33 articles pour le mois de Juin 2008

  • Matooyage
Vision paramnésique*

Publié le Lundi 30 Juin 2008 - 2:53
Catégorie: Matooyage

*On dit aussi un déjà-vu quand on est moins prétentieux, huhu. Mais vous savez, j’adore les mots.

Eh bien une Gay Pride de plus, et hop ! Avec un peu de moins de monde que la dernière fois, j’ai l’impression que les pédés s’en désintéressent plus ou moins. Disons que ce n’est plus l’événement obligatoire auquel on se dit qu’on se doit d’y aller. S’il y a un week-end de prévu ou bien un repas en famille, certains font allègrement sauter la marche. Malgré tout, je pense que nous étions bien 500 000 personnes, ce qui représente déjà une sacrée foule.

Il y avait du monde derrière les chars musicaux qui balançaient le plus de son, et encore une fois nous avons jeté notre dévolu sur le Club 18 qui a carrément assuré. Ils ont un curieux slogan « le club des beaux gosses » qui nous a fait beaucoup rire… (Il faut passer une soirée au Club 18 pour comprendre…) Mais ça reste tout de même une boite gay que j’aime beaucoup, et dans laquelle nous avons avec mes potes de très très bons souvenirs de soirée.

groupe de gens à la Gay Pride 2008

Derrière on trouvait aussi un char qui balançait de la mousse, ce qui a donné lieu à de très marrantes tempêtes de neige. Mais sinon tous les classiques du genre étaient rassemblés… Il y avait mes petites chouchoutes : les soeurs de la Perpétuelle Indulgence, avec une Tatiana en forme et en verve.

Tatiana Potard et les Soeurs de la Perpétuelle Indulgence à la Gay Pride 2008

Des gens très chics et distingués qui montrent que les homosexuels sont avant tout des gens comme les autres, comme vous et moi.

Grande Dame

Comme d’habitude aussi des belles plantes qui poussaient sur les abribus et qui trémoussaient leurs feuilles au gré du vent…

Beaux mecs sur un Abribus à la Gay Pride 2008

Un peu moins affriolant…

Gens sur un abribus à la Gay Pride 2008

Heu…

Gens sur un abribus à la Gay Pride 2008

Et bien sûr, des papillons de lumière gays et fiers dans tous les coins !!!!

Papillon de lumière gay

J’ai croisé aussi pas mal de blogueurs, et malheureusement j’en ai manqué d’autres. :hum: J’ai d’abord vu Jarod_, et ensuite Pingui, son petit mari, et aperçu dans la foule 6L20 et Pierro. Et puis c’est Orphéus et son Jièm qui m’ont salué, avec Tarval, Pascal et son chéri. Beurboy et Peio sont venus me faire un bisou, ah j’aime ça les bisous. Plus tard, j’ai failli buter dans Zvezdo qui remontait le courant, ai fait un bisou à Adam et son corps de rêve, et j’ai dégoté un gros filon de blogueurs. Il y avait du lourd là : Solal, Kiki, Vincen-t, LeCapitan, Jul, GreyMondain, Mme Marcadet, 42Faubourg, Snèv (Aussi sexy que ce que j’imaginais, ça alors !) Toli, Brice, Jonathan.D et son joli petit copain. Sur les chars, c’est Zep et Toon qui officiaient puisque ce dernier est le boss de l’assoce Gare.

Edit : Et Garfieldd que je ne citais pas parce qu’il n’est plus officiellement un blogueur. Mais ouiiiii, il était là, et il a fait de belles photos de moi et mon chérichou. :love:

Mais c’est en commençant la marche à Port-Royal comme je l’avais indiqué, que j’ai été frappé par un phénomène étrange… Comme un déjà-vu qui m’a sorti de l’esprit festif ambiant. C’est quand j’ai vu ça :

Mecs à Port Royal à la Gay Pride 2008

Grâce à mes yeux bioniques, on peut zoomer et plus précisément sur ça :

Mecs à Port Royal à la Gay Pride 2008

Alors soit c’était un putain de déjà-vu, soit vraiment j’étais persuadé de les avoir déjà vu au même endroit, avec des fringues identiques, un corps aussi parfait et l’attitude aussi est-allemande. Je me souviens que j’avais été marqué par le personnage, et que je l’avais photographie précisément pour capturer ce moment.

En rentrant, j’ai cherché dans mes archives, et j’ai ressorti cette photo de la Gay Pride de 2007 :

Mecs à Port Royal à la Gay Pride 2007

Voyons de plus près…

Mecs à Port Royal à la Gay Pride 2007

Mazette, c’est dingue non ? Ce sont les mêmes, au même endroit. Pas étonnante du coup mon impression de déjà-vu, car la scène est vraiment totalement identique, et le mec a l’air de ne pas avoir changé d’un iota, ni pour son visage, ni pour son (sculptural) corps.

Ou alors… peut-être que ce sont des militants hyper engagés, et en fait, ils sont là tous les jours, figés sur ce piédestal à manifester leur « gay pride » quotidiennement. Et moi, je ne les vois que quand je passe à Port-Royal, c’est-à-dire une fois par an, pour la Gay Pride ! Ou bien, ou bien, ce sont des figurants androïdes mis là pour meubler, et à l’instar du Truman Show, j’ai enfin découvert la supercherie de toute mon existence. Mein gott, je suis dans une émission de téléréalité depuis que je suis tout petit, et vous m’observez !!!! Mais là, j’ai la preuve que tout cela n’est qu’un décor !! Et en plus la prod part en couille, y’a plus une thune, et ça recycle les automates de l’année dernière !

Bon sur ce, je veille au grain l’année prochaine, et je serai là juste pour vérifier s’il arrive à garder ses tablettes de chocolat et son air patibulaire (mais presque). A l’année prochaine, décors de Gay Pride !!!!

  • Linkage
Juste un truc agaçant

Publié le Dimanche 29 Juin 2008 - 19:21
Catégorie: Linkage

Bon, je m’en balance en définitive, et on peut utiliser mes photos comme on veut, mais juste sur le principe… Il aurait pu me prévenir ou me demander quoi. Parce que quand je vois ça, je reconnais forcément ça.

  • Matage
  • Matooyage
Aujourd'hui, c'est la Saint Pédé. Bonne fête à tous les Pédés !!

Publié le Samedi 28 Juin 2008 - 13:14
Catégorie: Matage, Matooyage

Allez, et puis si vous me voyez à la Gay Pride, n’hésitez pas à venir me taper la bise hein ?! Comme tous les ans, je vais aller marcher fièrement avec les copines et les copines. On se retrouve tous à 14h30 au Bal Bullier à Port Royal, et ensuite on va certainement se perdre les uns les autres, au fur et à mesure de la marche.

Le titre du post est inspiré d’une célèbre émission de mes vertes années, et je ne doute pas que cette même émission a inspiré un de nos co-pédéblogueurs préférés : le célèbre garçon qui lutte contre toute activité dépilatoire.

Mes chers concitoyens, je vous souhaite une excellente Fête Nationale ! La lutte continue !! Car cette année, et aujourd’hui même, c’est aussi les 39 ans de Stonewall… La marche n’est pas inutile ou seulement festive, c’est aussi une visibilité unique et indispensable des pédés et goudous dans toute leur diversité. Il en faut des folles, des travs, des glams, des rocks, des straights, des ethnics, des Techtonicks, des bears, des slaves, des Edith Saphir, des François Sagat, des Françoise Sagan, des Delanoé, des Pierre Bergé, des Paumé, des UMPistes (Niiiiiiiiiiiiiin pas eux !!!), des Rupert Everett, des Augusten Burroughs, des Orphéus, des Rouge-Cerise, des 42Faubourg, des Tac Tac, des Ikare, des Colin Ducasse, des Pingui, des Fcrank, des Thanos, des Lo Grelh, des Gauthier, des Peio, des Jarod_, des [elle], des Incipio, des Toli, des Juju, des Bisounours etc.

Bref, vous voyez quoi. :mrgreen:

  • Outside
La discothèque Le Q à Bourges s'affiche

Publié le Vendredi 27 Juin 2008 - 23:06
Catégorie: Outside

Quelle surprise de voir ce genre d’affiche dans le métro parisien !! Je l’ai vue à République en arrivant sur le quai de la ligne 11, et hier à Montparnasse, et là aux Halles.

Discothèque Le Q à Bourges - métro parisien

Des citoyens homosexuels exploitant la discothèque « Le Q » se battent depuis dix ans pour vivre leur homosexualité en province.

J’ai d’abord été impressionné par le plan média déployé, puis par ce message homosexuels discothèque province… Curieux. Cela ressemble presque à du buzz orchestré une veille de Gay Pride. Et puis en googlant un peu, je suis retombé sur cet entrefilet de Têtu. Bon sang, mais c’est bien sûr (non, je ne suis pas de l’époque Raymond Souplex), c’est lié à cette histoire de ce patron de boite de Bourges qui lutte contre une supposée homophobie (je ne préfère pas prendre parti, je ne connais pas du tout le contexte ou les faits). Cela se traduisant par des nuisances administratives à l’encontre de son établissement…

Le message a le mérite d’être clair, différent et interpelant. J’aime bien ce truc de gay en province qui s’étale sur les murs du métro parisien, et qui vient souligner une bien triste réalité. Et en cette veille de Fête Nationale Pédésexuelle, c’est tout à fait idoine. En outre, ce message blanc sur fond noir est très visible, et plutôt difficile à taguer ! C’est aussi un moyen de communication carrément original et qui ne passe pas inaperçu.

Je suis carrément pour les discothèques gays en province, c’est tellement cool quand on peut aller les visiter en week-end (Vive le StarMan !!) !!! Et oui, la vie gay ne se résume pas à Paris, c’est heureux, et ça va dans le bon sens de voir se développer des communautés un peu partout. Cela apporte aussi localement des avancées sociales telles que celle que nous avons pu connaître sur Paname.

Demain c’est la Saint Pédé. Joyeuse Fête à tous les pédés !!!!!!!

  • Cinéphage
Phénomènes

Publié le Jeudi 26 Juin 2008 - 23:48
Catégorie: Cinéphage

Je spoile à mort, vous êtes prévenus. :mrgreen:

Ah là là, bon déjà il faut dire que je ne suis pas un grand fan de Chamalayalamalayanalan(layamanalayanmalane ?), mais il n’empêche que j’avais adoré « Sixième Sens et « Incassable » (alors que tout le monde a détesté ce dernier). « Le Village » (Tiens c’est marrant je faisais les mêmes blagues sur son nom, y’a quatre ans ! Je suis lamentable.) aussi m’avait plutôt bien plu, mais sans trouver ça génialissime.

Et là, pour « Phénomènes » c’est finalement bien dommage car l’histoire est vraiment bien trouvée, intrigante à souhait, permet tous les jeux de faux-semblant et de frayeur que le réalisateur adore, mais fait l’effet d’un pétard mouillé. J’en suis ressorti en me disant : « Tout ça pour ça ?… ». Très rapidement, on se croit dans « 28 jours plus tard », et on fait bien vu que ça se termine exactement de la même manière. Mouai, pas super inventif, alors qu’il y avait une intrigue de base qui permettait de ne vraiment pas faire dans le banal ou la redite. Et du coup, toutes les scènes intermédiaires paraissent juste des moments pour meubler, on se demande bien l’intérêt d’un tel scénario.

Parce que ça commence super bien, avec une étrange maladie qui démarre dans « Central Park ». Une épidémie frappe ensuite toute la ville, puis la côte Ouest et toute une partie des USA. Les gens se trouvent d’un seul coup dans l’incapacité de s’exprimer, et quelques secondes plus tard, chacun trouve le moyen le plus simple et directif pour se suicider. Mark Wahlberg est prof dans un lycée, et il s’enfuit in extremis avec sa femme (avec laquelle il a des problèmes de couple, huhu), son meilleur ami et la petite fille de ce dernier. Ils trouvent refuge dans un coin paumé, mais l’épidémie se referme sur eux. Wahlberg fait un rapprochement entre la nature qui est agressée par l’homme, et le monde végétal qui a alors certainement trouvé cette parade chimique pour se débarrasser de son ennemi homo sapiens sapiens. Waoooooooow ! Mais ils attendent juste que ça passe, et ça passe. Et le film, il est terminé. Sauf que la fin ça se passe dans le jardin des Tuileries à Paris, et que deux (pédés ? Ouai je crois… en tout cas l’un des deux mecs c’est Cyrille Thouvenin) quidams se mettent à avoir les symptômes !!!!!!! Woooooooaaaaaaw c’est Paname qui va être touché ! Sa mère, sa race !!!!

Et là c’est vraiment fini.

Bon bah, je vous ai tout dit. Pour le reste, il y a la bande-annonce qui traduit à la perfection l’ambiance que Shyamalan sait si bien instiller dans ses films. Il faut avouer que c’est encore une atmosphère bien dosée, qui intrigue, surprend, interpelle, et angoisse légèrement. Mais lorsque le film n’avance pas d’un pouce, se perd en conjectures débiles, et essaie de jouer la montre, ç’en devient plus que lassant.

Alors ok c’est bien réalisé, les comédiens sont sympas, et ça se laisse voir à la rigueur (ça ne mange pas de pain quoi…). Mais c’est loin d’être réussi ou à la hauteur de ce que la bande-annonce (et le potentiel réel qui transparaît) pouvaient laisser présager.

L’avis des copines : Kinoo, Cereal-Killer, [Elle], Jonathan D., Julien.

Phénomènes

  • Matooyage
Les trois amants de 1998

Publié le Mercredi 25 Juin 2008 - 23:53
Catégorie: Matooyage

Cette année 2008, je l’avais déjà dit, est pour moi l’occasion de jeter un regard sur la dizaine d’années qui vient de s’écouler. Car 1998 fut une grande année pour moi : je suis devenu parisien, j’ai créé mon mail yahoo!, et bien d’autres choses (oui oui) que je n’ai pas racontées. J’aime toujours jeter un coup d’oeil dans mon vieil agenda pour regarder les dates exactes de tel ou tel événement de ma petite et insignifiante existence. C’est surtout marrant de se revoir à 22 ans, bécasse que j’étais et suis toujours à maints égards.

Et un des trucs assez dingue de 1998 commence pour moi sur cette page de mon agenda de l’époque. Cette soirée du 2 mai 1998, où nous étions allés àl’Imprévu avec Caro, il y avait de géniales soirées “piano-bar” au sous-sol, et on y passait toujours de très bonnes soirées. J’avais remarqué ce mec qui attendait là seul, et Caro, toujours prête à lier connaissance avec des beaux mecs (quelle rabatteuse de génie cette Caro !) avait commencé à lui adresser la parole. W. était très jeune (17 ans !!!), très grand et très FROZEN !! Glacial de chez glacial, presque mutique, et des yeux comme deux glaçons qui allaient très bien avec son air. Complètement fucked-up, évidemment j’ai tout de suite adoré. Huhuhu.

Soirée du 2 mai 1998

La soirée a encore été pimentée par l’arrivée de R., le meilleur pote, et c’est encore le cas aujourd’hui, à l’Imprévu. R. c’est un peu l’équivalent de Caro au masculin, sa présence et son charisme produisaient une énergie et un peps peu commun. Drôle, impertinent, décalé, parfois relou, mais dans le fond vraiment adorable (avec moi en tout cas), R. ne laissait personne indifférent. Et d’ailleurs, R. et Caro se connaissaient d’anciennes soirées et de potes de potes. Du coup, nous avons passé toute la soirée ensemble, ce qui me faisait très très plaisir, car W. était là aussi.

Je me rappelle qu’on est allé faire un tour au Pulp, et puis au Scorpion. Rien que de très classique pour des pédés de vingt balais dans la fin des années 90… Je n’ai jamais été très “branché”, mais je sortais énormément, et j’ai tout de même traîner mes guêtres dans toutes les boites et soirées parisiennes de l’époque (de “Oh là là” à la “Scream”, en passant à l’extrême par des soirées au Rach’Dingue, ou encore quelques free parties dans les bois de la banlieue parisienne…).

Comme d’habitude, j’ai mis trois plombes à me rendre compte, et à accepter, que j’avais l’air de plaire à Mister Freeze, mais à la fin de la soirée c’était assez manifeste. Nous avons donc flirté, et il est rentré avec moi dans mon tout petit appartement de la rue Saint Sabin. Je ne vais pas en raconter plus parce que W. lit potentiellement ce blog !! Huhuhu. Mais bon, nous avons commencé une relation… pendant trois bonnes semaines ! Je ne suis jamais sorti avec un mec aussi froid et distant, mais je suppose qu’il n’était vraiment pas amoureux de moi, mais alors vraiment pas.

Et pendant ce temps là, pendant cette relation polaire, W. était aussi absent que R. se faisait présent et proche. Je ne sais toujours pas à quel point cela a été une machiavélique démarche de leur part, mais mon agenda est très explicite à ce sujet. Je suis litéralement tombé dans les rets de R. !! Il était juste charmant à en mourir, et je craquais heure après heure passée avec lui. Carramaba !!

Rapidement, W. m’a fait comprendre que c’était terminé, et heureusement parce que ça avait presque déjà commencé avec R. Huhu. Et rebelote, trois semaines après, c’est R. qui me laissait tomber. Et le plus drôle, c’est que le schéma se reproduisait aussi avec un des amis de R., S., dont j’étais carrément croque, et dont la réciproque semblait avérée. Je me demandais bien si j’avais développé un drôle de syndrome, et si mon existence amoureuse se bornerait à passer de pote en pote, ou bien alors si j’étais un tel mauvais coup que je me faisais jeter après quelques semaines de test. Je pouvais aussi être un challenge pour un groupe de potes qui avaient envie de me faire tourner ? Naaaaan, pas la peine d’utiliser des subterfuges aussi habiles et distingués pour ça, il suffit de demander poliment. Arfff.

Je crois que R. s’était simplement rapidement lassé, qu’il avait vu là un défi, parce que je lui avais plu au premier abord, parce que c’est W. qui avait d’abord remporté la mise, et qu’il avait fallu déployer tout son arsenal orphique pour me sauter (grande midinette que j’étais). Avec S., l’histoire fut encore plus surréaliste, et en terme de “fucked-up boyfriend”, je passai simplement de Charibde en Scylla !

C’était un grand mec (1m92) métisse qui me plaisait, un truc de ouf. Et puis, il était complètement taré, et c’est souvent un facteur important pour que je craque. Huhu. Mais là, il était un peu trop barré le mec. J’étais tombé sur cette fameuse typologie de tapiole que vous connaissez certainement : les mythomanes. Oui, nous sommes apparemment bien achalandés dans cette caste, et j’ai nombre d’amis (dont un tout récemment) qui ont été touchés par ce fléau. Mais quand un mytho sort avec un candide comme moi (du moins à l’époque), ça donne vraiment un cocktail savoureux. Car, voyez-vous, je crois (encore aujourd’hui) à peu près tout ce qu’on me raconte, et ne met que très rarement en doute les propos d’autrui.

Donc un peu étonné tout de même, je pensais que S. s’appelait bien “Sean” que ses seconds prénoms étaient bien Fabrice et Roméo, qu’il avait un an de moins que moi, que son frère jumeau était mort d’un cancer de la peau quand ils avaient douze ans, que son frère ainé faisait le tapin à porte Dauphine, qu’il n’était pas vraiment métisse mais plutôt “chabin” et plein d’autres détails du même acabit. Je passe sur les baiser volé à Leonardo DiCaprio. Le truc c’est que cette somme de mensonges avait la particularité, pour moi en tout cas, de n’être pas énormes ou complètement impossibles. Souvent même ces mystifications n’étaient que de légers ajustements de la réalité, dont on se demande même l’intérêt.

Là où le bât a sérieusement blessé, c’est quand j’ai rencontré sa cousine, suis devenu très pote avec elle, et ai décidé un jour (après notre rupture) de confronter ce que je savais, avec la réalité. Ca a commencé de la manière la plus simple, le prénom ! Lorsqu’elle m’a appris que c’était un pseudo qu’il utilisait depuis qu’il avait 15 ans, mais qu’en fait il s’appelait uniquement Fabrice, j’ai eu la puce à l’oreille (enfin !!!). Ce jour là, j’ai évoqué tous ces détails incongrus, et elle m’a donné la version réelle, aussi abasourdie que moi par ce que je débitais.

Par exemple, le coup de l’âge, pourquoi dire qu’il avait un an de moins, alors qu’en fait c’était six mois de plus que moi ? Et pourquoi se dire chabin, alors que son père était espagnol (même si on peut le comprendre pour des raisons familiales et psychologiques) ? De même que certains mensonges ne faisaient que mettre en exergue un mal-être et des névroses bien banales.

Heureusement, je n’ai pas rencontré le meilleur ami de S., ou du moins je ne m’en suis pas amouraché. Par contre, c’est aussi cette même année, ce même été, que j’ai fréquenté une amie à lui, et le pote de cette dernière. Pendant quelques semaines, nous sommes beaucoup sortis ensemble au Scorp’. Elle était complètement fille à pédé hystérique et folle à lier, et son pote assez dépressif et “spécial”, mais évidemment très drôles et idéaux pour passer de bonnes soirées de vingtenaires parigots. J’ai découvert un peu plus tard, que ce mec avait des problèmes, car il avait déserté l’armée. Eh oui, le service militaire n’était pas encore un souvenir, et pas mal de gens avaient encore à le subir. Il m’en avait parlé un soir de détresse, en disant qu’il se cachait mais qu’il avait peur des gendarmes, et d’y retourner.

Cela m’avait fait réagir, et je lui avais conseillé de sortir la tête des soirées sous ecsta pour régler ses affaires. Il fallait au moins qu’il demande de l’aide aux bonnes personnes. Une semaine plus tard, nous étions à l’orée de l’automne, la fête était sur le point de finir, il m’appelle pour me dire que ses parents (à qui il avait fini par raconter où il se trouvait) l’avaient plus ou moins dénoncé aux gendarmes. Ces derniers allaient venir le choper dans cette pièce mansardée du 6ème étage où il vivait avec cette copine, et tous les bébés rats qu’ils élevaient amoureusement (hum hummm). Il me disait qu’il voulait penser à autre chose, et que pour le moment il allait prendre deux ecstas et partir en boite.

Le lendemain, c’est elle qui m’a appelé. En rentrant de boite, son pote était encore complètement défoncé. Il a commencé à paniquer, et badtriper sur sa situation. Et en quelques secondes, il ouvrait la fenêtre, et se jetait sur le trottoir asphalté devant le 49 boulevard Voltaire. J’ai souvent une pensée pour lui lorsque je passe devant. Et cela va faire dix ans…

S. m’a donc quitté comme les deux autres larrons. Mais j’étais content d’avoir brisé cette chaîne infernale, huhuhu. Non, en fait, j’étais très très malheureux, car j’étais très très amoureux. Mais je m’en suis remis, et j’ai revu S. dans le marais, et je l’ai vu de plus en plus fucked-up avec les années.

La dernière fois que je l’ai vu, c’est à la télévision. J’ai reconnu sa bite dans un porno, que c’est romanesque de ma part. Et plus barré que jamais, voilà qu’il sodomise à présent des tintinophiles (tintinofolles ?).

W. vient se célébrer ses 28 ans, R. ses 30 ans, ils sont toujours copains comme cochon. Et même si nous ne sommes pas amis, je gardent pour eux une place dans mon petit coeur de midinette. Je sais que cela ne représente rien à l’échelle de nos vécus affectifs, nous avons d’autres relations, plus durables, plus fortes, plus signifiantes. Mais je suis comme ça, j’aime un jour, j’aime toujours.

  • Linkage
Pré-Gay Pride

Publié le Mercredi 25 Juin 2008 - 22:17
Catégorie: Linkage

Deux posts qui évoquent la Gay Pride à venir, mais pas que… Orphéus qui vient, et Jérôme qui ne vient pas. Les deux parlant de la Gay Pride, mais avec des optiques complètement différentes (enfin nan, pas tant que ça). Moi je ne peux décemment pas rater la Fête Nationale. :mrgreen:

  • Boukinage
Julien

Publié le Lundi 23 Juin 2008 - 23:17
Catégorie: Boukinage

Quand j’ai écrit que j’avais adoré certains bouquins de Gore Vidal, on m’a envoyé pas mal de messages ou commentaires pour me conseiller de lire “Julien”. Et quand j’ai lu les mémoires de cet écrivain, et su à quel point ce roman était important pour lui, j’ai eu encore plus envie de le découvrir.

Julien c’est Julien l’Apostat, un empereur romain qui vivait entre 331 et 363, et dont Gore Vidal raconte la biographie en se basant sur des échanges épistolaires fictifs entre deux amis du monarque : Libanios et Priscus. Il s’agit d’un roman mais qui respecte les faits historiques, et qui se base sur une véritable correspondance et des ouvrages de l’époque qui avaient trait à Julien. Ainsi le roman propose une narration à trois voix : Libanios et Priscus qui discutent des mémoires de Julien qu’ils voudraient faire éditer, et Julien lui-même dont les écrits sont ainsi exposés.

Gore Vidal met donc en scène cet étonnant personnage historique, qui en pleine montée en puissance de la chrétienté a décidé de lutter contre cette nouvelle religion, et milite pour le retour aux cultes païensgréco-romains. On retrouve tout l’anticléricalisme farouche de Gore Vidal, que j’avais tant aimé dans “En direct du Golgotha“, ainsi que bien des valeurs morales de l’auteur qui sont portées par l’empereur romain. Un peu à la manière des “Pensées pour moi-même” de Marc-Aurèle, ces mémoires apocryphes permettent de faire un peu mieux connaissance avec Julien.

C’est aussi une drôle de période politique et dynastique qui voit un empire romain partagé en deux grandes aires : l’occident et l’orient. Julien manque de se faire assassiner à de multiples reprises (rien que de très classique pour l’époque), avant de prendre le pouvoir d’une manière plutôt inattendue, et en faisant la conquête politique et diplomatique des Gaules. D’ailleurs, comme je l’avais précisé dans une citation, il adorait Paname ! Drôle de période religieuse aussi avec une chrétienté par encore catholique, mais déjà très organisée, et présentée là comme une redoutable machinerie politique (ça a changé ? hé hé). Julien et Gore Vidal ont en horreur cette religion et ses nababs, et ils cherchent à affaiblir leur pouvoir en mettant en doute leurs fondements, avec en figure de proue la notion (bien casse-gueule il faut l’admettre) de trinité.

Il s’agit d’un bouquin passablement historique, mais avant tout un roman d’aventures qui ne manque pas de piquant et de rebondissements. Julien voyage sur des milliers de kilomètres, Constantinople, Strasbourg, Athènes, fait la guerre, repousse les barbares, philosophe à tort et à travers, fait des sacrifices aux dieux, tente la conquête de la Perse etc. On ne s’ennuie pas une seconde en sa compagnie, et le partage de ses préceptes ou valeurs est l’occasion de redonner encore plus d’intérêt et d’érudition à l’ouvrage. En outre, on y trouve un style très agréable, et à la fois un langage drôlement soutenu.

Julien - Gore Vidal

  • Matooyage
La part du Lyon*

Publié le Samedi 21 Juin 2008 - 21:36
Catégorie: Matooyage

Eh voilà ces deux jours de convention à Lyon sont enfin terminés ! Ouf ! Je commençais à saturer avec les présentations PowerPoint qui durent quatre heures, et les discours plus ou moins lénifiants qui ressemblent énormément aux mêmes tchatches des conventions de mon ancienne boite. Et les valeurs humaines, et le développement durable, et la croissance et blablabliblabla. Je ne suis pas un mec “corporate”, je crois que vous l’aviez compris. Mais je ne suis pas non plus opposé à la culture d’entreprise, et au contraire j’apprécie y adhérer de temps en temps, quand c’est justifié selon mon propre cadre de valeurs.

C’est la même boite qui avait organisé le voyage à Tozeur qui a réalisé cet évènement, donc nous avons eu droit à des animations très similaires. Toujours aussi spectaculaires, même si cela finit par sonner un peu creux. Par contre, deux choses m’ont sérieusement intéressé, et malgré mon sens légendaire de la critique et du cynisme envers l’entreprise et sa communication interne, je reconnais qu’ils ont fait fort, et très bien fait, pour ces deux innovations.

D’abord, il y a eut l’arrivée d’un type qui a joué le rôle d’un client de mon entreprise, et qui nous a interprété un magistral sketch reprenant tous les clichés véhiculés par la profession. Mais comme tous les clichés, la plupart sont des défauts bien réels, et c’était une manière bien subtile et intéressante de faire passer l’info. Tout le monde en prend pour son grade en définitive, mais en se bidonnant franchement pendant un quart d’heure, ce qui change de la soufflante du boss ou des discours de motivation à base de méthode Coué. L’humour de Serge Grudzinski permet de faire passer les trucs les plus énormes dont tout le monde a conscience, mais qu’il est impossible d’admettre en étant sérieux (le commercial qui ment éhontément, la chargé de clientèle pas toujours diplomate, l’entreprise qui ne sait rien communiquer à ses clients…). J’ai lu que ce Serge Grudzinski en a fait son fond de commerce, et qu’il est sollicité par énormément d’entreprises.

L’autre chose qui m’a bien surprise, et à laquelle je ne m’attendais absolument pas, c’est l’intervention d’André Comte-Sponville pour nous éclairer sur les nouvelles valeurs de la boite. Ce qui était très drôle c’est que tout le monde était manifestement largué par les discours de ce philosophe très médiatique. Il faut dire que le public n’est certainement pas le plus réceptif à un cours d’amphi sur les notions de valeurs morales en philosophie.

Ce qui était encore moins drôle pour le responsable des ressources humaines qui présentait ces merveilleuses valeurs, c’est que le discours de Comte-Sponville ensuite n’est pas vraiment allé dans son sens. Alors qu’on essayait de nous convaincre du bien-fondé de ces règles morales corporète , le philosophe n’avait pas l’air spécialement motivé pour enfoncer le clou. Il était plutôt du genre à expliquer qu’il fallait aussi assumer ce qu’on était, et surtout éviter de se donner bonne conscience. J’ai trouvé cette citation de lui qui illustre bien son propos : « Il ne compte pas sur l’État pour créer de la richesse, ni sur le marché pour créer de la justice. » Du coup, il cassait plutôt ce côté bisounours de l’entreprise, et insistait sur la réalité des choses de son point de vue. Hé hé hé.

Jeudi soir, nous avions un grand dîner à la Halle Tony Garnier, avec une soirée évidemment… Je ne sais pas pourquoi les entreprises s’acharnent à organiser des soirées dansantes et alcoolisées. C’est un truc qui m’horripile… Autant je peux apprécier certains moments privilégiés avec mon équipe, ou bien je peux même devenir potes avec des gens du taf, et les voir ensuite à l’extérieur dans d’autres contextes (comme mon chérichou d’ailleurs, puisque c’est un ancien collègue, hé hé hé), mais aller à des soirées en faisant semblant d’être détendu et naturel alors qu’on est en démonstration, c’est trop dur. Non seulement, il faut soigner son image professionnelle au quotidien, mais en plus il faudrait avoir un personnage tout prêt pour la version “personnelle”.

Bon moi j’y arrive pas. Donc je suis juste moi, et ma conclusion, c’est que je n’arriverais jamais bien haut dans une société. Bon bah tant pis. :mrgreen:
En outre, on se paye les gens qui ont trop bu, les mecs dragueurs à deux balles, les meufs aguicheuses, les boss qui deviennent d’un seul coup rigolards, détendus et tutoyants. Mais le lendemain, tout est de retour, et le vouvoiement, les deadlines et le stress. Exit les valeurs, vous revoilà dans la bonne vieille réalité. Mais bon, apparemment c’est comme ça que ça doit se passer, alors je m’adapte. Ce qui est marrant c’est que je représente tout de même un mode de vie complètement “hors-la-morale” pour eux (que ce soit au pieu, mais plus simplement dans le quotidien), mais que finalement je suis une incroyable mère-la-morale sur d’autres sujets (tel le respect de la distance entre les gens avec qui l’on travaille). Je suis là pour bosser, certes en bonne intelligence et si possible ambiance, mais sans avoir besoin de copiner ou de s’apprécier personnellement. S’apprécier professionnellement est déjà parfaitement suffisant. Après tout est possible évidemment, et comme je le disais, j’ai aujourd’hui comme très bons amis des gens avec qui j’ai bossé avant.

La soirée à la Halle Tony Garnier était très impressionnante… Belle organisation et scénographie. Comme je le disais, assez proche des animations de Tozeur, mais on a eut droit à un moment vraiment cool et attractif. On a fait des photos marrantes avec les collègues, notamment cet envol dans le ciel en groupe (j’ai flouté les collègues, huhu).

Equipe du boulot dans le ciel

Donc ceci explique que vers 23h, alors que les coupes de champagne s’amoncelaient, et que ma sobre patience s’étiolait, je me suis discrètement enfui. Hu huhu. En effet, j’étais en contact avec Erwan et Bruno, avec qui j’avais bien l’intention d’aller boire un verre. Devant l’absence manifeste de taxi, je me suis rabattu sur le métro histoire de rejoindre la fameuse place Bellecour le plus rapidement.

Là, j’ai été assez étonné par une diffusion de publicité sur un mur de la station Saxe-Gambetta…

Du métro Saxe-Gambetta à Lyon

Déjà c’est marrant car ce sont des diapos des années 80 manifestement projetées par un appareil de la même période antédiluvienne (avec ce son si familier des diapos qui se changent automatiquement : Clac-cliclac.). Mais surtout, c’est une originale réclame pour le don du sperme…

Pub du métro lyonnais

Mais bon cela n’a rien à voir avec le fait que j’avais rendez-vous avec Erwan et Bruno. :mrgreen: Ces deux adorables compères m’ont offert un verre à la “Station B”, un bar gay lyonnais aux toilettes très conviviales. D’ailleurs, il faut que j’y retourne, car je n’ai pas eu le temps de les visiter, on ne me les a que vantées avec moult anecdotes croustillantes. Et puis, je me suis rentré dans ma chouette chambre du Campanile de la Part-Dieu… Mein gott !!!!

Bon allez, il faut que je mette en route moi !! Y’a teuf ce soir !!!

* Le titre vaut seulement pour ce jeu de mot minable qui m’a beaucoup plu. Huhuhu. Et au fur et à mesure que j’ai écrit ce post, j’ai réalisé qu’il seyait plutôt bien à ce que j’avais raconté. Mais impossible de savoir qui a influencé qui. :-)

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Chondring-out

Publié le Vendredi 20 Juin 2008 - 19:51
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Chondre parle de son coming-out, explique aussi que c’est pas facile (oh putain nan) d’être pédé. Il est top ce Chondre, lisez-le ! :mrgreen:

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Le syndrome Groquik

Publié le Vendredi 20 Juin 2008 - 19:32
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Vinsh a analysé son amour des mecs adorablement imparfaits, et il a compris d’où vient tout cela. C’est Groquik !!! Ce dernier aurait été sa première non-icône sexuelle de l’enfance et aurait alors infléchi tout son karma. Sacré Groquik, c’est vrai que le monde n’est plus le même depuis qu’il lui est arrivé cette horrible machination internationale

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Pain maison

Publié le Vendredi 20 Juin 2008 - 19:19
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Bruno nous explique comment il a fait son pain lui-même… Mince, ça me donne envie d’essayer !! Ca a l’air fastoche et fameux tout ça !