MatooBlog
Pectus est quod disertos facit

Lundi 30 Avril 2007

Matooyage Interview Attitude

Classé dans: Matooyage — @ 22:52:58

Evidemment, dès que je me pointe comme ça au boulot, tout le monde sait que j’ai un entretien dans la journée. :mrgreen:

Interview Attitude

Une photo dédiée à Alice, qui me motive pour que j’y aille comme ça tous les jours. (Niiiiin !!!)

(Oui j’ai l’air un peu fatigué, mais je le suis encore plus que ça, heureusement c’est bientôt les wacances !)

Dimanche 29 Avril 2007

Matooyage Gigi, c’est toi là-bas sur Dans le noir ?

Classé dans: Matooyage — @ 23:39:49

Ce week-end, nous avions l’insigne honneur d’avoir la visite de Vincent en notre bonne capitale. Du coup, Floflochou avait proposé que nous tentions le fameux restaurant de la rue Quincampoix qui propose de dîner en aveugle, dans le noir complet. C’est ainsi qu’avec Norman, Lord FiddleBubble, Steve et Mickaël, nous avons tenté l’expérience de “Dans le noir”. Je rencontrais le dernier blogueur cité pour la première fois, et cela me faisait énormément plaisir, car je lis son carnet avec beaucoup de plaisir.

Le moins qu’on puisse dire c’est que la soirée fut riche en événements et surprises. En effet, il faisait déjà assez chaud, mais en plus le restaurant avait des problèmes en cuisine, et donc un temps de service qui flirtait avec l’infini. Nous avons pris notre mal en patience, mais tout de même nous sommes entrés dans le resto à 22h30 (second service) pour n’en ressortir qu’à 1h30 du matin. Et tout ça dans le noir complet, c’est un peu longuet. :mrgreen:

Si l’on passe sur la qualité et la quantité de nourriture qui ne valent pas vraiment le détour, il est par contre clair que l’expérience est chouette et intéressante. Le goût et la texture des aliments changent complètement en état de cécité. On perd aussi toute notion spatiale, ce qui est effrayant, déroutant et fascinant, passé les quelques moments rigolos. Du coup on parle plus fort et sans arrêt, car c’est la seule manière de se signaler les uns aux autres. Lorsque quelqu’un restait muet, j’avais l’impression qu’il faisait la gueule, ou qu’il n’était plus là. Arf.

Il est notable que Vincent est aussi ingénu et blond dans l’obscurité qu’en pleine lumière, le Thanos se jette toujours autant la gueule la première dans tous les pièges qu’on lui tend. Hu hu hu. Le problème est venu de la table qui était à côté. Ils ont commencé à se plaindre, à discuter sur les plats qu’ils avaient demandé et ce qu’ils pensaient manger, et puis c’est devenu carrément plus agressif. L’ambiance est allée délétère de manière exponentielle, puis ils ont apparemment commencé à recevoir de l’eau d’on ne sait où. Et finalement, ce serait carrément un verre qui aurait volé vers leur table (de relous).

Et devinez ? Oui, oui, oui les soupçons se sont portés contre nous !! Les pauvres pédales ! Nan mais s’ils avaient vu notre gueule, jamais ils auraient pensé un truc pareil ! :mrgreen: Donc lorsqu’on nous a demandé si cette voie de fait était de notre responsabilité, j’ai simplement crié dans la nuit : « HOMOPHOBIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIE !!! ». Et hop là, tout de suite ça les a calmés. :-)

Et puis pétage de plombs, les gens qui gueulaient décident de se barrer. L’un d’eux allume son mobile et commence à s’éclairer (ce qui est évidemment formellement interdit), menace le serveur aveugle et embarque ses potes vers la sortie. Finalement les choses se sont un peu calmées, mais on a cru qu’ils allaient vraiment se battre. Et au fur et à mesure, tous les gens sont partis. Nous sommes restés les derniers à tables, les 7 tapettes à finir nos dessert, dans le noir, et enfin, Ô bonheur, dans la quiétude. On aurait voulu passer tout le repas comme ça.

J’ai beaucoup aimé cette manière de se fier aux voix et aux intonations des uns et des autres. Et puis aussi de ne pas bien savoir si Vincent écoutait ce que je disais sur lui à Flo tout bas. Mouahahahahah ! En tout cas, j’ai encore fait ma pipelette, et globalement on a bien rigolé, et trouvé le concept sympa.

Ensuite il était tout à fait assez tard pour aller tranquillement au Bataclan et s’essayer à une soirée Crazyvores. Cela faisait une éternité que je n’avais pas mis les pieds dans ce sauna naturel à la bonne et écologique énergie calorifique homosexuelle, et c’était toujours aussi bien. Cette soirée brasse toujours autant toutes les typologies de pédés parisiens (et tout Rezog évidemment), mais on y trouve aussi des filles, et l’endroit n’est pas trop bégueule, tape-à-l’œil ou pseudo-hype. J’avais eu un peu peur que ça le devienne à une époque, mais il semble que le mélange prenne bien, et que les choses se soient finalement bien équilibrées. Nous avons donc mis nos corps en axes sur les merdes du moment, et d’autres trucs moins merdiques, et ça fait du bien ! En plus, je pense que ça a fait plaisir à Vincent pour qui c’était la première fois.

J’ai croisé Fred au bar, ce qui m’a fait énormément plaisir. La dernière fois que j’en ai parlé c’était lorsque nous nous étions vus chez moi avec mon ex-copain M., et ce le copain de Fred, Olivier. Cela m’avait fait bizarre car ces deux-là étaient sortis ensemble deux jours seulement après M. et moi, mais ils étaient toujours ensemble quatre ans plus tard. Apparemment, cette fois c’est fini aussi pour eux, ce qui m’a attristé…

Attention, la prochaine Follivores, le 12 mai… soirée Dalida ! (Et voilà comment subtilement je reboucle sur le titre du post… Hé hé hé.)

Samedi 28 Avril 2007

Marc-Aurèle Livre 9 - XXXIII

Classé dans: Marc-Aurèle — @ 19:37:19

Tout ce que tu vois sera bientôt détruit, et tout ceux qui assistent à cette dissolution seront bientôt détruits, et celui qui meurt dans l’extrême vieillesse sera réduit au même point que celui dont la mort fut prématurée.

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

Vendredi 27 Avril 2007

Matooyage Au revoir Président !

Classé dans: Matooyage — @ 23:26:29

Qui n’a jamais rêvé (de ces mondes souterrains, de ces mers lointaines peuplées de légendes ou d’une richesse soudaine qui se conquerrait au détour d’un chemin de la Cordillère des Andes ?) de claquer la porte de sa boite en faisant un bel esclandre, ou bien de filer sa démission en disant toutes ses vérités, en libérant tout ce qui avait été mis sous-pression depuis des mois, voire des années, et qui voit là l’unique chance d’enfin s’exprimer. Ah là là, souvent on se fait des films, en s’imaginant ayant trouvé un autre taf, et comme dans une bonne comédie de série B, on rêve qu’on annonce son départ avec une jubilation non dissimulée, et l’occasion d’asséner ses quatre vérités à qui de droit.

Cela ne m’est pas souvent arrivé, mais au moins j’ai eu une fois ce privilège. Cela ne m’arrivera certainement plus, car il fallait bien avoir la verte expérience de mes 24 ans, la folle insouciance du salarié tout juste sorti de ses études, et la liberté du jeune travailleur qui ne se prend pas la tête avec le taf d’après, sa réputation ou ses obligations quotidiennes. Et puis, nous étions en 2000, et le taf, sans courir les rues, ne manquait pas vraiment dans mon domaine.

Tout a commencé fin 1999, je commençais tout juste dans le marketing, et je venais d’être embauché, du haut de mes 23 piges, par un petit éditeur de logiciels en lointaine banlieue parisienne. Une boite de 25 personnes, et un PDG assez charismatique qui m’avait tout de suite beaucoup plu. Un de ces mecs qui impressionne par une prestance et présence autant physique qu’intellectuelle. J’avais clairement choisi cette proposition parce que le contact était bien passé, et qu’il semblait avoir été réciproquement enchanté par mon profil (narcisse attitude).

Et voilà que quelques semaines plus tard, je me rends à l’évidence. Ce mec était un bourge fini (bon c’est vrai que lorsqu’on se prénomme Florent-Eric, ça donne la puce à l’oreille…) qui venait d’un grand groupe informatique, et qui a fait partie d’un « essaimage » pour créer sa propre boite. Mais le résultat c’est qu’il se prenait à la fois pour le monarque de son royaume, et pour le PDG d’une multinationale de 50 000 personnes. Le mec avait la folie des grandeurs, et une vision des choses tellement surréaliste que c’en était flippant. Il organisait sa boite de 25 personnes comme une holding avec des « macro-process » et des « dashboards », et des réunions le vendredi soir jusque 23h, une attitude de tyran fascinante avec ses employés et une très haute idée de lui-même.

Il éditait un magazine pour ses clients qui était avant tout un document (lu par personne) où il pouvait s’exprimer, et pérorer sur 5 pages sur sa vision stratégique de haut-vol de son secteur d’activité. La première fois que j’ai lu ça, j’ai cru que j’allais m’étouffer de rire. En plus sa femme était galeriste, et donc il voulait que la boite devienne mécène ou sponsor de je ne sais quel événement, du genre de ceux parrainés par Gaz de France ou BNP Paribas. Bref, un grand Manitou aux tendances fascisantes, et qui n’a pas tardé à sérieusement m’agacer.

Car il s’est rapidement muté, d’un homme compréhensif, humain, volontaire et motivant, en un dictateur inique et persécuteur. J’ai tenu presque un an, et puis un jour, ce fut la goutte d’eau. Je me disais déjà que je ne ferais pas long-feu ici, mais bon la facilité de l’habitude, et puis j’étais motivé pour faire un peu évoluer les choses, malgré l’ambiance délétère qui régnait dans l’entreprise. Mais un jour, alors qu’un collègue était dans mon bureau et que nous rigolions tranquillement, il a débarqué pour me demander de ne pas faire autant de bruit, car cela le dérangeait. Sachant qu’il venait d’arriver, et que je savais pertinemment que ce n’était qu’une de ses parades pour éviter toute relation amicale un rien détendue au boulot, ça m’a vraiment saoulé et désespéré à la fois. Et bingo, je me suis dit « Allez hop, il faut que je parte d’ici ! ».

J’ai frappé à son bureau (voisin du mien, mais super luxueux), et je lui ai demandé si je pouvais lui parler. Il a accepté, un peu étonné d’une requête si inhabituelle, et je suis entré, j’ai fermé la porté, et j’ai ouvert la bouche.

J’ai dit en substance un truc comme ça : « Monsieur, vous m’avez embauché en me faisant croire que vous étiez un homme profondément humain et avec l’envie de me faire évoluer, et de m’apprendre beaucoup de choses. Vous avez beau prôner le management participatif, vous agissez exactement à l’opposé. Vous n’êtes qu’un autocrate et quelqu’un de foncièrement cruel. Vous faites délibérément du mal aux gens qui travaillent avec vous depuis des années, et vous sapez le moral des autres. Toutes les initiatives sont jetées aux ordures, et vous vous complaisez dans vos visions stratégiques himalayennes qui sont en complet décalage avec la réalité.

Vous êtes surtout un être méchant. Et je ne peux plus travailler avec vous, je ne peux plus travailler pour vous. Comme vous êtes le PDG de l’entreprise, eh bien c’est moi qui la quitte évidemment. Je démissionne donc. Au revoir. »

Il est resté bouche bée, il n’a rien dit du tout. Je suis ressorti, suis arrivé à mon bureau, et j’ai cru que j’allais m’évanouir tant mon cœur battait la chamade. Rapidement mon exploit a fait le tour des bureaux, et je me sentais léger, léger, léger. Le lendemain, il est venu me voir, et il s’est excusé. Il a même offert de m’augmenter, et promis qu’il ne me verrait plus dans le cadre de mon boulot. Un truc de ouf. Mais je savais que c’était uniquement lié au choc de l’entrevue de la veille. Je lui ai expliqué qu’après lui avoir parlé ainsi, je ne pouvais que quitter la boite, que j’avais été éduqué de telle manière que le respect que je dois à une hiérarchie est viscéralement ancrée en moi (le « patron » c’est un truc de pauvre prolo que je ne peux pas shunter de mon génome social). Et dès le moment où j’avais tout cassé, alors c’est que je ne me sentais déjà plus salarié de cette entreprise.

Par la suite, quelques personnes ont aussi démissionné en arguant des raisons similaires, et le boss a fait une déprime. Mais il s’est vite remis d’aplomb ! :mrgreen:

Lorsque j’ai fait mon discours, j’ai été ferme, froid, clair et direct. Je suis reparti du bureau en me drapant dans ma dignité de Présidente des Drama-Queen, et j’ai conscience d’en avoir fait des tonnes, d’avoir été un adolescent parfait. C’est un souvenir fabuleux et précieux, et certainement un truc que je ne referais pas pour les raisons que j’ai indiquées. Mais à chaque fois que j’y repense, j’ai un sourire qui se greffe sur mon visage, et je me dis que c’était complètement pas raisonnable, et complètement super cool.

Jeudi 26 Avril 2007

Matage Télévisage Au secours, vous êtes laide !

Classé dans: Matage, Télévisage — Tags: @ 23:31:42

Encore tout un tas de répliques cultes et irrésistibles…


Mercredi 25 Avril 2007

Matooyage Jamais sans mes sœurs

Classé dans: Matooyage — @ 23:18:41

C’est en lisant ce post de Kozlika, qui a eu beaucoup d’échos dans la blogosphère, que j’ai repensé à cette histoire. Une histoire assez commune j’imagine, puisqu’elle est arrivée à mon frère, et que nous ne sommes que des gens très ordinaires. J’y ai pensé car j’ai adoré cette manière dont Kozlika décrivait cette jeune fille, qui outrepassait son rigorisme familial (ou bien qu’on imagine comme tel) et faisait une belle démonstration de féminisme adolescent. Et cela m’a remémoré ce qui est arrivé à mon frangin en 1994, et les années suivantes.

Tout a d’ailleurs commencé en 1992, où tandis que je m’esbaudissais dans les dunes corses, mon frère faisait la romanesque connaissance d’une charmante rochelaise. Cela l’encouragea quelques mois plus tard, à aller faire son service militaire à La Rochelle. Et la ville lui plut au point qu’il décida de s’y installer. En 1994, alors que je passais mon bac, mon frère était cuisinier dans un des restaurants du port. L’été est l’occasion de faire travailler pas mal d’extras pour la saison, et la fille d’un des employés, un homme marocain de l’âge de mon père, a ainsi rencontré mon frangin. Ce dernier en avait 20, et la fille en avait 23.

Evidemment, arriva ce qui devait arriver, ils tombèrent amoureux l’un de l’autre. Et rapidement, mon frère apprit qu’ayant 23 ans, vieille donc, et n’étant toujours pas mariée, elle était « promise » à un type de 50 ans qui l’attendait au bled. Et tout s’est rapidement enchaîné : elle qui refuse cet état de fait, les parents et la sœur aînée qui apprennent l’existence de mon frère. Et patatras : mon frère se fait agresser et menacer par le mari de la sœur, la fille voit son passeport et ses papiers confisqués, et elle est séquestrée avant d’être envoyée de force au Maroc. Elle s’enfuit de justesse avec l’aide de mon frangin, et après un épisode digne d’un soap policier de France2, ils finissent par se réfugier dans l’appartement de mon frère. Ce dernier demande l’aide des flics, et va porter plainte. Cela effraie la famille de la fille, et donne un peu de temps aux tourtereaux pour réfléchir.

Mais bon, ma môman après ce récit circonstancié dit ce que toute môman aurait dit. « Bon, tu laisses tout tomber à La Rochelle, et tu te ramènes à la maison ! » Et mon frère de rétorquer : « Mais je ne peux pas la laisser ! ». Et ma môman de logiquement répondre : « Tu l’emmènes avec toi, allez hop, vous venez à la maison ! ».

Voilà comment nous nous sommes retrouvés pendant un peu moins d’une année de retour à notre famille nucléaire, et donc surnuméraire puisque nous avions adopté la copine de mon frangin. (Quand j’ai vu le film de Coline Serreau « Chaos », j’ai beaucoup pensé à elle, et à ce qui aurait pu aussi lui arriver…) Elle nous a beaucoup parlé de ses parents, de ses sœurs qu’elle adorait, et cela m’a aussi aidé à comprendre un peu ce qui s’était passé ces dernières années, pour qu’on en arrive à de tels événements. Evidement, son histoire est facilement transposable à d’autres milieux, d’autres religions, et d’autres situations.

Le pire c’est qu’elle était certainement la plus sage de ses six sœurs, celle qui avait toujours tout fait pour satisfaire les uns et les autres, et qui avait même porté le voile pendant un moment (mais avait décidé d’arrêter finalement). Mais son désir de liberté était plus fort, elle voulait poursuivre ses études, travailler, devenir indépendante, et épouser qui elle voudrait. Elle nous racontait comme les choses étaient différentes lorsqu’elle était môme. Ses parents étaient des gens très intégrés, et sa mère s’habillait à l’européenne, et même fumait des clopes. Mais c’est par sa sœur aînée que ça a commencé, embrigadée dans la cité, et les parents ont suivi (bizarrement plus les femmes que le père…).

La copine de mon frère a toujours très difficilement supporté de vivre loin de ses proches. Elle voulait protéger ses sœurs surtout, et puis ses parents lui manquaient, ce qui est totalement compréhensible. Elle a fini par quitter mon frangin après quelques années pour revenir près des siens, et encore une fois, surtout pour ses sœurs. Elle a son propre appartement, malgré les qu’en dira-t-on, et ses parents acceptent qu’elle vive son indépendance, même s’ils ne voient pas cela d’un très bon œil. Elle fait le maximum pour mener sa barque, tout en respectant et vivant proche de sa famille.

Je pensais à cette histoire par rapport à cette transformiste dont parle Kozlika, car cette ex-copine de mon frère n’arrive pas à se détacher complètement, ce que je comprends parfaitement (comme certains pédés qui ne peuvent pas à couper les ponts avec leurs parents homophobes). Mais du coup, j’espère qu’au bout du compte, les choses changeront, et que sa famille comprendra qu’elle a fait le bon choix, le sien.

Mardi 24 Avril 2007

Exposage David Lynch, « The Air is on Fire » à la Fondation Cartier

Classé dans: Exposage — @ 23:51:14

On avait découvert David Lynch en famille avec « Dune », puis avec son premier long-métrage « Eraserhead » (1977), et ensuite la série « Twin Peaks ». Mon père décida alors que Lynch était un très très grand réalisateur et artiste de cinéma. Bon, il faut dire que mon père est un peu ouf, mais comme je le suis aussi, il se trouve que j’ai une fascination certaine pour David Lynch. Et pourtant si vous avez vu « Eraserhead », vous comprenez à quel point il faut être barré pour rentrer dans l’univers du monsieur.

J’ignorais complètement que Lynch était un artiste si complet et si accompli, je pensais que l’exposition serait focalisée sur l’œuvre cinématographique, mais il n’en est rien. Et cette expo est simplement géniale ! La Fondation Cartier innove souvent dans son domaine, mais là il faut avouer que la scénographie, les œuvres et l’atmosphère globale sont extraordinaires. Cela en déroutera certainement plus d’un, mais moi j’ai complètement été sous le « charme ». Il faut dire que David Lynch a été plus que l’artiste invité, mais aussi le maître de cérémonie et l’instigateur de cet ensemble artistique : musique, tableaux, croquis, photographies, images retouchées, salles complètes ou courts-métrages. Bref, vous entrez dans l’univers Lynchien, et vous n’en ressortez pas indemne.

Le rez-de-chaussée est consacré pour moitié à la peinture et à des œuvres « composites » de l’artiste, tandis que l’autre partie contient une kyrielle de croquis de tout genre (griffonnages de coin de cahier, illustration de scénario ou véritables « petites œuvres ») ainsi que des peintures d’un autre genre, très sombres et inquiétantes. Il faut dire que tout est à peu près inquiétant dans son œuvre, et que l’ambiance musicale, créée pour l’occasion, concourt à ce malaise, à cette atmosphère étrange, déroutante et singulière.

Dans la première partie, on trouve les œuvres plus récentes à priori, même si la chronologie n’est pas du tout respectée dans l’exposition, et elles sont un peu plus colorées même si les thèmes et les représentations restent étranges ou horrifiques. Mais il y a un véritable talent de plasticien dans ces œuvres, et surtout ce qui est immédiatement frappant c’est l’œil du cinéaste. David Lynch compose ses tableaux comme des scènes d’un film. Il y dispose des personnages, des costumes, un décor, et même des dialogues qui s’inscrivent sur la toile. La matière est en relief, elle semble parfois vivante ou en putréfaction, il capture alors le mouvement ou l’angoisse avec une impressionnante virtuosité. On y retrouve aussi ses visions un peu déformées et monstrueuses, des corps difformes, des montages et retouches numériques qui amputent de membres ou imaginent des engeances biologiques.

J’ai beaucoup pensé à Francis Bacon pour sa manière de peindre, ses thématiques, sa palette de couleurs et ses personnages monstrueux. La seconde partie est encore plus frappante dans la noirceur employée, et le détachement sensible à la représentation formelle. Les croquis rassemblés montrent le foisonnement créatif incroyable de cet homme, et pose pour moi les limites de notion de folie et d’art. On se demande vraiment si ce type est sain d’esprit pour avoir de telles visions en lui. Et en même temps, son génie créatif est absolument indéniable. On trouve dans ces crobars et autres graffitis quelques œuvres qui surprennent par leur beauté et leur potentiel.

Au sous-sol, il y a une projection de courts-métrages de l’auteur. On n’a pas bien eu le temps de s’y consacrer, mais ça paraissait bien conforme au nawak Lynchien. Il y avait aussi une série de photographies très belles et fascinantes, notamment celles consacrées au corps ou bien à des parties d’industries ou d’usines désaffectées. J’ai adoré celles, banales au premier abord, qui ont pour sujet de simples façades de maisons de banlieue. Car il choisit de prendre des clichés en hiver, et se focalise sur des bonhommes de neige. La série devient alors plutôt inquiétante, car qu’y a-t-il de plus effrayant que des photos en noir et blanc de bonhommes de neige devant des maisons (sans présence humaine) ? Encore plus glauque, il y a aussi ses montages qui figurent des anomalies anatomiques, réalisés à partir de photos érotiques de la fin du 19e et début du 20e siècle.

Et puis, cerise sur le gâteau, on découvre à la dérobée, une petite salle dans le fond. Et là c’est l’hallu complète ! A partir de ce dessin de David Lynch, les équipes de la Fondation Cartier ont reconstitué le décor correspondant en matériaux réels, et on peut circuler à l’intérieur de ce mobilier bizarre, et ces motifs inusités.

David Lynch, « The Air is on Fire » à la Fondation Cartier

L’impression est fabuleuse, et j’ai particulièrement été accroché par les formes, les couleurs et les objets créés pour l’occasion. En effet, cela m’a irrémédiablement fait penser à l’univers de Tim Burton, et particulièrement aux animations de Beetle Juice. Que ce soient les éléments de décors lorsque Beetle Juice est là, ou sinon plutôt les sculptures hideuses de la belle-mère…

Il y a donc au final beaucoup de choses à voir, et à découvrir dans cette exposition. C’est tout bonnement passionnant !

L’avis des copines : Deedee, La Page Française, Fulgineuse.

David Lynch, « The Air is on Fire » à la Fondation Cartier

Lundi 23 Avril 2007

Cinéphage Mon Panthéon des films

Classé dans: Cinéphage — @ 14:07:40

A la manière de mon panthéon de la littérature, je vous livre mon panthéon des films. C’est un exercice qui est pour moi encore plus difficile que le précédent, tant il est ardu de réussir à se décider sur une liste. En effet, entre les films cultes pas forcément « géniaux » (« Elvira, Maîtresse des Ténèbres » ou l’essence des années 80) ou des grands films qui se sont dénaturés avec le temps (typiquement « Titanic » ou « Amélie Poulain »), ou bien des petits films qui comptent seulement pour moi (« Jusqu’au bout du rêve »), et puis les comédies, les drames, le fantastique et la SF, les dessins animés etc. Quel énorme micmac ! Mais j’ai tout de même réussi à m’entendre avec moi-même sur la liste suivante. 22 films, je n’ai pas pu arrondir plus que ça, ça devenait trop douloureux de faire un choix. Et encore dès que j’y jette un œil, j’ai envie d’en rajouter ! (Rhaaa, il n’y a même pas un Disney, ou un film à connotation gay, mais bon pour ces derniers j’ai heureusement créé la section idoine, la honte !)

Festin de Babette (1987)
Mon petit bijou universel, mon film fétiche et que j’aime encore après l’avoir vu mille fois. Ah là là, de toute façon, j’ai même dédié un article à cette œuvre d’exception. Je le conseille à tout le monde, il redonne la pêche et rend serein. Un must ! Déjà blogué !

Festin de Babette (1987)

Dune (1985)
Un des films de Lynch qui adaptait un inadaptable roman, un standard et chef d’œuvre de la SF de Frank Herbert, et qui a été un gros bide. Et pourtant je le considère comme un film cultissime, et qui rend au contraire un immense hommage au roman. L’imagerie et les décors du film sont tellement barrés qu’il est même difficile de donner un âge au film, et Lynch rend terriblement bien les traits psychologiques de la multitude de personnage de la saga intergalactique.

Dune (1985)

La Controverse de Valladolid (1991)
C’est un téléfilm, mais un putain de téléfilm et c’est pour cela qu’il est dans mon panthéon, car il m’a marqué à vie lorsque je l’ai vu à la télévision. Ce choc ne vient pas tant de la réalisation ou des comédiens qui sont pourtant impeccables (Jean Carmet, Jean-Louis Trintignant et Jean-Pierre Marielle), mais de l’histoire qui est un Grand Moment de l’Histoire. La fameuse Controverse de Valladolid qui s’est tenue en 1550, soit cent ans après la découverte des Amériques, et qui discuta du statut des indigènes. Il s’agissait de décider s’ils avaient une âme et pouvaient être considérés comme des hommes et citoyens espagnols, ou s’ils devaient continuer à être contraints à l’esclavage.

Le film illustre cette hallucinante discussion entre représentants de l’Eglise, des nations « intéressées » et d’un défenseur des Indiens, Bartolomé de Las Casas. Si les propositions de ce dernier finirent par l’emporter, il s’agissait aussi de ne pas ruiner les colonisateurs (les esclaves coûtent moins chers que les employés…). Aussi le prélat conseilla aux espagnols de passer par l’Afrique, de prendre cargaison d’esclaves (dont le statut de « sans âme » était indiscutable et avéré), et de les emmener aux Amériques. Ainsi fut scellé le sort de millions d’africains, et organisé le tristement célèbre commerce triangulaire.

« Assister » à ce moment de l’histoire si important et si « méconnu » (pas par tous je sais…), est une expérience qu’on oublie pas et qui marque.

La Controverse de Valladolid (1991)

L’Allée du Roi (1995)
Encore un téléfilm, et encore pour moi une œuvre d’une superbe facture. C’était en deux parties, et en quatre heures donc nous était racontée la fascinante et singulière histoire de Madame de Maintenon. Comment partie de pas grand-chose (noblesse de province désargentée), elle devient Madame Scarron (épouse du célèbre poète donc) puis finalement épouse de Louis XIV, après avoir été son amante pendant des années. Dieu sait que je ne suis pas un adepte des Sissi ou d’autres « aventures royales », mais là l’intrigue est extraordinaire, les comédiens sont excellents (géniale Dominique Blanc) et surtout je ne peux pas résister à la beauté de la langue française des 17 et 18ème siècles.

L’Allée du Roi (1995)

Magnolia (2000)
J’ai déjà évoqué ce film, et surtout cette scène mythique où Julian Moore pète un plomb dans la pharmacie. Ce film m’avait fasciné au cinéma, et il continue encore lorsque je le visionne en DVD. Les situations, la musique, ce chassé-croisé d’espoir, de déprime, d’amour, de haine et de hasard me parle incroyablement. Et puis, la pluie de grenouilles… je ne m’en suis pas remis !

Magnolia (2000)

Capitaines d’Avril (2001)
Voilà un choix certainement très communautaire, mais je l’assume. En tout cas, il m’a fait découvrir un pan très important de l’histoire d’un de mes pays d’origine : le Portugal. La révolution des œillets n’était qu’un de ces vagues événements historiques dont je voyais vaguement de quoi il retournait. Ce film de Maria de Medeiros est exemplaire car il montre comment cette révolution a eut lieu, et comment de la plus extraordinaire manière : l’armée a décidé de libérer le peuple d’une cruelle dictature. Sans effusion de sang, et sans installer à la place une autre junte militaire… Truc de oufs ! Un film qui mériterait une sacrée reconnaissance, tant il véhicule des idées importantes, et qu’il montre une image du Portugal qu’on connait peu.

Capitaines d’Avril (2001)

La couleur pourpre (1986)
Un premier rôle incroyable pour Whoopi Goldberg dont on suit la vie de la femme qu’elle incarne. Une femme noire dans les années 1900/1950, séparée de sa sœur, et de ses enfants, dont l’âme est muselée et bridée par des hommes, et avant tout son tortionnaire de mari. Comment elle se libère finalement, et comment elle recouvre la vie… Un film qui donne envie de pleurer, mais pour de bonnes raisons selon moi.

La couleur pourpre (1986)

La bûche (1999)
Une des comédies françaises de « mœurs » les plus réussies selon moi, et qui réussit l’incroyable pari de ne pas faire du « Jaoui-Bacri » tout en étant drôle, fin et touchant. Les comédiens sont irréprochables, et l’histoire, les dialogues me ravissent toujours autant. La famille encore une fois est disséquée, mais avec une acuité et une habileté jouissives.

La bûche (1999)

Le goût des autres (2000)
Il fallait que je choisisse un Jaoui-Bacri justement, et ce n’est pas facile avec « Cuisine et dépendances » ou « un air de famille ». Mais celui-ci a un charme très particulier, et je le regarde régulièrement avec autant de plaisir. Les auteurs arrivent tout au long de cette œuvre à faire rire franchement, et aussi à toucher sincèrement. Les rapports familiaux, sociaux, amoureux même sont ciselés avec un talent et une précision remarquables.

Le goût des autres (2000)

Le choc des Titans (1981)
Bon là c’est très personnel. Mon oncle nous avait prêté son magnétoscope pendant ses vacances, et mes parents avaient loué ce film pour nous faire plaisir, à mon frère et moi (férus de mythologie). Mon frangin et moi sommes restés marqués par ce film époustouflant qui usent des meilleurs effets spéciaux de l’époque (du talentueux Ray Harryhausen), et surtout de cette occasion de mettre des têtes (et quelles têtes !!!) sur les Dieux de l’Olympe, et les grands héros de la mythologie. Même avec les libertés hollywoodiennes quant à l’histoire, c’est un film qui reste dans mes annales.

Le choc des Titans (1981)

Final Fantasy (2001)
J’avais été subjugué par la beauté des images de synthèse, et puis par l’histoire hallucinante de ce film. Il faut savoir que je n’ai jamais joué au jeu, et que le film est mon unique référence. Cette œuvre est à la fois d’une esthétique stupéfiante, mais déroule aussi un véritable scénario de SF, dont la qualité a rarement été dépassée pour moi.

Final Fantasy (2001)

Time Code (2001)
Ce film de Mike Figgis avait fait parler de lui pour sa valeur formelle. Mais moi ce qui m’avait épaté, c’était non seulement la prouesse cinématographique, qui est presque une performance artistique, mais surtout que le film tenait la route, et que l’histoire finale était carrément pas mal. Car formellement, ce film est un unique plan-séquence d’1h37, avec quatre caméras qui filment continument quatre scènes, diffusées sur les quatre quartiers d’un écran de cinéma. Tout est donc synchronisé, chronométré et chorégraphié de manière à produire un véritable film. Du coup, il se passe des choses sur les quatre coins de l’écran, mais rarement simultanément, et le son aussi est géré de manière à donner l’avantage au bout d’écran qui participe le plus à l’action. Mais du coup cela permet d’avoir des caméras qui filment des gens qui attendent, qui lisent un magazine dans un canapé, qui vont aux chiottes etc. Bref, tout ce qu’on ne voit jamais dans un véritable film ! Une expérience hallucinante, et dont le résultat est loin d’être médiocre.

Time Code (2001)

Miracle en Alabama (1962)
Un de mes films cultes sans hésiter ! Cette œuvre d’exception raconte l’histoire ahurissante d’Helen Keller, une jeune fille sourde, muette et aveugle de naissance, et la manière dont une institutrice (jouée par la fabuleuse Anne Bancroft) arriva à communiquer avec elle, puis à l’instruire. Le film est marquant par le fait que ce soit une histoire vraie, mais aussi par les performances des deux comédiennes, et l’émotion qui se dégage d’une telle « prise de conscience ».

Miracle en Alabama (1962)

Les oiseaux (1963)
Evidemment, il me fallait, au moins, un Hitchcock dans ce florilège personnel. Et « Les oiseaux » reste le plus représentatif pour moi, et le plus emblématique. La mise en scène, l’histoire et la montée de l’angoisse progressive n’ont absolument pas vieilli à mon avis. Il est toujours aussi efficace, et terriblement impressionnant. Avec toujours en filigrane, des dialogues et des personnages qui en disent beaucoup plus long, et qui fournissent d’autres histoires moins « narratives ».

Les oiseaux (1963)

Galaxy Quest (2000)
Ce choix peut surprendre, mais j’étais allé voir ce truc complètement par hasard, et j’ai rigolé comme rarement je l’avais fait. L’anti-film fantastique par excellence basé sur Star-Trek et ses personnages, et qui donne un ovni burlesque de la meilleure veine. Moi en plus, je peux rarement résister à l’humour d’Alan Rickman, et en plus une Sigourney Weaver drôle à souhait !

Galaxy Quest (2000)

Le bon, la brute et le truand (1968)
Ah les westerns spaghetti de Sergio Leone ! Fabuleux ! Et celui-ci est pour moi le fleuron du genre, avec les génialissimes Clint Eastwood, Eli Wallach et Lee Van Cleef. La musique d’Ennio Morricone en bonus, et le tour est joué.

Le bon, la brute et le truand (1968)

Blade Runner (1982)
Un vrai film de SF basé sur un roman de Philip K. Dick, un putain d’auteur de SF ! Ce film est une réussite incontestée, et un film culte depuis 25 ans. Entre les décors incroyables, la musique envoutante de Vangelis, les personnages étranges et inquiétants, une modernité en contraste avec des bas-fonds ruisselants et sombres, des publicités nippones intrigantes etc. Le film distille aussi une poésie d’un lyrisme inattendu pour une œuvre de SF, mais c’est aussi parce qu’en plus d’être un film d’action, il y a un propos passionnant qui l’éclaire de bout en bout.

Blade Runner (1982)

Donnie Darko (2002)
Je me souviens comme j’avais été impressionné lorsque j’ai vu ce film au cinéma, il devait aussitôt devenir culte pour ma génération. C’était la première fois aussi que je tombais en pamoison devant Jake (contrôle V pour pas se tromper) Gyllenhaal, qui interprète le héros Donnie Darko, un adolescent avec des problèmes psychiatriques. Le truc c’est que ses visions prennent un tour particulier lorsqu’elles se révèlent prémonitoires. Le film ado par excellence, mais avec un superbe scénario fantastique, une musique fabuleuse, et ce héros qui ne laisse vraiment pas insensible.

Donnie Darko (2002)

Trainspotting (1996)
Le film de mes 20 ans… je crois que j’ai tout dit. Danny Boyle, Ewan McGregor et tout un tas d’acteurs qu’on a ensuite vu dans pas mal de films. La très bonne période pour le cinéma anglais, avec ce trublion qui va vraiment être un joli pavé dans la marre. Le film possède une bande originale totalement géniale, une mise en scène flippante, une histoire décapante oscillant entre ironie acide, blague de potache, et drame familiaux/sociaux. Un must !

Trainspotting (1996)

L’armée des 12 singes (1996)
Terry Gilliam forcément ! Ce film est complètement dingue, et à la mesure du talent et de l’imagination fertile de son auteur. Encore un véritable film de SF au scénario un peu complexe mais passionnant, qui tient en haleine du début à la fin. Voilà le mélange parfait entre une vision futuriste pas forcément clinquante, un excellent film d’action avec de la bonne reusta (Bruce Willis, Brad Pitt), et une mise en scène hyper efficace.

L’armée des 12 singes (1996)

Tout sur ma mère (1999)
Et puis Almodovar aussi, c’est difficile de choisir dans son œuvre prolifique, mais celui-ci est certainement le plus marquant pour moi. Il possède le souffle si particulier des films d’Almodovar tout en ayant un aspect encore plus touchant que les autres. Tous ces personnages hauts en couleur comme le réalisateur les aime, et les merveilleuses Marisa Paredes, Penelope Cruz et Cecilia Roth. On ne peut pas rester insensible à un film pareil qui met en émoi à chaque plan, que ce soit dans la mise en scène, les couleurs, les mouvements, la musique ou dans le déchainement des passions de son histoire.

Tout sur ma mère (1999)

Mon voisin Totoro (1988)
Hayao Miyazaki a produit les dessins-animés les plus réussis de ces dernières années, il est pour moi la vraie alternative à Disney. Les studios Ghibli possèdent à la fois la technique, mais aussi un sens artistique original et cette thématique et symbolique nippone qui peut parfois un peu troubler (car elle n’est pas toujours proche de nos valeurs traditionnelles), mais souvent faire mouche. Et « Mon voisin Totoro » est le film qui reste mon petit chouchou, pour ses personnages incroyables, tout droit sorti de la mythologie japonaise, et son histoire aussi minimaliste que profonde. Ce film a l’extraordinaire capacité de laisser baba les gamins de 7 ans, et des adultes beaucoup plus âgés. Il est drôle, émouvant, pas très verbeux ni musical, et laisse une impression durable, et surtout un sourire débile sur le visage. Et vive le Chat-Bus !

Mon voisin Totoro (1988)

Pour faire un tour du côté de mes « films de pédés » préférés…

Dimanche 22 Avril 2007

» Matthieux a démarré un de ses ovnis bloguesques : il a interrogé ses parents sur des sujets communs, et il en publie des extraits. La démarche est vraiment intéressante, mais les résultats encore plus. C’est drôle de constater comme ce moyen, véritable médiateur, permet en fait au blogueur d’évoquer avec ses parents des choses qu’il n’aurait jamais su sinon. On se rend bien compte à quel point cela délie les langues, et délivre les habituels non-dits. Je me demande si je pourrais faire ça avec les miens… Heu… NON !! :mrgreen: (4)

Matooyage Leiattitude

Classé dans: Matooyage — @ 18:58:40

Suite à cela, j’ai évidemment voté :

Princess Léia

Ah là là, ce n’est vraiment pas par suprême conviction et adhésion, mais c’est ce qu’il fallait faire à mon avis.

To be concluded.

Samedi 21 Avril 2007

Marc-Aurèle Livre 9 - XXXII

Classé dans: Marc-Aurèle — @ 19:47:24

Tu peux supprimer bien des sujets pour toi de trouble superflus et qui n’existent tous qu’en ton opinion. Et tu t’ouvriras un immense champ libre, si tu embrasses par la pensée le monde tout entier, si tu réfléchis à l’éternelle durée, si tu médites sur la rapide transformation de chaque chose prise en particulier, combien est court le temps qui sépare la naissance de la dissolution, l’infini qui précéda la naissance comme aussi l’infini qui suivra la dissolution !

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

Vendredi 20 Avril 2007

Matooyage Worldwide Narwhalization Project

Classé dans: Matooyage — @ 16:23:52

Eh oui, la Narvalisation du Monde est en marche !

Il y a quelques temps, j’avais évoqué un cadeau que j’ai reçu, qui est directement lié à ma passion des narvals. Il s’agit d’un jouet qui reproduit le cétacé en question, et que j’ai fièrement disposé dans mon bestiaire de bureau. J’ai recyclé mon ancien tapis de souris, une très seyante représentation de l’Europride 1997 (souvenirs, souvenirs…), en Plateau à Conneries de Bureau™ . On y trouve deux digimons, un piou-piou, un œuf chinois (cadeau de ma traductrice), quelques jouets Kinder, une bonne-soeur de mauvais poil (elle crache des étincelles !!!) et la vache Azalée, qui font toujours le bonheur de mes collègues.

Conneries du bureau

Souvent, ils les prennent et les tripotent lorsqu’on se réunit à mon bureau. Le plus cocasse, c’est quand ils finissent par découvrir le tapis de souris, et qu’ils deviennent cramoisi, en replaçant alors rapidement et efficacement les objets déplacés (Genre ils ont trouvé un Penthouse en fouillant mes affaires !).

Tapis de souris Europride

Mais revenons à nos narvals ! J’ai décidé de faire un peu de prosélytisme, et d’évangéliser mon environnement professionnel à la cause du narval. Et là, quelle frayeur ! J’ai commencé par Agnès et Nicolas, et patatras : « Huummm c’est un phoque ! », « C’est un morse bizarre ! », « Je sais, je sais, c’est une otarie avec une pointe !! », et j’en passe. Le plus drôle c’est qu’il y avait un mec, nouvellement embauché, qui était au bureau de mon voisin Julien. Et le type ricane (il a une quarantaine d’années… genre confiant) et dit d’un air sûr de lui : « Mais enfin, c’est un espadon ! ».

Le narval de bureau

Mein gott ! J’ai donc patiemment expliqué à tous mes coreligionnaires ce qu’était un narval. Et à chaque fois, il faut avouer que les gens sont fascinés, et ont du mal à croire à son existence (encore plus au fait que la défense soit la dent gauche qui perce au-dessus de la lèvre supérieure de l’animal, une défense qui serait plutôt un organe sensoriel et pas du tout une arme ou un outil).

Ah là là ! Et je ne m’arrêterais pas là, je continuerai à apporter la bonne parole, et à célébrer cet étrange animal à la singulière protubérance.


Bon sinon, la prochaine fois, dans la rubrique « boulot », je pourrais vous expliquer cette étrange corrélation qui fait que je sorte avec des mecs qui portent les prénoms de mes collègues proches. Truc de oufs !! Il y a aussi mon voisin de bureau, un jeune stagiaire en marketing qui vient de Roumanie. C’est une espèce de bellâtre avec un accent de l’est, très sympathique au demeurant, qui a un contact très particulier. Il regarde droit dans les yeux, fait des grands sourires, et a des mains énormes. Quand il vous serre la main, c’est comme si on était enveloppé par lui (très agréable). Et moi je l’appelle Pavel Novotný, parce que je trouve qu’il a un truc des acteurs de porno d’Europe de l’Est. Mais du coup, je n’arrête pas de l’appeler comme ça, et j’ai des collaborateurs qui me demandent « Mais c’est qui Pavel Novotný ? ». Heuuuuu… :gene:

NdB : Je crois que je vais créer une catégorie “Narval”. :mrgreen:

» Ikare et Thanos ont préparé une belle vidéo pour (s’exhiber) initier les votes ! C’est parti ! (Hey, vous savez qu’ils ont été ensemble tous les deux ? Nan parce que du coup, forcément, y’a un autre degré de lecture… gnark gnark. Vivement les rushs dans Public !!! Huhu.) (12)

Jeudi 19 Avril 2007

Boukinage Exégèse des Lieux Communs

Classé dans: Boukinage — @ 21:38:23

Il n’y a pas à dire, ça tape un titre de bouquin pareil ! Et derrière cela se cache bien prosaïquement en effet une explication très personnelle de plus de trois cents expressions « bourgeoises » que l’écrivain, Léon Bloy, appelle « lieux communs ». Il s’agit d’un véritable pamphlet anti-bourgeois, un brûlot plein d’ironie grinçante, et aux piques souvent savoureuses. Rien que le fait d’appeler cela une exégèse… hu hu hu.

Je ne connaissais pas le bougre, donc j’ai fait quelques recherches et wikipédiations. Quel personnage ! Apparemment, il n’a vraiment jamais écrit grand-chose d’autre que ce genre de libelles, ou alors des romans qui racontaient de terribles épisodes de sa vie (il a épousé une prostitué, et ensuite ils ont vécu des épisodes totalement mystiques…). C’est un anti-bourgeois patenté donc, mais aussi une vraie grenouille de bénitier hyper catho. Il tient donc des propos à la fois très anar et en même temps empreint de religiosité. Surprenant et fascinant !

Le bouquin est donc une somme d’explications, plus ou moins de bonne foi, d’aphorismes (qu’il considère) stupides du genre « l’argent ne fait pas le bonheur » ou « je suis comme Saint Thomas » et bien d’autres expressions toutes faites et encore bien vivaces aujourd’hui. (Le bouquin date de 1901 pour la première série, et 1913 pour la seconde.) J’ai souvent été conquis par le ton irrévérencieux et l’aspect politique gonflé que Léon Bloy déploie, et je comprends qu’il soit redécouvert aujourd’hui. Mais lire ses 300 et quelques grognements d’une traite est chose assez pénible au bout d’un moment. Car vraiment, il voit le mal partout et coupe les cheveux en quatre pour faire avaler des syllogismes assez énormes. Ah il les déteste ses bourgeois, ça on le comprend rapidement.

Tout de même j’ai beaucoup apprécié son autodérision, et sa manière d’assumer son peu de succès littéraire. Il use d’une plume à la fois extrêmement riche et soutenue, mais en maniant le sarcasme de manière alerte et parfois d’une très agréable impertinence. Pour « On n’est pas parfait », il précise même à la fin :

Le touchant récit qu’on vient de lire n’est malheureusement pas tout à fait inédit. Il fut inséré dans mes histoires désobligeantes, publiées chez Dentu, en 1894. Mais l’insuccès de ce livre, demeuré presque inconnu, a été si grand, qu’à l’exception de quelques furieux qui recueillent jusqu’à mes raclures, on peut être certain que cette page n’a jamais été lues par personne. Pourquoi recommencer, d’ailleurs, une chose qui fut si bien faite et quelle autre paraphrase plus lumineuse aurais-je pu écrire ?

Pour vous donner un exemple de son talent (tout de même), je vous en recopie un :

Etre poète à ses heures

Je vous mets au défi de trouver un Bourgeois qui ne soit pas poète à ses heures. Ils le sont tous, sans exception. Le Bourgeois qui ne serait pas poète à ses heures serait indigne de la confrérie et devrait être renvoyé ignominieusement aux artistes, à ces espèces d’esclaves qui sont poètes aux heures des autres.

Par exemple, il est un peu difficile de comprendre et d’expliquer ce que peut bien être cette poésie aux heures du Bourgeois. Supposer un instant que cet huissier se repose des fatigue de son ministère en taquinant la muse, qu’il se console du trop petit nombre de ses exploits en exécutant des cantates ou des élégies, serait évidemment se moquer de ce qui mérite le respect. Ce serait, si j’ose le dire, une idée basse.

Le Bourgeois n’est pas un imbécile, ni un voyou, et on sait que les vrais poètes, ceux qui ne sont que cela et qui le sont à toutes les heures, doivent être qualifiés ainsi. Lui est poète en la manière qui convient à un homme sérieux, c’est-à-dire quand il lui plaît, comme il lui plaît et sans y tenir le moins du monde. Il n’a même pas besoin d’y toucher. Il y a des domestiques pour ça. Inutile de lire, ni d’avoir lu, ni seulement d’être informé de quoi que ce soit. Il suffit à cet homme de s’exhaler. L’immensité de son âme fait craquer l’azur.

Mais il y a des heures pour cela, des heures qui sont siennes, celle de sa digestion entre autres. Quand sonne l’heure des affaires, qui est l’heure grave, les couillonnades sont immédiatement congédiées.

« Etre poète à ses heures, rien qu’à ses heures, voilà le secret de la grandeur des nations », me disait un bourgeois de la grande époque.

Exégèse des Lieux Communs - Léon Bloy

Mercredi 18 Avril 2007

Cinéphage Goodbye Bafana

Classé dans: Cinéphage — @ 22:30:50

Je n’ai pas encore vu de film sur la vie de Nelson Mandela, et pourtant quelle histoire ! Et là Bille August prend un angle inattendu en la racontant par la voix du gardien de prison avec qui Mandela a partagé 24 années de ses 27 d’incarcération. Le héros est donc James Gregory, dont le réalisateur signe là l’adaptation du roman, qui avait été choisi pour surveiller Mandela et ses complices, parce qu’il avait la singularité de savoir parler le Xhosa, langue qu’il avait apprise alors qu’il était enfant, au contact avec son ami Bafana.

Comme il s’agit de l’adaptation d’un roman autobiographique, je suis enclin à croire le récit du gardien, et cela donne un film relativement convenu dans la mise en scène, mais dont l’histoire porte toute l’émotion et se suffit quasiment à elle-même. On suit donc plutôt la vie de James Gregory, très bien interprété par Joseph Fiennes, sa femme (Diane Kruger) et ses deux enfants. L’homme est un sud-africain moyen de l’époque, donc raciste et bien conditionné par le régime de l’apartheid, malgré une enfance dans une ferme au contact avec des noirs.

Sa rencontre avec Nelson Mandela le change peu à peu, le fait s’interroger sur ses opinions politiques, et même ses attitudes en tant que gardien-mouchard. Les deux hommes s’appréhendent, puis finissent par carrément s’apprécier, tandis que Gregory subit les contrecoups de son affabilité envers Mandela. Le rôle de Nelson Mandela est très bien endossé par Dennis Haysbert, que je n’ai pas trop vu comme le « Sénateur Palmer » mais c’est tout de même extrêmement difficile de ne pas y penser.

Encore une fois, le film ne brille pas par son originalité, et propose un ton assez neutre, ni complètement hollywoodien, ce qui aurait tout gâché, ni profondément indépendant, avec quelques facilités et « tire larmes » dont je me serais passé. Mais il a cet intérêt de montrer l’apartheid, et de mettre des images sur des souvenirs de ce régime lointain dont on a tous entendu les affres, et de cette terrible et interminable peine de prison de Mandela et ses compagnons. Ce témoignage, de devoir de mémoire, est important et plutôt bien exposé dans le film. On comprend les mécanismes et les rouages de ce système vicié, cette société inique, les combats politiques et sociaux, et les immenses souffrances engendrées. Mandela est aussi présenté comme un homme opiniâtre et digne, qui résiste malgré les douleurs morales qui lui sont infligées. Même lorsqu’on lâche du lest, et qu’on améliore ses conditions de détention, il est toujours enfermé, et le régime est toujours aussi raciste et sanglant.

On ressort vraiment content d’avoir vu ce film, et surtout par ce biais là, ce qui lui donne certainement une portée un peu plus universelle, car un peu plus « facile » et tout public, que s’il s’agissait d’un documentaire ou un film qui se focalise sur le combat de Mandela. C’est une première approche essentielle pour la prise de conscience de tout un chacun sur ce pan de l’histoire mondiale.

Goodbye Bafana

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