MatooBlog
Pectus est quod disertos facit

Dimanche 31 Décembre 2006

Matooyage Le 6ème sens

Classé dans: Matooyage — @ 19:39:20

Bon c’est pas exactement fini-fini, mais si j’attends ça, je crois que je n’en parlerais jamais. Voilà donc, j’en ai déjà un peu parlé mais depuis septembre dernier, je participe en tant que chroniqueur à une émission de radio. L’émission s’appelle « le 6ème sens », et elle est présentée par Mathieu, dont le blog vous est peut-être familier.

J’avais déjà évoqué Mathieu, car j’avais rencontré ce garçon bien des années avant de bloguer, par une connaissance commune. Et magiquement, je l’ai depuis croisé complètement au hasard un nombre hallucinant de fois. Quand il m’a contacté pour chroniquer une semaine sur deux sur les blogs dans son émission de radio, et quand il m’en a expliqué le contexte, cela m’a tout de suite intrigué et j’ai accepté.

Le « 6ème sens » est une émission qui passe tous les dimanche sur VivreFM, qui est une radio associative dédiée aux handicapés. L’émission ne se focalise pas sur le thème du handicap, mais l’évoque couramment dans le cadre de ses chroniques. Il s’agit d’un programme dédié à la Création, et qui propose un divertissement « culturel » autour de la création toutes les semaines.

J’ai bricolé un blog pour présenter et mettre en écoute toutes les émissions enregistrées.

On retrouve généralement une interview d’un invité (auteur, écrivain, artiste, plasticien, designer, etc.), puis une chanson dont le texte est récité (puis qu’on écoute). Ensuite c’est une semaine sur deux un blog dont je parle quelques minutes, ou bien une chroniqueuse qui évoque sa rencontre avec une personne handicapée avec qui elle est allée voir un spectacle. Une séquence « performance » explique ensuite hebdomadairement une performance artistique qui a marqué la chroniqueuse (excellente Alia Aoun !). Après c’est une photographie que des comédiens « interprètent » selon leur imagination et leurs mots. Et puis l’émission se termine par la lecture de textes envoyés par les auditeurs sur des thèmes donnés.

Je choisis des blogs que j’aime bien, et qui représente justement cette créativité que j’apprécie dans la blogosphère. Ce choix est éminemment personnel, et j’essaie de faire connaître des sites qui comptent pour moi. Evidemment leur notoriété ou audience ou pedigree, je m’en balance totalement.

Je ne me trouve pas encore très bon dans cet exercice, et je préfère mille fois le rassurant écrit, mais c’est amusant et puis cela me permet aussi de m’améliorer un peu dans ce curieux domaine.

Je vous invite donc à visiter le site/blog du 6ème Sens :

Le 6ème sens

» Phil a une grande discussion avec sa môman le jour de naël… bah ça c’est de la GRANDE communication parents/enfants ! (1)

Samedi 30 Décembre 2006

» Ikare nous fait son bilan de 2006, mais originalité il clot son post par une dizaine de minutes d’extraits musicaux de son année 2006, avec ses commentaires (audio donc). Eclectique et sympa, un peu comme lui quoi ! (0)

» Les googleries d’Elisabeth c’est déjà drôle, mais avec ses commentaires c’est encore mieux !!!! (0)

Magazinage Fluide Glacial Magazine, résolument gay-friendly

Classé dans: Magazinage — Tags: @ 02:12:20

J’ai évoqué à plusieurs reprises Fluide Glacial car je suis vraiment un grand fan, à la fois pour leur humour potache irrésistible, mais aussi lors de leur numéro « gay friendly » qui avait été drôlement réussi. Voilà un magazine qui ne me déçoit pas avec les années. Evidemment il évolue, et en vingt ans il y a eu des hauts et des bas. Encore aujourd’hui, certains numéros ne me plaisent pas énormément, et d’autres me font remarquer dans le RER, tellement je me marre tout seul comme une baleine. Je ne suis pas un grand connaisseur de bandes dessinées, mais Fluide, ah ça ouai !

J’ai toujours aimé leur manière de parler des pédés, et j’y ai rarement noté de l’homophobie. Le magazine étant le reflet de toute une bande de dessinateurs de tous les types et vécus, on retrouve dans les bédés, textes ou marges crayonnés (je suis de ceux qui lisent aussi ces fameuses marges !) de plus en plus de mentions « gays », comme le simple et prosaïque reflet d’une gaytitude de plus en plus intégrée à la vie courante (et non plus tacite). Autant, on y trouvait auparavant des clichés qui ont eu la vie dure, autant aujourd’hui je trouve que les choses sont affichées de manière plus subtiles et donc marrantes. Comme je le disais, je n’ai rien contre l’humour made in « Cage aux folles », mais c’est tout de même rafraîchissant de lire des blagues un peu plus aux goûts du jour !

Ce magazine a aussi une autre caractéristique qui en font un objet singulier : il n’y a pas de publicité (autre que des pubs pour les albums de leurs auteurs). On y retrouve des auteurs dont on est habitué au ton, aux dessins et aux textes : Binet, Edika, Frémion, Deup, Charb, Gaudelette, Tronchet, Maëster, etc. Mais il y a aussi des rubriques dont je me délecte souvent de l’originalité et l’aspect culturel le plus hétéroclite. Et toujours cette manière de manier l’absurdité et le calembour le plus naze qui soit, ce qui me plait au plus haut point. Autant de pages et de rires pour 3,90 euros, c’est vraiment rentable ! (Non je ne les connais pas, et je ne suis pas payé pour ce post !)

Si je parle de ce sujet en particulier, c’est parce qu’en m’enfilant le dernier numéro (je fais ce que je veux avec mon Fluide Glacial), celui de janvier 2007, j’ai remarqué qu’il contenait un tas de références aux tapioles. Bon passons un peu la « revue en revue ».

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Jeudi 28 Décembre 2006

Matooyage Blig blog blug blag*

Classé dans: Matooyage — @ 19:52:08

(* A prononcer de plus en plus vite, ou même lentement, voire juste le prononcer à haute voix c’est déjà pas mal !)

Je n’ai jamais voulu donner de leçon à quiconque sur comment bloguer. Je n’ai aucune prétention en ce domaine, ni dans aucun autre d’ailleurs. Mais régulièrement reviennent des questions et des reproches à mon encontre, qu’elles soient dans des commentaires, mails ou d’autres posts de blogueurs.

Aussi, une fois de plus, je voulais préciser les choses quant à ce que je fais de mon blog, et de cette activité ludique et non lucrative (merde, j’en dis déjà trop !).

Je réitère ce que j’avais dit sur pointblog en quelques mots, et qui avait été repris dans l’excellent ouvrage de Cyril Fievet et Emily Turrettini :

Je blogue :

- par narcissisme éhonté
- par passion de l’écriture, et ce moyen d’être lu tout en restant à sa place et sans jouer ni les écrivains, ni les journalistes, juste les scribes du quotidien
- par adhésion à une communauté de plus (élitisme de bas étage)

Ouai donc je parle de moi, et j’aime bien ça. J’avoue. Mea culpa. Mais si j’écris comme cela tous les jours, c’est un peu beaucoup pour moi, et par égoïste plaisir, et puis un peu beaucoup pour vous, et puis un peu beaucoup pour rien. C’est d’abord écrire qui m’intéresse. Ecrire parfois bien, parfois mal, avec mon style et mes défauts, mes préciosités et mes fautes de grammaire, mais taper, taper et taper.

Ensuite écrire sur tout et n’importe quoi, parce que j’aime ça. Je parle de moi, et j’en ponds des petites tranches de vie, ou bien de cul (des tranches ?), ou des bouquins que je lis, des films que je vais voir, des spectacles auxquels j’assiste, et puis je lie aussi des gens dont les textes me plaisent, et qu’il me plait de faire partager à mon tour. Et puis parfois c’est comme ça, c’est inclassable, et c’est cool.

Mais apparemment aujourd’hui, il faut se positionner. Moi, je suis ce qu’on appelle un blog « personnel » mais là encore ce n’est pas très clair, et c’est la croix et la bannière pour me faire « classer »… Voilà qu’on me taxe de blog « ciné », de blog « bouquin » ou de blog « gay », ou bien encore de blog « classé x » (si si, ça arrive… dingue !) et blog « anti-Hélène Ségara ». D’ailleurs un ami journaliste m’avait prévenu qu’il ne me citerait jamais dans un papier, car je ne suis pas assez bien « positionné » pour cela. « Tu vois si on te cite comme un blog intello, et que le lendemain tu me mets une bite en plein écran, je passe pour quoi moi ? » J’avais très bien compris cet argument d’ailleurs. Bon bah voilà, au moins je sais pourquoi je ne serais jamais cité dans un journal ou à la téloche, ou dans un classement Technorati. Comme cela, je reste à ma place (douillette tout de même), et mon humilité ne s’en porte que mieux.

D’ailleurs je me souviens aussi que j’étais cité par un forum d’adolescents dédié à la lecture pour les critiques de bouquins, le lien était celui des bouquins uniquement. Et il y avait eu un « large » débat suite à la découverte de la teneur des autres articles de mon blog, pour ne pas choquer les petits ados (qui doivent en voir certainement de plus belles ailleurs…). Dernièrement, je me suis retrouvé bien circonspect devant la liste des catégories du Festival de Romans : littérature, musique, vidéo, comédie, bande dessinée, photos, expression citoyenne, podcasting, arts graphiques. Bon bah je coche quelle case moi ? Bon ok, aucune, je rentre me rhabiller.

Ce n’est pas ce positionnement médian et bâtard qui me fait me censurer, ou orienter ce que j’écris. Même si je ne suis pas exempt d’influences. Par exemple, j’aurais été beaucoup plus sévère avec « David Nolande » si je n’avais pas rencontré l’équipe, et comme Alan Smithee (un vrai blogueur ça madame, avec quatre ans d’expérience !) l’avait remarqué, j’étais bizarrement trop gentil. Mais ça c’est aussi ma marque de fabrique. Je ne PEUX simplement pas détruire une œuvre qui a été produite avec les efforts de gens de bonne volonté. Ce n’est pas mon truc, je suis obligé de remarquer le truc positif, de laisser le bénéfice du doute. Je parle toujours de ce qui m’a plu, et déplu. Les deux. C’est la raison pour laquelle je suis un piètre critique, mais cela ne m’empêche pas non plus de persévérer.

C’est pareil pour les blogs, si je trouve un blog mauvais, je ne le lis pas et voilà tout. Mais il y a toujours quelque chose de bon dans la « création », toujours.

Aujourd’hui, on appelle un peu tout un blog, et notamment des sites spécialisés qui utilisent des blogiciels pour fonctionner, ce qui n’est pas la même chose. Mais là encore, c’est peut-être simplement à moi de mettre à jour mon dictionnaire.

Le blog pour moi c’est donc l’écriture, mais aussi le partage. Le partage de ce que j’écris avec tous ceux qui peuvent le lire (les francophones connectés donc), mais aussi la merveilleuse blogosphère, ses gentils, ses méchants, ses intrigues et ses manigances. Et puis c’est une manière de tracer ce que je fais, ce qui est très marrant à relire plus tard. Enrichi des commentaires cela donne un objet curieux, mais dont je suis assez content.

Mais bloguer pour moi est incompatible avec être rémunérer pour cela. C’est même proprement INTERDIT. Je ne veux pas que mon blog me rapporte de l’argent. Je ne veux pas de publicités. Au contraire, je veux qu’il m’en coûte (un peu). Je veux non seulement donner, mais aussi payer un peu de ma poche pour donner gratuitement à toute la Terre. Oh ce n’est pas grand-chose, mais c’est offert de bon cœur. Hu hu hu.

Ce positionnement là fait que je me sens relativement inattaquable. En effet, je ne gagnerai jamais un penny avec des googleads, ni même en mettant des liens marchands pour les films ou les livres dont je parle. Je ne veux pas de ça. C’est bon, je gagne ma vie à côté, et je blogue dans un autre cadre. Je veux conserver l’esprit archaïque et bolchevique de mon petit blog de merde. Et grâce à cela, je me contrefous des critiques ou des attaques, des dénigrements ou des moqueries. Oh évidemment, elles me blessent, elles me touchent, elles me font mal, très mal. Mais si je ploie, je ne romps point sur ce sujet. Car je ne dois rien à personne. Je ne suis là que pour donner, et cela avec un indicible plaisir.

Je n’ai pas de wishlist non plus, car je serais trop gêné du procédé. J’ai déjà reçu quelques trucs malgré tout, mais du coup c’était vraiment des idées des personnes qui me lisaient, et cela me fait beaucoup plus plaisir !

Par contre, aller à des spectacles et avoir des invitations ne me troublent pas trop. J’ai peut-être tort, mais je pourrais toujours changer d’avis.

Il faut savoir que je n’ai rien contre ceux qui font des business plans avec des blogs. Après tout, il faut bien manger. Mais j’aime qu’on soit clair dans sa démarche, et qu’on évite d’arriver avec un discours humaniste et altruiste, pour ensuite vendre sa camelote. Et je n’aime pas trop plus qu’on me dise que je suis un imbécile car je ne transforme pas en francs sonnants et trébuchants la potentialité marketing de ce truc que vous lisez (parmi les 3000 autres péquins qui débarquent quotidiennement). Ou alors je préfère le dire moi-même : « Je suis un Imbécile », comme ça je mets une majuscule, c’est plus sympa.

Ah oui ça aussi. Je n’énonce aucune vérité. Parce que non seulement je dis parfois des conneries, mais donc je peux aussi changer d’opinion. Suite à une expérience, une rencontre, une conversation, on évolue, on grandit, parfois en bien, parfois en mal, tout dépend du référentiel de départ, et celui d’arrivée.

Bon, j’ai été clair ? Faute d’être concis, car ça, vraiment, je n’y arrive pas.

» Il faut aller cliquer sur les belles fesses d’Eustazio, allez, allez. En plus c’est pour la bonne cause, et il faut avouer qu’il a vraiment un beau petit cul notre blogueur expatrié à rosbifland. (5)

Mercredi 27 Décembre 2006

Matooyage Permis de s’enculer

Classé dans: Matooyage — @ 20:26:37

J’ai bien rigolé quand j’ai vu, il y a quelques jours, que Coco m’avait presque coupé l’herbe sous le pied en publiant sa liste du « Top 10 des pédésgouines dont on ne veut plus ». En effet, j’avais commencé à rédiger ce post (surtout suite aux dires de Sevran) où je voulais émettre une opinion similaire.

Donc ce n’est pas tout de décider qu’on est pédé comme ça, genre parce qu’on a un Œdipe mal résolu, une mère castratrice ou bien un goût immodéré pour la mode et les bigoudis. Ensuite, il faut assumer, et si jamais l’on en vient à user de son influence de pédale dans son personnage public, alors il faut bien prendre garde à ne pas dire ou faire n’importe quoi.

Il sera dorénavant délivré un « permis de s’enculer » à la préfecture qui correspond à votre domicile. Attention, ce permis pourra être suspendu, voire supprimé à vie. Faut pas déconner merde, on est pédé, mais ce n’est pas pour cela qu’on accepte tous les cas sociaux de France et de Navarre ! Y’en a assez de ces gens qui se permettent de s’enculer, et ensuite de répandre des horreurs en notre nom à tous. Et surtout les pauvresses qui n’ont pas assumé pendant trente ans, et qui aujourd’hui se permettent d’en faire un fond de commerce pour se différencier, tout en militant pour un roquet dangereux.

Le permis sera bien entendu passé à l’âge de 18 ans (non, il n’y a pas de conduite accompagnée avec les parents à 16 ans, non, non, sinon c’est la prison sans passer par la case départ et sans toucher les 20 000 !), après 20 heures de pratique, et autant de théorie qu’il en faudra pour acquérir toutes les compétences requises à l’exercice de tapiole. Les moniteurs (pompiers, gendarmes, militaires…) devront tester et améliorer les compétences des apprentis dans tous les domaines de la gayttitude, et certaines mentions pourront être remises aux diplômés ayant montré des aptitudes spécifiques et hors-normes. Exemple : mention actif bourrin, passif dominateur, maîtrise à la Blake Harper, versatile exemplaire etc.

Nous n’avons donc plus de scrupule à dégager de la communauté les brebis galeuses. On ne s’encule pas comme ça, nan mais oh !

La liste de Coco me paraît être un bon commencement… Je crois que Sevran et Steevy seront parfaits pour la première charrette. Ils feront de très bons hétéros (heu….), en tout cas, ils ne sont largement plus éligibles au permis de s’enculer !

NdB : Trêve de plaisanterie, cela me fait surtout me dire que l’homosexualité n’est plus contingentée aux intellos, arty, de gauche et militantes, ce qui était tout de même quelque chose de presque logique, compte tenu de la situation sociale des pédés. Là, c’est bien une nouvelle ère qu’on peut considérer à double tranchant. D’un côté on gagne une reconnaissance plus large et une simple différence d’orientation sexuelle qui ne se traduit pas par une différence sociale supplémentaire (on trouve des pédés cons, bourges, prolos, de droite ou royalistes). D’un autre côté, non seulement on perd la singularité du pédé, ses espoirs et espaces de liberté, mais aussi on se leurre en partie puisque la majorité de la société française est encore aujourd’hui homophobe (et cathobeurk), et cherchera à nous museler ou nous hétéronormer par tous les moyens (alors que nous sommes un vecteur de libération morale de la société).

Dimanche 24 Décembre 2006

Boukinage Sexe et dépendances

Classé dans: Boukinage — @ 14:08:41

J’ai lu tous les romans de Stephen McCauley, et je les ai tous appréciés. Je considère d’ailleurs ce type comme un des meilleurs écrivains « gays », « gays » dans le sens où il ne pond pas des livres à destination des homos, mais que lui-même l’étant, les personnages principaux sont souvent homos, et il évoque largement l’homosexualité. Mais il en tire des romans universels, qui ne sont donc pas du tout « communautaires », où tout le monde peut s’identifier, hétéro ou pas.

J’étais étonné en tapant ce texte, car je pensais que j’avais déjà évoqué l’auteur, mais je me rends compte que le dernier que j’ai lu (et qu’il m’avait dédicacé aux « mots à la bouche ») date de 2002 ! Donc cela faisait un certain temps qu’il n’avait rien produit, et j’étais content de le retrouver. J’avais juste évoqué une fois Stephen McCauley pour « Et qui va promener le chien ? » qui fait partie de mon « panthéon ».

Ce roman ne déroge pas à ce qui a fait le succès des précédents. On retrouve l’extraordinaire plume de cet auteur, et son humour flegmatique et corrosif. C’est un drôle de mélange entre un côté queer et diablement intello, désabusé et optimiste, névrosé et distancié. Pour moi ses héros homos sont bien souvent une émanation de l’écrivain lui-même, des grands échalas homos qui ont la quarantaine, qui galèrent dans la vie et avec les mecs, tout en ayant une situation correcte, et évoluant dans un bon milieu de la côte est des USA. On est dans ce roman, comme souvent, à Boston, et William est un agent immobilier, perclus de névroses, qui s’adonne aux rencontres sexuelles via le web.

Il a une relation ambiguë avec son ami le plus proche Edward, mais n’arrive pas à le reconnaître. Un jour qu’il en a assez des plans culs internet, il décide de se mettre à la chasteté. Mais il fait bien des entorses à cette règle, et tout le bouquin est ponctué de rencontres très drôles. Il rencontre par son boulot un couple tout aussi perturbé, Charlotte et Samuel, et s’amourache quasiment de ces deux personnes. Ils veulent acheter un appartement, mais William découvre vite ce qui se dissimule sous une facette immobilière bien candide.

On peut souvent comparer Stephen McCauley à Woody Allen pour son humour spirituel et doucement ironique, et aussi pour ses prises de tête et réflexions psychanalytiques labyrinthiques. « Sexe et dépendances » est certainement celui qui a le plus ce penchant là. Il agacera donc certainement beaucoup de gens, qui sont aussi agacés par le côté longuet et verbeux des films de Woody Allen (surtout ceux des années 80). Car l’action n’est pas omniprésente, elle manque même un peu à l’appel. Et la structure de la narration est assez linéaire et simple. On suit les déconvenues de William avec ses plans cybernétiques, et les histoires liées à l’agence immobilière qui sont prétextes à rencontrer les gens les plus barges qui soient. Et pendant ce temps là, les personnages se dévoilent, et on sent poindre les véritables aspirations de chacun, leurs frustrations et leurs névroses.

Mais moi j’ai un truc avec cet auteur. J’aime tellement ce qu’il écrit, que je suis capable de me réjouir pendant cent pages où il ne se passe pas grand-chose, tant il écrit bien, et tant cela résonne en moi. En outre, il me fait rire, et je trouve dans certains passages des réflexions qui trouvent toujours en moi un écho très positif, ou intéressé. On y trouve là un magnifique tribut à la rencontre sur internet qui ne manquera pas de vous concerner !

J’ai recopié certains passages pour que vous compreniez mieux ce que j’entends quand je parle des qualités de ce bouquin. Déjà dans le côté « Woody Allen » dépressif et en même temps ironique et distancié :

J’eux envie de lui demander quels antidépresseurs elle prenait. J’avais un peu honte de ne pas prendre moi-même de psychotropes - signe d’arrogance manifeste en ces temps qui couraient, et un traitement ne m’aurait certainement pas fait de mal - mais j’avais au moins l’impression d’être un peu moins en dehors du coup en abordant le sujet. Il n’y avait pas mieux pour animer les conversations que de demander aux gens de parler de leurs médicaments. Un grand nombre de mes amis entretenaient avec les antidépresseurs une relation plus forte qu’avec aucun être humain. Moins malsain, sans doute, qu’une relation avec un fer à repasser, mais plus dispendieux. Ils adoraient décrire la façon toute particulière dont tel cachet agissait sur leur métabolisme, comme s’il parlaient d’une vertu ou d’une réussite personnelle : « Elle, le Wellbutrin ne lui convenait pas, mais moi, je n’ai jamais rien trouvé à y redire. Il ne va pas à tout le monde, mais dans mon cas il a fait merveille. »

La pays tout entier avait pris l’habitude de voir à la télé des émissions où les participants révélaient leurs plus noirs secrets à des millions d’inconnus, ouvraient tous leurs placards et étalaient leur linge sale au nom du divertissement. En conséquence, les gens s’étaient mis à déballer leur for intérieur à tous ceux qui voulaient bien les écouter, de leur agent immobilier à leur vendeur de chaussures. Il n’y avait que sur le divan du psy qu’ils ne révélaient pas leurs plus noirs secrets. Ils se contentaient de demander des cachets pour atténuer les symptômes de leurs névroses afin de vivre en paix avec elles.

Quand j’évoquais ses facettes gays assumées, et servies en aphorismes irrésistibles à mon avis :

En devenant steward, ce qui pour un gay revenait un peu à entrer dans l’armée, Edward put échapper à son milieu familial, et bouger constamment.

« Traite-moi comme ton chien », m’avait-il demandé. Etant donné les sommes faramineuses que les gens dépensaient pour leurs animaux chéris dans ce pays, l’expression convenait mal à un masochiste digne de ce nom.

Nous avions bien entendu des « sentiments » l’un pour l’autre, Edward et moi. Je tenais à lui, et j’estimais que la meilleure façon de protéger notre relation était de la maintenir au niveau d’une amitié compliquée. L’amitié a tendance à durer, tandis que les relations amoureuses passent rapidement du « Je ne peux pas vivre sans toi » à l’espoir formulé in petto : « Il est peut-être mort dans son sommeil. »

L’auteur évoque souvent son âge, et l’ardue transition de la jeunesse à l’âge adulte. Je trouve qu’il fait mouche en quelques lignes :

Je trouvais l’âge mûr un peu difficile à vivre. La jeunesse optimiste se passe à se convaincre que l’on va incessamment se lancer dans des projets audacieux, courageux et importants mais que, pour des raisons audacieuses, courageuses et importantes, mais floues, on y a délibérément renoncé. A mon âge, je dérivais encore dans les eaux froide de la sémi-réalité, nageant d’illusion en illusion, croyant à chaque fois toucher la terre ferme.

Et malgré tout ce qu’il démontre sur l’inutilité, la vacuité, voire la nocivité de ses rencontres sexuelles éphémères, il faut qu’il en voit aussi l’aspect positif, et toujours avec le même humour qui me touche énormément (très « Woody Allen » là aussi je trouve).

Malgré le niveau élevé de désillusion attaché à tout le processus, j’étais ravi de savoir que partout à Boston, à toute heure du jour et de la nuit, il y avait des hommes et des femmes de tous âges et de toutes tailles qui ouvraient leur porte à des inconnus pour passer immédiatement aux choses sérieuses. On peut certes y voir un symptôme de dépravation totale, un signe de fin de civilisation. Etant donné l’éventail de risques encourus, on peut juger ce comportement imbécile et suicidaire. D’un autre côté, si tout le monde s’adonnait librement aux plaisir de la chair en suivant quelques règles hygiéniques de base, en évitant l’autoflagellation et tout sentiment de culpabilité, la violence au volant serait inconnue et personne n’aurait voté pour Georges Bush. La vie, d’une manière générale, n’en serait que meilleure.

Sexe et dépendances - Stephen McCauley

Samedi 23 Décembre 2006

» Un nouveau blog qui donne son avis sur les prochaines élections présidentielles, et basé sur cette appréhension d’avoir à choisir entre Ségo et Sarko… Ceci expliquant l’éloquent intitulé : la peste et le choléra. (0)

Matooyage Le rush de Naël

Classé dans: Matooyage — @ 16:21:50

Je respecte l’érudite terminologie astucieusement traquée par le Docteur Oli. Notre docte ami se reconvertit dans l’étude de « l’évolution des dénominations et déformations de Noël dans la société occidentale », et on peut lui faire confiance pour mener à bien ces trois nouvelles années de thèse. :mrgreen:

Comme le gros teubé que je suis, je n’ai pas fait mon shopping de naël avant aujourd’hui, et j’ai cru que j’allais me prendre en pleine face une avalanche de retardataires et de parisiens excités, que j’allais me battre pour saisir le dernier chandelier pailleté chez Dom ou bien l’ultime canard vibrant de « la Chaise Longue ». Eh bien non !

La rue des Francs-Bourgeois était vide, et j’ai pu tranquillement faire mes achats, sans bousculer les gens, sans m’enguirlander avec une vieille conne (ouai je suis presque déçu) et en demandant conseil auprès des courageux vendeurs et vendeuses (à « La Chaise Longue », ils sont mignons, et sympas et pédés !). Bien m’en a donc pris de faire tout cela au dernier moment. Je suis passé chez Dom (mais je n’ai pas acheté de chandelier pailleté, arf), et je me dis qu’il y a de moins en moins de trucs sympas dans cette boutique. Outre cela, la mine patibulaire (mais presque) des vendeuses-tapioles décourage le plus motivé des acheteurs. J’ai rarement vu accueil plus méprisant et attitudes plus hautaines que dans cet endroit. Eurk.

J’ai poussé le bouchon un peu trop loin, et je suis passé à la keufna. Eh bien là aussi, c’était tout calme. Même pas l’affluence d’un samedi après-midi, tout juste une sortie de bureaux dans la semaine. Un peu de monde, mais tout à fait supportable, même avec mes sacs dans les deux mains, j’ai donc pu facilement dégoter mes derniers cadeaux. Et comme tous les ans, j’en ressors ruiné !

Cette désertion des rues parisiennes confirme que Paris est blindé de provinciaux, qui ont profité du week-end pour partir dès hier soir, et ont donc fait leurs cadeaux avant. Hu hu hu.

Et moi demain, je fais pareil, un coup de RER et hop ! Papa, maman, me voilà !

Vendredi 22 Décembre 2006

Ecoutage Matooyage Diego, libre dans sa tête

Classé dans: Ecoutage, Matooyage — @ 19:01:37

Comme tous les matins, je prends le métro à Goncourt, et puis je file choper le RER A en direction de la Défense. Mais ce matin là, le RER merdait, et les un après les autres, les RER indiquaient un « retardé » jaune familier. Comme j’étais plutôt pressé, j’ai décidé de rebrousser chemin, et j’ai emprunté la ligne 1 du métro (qui suit le même parcours, mais en faisant un tas d’arrêts).

En montant dans la belle rame moderne et rapide, je me suis dit que bizarrement les mecs étaient vachement plus mignons sur la ligne 1 que sur la ligne A du RER. Dingue ! Et puis, on passe par tous ces quartiers chics où des gens qui montent, à priori, y habitent, ou bien descendent, et vont y travailler. Et à « Champs-Elysées - Clémenceau », elle est montée.

Une jeune femme de trente ans je pense, asiatique ou eurasienne, au type japonais je pense. Une femme d’une beauté hallucinante, un visage d’une finesse absolue, un air altier, un port distingué, et des fringues qui vont avec. Vous savez à la « Zadig et Voltaire », ces habits qui n’ont pas de marque reconnaissable, mais dont les matières, la coupe et la petite singularité marquent foncièrement la différence. Bref, une femme du quartier, me suis-je intérieurement exclamé. Nous étions tous les deux debout, et je l’observai du coin de l’œil. Dès lors, j’ai essayé de m’imaginer qui elle était.

Je me suis dit qu’elle était déjà blindée de thune, peut-être une femme d’expatrié ? Ou alors (car je m’en suis voulu d’une telle misogynie implicite) expatriée elle-même ? J’ai laissé vagabonder mon imagination, et elle est passée par tous les rôles, métiers, statuts et personnages de cinéma. En tout cas, c’était clair, elle était à l’opposé même de moi. Forcément. Inéluctablement. Tous les signes extérieurs le prouvaient.

Deux strapontins se libérant, nous nous sommes assis côte à côte. J’avais mes écouteurs sur les oreilles, elles avaient les siens aussi. Je pouvais voir dans sa main, son Ipod-mini bleu métallisé, et la barre de progression de la chanson en cours. Le hasard a fait se présenter à mes esgourdes le mp3 de « Diego, libre dans sa tête », la version de France Gall. Oui j’avoue, j’adore France Gall, celle du « Tour de France 88 ».

Je souris intérieurement, et j’attends qu’elle commence à pousser la chansonnette. Je jette un regard à gauche, et j’arrive à lire le titre sur l’écran rétroéclairé de ma voisine nippone. Je vois d’abord à la barre de progression qu’il vient de démarrer depuis quelques secondes seulement. Et alors je déchiffre : « Diego, libre dans sa tête - France Gall ».

J’ai souris deux fois plus, en constatant que cette femme, que je ne connais pas, ne connaîtrais sans doute jamais, dont je me sens si diamétralement opposé par nature, est assise à côté de moi dans le métro, et que nous écoutons au même moment, dans une extraordinaire et stochastique synchronisation, le même morceau.

C’est cool le métro. ;-)



France Gall - Diego, libre dans sa tête

Jeudi 21 Décembre 2006

Marc-Aurèle Livre 7 - XXVI

Classé dans: Marc-Aurèle — @ 21:24:44

Lorsqu’un homme a commis une faute contre toi, considère aussitôt quelle opinion il se fait du bien ou du mal pour avoir commis cette faute. Lorsque tu le sauras, en effet, tu auras pitié de lui, et tu n’éprouveras ni étonnement, ni colère. Car, ou bien, toi aussi tu te fais encore la même opinion que lui sur le bien, ou une autre analogue, et il faut donc lui pardonner. Mais si tu ne partages plus ses opinions sur le bien et le mal, tu seras plus facilement bienveillant à celui qui les distingue mal.

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

Une pensée que je rapproche de celles qui évoquent la nécessité de prendre en considération le système de “valeurs” (le référentiel) de son interlocuteur avant de le juger. Et c’est vrai que j’ai tendance à être plus indulgent, notamment envers mes parents, avec des personnes qui peuvent me faire du mal, parce que nous n’avons simplement pas la même manière de “voir” les choses. (Mais le coup de genou balayette aide !)

» M le Maudit a les idées très mal placées, il voit le mal partout. Arff. Nan, mein gott, c’est hallucinant. Non seulement Hasbro lance un méga-pistolet qui a l’air de juter des litres, mais en plus ils sortent une pub qui fait franchement penser à une série d’éjacs. Rhoooooo ! Jusqu’à quel point les concepteurs et marketeux sont candides ? (3)

Mercredi 20 Décembre 2006

» Moi aussi, j’aime bien les gens qui y vont au culot. J’aurais explosé de rire en entendant la vendeuse ! Une anecdote rigolote de Samantdi (J’ai honte, je la linke sur un post “léger” alors qu’elle produit quotidiennement des choses superbes.) (2)

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