(* A prononcer de plus en plus vite, ou même lentement, voire juste le prononcer à haute voix c’est déjà pas mal !)
Je n’ai jamais voulu donner de leçon à quiconque sur comment bloguer. Je n’ai aucune prétention en ce domaine, ni dans aucun autre d’ailleurs. Mais régulièrement reviennent des questions et des reproches à mon encontre, qu’elles soient dans des commentaires, mails ou d’autres posts de blogueurs.
Aussi, une fois de plus, je voulais préciser les choses quant à ce que je fais de mon blog, et de cette activité ludique et non lucrative (merde, j’en dis déjà trop !).
Je réitère ce que j’avais dit sur pointblog en quelques mots, et qui avait été repris dans l’excellent ouvrage de Cyril Fievet et Emily Turrettini :
Je blogue :
- par narcissisme éhonté
- par passion de l’écriture, et ce moyen d’être lu tout en restant à sa place et sans jouer ni les écrivains, ni les journalistes, juste les scribes du quotidien
- par adhésion à une communauté de plus (élitisme de bas étage)
Ouai donc je parle de moi, et j’aime bien ça. J’avoue. Mea culpa. Mais si j’écris comme cela tous les jours, c’est un peu beaucoup pour moi, et par égoïste plaisir, et puis un peu beaucoup pour vous, et puis un peu beaucoup pour rien. C’est d’abord écrire qui m’intéresse. Ecrire parfois bien, parfois mal, avec mon style et mes défauts, mes préciosités et mes fautes de grammaire, mais taper, taper et taper.
Ensuite écrire sur tout et n’importe quoi, parce que j’aime ça. Je parle de moi, et j’en ponds des petites tranches de vie, ou bien de cul (des tranches ?), ou des bouquins que je lis, des films que je vais voir, des spectacles auxquels j’assiste, et puis je lie aussi des gens dont les textes me plaisent, et qu’il me plait de faire partager à mon tour. Et puis parfois c’est comme ça, c’est inclassable, et c’est cool.
Mais apparemment aujourd’hui, il faut se positionner. Moi, je suis ce qu’on appelle un blog « personnel » mais là encore ce n’est pas très clair, et c’est la croix et la bannière pour me faire « classer »… Voilà qu’on me taxe de blog « ciné », de blog « bouquin » ou de blog « gay », ou bien encore de blog « classé x » (si si, ça arrive… dingue !) et blog « anti-Hélène Ségara ». D’ailleurs un ami journaliste m’avait prévenu qu’il ne me citerait jamais dans un papier, car je ne suis pas assez bien « positionné » pour cela. « Tu vois si on te cite comme un blog intello, et que le lendemain tu me mets une bite en plein écran, je passe pour quoi moi ? » J’avais très bien compris cet argument d’ailleurs. Bon bah voilà, au moins je sais pourquoi je ne serais jamais cité dans un journal ou à la téloche, ou dans un classement Technorati. Comme cela, je reste à ma place (douillette tout de même), et mon humilité ne s’en porte que mieux.
D’ailleurs je me souviens aussi que j’étais cité par un forum d’adolescents dédié à la lecture pour les critiques de bouquins, le lien était celui des bouquins uniquement. Et il y avait eu un « large » débat suite à la découverte de la teneur des autres articles de mon blog, pour ne pas choquer les petits ados (qui doivent en voir certainement de plus belles ailleurs…). Dernièrement, je me suis retrouvé bien circonspect devant la liste des catégories du Festival de Romans : littérature, musique, vidéo, comédie, bande dessinée, photos, expression citoyenne, podcasting, arts graphiques. Bon bah je coche quelle case moi ? Bon ok, aucune, je rentre me rhabiller.
Ce n’est pas ce positionnement médian et bâtard qui me fait me censurer, ou orienter ce que j’écris. Même si je ne suis pas exempt d’influences. Par exemple, j’aurais été beaucoup plus sévère avec « David Nolande » si je n’avais pas rencontré l’équipe, et comme Alan Smithee (un vrai blogueur ça madame, avec quatre ans d’expérience !) l’avait remarqué, j’étais bizarrement trop gentil. Mais ça c’est aussi ma marque de fabrique. Je ne PEUX simplement pas détruire une œuvre qui a été produite avec les efforts de gens de bonne volonté. Ce n’est pas mon truc, je suis obligé de remarquer le truc positif, de laisser le bénéfice du doute. Je parle toujours de ce qui m’a plu, et déplu. Les deux. C’est la raison pour laquelle je suis un piètre critique, mais cela ne m’empêche pas non plus de persévérer.
C’est pareil pour les blogs, si je trouve un blog mauvais, je ne le lis pas et voilà tout. Mais il y a toujours quelque chose de bon dans la « création », toujours.
Aujourd’hui, on appelle un peu tout un blog, et notamment des sites spécialisés qui utilisent des blogiciels pour fonctionner, ce qui n’est pas la même chose. Mais là encore, c’est peut-être simplement à moi de mettre à jour mon dictionnaire.
Le blog pour moi c’est donc l’écriture, mais aussi le partage. Le partage de ce que j’écris avec tous ceux qui peuvent le lire (les francophones connectés donc), mais aussi la merveilleuse blogosphère, ses gentils, ses méchants, ses intrigues et ses manigances. Et puis c’est une manière de tracer ce que je fais, ce qui est très marrant à relire plus tard. Enrichi des commentaires cela donne un objet curieux, mais dont je suis assez content.
Mais bloguer pour moi est incompatible avec être rémunérer pour cela. C’est même proprement INTERDIT. Je ne veux pas que mon blog me rapporte de l’argent. Je ne veux pas de publicités. Au contraire, je veux qu’il m’en coûte (un peu). Je veux non seulement donner, mais aussi payer un peu de ma poche pour donner gratuitement à toute la Terre. Oh ce n’est pas grand-chose, mais c’est offert de bon cœur. Hu hu hu.
Ce positionnement là fait que je me sens relativement inattaquable. En effet, je ne gagnerai jamais un penny avec des googleads, ni même en mettant des liens marchands pour les films ou les livres dont je parle. Je ne veux pas de ça. C’est bon, je gagne ma vie à côté, et je blogue dans un autre cadre. Je veux conserver l’esprit archaïque et bolchevique de mon petit blog de merde. Et grâce à cela, je me contrefous des critiques ou des attaques, des dénigrements ou des moqueries. Oh évidemment, elles me blessent, elles me touchent, elles me font mal, très mal. Mais si je ploie, je ne romps point sur ce sujet. Car je ne dois rien à personne. Je ne suis là que pour donner, et cela avec un indicible plaisir.
Je n’ai pas de wishlist non plus, car je serais trop gêné du procédé. J’ai déjà reçu quelques trucs malgré tout, mais du coup c’était vraiment des idées des personnes qui me lisaient, et cela me fait beaucoup plus plaisir !
Par contre, aller à des spectacles et avoir des invitations ne me troublent pas trop. J’ai peut-être tort, mais je pourrais toujours changer d’avis.
Il faut savoir que je n’ai rien contre ceux qui font des business plans avec des blogs. Après tout, il faut bien manger. Mais j’aime qu’on soit clair dans sa démarche, et qu’on évite d’arriver avec un discours humaniste et altruiste, pour ensuite vendre sa camelote. Et je n’aime pas trop plus qu’on me dise que je suis un imbécile car je ne transforme pas en francs sonnants et trébuchants la potentialité marketing de ce truc que vous lisez (parmi les 3000 autres péquins qui débarquent quotidiennement). Ou alors je préfère le dire moi-même : « Je suis un Imbécile », comme ça je mets une majuscule, c’est plus sympa.
Ah oui ça aussi. Je n’énonce aucune vérité. Parce que non seulement je dis parfois des conneries, mais donc je peux aussi changer d’opinion. Suite à une expérience, une rencontre, une conversation, on évolue, on grandit, parfois en bien, parfois en mal, tout dépend du référentiel de départ, et celui d’arrivée.
Bon, j’ai été clair ? Faute d’être concis, car ça, vraiment, je n’y arrive pas.