MatooBlog
Pectus est quod disertos facit

Mardi 31 Octobre 2006

Matooyage Vu à la télé (Entendu au téléphone)

Classé dans: Matooyage — @ 23:24:08

(Et déjà raconté par Ron sur son blog.)

Juste avant de partir en Bretagne, vendredi après-midi, j’ai eu l’infirmier blogueur au téléphone pour parler un peu, et notamment évoquer son émission de télévision. Ron fait partie des très rares blogueurs que j’ai rencontrés, et avec qui j’ai développé une relation amicale. On ne se voit pas très souvent, mais j’ai une affection et une considération particulière pour lui. Y’a un truc qui fait qu’on se comprend bien, et qu’on s’apprécie beaucoup, autant pour les qualités que pour les défauts que l’on reconnaît chez l’autre d’ailleurs.

Je suis un inconditionnel de la première heure de ses chroniques d’infirmier, et j’ai hâte que le bouquin sorte. Comme beaucoup de ses férus lecteurs, j’en connais certainement la majeure partie, et la valeur intrinsèque de ses récits me donne confiance en la qualité de l’ouvrage. Car Ron c’est à la fois une plume, un regard et une empathie qui ne nous ont jamais laissé indifférent. Après… moi aussi, il y a des choses que j’aime chez lui, et d’autres moins. Mais le Ronichou « il faut le connaître », c’est ce que je répète tout le temps à ses détracteurs.

Je m’étais depuis longtemps rendu compte qu’il assurait un max dans les interviews, qu’elles soient pour des canards ou la télé. Mais là jeudi soir, c’était Taddéï sur France3 ! Et il s’est super bien débrouillé, ce qui me fait hyper plaisir. On en parlait donc en ce vendredi, et je lui donnais franchement mes impressions, positives et négatives. Surtout, je lui disais que le mouvement était lancé, que là c’était la petite étincelle qui allait mettre le feu aux poudres… et boum ! Une émission pareille, on ne pense pas que cela représente une grande visibilité, mais c’est la sacro-sainte télévision, et il ne faut pas minimiser son pouvoir. A peine, était-il en train de m’expliquer que je rêvais et que vingt péquins avaient du regarder cela, que j’entends dans le téléphone une voix féminine : « Je vous ai vu à la télé hier, vous avez un blog ! ».

Arf arf. Et là j’ai en direct Ron qui ne se démonte pas et qui répond : « Heuuu non, non, ce n’était pas moi ! ». MOuaaaahahahah. Et la nana insiste en affirmant l’avoir reconnu, tandis que moi je jubilais au téléphone.

Et hop comme ça, il s’était lancé dans l’arène. Car cela marque pour lui le début de la promo du bouquin, mais aussi la confrontation de son blog avec sa famille, son boulot et ses proches ou moins proches. Et je ne l’envie pas particulièrement pour cette période à venir qui va certainement être des plus stimulantes et plaisantes, mais aussi frustrantes et usantes. Car les critiques et attaques gratuites vont fuser plus que jamais, et c’est aussi un « alea jacta est » qu’il faut accepter avec un sacré courage (et se dire que tout va peut-être grave foirer). Heureusement, Ron est bien accompagné. ;-)

Matooyage Finis terrae

Classé dans: Matooyage — @ 02:21:55

Aujourd’hui (techniquement hier !), dernier jour de mon week-end prolongé en Bretagne… riche en émotions et en hilarités. Nous sommes passés à Quimper, pour nous diriger ensuite vers la pointe du Raz que je ne connaissais pas. Magnifique, vraiment.

La pointe du Raz

Et l’image de la toute fin de la France…

La pointe du Raz

Nous avons ensuite bourlingué jusque Brest histoire de retrouver deux potes de Seb, et d’aller prendre un verre au bar gay le plus fameux du coin : l’Happy Café. Assez désert mais c’est certainement logique pour un lundi soir. Le bar a l’air très sympa en tout cas, et a certainement pas mal de potentiel.

J’ai beaucoup répété que mon téléphone ne coûtait plus rien, que mes parents adoraient le fait qu’on pouvait voir les vidéos en le branchant directement sur la télévision. Et puis aussi que je voulais jouer de la cornemuse quand j’étais gamin, mais que mes parents avaient ri quand je leur en avais fait part. Et bien d’autres choses qu’il faudrait avoir entendu en contexte, et qui nous ont beaucoup beaucoup fait rire. :mrgreen: Je vais certainement faire quelques liens vers Coxx* ces prochains jours…

Je ne suis pas folle, vous savez.

Dimanche 29 Octobre 2006

Matooyage Week-end à Clohars-Carnoët

Classé dans: Matooyage — @ 23:24:34

J’adore les noms de patelins bretons ! Là je suis donc parti quelques jours près de Quimperlé avec une poignée d’amis et coxxien(ne)s*. Nous sommes vraiment là pour nous reposer et nous marrer entre potes et copines. Et ça a bien commencé, quand avec Alex nous sommes allés chercher la voiture à l’agence de loc à Montparnasse. Déjà nous sommes rentrés dans un local qui sentait le sperme à plein nez. Un truc dingue ! On aurait cru que quinze mecs avaient juté dans tous les coins pour nettoyer le sol. Ensuite, on a appris qu’on aurait une voiture de la catégorie inférieure car c’était tout ce qu’il restait. J’ai alors imaginé cinq personnes dans une C2 avec les bagages. Et puis la fille nous a indiqué le chemin pour aller chercher la voiture : traverser le hall, passer derrière les portes automatiques, monter les escalier à droite, traverser la passerelle, prendre l’ascenseur pour descendre sur le trottoir (!!), puis entrer dans le parking et aller au cinquième. Là on a commencé à rire, et on s’est rapidement pissé dessus avec la fille de l’agence. Je n’en pouvais plus de me bidonner, et cela présageait un week-end des plus décalés.

Mais nous sommes arrivés à bon port, dans la nuit de vendredi à samedi, après avoir galéré dans les embouteillages. Le samedi était très agréable, et on en a profité pour se balader dans le coin.

Plage bretonne

Eglise Quimperlé

Et puis bien sûr, vous me connaissez, il fallait que j’aille à la découverte des coins pédés de la région. ;-) Nous sommes donc allés visiter un bar gay de Lorient, « le drôle de… ». L’endroit est assez sympa et typiquement provincial, dans le sens où on trouve de tous les genres (gays, lesbiennes de tous les styles et âges) et où l’ambiance est bon enfant, à 180° de l’attitude hautaine parisienne traditionnelle. Alex nous a ensuite mené en plein cœur de la Bretagne, à Gourin, où nous avons vécu une soirée de boite de samedi soir au « Starman », LA boite de Bretagne. Walalalalala !

La boite me fait beaucoup penser au « Club 18 » parisien, dans le côté très convivial, petite boite qui rameute des gens très différents, une musique de boite classique pas géniale mais pas nulle à chier, et une ambiance festive plutôt sympathique. Là on reconnaît bien la touche Province avec des gens qui ne font pas la gueule, autant dans les clients que le personnel. Et puis c’est la boite où tout le monde va dans la région, donc on y trouve forcément des gens de tous horizons, et on peut facilement discuter avec des personnes sans œillade hautaine ou moue dédaigneuse. :mrgreen:

Les mecs étaient pas mal du tout en tout cas, et la backroom est bien vaste pour une petite boite comme ça. Hu hu hu. On s’est vraiment bien amusé, et je rigole toujours autant lorsqu’on est dans une soirée en boite avec un concours des « Plus belles fesses de l’Ouest » avant une « danse du tapis ». Oui, oui, oui ! Donc d’abord plein de tapis qui circulent et des gens qui se font des bisous. MOuaaarf. Et puis un concours de fesses des plus désopilants, gagné par un olibrius au (joli) trou du cul curieusement dilaté. Mais c’est Seb qui a eu la réponse, puisqu’il avait entendu ce même mec parler à ses amis dans les chiottes : « Viens sentir mon poppers, je ne comprends pas, il est super bizarrement dosé ?! ». Ceci expliquait probablement l’ouverture assez stupéfiante de son cul offert aux regards des clients attentifs.

Nous avions aussi la présence d’un participant à « Vis ma vie », celui qui avait échangé sa vie d’éleveur de porcs contre celle d’un drag-queen à Paris… Evidemment c’est un coxxien* qui a reconnu le type. :ok:

Et suivez bien l’actualité Coxxienne* car ces jours prochains, je subodore que des clichés et vidéos vont être relâchés dans la nature blogosphérique.

Nous avons vraiment passé un bon moment dans cette boite. J’ai juste eu un petit coup de barre, coup de pompe, coup de calgon. Je me suis alors éclipsé pour m’isoler un peu, et quel meilleur endroit qu’une backroom ? Donc j’ai foncé dans le noir, et je suis entré dans une petite pièce plongée dans une noirceur presque complète. Je me suis assis tranquillement, au calme, entre un mec qui en suçait un autre, et deux qui se tripotaient. La musique battait à mes oreilles, et je pouvais enfin relâcher mon « stress ». Caché comme cela, dans l’endroit le plus incongru qui soit, j’ai pu un peu réfléchir à ce qui s’était passé quelques heures avant. Comme je l’ai toujours dit, et je le pense, le plus délicat dans une rupture c’est la période qui précède le moment même de la rupture. Je suis alors en proie à des angoisses et surtout au « déséquilibre » émotionnel de ce que je ne maîtrise pas. Ensuite, c’est dur évidemment, et j’accepte ma tristesse, ma déception, mon ire parfois, mais au moins je reviens à un état stable et connu. Le processus est enclenché.

J’adore vraiment aller comme cela dans une backroom, et avoir l’impression d’être transparent, d’être irréel, et de « badtriper » en solo en décalage complet avec l’atmosphère ambiante. Contraste des contrastes.

Samedi 28 Octobre 2006

Cinéphage Poltergay

Classé dans: Cinéphage — @ 18:48:58

Encore une de ces comédies pédé avec du potentiel, mais qui au final m’a fait l’effet d’un pétard mouillé. Parce que ce n’est pas très bon, parce que le scénario est au ras des pâquerettes, et parce que ce n’est pas très drôle. Et comme tout l’effort est placé dans des scènes de comédie qui ne m’ont pas fait rire, eh bien je n’ai pas été assez distrait et les défauts me sont apparus en pleine face.

Pourtant il y a un tas de points positifs dans ce film. Déjà le plus important pour le pédé que je suis : il ne s’agit pas d’une comédie homophobe ou qui traite le sujet des homos de manière choquante. Evidemment ce sont des clichés, mais rien de faux ou d’une caricature qui friserait l’insulte. Au contraire, le ton est incroyablement bien dosé pour que ce soit marrant, et gentiment moqueur.

L’histoire à la base m’amusait bien. Une boite de nuit gay de banlieue qui crame en 1979 et cinq pédales qui deviennent les fantômes des lieux. Clovis Cornillac et Julie Depardieu qui emménagent, et hop les fantômes qui n’ont pas conscience de leur statut, et qui continuent à se démener sur Boney M dans la cave. Clovis Cornillac est le seul à les entendre, puis à les voir, tandis que Julie Depardieu pense que son mec est de plus en plus étrange. Une fois qu’il a compris que les pédales discos de la cave sont des esprits, Cornillac décide d’y remédier.

J’ai beaucoup ri à quelques gags et répliques qui vraiment sont sympas, mais c’était entre de longues scènes pas drôles du tout, et qui mettaient en exergue pas mal de défauts. Des mouvements de caméra erratiques, des moments longs et lassants, des dialogues qui tombent à plat, une intrigue qui peine à s’installer alors qu’elle est d’une simplicité assez enfantine… Bref, ce n’est pas un bon film. C’est dommage car Cornillac et Depardieu sont très bons, ainsi que les différents personnages homos qui représentent quelques savoureux clichés du genre. Et puis les fesses de Cornillac, il faut avouer que c’est un bonheur.

L’arrivée de Michel Duchaussoy et le placement de produit matraqué marquent une partie du film qui m’a un peu plus rasséréné. Duchaussoy en exorciseur latiniste taré est vraiment marrant, et la pub MacDo est habile en jouant sur un effet de répétition incongru et d’autant plus efficace pour la marque en question. La fin qui vire sur du « Queer eye for a straight guy » est classique mais efficace.

Mais là où le bas blesse pour moi c’est dans les intrigues sentimentales. Que ce soit entre Cornillac et Depardieu, ou bien le pote et sa copine, ou encore le summum avec les histoires entre pédés (vraiment ridicules…), ce n’est pas drôle ou émouvant, c’est juste bancal et naze. Le genre en lui-même est plutôt pas mal, le film s’apparente dans les premières images à une bonne série B d’épouvante à tendance tapette qui aurait pu bien se goupiller. Mais selon moi, c’est raté malgré quelques bons traits.

L’avis des copines : Panama The Great.

Poltergay

Jeudi 26 Octobre 2006

Exposage Il était une fois Walt Disney

Classé dans: Exposage — @ 12:55:50

Cette exposition du Grand Palais, sous-titrée : « Aux sources de l’art des studios Disney », explique et montre justement le lien intime entre les productions Disney et des références artistiques extrêmement variées : anciens livres, gravures, illustrés, peintures de toutes les époques, films (expressionnistes notamment), etc. Elle est parfaite à tout point de vue, cela faisait longtemps que je n’avais pas pris autant de plaisir à une expo. Et même les dix euros de l’entrée me paraissent complètement valoir le contenu, tant pour la scénographie que pour la découverte pédagogique, et l’émerveillement made in Disney.

D’ailleurs en terme de scénographie, on sent que Disney n’a pas prêté ses œuvres sans un certain niveau d’exigence. En effet, l’organisation de l’exposition et les décors sont d’une qualité bluffante, et portent bien la marque Disney. Car les œuvres exposées sont superbes, nombreuses et intéressantes, mais en plus les explications sont sagaces, les salles sont bien agencées, les extraits vidéo pullulent etc. Ajoutons à cela un décor très recherché (des formes de forêts ou de châteaux forment les panneaux) avec une ambiance intimiste et chaleureuse, propice à la découverte et au partage en famille. Bref, en étant un peu cynique, on flaire tout de suite le produit marketing parfait tel que Walt nous en pond depuis 70 ans.

Mais concrètement, l’écrin a beau être rutilant, si le fond était minable, cela transparaîtrait. Or, ce n’est pas le cas. Il faut dire que j’ai aussi profité d’une nocturne où je n’ai pas fait la queue du tout, et où à l’intérieur même de l’exposition on circulait librement, sans jamais avoir à attendre pour s’approcher d’une œuvre. Les conditions étaient donc optimales, puisque j’ai pu flâner tranquillement d’une pièce à l’autre, revenir en arrière, et regarder les extraits vidéo en entier.

Disney est avant tout une grande marque actuelle qui est spécialisée dans la consommation de masse dans le domaine du Loisirs et de l’Enfant. :-) Mais bon, on ne va pas non plus leur retirer leurs inspirations artistiques. Cette exposition permet donc de survoler toutes ces années de création, depuis Mickey Mouse en 1927, à la moitié du XXe siècle. Ma seule déception d’ailleurs est que l’on ne voit pas une seule image qui date de plus de 1967 (« Le Livre de la Jungle »), donc passe à la trappe tout le renouveau de Disney avec « Aladin » et le « Roi Lion ». J’ai trouvé cela dommage (mais compréhensible puisque l’expo se base sur Walt Disney, l’homme est mort en 1966, seulement)… enfin c’est surtout mon âme de gamin qui parle là. Mais le môme qui sommeille en nous n’est pas en reste devant le déluge d’images et d’œuvres qui nous propulsent directement dans les joyeux souvenirs de visionnage de Disney de quand on était petits. L’exposition utilise sans vergogne la nostalgie de son public, et ça fonctionne très bien. Il faut dire que « Blanche Neige » est un film qui date de 1937, il a donc pu toucher facilement jusque nos grands-parents.

L’émotion est ainsi assez facilement nourrie pendant tout le cheminement, mais indéniablement l’exposition est aussi bien pensée et intéressante. On y voit toutes les inspirations des auteurs à travers les contes européens tels ceux de Perrault ou Grimm. Il y a aussi les comparaisons « film à film » qui permettent de se rendre compte des influences du cinéma sur le dessin animé. De même pour des peintures et des styles qui ont contribué aux évolutions graphiques des métrages de Disney. Et puis, on se focalise avec plaisir sur les spécificités de ce génie créatif, avec les architectures fabuleuses ou les personnages anthropomorphiques si recherchés.

D’ailleurs l’exposition après avoir évoqué les inspirations des dessinateurs et créateurs, passe en revue dans des salles successives les grands films de Disney. Les personnages sont alors remis en contexte, et on nous explique aussi quelques trucs techniques et innovations d’époque.

La fin de l’expo est assez anecdotique je trouve, même si elle a son intérêt. Il s’agit d’une salle où sont rassemblées des œuvres contemporaines qui évoquent les personnages de Disney, étant devenus eux-mêmes des « sujets » pour les artistes. On y voit bien évidemment du Bertrand Lavier, que je ne peux toujours pas sentir.

La grande découverte qui m’a vraiment impressionné, c’est d’apprendre que Dali et Walt Disney avaient collaboré à un projet à partir de 1946. Le film devait s’appeler « Destino » mais n’a jamais été terminé. Toutefois en 2003, à partir des matériaux existants, une centaine de dessins et de peintures, les studios Disney ont produit un film de 6 minutes qui est présenté à l’expo dans son intégralité. Et c’est simplement brillant ! On retrouve tout l’imaginaire de Dali en dessin animé, avec ses personnages (montres, téléphones, fourmis…), ses gimmicks et ses « visions ». J’ai été fasciné par ces quelques minutes, c’est vraiment le clou de l’expo.

Je ne saurais que trop conseiller d’y aller donc. En nocturne c’est vraiment de la balle, sinon j’imagine que la foule doit vraiment gâcher le plaisir (et puis y’a pas de môme… nan je n’ai rien dit, ce n’est pas disneysien de dire que les mômes dans les expos ça pue, c’est relou et bruyant, mais bon vous voyez quoi…).

Il était une fois Walt Disney  - Aux sources de l’art des studios Disney

Mercredi 25 Octobre 2006

Matooyage Il pleure dans mon coeur

Classé dans: Matooyage — @ 22:38:14

C’est drôle quand j’ai le blues, je pense toujours à ce poème. C’est le premier que j’ai appris à l’école, je ne sais plus en quelle classe ou quelle année. J’ai encore le souvenir de l’avoir recopié au tableau noir. On écrivait dans des cahiers avec la page de droite quadrillée, et la gauche blanche, celle qui servait aux illustrations. Elle était cool cette instit car elle notait la récitation, mais aussi la qualité de ce qu’on avait créé en regard. Pour ceux qui n’avaient pas appris leur leçon, c’était un moyen de grappiller quelques points, et éviter le pire.

Je me rappelle que les premières fois, je le lisais sans le comprendre. Et puis un jour, plic ploc, y’a eut un déclic. Evidemment c’était un jour de pluie, et un jour de cafard. Et les mots sont devenus des pensées, je suis entré en résonance avec le poème. La prof m’avait regardé un peu bizarrement quand elle m’avait noté mon dessin. J’ai eu une bonne note mais elle avait ajouté dans la marge : « Un peu lugubre tout de même. ». J’avais dessiné un cœur qui pleure avec un couteau en plein dedans, et ces pleurs tombaient en pluie de sang sur un personnage tout rabougri et misérable en bas de la page.

Mylène était en moi, et je ne le savais même pas !!!!!!

Reste que ce poème me revient en douces litanies à chaque vague à l’âme… En ce moment, il est d’une stupéfiante pertinence.

Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur ?

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un coeur qui s’ennuie,
Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s’écoeure.
Quoi ! nulle trahison ?…
Ce deuil est sans raison.

C’est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine !

Paul VERLAINE (1844-1896)
(Recueil : Romances sans paroles)

Magazinage Moïse en Egypte

Classé dans: Magazinage — @ 19:14:47

S’il y a bien un personnage biblique qui m’a toujours impressionné c’est Moïse, et je dois reconnaître que c’est à 100% lié au film de Cecil B. De Mille, « Les Dix Commandements » (un des incontestables chefs d’œuvre hollywoodiens). Entre l’abandon au Nil et l’adoption par la sœur de Pharaon d’un esclave hébreu, son devenir en tant que Prince d’ Egypte, puis sa lutte pour la libération de son peuple après être revenu changé par la « rencontre » avec Dieu. En plus, en tant que môme, ajoutez à cela les plaies d’Egypte et l’ouverture de la mer Rouge, et hop j’étais « converti ».

Donc j’ai lu avec beaucoup de curiosité et de fascination ce numéro des « Cahiers de Sciences et Vie » consacré au prophète, et à son ancrage dans la réalité scientifique. C’est-à-dire qu’entre le mythe et les ressources historiques actuelles, qu’est-ce qui est avéré, qu’est-ce qui est infirmé et qu’est-ce qui reste plausible ? Evidemment, j’ai perdu beaucoup de mes illusions puériles en lisant cela, on découvre que le récit est loin de trouver des échos, mêmes lointains, dans l’Histoire. On voit aussi qu’il a été mille fois remanié, et rédigé bien après, traduit et retraduit, déformé et adapté donc, qu’on y a mis des bouts de mythes et légendes connus à l’époque etc. Bref, le petit Moïse même dans sa forme actuelle n’apparaît pas très crédible aux historiens.

L’intérêt vient donc d’en apprendre beaucoup sur le mythe et sa réalité, mais aussi sur la société égyptienne, et au-delà sur ce qu’on sait de l’histoire du peuple juif dans la région à différentes époques (du Ve siècle avant JC, au IIIe siècle après). Et là le numéro est véritablement passionnant. On apprend plus précisément que des communautés judéennes s’étaient établies à Eléphantine et Alexandrie, à l’époque même où l’Egypte est sous domination perse (ouh là ça se complique). Et à priori, il n’y avait pas de problèmes de coexistences des différentes communautés, même si d’un point de vue cultuel les sacrifices d’animaux sacrés pour les égyptiens, comme le mouton, pouvaient être très mal perçus. Il y a même quelques hypothèses qui montrent que les juifs étaient en fait les douaniers de l’empire de part leur situation géographique et attributions.

Sur le mythe lui-même, on démonte très facilement le côté très éloigné d’une vision égyptienne (ne parlons pas de la présence de chameaux, alors qu’ils n’existent pas à l’époque), comme pour l’épisode des noyades dans le Nil (un fleuve sacré, on y noie pas des esclaves…) ou bien le fait qu’on ne baigne pas non plus au bord d’un fleuve où pullulent les crocodiles. Et puis bêtement, il y a une absence des stèles et murs gravés de cette histoire ou de la mention du prophète, ou même du peuple d’Israël (à part la stèle de Merenptah, sujette à toutes les polémiques). Moi je reste par contre sous le charme du synchronisme avec l’éruption du Santorin, qui aurait pu provoquer des manifestations analogues aux fameuses plaies. Il y a aussi les explications liées à la magie qui sont passionnantes, et qui donnent un autre angle de vue (égyptien).

Le rapprochement de Moïse à Akhénaton est aussi surprenant que probant selon certains auteurs. Mais il y a surtout ce récit de Manéthon (du IIIe siècle après JC, la période ptolémaïque), dont je n’avais jamais entendu parler, qui raconte une version pro-égyptienne de l’histoire de Moïse. Manéthon rédige en grec une anthologie historique de l’Egypte, et, d’après le magazine, les érudits égyptiens ayant eu connaissance de la version grecque du Pentateuque, cet auteur en a réinterprété le sens.

J’ouvre un magazine comme ça, et hop je pars en voyage dans l’espace et le temps… C’est une sensation que j’adore. ;-)

Moïse en Egypte - Les cahiers de Sciences et Vie N°95

Mardi 24 Octobre 2006

Outside Le Narval est en moi

Classé dans: Outside — @ 18:38:59

Pas moins de cinq lecteurs m’avaient envoyé un mail il y a quelques semaines pour me prévenir. Aaaaah on peut dire que ça vous aura marqué ça hein ?!

Eh bien ce n’était pas une blague, et donc tout guilleret, j’ai sauté sur l’occasion et immédiatement commandé cette merveille de ticheurte.

Ticheurte Narval

Me voilà donc l’heureux propriétaire de cette pièce d’étoffe qui célèbre, dans une magnifique mise en abyme, le narval sous toutes ses formes. Car le narval est véritablement mon animal totem et mon mystérieux fétiche. Cette singulière attirance ne s’explique pas, elle se vit pleinement et avec enthousiasme.

Vive les narvals !

Ticheurte Narval

» Si vous ne deviez lire qu’un post aujourd’hui : celui de William Sauron. Les 15 poncifs qui ne manqueront pas de vous rappeler des souvenirs (plus ou moins récents). (0)

» Orphéus réinvente le “dîner de cons” sur MSN. Il faut absolument que j’essaie !!! Fantastique idée ! (5)

ThéâtrOpérage « Le Joueur d’Echecs » à l’Espace Marais

Classé dans: ThéâtrOpérage — @ 12:38:56

J’ai découvert cette nouvelle de Stefan Zweig comme à peu près tout le monde je pense, c’est-à-dire au lycée en cours de français. Le « Joueur d’Echecs » fut un de mes premiers « chocs » littéraire, et j’en garde un souvenir particulier. J’avais été frappé par la force du récit, et stupéfait par une telle ampleur déliée en si peu de pages. Je tombais alors amoureux du style, du ton et de la plume de Zweig que depuis j’ai dévoré dans tous ses écrits. Cette fois-ci, il s’agit d’une pièce qui est adaptée de cette célèbre nouvelle de l’auteur autrichien et que j’ai vue au théâtre « Espace Marais ».

L’endroit est un peu particulier, il s’agit d’un de ces petits théâtres parisiens à l’équipement un peu sommaire, sans rideau, sans scène non plus puisque les comédiens jouent à même le parterre. Avec peu de moyens, mais d’habiles subterfuges, le lieu est correctement « déguisé », et au final on rentre complètement dans l’ambiance de la pièce. Tout cela grâce à quelques fumigènes, une bande sonore qui exprime à la fois l’époque (Lili Marlène de Dietrich) et la situation (sirène de bateau, vagues). On se croit sur un paquebot qui fait route vers l’Argentine… De plus une passerelle en hauteur avec des échelles figurent une coursive avec beaucoup de réalisme, et ajoute à l’artifice pour nous isoler sur ce navire avec nos protagonistes.

Nos protagonistes justement : il y a principalement le narrateur autrichien, le champion du monde d’échec hongrois, le richissime écossais et le fameux joueur d’échec autrichien aussi. Le narrateur apprend que le champion du monde d’échec est sur le navire. Il veut absolument lui parler. Pour cela, il utilise l’amour-propre d’un écossais fortuné et un peu benêt pour payer le champion hongrois, et au comportement caractériel, afin qu’il se mesure à eux aux échecs. Le champion accepte pour l’argent mais les dédaigne complètement. C’est alors que débarque un passage mystérieux, à l’accent autrichien, qui les conseille sur la stratégie de jeu à adopter, une tactique qui s’avère gagnante. L’homme semble un génie des échecs, un génie anonyme… Le narrateur le prend à part et apprend sa curieuse histoire, et son rapport extraordinaire au jeu d’échec. Le champion est piqué dans son orgueil, et cette fois c’est lui qui demande une autre partie…

La pièce suit parfaitement l’ordre du bouquin, et Zweig écrivant beaucoup de dialogues et mettant en scène correctement ses personnages, on n’est vraiment pas dépaysé ou dérouté si l’on a lu le livre. Au bout d’un moment, pris par les personnages, par l’ambiance et par les dialogues, on se pense dans un film. L’impression est remarquable et très agréable. De plus, les passages de flash-back du joueur sont très bien mis en scène, et par des jeux de lumière et de comédie deviennent limpides et fluides. La tension monte puis vient à son comble, et en tant que spectateur on a vraiment la chair de poule. Le côté palpitant, la tachycardie de l’histoire, qui va crescendo, fonctionne terriblement bien dans cette interprétation.

Après je ne suis pas dithyrambique sur les comédiens, comme j’avais par exemple pu l’être pour les deux acteurs de « Inconnu à cette adresse ». Il n’en reste pas moins que c’était tout à fait honorable, et que ça valait largement le coup. Mais le rôle du champion hongrois par exemple m’est apparu surjoué et trop caricatural (dans les mimiques surtout). Les deux autrichiens, piliers de la pièce, s’en tirent vraiment très bien et, malgré quelques maladresses, m’ont largement convaincu. La mise en scène est enlevée et assez adroite, elle n’a rien d’extraordinaire, mais elle est à saluer dans son énergie et sa manière de correctement servir et mettre en valeur le texte.

Cela m’a vraiment fait plaisir de voir une pièce tirée cette nouvelle que j’aime tant, et il est tellement facile de trahir un texte, que j’applaudis d’autant plus cette entreprise. Là, ces comédiens au contraire illustrent à merveille tout ce que j’ai pu ressentir (et trembler d’effroi) à la lecture du bouquin, qualité première de ce spectacle.

Le Joueur d’Echecs de Stefan Zweig à l'Espace Marais

Lundi 23 Octobre 2006

Boukinage L’Arménie à l’épreuve des siècles

Classé dans: Boukinage — @ 01:43:14

Si l’on peut être certain de la qualité d’un bouquin rien qu’à sa couverture, c’est bien dans cette collection d’exception qu’est « Découvertes Gallimard ». Je dois avouer que je n’ai jamais été déçu par un bouquin de cette série. Ils sont assez chers mais la qualité de l’objet, des illustrations et surtout des textes, font que cela en vaut largement la peine. Souvent je me procure ces ouvrages lorsque je ne connais pas grand-chose sur un sujet, et je sais comme cela qu’en sortant de cette lecture, je serai un tout petit peu moins stupide.

J’ai été curieux de l’Arménie depuis quelques années, depuis que je fréquente régulièrement une copine de boulot que j’apprécie beaucoup, et qui est d’origine arménienne. Forcément on se pose des questions (comme mes collègues s’en sont posés sur les homos à mon contact par exemple), et j’ignorais avant de la connaître ce qu’était l’histoire de ce petit pays. J’en sais à présent un peu plus.

Ce petit (mais pesant !) livre expose chronologiquement les épisodes majeurs de l’histoire de l’Arménie des origines à nos jours. Toujours avec ce même ton, à la fois érudit et pédagogue, et orné de superbes photographies, paysages, monuments, les auteurs (Annie et Jean-Pierre Mahé) nous expliquent phase après phase la stupéfiante destinée de cette communauté chrétienne d’orient.

Il est déjà drôlement impressionnant d’apprendre que le territoire de l’Arménie « historique » était dix fois plus grand qu’il n’est aujourd’hui, et on découvre comment au fur et à mesure des conquêtes et des redécoupages, le pays a peu à peu été grignoté. Et il y a les déplacements de population et les pogroms successifs qui se concluent par le terrible génocide de 1915, qui montrent tout ce que ce peuple a souffert pendant des siècles. En regard de cela, la riche histoire culturelle et « humaine » de l’Arménie se décline sous toutes ses formes, et on comprend que c’est la seule garante de l’unité et la survivance de cette communauté. En symbole ultime, on trouve la religion puisque les arméniens ont une Eglise chrétienne qui leur est propre, et qui fut le cas de discriminations de la part des musulmans ou aussi des autres confessions chrétiennes.

La christianisation du pays est véritablement un épisode fascinant de son histoire (encore un grand saint illuminateur qui convertit un roi et son peuple en 314), et aussi une première dans le monde, puisqu’il s’agit de la première nation dont la religion officielle est chrétienne. Rapidement, le pays est attaqué par les peuplades limitrophes et les premières agressions commencent. Les luttes intestines et les multiples divisions en petits royaumes arméniens n’arrangent pas les choses, et l’Arménie est fragilisée. La culture arménienne est élaborée pour mieux résister, ainsi la création d’un alphabet contribue à fixer une langue propre et à ancrer l’identité de la communauté.

Dire qu’ensuite, les influences ont été sassanides, abbassides, byzantines, seldjoukides, mongoles, turcomanes, ottomanes et puis finalement russe (URSS) et enfin le territoire actuel qui est une minuscule république indépendante. Mais envers et contre tout, les arméniens ont conservé leurs us et coutumes et ont résisté aux génocides à la fois humains et culturels. On découvre donc tout cela et bien plus dans ce petit bouquin qui est passionnant.

L’Arménie à l’épreuve des siècles - Annie et Jean-Pierre Mahé

Dimanche 22 Octobre 2006

» Superbes dialogues rapportés par Monsieur de Soldignac dans une de ses classes. “Ah ? Parce que tapette, ça veut dire PD ? Oh ! Merde, j’traite tout le temps mon frère de tapette, j’savais pas que j’le traitais de PD…” (2)

» Agapi se met à Meetic pour la Cloche à fromage (ce sont des extraits de ses dials improbables avec des mecs, certainement tout aussi improbables !). (4)

Samedi 21 Octobre 2006

» Encore une très bonne planche de Kek qui rapporte l’efficace méthode d’une copine pour l’enseignement du à/de. “Tu dis fils de pute ou fils à pute ?” Mouaaaarf. (4)

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