MatooBlog
Pectus est quod disertos facit

Mardi 31 Juillet 2007

Cinéphage Les Simpson – le film

Classé dans: Cinéphage — @ 18:46:39

En tant que gros fan de la série, c’est risqué d’aller voir le long-métrage qui en est issu. Mais c’est sans compter sur la créativité hallucinante de Matt Groening et ses équipes. En effet, pour être certain qu’on ne puisse pas moufter, ils ont concocté un gag à la minute. Et il ne s’agit pas de la petite saynètes lambda ou resucée simpsonienne, mais au contraire des innovations permanentes dans la pure lignée de la série.

Du coup, on a simplement l’impression de s’envoyer 4 ou 5 épisodes d’affilée, et même en un peu plus condensé niveau humour. Le rythme est alors considérablement accéléré, et on ne peut pas dire que l’intrigue se traîne en longueur. J’ai un peu la même impression que lorsque j’ai vu le film tiré de la série « South Park », une bonne histoire qui tient la route, avec tout ce qui a fait le succès de la série, tant dans son graphisme, son style humoristique ou bien ses attachants personnages.

Ce qui m’a énormément plu c’est qu’on retrouve pendant une heure et demie la même Amérique passée au vitriol, un Homer qui repousse encore (comment fait-il ?) les limites de la débilité beauf, et toute la petite famille avec ses travers, qualités et caractéristiques qu’on connaît tant. Le film donc n’est pas révolutionnaire, et ne marque pas de rupture, en cela il s’agit d’une œuvre « satisfaisante ». Mais c’était très fort de réussir ce pari, et je suis plus que positif sur le résultat.

Et c’est certainement le seul film pour lequel je me tâte sérieusement pour me faire maintenant la VF, car les doubleurs sont vraiment excellents. Certaines séquences sont d’ailleurs d’ores et déjà cultes, comme GuiM pouvait le faire remarquer.


Bref, c’est un must, et je crois que même les béotiens y trouveront leur compte. (Je ne résume pas l’histoire parce que nan vraiment on s’en fout quoi… Par contre, restez bien jusqu’à la fin… très francophile et pleine de surprises !!!)

L’avis des copines : Julien, Niklas, Jarod_, Gyom.

Les Simpson – le film

Dimanche 29 Juillet 2007

Matooyage Rappels utiles

Classé dans: Matooyage — @ 21:37:53

Je persiste et signe, Paris c’est vraiment beau la nuit. Cette semaine, un soir, je suis rentré en passant comme souvent par Beaubourg, et j’ai été captivé par cette vue de l’église Saint Merri avec la lune, et les éclairages devant la fontaine Stravinsky (avec ses fameuses œuvres de Nikki de Saint Phalle et Jean Tinguely, dont j’avais parlé lors de l’expo du Nouveau Réalisme).

Eglise Saint Merri la nuit

Sinon délicieuse soirée au Tango hier, qui reste un endroit à la chaleur humaine assez unique dans le Marais. Hier soir, c’était d’ailleurs le cas au propre comme au figuré, car le lieu était suffocant tant il y avait de monde. Par contre une ambiance du tonnerre dans cette étuve, malgré un répertoire qui a rarement effleuré les années 2000, et des gens plutôt simples, sympathiques, souriants qui donnent envie d’y revenir. Il s’agissait de la dernière soirée avant une courte coupure saisonnière, ceci explique donc peut-être l’agitation de la foule et l’énergie festive qui s’en dégageait.

Petite nuit bien tranquille et agréable donc avec Amok, Flo, Henri et Norman. Et au Tango, nous avons aussi vu le petit Arthur !

Et toujours d’actualité dans le Marais, vous ne pouvez pas les manquer : c’est PLACARDE !!

Annonce !

Samedi 28 Juillet 2007

» J’avais déjà fait un lien vers les prouesses de WilliamSauron, mais Chadan mérite aussi son coup de projecteur avec ses Martine nouvelle génération. Et là, c’est Xeric qui m’éclate avec ses Lucky Luke, Tintin et (encore) Martine revisités. Hilarant !! (2)

Matage Outside Dans la peau d’Amok

Classé dans: Matage, Outside — @ 11:52:34

Amok est un garçon naturellement très speed. Il est toujours monté sur ressort, doté de piles Duracel comme les petits lapins roses de la pub qui ne s’arrêtent jamais. Alors quand j’ai vu l’écureuil de « Nos voisins les hommes », j’ai tout de suite pensé à lui. En tout cas, c’est vraiment l’impression qu’il donne de l’extérieur, et puis il est aussi mignon-chou mon petit Amok.

Par contre, on ne lui donne jamais de café, car ça « l’accélère » trop. Oh là, trop boostant pour lui la caféine, on ne le verrait plus bouger, et son débit vocal atteint des fréquences inaudibles pour l’homme. Mais il se trouve qu’en ce moment, il s’en vante en plus, il n’arrête pas de boire du café (je crois qu’il prend un peu ça pour des amphètes).

Eh bien je pense que c’est exactement comme ça qu’il doit voir la vie, comme la manière dont l’écureuil du film la voit lorsqu’on lui fait boire du café. ;-)


Vendredi 27 Juillet 2007

» Les videocasteurs font des émules, voilà maintenant meteor qui se lance… CNN style ! Un bien joli minois ma foi. :-) (1)

Matooyage Adieu veaux, vaches, cochons et pains suisses !

Classé dans: Matooyage — @ 22:28:18

C’était mon dernier jour de boulot. Derniers au revoir et salutations aux collègues que je connais et fréquente depuis sept ans, ce n’était pas une petite chose pour moi. Et me voilà tout dépourvu, je commence lundi dans mon nouveau job, mais là je me sens comme tout fragile et à découvert. Comme quoi la culture d’entreprise m’avait bien imprégné les neurones ! :mrgreen:

Mais bon, ce que je vais regretter aussi c’est mon petit plaisir du matin (non pas celui-là), je veux parler de mon petit pain suisse de ma boulange de la rue Chevreul. Ah là là là, régulièrement je passais prendre ma viennoiserie, et je ne résistais pas à l’appel du pain suisse, car cette boulangerie fabrique les meilleurs pains suisses de l’Univers Connu.

D’ailleurs je ne sais pas ce qu’ils ont de suisse (mais s’ils viennent de là, alors bénie soit la Suisse) ces pains, mais je les adore. Vous savez, ce sont ces viennoiseries en pâte feuilletée, avec de la crème pâtissière et des pépites de chocolat. Mamma mia, comment c’est trop bon, sa mère, sa race, j’en peux plus ! Comment vous dire… La pâte n’est jamais trop cuite, elle reste souple mais croustillante quand même, la crème pâtissière est légère, fondante et terriblement parfumée, et surtout les pains sont blindés de pépites de chocolat. Le mélange des trois ingrédients me donne tous les matins des érections mentales faramineuses. Et je crois même que j’éjacule spirituellement sur le chemin, tandis que je déchiquette barbarement mon pain.

Souvent les pains suisses sont mal faits, enfin pas comme j’aime. Ils sont recouverts d’une couche de sucre ou de sirop qui colle aux doigts, ou alors la crème est écoeurante, et il n’y a pas assez de chocolat. Mais là le dosage et la qualité des denrées sont simplement parfaits, et j’adore jusque la crème qui a cuit sur le côté et qui a capturé ses bouts de chocolats fondants. Même la taille des viennoiseries est excellente, ni trop gros, ni trop petit, le parfait en-cas avant une dure journée de labeur.

Comme je n’arrive pas toujours très tôt le matin (ou même le « matin » devrais-je écrire), et que je ne suis pas le seul à être accroc (d’ailleurs la boulangère me confiait qu’elle ne revenait pas de ce succès, « il faut en préparer de plus en plus »), certaines fois je débarque et je me retrouve bredouille. Je me pointe juste devant la vitrine aux pains suisses, et normalement elle me dit bonjour, et me tend directement ma dose matutinale. Mais parfois, je suis comme un con, avec ma tête déçue, et elle me dit alors « Ah désolé, trop tard, y’en a plus… ».

Je n’y croyais plus ce « matin », quand je me suis pointé à 10h45, j’avais prévenu ma boulangère que je passerais la voir mon dernier jour de taf pour la saluer. « Y’en a plus hein des pains suisses ? » demandé-je alors que la vitrine était désespérément vide. Et voilà que cette merveilleuse jeune femme sort un petit paquet qui était mis de côté et précautionneusement emballé : « Pour votre dernier jour, je ne pouvais pas vous faire ça. Alors je vous en ai mis un de côté. ».

Eh bien, vous savez quoi, ça m’a fait un plaisir dingue !! J’ai trouvé ça adorable au possible, et puis j’ai pu déguster mon dernier pain suisse.

Putain comment c’est bon les pains suisses de la boulange de la rue Chevreul !! (Ah merde, c’est pour ça que je suis devenu une grosse vache… Zut, j’avais pas fait le rapprochement, arf arf.)

PS : Voilà une recette trouvée sur un blog qui indique que ce sont aussi des « pliés au chocolat ». Apparemment, ce serait une très bonne recette. Je mandate tout de suite mon pâtissier-cuisinier officiel pour me faire goûter ça !!!! Allez Choooooondrouné steuplééééé ???

Jeudi 26 Juillet 2007

» Tolichou parle d’un bouquin qu’il vient de finir : “Avant les hommes” de Nina Bouraoui. Ce qu’il en dit et en cite me donne envie de le lire, mais encore plus le bout d’interview de l’auteure dans une émission de Guillaume Durand (à voir chez Toli aussi). (4)

Boukinage Alabama Song

Classé dans: Boukinage — @ 22:13:48

Voilà un roman de Gilles Leroy que vous ne pourrez découvrir que fin août, mais que moi, grand privilégié, je viens de terminer. Je raconte souvent que les romans de cet auteur ont une veine américaine peu commune, dans le style, les intrigues ou même certains dialogues, et là c’est encore plus le cas. Il faut dire qu’il s’agit aussi d’un roman au thème tout singulier, puisque l’héroïne en est Zelda Fitzgerald, la femme de l’écrivain Francis Scott Fitzgerald. C’est pourtant bien un roman, et pas une biographie (l’auteur s’en défend largement), qui explore la personnalité de cette femme hors du commun, et sa destinée tragique.

Le roman américain de Gilles Leroy déroge donc pas mal à ce que j’avais lu de lui avant, mais on y retrouve par contre son indéfectible plume, ses qualités littéraires qui me font toujours jubiler, et son grand talent pour pénétrer l’âme humaine, pour prendre la voix de Zelda, et nous exprimer ses sentiments avec une troublante authenticité. On sent que l’auteur s’est bien imprégné de son héroïne, et qu’il endosse ce rôle avec une passion communicative.

Nous suivons en peu de pages finalement (189) la vie de Zelda (1900-1948), de son adolescence et sa rencontre avec Scott, et leurs vies pleines d’excès, de fêtes, d’alcool, et de turpitudes. Zelda était aussi une artiste, notamment une auteure douée, mais aussi danseuse et peintre. Elle n’a jamais pu s’affirmer aux côtés de son écrivain de mari qui l’a étouffée, mise de côté, qui lui a volé ses écrits et l’a internée à plusieurs reprises. Zelda fut diagnostiquée schizophrène, et il est toujours difficile de juger ce genre de choses, surtout à une époque où le chef de famille était au-dessus de tout soupçon (et une « star » fortunée), et avec une personnalité aussi « artiste ». En tout cas, on comprend bien que la bohème a été pleinement vécue par le couple, dans le Paris des années 20 notamment (on évoque d’ailleurs Kiki de Montparnasse), qui a sombré dans l’alcool et les dettes.

Le roman a cette liberté de nous faire rentrer dans l’esprit de la jeune femme, tout en suivant de grandes lignes biographiques, et de mieux nous faire comprendre qui elle était. Cette fille de juge, une « Southern Belle » qui faisait tourner toutes les têtes, opte pour un jeune homme modeste mais à l’ambition ravageuse, il lui promet qu’il deviendra bientôt un grand écrivain. Et c’est bien ce qui arrive pour Scott Fitzgerald, même s’il ne connaîtra pas toujours le succès pour des œuvres, qui sont aujourd’hui considérées comme des chefs-d’œuvre.

Rapidement, le couple se déchire, et se trompe sans vergogne. Zelda vit son grand amour avec un aviateur français, tandis que Scott sombre un peu plus dans l’alcoolisme. Il la fera interner (à plusieurs reprises, toujours dans des institutions onéreuses), et ce n’est que le début d’une relation qui les consumera peu à peu. Gilles Leroy nous fait revivre avec énormément de réalisme, à la fois l’époque « Jazz » des années 20, mais surtout le ressenti de son personnage, son évolution psychologique, sentimentale et affective. On sent poindre ses déséquilibres mentaux, et on vit avec elle la passion amoureuse, comme la folie destructrice ou cet étrange amour (mais bien réel) qu’elle a pour son mari. Le livre est remarquable à cet égard, car il nous fait voir, écouter, sentir, et ressentir comme il a imaginé que Zelda avait pu le faire.

Finalement, ma petite déception vient de la brièveté du roman. J’aurais, encore une fois, voulu passer un peu plus de temps avec Zelda. Mais cette concision reflète aussi cette vie mangée par tous les bouts, et qui a été rongée par la passion. Le rythme syncopé des phrases, son alternance de chapitres qui racontent la vie Zelda chronologiquement ou de sa chambre d’hôpital (juste avant la fin) avec le recul des années, les récits comme les dialogues, distillent une musique aux relents de jazz et aux couleurs de l’Alabama.

A la toute fin, Gilles Leroy s’explique sur le pourquoi de ce choix… pourquoi Zelda. Et cette révélation est aussi un point capital du livre, on comprend mieux l’écriture et l’affect qu’il a lui-même insufflé en sa narration. C’est un très beau roman, captivant dans le fond, comme dans la forme.

Alabama Song - Gilles Leroy

Mercredi 25 Juillet 2007

Linkage Outside Changements de stations

Classé dans: Linkage, Outside — @ 23:23:26

D’habitude, je vais de Truc no-go à Plumons ces harengs, en passant par Thé lacté et Elfe danse. Mais là comme je vais bosser dès lundi prochain à Découpons le bandit glouton, il faudra certainement que je fasse Que publier et les Gaz du traître… ou encore Le chaumage inutile ou bien sinon L’allergique et compétent ?

Bref, comme d’habitude, il faudra expérimenter et ajuster… Mais aussi changer pour le plaisir et éviter les parcours fléchés. ;-)

Plus d’explications [Via Embruns].

Linkage Outside Cheerleaders for love

Classé dans: Linkage, Outside — @ 01:41:06

Ah là là là là, tout a commencé par le -Nico- (l’homme aux plus jolis yeux de l’univers dixit moi) qui rencontre l’homme de sa vie, son monsieur 25 sur 20 comme il le dit. Et voilà qu’il l’a laissé filer !!!! Ouuuuuuh !! (Enfin on a tous fait ça dix fois par jour en période d’ovulation… Arf.)

Mais les cheerleaders for love que sont Snooze et Chondre ne l’ont pas laissé dans ses rêves et fantasmes. Non car tout est possible !!! Et moi-même, en tant que grand supporter de l’amour, j’avais promu les initiatives du Henrisson ou de Floflo.

Eh bien, je persiste et signe !!! Hier soir, -Nico-, Chondre et Snooze sont allés coller leurs petites affichettes dans le marais (les oufs !!!), et qui sait… En tout cas, si mon petit post peut aider, aidons l’Amour.

:love:

Cheerleaders for love



Moulin Rouge - We can be lovers

Mardi 24 Juillet 2007

Boukinage Palimpseste (Mémoires de Gore Vidal)

Classé dans: Boukinage — @ 23:15:17

J’ai découvert Gore Vidal il y a quelques années, alors que je dévorais tous les romans qui avaient une histoire « homo », et « Le garçon près de la rivière » était un classique du genre. Je n’avais pas trouvé le bouquin transcendant, et un peu daté (il a été publié en 1948), mais c’est vrai qu’il avait le mérite d’être le premier roman américain à l’intrigue amoureuse homosexuelle clairement assumée. C’est vraiment dans « En direct du Golgotha » et avec « Myra Breckinridge et Myron» que j’ai accroché à cet auteur, et que j’ai un peu plus lu sur sa vie.

Ainsi lorsque j’ai vu qu’il avait publié ses mémoires, et comme je savais vaguement qu’il était auteur (romans, essais, ciné, télé, théâtre), engagé en politique, scénariste, acteur, et figure emblématique homosexuelle (contre son « gré »), j’ai tout de suite voulu lire ça. De plus, il est né en 1925, et il continue à écrire avec autant d’irrévérence, il a connu tout le gotha des années 50 et 60, mais reste un type complètement inconnu en France (du moins, je le crois… même si je ne suis pas du tout une bonne référence). Je me demande si c’est autant le cas aux US… (Edouaaaard ? D’ailleurs ce dernier est cité plus bas, car c’est aussi dans son blog que j’avais entendu parler du monsieur.)

J’ai vraiment beaucoup aimé ce bouquin, j’ai trouvé ses récits passionnants, et les pages ont été tournées sans m’en rendre compte (plus de 600 pages). Ce terme de « Palimpseste » vient du fait que Gore Vidal se donne une liberté totale dans ce qu’il écrit, ce n’est pas une autobiographie ou un travail de recherche, ce sont vraiment des mémoires, et dans son cas il se permet de mélanger les époques, de repasser sur des textes, et ainsi de supprimer, réécrire et remanier ce qu’il raconte. C’est à la fois la faiblesse et la qualité de l’ouvrage. En effet, malgré une progression relativement chronologique, si l’on cherche là des précisions biographiques ce n’est pas la peine, et clairement il s’agit de récits très orientés, avec un Gore Vidal qui se donne forcément le beau rôle (et certainement encore plus à mesure que le temps passe, et que ses souvenirs s’émoussent).

Mais moi j’ai adoré ça. J’ai adoré ce désordre des thèmes et des idées, car on a l’impression d’être assis dans un fauteuil en face de lui, et de l’écouter nous raconter les histoires d’avant, ses rencontres hallucinantes, et des anecdotes piquantes du passé (avec plein de « stars »). En outre, on le sent parfois un peu gonflé dans ses propos, et même en tant qu’un « livre dont il est le héros », je ne peux pas tout prendre comme argent comptant. Mais j’aime ça, car c’est un mec au charisme intellectuel ravageur (et certainement avec un de ces caractères de merde que j’affectionne tant), et bientôt seul témoin vivant d’une génération d’artistes qui me parait parfois antédiluvienne.

J’ai aussi évidemment appris des centaines de choses sur Gore Vidal, et son parcours en lui-même est déjà notable. Né en 1925 donc, ce mec est déjà le petit-fils d’un sénateur démocrate, Thomas Pryor Gore (Gore Vidal s’appelle en fait « Eugene Luther Gore Vidal », mais il n’a conservé que le début, donc seulement ses deux noms de famille), dont il était très proche. Il est donc né d’une bonne famille, et d’une mère bien hystérique apparemment. Cette dernière a épousé ensuite un certain Hugh D. Auchincloss (donc devenu le beau-père de Gore), qui lui-même fut ensuite le mari de la mère de Jackie Kennedy (Gore et Jackie partageaient donc un même beau-père).

J’ai recopié pas mal de passages du livre qui m’ont marqué, je vais continuer mon article en m’en servant de support (je laisse les citations dans l’ordre du livre).

Il y a ce côté « tabloïd » (des années 50 et 60 !!) du livre qui lui donne un côté un peu « j’étais l’ami des stars », mais on sent la grande distance avec laquelle il aborde cela, et surtout, on n’est souvent surpris par certains noms que l’on rencontre. Par exemple, le début de sa carrière est marquée par la rencontre et la « relation » (pas platonique apparemment, mais pas vraiment passionnée non plus) avec Anaïs Nin. Cette dernière, une française, est connue pour la publication de ses journaux intimes et ses multiples relations amoureuses avec des écrivains, mais je ne me serais jamais douté que Gore Vidal faisait partie du lot.

Gore Vidal est aujourd’hui connu pour être l’auteur de ce premier roman homo (« Un garçon près de la rivière ») juste après guerre, et cela en fait une sorte de fer de lance de l’émancipation gay. Mais on se rend compte dans ses mémoires, que ce n’est vraiment pas ce qui l’intéressait. C’est lorsqu’il cite cette rencontre avec Kinsey, un autre personnage que je ne pensais pas découvrir dans cet ouvrage (et qui me fascine incroyablement depuis le film éponyme), qu’il s’explique un peu plus sur sa manière d’être.

Le Dr Kinsey était intrigué par mon absence de culpabilité sexuelle. Je lui dis que c’était probablement une question de classe sociale. Autant que je sache, personne dans ma famille n’avait jamais éprouvé ce genre de culpabilité, qu’on retrouve chez les classes moyennes mais contre laquelle les gens de pouvoir paraissent immunisés. Nous faisions ce que bon nous semblait et n’en pensions rien de particulier. Kinsey m’a dit que je n’étais pas « homosexuel » – sans doute parce que je n’avais jamais sucé une queue ou que je ne m’étais jamais fait enculer. Malgré cela, je battais le record mondial de rencontres avec des jeunes inconnus, rivalisant ainsi avec le très actif Jack Kennedy et son besoin d’une fille différente chaque jour.

Dans tout le livre, Gore Vidal a des amants, mais on sent bien qu’il n’est pas non plus un activiste gay. Il explique que ce premier roman (écrit à 21 ans) est avant tout le récit sincère, mais romancé, de son histoire avec Jimmie Trimble, garçon qu’il évoque fréquemment et qui est mort à Iwo Jima. Cela reste une interrogation pour moi, car même s’il n’a pas spécialement publié le bouquin par militantisme, il savait bien ce qu’il risquait, et pour un garçon de cette classe sociale, c’est finalement assez curieux.

Heureusement – ou malheureusement ? –, en 1946, j’écrivais Un garçon près de la rivière, qui me fermerait, je le savais, toute possibilité de carrière politique ; mais rendrait également impossible une carrière littéraire conventionnelle, perspective douloureuse à l’époque, mais qui se révéla finalement heureuse.

Ainsi, l’écriture et la publication de ce roman marque un tournant décisif pour Gore Vidal. Il devient à la fois très connu (mondialement) et bat des records de vente d’ouvrages, et dans le même temps il est mis à l’index de la presse et des critiques pendant une bonne dizaine d’années. Du coup, il se met à écrire sous pseudonyme, à pisser de la copie pour des polars, des bluettes, ou des piges. Il se met aussi au théâtre, et à la télévision, et il a du succès. Cela lui fait rencontrer du monde, dans beaucoup de domaines artistiques ou du show-biz. Il se lie avec des gens qui le connaissent aussi pour « Un garçon près de la rivière », et il paraît déjà la coqueluche du « gay gotha » de l’époque. Il y a aussi cette relation très forte avec Tennessee Williams (l’Oiseau) qui se poursuit pendant une bonne partie du bouquin, et qui est très touchante. J’ai bien aimé cette anecdote avec Léonard Bernstein qui rend bien la crudité des échanges…

Lorsque Léonard Bernstein, âgé de soixante-neuf ans, vint séjourner chez nous à Ravello, je lui parlai de Harold. « Oh non ! Pas cette conversation ! Presque toutes les personnes que je connais – ou connaissais – aiment à dire que notre seul point commun est la distribution de Fancy Free.
– Eh bien, j’ai couché avec les deux tiers de ta distribution ;
– Et moi, répondit Lenny, compétiteur jusqu’à son dernier souffle, j’ai couché avec les trois tiers. Mais je dirais que le cul de Harold était l’une des sept merveilles du monde. »

Il part aussi en Europe (à la toute fin des années 40) pour un long périple, et là c’est une pléiade de rencontres avec des auteurs et artistes qui le connaissent pour ce premier roman, et veulent voir le fameux « Gore Vidal ». Il rencontre ainsi Gide, Cocteau et Jean Marais, à Paris, ou encore E.M. Forster à Londres. Et il évoque tout au long de son livre, son amant Howard. Et dans cette citation, on sent encore toute la singularité du personnage.

Aussi je pus, à vingt-cinq ans, m’installer avec Howard Austen, alors âgé de vingt et un ans. Nous nous étions rencontrés aux bains trucs d’Everard. Anonymement.
« Comment avez-vous fait pour rester ensemble pendant quarante-quatre ans ? » La réponse est : « Pas de sexe. » Cela ne satisfait personne, bien sûr ; mais comme dirait Henry James, c’est ainsi.

Gore Vidal fréquente aussi des auteurs de la « Beat Generation », surtout Jack Kerouac avec qui il a une aventure, mais aussi William S. Burroughs qui s’intéresse apparemment à lui (voilà l’extrait d’une lettre de Burroughs à Kerouac).

Il poursuit ainsi sa lettre adressée à Jack, toujours sur mes ambitions tragiques. « Un homme fait qui fait de la belle prose va s’évertuer à produire de la poésie atrocement mauvaise, et ainsi de suite. Gore Vidal est pédé ou non ? En voyant la photo de lui qui orne son dernier opus, j’aimerais bien faire sa connaissance. Toujours ravi de rencontrer un monsieur littéraire, et si l’homme de lettres est jeune et beau et éventuellement disponible, mon intérêt ne fait que croître, naturellement.

Dans les années 50, c’est Hollywood, le cinéma de l’Âge d’Or des studios et des grands producteurs. Gore Vidal décrit ces magnats du grand écran qui louaient alors les services de plusieurs réalisateurs (dont l’importance était plus que minime), et qui avaient des acteurs sous contrat qui étaient tenus de tourner pour eux. On suit là la carrière de l’auteur dans le monde du cinéma, il écrit des scénarii, et il joue même dans des films. Il se lie notamment à Paul Newman, et commence à évoquer tous les cancans qui se sont dits sur lui et d’autres.

Je dois souligner ici que pendant des années, j’ai lu et entendu des choses sur mon aventure amoureuse avec Paul Newman. Contrairement à Marlon Brando, que je connais à peine, Paul est mon ami depuis cinquante ans, preuve, à l’aune de ma psychologie, que rien ne pouvait jamais arriver entre lui et moi.

On sent aussi pendant tout le bouquin le recul de Vidal sur ce qu’il vit, et surtout sur l’univers du 7ème Art. Et toujours son trait acrimonieux et ironique sur son pays qui fait mouche, et met un peu de vitriol sur la bien-pensante nation américaine. On ne doute pas alors que la politique ne l’a jamais quitté, et qu’il reste un homme averti et fort de sa « conscience ». Il était considéré très tôt comme un cryptocommuniste aux vues de ses opinions, et en période de maccarthysme ce n’était pas anodin.

Mis à part le monde politique de Washington, je n’ai jamais connu de monde aussi obsédé par lui-même que Hollywood : le mariage entre le cinéma et la politique était donc inévitable. Les fiançailles avaient eu lieu au cours de la Première Guerre Mondiale, lorsque le président Wilson, jouant son propre rôle, était apparu dans un ou deux films patriotiques. Pendant ce temps là, son propagandiste attitré, Georges Creel, poussait Hollywood à sortir des produits patriotiques afin que tous les Américains (et surtout les problématiques Américains « à trait d’union », comme les Germano-américains) s’unissent dans la guerre contre le Hun mécréant, plus tard remplacé par le communiste russe athée, lui-même aujourd’hui remplacé par terroriste islamiste.

Au moment, où je me disais que ce bouquin était tout de même un effarant exercice de name-dropping (avec des tas de notes de bas de page pour comprendre le contexte de l’époque), il se trouve que l’auteur se fait la même remarque (ironique).

J’en arrive au point que je redoutais : des listes de noms jadis célèbres mais qui ne signifient dans l’ensemble plus rien aujourd’hui, et qui exigeront des notes interminables aux futurs historiens. Cela pourrait être amusant si j’avais quelque chose de vraiment fascinant à dire sur chacun de ces noms, ou si j’avais eu, comme tant d’autobiographes contemporains, des aventures amoureuses orageuses, des mariages ratés, des enfants autistes, des dépressions nerveuses, des overdoses, des thérapies, bref une vie littéraire banale. Mais je n’ai eu ni d’histoires d’amour ni mariages, et le propre d’une aventure sexuelle de passage est d’être oubliable. Je n’ai jamais fait de « dépression nerveuse », mais ai plutôt été victime d’un lent effondrement, et j’ai su éviter les psychanalystes, les nutritionnistes et les joueurs de bridge-contrat. Joanne Woodward et moi faillîmes nous marier, mais uniquement à sa demande, et à cause de sa passion, non pas pour moi, mais pour Paul Newman. Paul prenait en effet son temps pour divorcer de sa première épouse, et Joanne se disait, intelligemment, comme l’avenir le lui confirmerait, que l’éventualité de notre mariage lui donnerait le petit coup de pouce dont il avait besoin. Ce fut le cas.

On y trouve aussi de petites anecdotes sympathiques, comme celle de sa première rencontre avec Jack Nicholson.

Une version révisée de mon contrat fut envoyée à mon bureau. Je la signais et la remis au messager, un beau garçon, joli comme un cœur, comme on disait. Des années plus tard, Jack Nicholson me rappellerait notre première rencontre.

Le contrat en question marque aussi un des éléments pour lesquels Gore Vidal est assez connu. En effet, suite à cela, il va participer au scénario de « Ben-Hur », et selon ses dires, c’est lui qui a insufflé toute la composante cryptogay des personnages. Selon Gore Vidal, Messala et Ben-Hur avaient été amants adolescents, et ce dernier rejette le romain lorsqu’il revient lui faire des avances, alors qu’ils sont devenus adultes. Il ne fallait évidemment rien en dire à Charton Heston, tandis que Stephen Boyd était dans la confidence, et apparemment très amusé par le procédé.

Encore une citation qui égratigne les républicains, tout se tirant, une fois de plus, la couverture… Mais ce sont aussi pour ces petits mots là, que j’ai beaucoup aimé le ton de ses mémoires.

J’aime à dire que, sans moi, Ronald Reagan n’aurait jamais été président. Nous avions du mal à trouver quelqu’un pour jouer le rôle d’un homme politique proche d’Adlai Stevenson. La plupart des acteurs américains d’un certain âge démarrent leur carrière en jouant de bons petits gars du peuple, 100% américain, ce qui signifie que même avec l’âge, l’ironie et l’autodénigrement ne font pas partie de leur répertoire. Lorsque les agents de Reagan me parlèrent de lui pour le rôle de Russell, je leur dis que bien qu’il fût bon acteur, je ne pensais pas que le public l’accepterait comme politicien à la Stevenson. Dans les versions ultérieures de l’histoire, le complément « à la Stevenson » sera supprimé. En tout cas Melvin Douglas joua le rôle, gagna le prix ; et sa carrière en fut complètement relancée, alors que Reagan, recalé, désemparé, devint gouverneur de Californie.

La fin des mémoires (de ce bouquin, car il y a apparemment une suite, qui chronique plus précisément l’après « années 60 ») se focalise plus sur la carrière politique, plutôt avortée, de l’écrivain. Il a été, en effet, candidat démocrate et a été en relations proches avec les Kennedy (et notamment de Jackie), ainsi qu’Eleanor Roosevelt. Il évoque aussi les Clinton, et d’autres gens de gauche. Il ne me paraît pas faire dans l’auto-complaisance sur ce coup là, mais au contraire reste assez critique et frondeur.

Nous avions tous été soigneusement conditionnés pour croire que la vaillante et solitaire Amérique était cernée de tous les côtés par une Tyrannie monolithique : l’Union Soviétique. Nous savons aujourd’hui que celle-ci était faible et réactive, alors que nous étions puissants et provocateurs. Lorsque Jack hérita de cette guerre fantasmée contre le bloc communiste en général, et l’Union soviétique en particulier, il changea, l’insu de presque tout le monde, les règles du jeu. Il était sur le point de transformer la pseudo-guerre de Truman en une vraie guerre. Il allait se battre.

Bon, et il est bien vivant, donc il continue à écrire et à agir. Je devine qu’il ne doit pas plaire à tout le monde, et je vois bien en quoi il doit pouvoir devenir très énervant. Mais il n’en reste pas moins qu’il a eu une carrière assez hallucinante, et qu’il a écrit des romans à la verve assez inouïe, et à l’irrévérence d’un culotté encore aujourd’hui peu égalé. Je vous le conseille car c’est un voyage assez inattendu et fort agréable dans les années 40 et 50, qui nous en apprend (notamment) de belles dans l’univers culturel et artistique « gay » de l’époque.

Edouard en avait d’ailleurs parlé l’année dernière :

Je viens de terminer les mémoires de Gore Vidal, intitulées Palimpsest. Il peut être plutôt énervant, ce M. Vidal, tant il se présente comme le seul qui ait correctement prévu tel ou tel développement politique ou culturel (la mort du roman, la fin du théâtre) mais il est toutefois vrai qu’il offre, même dans cette biographie qui date de 1994, à l’époque où il vivait toujours en Italie, à Ravello. Il sait tourner des phrases («…before the great sullenness spread over the land » à propos de lettres envoyées à la mère par son fils, jeune militaire que Vidal a aimé — en toute probabilité son seul amour) et aussi sait en répéter de bonnes, comme celle-ci, attribuée à Staline, en réponse à Lady Astor, qui lui avait demandé « Maréchal Staline, quand est-ce que vous allez cesser de tuer les gens ? », « Lady Astor, the undesirable classes do not liquidate themselves. » (Il faut avouer que Staline n’avait pas tort, le bonhomme.)

Ce même Edouard, dont les personnages me sont devenus familiers avec les années (l’amie peintre, l’amie écrivain, l’amie galeriste etc.) évoquait justement l’amie écrivain à propos de Gore Vidal et de son second bouquin de mémoires (qui vient de sortir aux US j’ai l’impression) : « […] nous reprenons notre lecture des dernières mémoires de son ami Gore Vidal, ce qui l’agace souvent parce qu’il ne dit pas toute la vérité sur les sujets qu’il traite. Mais bon, nous révisons nos vies comme bon nous semble. »

Palimpseste (Mémoires de Gore Vidal)

» Ikare répond au videocast à la Monsieur Dream de Thanos (embrunisé pour l’occasion). Mouahahahah. Une superbe parodie qui met la barre haut en terme de name-dropping. Et puis bon, faut avouer… ils faisaient un beau couple ces deux là. Ah là là là. (Je sais je suis la vieille Tata Matoo. Arfff.) (8)

Lundi 23 Juillet 2007

» Tout, tout, tout, vous saurez tout sur la fin de la saga Harry Potter !! Chondre l’a lu, et il révèle tout ce qu’il sait (a compris…). Je sais que cette pratique peut troubler certains lecteurs et aficionados, mais bon vous n’êtes pas obligé d’aller lire. Merci Chondrounéééé ! (1)

Cinéphage La traversée du temps

Classé dans: Cinéphage — @ 19:46:05

Cet anime est une des bonnes surprises du moment en la matière. Non seulement son scénario est élaboré et intéressant, mais en plus le ton est assez léger et drôle, tout en progressant sur une intrigue prenante et rythmée.

Makoto est une jeune japonaise du genre espiègle et garçon-manqué, elle traîne toujours avec ses deux potes, Kusuke et Chiaki. Ce dernier est un adolescent taciturne, un peu mystérieux, arrivé dans des circonstances un peu troubles à l’école. Un jour Makoto tombe sur une sorte de noix dans une salle de classe, et alors elle se rend compte qu’elle a la faculté de faire des sauts dans le temps. Du coup, elle met cette aptitude à profit pour arriver moins en retard en cours, ou bien arranger les situations à son avantage. Seulement, ce n’est pas aussi simple, et elle réalise rapidement que les enchaînements de causes et conséquences sont très capricieux.

Cette œuvre est déjà une bien belle réalisation formelle, qui, même si elle n’est pas un chef-d’œuvre en la matière, nous offre une animation de qualité, avec des couleurs très claires et estivales. Mais c’est surtout dans son scénario qu’elle retient l’attention, et aussi, à mon avis, par son humour communicatif et très nippon. C’est bien la première fois que je vois un anime de ce genre qui reprend les codes des dessins-animés plus « bas de gamme », c’est-à-dire avec des grosses larmes qui jaillissent, ou bien des airs débiles et déformés, ou encore des attitudes complètement hystériques. Mais c’est assez discret et bien utilisé pour rendre le film vraiment marrant, sans le décrédibiliser.

Sinon pour le fond, j’ai trouvé qu’il y avait de « L’effet Papillon » et du « Un jour sans fin » (un film cultissime de 1993 avec Bill Murray)*. Donc on est bien dans les paradoxes temporels mais sans trop en faire non plus, disons qu’ils servent aussi une histoire et une intrigue plus dramatique. Et là justement, cette petite narration bien nippone sert ses principes sur la vie, l’amour et le temps qui passe. Rien de transcendant là-dedans, mais en tout cas c’est un film qui fait passer un moment très plaisant, et pas stupide du tout.

L’avis des copines : Sur l’Octuple Sentier.

*Aaaaaaaaaah ! J’hallucine l’Octuple Sentier a eu les mêmes références que moi, c’est de la Connexion Astrale ça !!!

La traversée du temps

Marc-Aurèle Livre 12 - XIII

Classé dans: Marc-Aurèle — @ 11:26:57

Combien est ridicule et étrange l’homme qui s’étonne de quoi que ce soit qui arrive en la vie !

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

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