MatooBlog
Pectus est quod disertos facit

Jeudi 31 Août 2006

Outside Maison fantôme ?

Classé dans: Outside — @ 08:39:20

Le terme membre fantôme désigne le fait qu’une personne amputée d’un membre en ressente encore la présence, le plus souvent de façon douloureuse.
[Source : Wikipédia]

Immeuble fantôme rue St Maur - 75011

Rue St Maur - Paris 11e

Mercredi 30 Août 2006

» J’ai bossé toute la soirée hier, et du coup j’ai raté Koh Lanta et l’Île de la Tentation (dont j’avais vu l’émission de la semaine passée pour la première fois avec effarement). Heureusement, je viens de passer trente minutes avec ma collègue Naïri qui m’a tout raconté sur Koh Lanta !!! Et surtout pour suivre les détails de tous les teubés tentés : Héphaïstion ! (Merci !) (9)

» Zep propose dans une vidéo qu’il a astucieusement réalisée (bravo !) de repérer le “détail qui tue” d’un extrait de Wonder Woman. Son petit travail de vidéaste est déjà particulièrement hilarant. (1)

Outside Le langage SMS en question

Classé dans: Outside — @ 01:07:53

Je me demande bien comment cette pratique de saucissonnage et « illusion phonétique » va évoluer avec les années. Après tout, je me souviens que la prise de notes en cours s’accompagnait d’un nombre impressionnant d’abréviations, et pas seulement de termes techniques mais aussi d’expressions toutes faites pour économiser les lettres, et donc gagner du temps. Mais cette pratique était bien circonscrite et ne débordait pas du tout sur les autres formes d’expression écrite.

Je comprenais assez bien cette manière de faire pour des jeunes de quatorze ou quinze ans, mais force est de constater que l’on trouve des skyblogs tenus par des gens de vingt et vingt-cinq ans qui sont à peine lisibles. Enfin je parle pour moi, puisque je suis persuadé qu’ils se comprennent parfaitement bien. Donc là c’est plutôt moi qui n’ai pas l’expertise suffisante pour couramment déchiffrer ces sibyllins messages. Si cette forme de langage n’était qu’un code de l’adolescence, un truc secret qui leur donne un moyen de communiquer et un sentiment d’appartenance, ce serait très charmant. Reste que cela rentre aussi dans les copies de classe (dixit mes teupos les profs) et toutes les habitudes de rédaction du quotidien. Arghhh.

Et si les jeunes gens qui ensuite font des études se détachent de cela, c’est finalement rassurant. Mais cela veut donc dire que nous créons une fracture sociale de plus ? Les skyblogueurs smsistes de plus de vingt ans sont des gens qui ne poursuivent pas d’études supérieures ? Je me demande…

Pour ceux qui l’ignorent encore, je viens de Cergy-Pontoise, du 95. J’ai été élevé dans racailleland toute ma tendre jeunesse, et j’en ai conservé quelques stigmates linguistiques qu’il me plait d’entretenir. Ce sont bien certainement les études (et aussi mon environnement familial) qui m’ont permis de savoir correctement m’exprimer (oui je sais, c’est pas encore gagné, arf). Mais je suis certain que si j’avais 16 ans aujourd’hui, j’aurais un skyblog bien naze et pathétique. Sur ce blog, j’utilise parfois quelques expressions idiomatiques de mon département adoré, et on me l’a, à maintes reprises, vertement reproché. De même que j’aime parfois mélanger cela à un vocabulaire un peu plus soutenu (que parfois je ne maîtrise pas du tout, mais j’aime ça), soit pour être précis, soit par euphonie, soit par fantaisie ! Je ne demande pas qu’on me dise que j’écrive bien ou mal, je veux simplement communiquer, mais avec mon style. Et mon style, c’est ça, sa race, sa mère ! :mrgreen:

J’en avais déjà précédemment parlé dans mon post « Conserver ou progresser ? », et je crois que ça colle aussi très bien au sujet. Comment savoir si ces déformations et malversations linguistiques sont une évolution normale de la langue, ou bien un vandalisme contre lequel il faut lutter. Après tout aujourd’hui plus personne ne sait écrire avec un stylo et du papier, et non plus faire un calcul mental simple sans une calculatrice, donc on ne va pas jeter non plus la pierre à des mômes parce qu’ils ne savent plus aligner deux phrases correctement ? Si, il le faut ? Si c’est leur style après tout… Mais alors quand le style devient appauvrissement, que faut-il faire ? Où mettre la limite et pourquoi, et de quel droit ?

La langue (son orthographe, sa grammaire, son vocabulaire) est le vecteur de la richesse culturelle de ses « parleurs ». Dès lors qu’elle s’appauvrit, c’est aussi les échanges qui s’appauvrissent, les nuances qui se perdent et le champ de conscience qui rétrécit. En outre, le niveau de langue doit être le plus homogène possible dans notre société. Il faut tout faire pour que l’on ne retrouve pas avec une discrimination au « niveau de langage », comme il se fait déjà avec « l’accent des banlieues ». Or l’expression écrite a une influence directe sur la qualité de l’expression orale. En lisant les posts de skyblogueur, on se rend compte de la manière dont la syntaxe est perdue, et dont le sens a un mal fou à se transmettre. Certains ont même du mal à comprendre leurs congénères, tant le décryptage peut devenir complexe et « local ».

Prenons un exemple d’un skyblogueur homo de 20 ans… Il est fou amoureux de son mec avec qui il est depuis un mois. Ouai bon je sais, mais c’est chou tout plein quoi ! ;-) Voilà ce qu’il écrit :

Auj est un jr spécial é il falé marké l’évé : cela fait 1mois ke mn hom é moi st ens… Jvoulé tdir bb ke jtm tré for é ke chui tro bien ac toi mé tmtc !! Ns avon déjà vécu pa mal de momen ens en un mois si on fé le bilan, entr lé soiré au Cap, les aprèm’ à Chartres, é depui peu les soirée ds lé bars…ainsi que lé ch moin avouabl… mdr !! Ke cela dure une éternité entr ns…profiton a fon de notr histoir !!

JE T’AIME !!!!!!!!!

Je crois que c’est la forme la plus classique du langage SMS. Qui l’est vraiment d’ailleurs, dans le sens où il s’agit principalement d’une abréviation des mots, et qu’il faut du coup deviner les lettres manquantes grâce au contexte et à l’habitude (avec 50 mots de vocabulaire, on a fait le tour). Il s’agit exactement du travail des archéologues qui déchiffrent des écritures anciennes ! En même temps, il s’agit d’une écriture quasi automatique et instinctive qui laisse passer les erreurs, comme s’il s’agissait d’un discours oral où l’on ne s’attarde pas sur toutes nos fautes de français. On est choqué car on considère le blog comme un espace « sérieux », mais je pense que les skyblogueurs ne voient cela que comme un espace à peine plus statique que le tchat’, et donc n’en ont rien à taper (littéralement). Je n’ai pas pris le pire des exemples là évidemment, puisqu’il s’agit d’un vocabulaire « courant », et de quelqu’un qui arrive à s’exprimer à peu près.

Un autre exemple du même gars, un peu plus typique « skyblog » :

Vs êtes kro gnon sur cet foto ts les 2!! Bn dacor, t le +bo mn keur lol,jtmmm!!
En tt ka, Leslie, jte coné depui peu mé t une fille tro cool perso! Avc le tps, on aprendra à sconètr!! Jvs fé de gro bizoux à ts lé deu !!
PS : jtm tré fort bb, jtien énormémen à toi… bizoux

Et là, j’ai été surpris, mais je me dis que c’est peut-être notre salut. :mrgreen: Il explique qu’il est avec son mec, et qu’en conséquence il voudrait faire son coming-out à ses parents, et demande conseils.

:’( ===> HELP ME <=== J'ai besoin de votre aide !! ===> HELP ME <=== :'(

Je ne sais vraiment pas comment faire !! Je suis un peu perdu pour être sincère tout en étant heureux en ce moment avec mon chéri même si cela ne m'étais pas arrivé depuis longtemps !
Pour vous expliquer mon problème, c'est que je suis vraiment amoureux mais alors énormément et je cherche à dire à mes parents que je suis gay mais je n'ai pas trouvé la solution encore... J'en ai marre de me cacher, de leur mentir lorsque je vais voir mon mec et tout quoi... Dois-je leur dire directement sans chercher à tourner autour du pot ou alors dois-je amener le sujet peu a peu lors des conversations que je peux avoir avec eux, puis leur en parler davantage jusqu'à ce qu'ils comprennent par eux-même que je suis homo ?? Je n'arrête pas d'y penser depuis plusieurs jours voire semaine maintenant et cela me tracasse de plus en plus la tête ! Au point, où ca commence à m'empêcher de dormir donc bon ça devient grave docteur ?? Je sais qu'il y a d'autres sujets et problèmes plus importants que mes états d'âmes mais si quelqu'un a une solution ou disons une méthode pour amener le sujet avec mes parents, je suis prenant !! Le problème majeur que je me pose c'est que je ne connais pas vraiment leurs véritables pensées et opinions sur l'homosexualité. A mon avis, je pense qu'ils l'accepteront même si le début sera difficile mais c'est normal, avec le temps, ils finiront par comprendre, mais j'en sers rien. C'est le flou total dans ma tête !!
De toute façon, il y a deux possibilités : soit ils l'acceptent et en même temps ils acceptent mon copain donc tout se passe bien, soit il y a désaccord total, et là c'est clair que je quitte totalement le foyer familial et ils ne me reverront que lorsqu'ils auront accepter mon homosexualité...

===> HELP ME <===

Dingue non ? Oui bon c’est blindé de fautes, et la ponctuation n’est pas parfaite, mais ce n’est plus du langage SMS. Il voulait faire passer un message, VRAIMENT. Et comme cela lui tient vraiment à cœur, que ce n’est pas pour déconner, et qu’il veut expliquer correctement et précisément ce qu’il ressent, il écrit sans abréger et sans tronquer. Donc pour ce garçon, je me dis qu’il y a de l’espoir, et qu’il fait la distinction entre les deux modes de communication.

La réponse de sa copine, dans le pur formalisme :

Cc mister.
Je sui pa une pro pour te doné d conseil mé jpense kil fodré ke tu parle domosexualité ac eux.Par ex lorskil y a u la gay pride toré du savoir ce kil en pensé com ca toré été fixé.
En mem tps, il peuve dir d choz ki coresponde a d inconu é ke lorskil sagi de toi, la il on une atitude différente car c toi.
Dc il fodré ke tamène le sujé pour conaitre leur avi é ensuite suivan ton éta despri é ce kil réponde, di leur la vérité, ou bien aten encore un pe pour lé metre sur la voie.
Maintenan c a toi de voir ce ke toi tu ve.Mé vo mieu pa lé bruské car il riskeré de le prendre trè trè mal é ca riskeré de faire de gro déga.Dc vas y en douceur mé fo ke ce soi clair.
Pour résumé, pren leur avi sur lomosexualité é ensuite, aborde gentimen ton cas en essayant de leur faire comprendre.
Maintenan je te di ca mé c pa forcémen la meilleure solution, si ca se trouv, kelkun te dira de faire otremen.Dc le seul vré maitre a bor c bien toi é persone dotre.Tu coné t paren mieu ke nimporte ki dc a toi de voir la solution ki te paré la plu abordable pour kil ny é pa de dispute.
Jte souète bon courage mon pti cokinou é pren la décision ki simpoz pour te rendre encor plu heureu é plu libre.
Gro bisou damitié pur

Alors conclusion ?

Encore une fois c’est dans l’éducation que se trouve la clef. A l’école et à la maison, il faut donner envie de lire, d’écrire, inculquer les bonnes règles pour mieux pouvoir y déroger par la suite (en toute conscience et connaissance). Evidemment c’est plus compliqué et coûteux que d’interdire, mais c’est l’unique solution à mon avis.

Mardi 29 Août 2006

Cinéphage Taxidermie

Classé dans: Cinéphage — @ 15:25:18

J’allais voir ce film hongrois en me disant que ça allait probablement un peu me surprendre, mais je pensais avant tout à un de ces films intellos qui font marcher les méninges dans une ambiance soporifique. Eh bien pas du tout ! Ce n’est pas chiant du tout, au contraire même, et il s’agit d’un film qui m’a énormément plu, malgré les nombreuses scènes assez insoutenables. Si vous n’aimez pas les images un peu gores à base de sexe, bouffe ou chair humaine, vous pouvez vous abstenir. Mais il ne faut pas exagérer, c’est tout à fait supportable et tellement bien filmé que ça passe, je ne comprends pas la dizaine de chochotes qui a quitté la salle…

Pour mieux comprendre le film, je crois que le message de l’auteur, György Pálfi, est assez important à saisir :

Voici l’histoire d’une famille, ou presque…

En littérature, le modèle de la saga familiale a été défini par Thomas Mann : en trois générations, le grand-père lance le clan dans le monde, le père porte la famille au sommet de la société et le fils renonce aux valeurs fondatrices de la réussite. Dans Taxidermie, ce schéma est repris, déformé, amplifié et bouleversé. J’envisage ce film, l’histoire de ces trois générations, comme un film à sketches. Un film à sketches qui n’obéirait pourtant pas aux règles traditionnelles du genre car c’est bien ici une histoire complète qui en émerge.

C’est le fil de cette histoire complète que j’ai du mal à suivre. Les trois histoires, elles, sont parfaitement distinctes et nous mettent clairement dans les trois époques, ambiances et personnages. Il y a le grand-père qui est un soldat et obsédé sexuel pendant la seconde guerre mondiale, le père qui est un athlète et champion de « bouffe » (il fait des concours d’ingestion de nourriture) de la Hongrie soviétique des années 60, et enfin le fils, aujourd’hui, qui est une sorte de taxidermiste compulsif.

Le lien de filiation est clairement inscrit dans les trois volets, et on suit ainsi les trois destinées des personnages. Le premier cherche donc absolument à baiser, et se branle frénétiquement avec des méthodes quelque peu « incendiaires ». On y voit aussi un rapport sexuel assez étrange avec un porc entièrement découpé. Bon appétit bien sûr ! Mais le pire est « avenir » comme dirait Maïa, puisque le fils nous fait d’incroyables démonstrations d’enfournage de kilogrammes de soupe ou de tripes (de la bouffe visuellement bien dégueue évidemment). Et après chaque épreuve, c’est évidemment séance de gerbe pour tout le monde ! Huummmm ! Il gagne ainsi une certaine célébrité nationale, et se nourrit tant qu’il peut de cette notoriété. Contre toute attente, son descendant est plutôt du genre chétif et malingre. Ce dernier est un brillant taxidermiste qui fait une fixette sur son métier, et nous fait la démonstration des techniques les plus anatomiques et chirurgicales sur les plus inattendus des spécimens.

Voilà, oui c’est un petit peu dur. Mais le film raconte aussi une histoire, des histoires, et il tient vraiment en haleine par ce scénario improbable, et cette lignée tout aussi spéciale. C’est crade mais c’est aussi très drôle et dérangeant. Je trouve que le gore passe vite au second plan, derrière des personnages dont le profil psychologique apparaît rapidement à la lumière. György Pálfi force le trait de ses personnages, et fait sortir de manière saillante et marquée les névroses de ses protagonistes. On n’est pas certain de bien comprendre le pourquoi du comment, et la transmission générationnelles des psychoses, mais le film fonctionne. Il y a vraiment quelque chose d’intéressant là-dedans.

En tout cas, le film n’est pas intello-chiant, et il est remarquablement bien filmé. Evidemment il ne ressemble à rien d’autre, tant son scénario et sa fibre « fucked-up » en font une œuvre inclassable et iconoclaste.

L’avis des copines : Niklas.

Taxidermie

Lundi 28 Août 2006

Magazinage Rigoladages

Classé dans: Magazinage — Tags: @ 16:01:56

Je suis abonné depuis plusieurs années à « Fluide Glacial », et malgré les hauts et les bas, ce magazine est toujours là pour me tirer quelques irrépressibles éclats de rire. Je l’avais déjà évoqué pour le numéro spécial « Gay » où j’avais beaucoup aimé leur ton. Car même s’ils ont souvent un ton un peu homophobe, ce n’est jamais (je crois) méchant mais simplement aussi moqueur que pour les autres. A vrai dire, ils se moquent autant des pédés que des hétéros, des racistes, des bigots, ou bien d’eux-mêmes ! Et leur humour est aussi lourd et graveleux, que parfois d’une finesse inattendue.

Ce magazine est bourré d’informations délirantes, de marges pleines de graffitis, des « chroniques du dérisoire » de Léandri dont je suis fan, de news sur le monde et l’histoire de la bédé, des gags (parfois très mauvais) qui fourmillent à toutes les pages, et puis les extraits de talentueux dessinateurs et humoristes. Tout ne me fait pas rire, mais je suis au moins certain de passer un bon moment avec mon mensuel.

Dans le dernier numéro, j’ai ri pendant cinq minutes sur cette simple vignette :

Lefred-Thouron - Fluide Glacial Août 2006

(Lefred-Thouron)

Ok ce n’est pas du plus fin, mais qu’est-ce que ça me fait marrer alors. :mrgreen:

Et dans un autre genre, les brèves de comptoir de « Chez Francisque » (Larcenet et Lindingre) sont souvent assez irrésistibles. Si on fréquente un peu les bistrots, ce n’est vraiment pas de la science-fiction. Et dans le dernier numéro, voilà en plus une page « gayfriendly ». ;-)

Cliquez pour lire la suite

Dimanche 27 Août 2006

Linkage Outside Des blogueurs pas comme les autres

Classé dans: Linkage, Outside — @ 02:19:23

Dans l’ensemble, tous les journaux que je lis sont des blogs qui ont un certain formalisme en commun. Que ce soit des gens qui ont utilisé Dotclear, WordPress ou Movable Type sur leur espace privé ou sur free, ou bien ceux qui passent par des plateformes de blogs (canalblog, u-blog, over-blog, 20six, typepad…), ils présentent tous des posts dont le dernier en date est le plus récent, des commentaires, des archives etc. Bref, ils ont tous des attributs similaires, malgré les thèmes et les personnalisations.

A force de bloguer, on a voulu aussi rajouter quelques pages en plus histoire de se donner une « image » un peu plus complète. C’est alors que les blogs se sont mis à ressembler à ces pages persos de la milieu/fin des années 90. Moi j’en avais mis une en place en 1998, avec un édito par mois et tout. Arf arf. Eh bien autant beaucoup de gens ont migré vers les blogs, autant il reste quelques irréductibles gaulois qui dérogent à la règle.

Et c’est vrai qu’aujourd’hui un blog sans fil rss a peu de chance d’être lu régulièrement. De même que les commentaires aident carrément à booster le trafic, ou les listes de liens à se faire du copinage et des clics en plus. Mais il y a des sites qui ne sont pas vraiment des blogs, et que je lis avec attention et assiduité. L’un de ces diaristes, le plus iconoclaste, est (était…) très connu et a arrêté d’écrire en début d’année, c’est PacaBête. L’excellentissime Pascal Pellerin qui réussissait à nous faire rire aux larmes, et parfois même émouvoir jusqu’aux larmes. Un truc dingue ! Et sur un espace perso minable, beurk beurk. Mais brillant au point que l’on se le mettait en favoris pour aller vérifier régulièrement si un nouveau texte était présent.

Les deux autres dont je veux vous parler sont un peu plus « typiques ». Car étrangement, ces diaristes anticonformistes sont des informaticiens, donc les plus à mêmes de bricoler un blogiciel. Mais au contraire, ils ne veulent pas se casser la tête avec du code tout fait, ils préfèrent leurs propres lignes, leurs propres machins qui répondent exactement à leurs besoins. Un affichage simple mais efficace, et pas un truc qui clignote dans tous les sens mais un site discret et affranchi. Pas de commentaires, pas de fil rss, pas de blogroll, d’ailleurs ils ne viennent commenter que très rarement sur des blogs, et ne tiennent pas à se faire remarquer, ni spécialement à être lu. Donc c’est très mal ce que je fais là à certains égards. :mrgreen:

Mais je suis obligé de parler d’eux car j’adore leurs écrits. Ils sont tous les deux très distincts, mais ont ce point commun d’avoir gardé un site perso avec cette partie plus ou moins « journal ». On y trouve souvent des albums photos, des références biographiques et professionnelles, des textes et toutes sortes de productions et informations. Mais ce que j’aime c’est surtout la teneur et la qualité de leurs écrits.

Il y a le « Journal de L’Arno » qui est un impressionnant compte-rendu, jour après jour, de ce garçon (tiens les deux diaristes ont le même âge que moi à pas grand-chose près). Pas toujours précis mais quotidien, on peut y lire quelques phrases, un court paragraphe en général, guère plus. J’adore cette manière concise et pointilliste de noter ces quelques événements et impressions de la journée, et puis il y a souvent de belles photos, et les mois sont chacun agrémentés d’un « décor » personnalisé. Sur le mois en cours, il a même oublié de glisser le lien vers les archives (et il a mis 2005 au lieu de 2006, sur la page en question !). Arf !

On peut aussi y lire des récits qui expliquent son parcours « vital » de l’enfance à sa vie d’adulte en couple (mais oui c’est une copineuh !) etc. Bref, je vous laisser butiner ce petit site perso drôlement bien goupillé et qui a énormément de charmes.

Le deuxième c’est « Babardages ». Un site perso aussi qui possède à peu près les mêmes rubriques que le précédent, mais différemment construit et structuré, avec beaucoup de photos surtout. On n’y retrouve pas le rapport quotidien de L’Arno (que j’aime aussi pour cela), mais des récits d’une grande qualité, très travaillés et qui me laissent rarement indifférents. Je lui trouve vraiment une très belle plume, et je reviens régulièrement pour le lire même s’il faut parfois attendre des semaines avant de consulter la suite.

Là encore, il y a des informations sur tout le parcours de ce garçon (mais oui lui aussi il est sensibleuh !), et c’est assez impressionnant. Voilà de quoi le découvrir dans son « intégralité » à travers des photos, des créations musicales, et des textes vraiment très bien sentis et inspirés. Alors lui on le lit dans l’ordre chronologique, ce qui n’est pas forcément très aisé, mais c’est comme ça. Il faut aller dans « Temps III », puis « Une vie parisienne 2004-2006 », puis « journal (2005, 2ème semestre) », et enfin cliquer sur les pages suivantes (icône en fin de page) pour arriver en 2006 (il n’a pas encore créé de lien vers 2006, hé hé hé) ! Ce n’est pas une sinécure, mais ça vaut le coup. Arf arf.

Bon j’espère qu’ils ne m’en voudront pas de les avoir exposer ainsi. :kiss:

Samedi 26 Août 2006

Exposage Musée du Quai Branly

Classé dans: Exposage — @ 02:26:21

Bah forcément « Musée du Quai Branly », c’était déjà un bon moyen pour éviter de cafouiller dans les intitulés « Musée des Arts Primitifs » ou « Musée des Arts Premiers » et les autres qualifications plus ou moins néocolonialistes ou politiquement correctes. Ainsi on ne trouve absolument aucune mention de ce type pour qualifier le musée et son contenu. Il s’agit d’objets traditionnels, de textiles anciens ou d’œuvres représentatives du patrimoine millénaire de tel ou tel continent.

Aucune mention d’âge ou d’ère, comme ça au moins on ne va pas non plus se prendre les pieds dans un art néolithique qui aurait perduré jusqu’à avant-hier (une bonne partie de la collection vient du « Musée de l’Homme »)… Mais du coup il faut accepter aussi le fait que l’Europe soit purement et simplement absente des collections… Assez dingue non ? Est-ce encore parce qu’il aurait fallu choper des trucs du musée de l’Homme ? Rhaaaa ça a du être une de ces prises de tête tout ça ! Politique, image, stratégie de communication…

Et en évitant aussi de parler d’art, le musée se permet aussi de faire l’impasse sur ce qu’il fallait ou ne fallait pas inclure là. Objet d’art ? De décoration ou votif, religieux ou artisanal ? Des outils, des totems, des pirogues, des couverts, des sacs, des instruments de musique ?

Bon bah ne nous prenons pas la tête, voici le « Musée du quai Branly » qui rassemble une très riche collection d’objets représentatifs des patrimoines des continents américains, asiatiques, africains et océaniens. D’ailleurs après avoir vu tout ça, je me suis dit qu’on les avait drôlement efficacement dépouillé ceux-là encore. J’ai encore du mal à me dire qu’on arrive à s’enorgueillir de nos collections qui sont tout de même le reflet premier de notre barbarie des décennies passées, et du pillage systématique de ces peuples. Mais passons, je sais bien que l’on ne va pas revenir sur ça, et que ce qui est important c’est au moins que ça ne soit plus le cas aujourd’hui (mouai… ce n’est pas gagné). Et puis c’est une curieuse résonance que ces statuettes Dogon superbement exposées au sein d’un quartier ultra bourge, dans la mouvance politique actuelle.

« Nos oeuvres ont droit de cité là où nous sommes, dans l’ensemble, interdits de séjour. » comme le dit Aminata Traoré, ex-ministre de la Culture du Mali.

Le lieu en lui-même et le bâtiment sont déjà des choses dont il faut parler. Cet ensemble architectural de Jean Nouvel est vraiment intéressant. Je ne suis pas supra fan de tout ce qu’a pondu Nouvel, mais il y a au moins l’Institut du Monde Arabe qui est une réussite notable pour moi. Et le musée du quai Branly est doté d’une très belle architecture, un concept vraiment « puissant » et inspirant. Par contre, je ne suis vraiment pas conquis par la scénographie des collections, mais alors vraiment pas. Il y a quelques éléments remarquables, mais d’autres qui vraiment ne me rassurent pas du tout. Une architecture aussi marquée peut au moins avoir le mérite de représenter son époque, et aura certainement très rapidement son cachet et son « style ». Mais étrangement, j’ai l’impression que l’endroit est déjà complètement daté et obsolète.

On pénètre dans un endroit arboré, un parc en devenir, qui entoure le musée en lui-même. Le tout est entouré d’une grande enceinte transparente avec des idéogrammes d’anciennes civilisations. Une fois que les plantes auront bien pris possession de l’espace, je pense que ce sera très sympa, car c’est déjà très agréable et original. Le bâtiment est aussi assez beau de l’extérieur, et on réalise à l’intérieur que les excroissances colorées extérieures, ces cubes qui dépassent, sont des prolongements de salles d’exposition et des niches qui cachent leurs objets. Singulier mais marrant !

L’entrée est un peu bordélique mais j’imagine qu’il faut qu’ils trouvent leurs marques, c’est normal. Un truc que j’adore : une gigantesque colonne de verre joue le rôle d’un pilier central, et il contient les objets de la réserve. Alors que les objets sont normalement en cave ou caché, là on expose une partie de la réserve (des instruments de musique) et même si elle n’est pas (évidemment) visitable, j’aime beaucoup le procédé qui montre l’envers du décor. Cette partie du musée est fascinante, car pour atteindre les collections permanentes il faut gravir une pente assez douce en spirale. Avec en plus des murs et sols immaculés, on se croirait carrément au Guggenheim de New York ! C’est magnifique, reposant et ça donne soif de découvrir le reste. Mais pourquoi ne pas utiliser l’endroit pour commencer à présenter les collections ? Ce serait idéal pour éclairer le visiteur sur les continents présentés, les typologies d’œuvre etc. Et si je dis cela, c’est parce que la suite se corse…

On pénètre dans un corridor dans une ombre inquiétante, et il faut être nyctalope pour voir où on met les pieds. On entre alors dans le cœur du musée, et surprise, il fait aussi sombre que dans le couloir. Ah… Mais vraiment sombre vous voyez… Les collections sont regroupées sur une vaste surface, vaguement délimitées par des murs, qui ressemblent à des concrétions calcaires (ambiance grotte néolithique). Du coup on passe d’un continent à l’autre sans s’en rendre compte, ce qui est assez déroutant. Allez hop Afrique, Amérique, Asie ! En outre, il n’y a pas de classement thématique ou chronologique des œuvres. Elles sont « là », et voilà ! Conséquemment à cela le parcours pédagogique est inexistant, et il était impossible de se repérer (trop sombre, et tout se ressemble). D’ailleurs le personnel du musée était constamment occupé à diriger les gens, et avouaient eux-mêmes que la circulation dans le musée n’était pas chose facile.

Donc là le travail de Nouvel est assez discutable. Autant l’ambiance de la montée m’avait boosté, autant la scénographie des collections m’a refroidit. Il est possible de rater tout un pan de la collection si on ne s’y prend pas correctement. Ensuite les explications sur les œuvres sont plus que parcellaires, pas toujours bien positionnées ou éclairées et seulement en français (sauf pour une partie de l’expo où on trouve les traductions en anglais et espagnol). Ne parlons pas des pseudos espaces pédagogiques ou pour les mômes. Un peu minable sur le coup… On a même essayé des lunettes binoculaires qui étaient positionnées pour un gamin, et il s’agissait de diapositives… Je m’attendais à un arsenal pédagogique, et là je suis bien resté sur ma faim. Sur l’une des mezzanines, il y a un espace multimédia bien achalandé, mais bon on n’est pas dans un musée pour surfer sur un CD-ROM. Il faudrait peut-être que je me mette aux audioguides, mais je n’aime vraiment pas ça.

Voilà, j’ai craché mon fiel sur ce qui m’a désappointé, mais il faut bien que je parle aussi des aspects positifs ! D’abord c’est simple mais les collections présentées sont manifestement exceptionnelles. J’étais sur le cul de constater une telle richesse. Tant dans la diversité, dans la beauté formelle ou la singularité des œuvres, est rassemblé là un assortiment extraordinaire. Et je dois aussi saluer les superbes vitrines (qui doivent coûter bonbon) en verre fumée et qui permettent de littéralement suspendre les œuvres. Ainsi les masques et statuettes, objets votifs ou décors d’outils semblent flotter dans les airs. La transparence de ces fabuleuses vitrines donne aussi des perspectives magnifiques du musée, et mettent diablement bien en valeur les objets.

On peut rester des heures à errer dans cet endroit, qui a le mérite de plonger le visiteur dans une ambiance un peu mystérieuse et onirique, extrêmement propice à la découverte de ces œuvres. Le côté positif de l’inorganisation et du manque de détails (puisque je sais que nous ne savons finalement pas grand-chose sur la majeure partie de ces objets) c’est vraiment de profiter de l’endroit comme une caverne aux merveilles. On est juste là pour flâner et s’en prendre plein les mirettes. On oublie l’espace, le temps, les lieux, les civilisations, et voilà ce qu’est l’Homme. De ce point de vue, j’ai adoré le musée et ce qu’il propose. Cette plongée en apnée dans notre histoire commune, dans notre inconscient collectif (qui passe par ces costumes, masques, représentations symboliques, motifs…) et dans un dédale de beautés, d’horreurs, d’images fascinantes, repoussantes ou étrangement familières. L’expérience est possible grâce à cette scénographie là, mais ce n’était pas ce que j’attendais d’un tel endroit peut-être…

Il faut dire aussi que mon expérience en terme d’Arts Primitifs est celle du Louvre, qui possède une petite collection, que je trouve remarquablement présentée et mise en valeur. Il s’agit du « Pavillons des Sessions » qui présentent 120 œuvres aussi réparties en continents. J’avais été complètement conquis par cette modeste exposition qui se visitait très rapidement. La beauté des objets et la scénographie (très « claire » là justement) m’avaient fait un sacré effet. J’aurais bien aimé que le Quai Branly aille plus loin mais dans cette direction, et peut-être donc vers plus de sobriété.

Je fais encore mon rat mais 8,50 euros pour l’entrée et 5 euros pour l’audioguide, c’est onéreux.

Il n’en reste pas moins que le Musée du Quai Branly est à visiter, et à découvrir. Les œuvres qui y sont présentées valent vraiment le déplacement (j’y suis allé en nocturne, c’était vraiment agréable), et offrent un dépaysement bien efficace. Donc ne pas trop y aller pour apprendre des choses en matière d’ethnologie, mais plus pour en prendre plein la vue, et s’émerveiller de la qualité des œuvres, et de ce sens artistique « humain » d’une bluffante universalité.

L’avis des copines : Fuligineuse I et II (je suis incroyablement d’accord avec elle !), une intéressante mise en perspective de la Boîte A Images et l’avis dithyrambique de Denis.

Musée du Quai Branly

Vendredi 25 Août 2006

» Brain Not Found nous informe que CBS prévoit un “Survivor” (Koh-Lanta) où les groupes qui s’affrontent sont en fait classé par origine “raciale”. Latinos, asiatique, noirs et blancs doivent concourir les uns contre les autres. Eurk. C’est immondissime, j’espère qu’un truc pareil ne passera pas. (13)

Cinéphage Le Vent se lève

Classé dans: Cinéphage — @ 19:05:51

Il fallait bien aller se régaler d’un nouveau Ken Loach, et comme en plus celui-ci était doté d’une Palme d’Or à Cannes, c’était encore plus irrésistible. J’aime beaucoup Ken Loach, non seulement pour son engagement politique sans faille (et dont les tendances me plaisent), mais aussi pour l’incroyable stabilité dans l’excellence de ses films. Il n’y a certainement pas beaucoup de réalisateurs qui peuvent se targuer d’une production aussi féconde et d’une qualité aussi bonne. Donc pourquoi est-ce que celui-ci a été récompensé ?

Eh bien, je ne sais pas bien… Car « Le Vent se lève » est sans conteste un excellent cru, dans la pure tradition de Ken Loach. Des qualités à foison dans l’écriture, les comédiens, la mise en scène, ou encore l’histoire, mais rien que de très ordinaire pour le réalisateur, et du coup je n’ai rien vu là qui justifie le prix. Reste que c’est agréable d’aller voir une Palme d’Or qui ne soit pas une œuvre avant-gardiste ou élitiste mais au contraire accessible et populaire. Ce prix est peut-être une récompense pour l’œuvre entière de Loach, et je serais le dernier à dire que c’est immérité.

Le film raconte un épisode crucial de l’histoire contemporaine de l’Irlande, et comment dans les années 20, les irlandais se sont rebellés contre l’autorité anglais jusqu’à obtenir une autonomie politique. Cette autonomie a encore divisé le peuple, entre ceux qui en voulaient plus, et ceux qui ont accepté ce premier « pas » vers l’indépendance. Du coup les « républicains » qui luttaient contre le joug de l’envahisseur britannique se sont divisés, et sont devenus à leur tour ennemis. (Il était certainement plus facile de lutter « irlandais contre anglais », qu’entre « frères ».) Il s’agit aussi de narrer ce contexte terrible de grande pauvreté en Irlande au sortir de la première guerre mondiale, mais aussi la manière ignoble dont les soldats anglais traitaient les gens. Et là Ken Loach a eu le courage insensé de faire un point sur le passé colonial de son pays, ce dont nous avons encore besoin en France.

Dans cette Irlande aux conditions sociales terribles, Damien (très bon Cillian Murphy) est un tout jeune médecin qui veut aller travailler à Londres. Mais rapidement, son frère Teddy et d’autres maquisards et amis le convainquent qu’il doit rester et lutter avec eux. Après un énième crime de soldat anglais sur des irlandais innocents, Damien décide de se battre pour une république indépendante. Il rencontre Dan (Liam Cunningham) avec qui il partage des idées politiques socialistes. Les anglais sont terribles dans leur autorité et cruauté envers les dissidents, et ils n’hésitent pas à torturer, tuer et incendier. Mais une guérilla se met en place, et c’est œil pour œil, dent pour dent…

Le film dure deux heures, mais je ne les ai vraiment pas vues, tant le film est porté par une histoire palpitante. Mais il y a en outre l’Irlande et ses paysages incroyables, une musique aussi très efficace, et un excellent narrateur tel que Ken Loach qui font que l’œuvre est d’une stupéfiante beauté formelle. Et les comédiens sont relativement irréprochables, avec un Cillian Murphy qui incarne avec beaucoup de crédibilité ce jeune médecin qui prend le maquis (alors qu’au début justement, il a une sorte de fragilité qui déconcerte).

La violence est aussi extrêmement crue et parfois assez insoutenable (l’arrachage d’ongle à la pince… il faut avoir le cœur bien accroché), ce qui est assez inhabituel chez Loach, et donne une force supplémentaire à ces scènes. Il ne fait vraiment pas de cadeau à ses compatriotes, mais on ne le sent malgré tout pas dans la surenchère. C’est aussi ce que j’adore chez ce type. Certes il est à « gauche toute » et il instille toujours ses idéaux dans ses films, mais là encore il ne fait pas un procès à charge à son pays et son histoire. Il voit bien plus largement que cela, et surtout bien plus loin. En évoquant ce contexte historique, le réalisateur parle de l’expérience coloniale de tous les pays impérialistes de l’époque (France incluse évidemment). Mais il évoque aussi l’injustice sociale, et la manière dont les politiques internationales se moquent plus de la résolution des conflits, que de la stabilité dans l’équilibre économique existant.

Bah oui, j’ai bien aimé le film aussi. :mrgreen:

Donc il faut aller voir les films de Ken Loach, ce mec arrive de manière hallucinante à nous pondre des films « divertissants » (pas chiants on va dire), avec intelligence, finesse et discernement.

L’avis (commenté) des copines : Niklas (ça vous étonne ?), Oli (sinon il va pleurer sa mère !), Chapi et Nij (ils parlent des mêmes films ces deux là, à croire qu’ils vont au ciné ensemble :mrgreen:). Et Paumé puisque tu étais dans la salle le même soir, tu en as pensé quoi ? (Tu étais très choupinou dans ton costard !)

Le Vent se lève

» Hou-Hou rapporte le commentaire d’une jeune tunisienne de 23 ans qui s’exprime sur sa difficulté d’accepter son homosexualité. Une triste réalité qui reflète bien la situation au Maghreb, et ailleurs… S’il y a des copines qui peuvent lui écrire, elle a laissé son mail chez Hou-Hou. (4)

Jeudi 24 Août 2006

Boukinage Vous n’êtes pas seul ici

Classé dans: Boukinage — @ 17:53:13

L’auteur, Adam Haslett, est considéré comme un jeune auteur surdoué, et ce recueil de nouvelles a même été en lice pour le Pulitzer. C’est marrant car je rapproche ce bouquin de celui de Frédéric Boudet, Invisibles, qui était aussi édité à « l’Olivier ». Dans les deux cas, ce sont des nouvelles bien construites (jusqu’à la petite dizaine de pages) et qui explore avec une intéressante acuité les fêlures de leurs personnages, et ces moments charnières de l’existence où le rapport à autrui prend tout son sens (et son importance).

Dans « Vous n’êtes pas seul ici », Adam Haslett nous entraîne dans neuf histoires qui ont pour point commun de figurer des protagonistes liés de (très) près ou de (pas) loin à une maladie psychique. Il s’agit d’un père maniacodépressif qui tente de renouer de dialogue avec un fils qui souffre énormément de la maladie de son père. On voit aussi une femme schizophrène qui se lie d’amitié avec un adolescent « bénévole » dont la mère est dépressive. La dépression aussi qui gâche l’existence d’un homme et le pousse au suicide… Bref, des personnages fragiles et qui font parfois souffrir, contre leur gré, leurs proches et leurs familles.

L’auteur a un indéniable talent de nouvelliste dans sa capacité à poser une situation en quelques lignes. On rentre très rapidement dans le cœur du sujet, et il pose le décor avec une concision et une efficacité vraiment notables. Il expose avec précision et empathie les profils psychologiques de ses personnages, et en quelques paragraphes, il déroule son scénario. Ces histoires sont belles et percutantes, elles attaquent bille en tête les sentiments les plus délicats, et les relations interpersonnelles les plus épineuses. En outre il met en place des rencontres singulières qui donnent beaucoup d’énergie et de suspense à ses récits. Forcément, on est rapidement alpagué par l’ouvrage qui se dévore en quelques heures.

Mais là où je ne suis pas dithyrambique c’est dans le style ou l’originalité du procédé. En effet, il a l’air d’appliquer avec une certaine rigueur une structure narrative qui finit par être lassante, au bout de neuf nouvelles. Et je ne peux m’empêcher d’y voir un exercice d’écriture un peu trop gratuit et « spectaculaire » pour vraiment me plaire. Comme si le charisme de l’auteur était dilué par une volonté de mettre en place un scénario « prêt-à-adapter », qui finalement m’agace un peu.

Reste que le thème de ces nouvelles est très puissant et porteur. On ne peut qu’être touché, surtout lorsqu’on connaît des personnes atteintes de ces mêmes maux. Il décrit incroyablement bien en si peu ce que doit ressentir le malade, toutes ses contradictions, et les conséquences familiales. On comprend avec une finesse dérangeante le paradoxe du maniacodépressif, et cette obligation de prendre des médicaments alors que la sensation de bien-être est tangible et crescendo (mais fatale) pour le malade.

Un bon bouquin mais peut-être terriblement américain dans la forme, et de ma part ce n’est pas peu dire (je suis féru de littérature américaine, je ne lis quasiment que cela).

L’avis des copines : Olichou.

Vous n’êtes pas seul ici - Adam Haslett

Mercredi 23 Août 2006

» Indilou est de retour d’Inde, d’où elle avait rédigé quelques chouettes posts sur son voyage/expérience. Aujourd’hui c’est un article saisissant sur son ressenti à Bombay… (0)

» Valentina Viodorovna de chez Pédérama a pondu un post qui mérite le détour et l’attention. Voilà un article intéressant et percutant qui a le mérite de dire des choses peu plaisantes mais, à mon avis, particulièrement justes et pertinentes. A lire ! (1)

Matooyage Outside J’aime les mitochondries

Classé dans: Matooyage, Outside — @ 17:28:25

Je m’excuse à l’avance auprès des biologistes, scientifiques et assimilés qui lisent ce blog, et vont repérer des erreurs. Je corrigerai avec plaisir si vous me l’indiquez, je ne suis qu’un amateur. Mais voilà, non seulement j’aime les narvals, mais je fais aussi une fixation sur autre chose depuis que j’ai appris leur existence : les mitochondries.

Oui je sais ça surprend la première fois, mais c’est comme les narvals, on finit par s’y faire. Dès que vous voyez un narval à la télé ou dans la presse, je suis sûr que vous pensez à moi (Nan ? Ingrats !), eh bien ce sera pareil pour les mitochondries. Ces dernières sont des organites cellulaires dont on apprenait l’existence, à mon époque, en classe de terminale.

Il faut dire que j’ai toujours eu des révélations mystiques à l’école, j’ai régulièrement eu des déclics qui m’ont fait adorer certaines matières scolaires, et qui m’ont convaincu que les scientifiques étaient des démiurges (et des bons coups ! Si, si !). Par exemple, en cinquième j’ai été fasciné par les équations, et par la mise en équation. Quand j’ai compris qu’en résolvant une équation, je ne faisais que modéliser une balance et son fléau à la place du signe « égal », j’ai défailli. Et qu’on puisse mettre des problèmes concrets de la vie de tous les jours en équation, qu’une équation pouvait se lire comme un exposé tangible d’une situation, et qu’ainsi on pouvait les résoudre plus facilement que par des cogitations cérébrales (qui dépassent rapidement les capacités humaines classiques), qu’il s’agissait d’abstraire le monde pour mieux en manipuler les éléments tout en conservant les plateaux de la balance en équilibre, et pouvoir simplifier les difficultés jusqu’à les résoudre. Bah j’ai trouvé que ça tuait sa race tellement c’était génial. En seconde, c’est la cinématique et la mécanique qui m’ont troué le cul. De la même manière, pouvoir prévoir une trajectoire, et avoir conscience de la gravité furent des moments de jouissance infinis. Et aussi ce truc dingue, la conservation de l’énergie mécanique. Comme le fait que lorsqu’on monte un escalier, on gagne en énergie potentielle, mais on perd en énergie cinétique, et réciproquement. Rhaaaaa lovely ! En première, il y a eu la génétique qui m’a encore bien décalqué les neurones, et fait prendre mon pied. Et en terminale, c’est à égalité avec la « conscience et l’inconscient » en philosophie, et les mitochondries ! Bon mais je dois avouer que j’ai aussi un faible pour les chloroplastes avec le cycle de Calvin et le phénomène de photosynthèse (oh oui à égalité avec les mitochondries en fait) ! Après le lycée, malheureusement, j’ai eu moins de révélations mystiques. Mais tout de même… les transformées de Fourier et les représentations de Nyquist en automatique m’ont donné quelques érections mentales mémorables.

Et puis comment ne pas me souvenir des cours d’électronique numérique, et la sensation merveilleuse lorsqu’on comprend que tout repose sur ce fameux 0 et ce célèbre 1. C’est si simple, le courant passe, le courant ne passe pas. Et le binaire permet de représenter n’importe quel nombre, donc n’importe quoi, il suffit d’avoir suffisamment de cases pour traduire tout cela en 0 et en 1. Et on comprend avec ravissement que l’hexadécimal, ce n’est après tout que compter en base 16, fastoche ! Le vertige procuré par la découverte extravagante de ce système si simple et transcendantal, et se rendre compte qu’à partir de là, couche après couche, un ordinateur n’est pas plus compliqué que cela.

Mais revenons à nos mitochondries.

Dans la cellule donc, c’est l’organite (le machin quoi) qui permet de « produire » de l’énergie directement utilisable par la cellule. Or l’énergie en tant qu’être humain on la chope en se nourrissant, et en respirant. Et la cellule, elle, pour fonctionner elle a besoin d’un truc qui s’appelle « ATP » qui a un nom complet super exotique : Adénosine triphosphate. La mitochondrie est notre petit compagnon indispensable qui, par phosphorylation oxydative (mein gott, c’est bon !), va transformer le glucose du sang (provenant de la digestion) en ATP, grâce à l’oxygène qu’on respire (mais elle y arrive aussi sans, la petite choupinette intracellulaire). Le résultat de ce processus est du dioxyde de carbone et de l’eau. En gros, il s’agit du Cycle de Krebs (ah ah ah je l’ai eu au bac, j’avais trop cartonné ma race !).

Schéma d'une mitochondrie

(En plus, elle est super mignonne la mitochondrie !!)

Et quand on est en train de courir par exemple (si, si, souvenez-vous) et qu’on a besoin d’énergie, mais qu’on respire comme un bœuf, et bien les mitochondries peuvent manquer d’oxygène pour fournir l’ATP. Du coup, elles peuvent aussi produire en milieu anaérobie (rien à voir avec Véronique et Davina, ça veut dire sans oxygène), par fermentation, mais alors cela crée de l’acide lactique, qui peut donner des crampes aux muscles.

Une mitochondrie c’est un machin fripé avec des replis qui maximisent ainsi sa surface interne, car cela optimise son efficacité en terme de phosphorylation oxydative. Et donc sans cela, nous aurions des petites cellules bien en difficulté pour faire leur boulot. Mais ce qui est fascinant chez les mitochondries (en plus de cette utilisation, qui en elle-même est déjà bluffante), c’est que ce sont des éléments au matériel génétique indépendant de la cellule. Elles se divisent elles-mêmes, avant la division cellulaire, et elles possèdent leurs propres gènes et chromosomes. Le truc marrant c’est que lors de la reproduction, ce sont uniquement les mitochondries de maman que l’on récupère. Ainsi on peut étudier ces gènes mitochondriaux et traquer des « lignées de mères ». Il y aussi ce truc de l’« Eve Mitochondriale » qui serait celle dont nous sommes tous issus (mais ce n’est qu’une vue de l’esprit).

Et ce qui m’avait le plus épaté dans les mitochondries, c’est qu’il y a des pistes et des hypothèses qui suggèrent que cet organite était en fait un parasite qui est entré en symbiose avec nos cellules, il y a très longtemps. Cela explique le matériel génétique indépendant, et le fait que nous ayons utilisé cette bactérie parasite comme catalyseur à la production d’énergie, tout en la protégeant dans notre cytoplasme. Et avec le temps, la colocation et l’échange de bons procédés sont devenus tellement liés, qu’ils ne font plus qu’un, et sont indispensables l’un à l’autre.

A l’époque, j’avais pensé à une nouvelle d’Isaac Asimov que j’aime beaucoup. Il existe dans son histoire plusieurs races dans l’univers, mais les humains sont la seule à avoir le concept de « sommeil ». Ils ont aussi une espérance de vie beaucoup plus courte. Cette « mort temporaire » fait énormément peur aux extraterrestres, qui envoient des scientifiques pour étudier cela. En effet depuis quelques temps, et au contact avec les humains, les extraterrestres attrapent une curieuse maladie, et finissent par mourir. On découvre en fait que le sommeil est le résultat de la symbiose entre un parasite et l’homme. Plus on vieillit, et plus le parasite gagne sur l’homme, et on meurt. Mais l’homme ne peut plus vivre sans le sommeil non plus, depuis le temps qu’il vit avec ce parasite… C’est ce parasite qui menace l’univers !! L’homme est une « maladie » pour les autres races de l’univers.

Voilà, j’aime les mitochondries, et maintenant vous savez pourquoi.

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