50 articles pour le mois de Juin 2006

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Birdy Nam Nam à la Cigale

Publié le Vendredi 30 Juin 2006 - 16:46
Catégorie: Concertage, Ecoutage, Matage

Derrière ce nom singulier, on trouve 4 mecs, 4 DJs aux parcours très impressionnants. Ces types ont gagné des tas de récompenses en Europe et dans le monde dans leur domaine. DJ Pone, Little Mike, DJ Need et Crazy B sont des as de la platine, des artistes du tripotage de galettes en vinyle, des virtuoses de la table de mixage, des experts du scratch et des athlètes émérites de la cellule.

Ils en avaient marre d’être en solo, et ont décidé de fonder ce quatuor à l’époustouflante dextérité et au doigté de fées. Le scratch consiste à jouer avec son disque sur une très courte période et à remixer, changer la vitesse, la hauteur et tous les paramètres possibles de la table de mixage, mais aussi d’obtenir des effets en jouant avec la position de la main sur le disque ou le bras de la platine. On en trouve beaucoup en accompagnement de Rap et de Hip-Hop, et certains scratcheurs sont connus pour leur excellence, en effectuant des solos de scratch comme un batteur le ferait dans le rock, ou un Hendrix avec sa guitare.

Birdy Nam Nam utilise le scratch comme élément central de leur composition. Un tout petit bout de musique, de rythme, de voix avec cette particularité sonore du scratch, et ainsi ils recomposent des morceaux originaux à quatre platines. Ces quatre olibrius utilisent leurs platines véritablement comme des instruments de musique. Et ce qui est drôle c’est aussi cette manière de retrouver la suprématie de l’analogique dans un domaine où le numérique est omniprésent. On retrouve donc dans leurs morceaux, qui empruntent tous les styles : principalement groovy, jazzy, funky, électro, la maîtrise du musicien qui joue avec son instrument, et on a donc à faire à des hurluberlus qu’il faut voir autant qu’entendre !

Le chant des baleines – Birdy Nam Nam

Je les ai donc vu et entendu mardi soir avec Cécilia et Nicolas (non je ne suis pas amis avec les Sarkozy !), et c’était vraiment fabuleux. Depuis que Nicolas m’en avait parlé et m’avait fait écouter un morceau, j’avais dévoré leur album, et j’étais ravi de les découvrir en « live ». Un mot qui reprend donc tout son sens, comme un vrai pied de nez aux tendances, puisque ces mecs sont des bêtes de scène. Il faut les voir manipuler leurs engins, et les observer faire gigoter leurs instruments pour obtenir le son désiré. Tout est évidemment très précis et temporisé, et le résultat est d’une étonnante harmonie.

Abbesses – Birdy Nam Nam

Une partie du concert se jouait aussi avec un véritable clavier, guitariste, percussions et batteries, et cela donnait une ampleur extraordinaire à cette « nouvelle musique ». Mais je reste bluffé par les morceaux en solo des types, ou de leurs compositions à huit mains. Cela donne des titres d’une grande force et vraiment pas « faciles ». La fin du concert était dédiée à du « freestyle », et donc l’habileté et l’adresse des DJ se sont exprimées à leur plein potentiel. Vraiment impressionnant et superbe !

Birdy Nam Nam, un son vraiment nouveau et qui déchire sa mère, sa race. :mrgreen:

Kid of laid back – Birdy Nam Nam

  • Matooyage
I am what I am

Publié le Jeudi 29 Juin 2006 - 17:40
Catégorie: Matooyage

Comme je le raconte régulièrement, je reçois régulièrement des messages, commentaires ou mails pour me dire que je suis une personne médiocre ou pour me critiquer. Ce qui est assez étonnant et amusant c’est que je reçois tout et son contraire.

On me reproche fréquemment de trop parler culture ce qui est terriblement chiant, et de ne pas assez parler de cul ou de ma vie privée. Mais souvent aussi on me dit que je suis pédant quand je parle de bouquin ou de théâtre et que j’utilise exprès des expressions tordues, et dans le même temps je reçois des mails incendiaires qui m’expliquent que je ne devrais pas avoir l’impudence d’écrire comme cela alors que je suis un fieffé imbécile.

Il y a aussi ceux qui voudraient que je ne parle que de bouquins et de ciné, parce que c’est cela qui est intéressant, et que je le fais bien. Et puis surtout pas de cul, parce que c’est racoleur et c’est vulgaire. Bon mais il y a aussi des gens qui pensent que ça leur va bien tout cela. Etc.

Etc.

Evidemment cela me peine que l’on soit déçu par moi, ou par ce qu’on attend de moi, quand on pense qu’on me connaît par la simple lecture de cet amphigouri qui me sert de blog. Mais vraiment sinon, il ne faut pas s’offusquer ou se révolter comme ça. Je ne suis pas parfait, et n’aspire pas vraiment à le devenir (même si je compte bien encore m’améliorer dans moult domaines), et je ne veux pas non plus donner une bonne image de moi. J’ai des défauts, demandez à mes ex-copains. ;-)

Je ne suis pas qu’un satyre pervers ou qu’un féru de littérature anglo-saxonne, ou qu’un petit péteux insupportable, une folle militante, un type professionnel et sérieux dans son travail, et puis pas qu’un blogueur, ça c’est certain. Non je suis tout cela à fois, et pas un d’eux en même temps. Je me montre tel que je suis, tel que j’ai envie de me montrer aussi. J’ai des goûts de chiottes parfois comme tout le monde, comme vous. Et puis je fais des conneries que j’assume plus ou moins.

Si vraiment je suis insupportable, il est évident qu’il ne faut plus me lire. Nous sommes sur le web, et je suis largement contournable. Mais sinon, arrêtez de me dire ce qu’il FAUT faire. Putain, chacun fait ce qu’il veut AVEC SES CHEVEUX !!!

Si je parle de bite, je parle de bite, si c’est Flaubert c’est Flaubert. Un jour ça vous plait, un jour ça ne vous plait pas. Eh bien oui c’est cela le blog. Je ne suis pas un magazine, je n’ai pas de ligne éditoriale statique, je vais au gré de mes envies, de ce qui m’arrive, de ce dont j’ai envie de parler. Et je donne, je donne, je donne énormément de moi pour faire ce blog. Moins qu’avant certes, car j’ai appris à me protéger. Mais depuis le début et encore aujourd’hui, mon seul but est de donner sans compter, et sans retour attendu (ni d’argent, de notoriété ou quoi que ce soit d’autre).

Moi j’aime bien les gens avec des défauts, c’est ce qui les rend souvent attachants et « humains ». Et j’espère que les gens ne me voient pas autrement, surtout pas comme un mec génial ou gnagnagna mais juste comme eux. Mes défauts, mes qualités, ce qu’on aime en moi, et ce qu’on aime moins. Je ne suis pas poli et lisse, contrairement à certaines apparences, je suis plein de rugosités, d’anfractuosités, et de petites caches qu’on explore post après post.

Je m’amuse ici, je déconne, je réfléchis aussi parfois, je fais aussi des fantaisies, je partage ou j’informe, je relaie et je chronique. Et je ne suis pas non plus qu’ici, et c’est tant mieux. Je sais que le contraste entre les articles et les sujets abordés est quelque chose de difficile à accepter pour certains. Mais c’est exactement ce que je suis.

Un contraste de Paris et de banlieue, de langage soutenu et argotique, de prolo et de parvenu, d’intello et de teubé, de romanesque et de queutard, de folle militante et pro-indifférent, etc. et j’en passe et des meilleures. ;-)

  • Outside
Ma poubelle sent la pomme

Publié le Jeudi 29 Juin 2006 - 0:24
Catégorie: Outside

Enfin pas encore, mais j’aimerais bien ! :mrgreen:
Tout ça pour dire que si j’avais eu ça à l’époque, mon post aurait été bien banal et n’aurait certainement pas autant scandalisé ou heurté les âmes sensibles. Mais peut-être pensez-vous que je parle vraiment de pomme ?? Mais nooooooon, je parle encore de sperme. Eh oui !

Attention, ce n’est pas une connerie, l’information me vient d’un célèbre et tout ce qu’il y a de fiable sociologue : un site anglais propose à des couples (homos et hétéros) de tester une pilule (ingrédients naturels) qui aurait l’effet de donner un goût de pomme au sperme.

J’adore la manière dont c’est rédigé :

The pill, which is taken as a twice-a-day for 30 days, claims to mask the traditionally salty taste of male ejaculate with a refreshing apple-like flavour. Successful applicants will take the pill for 30 days and will use an online blog to provide a blow-by-blow account of how the taste of their partner’s sexual fluid changes.

“A payment is offered,” says LoveHoney test organiser Ali Carnegie, “But this is really a job that people should do for love rather than money.”

Eh bah voyons, vous imaginez vous le sperme devient une « refreshing apple-like flavour » (une saveur rafraîchissante semblable à la pomme). Mais pour cela il faut tout de même faire sur un blog son « blow-by-blow account » (un récit éjac par éjac, mouahahahahah) pendant trente jours. De quoi faire une bonne indigestion de sperme ! L’organisateur a même l’humour de préciser qu’il vaut mieux faire ce test par amour, plus que pour argent.

Tu m’étonnes que ça va intéresser des gens une découverte pareille ! :love:

Il faut vraiment que je me mette en couple moi. Y’a de ces choses formidables que l’on peut faire et partager lorsqu’on est à deux…

Par contre les chewing-gums à la pomme vont être maintenant à l’origine de toutes les suspicions : « Salope, ton haleine sent la pomme ! Où étais-tu ?!! ».

On va pouvoir changer le fameux slogan « Mangez des pommes ! » en « Avalez, ça a le même goût ! ». ;-)

  • Boukinage
Trois contes

Publié le Mercredi 28 Juin 2006 - 23:42
Catégorie: Boukinage

Je n’avais jamais lu de Flaubert, et on n’a pas arrêté de me dire que c’était un crime. Et cédant aux pressions, j’ai lu ces « Trois contes », dernière oeuvre de l’écrivain. La plus aboutie selon certains, ou bien une oeuvre un peu bancale selon d’autres apparemment… Bref, je ne vais pas trop m’étaler dessus car ce serait vraiment faire montre de culot si je me mettais à faire la critique de l’ami Gustave.

En outre, j’ai lu la préface et le dossier qui suivait, ce qui me paraît assez essentiel pour cerner l’oeuvre et l’auteur, quand on est aussi ignorant que je suis sur le sujet. Et je me vois mal faire la paraphrase de ce genre d’écrit, même s’il m’a bien « éclairé » l’ouvrage.

Les trois contes sont très distincts et à trois époques différentes. D’abord contemporaine de l’auteur avec « un coeur simple » où il narre l’existence d’une servante à Pont-l’évêque, et sa vie ponctué de petits malheurs et désillusions, jusqu’à un amour quasi-mystique avec un perroquet… Ensuite moyenâgeuse avec « La Légende de saint Julien l’Hospitalier » où il raconte l’histoire de ce personnage singulier, qui a chassé et massacré sans vergogne tous les animaux de la création. Une prophétie explique qu’il tuera ses parents, il s’enfuit donc pour l’éviter, mais ne peut échapper à son destin… Et puis le dernier conte remonte encore dans le temps, nous sommes dans les balbutiements de l’époque chrétienne, et en plein épisode biblique. « Hérodias » se termine par le fameux épisode où Salomé demande la tête de Saint Jean-Baptiste pour sa mère. Ce conte décrit par le menu, du point de vue de l’époque (donc très différemment d’un récit biblique), les relations entres les protagonistes et comment on en est arrivé là.

La religion est pour moi le thème redondant de ces trois contes. On y trouve aussi des récits poignants et à la description des sentiments très détaillée et enlevée. Bon je m’arrête là, sinon comme d’hab, je vais en faire trois pages.

Cette découverte de Gustave Flaubert (et ne me dites pas que je dois lire le reste, je le ferai mais pas de sitôt) m’a enchanté pour la qualité de l’écriture, de la langue et son style. J’ai trouvé que c’était évidemment remarquablement écrit, mais cela va même au-delà, et je comprends mieux pourquoi on révère à ce point l’auteur. Encore aujourd’hui, cela sort de l’ordinaire, c’est inéluctable. J’ai bu ses mots avec un plaisir des mots, des phrases, à la fois dans leurs rythmes, leurs constructions et l’usage des formules… Ah oui, vraiment un plaisir de lire qui ne s’oublie pas.

Trois contes - Gustave Flaubert

  • Matage
  • Matooyage
We’re here ! We’re queer ! Get used to it !

Publié le Mardi 27 Juin 2006 - 17:09
Catégorie: Matage, Matooyage

Gay Pride Paris 2006

Comme XIII, ma première Gay Pride était l’EuroPride de 1997 (avec 300 000 personnes, ce qui avait été un record assez incroyable, et assez important pour que les télévisions en pondent des sujets), c’était donc ma dixième marche, et ma première Fuck Pride. ;-)

A force de pondre des articles, j’en suis à mon mille-cinq-cent-cinquante-deuxième (hors « linkage » et « Marc-Aurèle »), je me répète forcément en parlant de sujets identiques ou connexes. Mais ce n’est pas tant que je fasse des redites, que les lecteurs changent, et tout le monde n’a pas tout lu de A à Z (Oh non les pauvres, surtout pas ! Arf.). Donc je suis parfois surpris de certains commentaires ou remarques, alors que je parle régulièrement d’un sujet. Mais c’est tout à fait logique…

Et la Gay Pride comme c’est tous les ans, bah j’ai déjà l’impression d’avoir ressassé quatre fois le truc (c’est ma quatrième Gay Pride depuis que je blogue). En y regardant d’un peu plus près, c’est en effet le cas, mais je ne peux pas m’empêcher d’en remettre une couche avec tout ce que j’ai lu à droite et à gauche. ;-)

Et la première des raisons, comme j’en parlais déjà en 2003, c’est stupide peut-être en apparence mais c’est « Stonewall ». Eh oui, je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée pour ces travelotes et autres copines de 1969 dans ce bar new-yorkais qui se sont bastonnées à coups de talons aiguilles pailletés pour ne plus la fermer. Donc la Gay Pride c’est aussi cela. Une commémoration, un souvenir de cette lutte qui a commencé officiellement il y a 37 ans.

Et puis comme je le disais à maintes reprises, en 2004 en évoquant la « bonne image » ou la « respectabilité », j’aime cette manifestation gros mélange d’activisme, de teuf et de n’importe quoi. Cela prouve que nous sommes encore une communauté plurielle et décalée. Mélange improbable justement et de plus en plus hétérogène, de plus en plus riche, de personnes qui pourtant devraient se souvenir qu’elles ont cette particularité commune : être différent, mais être soi, être bien. On trouve de tout à la Gay Pride et c’est simplement fabuleux. Des folles, des sages, des looks hétéros ou racailles, Gucci-Prada ou versaillais, minet ou butch, trav, drag de plus ou moins bon goût, créatures étranges, facheunes victimes hautaines… bref tout !

Enfin j’en ai parlé l’année dernière, la lutte pour notre reconnaissance et acceptation n’est vraiment pas terminée. Nous sommes tout juste tolérés mais ce n’est pas la peine de vouloir l’égalité. Et sans même parler d’union, imaginons la simple possibilité que l’on se tienne la main dans la rue sans choquer personne. Oh là… Et l’homophobie est loin d’être éradiqué, nous en avons chaque jour des preuves. Il faut savoir qu’on peut tout à fait rétrograder sur ces sujets… et plus facilement qu’on ne croit.

Je sais que ce n’est pas non plus le truc parfait, ou la solution unique, et je ne cherche pas à quantifier son importance. Mais cette visibilité est tout sauf négligeable. Je ne jette pas la pierre à ceux qui ne veulent pas y participer. Evidemment, chacun fait ce qu’il lui plait. Mais je ne comprends pas les discours méprisants, ou pires, à l’encontre de cela. Nous arriverons certainement à une intégration et assimilation dans les valeurs traditionnelles de cette société, dans quelques dizaines d’années peut-être, et alors vraiment on ne parlera plus de communauté. Mais en attendant, on est bien content de la trouver… et il ne faut vraiment pas en minimiser les aspects positifs (ET négatifs !).

Cette année fut un excellent crû ! Autant par le climat que par la fréquentation, cette Fuck Pride était un très plaisant moment. Entouré de mes amis, j’ai dansé, marché et sifflé (grâce à PinkTV, merciiiiiiiiiii), j’ai maté comme un ouf tout ce qui bougeait (et putain qu’est-ce que ça bougeait !). La Fuck Pride, on y croise des anciens amis, des ex, des connaissances, des plans culs, des profils divers et variées, des blogueurs (Eric et son Jul, Martine et son Grey) et bogueuse (Sissi !!)… Et puis, nous avons rejoint Bastille, et là nous avons rejoint un petit bar resto adorable vers Bréguet-Sabin où nous avons bu, mangé, devisé, ri… Un petit morceau de bonheur que cette journée…

A Bastille avec une place totalement blindée, et un mec sur la colonne qui paraissait particulièrement bien inspiré

Gay Pride Paris 2006

Et de plus près, oui on pouvait affirmer qu’il était prêt à donner de lui-même pour militer. Rhaaaa lovely !

Gay Pride Paris 2006

Thanks god I’m gay ! ;-)

L’avis des copines : Mathieu, Le Rhéteur, Tati, Garoo, Padawan, GuiM, XIII, Grey, Orphéus, Coxx*, Coxx**, Sissi, Aurèle, Bip76, Zvezdo, Sé non è vero, le nain masqué, RCerise, Chronolog, Finis-Africae, Ikare, Indilou, Mélie.

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Merci à mon joli Pascal “Angoulême” pour les tofs… ;-)

  • Matooyage
Pas de monnaie

Publié le Lundi 26 Juin 2006 - 23:51
Catégorie: Matooyage

Je sors d’un petit théâtre où j’ai vu des amis jouer, avec d’autres amis. C’est cool c’est à Goncourt, donc je rentre à pied. Je laisse les derniers, Henri et Olivier, au métro, et je traverse la rue pour aller prendre de l’argent au distributeur. A cet endroit, il y a presque toujours deux clodos qui font la manche. De vrais marginaux, deux paumés étalés sur l’asphalte, des faciès sans âge, des visages burinés par l’alcool, un peu crades et toujours accompagnés d’une bouteille de rouge qui tache. Plutôt tristoune quoi…

Le truc habituel, je mets ma carte, et le plus proche, le plus vieux me demande :

« T’as pas une pièce ? »

Nan désolé, je n’ai pas de monnaie, répondis-je. Et puis, je continue mes opérations bancaires. Je demande quarante euros.

Et alors l’autre gueule plus fort : « Ou alors un billet si tu veux sale pédale ! ».

Je ne réagis pas. Pas de ticket. Je récupère ma carte. Les billets sortent, deux de dix, et un de vingt.

Je me penche vers eux, et je mets mon billet de vingt dans la main crasseuse.

« Euh… de… je… »

Ils sont sans voix.

  • Marc-Aurèle
Livre 5 – XXVIII

Publié le Dimanche 25 Juin 2006 - 21:36
Catégorie: Marc-Aurèle

— T’emportes-tu contre celui qui sent le bouc ? T’emportes-tu contre celui qui a l’haleine forte ? Que veux-tu qu’il y fasse ? Il a cette bouche ; il a ces aisselles, et il est inévitable que de telles dispositions fassent naître de telles exhalaisons.

— Mais l’homme, dit-on, possède la raison, et il peut, en y réfléchissant, parvenir à comprendre en quoi il est défectueux.

— Bonne réponse ! Ainsi donc, toi aussi tu possèdes la raison. Provoque alors par ta disposition raisonnable sa disposition raisonnable ; fais-le comprendre ; avertis-le. S’il entend, tu le guériras. Nul besoin de colère.

Ni tragédien, ni courtisane.

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

Dans la même veine que l’autre pensée que je commentais. “Ni tragédien, ni courtisane” et c’est vrai qu’il est tellement difficile de ne pas verser dans l’un ou l’autre…

  • Marc-Aurèle
Livre 5 – XXIV

Publié le Dimanche 25 Juin 2006 - 21:34
Catégorie: Marc-Aurèle

Souviens-toi de la substance totale, dont tu participes pour une minime part ; de la durée totale, dont un court et infime intervalle t’a été assigné ; de la destinée, dont tu es quelle faible part !

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

Humilité.

  • Matooyage
Fuck Pride

Publié le Samedi 24 Juin 2006 - 0:48
Catégorie: Matooyage

Ouai il faut venir à la Fuck Pride de demain. Fuck Pride car nous ne sommes que des enculés qui aimons nous enculer et nous sucer la bite. Et on se fait aussi des bisous parce qu’on n’est pas des barbares tout de même. :-)
Je propose de renommer ainsi la « Gay Pride ». Se non è vero a raison, il faudra bien qu’on se trouve un vocable un peu plus décent que le choix actuel pour nous qualifier.

Fuck la bonne image !
Fuck la bienséance !
Fuck Ségolène et son acceptation du mariage gay du bout des lèvres… Surtout quand on lit ce que DSK en disait il y a déjà deux ans (en plus Anne Sinclair en première Dame de France, c’est quand même autre chose nan ? Mouuaaahahahaha).

Si mariage et adoption il doit y avoir, ce n’est que par pur exercice de raison humaine, simplement pour nous prouver que nous ne sommes pas des citoyens de seconde zone, mais que l’égalité entre les français est une réalité. Je veux que le mariage ou l’adoption soient étendus aux couples homos, simplement pour avoir le choix de refuser de me marier ou d’avoir des enfants. Simplement le choix, comme tout un chacun.

Oui la « Gay Pride » c’est encore important d’y aller, quel que soit son genre, quels que soient son style ou ses aspirations. Des folles, des bucths, des technoïdes, des gym-queens, des straight-acting et j’en passe et des meilleures… C’est cette représentation là qui fait comprendre que notre seule différence repose sur ce que l’on fait dans le secret de nos alcôves (Rappel : on se suce et on s’encule, et on se fait aussi des bisous).

L’homophobie est encore une réalité, aujourd’hui on voudrait que l’on doit discret, aujourd’hui on DOIT se cacher non pas pour vivre heureux, mais simplement parce que l’on ne peut pas faire autrement. On ne peut pas s’embrasser dans la rue, ou simplement se tenir la main. Et encore une fois, je ne généralise pas, j’aspire simplement à la liberté, à la liberté qui est implicitement donnée aux hétéros et qui nous est refusée. Je nous veux égaux devant ces libertés. Je voudrais pouvoir tenir la main d’un mec dans la rue ou le métro, juste avoir ce choix là, sans me méfier des hypothétiques homophobes ou du regard suspicieux d’autrui.

La société a le pouvoir de nous faire progresser sur ce sujet. Si l’on attend un consensus politique, on peut toujours se brosser. Et si l’on avait attendu que les français veuillent supprimer la peine de mort en majorité, elle serait encore sans doute à l’oeuvre dans notre pays, de même que pour la pénalisation de l’homosexualité.

Et si la marche a lieu comme d’habitude dans l’après-midi de Montparnasse à Bastoche, il ne faut pas oublier qu’une autre marche importante se tiendra, à partir de 20h, de République à Stalingrad : La marche des tordu(e)s !

Fuck, fuck, fuck !

Fuck you !

Fuck me !
:mrgreen:
PS : Je n’oublie pas mes copines goudous, mais je connais mieux mes coreligionnaires. ;-)
PPS : Ouai Charles, d’accord, y’a aussi les bis… ouai ouai…

  • Boukinage
Dr Mukti

Publié le Vendredi 23 Juin 2006 - 19:23
Catégorie: Boukinage

Un Will Self qui sort, c’est toujours un événement pour moi. Je me dis qu’il faudrait vraiment que je me mette à lire en VO, si je veux les découvrir au moment où l’auteur les sort outre-Manche… Mais pour le moment, j’attends les traductions ! J’avais découvert Self par « Vice-Versa » qui m’avait fasciné (deux nouvelles distinctes : une nana qui voit son clitoris se transformer en un véritable pénis pour la première, et un type qui a un con qui apparaît dans le creux de son genou pour la seconde). Il m’avait conquis avec « Les Grands Singes » (que je place dans mes bouquins favoris de chez favoris), et aussi avec « Dorian » qui était un sacré bouquin.

Ce bouquin là, Dr Mukti, a une ampleur moindre à côté de ce que j’ai pu lire de l’auteur. Déjà dans le volume, puisque c’est un roman assez court et finalement elliptique (apparemment la version anglaise est « packagée » avec d’autres nouvelles). Malgré tout on y trouve toutes les qualités littéraires de l’écrivain, qui ne sont pas moindres, ainsi que son talent pour les situations abracadabrantes, et l’étude des méandres de l’esprit humain. D’ailleurs je me demande ce que Mélie pourrait penser d’un tel bouquin, puisqu’il est particulièrement en résonance avec « Les Grands Singes » et traite du milieu psychiatrique. Et surtout on y retrouve le fascinant psychiatre du précédent bouquin : Zack Busner (bon c’était évidemment un singe dans l’autre ouvrage… et pas là ! On trouvait aussi le personnage dans « Théorie quantitative de la démence »).

Shiva Mukti est un psychiatre très pro et consciencieux, d’origine indienne donc, qui travaille dans l’hôpital londonien de St Mungo. Il est assez jaloux de son collègue Zack Busner qui est un psychiatre juif aussi réputé et encensé que controversé. Ce dernier fréquente les plateaux de télévision et est fameux pour son approche singulière de la psychiatrie (notamment de plus aider les malades à vivre avec leurs psychoses, plutôt que de s’en guérir par les médicaments).

L’ouvrage est principalement axé sur les rapports entre ces deux praticiens que tout oppose. Ils restent très corrects et polis, mais se font une guéguerre de grands professeurs en s’envoyant mutuellement des malades pour des secondes opinions. Ces « cas » sont l’occasion pour Will Self de mettre en scène de drôles de zozos, mais surtout de nous faire rapidement comprendre que les psychiatres sont certainement aussi « fous » que leurs patients.

Busner envoie donc « Créosote Man », et Shiva lui répond avec « Rocky ». Ce dernier patient est un tel « piège » pathologique que Busner se retrouve rapidement avec un macchabée sur les mains. Donc quand le Dr Mukti reçoit « Mohammed Kabir » de la part de son confrère sémite, il se méfie… Le roman entre surtout dans l’intimité du Dr Mukti et nous fait voir avec un saisissant réalisme les problèmes que l’homme ressent face à sa culture d’origine. L’auteur aborde alors sous un angle résolument original les problèmes communautaires.

Pas un Will Self à se relever la nuit, mais un opus à se procurer pour les fans, et en attendant un bon gros roman savoureux !

Dr Mukti - Will Self

  • Cinéphage
Le Caïman

Publié le Vendredi 23 Juin 2006 - 18:36
Catégorie: Cinéphage

On avait d’abord annoncé ce film comme un « Michael Moore » version anti-Berlusconi, mais les potes qui sont allés le voir m’ont plutôt expliqué qu’il s’agissait avant tout d’une comédie dramatique qui cachait en effet quelque facette politique. Et c’est vraiment plus ça qu’un vulgaire documentaire en forme de libelle. Nanni Moretti livre là un film qui m’a vraiment plu, il réussit à parler de Berlusconi en abîme tout en concentrant sa narration sur l’histoire de ce producteur aux abois.

Bruno Bonomo est un producteur de films de série Z, il a épousé une de ses actrices fétiches dont il a deux garçons, et a de grosses difficultés financières. Il se démène entre sa femme qui entérine leur rupture, son entreprise qui fait face au marasme de l’industrie cinématographique, et une rencontre inopinée avec une jeune réalisatrice qui lui propose de tourner un film « Le Caïman ». Bruno est tellement embrouillé dans ses affaires qu’il ne saisit pas tout de suite qu’il s’agit d’un métrage qui s’inspire plus que largement de la vie de Berlusconi. On voit donc cet homme se débattre entre ses problèmes personnels, ses problèmes financiers ou ses soucis pour trouver des acteurs ou boucler un budget inexistant. C’est lorsqu’il lit le scénario ou ensuite quand ils démarrent le tournage que des images du « Caïman » se matérialisent et viennent pimenter le fil de l’intrigue…

Voilà une comédie italienne tout en saveurs, on y trouve beaucoup d’humour et de scènes très cocasses, de l’ironie et de la dérision, un rythme saccadé et énergique, des excellents comédiens et comédiennes, mais pas mal de mélo aussi et des sentiments exacerbés. Saupoudrées ça et là, les scènes qui montrent Berlusconi, soit imaginé par le producteur, soit en images d’archives, soit joué finalement par Nanni Moretti « himself », font découvrir le type que l’on connaît déjà. Pourri, démago, populiste et poujadiste… un type qui a choisi la politique pour s’éviter la taule. Baaah on ne va pas non plus critiquer plus que cela, vu qu’on a les mêmes à la maison !

Vraiment un bon film, même si la fin m’a un peu déçu. En effet, il se termine de manière un peu brouillonne et brumeuse, alors que jusque là c’était un film construit et structuré. Du coup, on n’a pas vraiment l’impression que l’intrigue est correctement finie, ou que les personnages ont livré tout ce qu’il fallait. Et malgré tout, on a droit à une ultime scène en apothéose avec un Nanni Moretti comédien particulièrement inspiré et inspirant.

Le Caïman

  • Matooyage
L'Islam et moi…

Publié le Jeudi 22 Juin 2006 - 23:25
Catégorie: Matooyage

Je fais écho à ce commentaire dans lequel Alain s’étonne que je n’évoque jamais l’Islam. En fait, ce n’est pas un sujet que j’évite ou que j’élude, mais plutôt un sujet qui n’a lieu d’être. Et si j’évoque plus certainement la religion Catholique c’est parce qu’étant en France, c’est celle qui nous touche le plus, involontairement ou pas, nous baignons dans une société imprégnée d’une culture judéo-chrétienne.

J’ai dans mon blog surtout évoqué mon grand-père algérien dans ce post qui rapporte une immortelle histoire de gamins. Une de ces histoires qu’on continue de se raconter en rigolant à tous les noëls, alors qu’on pense aux disparus. Et en effet, mon grand-père était indéniablement musulman. Comme je le disais j’ai même une impressionnante photographie qui vient de ses premiers papiers d’identité, où on le voit, fraîchement débarqué du Maghreb, avec un exotique tatouage sur le front (qu’il s’est fait retirer par la suite).

Nous parlons là d’une époque avant guerre, une époque où l’Algérie était française, mais aussi où les musulmans étaient particulièrement modérés et ouverts aux modes occidentales. Une ex-copine, marocaine, de mon frangin m’avait montré une photo de sa mère jeune, et j’avais halluciné du changement. Aujourd’hui une femme voilée de haut en bas et aux moeurs très orthodoxes, mais il y a 25 ans, une jeune femme émancipée en jupe avec une clope à la main… (Je ne dis pas que le modèle occidental est parfait… loin de là. Mais les religions ne sont JAMAIS sympas avec les nanas… Et le fait d’être algérien-français à cette époque n’empêchait vraiment pas le racisme… oh non ! Les algériens étaient vraiment considérés comme des “autochtones” ou des “indigènes” selon ce qu’on m’en a rapporté.)

Quant à mon grand-père, c’est bien simple il a épousé ma grand-mère, une allemande aux origines vaguement chrétiennes et juives. Autant dire que mon père n’a jamais bien été élevé dans autre chose qu’un athéisme décomplexé. (Je ne minimise pas d’ailleurs les difficultés qu’ils ont eu à l’époque d’être métisse, et de ne pas être chrétien.) Ajoutons à cela que mon grand-père était alcolo, qu’il fumait son paquet de Gitanes par jour, et qu’il avait une révérence particulière pour le jambon de Bayonne. On n’a donc aussi jamais entendu parler de ramadan à la maison…

Par contre, mon père a été circoncis à la Mosquée de Paris. Et la seule chose que mon grand-père a demandée lorsque nous sommes nés avec mon frère, c’est cela. Mon père a bien sûr refusé, et je sais que cela a un peu déçu mon aïeul (mais bon sans plus). Mais il ne faut pas non plus se fier aux apparences, il était et se disait musulman. Il croyait fermement en Dieu, et il aurait défié quiconque (à coups de fusil, arf) lui aurait affirmé qu’il n’était pas un bon croyant.

Je suis toujours très partagé sur ces histoires de transmissions culturelles, et par extension religieuses. En effet, je regrette d’un côté que mes grands-parents n’aient pas plus et mieux transmis leurs héritages culturels. Mais d’un autre côté, si cela avait été le cas, ils n’auraient certainement pas été ensemble… De même en matière de religion, les gens qui veulent élever des enfants dans leur foi, doivent forcément épouser un coreligionnaire. La tolérance en terme de religion a bien cette limite là. On peut bien tolérer un autre groupe, une autre communauté, mais on accepte difficilement les mélanges puisqu’ils sont forcément liés à la perte d’identité propre, ou à simplement autre chose.