MatooBlog
Pectus est quod disertos facit

Jeudi 31 Mai 2007

Matooyage 31

Classé dans: Matooyage — @ 01:35:15

Putain, mais ça ne s’arrêtera donc jamais !!!!!!!! :mrgreen:

Eh bien, voilà aujourd’hui c’est mon tour, je passe résolument du côté des vieux et des vieilles. Huhuhu (j’vais me faire assassiner !).

Aussi un très joyeux anniversaire à mes jumeaux cosmiques dont Colin Farrell, Matt Harpring, Mashona Washington, Alex Calderoni, Roar Ljøkelsøy et bien sûr Mikael !

Pour le coup, j’ai acheté le nom de domaine idoine (www.31-05-1976.net), et je m’en vais le faire ce site web pour les personnes nées le même jour que moi !!

En parlant d’idoine d’ailleurs, figurez-vous que mes potes maintenant s’évertuent à glisser mes expressions fétiches dans leurs cartes postales. C’est à qui réussira à me coller une mitochondrie, un encomiastique ou une auloffée. Ah ils se moquent bien de leur vieille copine de 31 ans les bougres ! ;-)

Carte postale idoine et narvalesque

Je ne reprends pas souvent d’anciens posts, mais comme j’aime bien me remettre un peu en question, ou parler un peu d’où j’en suis dans ces articles « anniversaire », eh bien je vais me citer.

Mais tout ce fatras de pensées me replongent aussi dans le dilemme passion/raison. On a certainement l’impression d’être heureux quand tout bouge, quand les sentiments sont hauts en couleur, que sa vie semble intense, que rien n’est figé, mais est-ce bien là le bonheur, ou une simple illusion qui cache la douleur ? Quant à avoir une existence calibrée, étalonnée et normalisée, ce n’est évidemment pas la solution. Et non comme d’habitude, le secret réside dans la délicate mixture de tout cela… Il faut savoir doser. Il faut avoir des repères, des piliers (famille, amis, boulot), et il faut aussi broder au dessus de cette ossature. C’est essentiel pour s’émanciper, pour grandir et pour ne pas s’emmerder dans la vie. Et là, je crois fermement à trois axes de développement : Apprendre – Jouir – Créer.

« Apprendre » correspond à cette activité de remise en question permanente de soi et de ses savoirs, cela revient aussi à ingérer de nouvelles connaissances dans des domaines inédits, à ne pas se fermer aux sciences, aux lettres ou aux arts mais au contraire à s’y sensibiliser et à finir par « sentir » ou comprendre par soi-même, donc par assimiler ce qu’on a découvert.

« Jouir » parce que c’est une des choses que notre situation nantie nous permet (si j’étais né au Bangladesh en effet, j’aurais peut-être une priorité différente), et que contrairement à notre morale judéo-chrétienne, il n’y a pas de mal à se faire du bien. Il faut bien manger, bien boire, faire la teuf avec ses potes, faire l’amour, être amoureux, avoir des amis, fréquenter des gens différents et s’en enrichir… Il faut aussi rire, se marrer, glousser, pouffer, badiner, se bidonner, se poiler, se tordre, se taper le cul par terre !!!

Enfin, « Créer » est le troisième et dernier axe de développement personnel. En effet, je suis persuadé qu’on doit tous se trouver une activité créatrice, qu’elle soit artistique, littéraire ou corporelle. C’est tellement extraordinaire et libératoire de pouvoir s’exprimer, se manifester par les mots, la danse ou un collage… ou un blog. « Créer » c’est engendrer une chose nouvelle qui n’est le fruit que de son propre esprit, c’est se désincarner, c’est libérer son énergie, délier son âme et expulser ses émotions (positives ou négatives) tout en se faisant du bien. En outre, c’est une source, à la fois, d’introspection et d’analyse de soi qui fait du bien, c’est aussi une manière de conjurer ses affections psychiques et de se voir avec plus d’acuité que jamais, pour mieux se connaître et donc mieux s’appréhender.

(On ne s’étonnera plus que je tienne tellement à ce poème de Voltaire…)

Mercredi 30 Mai 2007

» Hou-Hou signale un très intéressant article de Bill Maher dans Newsweek sur nous-autres les frenchies. Un avis plutôt pas bête et réfléchi, qui propose de reconnaître ce que les USA doivent à la philosophie des Lumières, et de considérer les bons exemples que nous avons à offrir (notamment en termes de sécurité sociale), tout en ne niant pas nos flagrants défauts. (0)

Marc-Aurèle Livre 10 - XVI

Classé dans: Marc-Aurèle — @ 23:02:50

Il ne s’agit plus du tout de discourir sur ce que doit être l’homme de bien, mais de l’être.

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

Mardi 29 Mai 2007

Matooyage 24 - 31

Classé dans: Matooyage — @ 23:24:35

24 c’est l’âge à venir de Floflochou (1er juin), notre beubom de pédéblogueur national ! Et 31, c’est le mien dans quelques jours aussi… (le 31 mai). Pour célébrer cela, nous organisons une fête pour nos potes à l’O’Kubi, un bar de goudous sympââââ de mon quartier, où nous avons déjà quelques souvenirs.

On s’est dit que c’était aussi une bonne occaze pour en parler sur nos blogs, et pour rencontrer plein de gens nouveaux, ou pas. :mrgreen: Donc vendredi prochain, le lendemain de mon anniversaire et le jour de celui de Flo, vous êtes cordialement conviés à nous rejoindre dans ce bar, et à venir nous faire des bisous. :kiss:

Donc en before, en after, en apéropotes, en soirée, en détresse, en beuverie, en pochetronage, en mariage, veuvage, divorçage, trompage, à un ou à vingt, si vous êtes des filles, des gars, des zétéros ou des zomos ou des bis ou des comme vous voulez, blogueurs, lecteurs, flâneurs, bretteurs, blagueurs, junkies, droitistes ou gauchistes, avrilopiscicophiles ou star de porno, vous êtes les bienvenus !

Viendez !!!

Vendredi 1er juin 2007, à partir de 20h, à l’O’Kubi, 219 rue Saint Maur (Mo Goncourt, ligne 11)

Vendredi 1er juin 2007, à partir de 20h, à l’O’Kubi, 219 rue Saint Maur (Mo Goncourt, ligne 11)

» Margondin explique ses doutes et espoirs pour sa relation (de quelques années si je ne me trompe) qui se joue tout de même entre la France et les USA. J’aime bien Margondin, alors j’espère que ça va bien se passer ! (0)

Lundi 28 Mai 2007

Boukinage L’Evangile de Jimmy

Classé dans: Boukinage — @ 19:33:31

C’est le premier bouquin de Didier van Cauwelaert que je lis, mais cet auteur est loin d’être un newbie. Il a publié pas mal de romans, et a eu le Goncourt en 1994. J’ai beaucoup aimé ce roman-ci en tout cas, et c’est drôle comme il se positionne entre deux livres que j’ai déjà lu. Clairement cette histoire un peu folle d’anticipation, avec son ton irrévérencieux et iconoclaste, fait penser à « En direct du Golgotha » qui m’avait tant plu, où Gore Vidal relisait lui-aussi l’histoire de Jésus. Et pour son style efficace, son récit prenant, son écriture très « américaine », et carrément une bonne partie de l’intrigue de base, j’ai pensé à « Genesis » de John Case (qui est un thriller brillant sur le thème du clonage du Christ à partir d’une relique).

Mais ce bouquin a sa propre âme, par son humour décapant, son anticipation du monde qui est à la fois pertinente, ironique et grinçante, et surtout pour la morale de l’histoire qui sert une magnifique parabole sur le clergé et la « chose » religieuse contemporaine.

(Nous sommes aux USA, en 2026.) Jimmy a 32 ans, il s’occupe de la maintenance de piscines, et il est déprimé car il s’est fait larguer par la femme de sa vie, quelques mois auparavant. Et voilà que d’un jour à l’autre, le FBI débarque dans sa vie. On lui apprend qu’il est le clone du Christ (réalisé à partir du suaire de Turin), et rapidement Jimmy est testé pour ses capacités « miraculeuses » et surtout formé pour devenir un bon messie. Car l’objectif du président des USA est de proclamer que JC est de retour chez eux, et de le faire authentifier par le Vatican.

Voilà un scénario de base tout à fait classique, et le bouquin ne réserve pas de terribles rebondissements ou révélations, mais il est vraiment très drôle, et propose un irrésistible pamphlet contre l’endoctrinement, quel qu’il soit, et les grandes causes de notre monde moderne. En effet, le bouquin commence par la passation de pouvoir entre G. W. Bush et Clinton, et ce dernier lance un dossier à W en lui disant « Ah oui, au fait, nous avons cloné le Christ. » On voit ensuite Bush enterrer le projet, jusqu’à ce que Jimmy refasse surface (il avait été « perdu » enfant et amnésique dans l’incendie du centre qui l’avait créé). Jimmy est retrouvé grâce à son code génétique, qui était surveillé par un dispositif central, alors qu’il va à l’hôpital pour la première fois de sa vie.

Didier van Cauwelaert nous décrit une société légèrement futuriste, avec une vision aussi fantasque qu’inquiétante, et qui fait rire en même temps qu’elle fait trembler, tant elle paraît crédible, voire probable. Un monde où les cancers sont ultragénéralisés, les croyances se muent en sectarismes, le flicage génétique est concret et instauré, la priorité numéro un du gouvernement est la lutte contre l’obésité, et les hommes frôlent l’infertilité complète… Ajoutons à cela un président républicain très conservateur et gay, qui voudrait bien que le Vatican lui fasse une fleur, en l’autorisant à se marier avec son mec… Ah oui oui, ça va loin !

Jimmy lui essaie de trier le bon grain de l’ivraie dans sa découverte des Evangiles, et de son propre destin de messie. Il n’est pas si bon que ça pour les miracles, malgré un arbre mort qui se met à bourgeonner, ou bien une belle propension à améliorer les tanins dans un verre de pinard. Mais toute une équipe travaille d’arrache-pied pour en faire un bon Christ, et le garçon ne tarde pas à trouver sa vocation. Mais tout de même en lisant les textes sacrés, il se prend la tête :

Ca tourne en rond, ça recommence les mêmes scènes, Jésus se répète à plaisir et dès qu’il sort ses paraboles, on se met à pédaler dans le sable. Le principe d’une parabole, c’est de prendre un truc simple que tout le monde comprend, et de le compliquer par des comparaisons jusqu’à ce que qu’on ne sache plus du tout ce que c’est. Le Royaume des Cieux, par exemple, nom savant du Paradis. L’endroit où l’on va quand on est mort et qu’on a été sympa sur Terre. Voilà que ça devient tour à tour un grain de moutarde, un filet de pêche, une pâte à pain et un marchant de perles. Et débrouille-toi pour trouver le chemin.

Ensuite il ressuscite, on change de saint et on se retape l’histoire avec les raccourcis et des nouveaux détails, comme lorsque l’on zappe d’une chaîne à l’autre en retrouvant la même info, couverte par des présentateurs différents à partir des mêmes images. Parfois ils se pompent intégralement, parfois ils divergent, ils en rajoutent ou ils censurent, et la plupart du temps ils font comme si tout le monde savait déjà ce qu’ils disent : ils passent sur l’essentiel, extrapolent au lieu d’approfondir ; résultat on se barbe et on décroche. Ce n’est pas très professionnel, tout ça. De deux choses l’une : ou c’est un recueil de légendes, et ça mérite mieux que ce premier jet qui manque de charme, où ils veulent nous persuader que c’est réel, et alors il faut un minimum de sérieux.

Le coup des pains multipliés par exemple. Si ça a vraiment eu lieu, si à partir de sept croûtons Jésus a nourri cinq mille personnes, ça a quand même dû marquer les témoins et on a forcément fait une enquête pour savoir comment il s’y est pris. Au lieu de nous raconter ça, les quatre reporters disent que voilà, il a rompu les sept pains et ça a suffi pour tout le monde, et on a même ramassé les miettes pour en nourrir encore cinq cents. Moi je dis qu’on se fiche de nous, ou alors on fait exprès de nous cacher les preuves, parce que la foi c’est de croire sans raisons. Encore un truc qui revient beaucoup, ça. Heureux celui qui croit sans avoir vu : le Royaume des Cieux lui appartient. A lui la moutarde, le filet de pêche, la pâte à pain et le marchand de perles.

Et le plus fort dans ce bouquin c’est que ce n’est pas spécialement un libelle contre le message chrétien, au contraire même il me semble qu’il est très bien véhiculé et positivement perçu. C’est plutôt exactement le genre d’enfumage qui pourrait nous arriver !

L’Evangile de Jimmy - Didier van Cauwelaert

Dimanche 27 Mai 2007

Cinéphage Les Chansons d’amour

Classé dans: Cinéphage — @ 23:40:04

Christophe Honoré est un putain de bon réalisateur, et il le prouve encore dans ce film. Car non seulement il sert une très fine et remarquable comédie musicale, mais en plus il affirme encore ses talents de cinéaste, avec une photo superbe, des plans (des visages, des corps, des « liens » entres gens) et des mouvements de caméras très expressifs.

Autre chose aussi, comme dans « Dans Paris » il choisit de montrer le « vrai » Paris, pas celui des cartes postales et des grands monuments, pas celui des rues proprettes et ensoleillées. Non là, il n’est plus dans le 15ème arrondissement, mais dans le 10ème et le 11ème (Et comme certains l’ont remarqué, MA grisette est même au générique, yeaaaah !), donc j’ai été encore plus sensible à sa manière de saisir ces quartiers qui me sont si familiers, et c’est une sacrée réussite.

Par contre, il faut se rendre à l’évidence, et je n’attendais pas vraiment autre chose de sa part, c’est un film de bobo avec un scénario bobo et des personnages bobos, dans des quartiers bobos. Si à la base, c’est un truc qu’on ne peut pas supporter, autant ne pas se forcer à le regarder. Mais en se distanciant un peu de cela, on peut pleinement profiter d’une belle histoire, servie par une poignée de chansons de très bonne qualité, et surtout des interprètes, comédiens, comédiennes qui relèvent le défi avec brio.

Il y a trois partie dans cette comédie musicale, qui sent bon l’hommage à Jacques Demy, et c’est l’histoire (d’amour) d’un couple un peu atypique : Ismaël (Louis Garrel) et Julie (Ludivine Sagnier). On comprend rapidement dans la première partie que les deux héros pimentent leur relation amoureuse, en y incluant Alice, qui travaille avec Ismaël. Julie aime beaucoup Alice, mais Ismaël comment sérieusement à prendre ombrage de ce trio. Et là, arrive un drame : Julie décède d’une crise cardiaque brutale et inattendue. Ismaël gère alors son deuil, entre la famille de Julie qui tente de le soutenir, et une confusion des sentiments et d’orientation sexuelle qui prennent la forme d’un croquignolet lycéen breton (Grégoire Leprince-Ringuet, dont je me demande s’il est de la famille du scientifique).

Et au milieu de tout cela, des chansons, à la manière d’« On connait la chanson » qui illustrent certaines parties du film, et sont plus comme des dialogues chantés (vraiment à la manière de Demy). L’histoire prend justement un tour un peu moins niais que dans une comédie musicale (bobo), ou bien dans un « film français », par ce décès de Ludivine Sagnier, qui représente une rupture d’une brutalité assez inattendue dans la narration. Et on peut apprécier encore plus le jeu et l’aura de Louis Garrel, que j’aime décidément beaucoup.

Christophe Honoré en tout cas ne rechigne pas sur l’expression d’une liberté sexuelle tout à fait assumée, que ce soit les couples libres, les relations homos et la valse des choix qui s’offre à des gens ouverts d’esprit. En cela, le film est très rafraîchissant, et il ose avec beaucoup de candeur et d’espièglerie, et pas d’artifices ou de symbolique surpondérée comme chez Ozon. Il nous rajoute même deux petits marins, avec pompons règlementaires, véritable vision de « Pierre & Gilles » qui tombe comme ça en plein milieu d’un plan de rue banal.

C’est un film vraiment agréable à voir, et qui a le mérite de montrer Paris, tel qu’elle est vraiment. Il s’agit surtout d’une comédie musicale réussie tant pour son histoire (d’amour pour midinettes romanticôôônnes que nous sommes), que ses chansons, et avec en plus un souffle moderne indéniable dans son propos.

L’avis des copines : Niklas, Lieux Communs, Patrick, Demonz (avec quelques morceaux), Sébastien.

Les Chansons d’amour

Samedi 26 Mai 2007

Magazinage Outside La sphère est le seul espace compact simplement connexe de dimension 3

Classé dans: Magazinage, Outside — @ 19:07:37

Ca déchire non ?

Moi y’a pas à dire, les maths ça me fait complètement bander !

Je lisais le mois dernier ce dossier de « La Recherche » consacré aux grands problèmes mathématiques, et à la résolution des grandes conjectures, comme celle de Poincaré qui vient d’être démontré par Grigori Perelman. Grâce à ce dernier, un mec bien space qui a refusé la médaille Fields pour cette découverte, nous avons maintenant la démonstration et la « preuve » que « La sphère est le seul espace compact simplement connexe de dimension 3. »

Je ne vais pas faire mon kéké en disant que j’ai tout compris au dossier et au titre de mon post, mais j’en ai au moins saisi le principe et les avancées. Malgré mon niveau tout à fait ridicule en sciences et en mathématiques, ça a toujours été une immense passion pour moi, et jamais je n’ai cessé de m’émerveiller devant des théorèmes, des démonstrations et ces mises en équation de la vie.

Ce qui est marrant aussi c’est qu’un problème parfois exposé de manière très simple va requérir des démonstrations extrêmement alambiquées, mais ce qui est aussi terrible c’est que c’est parfois la démonstration elle-même qui sera bien plus intéressante que le résultat. On fait beaucoup plus avancer les mathématiques en réfléchissant, tâtonnant, et en ouvrant de nouvelles perspectives en créant de nouveaux outils d’analyse, de modélisation et de résolution. J’ai toujours été épaté par la manière dont certains outils comme des fonctions, des notations ou des opérations ont pu ensuite être utilisées dans des domaines très lointains de leur objectif premier.

Je me rappelle qu’on m’avait expliqué à l’école (au lycée ?) que la fonction logarithme par exemple servait à la base uniquement à transformer une multiplication en addition. En effet, à une époque où les calculs étaient uniquement manuels, et dans le domaine de l’astronomie, il était beaucoup plus simple de pratiquer de multiples additions, que des multiplications de gros nombres. Et du coup, la fonction qui fait cela c’est le logarithme népérien : ln(ab) = ln(a) + ln(b).

Mais dans la suite de mes études (qui sont généralistes, donc qui doivent correspondre en gros à tous les bacheliers de France et de Navarre), j’ai tellement vu d’implications et d’applications du logarithme dans des tas de domaines. Et on se rend rapidement compte que le logarithme, et sa fonction réciproque l’exponentielle, interviennent dans les descriptions de la nature. Quand on fait un peu de physique ou de chimie, ça tombe sous le sens ! En prolongation de cela d’ailleurs, j’avais aussi été ébahi par les équations différentielles, et par leur puissance incroyable pour modéliser, décrire et résoudre des problèmes physiques tout à fait concrets.

Si je m’interroge encore un peu plus longtemps sur le sujet, je crois que je n’avais jamais autant pris mon pied que dans la découverte des nombres complexes. Avec le merveilleux i, c’est tout un monde qui s’ouvre à nous. Et puis ce qui est fabuleux avec les maths, c’est qu’on peut en tirer des correspondances philosophiques tout à fait frappantes, et que contrairement à sa réputation neurasthénique et réductrice, c’est au contraire une science qui ouvre l’esprit et autorise une grande créativité. J’ai adoré les complexes car c’est encore une fois un outil, une notation et un ensemble qui s’adaptent très bien à certains problèmes physiques très tangibles, qui flirtent avec la géométrie, et qui peuvent aussi être considérés comme une algèbre bien abstraite, tout en étant basé sur la matérialisation d’un élément (i) qu’on appelle « imaginaire ». Imaginaire puisque i est la racine de -1, ce qui est « impossible » (en tout cas dans notre vision du monde…).

Si l’on revient même aux fondamentaux, quoi de plus fascinant que les nombres premiers ? Cette suite infinie de nombres (entiers naturels) qui ne sont divisibles que par 1 et eux-mêmes, et qui est l’objet de toutes les curiosités depuis l’antiquité. L’étude de ces nombres a permis bien des découvertes et des applications pratiques, et en permettra encore certainement d’autres (conjecture de Goldbach, conjecture des nombres premiers jumeaux, …).

Ah là là, et puis mes chouchous sont aussi l’automatique, Pi, les transformées de Fourier, le binaire et ses applications dans le monde digital ! Bon allez, j’arrête ! ;-)

Merci à David de revoir ma copie (le meilleur pédéblogueur normalien mathématicien, arfff), j’espère que je n’ai pas trop dit de bêtise Doc !!

La Recherche - Avril 2007

Outside Les lumières de la ville

Classé dans: Outside — @ 02:23:38

C’est en rentrant ce soir dans ma rue, et en voulant prendre une photo du nom de la plaque (une lubie comme une autre…), que je me suis rendu compte que c’était sympa les lumières des lampadaires qui mangeaient les photos.

Rue Deguerry

On dirait des ovnis ou des petits soleils qui irradient dans la nuit. Du coup, j’ai fait le tour de l’église, et j’ai pris des photos. J’ai même rencontré Fcrank en bonne compagnie, qui a du me prendre pour un ouf (que je suis, ok, ok !). Un mec m’a accosté en me demandant si je prenais en photo les graffitis, mais j’ai répondu que je prenais les lumières, et il a répondu “Ah bon.”

Les lumières de la ville Les lumières de la ville

Les lumières de la ville Les lumières de la ville

Les lumières de la ville Les lumières de la ville

Oui bon d’accord, il faut encore que j’aille me coucher (et prendre mes pilules) ! :mrgreen:

Vendredi 25 Mai 2007

Matage Matooyage Je suis un être humain laïque

Classé dans: Matage, Matooyage — @ 04:47:36

Cette phrase de Wafa Sultan dans sa fameuse vidéo, une interview sur Al-Jazeera, m’avait énormément marqué. Je l’avais linkée quand je l’avais découverte chez Toon, mais je la publie aujourd’hui pour marquer encore plus sa présence ici, et peut-être permettre à certains de la découvrir.

Je ne souscris pas à tous ses propos, mais j’adore sa verve (son accent arabe est délicieux à mes oreilles), et surtout quel courage, quel opiniâtreté, quel culot aussi. Tenir comme cela sur cette chaîne un discours aussi clair et tranché, et opposé aux conceptions islamiques les plus radicales, était un véritable choc, et d’autant plus de la part d’une femme. Outre cela, il y a cette phrase superbe qu’elle scande et dont je partage tellement la substance. « Je suis un être humain laïque. »

Car plus que jamais je déclare mon anticléricalisme farouche. Dieu que je déteste les religions, leurs hypocrisies, leurs prosélytismes, leurs visées évangélisatrices, leurs petites morales sexistes, misogynes, homophobes et j’en passe et des meilleures. Je sais qu’il n’y a pas que du négatif dans la religion, et qu’elle sert de repères à certains, ou bien de réconfort à d’autre, mais j’estime qu’une société évoluée doit plutôt reposer sur des lois, votées par les hommes pour les hommes. Et ces lois doivent régir le monde physique, le monde spirituel restant lui ce que chacun choisit d’en faire. Car ces lois évoluent, sont le fruit du progrès de l’humain, et parce que les dogmes doivent sans arrêt s’adapter à de nouvelles contingences, et permettre de nous élever.

Les religions partent souvent de bonnes intentions, mais sont toutes finalement utilisées pour mieux manipuler, asservir et appauvrir, il s’agit alors souvent de réduire le champ de conscience des croyants, alors qu’on devrait au contraire essayer de l’étendre à l’infini. Elles sont la plupart du temps des outils aux mains des puissants, la cible de toutes les compromissions, et le pâle reflet d’un miroir aux alouettes en comparaison à leurs Idées fondatrices.

Libido sciendi !

(Ouai bon d’accord, il est presque 5 heures du matin, et je ferais mieux de me coucher !!! Ouaiiiiii !)


Jeudi 24 Mai 2007

ThéâtrOpérage « Lohengrin » de Wagner à l’Opéra Bastille

Classé dans: ThéâtrOpérage — @ 23:55:49

C’était mon premier Wagner, et je flippais un peu de trouver ça trop long, trop chiant, pas assez « lyrique » ou trop empesé. Eh bien quelle bonne surprise, à la fois pour l’histoire, les chants, la musique et la mise en scène. J’ai été tout à fait content de voir ce spectacle, et de découvrir ainsi une des œuvres de ce grand maître de l’opéra d’une inspiration toute mythologicochrétienne. Entre le Graal, Wotan et Freia, on a un curieux syncrétisme, à la fois christique et nordique.

Nous sommes en effet au 10ème siècle dans la région de Brabant qui est dirigée par Telramund, lui-même en fait régent pour le très jeune Duc de Brabant. Le roi (Jan-Hendrik Rootering) arrive pour prendre des news de son empire, et voilà qu’il apprend que Telramund (Jean-Philippe Lafont) accuse Elsa, la sœur du gamin, d’avoir noyé ce dernier dans la rivière pour prendre le pouvoir. Mais on comprend vite que Telramund est sous l’influence néfaste d’Ortrud (Waltraud Meier), qui veut tout faire pour régner sur la région. Le roi décide de se fier au jugement de Dieu, et Elsa (Mireille Delunsch) choisit comme champion un chevalier qu’elle a vu dans ses rêves. Et v’là ti pas que le chevalier (Ben Heppner) se matérialise, tiré par un cygne sur la rivière, et qu’il accepte de la défendre. Mais il annonce que jamais elle ne devra lui demander son nom ou son origine. Elle accepte, et le combat commence entre le chevalier sans nom et Telramund…

J’ai vraiment aimé l’histoire et son déroulement sur les trois actes, et grâce à une excellente mise en scène (de Robert Carsen), l’action est plutôt mobile et remplit bien l’espace scénique. Les décors sont assez sympathiques, mais le bémol vient pour moi dans l’utilisation de costumes contemporains tout en restant dans le registre médiéval. C’était vraiment étrange de voir des militaires et des gens habillés dans le style des années 50 (?) tout en gardant des épées, des armures et une imagerie de chevalerie du 10ème siècle. J’aurais préféré un truc bien kitsch et clinquant, avec des chevaliers en armures et des ponts-levis… Ca aurait même été mieux avec le faux cygne sur la rivière enchanté. Hu hu hu.

Quant aux chanteurs et chanteuses, c’est ma foi bien inégal ! Elsa n’était vraiment pas charismatique et n’a pas non plus fait montre d’une qualité vocale supérieure, mais d’un autre côté, elle incarnait une jeune vierge un peu cruche et illuminée. Donc ce n’était pas si mal, même si on imaginait le rôle pris en main de manière un peu plus « lumineuse ». Ensuite, on a tout de même eu droit à une série de chanteurs bibendum à l’ancienne mode, et ça tue un peu après Rolando sexy slim Villazon. Parce qu’un fier et noble chevalier qui a l’air de sortir d’une peinture de Botero c’est vrai que ça manque de crédibilité. Et sa voix n’avait rien de sensationnel non plus. Pour les deux héros de l’opéra, c’est assez déroutant…

Finalement, ce sont les deux méchants qui se sont vraiment démarqués, et surtout surtout la merveilleuse Ortrud, la grande méchante, la salope intégrale, celle par qui tout est arrivé, et à mon avis une méga icône gay ! J’ai été absolument conquis par Waltraud Meier qui nous a régalé d’une interprétation magistrale, à la fois pénétrée par son rôle, et nous offrant quelques petites poussées lyriques à faire dresser les poils des avant-bras (test infaillible). Telramund est aussi pas mal du tout, convaincant, avec une belle voix et expression.

Un très beau spectacle en tout cas, et une bonne surprise pour moi en ce qui concerne l’œuvre de Wagner !

Mercredi 23 Mai 2007

Ecoutage Matooyage Instant state of mind

Classé dans: Ecoutage, Matooyage — @ 17:08:39



Caprice - Dole of the King’s Daughter

Caprice, dans l’album « Sister Simplicity » qui date de 2004, reprend des textes de poètes ou grands auteurs anglo-saxons et les met en musique. On y trouve du Shakespeare, du Shelley, du Byron ou du Tennyson… Il y a toujours un côté très « fantasy », mais je suis impressionné par la voix de la chanteuse, et par une orchestration qui met diablement bien en valeur les paroles.

Là c’est un magnifique poème d’Oscar Wilde : Dole of the King’s Daughter. Et c’est un peu ce que j’ai en tête juste là maintenant tout de suite. Alors voilà.

Seven stars in the still water,
And seven in the sky;
Seven sins on the Kings daughter,
Deep in her soul to lie.

Red roses are at her feet,
(Roses are red in her red-gold hair)
And O where her bosom and girdle meet
Red roses are hidden there.

Fair is the knight who lieth slain
Amid the rush and reed,
See the lean fishes that are fain
Upon dead men to feed.

Sweet is the page that lieth there,
(Cloth of gold is goodly prey,)
See the black ravens in the air,
Black, O black as the night are they.

What do they there so stark and dead?
(There is blood upon her hand)
Why are the lilies flecked with red?
(There is blood on the river sand.)

There are two that ride from the south and east,
And two from the north and west,
For the black raven a goodly feast,
For the Kings daughter rest.

There is one man who loves her true,
(Red, O red, is the stain of gore!)
He hath duggen a grave by the darksome yew,
(One grave will do for four.)

No moon in the still heaven,
In the black water none,
The sins on her soul are seven,
The sin upon his is one.

Mardi 22 Mai 2007

Matooyage Starlight, Starbright, Starman !!

Classé dans: Matooyage — @ 17:14:04

Le week-end s’est terminé comme il avait commencé… dans les putains d’embouteillage de mes deux ! Aaaaaaaaaaaaaaaaah ! Quel cauchemar… Nous sommes partis à 19h, et au final c’était complètement bouché autour du fameux péage de Saint-Arnoult. Résultat, nous sommes arrivés sur Paname vers 3h du matin. Et ensuite, le temps de ramener mes voyageurs, dont Fabien surtout qui ose habiter en périphérie (Nan mais dans le Neuf-Trois carrément !), et de tourner dans mon quartier pour trouver une place, je me suis couché vers 4h.

Tout cela, sans oublier qu’en revenant de Pavillon-sous-Bois sur une belle nationale à quatre voies limitée évidemment à 50 km/h, j’ai eu une illumination matutinale. Oui, d’un seul coup alors que je rentrais cahin-caha avec ma conduite de pépé, j’ai eu un éblouissement. Une lumière céleste a jailli du néant et m’a éveillé à une autre vérité. Je n’étais plus seul, dorénavant il sera toujours avec moi… Bref, je me suis fait flasher à 63 km/h (d’après ce que j’ai vu juste après le cheufla) comme la grosse buse que je suis. Putain, fais chier !

Mais bon, ce n’est qu’une petite ombre sur ce radieux week-end prolongé grâce à l’hospitalité d’Alex, et à la bonne humeur et composition de tous (météo bretonne incluse). Ikare, notre sex-bomb préférée, a déjà bien résumé nos activités… De vrais ados entre séance de spiritisme où il ne manquait qu’Elvira pour l’animation, une sortie en forêt où nous avons joué à nous faire peur (Et c’était réussi putainsamèrecommentjaipéfli !), des loup-garous, Jungle Speed, du bouquinage, du discutage plus ou moins scabreux et philosophique, des balades bretonnes, des crêpes au nutella, les autokaraokés improvisés etc.

Et évidemment, quand on part quelque part, il faut qu’on aille rendre visite à nos copines du coin. Donc, nous devions absolument retourner au Starman dont nous gardions tous un excellent souvenir. Finalement, neuf d’entre nous s’y sont rendus, et nous avons retrouvé là- bas Zep, Toon et même LaKgole !! Ah c’est toujours aussi cool de rencontrer de visu des personnes qu’on lit et on apprécie depuis longtemps. La boite n’est pas le lieu idéal, mais certainement le plus incongru qui soit, et donc j’adore ça. D’ailleurs la prochaine fois, on ira discuter dans la backroom, ce sera encore plus fucked-up. :mrgreen:

Cette backroom que nous avons investi à plusieurs reprises pour prendre l’air… Mais oui, je vous jure madame !!! (Ne jurez pas, Marie-Thérèse !) C’est là qu’il faisait le plus frais, tandis que dans la salle principale les miroirs ruisselaient de cette chaleur humaine surabondante et fumante. D’ailleurs même Audrey nous y a rejoint, et nous poussait même à y aller pour s’oxygéner un peu.

On a retrouvé la même hard-house pas très bien mixée, mais finalement très agréable, avec des passages discos ou rétros vraiment bâclés, mais plutôt drôles. Par contre, choc suprême pour des tapioles parisiennes, quand ils passent Madonna, eh bien il ne se passe… rien. Truc de oufs ! On a eut droit à « Hung-up » pour l’entrée d’un gâteau d’anniversaire ! Mein gott ! :gene:

Le retour fut un peu plus calme qu’à l’aller, car il faut que je précise une idée de jeu très amusante, que j’ai expérimenté alors que je roulais vers le Starman. Mes trois voyageurs, Baptiste, Audrey et Seb, ont concocté un Jungle Speed, avec pour Totem une brique de jus de pomme, agrémentée de vodka (pour donner du goût), coincée entre les deux sièges avant. Et donc à un minutage donné, il s’agissait de se saisir de la brique en premier pour boire… en premier ! Cela donnait une curieuse tension dans la bagnole, ou pour une fois, personne ne parlait, et faisait semblant de ne pas regarder la pendulette électronique qui servait de déclencheur. Et au moment, où je m’y attendais le moins, BAAAAAAAAAAAAH trois oufs qui sautent sur la brique entre les deux sièges en criant.

La seconde fois, j’ai eu très peur, et je crois qu’il s’agit d’un jeu peu compatible avec la sécurité routière.

Ce qui est bien avec ces courts séjours c’est que c’est trop court justement, et qu’on regrette de ne pas rester plus. Mais c’est finalement aussi bien, car on se taperait certainement sur le système si on restait plus longtemps. J’aime bien ces petites échappées qui soudent des relations, et nous permettent de mieux nous connaître. Et puis, que c’est beau la Bretagne !

Herbes du Pouldu

» Indilou raconte une anecdote à propos de sa belle-maman… C’est si banal de constater que les homophobes les plus farouches se retrouvent à leur insu les plus « exposés ». Ironie du sort et juste retour des choses, espérons que cela permette même de changer leurs mentalités. (0)

Matooyage La Grisette des Faubourgs a été molestée

Classé dans: Matooyage — Tags: @ 01:17:27

Je témoigne en direct du Onzième arrondissement, où je viens rendre compte de l’agression qu’a subie la Grisette des Faubourgs. Regardez par vous-même : la Grisette s’est fait taguer la face ! Sa mère, sa race, c’est inadmissible !

La Grisette des Faubourgs a été molestée

Rappelons que la Grisette par essence, et malgré sa présence au cœur de Paris, était aussi une meuf des banlieues qui dealait du matos. Et si elle pouvait s’exprimer, elle nous dirait : « Putain les chacals de leur race, je vais les marave si je les revois dans mon tiékar ! ». Car elle n’aime pas qu’on lui abîme son piédestal comme cela, et qu’on la dégrade impunément.

Mais demain est un autre jour, et la Grisette nous reviendra nettoyée de ces souillures graffitesques qui ne siéent pas à son rayonnement sur mon arrondissement.

Concordia civium murus urbium.

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