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Panique à la Scala

Publié le Dimanche 9 Décembre 2007 - 23:56
Catégorie: Boukinage

Dino Buzzati pour moi c’est l’auteur du « K », ce recueil de nouvelles que beaucoup ont lu, comme moi, au collège. Mais il m’avait énormément plu, et je le relis régulièrement. J’ai toujours été très sensible à la plume et l’univers de cet auteur italien aux écrits singuliers.

Apparemment cette série de nouvelles est antérieure à celles du « K », mais on retrouve une telle homogénéité que les deux compilations pourraient tout à fait n’en faire qu’une. En effet, il s’agit bien de la même description courte de situations ou anecdotes où l’étrange et le bizarre flirtent avec l’anticipation, où Dino Buzzati saupoudre un humour ironique et grinçant, avec en filigrane des préoccupations politiques ou sociales très intéressantes. J’aime beaucoup ses récits qui nous plongent dans un cadre défini en quelques paragraphes, et puis qui ont l’air tout à fait « classique », jusqu’à ce qu’un élément se détache, et parvienne à faire sombrer toute raison. De nouvelles en nouvelles, en plus, on n’est pas dans un schéma prédéfini. Parfois, il va carrément dans la science-fiction et le fantastique, mais parfois il se contente d’une histoire tout à fait rationnelle dans laquelle il s’attaque à d’autres curiosités de l’esprit humain.

La nouvelle qui donne son nom au roman est notamment une très belle caricature de la politique italienne, et par extension de la nôtre aussi. On y voit des nantis et des bourgeois s’inquiéter d’une révolution et se cloîtrer à la Scala toute une nuit. La pression monte toute seule et l’imagination galopante suffit à faire faire la girouette à tous ces honnêtes gens bien démagos. Il y a aussi la seconde nouvelle qui m’a beaucoup touchée tant elle ressemble à bien des égards au « K », mais cette fois la bête est un dragon.

J’ai aussi accroché à cette très étrange peste automobile, une maladie contagieuse qui fait qu’on euthanasie de pauvres véhicules. Et là du coup c’est un registre purement fantastique. Tandis que dans « le mot prohibé », on y déguste le talent de l’écrivain qui accompagne son lecteur jusqu’au bout de son processus d’anticipation. La fin de la nouvelle est aussi doucement ironique que frileusement épatante…

Dino Buzzati n’est certainement pas connu comme un « grand » auteur, et en effet il peut se lire très facilement, mais cela n’en diminue aucunement les qualités et la portée. Il me fait toujours passer de très bons moments de lecture (avec le très célèbre « Désert des Tartares » notamment), et dans ses nouvelles il développe à chaque fois une idée qui fait mouche, quelque chose d’intelligent, futé et diablement inventif.

Panique à la Scala - Dino Buzzati

4 commentaires pour l'article Panique à la Scala

  1. Urobore a dit :

    Le 10 Décembre 2007 - 10 h 53 min

    Oh mais, si, si, Buzzati est un grand auteur. Au-delà du désert des tartares, je me souviens de deux nouvelles qui m’avaient particulièrement plu quand j’étais ado. Je n’en dirai aucun mot mais le suspens est excellent (avec à chaque fois la révélation finale particulièrement truculente) : “Adolphe” et “Le chien qui avait vu Dieu”. Je cherche notamment à relire la première : tu saurais pas dans quel recueil de nouvelles elle est éditée, par hasard, mon Matoo ? Dans “K” ?

  2. Matoo a dit :

    Le 10 Décembre 2007 - 11 h 18 min

    Urobore> Si si c’est évidemment dans le K, une nouvelle en effet qui m’avait fait beaucoup d’effet !!! Mais le nom exact est plutôt “Pauvre petit garçon” ou un truc comme ça… :book:

  3. Urobore a dit :

    Le 13 Décembre 2007 - 3 h 55 min

    Ah ! Voilà pourquoi je n’arrivais pas à retrouver une trace de cette nouvelle : je n’avais pas le bon titre… Bon, ben, merci, je sais quoi acheter pour mon prochain voyage SNCF… :cool:

  4. bernard Alapetite a dit :

    Le 17 Décembre 2007 - 7 h 28 min

    Tu te trompes il est considéré à juste titre comme un très grand auteur, surtout en Italie bien sûr, mais aussi aux USA, mais il est inexplicablement un peu oubliè en France quand j’étais gamin (il y a très longtemps) l’adaptation à la télévision d’une de ses histoire où il y avait un hotel-hopital (le purgatoire?) où les malades-clients disparaissaient un à un m’avait beaucoup marqué …

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