Apparemment, hier soir dans le métro, une dame a insisté pour qu’on laisse une place à Colin. En effet, elle a cru qu’il était aveugle (!!). Il devait encore avoir l’air bien ailleurs le Colinchou.
Apparemment, hier soir dans le métro, une dame a insisté pour qu’on laisse une place à Colin. En effet, elle a cru qu’il était aveugle (!!). Il devait encore avoir l’air bien ailleurs le Colinchou.
Chondre parle de son Snooze. Ouh là là que c’est émouvant !!! Cro cro cro mignons même.
(Surtout quand on sait qu’ils sont en couple depuis 44 ans !!!)
Finis Africae commente quelques faits politicomiques du moment. Toujours aussi bon !
Pauline Carton… Ce nom est étrangement familier pour moi, un truc que j’ai entendu dans la bouche de mes parents, ou plutôt mes grands-parents. Une de ces immenses comédiennes du siècle dernier, qui a laissé son empreinte dans une kyrielle de films et pièces de théâtre, et liée à Sacha Guitry. Elle était apparemment connue pour,comme elle le disait elle-même, son « physique de pou » et ses rôles de soubrettes.
Mais Pauline Carton c’est avant-tout une fanatique de son métier, et sous les traits de Fiora Giappiconi, il s’agit d’un monologue panégyrique d’une heure et quelques sur le théâtre ! La comédienne évoluera donc seule sur scène, mais dans l’intimité de sa loge, elle nous confie son amour total pour son art, son histoire aussi, avec ses hontes et ses joies, avec ses anecdotes sur le monde du théâtre, ses potins et ses travailleurs. Comme Pauline Carton, il s’agit de Théâtre mais aussi de cinéma et de chansons (Fiora Giappiconi nous en sort d’ailleurs de bien gratinées).
La mise en scène est assez simple mais très efficace, et elle est surtout servie par une bonne comédienne. On pourrait lui reprocher une diction un rien précieuse et articulée, mais au final elle interprète elle-même une comédienne, et beaucoup de comédiens ont ce tic de prononciation, donc ça passait plutôt bien. Moi je l’ai trouvée vraiment impeccable dans ce rôle, et j’ai surtout été transporté pendant tout son discours. Il faut dire qu’encore une fois la mise en scène donne à voir aux spectateurs une Pauline Carton sous toutes ses coutures. Elle se déguise et joue les soubrettes (en trois styles, de la beauf à la vamp), les mendiantes et d’autres personnages, elle pousse la chansonnette, et nous confie des anecdotes sur les théâtreux.
Ce soliloque est vraiment très beau, mais il ne dure heureusement pas trop longtemps, car j’avoue que j’aurais été un peu lassé sinon. On comprend bien son amour du théâtre et du jeu sur scène, mais j’aurais aimé un texte peut-être un peu plus proche de la femme et de son histoire personnelle. J’aurais aimé que ça parle un peu de Guitry ou bien de l’époque, et d’autres comédiens. Mais son discours reste assez neutre, même s’il était de très bonne facture et tout à fait idoine, et encore une fois servi par une excellente Fiora Giappiconi.

Je n’ai pas bien compris quand j’ai acheté ce bouquin, si c’était une biographie ou un roman. Et ce qui est drôle, c’est qu’après la lecture, c’est une impression des deux genres qui s’en dégage. Le nom de Turing m’était familier comme étant lié aux balbutiements théoriques de l’informatique. Mais rien de plus, sinon le fameux « test de Turing » qui permet de distinguer l’homme de la machine (comme mon petit code pour les commentaires en est une illustration, on appelle d’ailleurs ça un CAPTCHA : Completely Automated Public Turing test to tell Computers and Humans Apart).
Et il y a peu de temps, j’ai découvert (tout bêtement en surfant sur wikipédia sur la définition du « test de Turing ») que cet homme était un homosexuel célèbre, et dont la vie avait été bien compliquée à cause de cela, un homme aujourd’hui considéré comme un génie, et enfin un homme, fan de Blanche-Neige, qui s’est suicidé à 42 ans en croquant dans une pomme qu’il avait imbibé de cyanure. Tout cela fait que j’ai eu une énorme envie de lire ce bouquin de Laurent Lemire. Et avant cela, de manière assez ironique, j’ai « connu » un autre Alan, le héros du Magasin des Suicides que j’ai récemment lu. Le gamin était prénommé ainsi comme Turing pour son original suicide.
Globalement, j’ai beaucoup aimé ce livre, et j’en ai beaucoup appris sur cet incroyable destin d’Alan Turing. Laurent Lemire raconte chronologiquement tout l’histoire d’Alan Turing, de son enfance à sa mort, en passant par ses travaux décisifs dans le décryptage des messages d’Enigma pendant la seconde guerre mondiale, ses recherches dans le domaine qui va devenir l’informatique, ses performances au marathon, ou bien la manière dont il vit son homosexualité. Il conclut sur une légende urbaine bien controversée, en effet Apple aurait un logo qui serait un hommage à Alan Turing (une pomme croquée aux couleurs gay).
Tout cela se lit très facilement, et la plume de Laurent Lemire est plutôt alerte et agréable. Le seul hic dans tout cela, c’est que l’auteur flirte entre la biographie assez documentée et prosaïque, avec pas mal de vulgarisation, et le roman avec des digressions qui vont peut-être un poil trop loin. Et j’ai été un peu frustré car j’aurais absolument adoré que cela donne lieu à un roman, et croyez-moi il y a de la matière… Alors qu’en terme de précisions scientifiques, je pense que des gens un peu versés en mathématiques ou logique peuvent trouver cela léger et superficiel, ou même penser que les opinions personnelles de Laurent Lemire imprègnent un peu trop son « exposé ».
J’ai beaucoup accroché au bouquin aussi parce que l’auteur s’implique dans ce qu’il écrit. On suit alors son attachement au personnage, et son indignation lorsque Turing est persécuté ou condamné pour son homosexualité, ou même la perte d’un génie et le fait qu’il reste encore aujourd’hui un presque inconnu du grand public. Et il y a cette histoire en elle-même qui ne peut laisser insensible, et surtout si on est homo soi-même. Alan Turing a souffert toute sa vie, et s’est senti anormal pendant très longtemps, à se défouler dans le sport pour éviter de mauvaises pensées. Il a été mis à l’écart, et été considéré comme un potentiel espion de ce fait aussi. Ses histoires ou frasques ne lui ont pas apporté de véritables réconforts, et l’ont même mené jusqu’aux tribunaux. Il a du subir un traitement hormonal qui lui a fait pousser des seins, et l’a privé de victoires sportives (c’était un marathonien hors-pair). Et dans tout cela, il est le briseur des codes de la machine Enigma, l’inventeur reconnu de l’informatique et de l’ordinateur (de la notion de programme et d’algorithme notamment), et un membre de la Royal Society. Tombé pour le même motif et sous le coup de la même loi qu’Oscar Wilde, la justice anglaise va encore plus l’ostraciser. Il se suicide en 1954 de cette incroyable manière : en mangeant une pomme au cyanure !
Je pense que l’on verra un film américain un de ces quatre qui reprendra l’histoire d’Alan Turing, comme Harvey Milk prochainement par exemple. Mais c’est peut-être une histoire un peu trop triste et réaliste pour Hollywood… En tout cas, c’est dommage que cet homme soit si peu connu, lui, son oeuvre et son destin.


Vision prémonitoire ?
Un documentaire sur la célèbre émission de trash-TV, « Y’a que la vérité qui compte », du célèbre duo de TF1 : Bataille et Fontaine. Quand on sait que le documentaire a été refusé par toutes les chaînes de télévision, a été attaqué par les présentateurs en question, et ne passe que dans quatre salle en France, forcément j’ai envie de le voir. En définitive, j’en ressors un peu déçu, il s’agit d’une bonne enquête à la « striptease », mais rien de plus.
Oh évidemment, on en apprend de belles sur la réalisation et la production de cette émission, et c’est aussi choquant que ce qu’on pouvait imaginer. Mais ce n’est pas vraiment étonnant… Une armée de chargées de production et de pauvres stagiaires sous-payés (Mais Bataille et Fontaine sont des super patrons, ils offrent à chaque anniversaire un flacon de parfum, yahooou !) passent leur temps à essayer de trouver les candidats les plus bankables. Il faut dégoter le client qui passe à l’antenne, et surtout qui fait rester la ménagère devant son écran, et pour cela les équipes de prod sont prêt(e)s à tout.
On assiste donc à la recherche des demi-frères abandonnés, des pères inconnus, des ex conspués ou des amitiés en péril. Les invités sont manipulés au maximum tout en faisant miroiter que leur bien-être est au centre des préoccupations de la production. Mais en dehors, tout le marketing de l’émission est fort bien assumé. Et les Bataille et Fontaine paraissent aussi incroyablement néfastes pour l’humanité qu’ils doivent l’être. Le pire c’est le petit Fontaine avec ses yeux globuleux et son babil hargneux, il a toujours l’air complètement cocaïné, et vraiment mauvais avec ses équipes. Mais il a le mérite d’être honnête, et de ne pas simuler, et rien que pour cela, je trouve qu’il mérite une certaine considération. En voilà un autre pour qui le « temps de cerveau utile » n’est vraiment pas un mythe.
Le documentaire est ainsi bien réalisé et ficelé, mais n’offre aucune réelle surprise ou découverte. Ce n’est pas pire que ce qu’on avait déjà vu pour d’autres émissions du même acabit. Du coup, l’intérêt du film est finalement assez limité. En outre, je me dis toujours que les gens qui vont voir ces documentaires sont ceux qui sont déjà persuadés du discours proposé. Et les anciens candidats de l’émission n’iront certainement pas le voir… Il a donc le mérité de poser de manière pragmatique des pratiques dont on se doute pertinemment, avec quelques passages un peu plus gratinés. Notamment la manière dont les présentateurs se plaignent de la qualité de leurs candidats, de leurs histoires de merde ou bien des pédés qui vont leur faire perdre n points d’audimat. Mais en tant que markéteur, le cynisme de ce genre de considération me paraît juste quelque-chose d’extrêmement courant dans un tas d’industries.
Ce documentaire montre simplement que la trash TV a encore de beaux jours, et il le fait plutôt bien, sans commentaire sinon un habile montage. Je ne comprends même pas comment Bataille et Fontaine ont pu se laisser berner par un tel reportage (ils ont laissé l’équipe filmer évidemment), sans jamais penser pour quoi ils allaient passer en fin de compte. Ou alors tout cela était bel et bien une révélation… pour eux !
L’avis des copines : Alice_, Parapluie.

Hier midi, Gilda est venue déjeuner avec moi à Boulogne. On fait ça de temps en temps, et c’est très plaisant de se croiser ainsi, et de papoter pendant une heure. Nous nous lisons mutuellement depuis quelques années, mais finalement nous nous connaissons peu, et à chaque rencontre c’est l’occasion de se dévoiler un peu plus.
Je ne sais plus comment, nous avons parlé de nos études, de nos familles et de ce qui nous avait poussé à faire telle ou telle chose. Quand j’évoque ce qui m’a encouragé à faire des études, à persévérer alors que tous les autres membres de ma famille n’ont pas même le bac, les gens ont du mal à le croire. Car je me rappelle exactement avoir subi les mêmes découragements pour l’école que mes coreligionnaires, ce même atavisme prolétaire qui met très tôt dans la tête ce « C’est pas pour toi. ». Et cela est encore renforcé par des parents laxistes ou des ridicules « Tu seras avocat mon fils. ». Les jalousies de certains aussi qui me regardaient d’un mauvais oeil et qui susurraient : « Encore des études ? » comme si j’étais une feignasse. Si si, ça existe. Je me remémore parfaitement l’envie d’arrêter le collège par exemple, et cette étrange autopersuasion de l’inutilité d’étudier.
Mais alors que l’adolescence pointait le bout de son nez, à peu près au début de la cinquième pour moi, j’ai commencé à vaguement comprendre ce que j’étais. Et c’était très clair, j’étais une engeance. Une monstruosité, un anormal, une horreur, une honte et je finirais probablement détesté de tous, et surtout de ceux qui me montraient le plus d’amour, de ceux que j’aimais le plus au monde, papa et maman. Oui c’est à peu près l’idée que j’avais de moi à l’époque, et ce curieux souvenir, cette impression prégnante, me procure encore des frissons d’angoisse quand j’y repense.
C’est aussi à peu près à cette époque que je voulais mourir, je voulais disparaître, et je voyais d’un oeil assez heureux la possibilité de passer l’arme à gauche, juste pour éviter une vie trop difficile, un présent insupportable et un futur que je ne voyais qu’en noir. Le suicide chez les ados ? Oh comme je le comprends, comme je n’ai pas une minute oublié les affres et le spleen de cette funeste période.
Et tout cela vous l’aurez compris était simplement lié au fait d’être pédé. Rien d’autre en fait. Car ça allait vraiment bien pour moi, je ne suis même pas d’une famille homophobe (j’ai même un oncle homo), et je n’avais aucune raison concrète de m’en faire. Mais vous savez bien, à cet âge, la raison…
J’étais donc une engeance, mais il y avait un truc qui était plus fort que cela, c’était l’amour que je portais à mes parents. Et mon principal problème, mon unique problème, était que j’allais les décevoir, j’allais être leur honte et leur fardeau, ils n’allaient certainement plus m’aimer. Alors il ne restait qu’une chose, je devais les rendre fiers de mes études. Je sentais que c’était un domaine dans lequel je pouvais tirer mon épingle, et qui ne dépendait vraiment que de moi (j’étais déjà très porté sur Marc-Aurèle sans le savoir). Et je ressentais leur anxiété pour notre futur à mon frangin et moi, et comme ils étaient contents quand nous réussissions.
Eh bien, c’est la seule chose qui m’a motivé toutes ces années. Il y a eu d’ailleurs un vrai changement dans mon comportement au collège, et j’ai accumulé les “félicitations” et les bonnes notes pendant les cinq années suivantes. Tout ce qui importait c’était le sourire de mes parents, leurs gentils mots et quand je les entendais m’évoquer à leurs collègues ou amis. Après le bac, j’ai grandi aussi (enfin !!), et peu à peu je me suis détaché de ce principe un peu réducteur. Je suis sérieusement devenu pédé, et juste très fier de moi. Enfin “moi”, je pouvais voir l’avenir avec un peu plus d’optimisme et de sérénité.
Je conserve tout de même cette empreinte de l’adolescence, et j’ai toujours ce satané besoin de reconnaissance de mes parents. Heureusement, ils ne sont pas avares de preuves de leur considération et fierté de leur fiston. Et ce trait, cette névrose, n’est pas étranger du tout au choix d’entreprises dans lesquelles je suis allé. Il fallait que ce soit quelque-chose qui leur plaise, qui les rassure et qui les enorgueillisse encore. J’ai réussi à me faire violence et à lutter contre cela, mais j’avoue que j’ai du mal, et que c’est une de mes facéties les plus difficiles à contrôler.
Avec le recul, tout cela me donne le vertige. J’ai étudié parce que je voulais que mes parents continuent à m’aimer, parce que mon homosexualité allait les faire me détester. Je suis très heureux aujourd’hui, et d’avoir fait des études, et d’être pédé. Donc c’est aussi cette béquille, cette bizarrerie, qui m’a rendu plus fort, qui a contribué à mon émancipation (Alléluia !). Sinon… mais avec des si !
Je me dis que j’ai au moins eu cette chance, alors que tant se donnent encore la mort de désespoir. Je suis heureux d’une chose en tout cas, c’est de ne pas oublier, d’avoir réussi à fixer les émotions et quelques ressentis de mes vertes années (mon premier “affect” date du CP). Tout cela est tellement utile pour mieux se construire, mieux se connaître, conserver son humilité, et éviter de juger autrui à l’emporte-pièces. Scripta manent.
Quand j’ai vu que ce roman de Véronique Ovaldé avait eu le prix Télérama/France Culture, que c’était édité à l’Olivier, et que la quatrième de couv avait l’air sympa, je n’ai pas hésité. Bon, parfois ça marche, et puis parfois ça ne marche pas. Là ça a carrément foiré.
Je n’ai pas du tout accroché avec ce roman. Je l’ai bien lu jusqu’au bout (je n’arrête jamais un bouquin en cours, comme un film au ciné d’ailleurs, ce sont parfois les cinq dernières pages ou minutes qui remportent l’adhésion.), et jusqu’au bout je n’ai pas été du tout charmé par l’histoire, l’écriture ou les personnages. Il ne se passe pas grand-chose (mais parfois ça me plait), le style est aride (parfois aussi ça, ça peut me botter), les personnages ne sortent jamais de leur brume (ça peut avoir un certain charme mystérieux). Mais tout cela m’a juste emmerdé.
Le bouquin est une sorte de “polar romanesque”, qui commence par la mort d’Irina, d’un accident de voiture, qui laisse Lancelot veuf. Ce dernier se remémore alors la rencontre avec sa compagne, et en même temps qu’il revit cette relation amoureuse intense, il découvre peu à peu des pans entiers de la vie mystérieuse de sa femme. Car elle n’est pas vraiment morte dans l’accident, et elle avait des activités secrètes bien étranges… Lancelot veut savoir la vérité, et il va découvrir qui était vraiment Irina.
J’ai trouvé que le texte s’étendait en longueur pour faire des pages et des pages. Je ne doute pas que les fans de son écriture seront ravis, mais moi du coup ça m’a plutôt rebuté. En outre l’histoire n’avance pas, ne se conclut pas vraiment, ou alors trop facilement. On a beaucoup plus d’information sur ce deuil que Lancelot est en train de vivre, ce qui est la partie la plus intéressante et stimulante du livre, mais même cela je ne trouve pas que ce soit vraiment bien exploité. Du coup, ça m’a fait l’effet d’un film français chiantissime que les Inconnus auraient pu parodier.

Tout le monde, ou presque, y était hier soir. C’était un peu l’évènement il faut dire : le retour de Madonna sur scène ! Après le Reinvention et le Confessions tour, je ne pouvais pas manquer cela. C’est le genre de concert après lequel, même si des potes vous disent que c’était naze, on regrette toujours de ne pas y être allé, ne serait-ce que pour se faire sa propre idée. Mais bon là c’était au Stade de France, et je n’ai pas pu avoir autre chose que des secondes catégories, enfin à cent euros pièce tout de même. Et c’est bien là où le bât blesse…
Car ma principale déception vient du fait que j’étais looooooooooin et que je n’ai rien vu. Madonna était minuscule, et je pense qu’il y avait très peu de places où on la voyait vraiment bien. D’après les échos, les premières catégories n’étaient pas vraiment mieux loties. Du coup, c’est vraiment la fosse qui était “the place to be” pour profiter et du spectacle et de l’ambiance. Car où j’étais, les gens étaient plutôt statiques et on était véritablement trop éloigné pour prendre part aux festivités. Donc je ne peux pas dire que je suis rentré dans le show, et bien au contraire, je pense que je profiterais plus de revoir le concert en dvd.
Car à cette première impression mitigée, il faut ajouter quelques défauts inexcusables pour ce prix. En fait les décors étaient parfaitement adaptés à Bercy, et ç’aurait été un putain de concert là-bas, sans aucun doute. Cela a du aussi coller à la plupart des salles ou stades de la tournée, mais là non. Les écrans étaient de petite dimension par rapport à la distance et ne permettaient même pas de se faire une bonne idée du spectacle, et il n’y en avait pas assez. On avait vraiment l’impression que c’était un petit machin perdu dans un immense stade. Arghh. Le son n’était pas toujours nickel non plus, et la vidéo ne montrait même pas de plan d’ensemble, ou d’éléments propres à compenser la cécité de la plupart des spectateurs.
Bon, maintenant que j’ai bien parlé des choses qui m’ont déçu, il faut bien que je passe aux compliments. Huhu. Evidemment, je passe les fausses notes, la froideur de ce show tiré au cordeau, et le professionnalisme toujours aussi chirurgical de la diva. Madonna est Madonna. Tout va bien.
Je l’ai trouvé plutôt en forme en plus, belle et avec des fringues absolument superbes. Le décor est certainement moins mobile et les deux ex machina moins évolués qu’avant, mais les chorégraphies (de ce que j’ai aperçu au loin) toujours aussi enlevées et impeccables. J’ai aussi aimé le choix des chansons, et globalement les interprétations. Je ne suis pas trop fan des sonorités rockeuses de certains arrangements, mais ce n’est pas plus choquant que cela.
Je n’étais pas un immense supporter de Hard Candy, mais j’ai bien aimé ce qu’elle a fait des chansons de l’album durant le concert. C’était efficace et bien ficelé. J’ai beaucoup apprécié “Devil wouldn’t recognize” qui se joue derrière cet écran vidéo semi-transparent. L’effet de pluie était remarquable, et seyait vraiment bien à la musique (et elle chantait presque juste). Mais sinon ma préférence va à “Like a prayer” qui était un moment orgasmique. Même à cent kilomètres, j’avais des frissons et je chantais à l’unisson. “La isla bonita” aussi avec les tziganes avait le mérite de changer de registre, et proposait un interlude vraiment original et plutôt réussi. Les “clips” qui coupent le concert, ont été pas mal décriés à droite ou à gauche, alors que moi ça m’a relativement plu.
Madonna a une sacrée pêche en tout cas, et elle prouve encore qu’il lui reste quelques ressources. Elle bouge certes un peu moins qu’avant, et cela va sans doute continuer pour les prochains concerts, mais elle donne toujours des shows aussi efficaces. Je suis seulement terriblement déçu par ce lieu et cette scénographie globale (industrialisation oblige…)… Bouh. Du coup, j’espère vraiment que la prochaine fois, ce sera retour à Bercy, qui sur le coup, est grandement intimiste à côté du stade de France !
L’avis des copines : Arthur, Orphéus, Sociable, Ron, Vicnent.

Vous avez du voir la bédé qui a été publiée et traduite par rue89 et qui explique la crise des subprimes. Eh bien Poulpi vous l’explique avec ses mots, et c’est encore plus imagé et facile à comprendre !! Avec Kevin et Kelly, vous allez tout capter…
« Master Class » est une pièce mythique qui a besoin d’être portée par une sacrée actrice pour endosser le rôle de Maria Callas. C’est une pièce américaine de Terrence McNally, de 1995, et qui a été un grand succès à Broadway. Il s’agit d’un cours de chant donné par Maria Callas alors qu’elle a perdu sa voix, et qu’elle donne de rares “master class” à de chanceux étudiants. Pendant deux heures et demi c’est Marie Laforêt qui a litéralement incarné Maria Callas, et qui a prouvé là son talent de comédienne.
La pièce est une grande réussite à mon avis, d’abord pour son sujet qui est passionnant, à la fois ancien et en même temps proche, et qui réunit tout ce qui passionne : l’art, l’amour, le drame, la destinée d’une femme à l’énorme égo et véhément caractère. Mais il y a ce texte qui est vraiment très beau, et surtout cette veine américaine qui rend le spectacle prenant, émouvant, captivant. Non seulement on est intéressé par le fond, mais la forme est tellement distrayante et bien ficelée que l’on ne peut qu’adhérer au tout. Et évidemment, Marie Laforêt qui éclipse totalement les quelques comédiens-chanteurs qui participent à la pièce…
Marie Laforêt est Maria Callas. Elle paraît ensorcelée et hantée par son personnage, et on ne peut qu’applaudir cette performance. Elle allie une gestuelle, une manière de parler et surtout des intonations qui sont ce qu’on a retenu de la diva, et en même temps elle s’empare du texte pour le faire sien. Ce n’est plus une comédienne mais c’est Maria Callas qui vient nous faire son show, en même temps qu’une émouvante confession, celle de toute une vie.
Le spectacle est étonnant dans la manière dont il s’articule. J’ai été surpris de rire autant dans les manifestations de sublime bitcherie que nous offre la diva. Elle est tellement mauvaise avec les chanteuses et chanteurs, elle se met tout le temps en avant, que ce soit sa personne, son talent ou sa carrière. Et il faut avouer que ses réparties cinglantes et souvent méchantes sont très comiques. De plus, elle prend le public à parti, c’est comme si nous étions les élèves du cour, ce qui renforce encore notre “participation” au spectacle. Et de temps en temps, il y a un décrochage. Là c’est la femme qui parle, qui se souvient, qui revit ses vicissitudes, ses souffrances mais aussi ses grandes joies. Il y a les applaudissements de la Scala, la passion amoureuse d’Onassis, la perte de son enfant, les jalousies, les critiques, sa carrière et sa chute. Bref, elle se révèle et tout s’efface autour d’elle.
Ces moments encore une fois sont très très américains, et peuvent même paraître un peu “too much”, mais je crois que c’est LE personnage avec lequel on peut justement se permettre ce genre de chose. Je n’ai pas du tout été rebuté par la durée de la pièce, et certains moments où on l’entend chanter sont autant de rappels émouvants de l’artiste qu’elle fut.
Le seul souci avec Marie Laforêt c’est qu’elle a de moins en moins de “visage”, que sa bouche est tordue, son mythique regard part en couilles, et que de profil, elle ressemble à Johnny Halliday. Aïe aïe aïe, la chirurgie… Moi ça m’a un peu gâché certains passages, ou alors j’aurais aimé être quelques rangs plus loin. Heureusement son jeu est superbe, et elle fait rapidement oublier ce curieux masque blanc qui lui sert de visage.
Cette pièce est drôle, émouvante et captivante, on y retrouve vraiment ce qui fait la qualité des pièces de Broadway. Et il faut un talent certain pour nous tenir en haleine comme cela plus de deux heures. Mais comment ne pas aimer un spectacle qui présente la vie d’une bitchy diva totale fille à pédés, méchante comme une teigne, fière et talentueuse, déçue par l’amour et dont la vie n’a été que passions et drames. Bah justement, on aime !
