44 articles pour le mois de Janvier 2007

  • Cinéphage
Les Ambitieux

Publié le Mercredi 31 Janvier 2007 - 23:51
Catégorie: Cinéphage

Voilà un film qui offre pas mal de contrastes et dont je ressors avec une opinion assez déroutante. J’y ai trouvé un tas de qualités, mais qui résident presque uniquement dans le jeu (et la direction) des comédiens (ce qui n’est pas rien, évidemment), et des défauts qui confineraient presque le tout dans la rubrique « téléfilm » d’un soir de la semaine. Il y a de bonnes idées, un propos intéressant et rapidement captivant, mais un rythme qui a du mal à s’instaurer, des maladresses manifestes au niveau du scénario et de certains rebondissements, et puis une fin à l’eau de rose un peu trop mièvre à mon goût.

Julien (Eric Caravaca) habite en province, à 400 bornes de Paris. Il est libraire, mais il a écrit un roman, et il profite de faire connaissance avec le fils d’un éditeur pour faire passer son manuscrit. Il est donc appelé sur Paris pour rencontrer la directrice littéraire, un pur jus du 6e arrondissement, Judith (Karin Viard). Cette dernière n’a même pas lu son manuscrit, mais elle le congédie rapidement en lui racontant n’importe quoi. Dans le même temps, elle reçoit une boite métallique avec des souvenirs de son père, qu’elle n’a jamais connu et qui aurait été un militant révolutionnaire en Amérique du Sud dans les années 70. Après quelques tribulations, les deux se retrouvent amants, et Julien découvre dans la fameuse boite une correspondance et des documents, dont il s’inspire pour un roman biographique sur le père de Judith, mais à l’insu de cette dernière.

Le film repose entièrement sur les épaules des deux comédiens. Et surtout sur celles de Karin Viard qui est absolument parfaite et géniale. Cette fille est brillante, et elle le prouve à chaque scène, que ce soit dans un rôle de garce, de dominatrice et manipulatrice ou lorsqu’elle montre ses failles, qu’elle s’énerve ou qu’elle pleure. Elle affiche une crédibilité de chaque instant qui me dépasse. Eric Caravaca n’est pas en reste, et même s’il est moins « flamboyant », il a du répondant, et les deux héros forment un couple charismatique dont on a envie de connaître les évolutions. Les dialogues et les confrontations entre les deux personnages mettent en oeuvre le savoir-faire et les talents de la réalisatrice, Catherine Corsini, qui donne là dans la comédie de bon niveau.

Malheureusement l’oeuvre ne tient pas bien la route, le scénario s’effiloche peu à peu, les personnages secondaires s’étiolent carrément, le rythme est cahotant, et on verse dans le téléfilm de bonne facture. Car on avait une comédie sentimentale qui en profitait pour donner une pichenette au milieu littéraire parisien, tout en proposant la rencontre de ces deux personnages un peu moins tartes que d’habitude. Mais peu à peu l’originalité n’est plus de mise, et c’est la convention qui conclue en grandes pompes.

Il reste tout de même un film qui se regarde avec plaisir, et surtout le bonheur de cette resplendissante et extraordinaire comédienne qu’est Karin Viard (oui j’aime cette nana !).

L’avis des copines : Nij, Patrick.

Les Ambitieux

  • Cinéphage
Casino Royale

Publié le Mardi 30 Janvier 2007 - 23:56
Catégorie: Cinéphage

On m’avait dit du bien de celui-ci, donc je ne voulais pas le manquer. Mon opinion après tous les autres avis chopés à droite et à gauche est plutôt positive, mais pas dithyrambique. Il s’agit d’un bon « James Bond », c’est-à-dire d’un comédien qui tient la route (beau mec, pas tout jeune, et bel accent anglais sont les trois facteurs essentiels pour moi), une histoire d’espionnage et les quelques gimmicks à la 007 qui donnent une certaine homogénéité à la saga. Et aussi, il me faut un bon générique, c’est primordial pour un Bond qui se respecte selon moi !

En gros, James Bond est en mission pour lutter contre l’argent du terrorisme. Il s’agit notamment de contrer les plans d’un méchant très méchant (la totale le mec, l’oeil balafré blanchâtre qui saigne des gouttes de sang et la mine patibulaire… mais presque !) qui fait des placements financiers pour le terrorisme international. James le rencontre autour d’une partie de poker un peu spéciale, aux montants exorbitants ! Il est accompagné d’une séduisante jeune femme qui travaille pour le Trésor britannique et lui fournit les fonds nécessaires au jeu.

Ron m’a certifié que le film était très conforme au bouquin, et que c’était une de ses qualités. Or, moi j’ai justement trouvé que le scénario n’était pas super bien fagoté, un peu comme si la manière dont il était ficelé faisait apparaître trop de déclics téléphonés, et des enchaînements de circonstances un peu trop emberlificotés. La fin est notamment tellement naze qu’on se dit immédiatement qu’il va soit se passer quelque chose pour contredire la scène, soit le film termine vraiment connement (heureusement, il se passe quelque chose). J’ai aussi un peu trouvé trop « Cat’s eyes » les premières cascades où les types volent littéralement dans les airs, et rebondissent sur les toits comme des zébulons.

Mis à part ces quelques petits tracas, j’ai beaucoup aimé le film. Daniel Craig y est notamment un excellent 007. Il fait un James absolument charmant et en grande forme physique, au mutisme névrotique assez craquant, et à la dureté qui colle bien au rôle originel. On retrouve aussi une excellente, comme toujours, Judi Dench en M, et les quelques gadgets qui ont fait la réputation de l’espion anglais. Bref, un bon moment de cinéma d’action et d’espionnage, une oeuvre qui globalement tient la route. Cela fait plaisir de constater qu’on peut encore produire de bons blockbusters sans se fier seulement à la notoriété d’un personnage ou d’une série de films. Avec des dialogues, un scénario et des comédiens qui assurent un divertissement de bonne qualité, James Bond a encore sa place sur le grand écran.

Casino Royale

  • Linkage
Qalawun et l'alyah

Publié le Lundi 29 Janvier 2007 - 23:44
Catégorie: Linkage

Qalawun évoque l’alyah à travers un week-end à Tel-Aviv, et des rencontres. Un excellent post comme souvent.

  • Matooyage
Trace ibérique

Publié le Lundi 29 Janvier 2007 - 21:31
Catégorie: Matooyage

Tous les matins, je chemine et trottine vers mon lieu de labeur. Je descends du Tram, je file vers la Seine, je longe le parc, et je vais taffer. D’ailleurs j’ai déjà montré tout cela. Et tous les matins, et tous les soirs dans l’autre sens, j’emprunte ce trottoir à l’asphalte purpurin (j’ai toujours du mal à croire qu’asphalte est masculin) et mon regard traîne souvent sur le sol.

Depuis des mois, je la surveille. Il s’agit d’une tache de chewing-gum. D’abord c’était un gros chewing-gum mâchouillé rose plein de bave. Il a été savamment ignoré pendant des jours et des jours, et puis « splatch », un matin il avait en plein milieu une grosse trace de roulette de poussette. Une ligne droite avec des striures, et déjà, pluie après pluie, il perdait de sa couleur et de sa substance. Ensuite, il a subi quelques rollers, et surtout des tas de semelles, de bottes et de chaussures… Et encore des intempéries, et une érosion progressive jusqu’à ce qu’on voit plus qu’une forme blanchâtre bien incrustée sur le sol goudronné.

Voilà ce que ça donne :

Trace ibérique

Et depuis plusieurs mois, tous les matins, et tous les soirs dans l’autre sens, mon regard accroche la petite salissure chewing-gumesque. Et à chaque fois, je me dis « Putain c’est dingue comme ça me fait penser à la carte de l’Espagne ! ». C’est vraiment exactement la forme de la péninsule, avec le Portugal en moins, et je scotche dessus pendant le fugace instant où quelques pas me font enjamber les pyrénées. Et voilà comment, en ces trois minutes matutinales qui me séparent du tourniquet automatique de l’entrée de la boite, je rêvasse à la péninsule ibérique, à ma Gay-Pride madrilène, à la douce chaleur des nuits d’été, aux guapísimos chicos, à Don Quichotte, Almodovar, à la tortilla et au chorizo. :mrgreen:

Trace ibérique

Ce post est dédié à mon lecteur galicien qui apprend le français en me lisant (Bon courage !!! Entre le « moignonning », « sa mère, sa race », « purpurine » et « chewing-gumesque » il faut savoir trier le bon grain de l’ivraie !) : Pablo. Il l’est aussi à un de ces blogueurs GAttitudiens de talent, un barcelonais qui vit et enseigne à Toulouse : Asbel. Et enfin, je n’oublie pas TacTac de Coxx*.

  • Matage
  • Télévisage
La série du samedi soir : Cyrano de Bergerac

Publié le Samedi 27 Janvier 2007 - 21:43
Catégorie: Matage, Télévisage

Oubliez « Desperate Housewives », « 24 heures », « Dexter », « Le coeur a ses raisons » ou d’autres séries palpitantes, je vous propose à la place de vous plonger dans la série qui fait fureur en ce moment sur… heu… dans… heuuu… sur mon disque dur ? Et qui a été regardée par au moins heu…. moi, et qui a reçu de prestigieux prix et awards de… encore moi ! :mrgreen:
Bref, moi je vous le dis, ça déchire sa race, sa mère, c’est de la balle atomique, c’est « Cyrano de Bergerac » ! Et pas n’importe quel Cyrano de pédé, non, non, mais LE Cyrano de Claude Barma de 1960 avec Daniel Sorano dans le rôle-titre, dont j’ai déjà parlé. Il s’agit de la fameuse version qui m’a été généreusement envoyée par une internaute, et que je partage à mon tour sous cette forme inédite.

Le découpage est de mon cru, il est donc parfaitement subjectif, et il me convient parfaitement comme cela (mais si j’ai coupé le second épisode un poil trop tôt, argh, je réencoderai plus tard). Je sais que la qualité n’est pas optimale, mais je propose du coup deux encodages qui devraient seoir à tous les débits. Passez en « diaporama » pour aller directement à l’épisode 2, lorsque le 1 se termine (sinon, il faut cliquer). Le mode plein écran agrandit un peu, mais évidemment fait perdre en qualité.

Pour cette première diffusion, je poste les épisodes 1 et 2. Dans le second, c’est la fameuse scène des nez qui a rendu la pièce de Rostand immortelle (parmi d’autres références et tirades). Ce n’est qu’un début, mais je pense qu’il y a là assez du panache de Sorano pour que vous compreniez à quel point il est excellent dans ce rôle.

To be continued…


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Toutes les informations sur cette pièce filmée.

  • Linkage
Kubrart

Publié le Vendredi 26 Janvier 2007 - 21:23
Catégorie: Linkage

Kubrart est un des bons blogs de GayAttitude, parmi ceux que je lis avec assiduité. Son dernier post reflète bien ce que j’apprécie chez lui, dans son style et dans sa verve.

  • Boukinage
Seule la mer

Publié le Vendredi 26 Janvier 2007 - 19:05
Catégorie: Boukinage

Un roman composé de poèmes, ou bien des poèmes qui bout à bout raconte une histoire à la manière d’un roman… je ne sais pas dans quelle catégorie placer ce livre ? C’est un peu ça, et pas vraiment. Ces textes ont en tout cas indéniablement une force poétique et lyrique fabuleuse, ils sont aussi structurés par sortes de stances qui font penser à des vers, mais c’est de la prose, et il y a même quelques dialogues. Alors on vogue comme cela entre une histoire qui est racontée et intelligible, des digressions plus oniriques et d’un aède convaincu, et une prose pénétrée d’un style vif et « coloré ».

L’auteur, Amos Oz, est un des écrivains israéliens les plus célèbres (c’est écrit derrière le bouquin, parce moi évidemment, le teubé de service, je l’ignorais), et ayant terminé ce livre-ci, je ne m’en étonne vraiment pas. Non seulement l’histoire est intéressante et prenante, et on est aussi tour à tour captivé, bercé ou malmené par ces strophes qui n’en sont pas vraiment. Cela m’a fait penser aux poèmes de Constantin Cavafis que j’avais découvert grâce à Alice, et qui avait ce même effet évocateur à travers une prose au rythme et au style d’une superbe maîtrise. Mais là Amos Oz déroule son talent sur un roman complet, ce qui démultiplie encore l’effet de ses mots.

L’histoire c’est celle d’un homme, le héros, dont la femme est morte, et qui a du mal à s’en remettre, et dont le fils (un peu fâché contre son père) est parti pour le Tibet en un voyage initiatique. Il y a aussi la petite amie du fils qui se rapproche du héros, et vient même jusqu’à habiter sous son toit. Leur relation prend jour après jour un aspect des plus troubles et confus.

Le style de l’auteur a aussi les accents de l’hébreu et d’Israël, on le sent bien dans les citations de ville ou les précisions géographiques (Tel Aviv, le désert de Néguev, Bat-Yam), dans les prénoms, dans les allusions bibliques (auxquelles je dois l’avouer… je n’ai pas compris grand-chose), mais aussi les tournures (enfin j’ai cette sensation, et cela me le fait toujours quand je lis des traductions, c’est un des charmes d’ailleurs, je trouve, de lire des auteurs traduits). C’était un bonheur de se plonger dans une telle littérature, si intense, riche, lyrique, sensible et poétique.

Le bouquin n’est pas super joyeux, mais il n’est pas non plus spécialement neurasthénique. Il permet surtout une belle évasion intérieure, de par ses évocations poétiques mais aussi par ce rythme incroyable qui bat comme un métronome tout au long de l’ouvrage. On se plonge dans ces lignes, et rapidement on est gagné par l’ambiance, la lecture, les émotions, on oublie le monde extérieur, et on se retrouve finalement tout calme et serein.

Seule la mer - Amos Oz

  • Linkage
Election Mister Chaperon Rose !

Publié le Jeudi 25 Janvier 2007 - 17:55
Catégorie: Linkage

Oyez Oyez braves gens, le petit chaperon rose organise son concours. Il s’agit d’élire “Mister Chaperon Rose” ! Et ils sont très mignons les candidats. (Désolé de ne pas en avoir parlé avant, je n’étais pas vraiment “connecté” ces derniers jours… manifestement.)

  • Ecoutage
  • Matooyage
Le club des natifs du 31 mai 1976

Publié le Jeudi 25 Janvier 2007 - 17:47
Catégorie: Ecoutage, Matooyage

Vous ne vous êtes jamais demandés combien de gens dans le monde étaient nés le même jour que vous ? Et quelle est bien l’influence de cette connivence sur leurs existences ? Heuuu je mets à part l’astrologie, étant donné que je ne suis pas très crédule à ce sujet (même si j’aime ma petite Christine Haas). Je suis quelqu’un de très attaché aux dates et de manière générale aux repères, qu’ils soient temporels, géographiques ou sensoriels. Quand j’ai habité longtemps un endroit, je garde toujours en mémoire ces petits détails anodins et insignifiants, mais qui sont des stimuli d’une efficacité redoutable lorsque j’y retourne, même des années plus tard.

Pour mon anniversaire, c’est un peu la même chose. Le 31 mai 1976… y’a un truc, c’est le jour de ma naissance, alors c’est forcément un repère d’importance pour moi.

Et puis on est tout de même vachement doués les trente-et-un-mai-mille-neuf-cent-soixante-seiziens ! :mrgreen:
Mais oui, avec Colin Farrell et sa grosse bite (ah il est comédien aussi ?) mais aussi le basketteur Matt Harpring ou bien la tenniswoman Mashona Washington, le footballeur Alex Calderoni ou encore le sauteur à ski Roar Ljøkelsøy.

Mais qu’est-ce qu’ils ont tous à faire du sport !!! :boulet:
Il n’y pas longtemps, j’ai été contacté par un blogueur qui m’a appris qu’il était aussi né le 31 mai 1976. Dingueuuuh !

Et il chante bien !! (J’ai chopé ça sur son blog.)

Je vais monter un club, le club des « Natifs du 31 mai 1976 ». Ce n’est pas compliqué, il suffit d’être né le 31 mai 1976 pour y adhérer. Il faut que je contacte les gens de ce post pour leur en parler !

Si, si, je vous jure (Ah non, ne jurez pas Marie-Thérèse !!!), je vais le faire. ;-)

  • Marc-Aurèle
Livre 7 – LXVII

Publié le Mercredi 24 Janvier 2007 - 19:37
Catégorie: Marc-Aurèle

La nature ne t’a pas tellement mêlé ou composé des choses, qu’il ne te soit point permis de te délimiter et de faire que ce qui t’appartient soit en ton pouvoir. Il est parfaitement possible, en effet, d’être un homme divin et de n’être remarqué par personne. [...]

Il avait même pensé au futurs blogueurs en mal de statistiques et popularité !!! ;-)

  • Boukinage
Les héros de Budapest

Publié le Lundi 22 Janvier 2007 - 20:19
Catégorie: Boukinage

J’avais évoqué un excellent numéro de Fluide Glacial, et notamment la chronique de Léandri. Eh bien, il y avait aussi sur cette page un encart où ce dernier conseillait ce bouquin. J’avais été intrigué par cette promotion des « héros de Budapest » de Phil Casoar et Eszter Balázs. Bien m’en a pris de l’acheter, ce bouquin est une pure merveille !

Tout commence par une photo, le cliché qui a fait la une de Paris-Match lors de l’insurrection de Budapest en octobre 1956, sévèrement réprimée par les soviétiques en novembre d’après, et dans l’indifférence occidentale totale (tant ils étaient occupés avec Nasser et son canal). Sur cette photo, deux jeunes révolutionnaires, parmi ces visages qui ont fait dire dans le monde qu’il s’agissait bien d’un mouvement jeune et populaire, et pas d’une frange séditieuse de la population (des « hooligans » comme les ont appelés les gouvernements prorusses à venir). Ce garçon et cette fille représentent l’espoir des hongrois qui désiraient s’affranchir de Moscou pour décider eux-mêmes de leurs sorts, et acquérir un peu plus de libertés. Il s’agit aussi de l’époque où le photojournalisme était (et est toujours) particulièrement important, puisqu’il figurait un oeil « objectif » et unique des conflits pour le globe.

Les auteurs de ce livre, Phil Casoar et Eszter Balázs, ont alors eu l’idée folle et saugrenue de rechercher ces deux personnes, ces deux jeunes révolutionnaires, qui ont inconsciemment été la figure de proue médiatique de cette insurrection dans le monde entier. Ce bouquin, superbement illustré, est le récit circonstancié de cette enquête qui a duré six ans.

Formellement le livre est déjà une grande réussite, car c’est un très bel objet. Il bénéficie d’une très chouette maquette, il pullule de photographie, de dessins et de reproductions de documents qui permettent de se remettre dans le contexte du récit, et qui illustrent surtout les différentes « preuves » ou « pistes » que les auteurs ont débusquées tout au long de leur quête. Cela rend le récit plus concret et plus ancré dans la réalité que jamais. La photo est réellement au coeur des différentes intrigues, et les auteurs nous font profiter de leurs trouvailles sur tous les continents (d’autres photos, des magazines, des preuves des passages aux frontières des protagonistes, des encarts de journaux locaux, des papiers de naturalisation etc.).

Ensuite, dans le fond, on reconnaît la plume alerte et affûtée de Phil Casoar, que je connais bien pour ses participations dans Fluide. Les textes qui racontent les rencontres et tribulations des deux enquêteurs sont passionnants, riches en émotions et en précisions historiques, qui m’ont bien éclairées sur ces événements dont je ne savais que très peu de choses.

Ainsi on retrouve rapidement la piste de la jeune fille, tandis qu’il est très difficile de mettre un nom sur le joli garçon. Des purs coups de chance, des quiproquos linguistiques ou des rencontres inopinées fournissent d’inattendus rebondissements qui ont permis de retrouver des bribes de l’histoire personnelle de ces « héros de Budapest ». Ce sont bien des héros ordinaires, deux personnes qui ont été rendues célèbres par un cliché, des milliers de fois reproduits. Mais au final, ils ont continué leurs routes, la jeune fille a réussi à aller en Suisse, et puis a finalement émigré en Australie, où elle s’est mariée, et a eu des enfants. Cette photo n’aura alors été qu’un de ces souvenirs traumatisants d’une adolescence terriblement singulière.

Le bouquin se lit comme un polar, et en même temps il s’agit d’une superbe fresque historique, très contemporaine donc, qui nous relate avec simplicité les événements de l’époque. On se retrouve rapidement pris dans l’émotion et dans l’envie de savoir s’ils ont réussi à identifier les personnages, à savoir ce qu’ils sont devenus, et peut-être même à les rencontrer, s’ils sont toujours en vie. On passe de pays en pays, dans les souvenirs épars d’enfants de collègues de travail hongrois de la jeune fille, ou bien dans les archives des journaux suisses pour débusquer des indices, il y a aussi toute une partie du livre qui se focalise sur les photoreporters. On apprend qui est réellement l’auteur de cette fameuse photographie, les auteurs interviewent tous les journalistes de l’époque qui s’étaient rendus au coeur du conflit. En recoupant les moindres souvenirs des uns et des autres, on reconstitue peu à peu le décor de la photo, et ses circonstances exactes dans le conflit.

Voilà une oeuvre originale, belle, bien écrite et superbement documentée qui devrait certainement être plus connue, et trouver un public. Il s’agit d’un moyen « ludique », pédagogique et profondément humain d’appréhender cette insurrection de Budapest, et de voir justement au-delà des livres d’histoire, des documentaires et des articles de journaux.

Les héros de Budapest - Phil Casoar et Eszter Balázs

  • Matooyage
Week-end en Fusion

Publié le Dimanche 21 Janvier 2007 - 21:02
Catégorie: Matooyage

Ce week-end se termine déjà, et j’ai encore eu peu de temps pour moi. Il faut vraiment que j’arrête de prévoir trop de trucs à faire comme cela, mais j’ai un mal fou à me contraindre. Pourtant j’adore rester chez moi tout seul et glander comme un bienheureux, je ne crois pas fuir quoi que ce soit en sortant beaucoup, mais force est de constater que mes semaines et mes week-ends sont bien occupés.

Le titre du post avec ce mot de « Fusion » c’est pour évoquer ces deux jours où j’ai fréquenté un tas de gens d’univers complètement différents, et je me réjouis de les voir se rencontrer un peu plus. Il m’était rarement arrivé de passer d’aussi bons moments avec des amis de cercles variés, et de constater certaines collusions que je ne soupçonnais pas, ainsi que des conjonctions inattendues.

Vendredi soir, je donc allé voir les faux Beatles avec Niklas, et ensuite j’ai traîné ce dernier au « Lizard Lounge » avec moi. Nicolas y célébrait son anniversaire avec quelques personnes que je connais bien, comme Cécilia évidemment, mais aussi Bud, Christelle, et même ma nouvelle recrue du taf, Agnès (qui est une ancienne stagiaire de Nico). J’adore le Lizard, c’est vraiment le bar d’irréductibles hétérosexuels qui perdurent dans l’Empire Gay du quartier. Du coup il s’agissait plus des gens que je fréquente depuis une dizaine d’années, depuis l’IUT en somme (et qui sont les instigateurs de mon anniversaire surprise de la dernière fois). Et puis à la fermeture, je suis allé rejoindre Diego chez sa mère, où il était avec quelques amis à lui, donc un mec qu’il aime beaucoup et qu’il voulait me présenter, Eliès.

Moi qui voulais me coucher tôt et être en forme pour le lendemain, c’était compromis… J’étais content de passer un peu de temps avec Diegito, que je n’avais pas vu depuis un certain temps, et avec qui je n’avais pas discuté de visu depuis (trop) longtemps. Je suis rentré raisonnablement et j’ai cheminé tranquillement la musique aux oreilles.

Alors que je passais devant Libé, rue Béranger, j’ai croisé deux mecs qui venaient en face. C’est en passant rapidement que j’ai reconnu d’un des deux… Coco ! M’ayant aussi capté, nous nous sommes salués, et j’ai du coup aussi remis un nom sur le visage familier de son compère : Hugo (que j’avais rencontré lors d’une interview pour Netizen).

Samedi soir était la soirée que j’attendais avec impatience, un triple anniversaire de potes proches, avec une kyrielle d’amis et de gens que j’aime bien. L’après-midi, nous nous sommes retrouvés pour acheter les cadeaux avec Henri et Charles, et en fin d’aprème nous avons atterris à l’Imprévu pour boire un verre. Et là, nous avons été rejoints un peu par hasard par Matt et son petit copain Olivier (que j’avais déjà rencontré en boite), qui étaient sur Paname pour le week-end. Je suis revenu avec Matt sur ces gens de GA qui m’écrivent pour me demander des conseils ou bien se plaindre du site. Encore des types qui me confondent avec Matt et Garoo !

La soirée de Samedi était aussi réussie que je l’espérais ! Aaaaaaaaaaah ! Aaaaaaaaaaaaah ! Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah ! J’aime mes amis, j’aime ma vie ! :mrgreen:
Y’avait tout plein de monde vachement chouette, et même des surprises !

Diego était là parmi les coxxiens*, et ça j’aime bien quand on se refait des soirées « comme avant », comme quand il habitait à Paris (ce qu’il me manque lui alors depuis qu’il est à Bruxelles !). Les potes et les copines étaient au rendez-vous pour Seb, Alex (qui est aussi un collègue de taf) et François, et nous avons fiesté avec une jouissive liesse, les photos en témoigneront. Marie, Jeff, Nath, Nico, Gonzague, Charles, Henri, Lapin, Mary-Jane, Audrey, Fabien, PH, Thomas, Yves-Marie, Hervé, Antoine, Olivier, etc. Et puis chose assez rare, les coxxiens* étaient presque au complet, il n’en manquait que deux !

En guest-star nous avons même eu droit à des blogueurs influents tels que Monsieur Charles Liebert ou Adrien O’Leary, et ce dernier a fait tourné les têtes de tous les membres de l’assistance. Mecs et nanas, même combat ! Mais aussi attention, séquence émotion ! Pour la première fois, j’ai eu l’insigne honneur de rencontrer celui sans lequel je ne vous parlerais pas aujourd’hui : Garoo himself ! :mrgreen:
Sans déconner, voilà un truc qui m’a drôlement fait plaisir. Garoo est tout de même un mec que je connais virtuellement depuis bien 8 ans je pense… Et surtout, c’est en découvrant son blog en 2002, que j’ai plongé à mon tour mon nez dans la blogosphère, avant de me lancer à mon tour six mois plus tard. Donc c’était fabuleux d’enfin avoir l’opportunité d’échanger quelques mots avec l’insaisissable et mystérieux Cédric. ;-)

JP était là lui aussi !! J’oublie à chaque fois qu’il est un pote de Seb, alors qu’il reste pour moi un ex-petit copain d’il y a exactement cinq ans. J’avais évoqué ce garçon en juin dernier, alors que je l’avais croisé par hasard en sortant du cinéma. Rhaa lovely, oui !

Et la soirée était bien l’incarnation du nawak coxxien*… Tout le monde qui embrasse tout le monde (lire les infobulles des liens de Video Girl !!), les pédés qui jouent les hétéros, les hétéros qui emballent des mecs et la chaleur qui monte. Arf arf arf. Et même de la bonne musique française… Najoua Bélyzel, Nadiyah, Nolwenn, Elodie Frégé, etc. Oui oui je sais…

Vous comprenez mieux maintenant quand je disais que ce week-end est une curieuse fusion d’Univers ?

Levé à 15h, je me traîne depuis avec une tête de mort assez déplorable, mais un sourire qui ne me quitte pas. Encore une bonne fournée de souvenirs qui aident à avancer un peu plus dans la vie et le temps qui passent, cool.