MatooBlog
Pectus est quod disertos facit

Samedi 30 Juin 2007

Matooyage Gay Pride : 1997 - 2007

Classé dans: Matooyage — @ 12:30:32

D’abord, je vous souhaite aujourd’hui solennellement, mes chers concitoyens, une excellente Fête Nationale ! :mrgreen:

Ma première c’était en 1997, comme si c’était hier si je puis m’exprimer ainsi. Ah ah. Mein gott, cette sensation de commencer à compter les décennies me donne le tournis, et me fait me sentir vraiment vieux (ok, ok, je ne suis plus de toute première fraîcheur). Mais en juin 1997, j’avais tout juste 21 ans, j’étais encore chez papa et maman dans mon Neuf-Cinq natal, et je découvrais depuis trois ans les joies de la capitale. Mais entre des débuts timides, une année d’études en Angleterre, et Cergy, c’est vraiment en cette exacte période que commence mon « émancipation ». C’est pourquoi cette « Pride » là revêt une grande symbolique pour moi.

J’ai envie de dire que c’était une très chouette période, mais comme d’habitude on a tendance à oublier le pire, pour ne conserver que le meilleur. Et même si j’avais soif de découvertes, même si je passais mes soirées en boite ou à refaire le monde avec des amis, à former une bandes de potes qui ont compté, eh bien ce n’est pas tout. J’étais aussi terriblement angoissé à propos de mon futur qu’il soit professionnel (serais-je un jour capable de trouver un taf ?), familial (mon coming-out avait quelque peu refroidi les liens filiaux) ou sentimental (je n’avais de cœur que pour mon Thomas, et ça a duré une bonne année ainsi, dans une fidèle cristallisation) etc. Aujourd’hui, certaines choses sont plus claires, d’autres toujours pas, et les repères ont changé, mes valeurs se sont aussi affinées ou affirmées.

Mais je me rappelle parfaitement bien de ce jour-là. J’allais à ma première Gay Pride avec mes amis pédés et goudous, j’allais défiler dans une manifestation dont j’ignorais l’existence une année avant. Car je ne sais pas si les JT le mentionnaient avant, mais moi je n’en avais jamais entendu parler. J’étais très heureux d’aller là, car cet acte de présence était aussi pour moi un petit acte politique qu’il me plaisait d’accomplir.

Et quelle putain de Gay Pride, qui était d’ailleurs une EuroPride (rassemblant par là en effet énormément d’étrangers) ! 1997 avait vu 300 000 personnes défiler dans les rues à la grande époque de la House gay, des drag-queens (La Chose <-- qui a même posté ici !!, Mercedes ou Tyra !), des gogos-dancers, des flyers de soirées, des chars opulents et plein de strass du Banana et du Queen, avec les ticheurtes moulants Levi’s que les hétéros commençaient à adopter. Et n’insistez pas, jamais je n’avouerai que j’avais des New Rock avec un pantalon à carreaux jaune pétant et des plaques de GI autour du cou !! Jamais !!!

Je me souviens donc très bien du défilé et des bons moments passés à danser derrière le char du Queen ou celui de l’Entracte (le Pulp ne s’appelait pas encore comme ça), mais aussi le « Gibus » (qui était alors gay !). Le « Milk » n’existait déjà plus (au sous-sol du Palace, où se trouvaient avant une géniale boite lesbienne : le Privilège, c’était là où avaient lieux les mythiques after KitKat… souvenirs de oufs), et les GTD de la Loco déjà des souvenirs. Mais bon tout n’est pas non plus figé aujourd’hui, et je trouve plutôt cool d’avoir connu ces choses là et de m’en rappeler simplement aujourd’hui. Et d’autres choses sont immuables comme Galia le dimanche soir, d’AbFab à OverKitsch, il n’y a vraiment que le nom qui a changé.

Toute à l’heure, donc, nous irons marcher dans la Gaieté ! Parce que nous avons encore besoin de nous montrer dans notre diversité et dans nos baskets où c’est qu’on se sent vachement bien ! Et aussi parce que nous sommes en des temps fragiles où je sens un véritable recul des mœurs, et où j’ai peur de percevoir un mouvement rétrograde qui pourrait bien nous coûter cher. Il faut que nous rendions aussi une fois de plus hommage à nos copines de « Stonewall » qui se sont battues faux-cils, perruques, paillettes et talons à la main lors d’une humiliation de trop, il n’y a pas si longtemps.

Vive la Fuck Pride ! Et je m’interrogeais déjà au tout début de mon blog sur la nécessite de la Gay Pride, je pense toujours la même chose. Pas de marche des Tordues alors cette année ? Dommage.

Affiche de la Gay Pride / Marche des fiertés 2007

Vendredi 29 Juin 2007

Boukinage Soleil noir

Classé dans: Boukinage — @ 21:08:29

Je continue ma découverte de l’œuvre de Gilles Leroy, qui ne cesse de me fasciner par son écriture incroyable, ses thématiques et des bouquins qui ne me laissent vraiment pas insensibles. « Soleil noir » est résolument un de ceux-là, un livre au style « américain » que j’aime tant chez cet écrivain, avec malgré tout des accents de « Regain » (le bouquin de Giono) qui sentent bon (et mauvais) la France méridionale.

Dans Vaucaire, on ne peut pas se perdre : le bourg étant traversé par la nationale (et comment dire ? décapité, pulvérisé par elle, si bien qu’on a répliqué sur chaque trottoir, les mêmes commerces, boucherie, épicerie, banque et boulangerie, et que seuls les inconscients ou les suicidaires s’aventurent à changer de trottoir), on ne s’oriente qu’avec les deux mots, l’entrée du bourg et sa sortie, comme on parlerait d’un boyau plus ou moins engorgé selon les heures, les jours et les saisons, et donc le transit, en ce mois de mai, commence à peiner. Bientôt, ce ne sera plus que le magma ordinaire, l’aveuglement des ruées humaines et cette image parfaite pour les télévisions d’un lent exode populacier, puant et bruyant, vers un soleil en location.

Et dans cette ville de Vaucaire, dans le sud de la France, débarque Nadia, une femme à l’allure étrangère, et qui sort de 15 ans de prison. Elle est à la recherche de son fils qui lui a été retiré par les services sociaux, et dont elle n’a pas eu de nouvelles depuis. Elle pénètre donc dans cet univers singulier, où tout le monde se connait, fait partie de la même famille à quelques alliances près, des gens qui se détestent, cancanent et complotent les uns contre les autres. Le fils de Nadia serait peut-être bien un jeune homme qui s’appelle Marco, le petit protégé d’Anicette, une femme médecin obèse et profondément humaniste. Marco qui a été exploité pendant des années par une des familles de Vaucaire, avant de prendre son indépendance en retapant un domaine abandonné dans les collines. Le garçon est d’ailleurs à moitié et à la fois craint, aimé, respecté ou dédaigné pour son opiniâtreté, son homosexualité et son côté bohémien.

En lisant ce livre, j’ai pensé à cet écrivain qui s’était fait agresser par ses « personnages », et j’ai pensé que si c’était la même chose pour cette histoire-ci, alors il valait en effet mieux dissimuler les identités. Parce que Gilles Leroy taille des portraits à la serpe dans une région presque consanguine et ravagée par la méchanceté et la bêtise de ses autochtones. On retrouve tous les travers d’une pauvreté intellectuelle à pleurer, et de gens sans scrupule. Le roman se déroule comme un road-movie dans l’ouest américain, on débarque au milieu de nulle part, dans un coin isolé et à la population aussi recluse que revêche.

Tous les personnages qu’on rencontre au cours de ce livre sont hauts en couleurs, autant les gentils que les méchants. Ils sont esquissés en quelques phrases, et prennent consistance très rapidement pour devenir les rôles majeurs du « drame » à venir. Et la dichotomie entre bon et mauvais est facilement identifiable, on s’attache rapidement à quelques personnalités qui vont ponctuer ce récit à l’atmosphère étouffante et « estivale ».

L’auteur délivre encore un texte d’une qualité d’écriture qui me parle toujours autant, avec ce niveau de langue et de littérature qui me fait relire plusieurs fois certains passages dont la musique est sublime. Et pourtant l’action est tendue, le rythme de lecture se syncope sur des émotions tangibles, les dialogues s’enchaînent et il s’agit encore d’un bouquin qui pourrait être écrit par un américain.

Mon seul bémol est certainement lié au fait que j’ai été absorbé par le récit dès les premières phrases, et que j’attendais beaucoup du coup du dénouement. Or, il y a un moment où le roman bascule, change de « genre » et m’a vraiment déconcerté. Et la fin parait comme expédiée, racontée, sagement narrée alors que je ne voulais que vivre l’instant en compagnie des personnages. Du coup une petite déception sur la fin, alors que ça avait si bien commencé…

Gilles Leroy se dessine encore un peu plus en tant que romancier, et j’adore ce que je découvre. D’autant plus, que son prochain roman sort dans un peu plus d’un mois !! Chic chic chic !

Soleil noir - Gilles Leroy

Outside Conversations roman-photographiques

Classé dans: Outside — Tags: @ 20:21:40

(J’ai ces trucs qui traînent dans mon disque dur, et j’ai eu envie de vous faire partager mon hilarité à les revoir.)

Conversations roman-photographiques

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Conversations roman-photographiques

Edit : C’est confirmé, c’est bien du Fluide Glacial ! Voilà pourquoi ça me fait tant rigoler !!! Ces planches sont donc le fruit de l’imagination fertile du dessinateur Tronchet, dans sa bédé archiconnue : “Jean-Claude Tergal”.

Mercredi 27 Juin 2007

Matooyage Histoire de Spunk

Classé dans: Matooyage — @ 23:47:30

En ce moment, on a le créateur du CMS (le machin en php/mysql qui gère le site web), et qu’on utilise dans ma boite, qui est dans nos bureaux. C’est un danois, que j’appelle familièrement « Le Viking » (bah oui, il a une grande barbe et des cheveux blonds, avec des yeux bleus), et qui nous ramène toujours des spécialités de chez lui. D’ailleurs je ne manque jamais de lui dire : « Tack Babette ». Une des premières friandises qu’il nous a fait goûter est un bonbon vachement connu là-bas et qui s’appelle « Spunk ».

Arkkkk mein gott, ça a un goût affreux ! Imaginez un cachou au réglisse mais salé ! Donc j’évite le Spunk depuis. Mais hier, j’ai vu de nouvelles séries de boites sur le bureau de ma collègue : « Spunk Cola ». Oh ohhh ! Du coup, j’ai retenté l’expérience, et le Spunk Cola est tout à fait mangeable. Mais c’est en regardant le nom de la marque, que je me suis interrogé tout haut… « Mais c’est marrant, ça me dit un truc ce mot de Spunk… ça veut pas dire un truc en anglais ou en américain ? ».

Personne ne voit, mais vraiment ça « ring a bell » en moi. Et voilà que je trouve et m’exclame : « Eurêka, ça me fait penser à une phrase du genre Taste my spunky juice, you bitch que j’ai trop l’habitude d’entendre. » Donc spunk ça doit vouloir dire quelque chose comme « jute » en anglais. C’est un peu singulier comme nom de marque… Les danois ne doivent pas arrêter les jeux de mots sur le sujet.

Et ma collègue de me répondre : « Ok, je ne veux pas savoir dans quoi tu peux entendre des trucs pareils. ». Et moi de rétorquer : « Dans des films d’arts et d’essais, tu me connais. Des petits budgets mais des intrigues fascinantes et comédiens bourrés de talents ! ». :mrgreen:

Danish Spunk

Mardi 26 Juin 2007

Marc-Aurèle Livre 11 - XV

Classé dans: Marc-Aurèle — @ 23:42:24

Il y a comme une grossièreté et quelque dépravation à dire : “J’ai préféré me comporter franchement avec toi. – Homme, que fais-tu ? Il ne faut pas commencer par affirmer cela. La chose d’elle-même le déclarera. Elle doit être écrite sur ton front ; ta voix doit aussitôt l’exprimer ; tes yeux doivent aussitôt la montrer, à l’instar de l’aimé qui connaît aussitôt, dans le regard de ses amants, tout ce qu’ils éprouvent. En un mot, il faut que l’homme droit et honnête ressemble à l’homme qui sent le bouc, en sorte que quiconque s’approche de lui sente dès l’abord, qu’il le veuille ou non, ce qu’il en est. La recherche de la simplicité est un coutelas. Rien n’est plus odieux qu’une amitié de loup*. Evite ce vice avant tous. L’homme de bien, l’homme droit, bienveillant, portent ces qualités dans leurs yeux, et elles n’échappent point.

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

*Allusion à la fable d’Esope, où les loups persuadent les brebis de leur livrer les chiens qui les gardaient.

Lundi 25 Juin 2007

Matooyage Famille du sang, famille du cœur !

Classé dans: Matooyage — @ 00:54:56

Ce week-end était marqué par le mariage d’Ornella, la sœur de Diego, avec son copain Laurent. J’étais invité par cette dernière que je connais bien, et puis c’est vrai que depuis le temps que je fréquente Dieg (9 ans), j’ai aussi fait largement connaissance de leur maman et de quelques membres de leur famille, ainsi que de leurs amis. C’est comme ça chez eux, il y a non seulement cette attitude sud-américaine (argentine dans leurs cas), chaleureuse, passionnée et expressive, même au sein de la famille, mais aussi cette propension à étendre le sentiment familial à leurs amis, et à s’affranchir facilement des origines, âges ou différences. Ainsi chez les P., j’ai toujours été reçu avec beaucoup de considération, d’affection et de délicieux empanadas ! :mrgreen:

Ce mariage rassemblait une population aussi diverse et bigarrée que ce que je pouvais imaginer. Beaucoup de gens d’Argentine, mais aussi d’Espagne, du Portugal, des USA, d’Allemagne etc. Et puis des amis, des parents d’amis, des familles qui se rencontrent (le marié est d’origine portugaise, Ornella est une argentine d’origines italiennes et allemandes), des traditions qui se mêlent et se répondent en échos (judaïsme et christianisme, par des chants et des us rituels). Les discours se sont faits en deux ou trois langues, et les témoignages d’amour se sont enchaînés avec une émotion et une sincérité bouleversantes.

Evidemment, je n’ai pas pu m’empêcher de faire des comparaisons avec ma famille. Hé hé hé. J’étais avec le groupe des potes de Diego, et avec Olivier notamment nous avons un peu discuté de la froideur relative de nos relations familiales en regard de ces latines effusions. Et surtout, il était génial de constater la manière dont les liens du sang se confondent avec des amitiés multi-décennaires. J’aime vraiment cette manière de constituer une famille au-delà des simples alliances héréditaires. Et pour des gens qui ont immigré en France, c’est aussi une condition sine qua non pour s’ancrer durablement dans un endroit où l’on n’a pas exactement ses racines.

Ce mariage fut aussi l’occasion de renouer avec des personnes que j’avais connues à Madrid deux ans auparavant, d’enfin mettre des visages sur des noms et des prénoms dont Diego me parlait depuis longtemps, de confirmer qu’une maman et sa petite fille sont bien celles que l’on aperçoit dans le film de Christophe Honoré, de passer une excellente soirée avec Olivier, Jennifer et Vanessa (une amie de Diego qui habite à Montréal, et avec qui nous sommes beaucoup sortis dans les années 2000…), de découvrir un couple de pédés très sympathiques (voisins d’Ornella et Laurent) et une amie d’Elise très intéressante et charmante. J’ai même réussi à tchatcher de mes années d’études à Newcastle avec une dame (la maman d’une amie d’Ornella, qui est anglaise) qui est née là où j’ai fait mon stage de fin d’études (la ville de Blyth, truc de oufs !!!).

Ce mariage m’a aussi convaincu qu’il est plus que temps que nous, les pédés, obtenions l’égalité pour le mariage civil. Car c’est ça que je veux moi, et pas d’un simulacre d’union conjugale comme le PACS ou d’un arrangement fiscal amélioré. Non, la seule manière de faire encore avancer d’un pas les choses en France, pour l’émancipation des gays, passe par cette reconnaissance. Moi aussi je veux (avoir le choix de) passer à la mairie, de dire oui devant le maire, ma famille et mes amis. Et je veux qu’on reconnaisse que mon couple est autant valable et « considérable » qu’un couple hétéro.

Et je m’inquiète de voir les choses si en retard en France, et des mentalités qui se figent ou sont même tentées de rétrograder. Alors que ça paraît tellement « rien » à faire, tellement évident, et personne n’arrive même à opposer des arguments valables, sinon des assertions pernicieuses. Alors je me demande bien pourquoi est-ce que nous n’avons pas encore obtenu ce droit, qui marquerait une pleine et entière acceptation de ce que nous sommes (heureux !). Mais bon j’en parlais déjà dans les mêmes termes il y a deux ans…

Famille du sang, famille du cœur !

Dimanche 24 Juin 2007

Matooyage 2 008 028

Classé dans: Matooyage — @ 22:04:47

C’est le nombre de visiteurs qui sont passés ici depuis la création du blog. :mrgreen: Le million avait été atteint en mars 2006, après 3 ans donc, cela indique une certaine évolution du trafic, mais aussi plus de gens qui s’intéressent et lisent des blogs. Il y a aussi évidemment un nombre considérable de requêtes qui mènent ici-bas, sur tous les sujets imaginables !

J’en profite comme d’habitude pour ressasser mes credo en matière de blog… J’ai déjà tout dit dans un article qui résumait un peu le fond de ma pensée. Mais en rédigeant ce post-ci, et donc en relisant celui qui marquait le passage au million de péquins venus me butiner (j’adore ce néologisme québécois pour « navigateur » ou « browser »), je suis retombé sur l’encart de Netizen où je m’exprimais. Je suis encore tellement en phase avec ce texte, que je ne résiste pas à l’envie de le recopier ici.

Je me rappelle vaguement des questions qui étaient posées pour optionnellement orienter le texte, et que j’avais choisi de prendre pour contraintes rigides : « pourquoi bloguez-vous, qu’est-ce qui vous frappe dans ce phénomène, qu’est-ce qui est important là-dedans, qu’est-ce que vous détestez dans les blogs, ce que vous aimez dans les blogs. »

Voilà ce que ça donnait :

Je blogue parce que je ne peux pas vivre sans écrire, et comme je l’ai un jour écrit sur pointblog.com : « par narcissisme éhonté, par passion de l’écriture, et ce moyen d’être lu tout en restant à sa place, et sans jouer ni les écrivains, ni les journalistes, juste les scribes du quotidien, par adhésion à une communauté de plus (élitisme de bas étage). » Et le tout gratuitement, dans le souci d’un altruisme le plus entier, je veux donner sans rétribution (sinon celle de lire les autres).

Ce qui m’a frappé depuis que je tiens un blog, c’est l’ampleur actuelle du phénomène tout en restant quelque chose d’extrêmement discret et segmenté. Les gens connaissent aujourd’hui le mot, mais sans bien savoir de quoi il s’agit, ou vaguement lorsqu’ils ont entendu le mot « skyblog » au détour d’un JT.

Ce qui me paraît important dans le phénomène des blogs, c’est ce renouveau de l’importance de la chose écrite. Ce qu’Internet avait remis au goût du jour par sa nature même, et que le blog a conséquemment récupéré. Le vecteur de communication écrite était voué à disparaître, et le voilà plus hégémonique que jamais, avant d’être éventuellement supplanté par la publication multimédia (mais qui me plait moins).

Ce que je n’aime pas dans les blogs, ce sont les business plans. Les d’jeuns qui n’en veulent fraîchement accouchés d’HEC qui ne veulent pas rater le coche de leur bulle Internet générationnelle, qui veulent avoir une part du gâteau, et qui donnent des conseils professionnels pour bloguer, alors qu’ils tiennent eux-mêmes un blog depuis trois mois.

Ce que j’adore dans les blogs, c’est la diversité par excellence, un dédale où se côtoient des hommes, des femmes, des mômes, des pédés, des fachos, des gens de droite et de gauche, des communautés… Je respecte autant les blogs thématiques hyper spécialisés, que les blogs politiques ou sociologiques, les carnets personnels et intimes ou les skyblogs en sms. Il n’y a pas de blogs inutiles, même ceux qui le proclament.

Vendredi 22 Juin 2007

Exposage ThéâtrOpérage « Paso doble » par Miquel Barceló et Josef Nadj

Classé dans: Exposage, ThéâtrOpérage — @ 23:42:10

Voilà une performance artistique que je ne serais certainement pas allé voir, si je n’y avais pas été convié par un pote du boulot. Mais comme je suis curieux, que j’avais entendu parler du peintre, que les performances ne me font pas peur (arf) et que je ne connaissais pas le théâtre des Bouffes de Nord, j’ai tenté le diable. Bien m’en a pris, car j’ai été totalement conquis par cet extraordinaire spectacle.

Concrètement, que se passe-t-il donc ? En quelques images, tout commence par un sol marron et un mur blanc, dont on ignore la consistance, et qui rapidement révèlent une terre glaise lourde, malléable et « attachante ».

« Paso doble » par Miquel Barceló et Josef Nadj

Et prosaïquement, voilà le résultat final :

« Paso doble » par Miquel Barceló et Josef Nadj

Les deux auteurs de ce spectacle, le peintre Miquel Barceló, et le chorégraphe Josef Nadj, deux pointures dans leurs domaines respectifs, commencent la performance habillés en costards immaculés. Et à la fin, ils ressemblent à ça :

« Paso doble » par Miquel Barceló et Josef Nadj

D’abord, on ne les voit pas, on les entend seulement frapper le mur blanc par derrière. Et puis, leurs efforts font apparaître des bosses, et des premières lacérations de la matière, et puis ils débarquent. Se met alors en place un jeu étrange, un jeu mais aussi une bataille, une occupation, une cérémonie, une fusion… Les deux communiquent de temps en temps, mais la plupart du temps sont plutôt sur des tâches en solo. Ils creusent la terre argileuse et pesante, ils la battent à coups de battes, de pics, de rabots. Ils la sculptent, la modèlent, la jettent, la déchirent, la piétinent, et puis Barceló peint même le résultat final en blanc. Ils auront aussi utiliser un tas d’objets en terre glaise, des poteries « crues » qu’ils se mettent sur la figure, et déforment pour en faire des masques monstrueux et comiques à la fois (cela fait penser à la scène de « Beetle Juice » où les Maitland essaient de se déguiser en fantômes effrayants).

Je sais que cela peut paraître un peu trivial ou bizarre, mais en y assistant j’ai au contraire perçu tout l’amusement qui réside aussi derrière ce travail, et aussi l’incroyable pouvoir qui émane de cette création vivante, instantanée, énergique et éphémère (la glaise est recyclée pour le lendemain). Il s’agit vraiment pour les auteurs se pénétrer la matière, d’interroger le rapport de l’artiste à ses matériaux bruts, et ainsi rendus gigantesques de renverser les « rapports de force » entre le sculpteur et la glaise.

Par contre, je m’attendais à un peu plus de « danse » ou de mise en chorégraphie de la part de Nadj, alors qu’il est sur le coup vraiment complètement l’objet du peintre. Barceló est au centre de la performance, car il reste le maestro de l’ensemble. Il faut le voir manier ses outils pour construire son œuvre, à la fois guide, compagnon de jeu maître et esclave de la glaise. Le tout est accompagné d’une musique assez sommaire, plutôt un bruitage (pas forcément le truc le plus réussi d’ailleurs) qui rythme et scande les actes des artistes. A la fin, ils sont littéralement avalés par l’œuvre, et ils s’en « retournent à la terre (glaise) ».

Au bout d’une heure, les deux hommes sont exténués, sont barbouillés de peinture et de terre, et on les sent enfin sortir de leur transe, pour mieux réaliser ce qu’ils viennent de créer, ce golem qui a de grands airs de famille avec les réalisations du peintre, et qui a laissé le public ébahi et essoufflé. Ce n’est pas non plus un spectacle complètement sérieux ou intello, au contraire les gens rigolent de les voir se crader comme ça, de les voir faire les clowns avec de la terre comme des gamins. On est dans un théâtre proche des gens, et dans une démarche très instinctive et naturelle, même si elle peut dérouter.

Ce spectacle avait été créé pour le festival d’Avignon de 2006, et je savais que cela m’était familier. J’ai repensé à la première émission du 6ème sens, et pour la première ImproPhoto (6ème rubrique), il s’agissait de l’affiche du festival justement. Cette affiche figure un homme qui traverse en partie un mur de glaise, et qui laisse des traces avec sa main. C’est drôle d’écouter à présent ce qu’avaient pu en dire et inventer les comédiennes.

» Dangereux métier que celui d’écrivain, lorsqu’on lit ce qui est arrivé à celui-ci. Flippant… [Via Laurent] (7)

» Oui, aidez-moi à aller à Auneau-Lulud !!! Sivouplé !!! (Faut cliquer ! Arf.) (4)

Jeudi 21 Juin 2007

Outside Métropolitique

Classé dans: Outside — @ 23:08:18

Citation de Benjamin Franklin dans le métro

“Those who would give up Essential Liberty to purchase a little Temporary Safety deserve neither Liberty nor Safety.”
Benjamin Franklin - 1755

(“ceux qui sont prêts à concéder des libertés essentielles pour gagner temporairement un peu de sécurité ne méritent ni liberté ni sécurité” <-- Cf. le bleu du ciel dans les commentaires pour la traduction.)

Mercredi 20 Juin 2007

Exposage L’âge d’or de l’Inde classique, l’Empire des Gupta

Classé dans: Exposage — @ 18:45:09

Le Grand Palais nous offre toujours (pour 10 euros les flibustiers !) des expositions qui valent leur pesant de cacahouètes. J’ai toujours loué leurs thématiques, et surtout la richesse des œuvres présentés ainsi que leur approche hautement pédagogique. Là encore, on ne déroge pas à la règle (malgré quelques bémols) avec une exposition sur ce bout de civilisation indienne (des IVe et VIe siècles après JC) qui représente une période particulièrement faste sur le plan artistique.

Enormément de pièces sont présentées pour décrire ce que fut ce pan de l’histoire artistique indienne, et pour chacune des explications claires, détaillées et intéressantes. Par contre, je reproche le manque d’explications de contexte, en effet, je pense qu’en moyenne on ignore carrément l’histoire de l’Inde. Et là, il n’était pas vraiment possible de se représenter l’époque autrement que par des statues de Bouddha. Ah mais par contre, assis, debout, couché et dans toutes les positions ! Arf arf.

Donc je trouve que c’est une exposition de très belles pièces, et qui situe bien l’art de l’époque en terme d’architecture de temples, d’ornementations lapidaires ou de sculptures sacrées. Par contre, par rapport au titre de l’expo, ça paraît être un peu limité ou biaisé (il ne s’agit vraiment QUE de statues). Ce que j’ignore c’est si c’est parce que c’est tout ce qu’on a pu en récupérer, ou bien s’il existe d’autres types d’œuvres, et si l’on en sait plus que cela sur l’histoire du pays à cette époque (ce qui n’est pas évident).

Du coup, je suis un peu resté sur ma faim, même si personnellement je suis assez fan des statues de Bouddha (heureusement !). Je m’attendais à en apprendre beaucoup plus sur la civilisation en elle-même, ou bien sur une véritable « histoire » de l’Inde de cette époque antique. Toutefois, on ne peut pas reprocher le traitement muséologique des pièces présentées, car on suit ainsi les évolutions stylistiques des artistes, leurs influences et les différents centres de travail de la pierre ou de la terre cuite. Il s’agit aussi d’une très belle mise en valeur de ces œuvres, et on apprécie la beauté et la sérénité qui se dégagent de ces scènes mythologiques d’un autre genre (que celui auquel nous sommes habitués).

L’esprit du bouddhisme est un élément tellement différent de nos représentations sacrées (européennes, donc chrétiennes), avec tant de calme, de quiétude, de visages et attitudes introspectives qui invitent vraiment au bien-être et à la paix intérieure.

Donc, vous aurez compris, si vous êtes allergiques aux illuminés, yeux clos, aux grands lobes, ce n’est pas une expo pour vous.

L’âge d’or de l’Inde classique, l’Empire des Gupta au Grand Palais

» Du coup, j’ai signé la pétition pour qu’Arrêt sur Images perdure… [Via Laurent] (3)

Outside Calorimétrofère

Classé dans: Outside — @ 00:48:34

Non mais vraiment, pourquoi est-ce que les quais de la ligne 11 au terminus à Châtelet (dans le sens du départ surtout) sont à 40°C de moyenne toute l’année (et donc toute à l’heure le summum de la moiteur tropicale aux relents de moisissures organiques) ?

On est proche de la bouche de l’enfer ou quoi ? En tout cas, c’est l’impression que ça donne. Apparemment c’est parce que la ligne est entièrement souterraine, que c’est le plus vieux matériel roulant (MP59) et certainement à cause de la conformation particulière des tunnels et aérations (mais il me semble que les sorties sont toutes proches) à cet endroit.

Un petit appel d’air par là ne serait pas du luxe. :mrgreen: (Ouai je fais/poste dans le nawak en ce moment…)

Mardi 19 Juin 2007

Télévisage Arrêt sur Images s’arrête

Classé dans: Télévisage — @ 01:24:33

Je parle pas très souvent de télévision, ce n’est pas vraiment mon truc et je ne regarde que très peu de chose à la téloche. Mais j’avais évoqué un des rites familiaux du dimanche, lorsque je suis chez mes parents, qui consiste à regarder les guignols et « Arrêt sur Images ». Apprendre que France 5 a sonné le glas cette dernière émission me peine terriblement. Je la regardais souvent en diffusion en ligne sur le site de l’émission, et à chaque fois, quel qu’en soit le thème d’ailleurs, je trouvais que c’était passionnant. Il me suffisait de tomber dessus par hasard pour irrémédiablement être scotché jusque la fin.

Tant pour le traitement de l’information, la remise en question de l’émission elle-même (j’avais adoré les « Arrêts sur Images » sur « Arrêts sur Images » afin de décrypter leurs propres abus et dysfonctionnements intrinsèques), l’intelligence et la distance avec laquelle les sujets et les intervenants étaient considérés, les révélations qui m’ont éclairé sur une kyrielle de faits télévisuels, mais aussi pour Daniel Schneidermann ou David Abiker que j’aime beaucoup, j’étais un fan de cette émission. Il s’agit d’ailleurs du programme le plus vieux de la chaine.

Je ne suis pas du genre à m’accrocher aux vieilleries ou aux habitudes, au contraire j’aime le changement, l’évolution et c’est vrai qu’il faut se renouveler, même si « ça marche très bien comme ça ». Mais « Arrêt sur Images » était devenue une véritable émission d’utilité publique, et qui avait sa place sur une telle chaine de télévision. Il n’y a aucun équivalent dans le PAF, et on perd un des rares programmes qui redonnent toutes ses lettres de noblesse au journalisme du petit écran.

Merde alors !

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