Cinéphage Brick

Publié le Lundi 21 Août 2006 à 16:27
Catégorie: Cinéphage

Dès les premières minutes, on sent la marque de l’indépendant américain bien senti, et le festival de Sundance ne s’y était pas trompé en donnant au film son « prix du jury ». Non seulement c’est de l’indépendant américain, mais en plus du plutôt très bon ! La manière de filmer, le sujet, les comédiens, la musique, tout concorde, et tout est là rassemblé pour nous faire passer un très bon moment.

Nous sommes au lycée de San Clemente en Californie, et Brendan (excellent Joseph Gordon-Levitt, qui jouait dans « Mysterious skin ») est un élève du genre solitaire et acariâtre. Il reçoit un message étrange lui indiquant un rendez-vous à une cabine téléphonique de son ex petite amie, Emily. Lorsqu’il s’y rend, cette dernière l’appelle et lui fait un récit un peu hystérique, où elle cite quelques noms et évoque une « brick » en disant qu’elle s’est mise dans la merde. Puis elle raccroche brutalement, et le laisse en plan. Brendan commence alors à enquêter dans les milieux louches de son lycée. Deux jours plus tard, il finit par découvrir le corps d’Emily. Il le dissimule, et se met sérieusement à vouloir découvrir ce qui s’est passé.

Evidemment quand on compare nos pauvres vies de lycéens avec ce qui se passe dans le film, on se dit que nous avons encore un tout petit décalage. L’effet est d’ailleurs aussi saisissant que l’intrigue est résolument « adulte » avec son lot de pègre, violence, assassinat, drogue, trahison, tandis que les comédiens et comédiennes ont l’air tout droit sortis de « Sauvés par le gong ». Brendan passerait d’ailleurs parfaitement pour un « Parker Lewis » qui s’aide du nerd du coin pour résoudre sa périlleuse affaire. Ce contraste entre la forme et le fond en fait pour moi un des traits les plus saillants et percutants du film.

Ajoutons à cela que le scénario est drôlement chiadé et pervers, que malgré quelques scènes un peu maladroites et faciles (genre les conclusions à la Miss Marple où on se raconte sa version de l’histoire…), on se retrouve alpagué avec beaucoup de plaisir dans cette sombre histoire. C’est résolument original et le réalisateur s’en tire vraiment très très bien. La caméra est alerte et la musique tonitruante comme il faut, et quand il faut. En outre, les stéréotypes grands méchants cruels (le héros-méchant Pin est celui qui faisait le gosse dans « Mars Attacks ! »), grosse brutasse-mini-bulbée, gentils, intellos, romanesques, salope-nunuche ou salope-manipulatrice sont crédibles dans ce milieu lycéen à la terrible hiérarchie sociale.

Une très bonne surprise donc, et un film qui montre ce que les américains savent faire de très bien en cinéma « avec scénario ». Vraiment tout fonctionne très bien du début à la fin, et malgré quelques petites coquilles, il s’agit là d’un film qui fait présager de bonnes choses pour le réalisateur (Rian Johnson, qui était le monteur de « May » que j’avais beaucoup aimé).

L’avis des copines : Niklas, Oli.

Brick



Un seul commentaire pour l'article Brick

  1. Margondin a dit :

    Le 21 Août 2006 à 17:27

    Ca n’a absolument rien à voir mais l’affiche me rappelle un collage d’Hans Peter Feldman…
    Bon, le film…

Laissez votre commentaire, et résolvez la petite addition anti-spam ci-dessous.

smiley5.gif smiley6.gif smiley17.gif smiley7.gif smiley14.gif smiley11.gif smiley2.gif smiley18.gif smiley3.gif smiley8.gif smiley19.gif smiley16.gif smiley10.gif smiley4.gif smiley20.gif smiley25.gif smiley34.gif smiley31.gif smiley24.gif smiley35.gif smiley30.gif smiley36.gif smiley28.gif smiley27.gif smiley23.gif smiley22.gif smiley29.gif smiley33.gif smiley26.gif smiley21.gif smiley32.gif smiley37.gif