MatooBlog
Pectus est quod disertos facit

Jeudi 30 Novembre 2006

Magazinage Publicité mensongère

Classé dans: Magazinage — @ 23:20:42

Nicolas, vous savez celui qui a du bleu dans son ciel et qui écourte les adieux dans les aéroports, m’envoie cette publicité à la fin du Monde des Livres (01/12/2006).

Publicité Monde des Livres (01/12/2006)

Publicité Monde des Livres (01/12/2006)

Edifiant non ?

:ben:

Je vous mets la suite qui est pas mal aussi.

Publicité Monde des Livres (01/12/2006)

Ah ça, il a le mérite de répondre d’une “manière claire au multiples questions posées” !!! Ce mec affiche une certaine crédibilité (toute relative… ce texte est avant-tout promotionnel et ne révèle rien de transcendant), et le Monde lui en donne une encore plus importante en l’imprimant dans ses encarts publicitaires. Eurk.

Mercredi 29 Novembre 2006

Boukinage La Horde du Contrevent

Classé dans: Boukinage — @ 23:19:55

Je ne suis pas branché Fantasy, mais vraiment pas. Moi les histoires d’elfes, de nains de jardins magiques, d’ensorceleurs, de chevaliers et de quêtes mystiques… bof, bof. Je n’ai jamais pu m’y mettre, et aussi bien dans le genre Tolkien (j’ai essayé mais nan, vraiment j’ai pas accroché) que Neil Gaiman, dont mon pote Lord FiddleBubble est féru, et a tenté de me convertir (le bouquin m’avait quand même bien plu). Mais je dois reconnaître que ce bouquin d’Alain Damasio m’a énormément captivé, et au final je dois admettre qu’il s’agit d’un excellent roman.

Et pourtant rien que le titre m’a fait peur, et les noms des personnages (qui sont alignés sur le repli de la couverture) : Golgoth, Sov Strochnis, Caracole, Erg Machaon, Arval Redhamaj, Oroshi Melicerte, ou bien leurs fonctions : traceur, combattant-protecteur, géomaître, aéromaître, braconnier du ciel, feuleuse, croc, n’avaient rien pour me mettre en confiance. L’histoire non plus n’était pas censée me parler. Nous sommes sur une terre étrange où un vent à décorner les bœufs souffle d’amont en aval. En cet aval justement, appelé Aberlaas, on forme depuis des centaines d’années, générations après générations, des groupes de personnes spécialement entraînés pour remonter à pied, vers la source du vent. On n’a jamais découvert l’Extrême-Amont, car les 33 hordes ont jusque là échoué. La 34e horde, constituée de 23 compagnons (hommes et femmes sélectionnés et experts en un domaine ou métier), est partie comme les autres, alors qu’il ne s’agissait que d’une bande de gamins. Et là, ils ont la quarantaine, ils « contrent » le vent, et avancent vers l’Amont.

Il ne s’agit pas que d’un vent mais d’une multitude de nuances et de forces, il en existe même 8 formes, du doux slamino au terrible furvent. Les formes ultimes du vent se matérialisent sous la forme de Chrones, des sortes de manifestations énergétiques aux pouvoirs plus ou moins conscients et dangereux (ils altèrent le temps, les éléments et parfois pire). Les vents terribles font que cette civilisation en a développé la maîtrise à un haut degré pour se transporter ou faire de l’énergie. Les villages et habitations sont profilés pour mieux résister, et la survie passe par une connaissance aiguisée de ce « fluide ». Le vent interne ou « vif » étant un souffle intérieur qui s’apparente à l’âme, et qui obéit aussi à des lois aérodynamiques.

Les hordiers vont à pied, et ne peuvent pas emprunter de transports éoliens, car c’est cette « trace » qui leur donnera la puissance et l’expérience pour affronter les terribles épreuves de l’Amont, et ces territoires où nul, même le mieux équipé, n’a pu pénétrer.

Voilà pour un résumé succinct, car le bouquin est assez épais et touffu, et surtout grouille de détails scientifiques, métaphysiques et philosophiques sur les vents et les artéfacts de ces peuplades. D’aval en amont donc, et même dans la lecture puisqu’on lit ce livre avec une pagination décroissante ! Moi mon personnage favori, c’était depuis le début celui du scribe, Sov Strochnis, dont le rôle est de tenir le « journal de contre », mais qui a aussi l’érudition pour transcrire les vents. Du coup, on trouve de temps en temps de curieuses phrases de ponctuations qui marquent les bourrasques comme ça ( ) ‘ , « , « ‘ ; ‘ « ( )

Donc j’ai eu peur, mais au final, bah j’ai carrément aimé ce bouquin. J’ai été emporté par sa narration, ses aventures et surtout par les personnages, et l’univers recréé. En effet, j’aurais pu alléger sans vergogne certaines descriptions ou allusions un peu trop médiévistes à mon goût. Mais par contre, Alain Damasio délie une écriture vraiment belle, et il a créé un vocabulaire et tout un écosystème autour du vent qui est fascinant, et passionnant. De ce point de vue, le récit est largement associable à de la SF, et de la très bonne SF (un peu comme les descriptions et l’univers incroyable d’Arrakis, avec son écologie et sa civilisation). J’ai souvent pensé à Nausicaä pour le vent bien sûr, mais pour les habitations aussi, les objets et les planeurs, et même certaines thématiques.

Et puis une quête comme celle-là, tellement singulière et cruelle, une quête initiatique aussi qui nous rapproche de cette vingtaine de personnages dont la vie entière a été vouée à cette Horde, et ce « contre ». Eh bien rapidement, on est comme aspiré dans cet univers cyclonique, et le vent souffle, et on ahane avec eux. L’auteur a manifestement mis tout son cœur et toutes ses tripes dans ce récit épique, et ça fonctionne terriblement bien. C’est à la fois efficace d’un point de vue « lecture » (de l’action, des intrigues, des dialogues, des narrateurs variés), mais aussi poétique ou allégorique, ou encore pseudo-scientifique et métaphysique. Donc autant j’ai de temps en temps eut envie de sucrer quelques passages, autant j’ai parfois été complètement soufflé par d’autres.

Et la fin n’est même pas en eau de boudin, elle transcende plutôt tout le reste. Non vraiment, un livre et un auteur à découvrir, même si le genre ne reste pas ma tasse de thé. Il s’agit d’une œuvre originale et qui recèle beaucoup de charme. Par contre, le CD qui est fourni avec le livre… eurk. Alors là, nan ! Là je suis trop prosaïque sans doute, mais les airs New Age avec le synthé… non, non, non. Faut pas pousser mémé dans les orties non plus !

La Horde du Contrevent - Alain Damasio

Mardi 28 Novembre 2006

ThéâtrOpérage Quartett

Classé dans: ThéâtrOpérage — @ 23:14:04

Alors ça c’est du théâtre comme je n’en avais jamais vu… Mais est-ce que c’était bien du théâtre en définitive. Des comédiens, des décors, des dialogues, des monologues, une mise en scène, mais aussi de la musique et une sorte de chorégraphie, ou bien une maîtrise de l’espace scénique et de la position des acteurs absolument épatante. Donc oui, on peut appeler ça du théâtre, mais c’est avant tout une expérience, presque une performance artistique ! « Quartett » au théâtre de l’Odéon !

Il s’agit d’une pièce Heiner Müller, mise en scène par Bob Wilson, et je sais maintenant qu’ils sont super connus, mais moi je ne les connaissais vraiment pas (bah oui !). Le texte est adapté des « Liaisons dangereuses », et on retrouve Isabelle Huppert dans un rôle de choix, puisque c’est celui de la Marquise de Merteuil. Mais il ne s’agit en aucun cas d’une banale histoire racontée à la sauce contemporaine… Oooh non. Les comédiens jouent plusieurs rôles, on sent que la manière de jouer et de bouger est totalement sous contrôle, et fait entièrement parti du procédé créatif du metteur en scène.

J’ai beaucoup aimé à certains égards. Déjà il y a la beauté formelle du spectacle, ça c’est un truc de dingue. J’appelle cela vraiment spectacle car Bob Wilson fait appel à toutes les ficelles pour mettre en mouvements et en émotions la pièce : les formes, les couleurs, les gestes, les éléments de décor, les positions des corps etc. Tout contribue à évoquer, émouvoir, troubler, fasciner, éblouir ou renfrogner. De ce point de vue, je ne me suis pas du tout ennuyé, et j’ai été maintes fois stupéfait de la simple beauté de ce que j’avais sous les yeux. Chaque plan (il y a un côté terriblement cinématographique dans cette mise en scène) est un tableau à lui seul, avec des personnages dans des postures, attitudes et couleurs qui ne sont pas anodines. Et leurs mouvements, leurs jeux, leurs dictions sont autant de chorégraphies qui nous entraînent dans un spectacle assurément unique et singulier.

Par contre, et c’est là où le bât blesse pour moi, le jeu des comédiens est tellement décalé (mais très bon, de ce que j’ai pu en juger), et le décor, les joutes scéniques tellement présents et donc la mise en scène à telle point verrouillée, que le texte vient presque comme un ajout sympathique à l’ensemble. Ils auraient pu se dire carrément autre chose que je crois que ça ne m’aurait pas plus dérangé que cela. La mise en scène au théâtre sert-elle un texte avant toute chose ? Eh bien là, on ne peut pas dire que ce soit l’intérêt premier du spectacle (pour moi). D’autant plus que si l’on ne connaît pas l’histoire avant (mais qui ne la connaît pas ?), ce n’est pas la peine de se mettre les méninges en ébullition, on ne la comprendra pas vraiment pendant la pièce.

Je n’ai pas été choqué par la forme très contemporaine donc, tant dans la mise en scène que la curieuse diction et déformation des stances, mais du coup je me demande jusqu’à quel point je suis passé à côté de l’intérêt même du texte. A mon avis, jusqu’à un point d’une haute altitude !! Mais j’ai vraiment accroché… bizzare !

L’avis des copines : Niklas, Oli, Patapouf, Norman.

Quartett - Théâtre de L'Odéon

Lundi 27 Novembre 2006

Outside Trop de plaisir

Classé dans: Outside — @ 19:30:48

Manix sort une campagne de pub pour leurs capotes qui m’a bien fait sourire. Ca s’appelle donc « Trop de plaisir », et ce site surfe sur la nouvelle manière de présenter les préservatifs. Pas si bête d’ailleurs, au lieu de parler de prévention et de faire peur, on joue (aussi, car il ne faut pas négliger cet autre angle de communication) sur le plaisir sexuel. Ainsi la capote est non seulement là pour se protéger des MST, mais aussi pour prendre son pied avec originalité et efficacité. Manix et Durex ont à peu près les mêmes stratégies pour proposer des produits qui surfent sur la maximisation du plaisir sexuel, et sur une gamme beaucoup plus étendue. Bref, du bon vieux marketing, mais qui se décomplexe sur le coup grâce à une société un peu plus ouverte (?) et diserte (?) sur le cul.

Et là ce qui m’a plu, c’est moins le côté « prenez votre pied en baisant avec des capotes » (Même si l’idée que l’on baise mieux avec que sans est géniale !) que l’aspect : « il y a un danger réel avec ces capotes car les gens vont arrêter d’avoir des mômes ». Et alors se développe un scénario qui ressemble un peu aux « Fils de l’homme » mais avec une facette comique.

Mais le summum c’est la campagne anti-chiard, avec un article sur le coût d’un enfant, la sollicitation pour envoyer des photos qui prouvent que les gamins sont moches (arf), et de la publicité pour les tamagotchis !!! Le tout dans un bel écrin en flash… bien léché, joli et efficace.

Bon le seul truc dérangeant dans cette campagne, c’est qu’elle n’est même pas mixte… Que des hétéros… Même pas une petite pédale esseulée dans un coin… snif. (Mais en effet, nous convaincre qu’on ne fait pas de môme en mettant des capotes… ce n’est pas vraiment idoine. Mouarf.)

Pour étrenner mon superbe nouveau système de sondage : Tadaaaaaaaaa ! (lié à ce post évidemment)


Alors et vous, combien de partenaires sexuels avez-vous eu dans votre vie ? (Les hétéros peuvent répondre aussi, mouahahahah.)

Résultats de ce sondage

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Dimanche 26 Novembre 2006

Matooyage Comptabilité analytique (anale-éthique)

Classé dans: Matooyage — @ 04:08:23

C’est en discutant tout bêtement la dernière fois avec quelqu’un… Je me rappelais comme j’étais « bête » à une époque, et il me faisait remarquer que depuis la dizaine d’années que je sors régulièrement avec des garçons, ça devait en faire un certain nombre. Et puis finalement, en comparant, il se trouve que j’en ai eu, en effet, plus que lui. Des conquêtes, des plans cul, des aventures, des relations « dites sérieuses » ? Ouai disons que l’on compte en général le fameux nombre de personnes avec qui on a eu un rapport sexuel plus ou moins fugace ou accompli. Et ce nombre est la source de bien des mystères et incompréhensions, envies ou dégoûts, gloires ou hontes, en tout cas de points de vue souvent divergents.

Ce dénombrement en lui-même a quelque chose de curieux. Il s’agit pour certains d’un calcul très simple lorsqu’il y en a moins de dix par contre (forcément), pour d’autres d’une fourchette plus ou moins détaillée (Heu ? On compte les soirées au Dépôt et au saunas ou pas ?), ou alors j’ai aussi connu des collectionneurs qui rentraient des fiches dans un fichier excel avec moult détails sur l’anatomie ou les performances du coreligionnaire.

Je n’ai aucune idée de la moyenne, ou s’il y a une logique derrière tout cela. Je suppose évidemment que les belles plantes ont plus d’opportunités que les autres, mais encore faut-il les assouvir ? Et on est parfois surpris par des personnalités timides et effacées qui révèlent un nombre à quatre chiffres, d’une éloquence qui leur fait ironiquement rosir les joues.

Moi, j’avoue que j’ai un peu perdu le compte, alors que j’ai gardé une vieille liste que j’avais faite quand j’avais 22 ans. Arfff. J’ai sous les yeux cette feuille avec des prénoms les uns sous les autres, et des ratures, des rajouts, des omissions… En fait ce n’est pas difficile tant que j’ai gardé des repères chronologiques, et vu que je ne suis pas un grand consommateur (enfin je crois). En gros, j’ai quelques relations amoureuses phares qui sont des jalons importants de ma vie affective, et dont je me souviens parce que c’était important, ou alors liés à des moments significatifs de ma vie (école de commerce, tel site web, premier taf etc.). Et entre chaque petit-amis, il y a toujours les plans cul que je n’ai pas assez collectionné pour pouvoir les oublier. D’autant plus que j’ai très rarement baisé avec des types dont je ne connaissais presque pas le prénom, ou avec lesquels je n’avais pas discuté et sympathisé avant de fucker. D’ailleurs je n’aime pas non plus ce truc de baiser puis de retourner chez soi, ou réciproquement. J’aime bien quand c’est une nuit entière et sympa. Et puis pas de backroom ou de sauna comme vous le savez.

Donc je tiens un compte approximatif mais plutôt précis entre 16 et 21 ans, et à partir de là ça se gâte… Pourtant l’année 1998 me voit dans trois relations sérieuses, 1999 une qui a beaucoup compté (Nicolas)… 2000 aussi (un autre Nicolas), 2002 c’est le début avec M., et depuis ce n’est pas compliqué le blog est ma Mnémosyne. Mais disons qu’entre 21 et 22 ans, c’est l’installation sur Paris, et malgré l’affaire Thomas en 1997, j’ai bien parfait mon expérience. Il s’agit pour moi des débuts sur le net, et du plongeon dans le milieu gay, les boites, les potes etc. Donc j’ai fait ma petite salope, et là il y en a certains dont je me rappelle difficilement le pseudo (sauf quand ils ont un blog qui s’appelle pareil 8 ans après, oui, oui), ou d’autres qui ne sont qu’une impression pulvérulente. Evidemment il y a certains plans, comme le plan Halloween, dont je me souviendrais toute ma vie ! Dans la période contemporaine au blogging (3 ans et demi donc), on peut compter cinq relations sérieuses, et je sais aussi y ajouter les amants et (fuck/warm/blog)-buddies, vu qu’il n’y en a pas eut tant que cela (mais non j’vous dis).

Bref, je tourne autour d’une centaine (je pense un chouia moins) de relations sexuelles depuis dix ans que j’exerce (avant il y a mon premier mec à 16 ans, le second l’année suivante, et trois filles). Ce qui est marrant c’est que selon l’interlocuteur, ce nombre apparaît comme ridiculement élevé ou riquiqui. Du côté de mes amis hétéros, c’est simplement faramineux, même si j’ai quelques potes et copines qui se défendent bien. Mais pour le commun des mortels (hétéros), c’est beaucoup, voire « trop » selon leurs valeurs, dont on ne sait pas vraiment si c’est une véritable barrière morale, ou simplement une manière de se rassurer, et de justifier ses propres frustrations. Pour les hétéros, il existe encore aussi cet incroyable poncif qui consiste à considérer comme une « salope » la nana qui a eut beaucoup d’amants, et à simplement ignorer l’équivalent chez un congénère mâle.

Evidemment du côté des pédés, cela ne se pose pas. D’autant plus, qu’en théorie, nous n’avons pas à nous soucier du nombre de nos conquêtes. En tant que mecs en plus, c’est relativement bien vu. Même mes parents par exemple, je le vois bien, ne sont absolument pas choqué par mon papillonage, et même l’encouragent (il faut s’amuser, t’es jeune, t’as le temps, il faut profiter etc.). Et puis auprès des potes, on reste des mecs, donc des machos en puissance. Du coup, se taper des mecs reste une marque sociale positive et ascensionnelle. J’ai donc aussi à côté de moi, des amis qui couchent avec 150 ou 200 mecs par an, depuis des années, ce qui nous entraîne vite vers des suites arithmétiques qui donnent le vertige.

Je parlais de « théorie » pour ce nombre, car on voit poindre des comportements et considérations différentes depuis quelques années. Peut-être dans le cadre de l’hétéronormalisation des gays, je l’ignore, mais la course à la conquête n’est plus aussi impérieuse qu’avant (et c’est peut-être très bien ainsi). Il y a eu la période avant et après Sida qui a bien sûr changé les choses, puisque les homos sont alors passés d’une multitude de partenaires sexuels, à une appétence licencieuse moins dispersée. Aujourd’hui, je rencontre couramment des homos qui ne couchent pas « comme ça », et qui affichent des comportements tout à fait orthodoxes. En général, toutefois, on constate différentes périodes qui se succèdent. Les premières années « fleur bleue » font souvent suite à une ère de « grande consommation » (grosse teupu quoi !), puis à une attitude plus rassérénée qui alterne entre période de couple (fidèle selon les mœurs des uns et des autres) et de célibat libertin.

Moi, je n’ai pas vraiment de jugement de valeur sur ce fameux nombre. En effet, j’ai tendance à me dire qu’un tombeur est certainement un amant expérimenté, et donc un bon coup (miam), et puis un mec qui connaît la vie et sera peut-être à même de s’engager, mais parfois un peu blasé. Tandis qu’un petit vertueux se révèle souvent bien espiègle et dégourdi, et il est tellement grisant de les déniaiser (re-miam), mais dont on peut douter de la stabilité (qui a encore beaucoup de choses à vivre et expérimenter…). Evidemment, rien n’est figé, et je n’évoque pas les âges là, car on trouve de tout. Je connais des mecs de 22 ans bien plus expérimentés que moi (en tout cas avec plus de kilomètres au compteur), et des plus vieux qui n’en sont qu’aux balbutiements. Et puis nous ne vivons pas tous la même chose, et les relations longues (dès lors qu’elles sont exclusives) permettent à la fois de beaucoup apprendre, même si l’on n’expérimente pas avec beaucoup de partenaires.

Je repensais à ce premier malade du Sida « théorique » (car il est évident que ce n’est qu’une vue de l’esprit, même si apparemment un nombre important de ses amants se sont retrouvés dans les premiers malades), le patient Zéro, Gaëtan Dugas (un steward franco-canadien), dont le nombre de partenaires sexuels avait fait flipper les médecins de l’époque. En effet, il avait expliqué qu’il avait à peu près 250 partenaires par an, ce qui portait à 2500 personnes potentiellement atteintes sur les dix dernières années. J’avais lu aussi les articles d’un médecin qui était allé dans les backrooms et les lieux de drague pour essayer de comprendre ce qui se passait, et mieux démarrer la prévention. On ne peut pas nier que les comportements sexuels de l’époque ont été un catalyseur certain de la transmission de la maladie. Mais bon ce n’est pas une raison pour se sentir coupable de baiser comme un lapin. Tant qu’on le fait avec toutes les précautions requises, on peut bien baiser dix fois par jour !

Oh et puis merde, « quand on aime, on ne compte pas », n’est-ce pas ? :mrgreen:

Vendredi 24 Novembre 2006

Marc-Aurèle Livre 7 - VIII

Classé dans: Marc-Aurèle — @ 21:31:19

Que les choses à venir ne te tourmentent point. Tu les affronteras, s’il le faut, muni de la même raison dont maintenant tu te sers dans les choses présentes.

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

J’aime bien quand il me parle comme ça. C’était y’a deux mille ans, mais ça fait toujours du bien.

Jeudi 23 Novembre 2006

Exposage Venise et l’Orient

Classé dans: Exposage — @ 23:30:56

Normalement, les expositions de l’Institut du Monde Arabe sont d’un niveau similaire à celle du Grand Palais, tant dans la qualité des objets que dans l’originalité des thèmes ou bien la pédagogie des parcours. Mais là, une fois n’étant, je l’espère, pas coutume, j’ai été un peu déçu.

En effet, l’exposition a l’ambition de couvrir les relations entre Venise et l’Orient entre 828 et 1797 (où Napoléon prend le pouvoir). Et en ces presque mille ans, on ne retient en gros d’un point de vue historique que le fait selon lequel les vénitiens ont fait du business avec les pays orientaux, de Damas au Caire, en passant par Byzance. Le côté intéressant de cette remarque c’est qu’on se rend compte que le commerce est le meilleur rempart aux conflits. Ainsi Venise a toujours su déployer une efficace diplomatie et des relations cordiales avec ses voisins éloignés de l’est. Finalement, il y a eut peu de guerres entre les deux parties, et c’est certainement en grande partie lié aux intérêts économiques en jeux, qui dépassaient bien des clivages et des mésententes politiques.

Et puis cette remarque saillante est aussi le point de départ et le motif concret de cette exposition. Justement j’ai trouvé qu’il s’agissait un peu trop d’une simple « exposition » d’objets manufacturés, dont on avait les détails sur la matière et la date, dont on n’apprend finalement pas grand-chose. Par contre, on ne peut vraiment pas reprocher la qualité des éléments exposés. Livres, reliures, tapis, verreries, marqueterie, vaisselles, instruments de musique, etc. Tous les objets d’art présentés sont superbes, et des peintures viennent aussi compléter une vision de l’orient en occident qui évolue avec le temps.

Le lien entre Venise et orient est notamment probant et manifeste à travers les représentations précises des costumes, et des spécificités des mamelouks, surtout en comparaison des œuvres orientalistes à venir, beaucoup plus béotiennes. Et il est drôle de constater les influences réciproques des deux civilisations, à savoir la manière dont les produits orientaux se sont répandus dans les sociétés européennes, mais aussi ce que les vénitiens vendaient aux ottomans, et les techniques copiées de part et d’autres (verre, porcelaine, enluminure etc.).

Il s’agit d’une belle exposition, mais qui manque un peu d’érudition pour se concentrer sur l’esthétique et la curiosité des objets. Un objectif plutôt limité à mon goût…

Venise et l’Orient - l’Institut du Monde Arabe

» Elisabeth avait déjà tapé fort en explorant le post minimaliste à la Yves Klein. Mais voilà qu’elle se réinvente avec le billet minimaliste à la Christo. Et ça ne s’arrête pas là, puisqu’elle poursuit son extraordinaire voyage dans l’art et la perfomance en nous proposant un podcast minimaliste à la John Cage. Mais jusqu’où ira-t-elle ? Enfin quelque chose qui sort de l’ordinaire dans cette blogosphère stéréotypée. (1)

Mercredi 22 Novembre 2006

» A voir et revoir, EncoreMieux nous propose ce morceaux d’anthologie du film (culte) : Filles perdues, cheveux gras. Marina Foïs qui chante Alcool. Drôle et grinçant… irrésistible. (1)

Ecoutage Matage Outside Attention Talent Scène : Fancy, MAP, Hocus Pocus et Anis

Classé dans: Ecoutage, Matage, Outside — Tags: , , , @ 22:37:15

Video Girl (Je ne cache plus mes accointances avec Coxx*, mais je rassure mon dernier envoyeur d’insultes par mail, je les connaissais bien tous avant qu’ils ne bloguent sur ce merveilleux site web, et quand bien même va te faire enculer par CosmicBlue, nah !) m’avait juste dit : « Bon il faut que tu sois chez moi à 19h30, c’est une surprise ! ». Et c’est ainsi, que j’ai eu droit à une énième réminiscence de mon anniversaire… Arfff. Elle m’invitait donc à voir, avec elle et Chiara, ce concert spécial au Bataclan. « Spécial » car il s’agit des quatre groupes qui ont été repérés comme des « talents émergeants » au Printemps de Bourges, et « spécial » car comme le titre l’indique c’était Anis qui assurait l’ultime performance. Oh yeah ! ;-)

Ce concert était vraiment réussi, même si les gens sont massivement arrivés un peu plus tard (en retard avec les manifestations…), et du coup on a pu se mettre juste devant la scène, et pleinement profiter des quatre groupes. Les gens étaient vraiment très jeunes, et c’était vraiment drôle pour moi de me retrouver ainsi au milieu de d’jeuns rockeux hip-hopeux à la vingtaine balbutiante, tout enbièrés et bien motivés à s’amuser (surtout juste devant la scène). On n’a ainsi profité d’une ambiance qui est allée crescendo, mais dont le moment paroxystique fut sans aucun doute celui du passage de MAP (aka Ministère des Affaires Populaires). En tout cas, une atmosphère amicale, festive et musicale comme j’avais rarement vécu. De plus on se retrouve avec des fans des quatre groupes, et vu qu’ils avaient des styles très différents, les populations étaient tout autant bigarrées.

« Fancy » est un groupe déjanté au plus haut point. D’abord un peu surpris par la manière de chanter et de bouger du chanteur, et le look global des trois olibrius, j’ai ensuite pas mal accroché avec eux. Imaginez un peu la voix de « Christophe » de la Nouvelle Reusta avec un look trashqueer, et une attitude toute aussi délurée. Le groupe a interprété quelques uns de leurs morceaux, en anglais et globalement rockeux-trash-glam-destroy. Voilà !

Je crois qu’en une image, on a compris.

Le groupe Fancy

Et avec le son et les mouvements, ça donne ça :


Franchement jubilatoire, le public a terminé par bien adhérer avec le groupe. Et vraiment il y a quelque chose.

Ensuite, c’est « MAP (Ministère des Affaires Populaires) » qui a débarqué. Ce sont des reubeux ch’ti de Roubaix et Lille, qui font du rap/hip-hop avec un DJ, un violon et un accordéon… Ouai je sais, pas encore facile à catégoriser. Et c’est bien ce qui a fait tout l’intérêt de ce concert, c’est de se plonger dans des atmosphères tellement différentes tant dans les genres musicaux, que les looks et attitudes des groupes, ou leurs présences scéniques. Et là sans conteste, MAP a enflammé tout le Bataclan. Tout le monde scandait leurs refrains, et malgré un côté politique et revendicatif un tantinet stéréotypé, j’ai absolument adoré leur prestation. Des mecs simples et bourrés de talents qui débarquent avec leurs singularités, et font montre d’une énergie et d’une bonne humeur communicatives. Leurs chansons sont punchy, rythmées, intelligentes, drôles et percutantes. Ils vont percer, c’est absolument certain, et certainement mérité.

Et en vidéo hier :


« Hocus Pocus » était finalement les seuls dont j’avais entendu parler, mais ceux qui ne m’ont pas vraiment convaincu. Un hip-hop un peu trop « cadré » et propret à mon goût, pas vraiment d’aspérité, pas de truc pour me retenir dans leurs couplets ou dans leurs beats (malgré la bogossitude du chanteur et du DJ). Leur concert était sympa mais pas flamboyant, il faut dire que c’était difficile, très très difficile, de passer après les gars du nord qui avaient mis la foule en ébullition.


Et enfin « Anis », alors là normalement je devrais me répandre en dithyrambes, acclamations et effusions. Mais non, je n’irais pas jusque là. Attention, il n’a pas été mauvais. C’était génial de le réécouter, et d’être aussi proche de la scène, de mater de nouveau son fabuleux jeux de jambes, et puis sa belle gueule (les filles m’ont confirmé d’ailleurs : il a définitivement une tête de grosse bite !). J’aime toujours autant ses chansons, son style et son originalité. Mais manifestement, il n’était pas au niveau du concert de la Cigale. Alors je sais bien que ce n’était pas la même chose, et qu’il ne chantait que quelques morceaux après d’autres, mais tout de même il ne dégageait pas la même chose. Il n’y a pas eut cette connivence qu’il avait instauré la dernière fois, et puis il avait l’air crevé et pas vraiment « dedans ». Petite déception donc… Allez comme c’est mon chouchou, deux vidéos de ce camarade cergypontain !



D’ailleurs, il y avait deux invitations pour le prochain Printemps de Bourges à gagner, et il fallait pour cela répondre à un quizz. Rapidement et « fortement ». Mais quand le mec a demandé : « De quelle ville vient Anis ? ». Alors trois furies ont crié à en percer les tympans de leurs voisins : CERGYYYYYYYYYYYY ! Et j’ai eu le point (mais pour le reste, on a été nuuuuul.) ! :mrgreen:

Attention Talent Scène : Fancy, MAP, Hocus Pocus et Anis

Mardi 21 Novembre 2006

Télévisage David Nolande

Classé dans: Télévisage — @ 23:55:25

J’étais invité par Heaven hier soir avec une vingtaine de blogueurs pour découvrir un tout petit peu avant la diffusion nationale une nouvelle série : « David Nolan ». Ce n’est pas non plus la méga-avant-première vu que la série a déjà été diffusée à la RTBF, et que les divers prix qu’elle a remportés au festival de Saint Tropez a déjà fait couler pas mal d’encre dans les journaux et (des zéros et des uns) sur les sites spécialisés. Il s’agissait d’une réunion qui ressemblait un peu sur la forme à celle d’Albin Michel/Werber, donc formée en partie d’influenceurs (avec plein d’italiques, de guillemets et de bémols) et en partie de téléphiles, et puis sur le fond plutôt analogue à l’avant-première de « Clara Sheller » (même si je n’étais pas alors invité en tant que blogueur).

En effet, « David Nolande » n’est pas une série comme les autres, et elle a en fait deux (étranges) points communs avec « Clara Sheller ». D’abord elle bénéficie d’une production beaucoup plus importante que d’habitude pour un scénario résolument nouveau et (donc) audacieux (pour notre PAF gaulois), ensuite pour son rôle principal tenu par Frédéric « Rhaaa lovely ! » Diefenthal.

Et en effet, la série a pas mal d’avantages pour elle. « David Nolande » sort manifestement de l’ordinaire, propose une image léchée et une photo digne d’un long-métrage, met en place une histoire assez palpitante, à base d’épisodes qui peuvent se regarder séparément, mais qui distillent une intrigue sur toute la saison. On sent que les moyens sont beaucoup plus conséquents que pour les productions françaises dont on a l’habitude.

David Nolande est un espèce de yuppie parigot créa pub (oui je sais c’est pléonastique) qui sort d’un pot un peu bourré, et qui perd le contrôle de son véhicule, quitte la voie, et termine finalement sa route dans la caravane d’une cartomancienne. Elle meurt sur le coup. Dès lors, David est maudit par un vieux gitan (à la trombine fabuleuse !) qui lui dit qu’il devra sauver beaucoup de vie pour celle qu’il a détruite, et que s’il échoue c’est l’un de ses proches qui mourra. En effet, David commence à avoir des cauchemars, il rêve notamment d’un de ses collègues qui tombe accidentellement d’une fenêtre. Or c’est ce qui arrive, et immédiatement sa petite fille tombe dans un coma étrange.

Du coup, il se met à rechercher les victimes de ses songes… autant pour les sauver, que pour rétablir la santé de sa fille. Mais il n’a peut-être pas exactement et accidentellement tué cette gitane…

Le schéma de la série est donc limpide. A chaque épisode, il va avoir une prémonition et il va chercher à déjouer cette mort (genre « Code Quantum »), et sur la saison, on va en découvrir un peu plus sur cette malédiction et comment le héros peut s’en délivrer. Apparemment il s’agit aussi d’une intrigue qui fait penser à un bouquin de Stephen King…

D’abord on peut saluer le talent de Frédéric Diefenthal. Vraiment ce type a le chic pour se dégoter de bons rôles (heuuuu… je ne parle pas de “Taxi” évidemment), mais surtout il est crédible et joue bien. J’ai été beaucoup moins convaincu par sa femme (Elsa Kikoïne), et la petite fille n’en parlons pas… Le détective privé est très bien (Jean-Louis Foulquier) autant dans son jeu que sa voix et son charisme « physique ». Ils ont dégoté des personnages à « gueules » pour interpréter les gitans, et ça fonctionne terriblement bien (visages parcheminés, ambiances ésotériques…). Edouard Montoute est assez drôle et se débrouille bien, mais je regrette qu’on il ait des apparitions aussi monolithiques. En général d’ailleurs, les personnages sont extrêmement stéréotypés et « étiquetés ». On a vraiment une structure narrative très apparente et donc sans grande surprise, ce qui est dommage pour le genre en question.

Et le genre d’ailleurs ne me plait pas spécialement. C’est dommage car j’ai énormément accroché avec l’intrigue et l’aspect fantastique de « David Nolande », mais moi les histoires gothiques et ésotériques, avec des envoûtements et des sorcières… arghhh j’ai du mal. Et là on a une surenchère constante, et parfois ridicule, des effets de réalisation : mouvements de caméra erratiques, effets « Matrix », musiques tonitruantes (et les musiques arabisantes pour les gitans… space !), filtres etc. Bref, un peu trop précieux, un peu trop « Mystères » et « X Files » pour moi. J’aurais été beaucoup plus conquis par une série aux effets un peu moins chiadés, et à l’écriture un peu plus ciselée.

Mais je dois reconnaître que la qualité de l’ensemble est plutôt bonne, et surtout l’originalité d’une telle production. En outre, comme je n’ai vu que les épisodes 1 et 6, j’ai raté tout le cheminement et la montée en puissance de la série (c’est aussi peut-être ce qui m’a empêché d’adhérer à l’épisode 6, qui est très mystique), tandis que j’avais vraiment envie de voir le 2. J’ai aimé par contre le mélange polar/fantastique, et vraiment l’idée de base du scénario me parle et m’enchante. Et je ressors avec l’envie de voir la série, ce qui est positif, malgré tout mon pinaillage. ;-)

Nous avons pu un peu discuter avec l’équipe à la fin de la projection, et c’était vraiment très agréable. Les gens de la série sont très cool, et on sent un véritable esprit d’équipe avec une belle motivation. Frédéric Diefenthal était donc là aussi, et on a pu échanger avec Ronichou quelques propos sur la série, et surtout sur « Clara Sheller ». Ouai je pensais que c’était sympa de lui donner les divers échos que j’avais eu de son personnage (des familles, des pédés, des hétéros etc.). Sa démarche (et ses choix) est chouette et habile, donc c’est à saluer.

L’avis des copines : Gregory, Parce que elle.

David Nolande

» Le Billet minimaliste post moderne à la manière d’Yves Klein est né ! Evidemment c’est l’oeuvre d’Elisabeth. (0)

Lundi 20 Novembre 2006

Matooyage Virginie aussi

Classé dans: Matooyage — @ 17:07:35

Eh oui chacun son tour, et ma copine Virginie a célébré ce week-end ses trente ans avec quelques amis à Montpellier. Nous sommes finalement trois personnes proches d’elle à être descendu de Paris pour participer à cette fête, mon pote Donato, Aurélie et moi. Je suis arrivé samedi après-midi, et vingt-quatre heures après me voilà de retour à la capitale (je suis rentré dimanche à 21h…) !

Quel bonheur quand j’ai débarqué de la gare, un ciel bleu limpide, un soleil éclatant, malgré un fond d’air un peu frais et des couleurs automnales. Vraiment j’adore cette ville ! Il n’y a pas à dire ça change de la grisaille parisienne, et ça redonne illico le sourire. Et puis Virginie et Benoît sont toujours aussi accueillants et adorables. J’ai donc passé quelques heures bien cool, et j’ai eu le bonheur de pouvoir enfin mettre quelques visages sur des noms familiers. C’était aussi une superbe occasion de passer un peu de temps avec Donato, que je ne vois pas très souvent sur Paris (rhaaaa c’est frustrant).

Place de la Comédie - Montpellier - Automne

Virginie, toujours aussi belle et souriante, que j’avais vu il y a quinze jours chez ses parents pour déjeuner avec Benoît, le dimanche midi, et puis pour dîner chez les miens, le dimanche soir. Cela fait quatorze ans que nous sommes amis puisque nous nous sommes rencontrés en première au lycée, et ça fait du bien de se dire que ça dure encore, que cette amitié n’est pas anodine, malgré les éloignements, séparations ou aléas.

On a pas mal discuté « trentaine » avec des ami(e)s à elle, et j’étais content de me rendre compte que certains partageaient mes remises en question et autres pérégrinations intellectuelles. Hé hé hé, oui oui j’en suis encore là. :mrgreen:

Rhaaaa Montpellier ! :love: D’ailleurs, si je devais choisir où y habiter, je squatterais bien une de ces baraques avec jardins suspendus juste à côté du tout nouvellement rénové Musé Fabre. Avec cette lumière automnale si particulière, l’endroit avait un charme encore plus orphique que l’été dernier.

Ma maison idéale à Montpellier

(Bruxelles aussi, parce qu’il y a mon Diegouné, mais niveau climat, y’a pas photo ! Hu hu hu.)

Les 30 ans de Virginie

(Donato, moi et Virginie.)

Dimanche 19 Novembre 2006

Ecoutage Outside Hubert-Félix Thiéfaine au Zénith - Scandale Mélancolique

Classé dans: Ecoutage, Outside — @ 23:53:56

J’avais déjà parlé d’Hubert-Félix Thiéfaine parce qu’il est un indéniable repère dans mes années Lycée. Je l’avais découvert à travers la passion d’un copain pour le chanteur, et à mon tour j’ai été conquis par ce mec. Il chante depuis 1978, et a l’extraordinaire capacité d’être à la fois connu et inconnu. Il a ses fans depuis presque 30 ans, et en conquiert d’autres tous les ans. Et y’avait donc aussi moi et Blandine, au milieu de barbus qui pouvaient être notre père, de vieux rockeux tradis en cuirs et bières à la main, de jeunes fumeurs à la cool, de gens plus branchés et des quidams totalement neutres ! Le Zénith était donc à l’image même du type : rempli de gens de tous les âges et de tous les styles.

Car Thiéfaine lui-même est un auteur-compositeur-interprète des plus singuliers. Il écrit de vraies chansons à textes, complexes et poétiques, dotées d’un vocabulaire riche et de références littéraires chiadées. Mais souvent il dérive dans des phrases quasi-incompréhensibles et fait des mélanges improbables, aux échos humoristiques, romantiques, érudits ou simplement décalés et poétiques. En outre, il a clairement écrit et composé alors qu’il était défoncé, et ça se ressent dans ses textes, en plus d’une humeur dépressive et noire qui transparaît dans l’ensemble de son œuvre, souvent grinçante et neurasthénique. Ajoutez à cela, un rock qui dépote, de la guitare qui sature, une voix qui porte et un style vocal et musical facilement reconnaissable, et des paroles toujours en français.

Du coup, Hubert-Félix n’a jamais été en phase avec une mode ou avec les habitudes des gens. Son œuvre est tout en contrastes et en éléments qui ont du mal à trouver un public classique. Il n’a jamais non plus vraiment été invité à la télé, et lorsque c’est arrivé, a plutôt décliné. Il reste indépendant et iconoclaste, et même si, comme beaucoup d’aficionados, je ne suis pas fanatique des albums de ces dernières années, je reconnais qu’il a produit des disques d’une qualité globale vraiment impressionnante.

Et moi j’adore ce mélange épicé et chaotique, entre sexe, vulgarité, métaphores psychédéliques, poésie, jeux de mots, rock bien vieillot, et cette complicité avec un public qui lui est fidèle depuis des années.

Le concert était le reflet de tout cela. Le Zénith était loin d’être plein, mais il était « diminué » pour l’occasion, et il y a avait encore un peu plus de monde que la dernière fois que je l’avais vu dans cette même salle de concert. J’ai beaucoup aimé les éclairages pendant le concert, vraiment très simples et efficaces, beaucoup de magie, d’atmosphères variées et d’énergie se dégageaient grâce à cela.

Et puis, il y a le chanteur : toujours aussi impeccable, chantant avec une voix intacte et ses textes incroyables (il doit avoir une mémoire dingue pour retenir tout cela…). Les musiciens distillaient leur rock bien violent et percutant, et en particulier HFT interagissait beaucoup avec le guitariste qui était le musicien charismatique. Le mec a une dégaine directement sortie des années 80, cheveux longs, fute en cuir et ticheurte noir moulant, mais surtout une pêche et une dextérité qui ont scandé toutes les chansons.

Thiéfaine a chanté des chansons récentes, en alternance avec des anciens « tubes ». Et évidemment, la dernière chanson (avant le rappel) était « La fille du coupeur de joints ». Pour ce morceau d’anthologie, Tryo et Didier Wampas sont venus sur scène et ont chanté avec Thiéfaine.

Hubert-Félix Thiéfaine au Zénith - Scandale Mélancolique

Mais moi c’est plus pour Alligator 427, Mathématiques souterraines, Sweet amanite phalloïde queen, Loreleï sebasto cha ou Narcisse81, que j’ai jubilé. Fantastique !

Un petit florilège personnel…

J’arriverai par l’ascenseur de 22 h 43
En provenance de Babylone
Les quais seront encombrés de pendus
Laissant claquer leurs mâchoires dans le vent
En guise de discours de bienvenue
[…]
Veuillez dégager le vide-ordures s’il vous plaît
Et ne pas laisser les enfants s’amuser avec les fils
A haute tension
Tout corps vivant branché sur le secteur
Etant appelé à s’émouvoir

J’arriverai par l’ascenseur de 22 h 43
Et je viendrai relever le compteur de ton ennui
Il te faudra sans doute changer de tête
Et puis brancher ton cerveau sur ton cœur
Rien ne sera plus jamais comme avant

L’ascenceur de 22h43

Je descends aux enfers
Par l’entrée des novices
Offrir à Lucifer
Mon âme en sacrifice
Je boirai dans un crâne
Le sang du déshonneur
En piétinant les mânes
Des marchands de bonheur

Première descente aux enfers par la face nord

Les vagues mourraient, blessées,
À la marée sans lune
En venant féconder
Le ventre des lagunes
Et nos corps écorchés
S’immolaient en riant
Sous les embruns glacés
D’une chambre océan.

Lui, dans sa nuit
D’un automne à Tanger,
Lui qui détruit
Son ombre inachevée.

D’ivresse en arrogance,
Je reste et je survis,
Sans doute par élégance,
Peut-être par courtoisie
Mais j’devrais me cacher
Et parler à personne
Et ne plus fréquenter
Les miroirs autochtones.

Un automne à Tanger (Antinous nostalgia)

L’avis de la copine : Blandinouchette.

Samedi 18 Novembre 2006

Ecoutage Matooyage Un cri dans la nuit

Classé dans: Ecoutage, Matooyage — @ 01:49:40

Comme elle dit la meuf : “j’veux un mec”. :mrgreen:



J’veux un mec - Adrienne Pauly

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