D’abord, je vous souhaite aujourd’hui solennellement, mes chers concitoyens, une excellente Fête Nationale ! 
Ma première c’était en 1997, comme si c’était hier si je puis m’exprimer ainsi. Ah ah. Mein gott, cette sensation de commencer à compter les décennies me donne le tournis, et me fait me sentir vraiment vieux (ok, ok, je ne suis plus de toute première fraîcheur). Mais en juin 1997, j’avais tout juste 21 ans, j’étais encore chez papa et maman dans mon Neuf-Cinq natal, et je découvrais depuis trois ans les joies de la capitale. Mais entre des débuts timides, une année d’études en Angleterre, et Cergy, c’est vraiment en cette exacte période que commence mon « émancipation ». C’est pourquoi cette « Pride » là revêt une grande symbolique pour moi.
J’ai envie de dire que c’était une très chouette période, mais comme d’habitude on a tendance à oublier le pire, pour ne conserver que le meilleur. Et même si j’avais soif de découvertes, même si je passais mes soirées en boite ou à refaire le monde avec des amis, à former une bandes de potes qui ont compté, eh bien ce n’est pas tout. J’étais aussi terriblement angoissé à propos de mon futur qu’il soit professionnel (serais-je un jour capable de trouver un taf ?), familial (mon coming-out avait quelque peu refroidi les liens filiaux) ou sentimental (je n’avais de coeur que pour mon Thomas, et ça a duré une bonne année ainsi, dans une fidèle cristallisation) etc. Aujourd’hui, certaines choses sont plus claires, d’autres toujours pas, et les repères ont changé, mes valeurs se sont aussi affinées ou affirmées.
Mais je me rappelle parfaitement bien de ce jour-là. J’allais à ma première Gay Pride avec mes amis pédés et goudous, j’allais défiler dans une manifestation dont j’ignorais l’existence une année avant. Car je ne sais pas si les JT le mentionnaient avant, mais moi je n’en avais jamais entendu parler. J’étais très heureux d’aller là, car cet acte de présence était aussi pour moi un petit acte politique qu’il me plaisait d’accomplir.
Et quelle putain de Gay Pride, qui était d’ailleurs une EuroPride (rassemblant par là en effet énormément d’étrangers) ! 1997 avait vu 300 000 personnes défiler dans les rues à la grande époque de la House gay, des drag-queens (La Chose <-- qui a même posté ici !!, Mercedes ou Tyra !), des gogos-dancers, des flyers de soirées, des chars opulents et plein de strass du Banana et du Queen, avec les ticheurtes moulants Levi’s que les hétéros commençaient à adopter. Et n’insistez pas, jamais je n’avouerai que j’avais des New Rock avec un pantalon à carreaux jaune pétant et des plaques de GI autour du cou !! Jamais !!!
Je me souviens donc très bien du défilé et des bons moments passés à danser derrière le char du Queen ou celui de l’Entracte (le Pulp ne s’appelait pas encore comme ça), mais aussi le « Gibus » (qui était alors gay !). Le « Milk » n’existait déjà plus (au sous-sol du Palace, où se trouvaient avant une géniale boite lesbienne : le Privilège, c’était là où avaient lieux les mythiques after KitKat… souvenirs de oufs), et les GTD de la Loco déjà des souvenirs. Mais bon tout n’est pas non plus figé aujourd’hui, et je trouve plutôt cool d’avoir connu ces choses là et de m’en rappeler simplement aujourd’hui. Et d’autres choses sont immuables comme Galia le dimanche soir, d’AbFab à OverKitsch, il n’y a vraiment que le nom qui a changé.
Toute à l’heure, donc, nous irons marcher dans la Gaieté ! Parce que nous avons encore besoin de nous montrer dans notre diversité et dans nos baskets où c’est qu’on se sent vachement bien ! Et aussi parce que nous sommes en des temps fragiles où je sens un véritable recul des moeurs, et où j’ai peur de percevoir un mouvement rétrograde qui pourrait bien nous coûter cher. Il faut que nous rendions aussi une fois de plus hommage à nos copines de « Stonewall » qui se sont battues faux-cils, perruques, paillettes et talons à la main lors d’une humiliation de trop, il n’y a pas si longtemps.
Vive la Fuck Pride ! Et je m’interrogeais déjà au tout début de mon blog sur la nécessite de la Gay Pride, je pense toujours la même chose. Pas de marche des Tordues alors cette année ? Dommage.























du coup malgres la longueur je me ferais bien une intégrale...





