MatooBlog
Pectus est quod disertos facit

Mercredi 27 Février 2008

Citage Le bonheur est un état imaginaire

Classé dans: Citage — @ 23:11:30

[…] Thomas Szasz : “Le bonheur est un état imaginaire, que souvent, jadis, les vivants attribuaient aux morts, et qu’aujourd’hui les adultes attribuent aux enfants, et les enfants aux adultes.”

Citation extraite du roman : “Ambiguïtés” d’Elliot Perlman. Page 831.

Mardi 26 Février 2008

Matooyage Brrrr

Classé dans: Matooyage — @ 23:43:04

Je suis tombé sur cette image “anodine” du troisième épisode de la seconde saison de Heroes, et ça m’a quand même interloqué quelques secondes.

Heroes - S02EP03

Meeerde, il est de 1976 comme moi ce con !!! Oh là là, les mecs de 76 commencent à clamser dans les séries, et en plus ils sont maris, pères et héros !!! Putain comment ça fout la pression ça !!!

Vite, il faut que je découvre mes super pouvoirs, et que je fasse un truc constructif de ma vie qui file plus vite que la lumière (nan je sais, c’est pas possible, parce qu’il me faudrait une masse infinie, et que je vais me mettre au régime… si si).

Mari… Bon bah ça, ça va à peu près, pour le moment je suis bien dans mon slip avec chérichou. Mais bon, du coup il va falloir officialiser ça. Donc il faut que je me lance en politique pour faire avancer le pédémariage !! Parce que si l’on attend que ça arrive tout seul, on aura épuisé tout le stock de mecs nés en 1976, aussi centenaires vivent-ils ! Alors entre l’entrepreunariat et mes visées idéologiques, je sens que je vais aller loin.

Père… Ah oui y’a ça aussi… Hummm oui. Oncle c’est pas possible ? Parce que ça m’arrange j’ai un frangin qui est hétérosexuel et qui possède un appareil reproducteur en bon état. Sinon bah ok, au volet politique du pédémariage, il faut y ajouter la pédéadoption. Allez hop !! Oh et puis soyons folles, je pourrais aussi faire un gamin à une nana ?

Nan, finalement l’adoption c’est ce qu’il me faut !!! :gene:

Héros ? Ah… Nan mais bon vous savez c’est une série hein ? Et puis ce sont vraiment des héros, le mec là par exemple il pouvait passer à travers les murs. Héros du marketing ? Arf arf, non pas vraiment. Héros de ma môman ? Oui oui certainement. :mrgreen: Ou alors je biffe cette mention carrément inutile, laissons tomber l’héroïsme.

C’est affreux de réaliser post après post comme on est en train de vivre sa crise de la trentaine. Je vous assure que même pour un fanatique de l’autoanalyse et de l’autodérision comme moi, c’est limite angoissant. Heureusement, je ris encore de moi. Huhuhu.

Bon et puis, ça va s’arranger hein ?

Mais oui mon biquet, tu es le plus beau et le plus intelligent. C’est normal, tu es mon fils.
Maman, la semaine dernière.

Lundi 25 Février 2008

Outside Je lis dans les lignes de mon Firefox…

Classé dans: Outside — @ 23:12:18

C’est tout bête, vous tapez une lettre et vous regardez le site qui sort en premier… [Via GuiMchou]

A
http://www.allocine.fr/seance/salle_gen_csalle=C0159.html
C’est le lien vers la programmation de l’UGC des Halles… Rien de surprenant jusque là, c’est mon ciné de prédilection, et je consulte assez souvent les sorties de ce côté là.

B
http://blog.matoo.net/
Vanitas vanitatum, omnia vanitas. Arf arf, bah oui je vais régulièrement sur ce blog. Dingueuuuuh ! :mrgreen:

C
http://www.colin-ducasse.net/
Tiens, tiens, un petit nouveau du blog que je fréquente pas mal. C’est mignon comme prénom en plus “Colin”, et mon petit doigt me dit que j’ai un tas d’accointances avec ce bonhomme.

D
http://www.discreet.com/
Ah bah c’est marrant ça alors, et finalement une indication sur une partie de moi que pas grand monde ne connaît ici.

E
http://www.epektasis.fr/
Un blog que je lis depuis longtemps, et longtemps encore je le lirai.

F
http://www.facebook.com/home.php?
Sa mère, sa race, encore lui !!!! Mais c’est pas vrai !!

G
http://www.google.com/reader/view/
Oui bon ça va hein, j’ai que 532 fils dans mon agrégateur, ça pourrait être pire !! Et en effet, il est souvent consulté.

H
http://histrion.agapi.free.fr/index.php?2008/02/19/132-cest-shoah-lelysee
Tiens c’est marrant ça de retrouver Agapi ici-même… Je l’adore Agapi, avec BPTP ce sont, à mon avis, parmi les plus désopilants du web.

I
http://imdb.com/
Ouai j’aime bien le ciné, je vous l’avais pas dit ?

J
http://journal.gayattitude.com/-diabolito-
Oooh lui, il vient de célébrer ses 5 ans de blog d’ailleurs ! Et je crois que je le lis depuis le tout début. Comme quoi la plateforme GA n’est pas dénuée de talents et peut être durable.

K
http://www.kapsteur.com/
Voilà le seul et unique lien qui commence par un K, et je ne sais même pas comment j’ai atterri là… Je n’ai pas le moindre souvenir d’avoir mis les pieds sur ce blog, je suppose que j’ai cliqué ici ou là. Cela vient certainement du côté de la New Batch (ouai je les appelle comme ça en hommage aux Gremlins 2), chez Gonzague ou Cyprien.

L
http://leblogdepolypheme.blogspot.com/
Hé héééé, un petit nouveau dans mon agrégateur depuis quelques temps. J’ai trouvé assez étrange qu’on puisse choisir comme pseudo le nom d’un cyclope borgne !! :mrgreen:

M
http://ma-queue.com/index.php
Aheum… Nan nan nan nan, c’est pôpossible !!!! Mais qu’est-ce que ce site fait là ??? Je vous juuuure, madame, que jamais j’y suis allé !!!! (Ah ne jurez pas Marie-Thérèse !!!) Cela reste un grand mystère qu’il faudra un jour élucider (ainsi que mon honnêteté à mettre tous les sites que je trouve vraiment en tapant ces lettres, huhuhu).

N
http://www.netvibes.com/
Ah bah voilà, c’est très bien ça, c’est classique, nickel, on s’y attend et ça fait de moi un être à la page, sensible, technophile et vertueux. J’aime. Alors qu’on oublie la lettre précédente qui n’est qu’un odieux complot des sarkozystes contre mon blog. Homophobiiiiiiiiiie !

O
http://www.orpheusonline.com/blog/
Il est revenuuuuu ! Et donc il retrouve sa place dans mon butineur… Chic chic chic.

P
http://prenomjulien.canalblog.com/
Ce garçon tient un blog qui est, en mon humble opinion, une des plus belles pépites en matière de critique ciné. J’aime beaucoup !

Q
http://querelle.canalblog.com/
Tiens Querelle… Voilà le blog d’un mec que je croise et recroise depuis des années sur les chats ou même dans les rues, mais que je ne connais pas. J’aime bien ce qu’il écrit… Il y a quelque-chose…

R
http://www.rfi.fr/actufr/articles/098/article_62956.asp
Ah oui figurez-vous que j’aime bien écouter ou lire RFI pour avoir quelques news de l’étranger. C’est une habitude que j’ai prise il y a une bonne dizaine d’années, et dont je ne démords pas (comme j’aime lire “Courrier International” pour prendre des nouvelles de la France).

S
http://www.sqliagency.com/blogs/emarketinggarden/
Nan mais je lis vraiment n’importe quoi moi. A croire que je bosse dans le web… ;-)

T
http://twitter.com/
J’avoue, j’adore twitter. Cet espèce de chat asynchrone inutile est vraiment très plaisant, et étrangement ne me rend pas complètement accroc. Je suis assidûment ou pas du tout, je flâne, je follow… à la cool.

U
http://us.f451.mail.yahoo.com/ym/ShowFolder?YY=etc etc etc.
Bref, une url qui indique que je vais couramment dans ma boite Yahoo! dont j’ai récemment parlée.

V
http://viault.info/blog/index.php?2008/02/24/256-bonjour-censure
Un post de Monsieur Viault que je suis aussi depuis quelques temps. :ok:

W
http://web4mat.free.fr/
Mon cher petit espace free, que j’ai depuis Mathusalem et qui me sert à héberger des trucs d’ici (vidéos, musiques…). Tous mes index sont faits à partir de ce petit bout de html que j’ai découvert en même temps que l’internet et pour lequel je voue une grande passion. Aaaah perdu.com c’est trop de la balle !!

X
Rien de rien… Que dalle ! Dingue…

Y
http://yahoo.fr/
Il faut avouer qu’il n’y a pas grand-chose non plus qui commence par y (après c’est que du youtube…).

Z
http://zizanien.skyrock.com/
Mein gott, oui oui je dois l’avouer. JE LIS UN SKYBLOG !!!! ;-)

» Matorif nous rapporte cette choquante nouvelle !! Paris Hilton nous pique nos acteurs de porno gay !!! La saloooooope, la saloooooopeuuuuuh ! (Sacrée Paris, elle est fantastique !!! :mrgreen: ) (4)

Dimanche 24 Février 2008

Matooyage La Clopa3taffes®

Classé dans: Matooyage — @ 23:44:27

J’ai remarqué ça chez mon chérichou, et je me suis dit qu’il y avait beaucoup de potentiel dans cette trouvaille. Avec l’interdiction de fumer dans les bars et restos, les accrocs à la nicotine, tel mon cher et tendre, fument certainement un peu moins, ou alors différemment. Loin de moi l’idée de lui instiller une quelconque envie d’arrêter, bien au contraire. Il ne serait plus aussi sexy et irrésistible s’il ne fumait pas selon moi.

Eh oui, c’est une de mes bizzareries supplémentaires, j’aime mes amis et mecs junkies, défoncés et fumeurs de tout ce qui se fume, tandis que je reste toujours aussi sobre. Et pire que ça, j’adore l’haleine de tabac de mon chéri, rien ne vaut un bisou d’amour alors qu’il est en train de fumer. Mouahahah. :mrgreen: Oui je sais, je suis un freak.

Donc je lui interdis d’arrêter de fumer, sous peine de le trouver moins affriolant !!!

Mais avec cette interdiction, qui est une super bonne chose dans les restos, bars et boites, je l’admets complètement (c’est une réelle bénédiction pour les non-fumeurs), j’ai remarqué un étrange comportement qui me paraît mettre en exergue un nouveau besoin du marché. Lorsqu’on sort de chez moi pour aller quelque part, ou bien lorsqu’on sort d’un resto ou d’un bar et qu’on marche 5 minutes pour trouver une bouche de métro, il allume une clope. Je trouve toujours ça dingue, car il tire dessus comme un malade pour la jeter à moitié consumée. Quel gâchis, et puis en plus je sens sa frustration, et il ne veut pas non plus nous retarder ou mettre encore plus en avant son assuétude tabagique.

En repensant à ces quelques taffes isolées, que je me suis dit qu’il avait simplement besoin de clopes avec moins de tabac, des cigarettes adaptées à ce nouveau comportement urbain. Et en grand markéteur que je suis, je propose d’inventer : La Clopa3Taffes® !!!

Derrière ce subtil nom de code se cache une cigarette à la dimension adaptée à cet usage identifié, tout en conservant ses capacités létales si bien reconnues :

La Clopa3taffes®

Alors, c’est pas une idée géniale ça ?? Il s’agit comme son nom l’indique d’une cigarette qui se fume en trois revigorantes bouffées. Comme ça, si vous n’avez que trois minutes entre deux endroits non-fumeurs, ou bien entre deux réunions, lors de la courte pause pendant les examens etc. Bref, plus de gâchis, et même pour ceux qui s’arrêtent et qui se laissent tenter par une taffe, eh bien ils seront automatiquement limités à trois, pas une de plus.

Il faudra aussi créer des petits paquets adaptés tout mignons, et pratiques !!!

Le paquet de Clopa3taffes®

Bon, il faut que je dépose le nom, et que je me lance dans ce tout nouveau marché porteur et bien juteux. ;-)

Samedi 23 Février 2008

Exposage Vlaminck - Un instinct fauve

Classé dans: Exposage — Tags: , @ 19:45:44

Les expositions du Musée du Luxembourg, au Sénat, sont toujours exceptionnelles pour la qualité des oeuvres, et catastrophiques dans leur pédagogie « gratuite ». Celle-ci ne dépare pas donc, puisque pour 11 euros vous avez accès à ces merveilleuses toiles de Vlaminck, qui couvrent une période de 1900 à 1915. Et pour comprendre de quoi il en retourne, il faut absolument un audioguide qui coûte 4,50 euros de plus, sinon vous n’aurez que les noms des oeuvres, et rien de plus. Il est HONTEUX de ne pas proposer au moins quelques commentaires écrits, qui existent déjà de toute façon (il y a bien un commissaire d’expo qui a pondu une scénographie…), plutôt que de forcer les gens à chausser des écouteurs avec des hideux protèges oreilles genre charlottes bleu-hôpital !

En plus, je vais souvent voir des expos avec des amis, et je trouve que l’on perd tout contact, convivialité et échange, si l’on doit suivre l’audioguide. Les commentaires affichés donnent la liberté de parcourir les explications, de s’y attarder quand on est intéressé, ou bien de flâner à sa guide. A BAS LES AUDIOGUIDES OBLIGATOIRES !!!! La culture c’est pour tout le monde merde ! Les musées servent aussi à répandre le savoir, à le vulgariser pour tout un chacun, à faire de la pédagogie…

Bref ! L’exposition est fantastique, et j’aimais déjà Vlaminck, mais je l’aime encore plus après avoir vu en réalité ses toiles. D’autant plus que Vlaminck est aussi un gars de 76, de 1876 !!! Mais plus sérieusement, comme ce peintre a mené une véritable révolution dans la peinture moderne du début du siècle dernier, et une révolution fondée sur son utilisation des couleurs et des textures, il est extraordinaire de se prendre en pleine gueule cette sensationnelle expression.

Il est bien connu pour ses peintures fauves, et c’est bien ce que je révère dans son oeuvre, en plus de ses gros traits épais, autant dans la largeur de son pinceau que dans l’épaisseur de ses couches de peinture. Ce qui est dingue c’est que les scènes qu’il dépeint restent assez classiques et banales en apparences, souvent des paysages de Chatou, du Pecq et de bords de Seine. Mais tout en réexprimant ce qu’il voit avec ses tripes, et en nous gratifiant de ses rouges, oranges, jaunes surhumains, il garde un trait précis et fort figuratif. On reconnaît donc toujours les personnes, les plantes, les animaux, les bâtiments, les bateaux, et Vlaminck reste un peintre de la nature. Mais il transfigure tout avec cette palette d’extraterrestre qui rend les choses si belles, choquantes, extravagantes, passionnées, gonflées ! Et on remarque ses coups de pinceaux saccadés qui maltraitent la toile, et dont les mouvements dans la peinture ont été capturés à jamais. Quelles émotions, quelle fougue et quelle beauté !

J’ai donc pris un plaisir fou à voir toutes ces toiles du début jusque 1910 en gros. C’est la période qui me fascine complètement, ce fauvisme échevelé et ces recherches formelles continuelles pour dépasser l’impressionnisme et déjà ne plus être dans le beau, mais tenter de capturer le vrai. Et ce « vrai » du peintre, ça peut être de la vulgarité, une lumière qui aveugle, un mouvement qui donne le mal de mer ou bien une laideur qui effraie.

Il est vraiment flagrant de voir des similarités de style ou de traitement avec des artistes contemporains, et selon les toiles et les années, on retrouve du Picasso, du Braque, du Delaunay, du Cézanne dans les oeuvres de Vlaminck. Il cherche sans arrêt à se renouveler, à trouver sa voie et son expression. Je dois avouer que le moment où il quitte le fauvisme marque le début de mon désintérêt pour le peintre. C’est ainsi qu’à partir de 1910, il peint un tas de paysages qui ne attirent absolument pas, et qui ne me « parlent » pas. Il y a même certains éléments que je pourrais sans hésiter appeler des croûtes tant je trouve ça moche et fadasse. Des paysages verdâtres dans un style pas vraiment réaliste mais très figuratif, sans émotion, sans « décalage » et sans intérêt pour moi.

Je retiens donc vraiment toute cette première partie qui est un festival de sentiments « hauts en couleur » qui vaut le détour. L’exposition n’est pas très grande, comme toujours au Sénat, où le lieu lui-même n’est pas énorme, mais encore une fois la qualité des oeuvres est tout à fait notable, et elles sont très bien présentées.

Vlaminck - Un instinct fauve - Musée du Luxembourg

Jeudi 21 Février 2008

ThéâtrOpérage « Le Mariage de Figaro ou la Folle Journée » à la Comédie Française

Classé dans: ThéâtrOpérage — Tags: , @ 23:26:22

Cette pièce m’a définitivement convaincu qu’il fallait que je me mette à sérieusement fréquenter la Comédie Française. Quelle pièce ! Quel jeu, quelle mise en scène, et les costumes, et ces phrases que l’on connaît si bien, et qui, surtout, sonnent encore tellement justes… Ah ce Beaumarchais, quel auteur !

Vraiment je ne me doutais pas que j’aimerais tant cette pièce aujourd’hui. Je l’avais lue au collège je pense, et je n’avais clairement pas la maturité suffisante pour en saisir l’intelligence, la finesse, et tout ce qui en fait encore aujourd’hui un monstre d’originalité, d’irrévérence, de drôlerie et même de libertinage. Dire que le texte date de 1778, n’a été joué la première fois qu’en 1784 tant les censeurs étaient derrière son dos, et en définitive il s’agît toujours à mon avis d’un extraordinaire brûlot sur la politique, les politicards et les aristos. Le tout est en plus servi avec un superbe langage du 18ème, et un humour qui varie de l’aphorisme de haut-vol jusqu’au calembour vulgaire, incroyable !

Et la Comédie Française nous présente là dans son plus bel écrin, cette pièce revue par Christophe Rauck qui a eu le talent de livrer une version à la fois moderne et totalement conforme à la tradition, et ce qu’on attend d’une pièce classique au Français. Il prend des libertés avec la mise en scène, mais suit avec une grande rigueur la narration, les costumes et décors sont parfois fantaisistes et anachroniques mais des touches incessantes d’époque viennent nous recaler dans l’histoire et son contexte (et avec des moyens qu’envient certainement tous les théâtreux), les comédiens et comédiennes réussissent à rendre ces répliques immortelles, comme si elles pouvaient avoir été écrites hier. Brillant, brillant !

D’ailleurs, les trois heures de représentation, qui me faisaient un peu peur, sont passées inaperçues tant j’ai été emballé par le spectacle. C’est pourtant vrai que cette vision un peu « vaudevillesque » de la pièce a du dérouter, mais je pense au contraire que cela lui donne un peu plus de peps, et exploite son énergie originelle dans le bon sens. Ce qui sauve les choses, et même rend l’oeuvre si brillamment interprétée, c’est encore une fois le texte et l’histoire qui descendent en flèche les privilèges des nobles, leurs petitesses et l’injustice sociale qui imprègne ces régimes iniques (dont la condition des femmes qui est aussi dénoncée).

L’intrigue se passe quelques années après le « Barbier de Séville », et on retrouve Figaro, le célèbre valet du comte Almaviva. Rosine est devenue comtesse, et c’est Suzanne, la camériste de la comtesse, que Figaro doit épouser. Seulement le comte, qui est toujours aussi coureur, est à la fois jaloux comme tout et aimerait bien user de son droit de cuissage avec Suzanne. Ajoutez à cela une vieille femme qui avait fait promettre à Figaro de l’épouser, un jeune Chérubin qui veut faire l’amour à tout ce qui porte une robe, et maintes péripéties pour empêcher le comte d’arriver à ses fins. Heureusement Figaro a toujours de bonnes ressources, il est malin et n’a pas sa langue dans sa poche !

Ce qui était notable durant cette pièce, et vraiment très agréable, c’est que les gens riaient énormément et franchement. Il y a tellement de scènes burlesques qui prêtent sérieusement à se gausser, et elles sont rendues avec un comique décomplexé qui faisait plaisir à voir. Et puis tous ces bons mots qui se succèdent, et qui ne peuvent qu’avoir des échos avec notre actualité. Notamment la fameuse :

Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur.

Pourvu que je ne parle ni de l’autorité, ni de la politique, ni de la morale, ni des gens en place, ni de l’opéra, ni des autres spectacles, je puis tout imprimer librement, sous la direction, néanmoins, de deux ou trois censeurs.

Dans une pièce soumise à la censure, c’est merveilleux ! Et encore ces petites remarques sur les privilèges des nobles :

Parce que vous êtes un grand Seigneur, vous vous croyez un grand génie !… Noblesse, fortune, un rang, des places : tout cela rend si fier ! Qu’avez-vous fait pour tant de biens ! Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus…

Ou encore de la politique :

Feindre d’ignorer ce qu’on sait, de savoir tout ce que l’on ignore… voilà toute la politique.

Mais aussi de l’amour :

En fait d’amour, vois-tu, trop n’est pas même assez.

Ou bien du plaisir et de l’épicurisme :

Ambitieux par vanité, laborieux par nécessité, mais paresseux… Avec délices !

Boire sans soif et faire l’amour en tout temps, il n’y a que ça qui nous distingue des autres bêtes.

Tout finit par des chansons.

Ou encore de ces petites phrases qu’on voudrait parfois ne pas oublier pour certaines conversations…

Dans le vaste champ de l’intrigue, il faut savoir tout cultiver, jusqu’à la vanité d’un sot.

Ce qui multiplie les libelles est la faiblesse de les craindre ; ce qui fait vendre les sottises est la sottise de les défendre.

Ne pouvant avilir l’esprit, on se venge en le maltraitant.

Prouver que j’ai raison serait accorder que je puis avoir tort.

Je me dois de rendre un hommage appuyé aux comédiens et comédiennes qui m’ont impressionné de leurs talents. Michel Vuillermoz, qui est connu au cinéma, était un incroyable comte, et Laurent Stocker un fabuleux Figaro. Mais je me dois surtout d’affirmer mon admiration sans faille et sans borne à Elsa Lepoivre qui interprétait la comtesse. Elle m’a bluffé ! Déjà je l’avais adoré en Infante dans le Cid, mais là encore dans un rôle plutôt secondaire, elle était aussi au-dessus du lot, et je n’ai eu d’yeux que pour elle ! Un clin d’oeil final à Dominique Compagnon qui joue l’huissier, ce dernier est un comédien bien connu des vieux films, et qui déploie là un humour irrésistible.

« Le Mariage de Figaro ou la Folle Journée » à la Comédie Française

Mardi 19 Février 2008

» Attention, humour noir et décapant, mais c’est du Agapi tout craché. Elle illustre à sa manière cette fameuse décision présidentielle sur le devoir de mémoire… (7)

Matooyage Mon premier email a 10 ans

Classé dans: Matooyage — @ 19:52:50

Yahoo!Mail a été lancé le 8 octobre 1997, mais c’est quelques mois plus tard, le 19 février 1998, que je me suis inscrit à ce webmail gratuit. Yahoo! était déjà ma grande référence « web » et l’incontournable moteur de recherche de l’époque. J’ai eu mon premier email (c’était une suite étrange de lettres et de chiffres) en 1996 à Newcastle lorsque j’y étais étudiant, mais je n’y avais pas beaucoup vu d’intérêt : je ne connaissais personne qui en avait un !!!! J’avais aussi un peu surfé sur internet, mais idem il n’y avait pas vraiment un choix pléthorique de sites web à l’époque.

Mais c’est vrai que dès la rentrée 1997, je suis entré dans une boite de logiciels pour qui l’internet était déjà stratégique, et j’ai donc eu la chance de tomber dedans tout petit (enfin au début du boum quoi !). Et tout naturellement, j’ai commencé à surfer à cette même époque qui voyait déjà quelques sites de qualité poindre. Il y avait d’ailleurs dès 1996 l’excellentissime « Ooups » qu’animait déjà XIII, et puis ICQ (40928925 hu hu hu) notamment qui fut mon premier client de chat. Du coup j’ai rapidement saisi l’avantage d’adopter un webmail plutôt qu’un client logiciel, n’était-ce que pour avoir accès à ma boite chez moi et au boulot. L’offre Yahoo!Mail était un peu le must de l’époque, et je commençais à avoir quelques contacts qui rendaient son usage assez pratique (notamment des potes à l’étranger).

Evidemment le mail est vite devenu indispensable, et j’ai été un gros gros utilisateur de tous les services Yahoo! pendant des années. Du coup, c’est fou de constater aujourd’hui comme la marque est à la fois intimement liée à l’essor du web, mais aussi un peu has been. Google est passé par là, et a indéniablement raflé la mise, en tout cas pour ce qui concerne les recherches sur internet. Par contre, en termes d’outils annexes, je crois que Yahoo! bénéficie encore d’une sacrée base installée. Mais il est dingue de constater la vitesse avec laquelle les habitudes peuvent changer. Je vois des gens qui utilisent maintenant Facebook pour s’échanger des mails plutôt que de passer par leur boite email, et la confusion est de plus en plus grande à mesure que le service se répand. Jamais je n’aurais senti un truc pareil…

J’utilise encore quotidiennement cette boite Yahoo!, même si mon adresse gmail (qui gère aussi mon compte ‘matoo’) et les services Google associés sont devenus des outils essentiels à ma petite vie d’internaute. Du coup le mail Yahoo! me sert plutôt pour m’inscrire à des sites, ou pour donner comme mail “à spammer”. :mrgreen: Mais je le “check” plusieurs fois par jour compulsivement, comme tout ce que je fais sur le net. Huhu. Et pourtant j’en ai eu des comptes mails avec caramail (découvert en 1998 aussi, en même temps que certains blogueurs), freesurf, free, m6net, Ooups (eh ouaiiii), etc. Mais au final, je suis resté assez fidèle.

Et pourtant avec un pseudo pareil… Ahhh ce pseudo chelou de “mat_ofthenite”, qu’est-ce qu’il m’en a valu des questions. J’ai expliqué dans un vieux post son origine, eeeeeh oui encore le fameux Thomas. C’est lui qui, il y a 11 ans maintenant, me surnommait son “Mat of the night” parce qu’on ne se voyait que les nuits (inutile d’épiloguer…). Et j’avais voulu faire un mail de ce pseudo, mais contre toute attente il était déjà pris !!! Donc j’ai utilisé une forme un peu plus américaine et cool. Et c’est devenu mon pseudo sur ICQ, caramail, yarps etc. [Voir un autre vieux post de 2004 où je parle de mon internet “gay”.]

Par contre, ça n’a pas manqué, et les gens, lorsque je les rencontrais en réalité, finissaient par me demander mais ça vient d’où “mat of ténite”, c’est parce que tu aimes le thé ? Aheum… Et lorsque Yarps a fermé, et que tous les yarpsiens se sont réfugiés chez Gayvox (toute une aventure de l’internet gay, je ne vous dis pas…) en 2001, j’ai constaté avec stupéfaction que le système n’acceptait pas les _ (underscore) dans les pseudos. Meeerde ! J’ai réfléchis un peu, et puis comme Diego m’appelait tout le temps “matou” (rapport à mon prénom et à mon chat évidemment), ça s’est naturellement imposé. Et pour lui donner un côté un peu plus web, j’ai choisi “Matoo”. J’ai d’ailleurs en même temps acheté le nom de domaine, ce qui est une lubie un peu curieuse car je n’en ai rien fait pendant deux ans.

Evidemment je ne tiens pas spécialement le compte de ces anniversaires, mais il se trouve que Yahoo! publie dans ses “profiles” l’information !

Mon profil Yahoo!

Les stockages de l’époque ne permettaient pas de conserver les emails, donc je n’ai pas gardé mon premier email sous format électronique, mais sous format papier !! Eh oui, à l’époque ça me paraissaît dingue que l’écrit se perde comme cela dans les limbes, et comme les emails étaient aussi importants que des lettres manuscrites à mes yeux, j’avais pris l’habitude de les imprimer et de les conserver. Hu hu hu. C’est aussi comme ça que j’ai conservé ce premier mail de William aka ewns (je suis certain que quelques uns de mes lecteurs le connaissent) durant l’été 1998.

Mais ceci est une autre histoire. ;-)

Lundi 18 Février 2008

» Coco du Bois-Joli nous gratifie d’un nouvel (excellent) article “le top de…” ! Cette fois, il liste des arguments “pour” et “contre” l’adoption par les homos. Hu hu hu. (2)

Cinéphage Cloverfield

Classé dans: Cinéphage — Tags: @ 01:23:09

Je n’allais pas forcément voir le film avec un très bon a priori, mais force est de constater que j’ai beaucoup aimé !! Vraiment, j’ai accroché avec le scénario, la manière de filmer, les personnages et les effets spéciaux. Le film n’essaie pas de trop nous en raconter, et évite certainement comme cela les écueils, même si ça reste une oeuvre bien américaine dans le traitement du récit (mais ce n’est pas non plus choquant, c’est juste « américain », hu hu).

Le film est en réalité une bande vidéo qu’on a retrouvée après qu’un drame se soit déroulé à Manhattan. Il s’agit d’une cassette qui avait été utilisée pour filmer une soirée de départ d’un jeune new-yorkais, qui se prénomme Rob, pour le Japon. La caméra et la cassette appartenait à Rob, et la bande contient aussi des extraits d’une précédente vidéo (un mois avant) qui révèle une relation amoureuse entre Rob et Beth. C’est Hud qui filme et tient la caméra, lorsque durant la soirée, New-York est la proie d’un monstre immense et terrible qui met la ville à feu à sang. Tout le monde fuit et tente d’échapper à cette attaque.

L’effet caméra à l’épaule est un peu difficile à supporter, mais au final on s’y fait très bien, et cela donne un irrémédiable aspect « réaliste » au film, d’autant plus que c’est bien l’un des acteurs qui a ainsi tourné une grande partie de l’oeuvre. Le scénario est bien calqué sur Godzilla, mais avec en plus cette originale incursion sentimentale qui a pas mal été descendue mais qui moi m’a drôlement plu. Car cette facette américaine que j’évoque est surtout lié à la partie plus « narrative » de ce film fantastique. En effet, on retrouve quelques gimmicks comme l’importance de l’amitié ou l’histoire d’amour compliquée entre les deux héros. On ressent aussi un écho particulier au 11 septembre 2001 lors des premiers mouvements de panique, et plus tard même dans le traitement de la frayeur des gens qui ne savent pas tout de suite la raison de l’attaque.

Le film met pas mal de temps à démarrer, mais cela renforce encore plus son aspect « authentique « . De même qu’on ne voit pas grand-chose du monstre, mais le réalisateur a été assez habile pour doser ses images, et nous donner la part suffisante d’angoisse et de frayeur qui se trouvent même dans l’ombre… Les effets spéciaux sont assez bluffants, ceux de la bestiole évidemment, mais surtout pour les décors, les explosions, les cascades et toutes ces superbes images de New-York dans la tourmente.

Le film n’est pas non plus dans la surenchère habituelle ou dans les stéréotypes classiques, à part peut-être pour la partie « sentimentale », donc les comédiens ont l’avantage d’avoir des têtes de gens « normaux » et on ne trouve pas de super héros à la Rambo. En outre, le monstre et ses gentilles petites amies (Le montre lance des petits monstres très méchants et mordants !) ont l’air carrément invincibles, et même l’armée américaine n’arrive pas à faire face. Dingue !!

J’ai beaucoup pensé à « La guerre des mondes » dans le rendu et cette attaque qui vient de nulle part, qui arrive quand on s’y attend le moins. Et indéniablement, surtout pour les petites bestioles carnassières, j’ai pensé à « Starship troopers », elles ont vraiment un grand air de famille. On y retrouve aussi un peu l’ironie grinçante de ce film, et une parenté dans l’impuissance des gens à lutter contre.

Ce n’est pas le film de l’année, mais vraiment un des très bons films fantastiques et « d’horreur » de ces derniers temps. Et puis encore une fois, j’ai trouvé l’histoire d’amour super touchante (je suis si sensibleuuuuh), et le contraste avec l’attaque bien saisissant !! Par contre, les pubs pour Nokia et Séphora sont vraiment gonflées… Pfff, trop naze (et puis quel intérêt ?).

L’avis des copines : Pinggu, Franck, Jimah, SoGB, Julien, Brice, Parapluie, Curudin.

Cloverfield

Dimanche 17 Février 2008

Cinéphage Juno

Syndrome « Little Miss Sunshine » pour moi, c’est-à-dire que j’ai aimé le film, j’y trouve plein de qualités formelles et plus subtiles, mais il y a un truc qui cloche. Nous sommes encore pour moi en pleine production américaine faussement indépendante, un film au scénario bobo à mort, et qui arrive à se positionner en anticonformiste tout en ne froissant personne. Encore une fois, j’ai plutôt passé un bon moment en regardant ce film. J’ai été ému, j’ai ri et souri, et l’originalité de l’histoire m’a tout-à-fait ragaillardi. Mais il n’empêche pas moins qu’il s’agit d’un dosage extrêmement classique et sirupeux de bons sentiments et de « morale bobo ».

Juno est une jeune fille de 16 ans, magnifiquement interprétée par Ellen Page (qui a tout juste 21 ans), très à la page et plutôt dégourdie. C’est une jeune ado décomplexée et libérée qui n’hésite pas à coucher avec un type de l’école, juste parce qu’elle en avait envie. Seulement quelques semaines plus tard, elle découvre qu’elle est enceinte. Mais qu’à cela ne tienne, elle décide de garder l’enfant et de le faire adopter. Elle trouve dans le journal la petite annonce d’un couple qui a l’air parfait…

Le sujet de base est donc assez hallucinant et frappant. Elle est enceinte mais elle ne se démonte pas, ne dramatise pas non plus, et toute pragmatique entreprend de faire adopter son enfant à venir. Juno est à la fois une ado de son temps, une jeune femme sympathiquement prolo et plutôt populaire au lycée, à la langue bien pendue et au caractère bien trempé. A la fois fragile et rentre-dedans, Ellen Page réussit avec un talent incroyable à figurer tous les contrastes de son personnages.

Ensuite, c’est assez « facile ». En effet, on retrouve une galerie de personnages cocasses dans une amérique « classe moyenne » classique, une rencontre en forme de fracture sociale, des problèmes de ménage, en opposition à une famille recomposée qui fonctionne très bien, des nerds plutôt charmants, des gros durs du lycée devenus transparents, des dialogues hyper écrits, des répliques et des bons mots qui fusent, des plans esthétiques et arty, et enfin une bande-son recherchée et hype. Tout cela s’inscrit dans une sauce des plus classiques et formatées, mais en effet tout en cultivant le petit côté indépendant à la « Miramax ». J’ai trouvé ça bien fait et sympathique, mais je me désolidarise totalement des critiques qui en font un film symbole et « à message ».

Il y a déjà ce personnage de Juno qui me paraît bien attachant, mais pas crédible du tout. Nous sommes dans un milieu un peu prolo, et on lui fait dire des répliques dignes de « Sex and the City » ou d’autres sitcom. C’est pour cela notamment que je parle de comédie « bobo », car dans une situation comme celle-ci et avec un éclairage plus réaliste, une ado ne s’exprimerait pas comme cela, c’est beaucoup trop écrit et décalé. En outre, on nous présente un personnage très fort et déterminé, une fille qui assume le fait de coucher comme ça, qui se voit bien faire adopter son enfant et choisit même les parents, elle nous montre vraiment du début à la fin une personnalité moderne et originale. Mais elle refuse d’avorter, et sous un prétexte assez vague et qui passe rapidement. Cela m’a étonné, car avec un caractère pareil on imaginait au contraire qu’elle allait avorter avec le même entêtement et maturité. Du coup, ça m’a paru une facette très « pro-life » qui m’a bien décontenancé (alors que je n’y aurais peut-être pas pensé s’il n’y avait eu ce refus marqué de l’avortement).

Ensuite, les parents de Juno et personne dans son entourage ne réagit vraiment à cette annonce. Et là c’est quand même dingue, le père prolo et ancien militaire, lorsqu’elle lui annonce tout de go qu’elle est enceinte et va faire adopter son enfant par un couple qu’elle a sélectionné dans le ParisBoumBoum local, lui dit : « Ok c’est cool, je viens avec toi pour les rencontrer. ». Les toutes premières minutes figurent aussi la découverte de la grossesse par Juno avec une scène surréaliste, où le droguiste du coin la charrie sur le fait qu’elle soit en cloque. Nan mais nous sommes aux USA là ?? Le film évacue totalement tout ce qui pourrait nous ramener à la réalité. Alors je sais bien que l’on peut prendre ça pour un conte de Noël, mais comme à d’autres égards il n’est pas présenté comme cela, la magie ne s’est pas installée chez moi. Et puis la bande-son qui prend le pas sur le film, avec cette sélection musicale bien étudiée, les passages un peu abstraits pour rendre le film plus « arty », ou bien les saynètes drolatiques et décalées, ainsi que les tirades en forme de victoire sociale (notamment avec l’échographe qui se fait tancer par la belle-mère), tout cela m’a doucement et sûrement convaincu de l’aspect bien trop policé et cadré de cette comédie.

Et pourtant ce n’est pas mauvais, bien au contraire, et le film a le mérite de traiter ce sujet avec un éclairage nouveau, et sans aller dans le drame chiant et triste. Je lui ai donc vraiment aussi trouvé toutes les qualités que j’ai évoquées. Mais quand on compare avec un petit film comme « Echo Park, L.A. » (pourtant très « Sundance »), je trouve que « Juno » apparaît encore plus facile et palote. Là où « Little Miss Sunshine » avait tout de même un peu rué dans les brancards, on est ici sur un chemin balisé du début à la fin, et on ne traverse jamais, Ô grands dieux jamais, en dehors des clous.

L’avis des copines : Psykokwak (avec qui je suis entièrement d’accord, jusqu’aux références…), Evrat, Eric, Brice, Kinoo.

Juno

Vendredi 15 Février 2008

ThéâtrOpérage Le Dieu du carnage au « théâtre Antoine »

Classé dans: ThéâtrOpérage — Tags: , , @ 23:26:20

Evidemment quand Isabelle Huppert est sur scène, il ne faut pas la rater. Mais quand c’est en plus, Yasmina Reza qui a écrit le texte et met en scène, alors c’est un spectacle indispensable ! Et en effet, cette pièce m’a énormément plu. Nous avons d’ailleurs tous (nous étions 4) passé un excellent moment.

Nous sommes dans un appartement bobo classique avec table basse, canapé, bouquins en évidence et oeuvres d’art douteuses… Un élément de décor assez troublant tout de même : le fond de la scène est un mur fissuré qui augure bien des événements à venir. Les hôtes, Véronique (Isabelle Huppert) et Michel (André Marcon), reçoivent le couple Annette (Valérie Bonneton) et Alain (Eric Elmosnino). Le fils du premier couple, Bruno, a en effet été sévèrement agressé par le fils du second, Ferdinand, à l’aide d’un bâton. D’abord c’est en toute ouverture, cordialité et maturité que ces deux couples d’adultes se parlent, mais rapidement, devant les avis discordants des uns et des autres, on sent quelques tensions. Les tensions évoluent exponentiellement vers des joutes verbales cocasses et grinçantes qui remettent en question bien des comportements, loin de ceux de leurs gamins, et soulèvent bien des dysfonctionnements.

Ah là là, on ressent Reza dans chaque trait, chaque tirade, chaque bon mot qui fait rire ou sourire, et qui caricature le bobo parisien avec un brio épatant. Elle nous sert encore un texte d’une grande qualité et virtuosité verbale, avec des répliques qui fusent, et des situations qui s’exacerbent jusqu’à la cassure complète. Les couples se disloquent, se rabibochent, se dénoncent, se lient et se nuisent tour à tour. Et cette bagarre entre les gamins qui n’est jamais vraiment résolue ou élucidée, devient au final un prétexte à cette stridente et stressante rencontre.

Les comédiens et comédiennes sont fabuleux, mais vraiment c’est Isabelle Huppert et Eric Elmosnino qui tirent la couverture. Car non seulement leurs personnages sont irrésistibles et les plus drôles, mais les acteurs ont l’air de prendre un plaisir fou à incarner ces parents psychopathes tous les deux à leur manière. Lui, l’avocat d’affaire sans discernement, qui est pendu au téléphone toutes les 5 minutes, et qui regarde de haut l’autre couple. Et elle qui se prend pour une auteure de talent et une femme battante, en même temps qu’elle simule l’empathie pour les parents du petit criminel, et qu’elle cherche plutôt à les culpabiliser pour mieux les dominer. Oh oh quelle rencontre !! Ajoutez à cela l’autre femme qui fait du reflux gastrique, jusqu’à même vomir en direct sur scène !!!!

Un des éléments les plus les plus saillants et intéressants de la pièce a été pour moi sans conteste la manière dont l’auteure a fait évolué ses personnages, et les alliances entre les uns et les autres. Il y a une dynamique incroyable dans l’image qu’on peut avoir des personnages. De minute en minute, les méchants deviennent gentils, ou pathétiques, puis revirent machiavéliques et soudain fragiles… Les échanges verbaux se font comme les vases communiquants de toutes les passions humaines. Les masques tombent, et les personnalités se révèlent bien plus complexes et moins policées qu’elle n’étaient apparues lors des premiers échanges de courtoisie. Cette évolution se fait tout en douceur et en subtilité, portée par des dialogues bien ciselés, et avec cette patte « Reza » qui sonne si juste et qui fait mouche sans coup férir.

Isabelle Huppert n’était pas forcément dans un de ses rôles classiques de froide caractérielle, même si son personnage revêtait quelques uns de ces attributs, mais a fait montre de beaucoup d’humour, d’hystérie et de « composition » (d’ailleurs elle s’est toute raidie et refroidie pour les saluts de la fin). La mise en scène est plutôt classique, mais efficace et elle remplit bien sa mission. Même si j’ai encensé le texte, ce n’est pas non plus la dimension de « Art » ou des « Trois versions de la vie », mais je ne crois pas qu’il y ait beaucoup d’auteurs avec son talent pour ce type de pièce.

L’avis des copines : Colin Ducasse.

Le Dieu du carnage au « théâtre Antoine »

Mercredi 13 Février 2008

» PIngUi évoque quelques faits qui ont des échos médiatiques très disproportionnés, et (d)énonce comme cela quelques vérités qu’il fait bon lire. Ah ce que je suis de gauche moi alors. Incorrigible. C’est bien. :mrgreen: (6)

Matooyage Revendications bis

Classé dans: Matooyage — @ 23:44:41

J’aime aussi :

Chérichou et Voyelle

Page suivante »

Powered by WordPress