MatooBlog
Pectus est quod disertos facit

Dimanche 30 Avril 2006

Matooyage Le Grand Lieu de Drague Contemporain de Bastille

Classé dans: Matooyage — @ 20:58:29

Ooups, non je voulais dire : Le Grand Marché d’Art Contemporain de Bastille, mais c’était un tel repère de tapioles, que j’ai confondu. :mrgreen: Encore un excellent moment passé là avec Fabien, qui n’a pas manqué de croiser des dizaines d’amants, de se faire mater de la manière la plus éhontée qui soit, et même de se faire arranger des coups par des artistes. En effet, un des artistes à qui il a acheté une superbe petite statue, après avoir longuement discuté avec, lui a confié qu’un autre client lui ressemblait beaucoup par son approche artistique et ses goûts. Et voilà que ce fameux client débarque, et en plus d’être carrément pas mal, il se révèle bien sensible comme on l’aime. Echange de numéros, et hop hophop, « viens chez moi je te montrerai ma collec… ». Oui, oui bien sûr, l’amour de l’art et tout et tout. Entre deux stands, trois tableaux, deux gravures, quatre statues et une lithographie, nous avons fait du repérage de mec, en même temps que du lèche-vitrine. On ne se refait pas !

En tout cas, nous avons arpenté tout le marché avec beaucoup de plaisir, celui de découvrir de nouveaux artistes, de revoir les œuvres de certains et de constater la manière dont a évolué leur coup de pinceau. J’ai de nouveau bavé devant certains tableaux, totalement inaccessibles, et j’ai aussi repéré ce qui me bottait carrément pour plus tard quand je serais TRES RICHE (et j’aurais un grand appartement) !

L’année dernière, j’avais déjà raconté comment j’avais acheté une œuvre (que j’aime toujours autant) d’un artiste dont j’admire sincèrement le talent : Pascal Bordaries.

Pascal Bordaries - Visage

Ce dernier est d’ailleurs rapidement tombé sur le post en question, après avoir tapé son nom dans un moteur de recherche. Me voilà donc aussi outé par un peintre ! J’avais déjà plus ou moins l’intention de lui racheter un tableau, et j’ai donc craqué car je m’émerveille toujours autant de sa technique, son inspiration, son travail de la matière, ses jeux de couleurs. J’ai opté pour le tableau suivant, mais non sans reluquer quelques diptyques ou triptyques de plus grande taille. J’ai accroché sur la couleur de fond qui n’est pas très courante chez Bordaries, ainsi que cet air toujours halluciné et sous acide de ses « visages ».

Pascal Bordaries - Visage

(Bon si vous n’aimez pas, pas la peine de faire « beurk », moi si je l’ai acheté c’est que ça me plait, et basta.)

Et puis, je voulais aussi prendre une toile à une artiste que Fabien aime beaucoup (il possède un nombre fou de ses tableaux) : Sophie Jourdan. J’ai craqué sur ce chat sous ecsta, dont elle a réalisé de nombreuses variations. Elle a un univers très coloré, avec encore une fois beaucoup de matières, de grattage et de trituration de couleurs et de peintures.

Sophie Jourdan - Chat

Me voilà de nouveau ruiné, mais ravi. C’est tout ce qui compte, après tout.

Donc un très bon endroit pour allier l’utile et l’agréable. ;-)

Linkage Matooyage Echange de bons procédés bloguesques

Classé dans: Linkage, Matooyage — @ 18:58:28

Un des premiers sites qui a commencé à référencer les blogs est pour moi : « Inclassable ». On y trouve depuis quelques années, sur un rythme quotidien, sans interruption, une sélection d’un blog avec quelques lignes de description. J’ai moi-même été cité dans ce singulier annuaire en janvier 2004, et aujourd’hui son auteur m’a demandé de lui pondre un post.

J’ai eu l’idée de soumettre alors 5 blogs du moment, 5 blogs qui me plaisent depuis peu, ou depuis longtemps, et auxquels je trouve un tas de qualités (même s’ils ont peu à voir les uns avec les autres).

Pour lire ce post croisé, connaître ces 5 blogs et mon opinion à leurs propos (qui n’engage évidemment que moi), c’est par là que ça se passe.

Linkage Matooyage « Journal du Porn » reloaded

Classé dans: Linkage, Matooyage — @ 00:09:19

J’ai rapatrié les posts que j’avais écrit pour le « Journal du Porn » dans des pages Wordpress (ce sont comme des posts mais non datés, très pratiques !). Comme cela, je garde cet émouvant souvenir sous la main, avec le reste de mon blog. Je suis assez content de ces articles, je ne pensais pas que cela m’amuserait autant d’écrire sur ce sujet.

Donc pour les curieux qui n’avaient pas lu, ou les autres…

C’est ici que ça se passe !

Samedi 29 Avril 2006

Matooyage Croisage de blogue

Classé dans: Matooyage — @ 22:48:08

Tiens, y’a le beau GuiM qui m’a invité à bloguer pour le ouikène chez lui. Au début, je ne voulais pas, et puis je n’ai pas pu résister à son charme orphique. ;-)

Donc vous pouvez m’y retrouver ! Mais je n’en abandonne pas ma tannière pour autant !

Exposage Ingres 1780-1867, au musée du Louvre

Classé dans: Exposage — @ 15:32:14

Difficile de faire plus « Louvre » que cette exposition d’un des plus grands peintres français de tous les temps. Et il s’agit d’une belle réussite que cette rétrospective de 70 ans de passion de cet artiste, à travers 79 peintures et 101 dessins. Il est impossible de ne pas s’émerveiller du talent d’Ingres, de la simple excellence de sa peinture et de ses dessins, de la beauté de ses célèbres portraits.

Donc l’exposition est à la hauteur de ce que le Louvre sait faire, et avec un artiste pareil c’est parfait. La scénographie n’est pas révolutionnaire mais efficace, on visite 6 salles qui découpent chronologiquement la productive carrière du peintre. Chaque salle est agrémentée d’explications historiques et artistiques, rien que de très habituel, par contre les tableaux eux-mêmes ne bénéficient pas d’affichage, ce qui est un peu frustrant. Vraiment l’audioguide devient essentiel dans ce genre d’exposition, mais je déteste les audioguides, surtout quand on visite à plusieurs. Outre cela, à cinq euros l’audioguide, cela fait une visite à quinze euros, c’est un peu cher !

Sont rassemblés là des tableaux du monde entier, et qui ne seront certainement pas réunis avant longtemps. C’était très agréable de plonger comme cela dans toute la vie artistique d’Ingres, et d’en saisir l’évolution, l’originalité et un souffle créatif à chaque toile renouvelé. Le portrait de Monsieur Bertin et celui du Duc D’Orléans me font toujours autant d’effet. Ingres saisit non seulement la forme avec perfection, mais met aussi en évidence la personnalité de ses portraits. Mais la technique de peinture des coiffures, tissus, reflets est aussi simplement et prosaïquement épatante.

Je ne peux pas m’empêcher de comparer cette expo à celle consacrée à Girodet un peu avant. Tout deux élèves de David, et largement contemporains, je garde un faible pour Girodet. Même s’il n’est pas aussi brillant qu’Ingres, j’avais été enjoué et ébahi par la passion qu’il instillait en ses personnages, et par la singularité de certains tableaux. Ingres me parait toujours très académique à côté, alors que lui-même était connu justement pour avoir rompu avec les normes en vigueur, et avoir réinventé la peinture.

En tout cas, une très belle exposition qui sera certainement surpeuplée jusqu’à la fin, à raison. Ne pas manquer le mini-site dédié à l’exposition qui est passionnant, propose de voir les toiles en grand, des explications sur les tableaux etc. (Tout ça gratuitement sur le site, c’est à saluer car c’est rare, ça pourrait carrément être un contenu de CD intéractif.)

L’avis des copines : Ron.

Ingres 1780-1867, au musée du Louvre

Vendredi 28 Avril 2006

ThéâtrOpérage Ben, son premier one man show au théâtre des Blancs Manteaux

Classé dans: ThéâtrOpérage — @ 16:20:09

Bon déjà, il a un avantage ce jeune humoriste de 26 ans : il est plutôt du genre beau gosse. Donc j’ai passé tout le spectacle à me baver dessus, mais heureusement j’ai aussi bien rigolé. Car sa belle gueule ne fait pas ignorer un excellent comédien, doublé d’un auteur dont la plume et la gaudriole tiennent carrément la route. Il termine malheureusement son spectacle au théâtre des Blancs Manteaux prochainement, le 6 mai prochain.

Ainsi, on tient un petit tiercé gagnant avec un humour qui alterne entre loufoquerie et absurdité, une occupation intelligente et syncopée de l’espace scénique (réduit pourtant), et un débit de parole aussi impressionnant que limpide. On ne se tape pas pour autant le cul par terre (d’ailleurs il évoque plusieurs fois cette expression, il faut dire qu’il aime le comique de répétition), mais il est certain que le sourire ne quitte pas le spectateur pendant l’intégralité du show. Et je suis parti parfois dans de francs éclats de rire pour quelques réparties ou saillies dont Desproges n’aurait pas renié la paternité.

En plus le Ben s’appelle en fait Cédric Ben Abdallah, moitié algérien, moitié français, donc vous comprendrez que je me sente quelques accointances avec ce désopilant jeune homme. Il en joue, en outre, de manière extrêmement drolatique et délicate dans ses sketchs. Autant que lorsqu’il évoque ses conversations avec un dromadaire en coulisses, sa mère qui s’appelle Jean-Jacques, des loups menaçants aux oreilles de lapins, sa meuf enceinte de son meilleur ami ou bien qu’il se transforme en Méphistophélès et déverse tout son fiel sur le pauvre public que nous sommes. Jubilatoire à certains moments, même s’il a encore besoin de parfaire ses textes et peaufiner son style, Ben arrive à accrocher l’attention grâce à un vrai charisme.

Un petit gars à suivre… comme on dit ! ;-)

L’avis des copines : Niklas.

Ben, son premier one man show au théâtre des Blancs Manteaux

Jeudi 27 Avril 2006

» Allez, comme à l’école des fans, moi je dis qu’on leur donne tous une bonne note. Allez un 10 pour K., comme le suggère son pote petitpoissauteur. (Oui bon c’est sur worldfist, mais quand même il faut être gentil avec tout le monde !) (4)

» L’INA met en ligne et en libre consultation une partie de ses archives. Excellent ! Mais bon c’est déjà presque impossible de s’y connecter… [Via Bips] (2)

Matooyage Les yeux noirs

Classé dans: Matooyage — @ 00:46:22

Ouai, qu’est-ce que ça peut être beau un regard de mec aux yeux noirs, profond et expressif. Deux petites olives d’ébène, brillantes et humectées, qui vous fixent avec un air à la fois souriant mais sérieux, enjôleur mais pas niais, avec un je ne sais quoi d’espiègle et malicieux. De sombres prunelles qui mettent en valeur un visage chaleureux, une mine mutine et des tétons saillants.

Bref, on n’y plonge pour ne pas en ressortir indemne, de ces fanaux félins et féroces. Car il en joue, il scrute, il tourne, il sourit, il parle peu mais juste. C’est qu’il « mate » (de l’espagnol « matar », tuer) le bougre, de ses deux sphères de graphites miroitants, et ne laisse que des garçons pâmés dans son sillage.

Les yeux noirs ont cette première apparence banale qui peut révéler le charme le plus « orphique », car ils composent un regard qui peut alors dégager une singularité inattendue. Et c’est sans se douter, sans se méfier, qu’on peut être ainsi happé au détour d’un battement de cil, d’un clignement de paupière, d’un sourcil relevé et d’un sourire égrillard en coin. Ils en avaient bien tous ces attributs ces yeux noirs…

Ce n’est pas ma faute ! C’est Ron qui a insisté pour que je parle de l’effet que m’a fait son mec, quand j’ai croisé ce mignon petit couple au croisement entre la rue des Rosiers et la rue Vieille du Temple. « Quoi ses yeux ? » qu’il m’a dit. Voilà, c’était ma réponse, les yeux noirs de la (célèbre) Marmotte.

Mercredi 26 Avril 2006

» Evidemment lire ça à trois jours d’une rupture, ça me fout bien les boules. Mais c’est chouette de lire comment Chronomec parle de son Poulé de mari. Chou tout plein même. (3)

» Scoop ! Rose, dans le Titanic, quand elle a laissé tomber Jack dans la flotte, elle était trop conne. Amok nous explique. (5)

» Je n’arrive pas à croire ce qui est arrivé à Indilou lors d’une échographie ! Le médecin lui a lancé : “Ce serait quand même plus facile si vous aviez des rapports hétérosexuels … vous n’avez vraiment QUE des rapports homosexuels ?”. Ah y’en a vraiment qui vivent sur une autre planète… (ou qui pensent que NOUS vivons sur une autre planète). (2)

Cinéphage Un año sin amor

Classé dans: Cinéphage — @ 00:58:12

Il s’agit du film pédé du moment, et vous me connaissez, moi quand on me prend par les sentiments… En outre, c’est un film argentin, et je me suis donc régalé de cet accent si particulier (et plaisant) des personnages. Il s’agit surtout d’un très bon film, et qui relève l’incroyable challenge de parler de la séropositivité, de l’homosexualité, du SM même, et le tout en suivant la destinée d’un écrivain gay de Buenos Aires de 30 ans en 1996, à ce curieux tournant de l’histoire du SIDA, au moment où les trithérapies commencent à agir. Le défi n’est pas simplement d’évoquer tout cela, mais vraiment de le faire comme cela ne l’a pas été avant, sans mièvrerie ou voyeurisme, sans verser dans le glauque ou l’artiste suicidaire, au contraire avec une histoire simple, linéaire et authentique.

Le film est basé sur un roman autobiographique éponyme de Pablo Pérez, ce qui aide sans doute à rendre l’œuvre si « pure » et digeste malgré tout ce qu’elle véhicule. On suit donc la vie de ce jeune homme, Pablo Pérez, écrivain non publié, qui est séropositif, vit avec sa tante dans un appartement qui appartient à son père. Ses défenses immunitaires vont défaillantes, et il refuse les nouveaux traitements, car il s’en méfie. Il voit ainsi sa vie lui échapper, et il pressent une mort à court terme, qu’il veut transcender dans un roman sous forme de journal intime. C’est ce journal qui narre cette « année sans amour ».

Il tente de trouver l’âme sœur en faisant passer des petites annonces dans les journaux gays, et puis il décide aussi d’explorer le milieu SM cuir qui l’attire énormément. Il y fait la connaissances d’amants, de mentors et essaie de se (re)trouver dans tout cela.

Evidemment on retrouve des scènes de cul, mais ce n’est pas non plus l’objectif du film qui joue des clairs-obscurs plutôt que de la crudité. J’ai vraiment surtout aimé le fait que tout l’histoire soit présenté de manière si réaliste, et sans jugement de valeur aucun. On comprend à la fois le désespoir relatif de l’écrivain qui se sent défaillir, mais aussi sa quête d’amour, ou sa recherche de lui-même dans les relations qu’il entreprend. Le film ne joue pas sur le registre pathétique et non plus sur l’homosexualité « spectacle », mais vraiment sur un homme, Pablo Pérez.

Ce n’est pas non plus le chef d’œuvre des chefs d’œuvre, mais il s’agit là d’un film vraiment novateur, intéressant et stimulant. Cela change des films de tapioles habituels ou des Almodovar, donc ça vaut le coup d’y jeter un œil et de se forger une opinion.

Un año sin amor

Cinéphage L’Iceberg

Classé dans: Cinéphage — @ 00:25:01

Je parlais de film résolument « différent et pas pareil » avec « The saddest music of the world », ou d’artiste un peu déjanté avec « Moi , toi et tous les autres » ou encore très indépendant et singulier (et charmant) avec le film de Yolande Moreau : « Quand la mer monte ». Mais là ça dépasse encore ce que je croyais être possible et imaginable. Ce film (belge) défie tous les standards, transcende tous les genres et laisse pantois, rigolard, dubitatif, songeur, euphorique.

Une femme qui travaille dans un fast-food fait la fermeture un soir, et par accident (elle coince son écharpe dans la poignée) se retrouve enfermé dans le frigo du restaurant. Elle se retrouve donc à s’emmitoufler dans des sacs isothermes et des cartons pour ne pas mourir frigorifiée, et est retrouvée in extremis le lendemain matin par ses employés. Pendant ce temps là, son mari et ses enfants, dans un morne et lugubre pavillon de banlieue, mènent une vie tellement réglée et mécanisée qu’ils ne se rendent même pas compte de son absence.

Lorsqu’elle rentre, suite à son passage dans le frigo, elle a une révélation (dans son freezer en fait…), elle doit aller à la rencontre d’un iceberg. Elle s’enfuit alors de chez elle, et cherche à rejoindre le nord du pays, puis à prendre la mer avec un marin sourd et muet qu’elle rencontre, et dont elle s’entiche. Mais le mari part la récupérer, et vraiment rien n’est aussi simple qu’il parait.

Le film est minimaliste en terme de dialogue, mais riche en gags à la Buster Keaton qui sont simplement hilarants, tandis que l’intrigue prend parfois les tournants les plus… nihilistes ! Disons que c’est un OVNI, un truc dingue et décalé, rafraîchissant et rassurant sur la créativité de certains auteurs motivés. Malgré tout à certains moments, le film souffre un peu de son aspect patchwork, et de son manque de cohérence. Néanmoins, et malgré quelques moments un peu soporifiques, c’est le genre de film qu’on est super content d’avoir vu une fois qu’il est terminé.

Je crois qu’il faut aller voir ce truc. Oui, oui, vraiment il faut !

L’avis des copines : Niklas et Orphéus.

L’Iceberg

Mardi 25 Avril 2006

Cinéphage Wassup rockers

Classé dans: Cinéphage — @ 23:03:48

Comme j’avais démarré la critique de « Ken Park », je suis obligé de préciser que j’avais été un aficionado du Larry Clark qui m’avait choqué et bouleversé avec « Kids ». On y retrouvait déjà sa (malsaine ?) fascination pour les corps adolescents lascifs et leur sexualité débridée, mais aussi un regard extraordinaire et singulier sur la jeunesse américaine. Quelque chose de gênant, de fort et de tabou, mais aussi un talent certain dans l’œil du réalisateur et son esprit frondeur.

« Ken Park » m’avait déçu dans son trop-plein de sexe pour le sexe, malgré ses qualités intrinsèques. Avec « Wassup rockers », il a un peu calmé ses plans exhibitionnistes malgré une insistante et persistante facette sexuelle. Ce film est un road movie débridé à skate, sur fond tonitruant de Ramones, qui voit six ados originaires d’Amérique Centrale, et habitant des quartiers pauvres de L.A., South Central, se balader à travers la ville jusqu’aux quartiers les plus huppés, puis s’en retourner au ghetto. Mais sur le chemin, tout au long de cette journée et nuit, un parcours tout initiatique les attend.

Deux des jeunes mecs se font remarqués par les filles car ils sont jolis garçons. Larry Clark esquisse ainsi les personnalités des divers protagonistes, entre un Don Juan de quatorze ans ou frénétique onaniste, l’éveil sexuel reste encore un des gimmicks du réalisateur. Mais ce n’est pas tout, car il arrive aussi à formaliser un discours d’une cohérence qu’on peut saluer, en montrant ces jeunes types fans de punk rock sur un mode aussi documentaire, et en travaillant avec des comédiens qui sont les véritables protagonistes du quartier, et qui jouent leurs propres rôles. Ainsi l’histoire de ces salvadoriens et guatémaltèques, mais très américains, qui collent au look de leur musicos avec leur jeans moule-burnes, leur cheveux longs et leurs skates suscite beaucoup d’intérêt. On les voit opposés aux blacks du ghetto qui ont leurs propres codes, mais aussi aux blancs des quartiers huppés avec qui le choc des cultures est assez flagrant. Finalement, un peu comme dans « Priscilla » avec cette incroyable scène des aborigènes dans le désert, cette bande d’olibrius passe inaperçue dans une réunion de folles modasses de L.A.

On retrouve bien Larry Clark dans cette manière indécente de filmer les adolescents, avec ces gros plans sensuels et sexuels, et ces images qui doivent bien nourrir l’imaginaire des plus pervers (ce sont des mômes de quatorze ans…). Dr Dave résume bien ce que j’en pense chez Oli d’ailleurs. Il y a aussi ce constat assez dingue que toutes les filles du film, du même âge, ne pensent qu’à se faire sauter par à peu près n’importe qui. Et malgré l’approche documentaire qui rend le tout crédible, je me demande vraiment si sincèrement c’est comme cela que ça se passe…

Il n’en reste pas moins que c’est un excellent film, qui a de remarquables qualités de mise en scène. Parfois drôles, parfois tragiques, parfois ironiques, toutes les scènes se découpent comme autant de rencontres inopinées dans le parcours des jeunes skaters dans Los Angeles. La musique omniprésente et bien punk colle bien au rythme du film et à sa facette iconoclaste. Il s’agit vraiment d’un film qui interpelle, et qui m’a plu.

L’avis des copines : Oli et Niklas.

Wassup rockers

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