucoup de plaisir, et j’ai découvert un peu plus l’homme en filigrane de l’écrivain (ou peut-être est-ce simplement l’illusoire impression qu’il veut donner à son lecteur). Mais encore une fois, quelle écriture, quelle écriture !

Champsecret - Gilles Leroy

Samedi 25 Mars 2006

Matooyage Watching-out

Classé dans: Matooyage — @ 16:28:32

Ma montre est tombée en rade il y a quelques jours, et comme je passais par un bijoutier-horloger à l’entrée de la Grande Ile, je leur ai demandé qu’on me change la pile. C’est un couple qui tient la boutique, très sympathique et commerçant. Je reviens quelques heures plus tard, et je récupère ma montre. Le type me précise qu’il s’agissait d’une bobine qui était grillée, et qu’il avait changée mais que la pile était bonne. Je récupère ma montre et je retourne chez B. Je réalise dans la soirée que ma montre s’est de nouveau arrêtée, elle a fonctionné pendant 35 minutes. :mrgreen:

J’y retourne donc le lendemain, et la relaisse. Le type s’excuse et dit qu’il va jeter un coup d’œil. Le soir je passe, mais il n’a pas eu le temps de s’en occuper, et me demande de revenir le lendemain en début d’aprème. J’acquiesce encore. Je suis super adorable avec les gens, surtout quand ils sont souriants, polis et agréables, et là malgré l’abus, je n’arrive pas à ronchonner.

J’y suis donc allé au moment dit, j’entre dans la boutique, et je vois qu’il n’y a que la bonne femme qui est en discussion avec une cliente qu’elle a l’air de connaître. Elle me fait un grand sourire et mime un bonjour, puis reprend le cours de son verbiage. Cela donne : « Oui tu comprends, moi je m’en suis toujours doutée. De tout petit, c’était déjà très clair qu’il… Même avec les filles, il était tellement adorable et prévenant. Et puis tu sais quand il avait 6 ou 7 ans, on était au restaurant, et une des filles avait fait dans sa culotte, et bien il a insisté pour aller lui laver à la main !!! Non moi je te dis que vraiment… Et puis il n’a jamais ramené… personne. »

Et à chaque fois, elle me jetait des petits coups d’œil chelous comme pour me faire partager la conversation.

« C’est un gars bien en définitive, poli et tout, et puis il a fait ses études. Franchement moi ça ne me pose aucun problème. Et c’est marrant mais je n’ai JAMAIS eu peur un instant quand je le laissais avec les filles, comme quoi ça a toujours été évident qu’il n’y avait rien à craindre. »

Et hop, elle continue son manège. Nan mais quoi ???? Ouai bon d’accord, je suis venu deux fois dans ta boutique et t’as grillé que j’aimais la bite, bon ben d’accord !!! Connâââââasse ! C’est peut-être à cause de ma montre facheune, mais plus certainement ma dégaine ! :mrgreen:

« Alors quand il est venu et qu’il m’a fait : “voilà Léo, je suis en couple avec”. Bon bah je n’ai rien dit, ou alors j’ai juste dit oui de la tête, parce que j’étais surprise, mais en fait pas tant que ça. Et vraiment, ce n’est pas un drame non plus… Bon bah on se voit la semaine prochaine hein ? »

Et là elle se tourne vers moi et me lance un grand sourire : « Alooooors c’est à nous ! ». J’ai récupéré ma montre qui semblait fonctionner. Et j’ai continué le petit jeu des politesses réciproques. Je ne suis pas certain à 100% qu’elle ait compris, mais tout de même, cela me paraîtrait énorme que ce ne soit pas le cas, et que je me sois fait des films. Elle m’a continuellement fixé avec un regard spécial, très doux et comme affectueux, et une sorte de connivence.

Ma montre a fonctionné trois bonnes heures ensuite, avant de rendre l’âme de nouveau. Et maintenant, je suis de retour à Paris.
:ben:

Matooyage Le petit alsssacien

Classé dans: Matooyage — @ 12:40:25

Après avoir visité la collection contemporaine, j’en avais vraiment plein les pattes, donc je me suis jeté sur les grands canapés qui bordaient l’étage. J’ai du avoir l’air très louche car deux gardiens sont arrivés en trombe et m’ont regardé d’un air torve (surtout un). Celui à la mine vraiment patibulaire (mais presque) m’a immédiatement demandé mon ticket d’entrée, tandis que l’autre, un vieux type au teint rougeaud et aux cheveux blancs, s’est assis à côté de moi. Il a dit à son collègue « Nan mais oh pourquoi tu lui demandes ça toi hhhein ? Tu fois pas qu’il est fatigué le petit alsssassien là !! ». J’ai du me retenir de rigoler car je n’avais encore pas entendu d’accent alsacien aussi prononcé depuis mon début de séjour strasbourgeois. J’ai répondu en rigolant : « Ouai je viens de finir l’étage là, et j’en peux plus, mais je ne suis pas alsacien ! ».

- Nan ?? Tu n’es pas alsSacien ? Mais tu fiens t’où ?
- Je suis parisien !

Et là j’avais lâché une bombe, il s’est mis à m’haranguer sur Paris et les parisiens, j’étais mort de rire. Je pense qu’il était aussi un peu bourré en fait, mais tellement gentil et agréable. D’ailleurs c’était marrant car ses supérieurs ou collègues passaient, et le regardaient en coin, mais lui il continuait en faisant semblant de rien, et me taillait une bonne bavette.

Voilà en gros le discours qu’il m’a tenu, et moi j’acquiesçais juste pour indiquer plus ou moins que je suivais. Il m’a dit qu’il s’appelait Walter, mais ça donnait « VâltÊre ».

- Aaaaaaaache !!! Aaache ! Paris !!! Mais ils sont fous ces parisiens tu sais ?!! Ah moi che pourrais pas fifre ailleurs qu’en alssace tu sais ! Oh j’dis pas, c’est choli Paris, mais bon ils sont fous avec les greffes du métro là. Y’a des gens qui se leffent à cinq heures du matin pour aller bosser, et ils quittent le soir à 22 heures. Et des fois, ils doiffent dormir chez des amis ou des collèques. Et du coup ils foient plus leurs enfants et leurs femmes. Et c’est pour ça qu’il y a plein de difforces à Paris. Ils sont fous ces parisiens. Moi je suis à dix minutes d’où ch’habite, c’est très bien comme ça. La dernière fois que che suis fenu à Paris, c’était en 65, c’était à l’époque du chénéral de Kaulle. Je faissais mon service moi, et on s’entendait pas avec les parisiens. Par contre, on s’entendait pien avec les pretons, ah oui parce que les pretons ils picolaient autant que nous. Mais pon, nous on puvait du schnaps, ça allait, alors qu’eux c’était dékeulasse leur gnôle ! Mais c’est pas comme l’adjudant là qui nous réveillait le matin en tisant « allez depout sales boches ! ». Alors lui un jour je lui ai mis un coup de tête, et il avait teux tents cassés. Ils ont dit qu’il était tombé d’un étache parce que quand ch’ai raconté ce qu’il nous disait, les supérieurs ont préféré étouffé l’affaire.

Etc., etc.

J’étais plié en quatre par toutes ses histoires et anecdotes, il m’a parlé aussi un peu plus sérieusement sur l’Alsace pendant la guerre (que ses parents ont certes connu mais pas lui, car il n’était pas si vieux), et la difficulté d’avoir été ainsi le cul entre deux chaises. Et puis, au bout d’un moment, le musée fermait et un directeur est venu dire que je devais partir (et VâltÊre devait aller bosser encore un peu). Alors VâltÊre s’est levé, et comme le type m’indiquait les escaliers, mon compagnon aviné a dit « Non le petit alsssacien, il prend l’ascenseur avec moi ! ». Le type a haussé les yeux au ciel, et il n’a rien dit. Du coup, je suis descendu avec VâltÊre, et nous nous sommes salués (je n’ai pas cru bon de repréciser que je n’étais pas alsacien).

Vendredi 24 Mars 2006

Exposage Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg

Classé dans: Exposage — @ 23:47:44

Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg

Ce musée qui a ouvert en 1998 et jouxte les bâtiments de l’ENA dans le quartier pittoresque de la « Petite France » offre déjà une très belle architecture extérieure. Et l’aménagement intérieur est à la hauteur de son écrin. Deux étages dispensent les deux collections, l’une moderne au rez-de-chaussée, et l’autre contemporaine à l’étage supérieur. Les plafonds sont très hauts et les espaces (et murs) vastes et immaculés, la circulation est ainsi rendue très aisée et fluide. J’ai rarement vu endroit mieux adapté et pensée pour l’exposition d’œuvres d’art. La collection d’Art moderne se concentre sur la fin du 19ème jusqu’au milieu du 20ème siècle avec des œuvres et des artistes qui montrent les voies de l’abstraction et de la peinture moderne. On y trouve de très belles œuvres dont la plupart vienne de Beaubourg (en dépôt ici), et certains achats locaux, notamment aussi beaucoup d’œuvres de Jean Arp qui était strasbourgeois.

Cette partie est très pédagogique et remarquablement organisée, tant au niveau du choix des œuvres que du parcours artistique. J’ai pu m’extasier ainsi devant mes expressionnistes chéris, dont mon super héros en tête : Kandinsky.

La partie supérieure se focalise sur la création artistique actuelle, et permet un large panorama d’œuvres et d’artistes. Les explications sont à chaque fois très complètes et plutôt sagaces (modulo le nombre de pétards fumés, comme d’hab). L’intérêt est aussi très pédagogique puisqu’on y trouve des peintures, sculptures, collages, films, assemblages, allant jusqu’au conceptuel le plus déroutant et fascinant.

Les deux collections permanentes permettent en quelques heures d’appréhender l’Art de notre époque (plus ou moins proche) avec beaucoup de finesse et d’érudition, tout en restant accessible. Vraiment, j’ai pris mon pied dans ce musée (Rooooh façon de parler…), et je le recommande vivement !

L’exposition temporaire est dédiée à Xavier Veilhan dont je connaissais surtout le rhinocéros de Beaubourg, qui était aussi présent là.

Rhinocéros de Xavier Veilhan

Il a composé son expo comme une rétrospective de ses œuvres, mais en repensant le tout dans une scénographie très originale, et qui elle-même sert une démarche artistique. On est dans le très conceptuel, mais le tout ne manquait vraiment pas d’audace et de charme. Ses photos avec les ours me font irrémédiablement penser à John Irving et sa fixette dans ce même domaine. J’ai beaucoup aimé ce qui est ainsi présenté et finalement « mis en scène ».

 Le Plein emploi - Xavier Veilhan

Exposage Les musées du Palais de Rohan de Strasbourg

Classé dans: Exposage — @ 23:34:27

Près de la cathédrale, on trouve les plus importants musées de Strasbourg qui sont rassemblés dans le Palais de Rohan, une superbe bâtisse du XVIIIe siècle. On y trouve les musées Archéologique, des Arts Décoratifs et des Beaux-Arts. Tandis qu’à deux pas, un autre bâtiment tout aussi impressionnant et à l’histoire stupéfiante : la Fondation de l’Œuvre Notre Dame, accueille un musée dédié à des collections médiévales et Renaissance qui couvrent 7 siècles. Mais c’est aussi depuis 1246 (premières mentions officielles dans un texte), l’institution qui veille sur l’organisation du chantier et la collecte des fonds pour la cathédrale.

(Tous les musées de Strasbourg peuvent être visités avec un seul billet qui ne coûte que 6 euros !! Et j’étais litéralement seul les deux jours où j’y suis allé… :roll:)

Musée Archéologique :

Musée Archéologique de Strasbourg

Voilà une très belle collection, un peu vieillotte peut-être pour les explications, mais un vrai « musée de l’Homme » version alsacienne qui a beaucoup de qualités. D’abord l’exhaustivité des pièces présentées qui rassemblent toutes les fouilles de la région depuis la fin du 19ème siècle, on a donc un superbe panorama de l’histoire strasbourgeoise et alsacienne de la préhistoire jusque 800 après JC. On trouve tous les fossiles habituels, et je suis parfois passé en coup de vent devant des vitrines similaires avec des vieux bouts de cailloux, mais au moins si l’on est intéressé par un thème en particulier, il y a de quoi se régaler.

En fait j’ai beaucoup aimé le thème du moment qui était une exposition dédiée aux squelettes. Ainsi à l’entrée du musée, une salle était dédiée à l’exposition « Histoire(s) de squelettes » qui expliquait à renfort de tous les nonosses nécessaires les différentes manières dont les archéologues, anthropologues et autres légistes arrivent à tirer des informations des restes humains. Il faut avoir le cœur bien accroché car on se prend moult explications et démonstrations de maladies infectieuses, bactériennes ou virales, déformations congénitales, opérations chirurgicales etc. On comprend alors la somme d’information qui peut être extraite d’un simple bout de carcasse. Mais la vue des squelettes complets atteints de rachitisme, ceux qui sont bouffés par la syphilis ou bien ceux fœtus ne sont pas faciles à regarder avec le détachement des scientifiques (enfin moi j’ai eu du mal).

L’originalité résidait dans le fait que la collection permanente avait été agrémentée de vitrine qui reprenait le thème de l’exposition. Ainsi on a des explications à partir de squelettes retrouvés aux différentes époques présentées.

Histoire(s) de Squelettes au Musée Archéologique de Strasbourg

Musée des Arts Décoratifs :

Musée des Arts Décoratifs de Strasbourg

On retrouve là le classique du musée des Arts Décoratifs avec des pièces en enfilade qui sont meublées et décorées avec des objets en tout genre et dont les listes sont mises en exergue. Je ne suis pas un grand fan de ce genre de musée, mais celui-ci a l’avantage de profiter de cet exceptionnel cadre, avec de véritables reconstitutions d’époque. Et comme le Palais a vu Napoléon, Marie-Antoinette ou Louis XV y dormir, il émane de ces pièces pas mal de charmes et quelques souvenirs de ces passages. Les boiseries et la richesse du mobilier ne sont pas à nier non plus, on y fait donc une agréable promenade. Mais bon c’est aussi ma faute, je déteste les audioguides.

Par contre la collection de faïences du coin… heu… nan, là je ne peux pas. Je suis passé à la vitesse de l’éclair devant les milliers de plats, assiettes, soupières de tous les styles, toutes les époques, mais très peu pour moi. Par contre, il y a une pièce un peu perdue tout au fond (c’est un vrai dédale !) avec des mécanismes d’horlogerie et des automates qui valent le coup d’œil (mais malheureusement dénués de commentaires…). On y trouve aussi à l’étage, une superbe collection de jouets mécaniques des 19 et 20ème siècles qui est tout à fait splendide (il faut voir le genre de mécanisme d’horlogerie qui était créé pour certaines de ces pièces… un truc dingue !).

Musée des Beaux Arts :

Musée des Beaux-Arts de Strasbourg

Des tableaux en veux-tu en voilà, du 13ème au 18ème siècle, il y a là une très belle collection d’art pictural de la région alsacienne et alentour. Je me suis arrêté devant quelques très belles toiles, dont certaines connues (« La Belle Strasbourgeoise »), mais sinon il n’y a pas d’explication écrite dans les salles, donc l’intérêt pédagogique reste limité (ou alors il faut encore prendre l’audiomachin).

Musée de l’Œuvre Notre Dame :

Musée de l'Œuvre Notre Dame de Strasbourg

Voilà le plus original endroit que j’ai visité à Strasbourg, et qui mériterait d’avoir ses collections un peu plus mises en valeur. Je trouve déjà génial d’être dans l’endroit même qui depuis le treizième siècle sert à organiser le chantier, gérer les ouvriers ou les entrepreneurs, les matériaux de construction etc. On y retrouve aussi les salles qui servaient à faire les comptes des collectes de fonds qui servaient à financer l’édifice religieux. Le musée est dédié aux arts médiévaux et Renaissance de la région (Alsace - Rhin), on y trouve parmi les plus anciens vitraux qui soient, mais aussi des retables somptueux, de la statuaire gothique (notamment des pièces de la cathédrale), une kyrielle d’éléments de mobilier, des collections de tableaux, ou de tabletterie et ferronnerie. Certaines salles font parfois un peu fourre-tout, mais globalement il s’agit d’un voyage dans un monde passé fascinant.

Encore une fois, ça manque un peu de contexte historique ou d’explication pédagogique, malgré quelques indications concises. Mais la scénographie vraiment originale, puisqu’elle s’organise sur plusieurs étages, bâtiments, même deux jardinets, et en plusieurs thèmes (retables, peintures, mobiliers etc.) permet de pleinement profiter des vitrines et des salles. Malgré un véritable labyrinthe et une profusion d’objets parfois un peu jetés en désordre, j’ai été enchanté de cette visite.

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