31 articles pour le mois de Octobre 2008

  • Outside
Je veux voir Otto ; or, Up with Dead People

Publié le Vendredi 31 Octobre 2008 - 19:35
Catégorie: Outside

Ah là là, en lisant le commentaire d’Ira, un de mes lecteurs de NYC (Youhouuuu je vais à New York dans moins d’un mois !!!), j’ai vu la bande-annonce du dernier film de Bruce LaBruce. J’ai évoqué ce dernier dans un célèbre article (huhu), puisqu’il est le réalisateur du fameux “Hustler white” qui m’avait sacrément marqué à l’époque.

Et il se trouve que la semaine prochaine c’est le Festival de films gays et lesbien de Paris !!! Et voilà :

Otto ; or, Up with Dead People - Bruce LaBruce

Donc je vais essayer d’y aller, le film a l’air carrément chelou et à ne pas rater, et ce serait marrant de voir Bruce LaBruce !! Donc vendredi prochain au Rex, vous risquez de m’y trouver. ;-)

Sinon rien à voir, mais j’adore l’affiche du festival (elle est toujours relativement réussie).

Festival de films gays et lesbiens de Paris

  • Outside
De la difficulté d'être un personnage public…

Publié le Vendredi 31 Octobre 2008 - 18:31
Catégorie: Outside

… et de se retrouver sur toutes les affiches…

Sur le mur !

… ou même dans les musées…

A la Wharhol !

… et sur les ticheurtes du premier quidam qui passe !!

A la Madonna

Cette vie, je n’en peux plus !!!!

Vous aussi vous pouvez vous la péter, hu hu hu, via le roncier (et Embruns avec qui je partage beaucoup de bonnes lectures).

  • Matooyage
Glissement de temps sur Mars (1964)

Publié le Jeudi 30 Octobre 2008 - 23:45
Catégorie: Matooyage

Allez hop, deux à la suite, j’ai dévoré un autre roman de Philip K. Dick. Et celui-ci est un peu plus facile à appréhender que « Simulacres », même si on retrouve encore les gimmicks si chers à l’auteur. Et notamment la schizophrénie qui est un des éléments centraux de cette intrigue martienne. Ce qui est marrant aussi c’est de découvrir ce bouquin et de penser rapidement à « Total Recall », dont j’avais carrément oublié qu’il était basé sur un bouquin du maître. Et en effet, la nouvelle qui a donné lieu à ce film deSF devenu un classique, « We Can Remember It for You Wholesale », date de 1966.

Nous sommes donc sur la planète Mars, que les hommes ont colonisé pour fuir une Terre un peu trop peuplée. La vie est dure sur Mars, car l’eau est rare, et l’industrie presque inexistante. On ressent un peu l’ambiance comme celle de pionniers dans un pays un peu sauvage, et dont les hommes forts sont les maîtres. Il y a malgré tout une population autochtone (évidemment il faut se détacher des connaissances actuelles de la planète) qu’on appelle des bleeks (et qui ont la peau noire). Jack Bohlen est réparateur, et il fait vivre ainsi sa famille, il a d’ailleurs fuit la Terre après une grosse crise de schizophrénie, dont il s’est remis. Un nabab local, Arnie Kott, croit en cette théorie qui fait de l’autisme une sorte de don de prescience. Ainsi pour prévoir l’avenir, il veut utiliser Jack afin de communiquer avec Manfred, un gamin autiste, schizophrène et incapable de communiquer.

Cette théorie un peu dingue est vraiment passionnante, elle part du postulat que Manfred ne peut pas communiquer avec ceux qui l’entourent car il est en décalage avec son environnement, en décalage temporel. Ainsi il verrait le futur, et sa maladie est sa seule échappatoire… En effet, Manfred vit dans son monde, mais au bout d’un moment on se demande si son pouvoir n’est pas en fait de pouvoir aspirer les gens dans ses visions, et ces visions du futur ne sont pas vraiment idylliques…

Et les imbrications des pensées des uns dans les autres, le retour en force de la schizophrénie de Jack, les ambitions morbides d’Arnie, les errements mystiques et désespérés des bleeks, le désespoir de cette mère de famille qui alterne entre barbituriques et amphétamines… Tout cela donne un roman à la SF bien élaborée et visionnaire, avec un subtil flou schizophrènique qui s’empare peu à peu du lecteur, et vous plonge dans une ambiance bien singulière. Philip K. Dick était vraiment un écrivain génial, car il écrit bien de la SF, mais il en profite pour être tout à fait actuel (et surtout sur les années 60 qu’il vivait) et critique de la société américaine à la “Desperate housewives” tout en nous recollant une bonne histoire de schizo là-dessus.

Ce livre là est beaucoup plus digeste et classique que « Simulacres », même s’il faut s’accrocher lorsque la réalité commence à perdre sa consistence prosaïque. Et jusqu’au bout du bouquin, on ne sait pas à quel point on aura pu se leurrer.

Glissement de temps sur Mars (1964) - Philip K. Dick

  • Linkage
Reviens sale bête !!

Publié le Jeudi 30 Octobre 2008 - 22:50
Catégorie: Linkage

Sale Bête a plus ou moins décidé de raccrocher ses gants. Quel dommage, depuis le temps (immémoriaux) que je le lis avec délectation !! On dirait moi quand ma maman a trouvé mon blog, et que je me posais des questions… Espérons que cette idée lui passe, ou qu’il revienne autrement !

  • Matage
  • Télévisage
Relations maîtres-domestiques

Publié le Vendredi 24 Octobre 2008 - 22:58
Catégorie: Matage, Télévisage

Ah là là, ça faisait longtemps. C’est fou mais visionnage après visionnage, ça me fait toujours mourir de rire, et souvent ce sont des scènes que j’avais oubliées qui refont mouche comme la première fois. Même la première saison, avant l’arrivée de la merveilleuse Brenda, était un déluge de gags vraiment drôles (en tout cas compatible avec mon humour).

  • Exposage
« China Gold » au musée Maillol

Publié le Jeudi 23 Octobre 2008 - 23:28
Catégorie: Exposage

C’est un peu con de parler d’une expo lorsqu’elle est terminée, mais j’y suis allé in extremis le dernier jour. Et comme j’en parle plus pour moi que pour vous, j’m'en fous ! :mrgreen:
J’avais eu la chance incroyable (je dis cela car j’étais tellement seul, que je pense que cette expo avait malheureusement fait un bide…) de visiter tous les lieux investis par de jeunes artistes contemporains chinois l’été 2005, tenez-vous bien : à Montpellier ! Il s’agissait même de la première Biennale d’Art Contemporain Chinois de Montpellier. Truc de ouf. Il se trouve que j’avais adoré cette exposition, par sa richesse et son originalité, dans le fond comme dans la forme. Et cette découverte de l’art contemporain chinois m’avait totalement émerveillé.

« China Gold » me fait donc une petite impression de redite, et une copie un peu palote de l’impressionnant déploiement montpellierain. Mais c’est à Paris, alors forcément, PERSONNE n’a fait le rapprochement. Eh bien moi OUI, je vous le dis : Montpellier l’avait fait avant !! (Je vous ai dit que j’aimais bien cette ville ?) Mais l’exposition du musée Maillol a d’autres atouts, dont un accrochage un peu plus thématique et fouillé, et surtout une kyrielle d’informations disponibles sur chaque oeuvre et artiste (ce qui est apréciable, surtout dans ce domaine artistique parfois un peu abscons au néophyte).

J’aurais adoré retrouvé l’artiste Liu Jianhua dont j’avais tellement aimé l’oeuvre en porcelaine de Montpellier, mais elle n’était pas à Maillol. Par contre, j’ai tout de suite reconnu les photographies de Wang Qingsong qui m’avaient énormément impressionné à l’époque. Et oh combien stupide j’ai été, j’ai raté Yang Fudong dont les vidéos et l’installation dans un amphi de pharma dans le vieux Montpellier m’avait plus que fasciné. Ce dernier exposait à Maillol une vidéo dans une petite pièce où il y avait déjà beaucoup de monde, et j’ai zappé ça comme un con. Je le regrette amèrement.

Mais « China Gold » a aussi été l’occasion de découvrir de nouvelles tendances et de nouveaux artistes pour moi. Pas de rupture par rapport à ce que j’avais constaté en 2005, mais une belle continuité sur des thèmes politiques ou sociaux qui étonnent souvent de la part d’un pays “réputé” totalitaire. On y trouve beaucoup de styles très analogues à des courants européens, et aussi quelques particularités. Je n’ai pas été fan des oeuvres les plus conceptuelles, mais beaucoup plus des peintures et des photographies, sauf quelques exceptions. Et dès que les artistes étaient réputés pour leur style reconnaissable, et qu’on comprennait par là “bankable”, j’aimais aussi beaucoup moins. L’affiche de l’expo par exemple ne m’a jamais branché, et même si c’était un peu mieux en vrai (les visages ont l’air de porcelaine, en même temps que les couleurs sont flashy au possible, et il s’en dégage un truc acidulé qui réveille bien). Tout ce qui est de l’ordre du ready-made aussi ne me touche pas vraiment, ou alors il me faut une touche d’humour ou d’ironie, quelque-chose en plus.

Dans les fleurons de l’expo à mon avis, il y a les photos de Wang Qingsong. Ce type raconte des histoires incroyables en un cliché, comme si tout un film, tout un libelle et un évident manifeste, étaient véhiculés en un regard. Extraordinaire. J’ai aussi beaucoup aimé les oeuvres de Ma Liuming qui apparemment a l’habitude de se mettre en scène dans son art, entre le body-art et des performances basées sur son androgynie. Là il se figure sous les traits de bébés (en fibre de verre) très réaliste et avec ce brillant si vif, mais avec son visage adulte… Très impressionnant et dérangeant.

Ma Liuming

Ma Liuming

Il y a aussi cette grande statue d’acier de Mao qui trône à l’extérieur du musée, une oeuvre de Zheng Lu. Un Mao en acier inoxydable mais en forme de bidibulle ? Hé hé hé, j’aime beaucoup la métaphore. Ok, il ne passera pas de sitôt aux oubliettes, mais il va subir bien des intempéries… On peut en broder des images sur ce sujet, et j’aime quand l’art contemporain nous offre de telles occasions.

Zheng Lu

J’ai adoré les oeuvres photographiques de Cui Xiuwen, et notamment celle-ci qui montre une jeune fille multipliée par des centaines sur le cliché, et qui a l’air enceinte et très “embarassée”.

Cui Xiuwen

Enfin plus classique, une sympathique image pop revue et corrigée par Jiao Xingtao qui s’amuse avec diverses postures d’un chewing-gum Wrigley’s géant. Il y avait une série de 6 ou 7 de ces chewing-gum dans des pliures ou états de torsion différents.

Jiao Xingtao

Et en conclusion, cerise sur le gâteau, mais c’est une banane. Et pas n’importe quelle banane puisqu’elle figure comme un ouroboros !!! Simple ironie, foutage de gueule ou message transcendantal ? J’en sais rien, mais j’aime bien. Et je ne sais plus de qui est cette peinture… :hum:

Ouroboros banane

Bon bah, vous pouvez plus y aller à cette expo, alors cherchez pas. Huhu.

« China Gold » au musée Maillol

  • Boukinage
Simulacres

Publié le Mercredi 22 Octobre 2008 - 23:52
Catégorie: Boukinage

Hey, ça fait tout de même le onzième bouquin de K. Dick que je chronique dans ce blog ! Du coup, j’ai bien dû en lire une quinzaine en tout maintenant ! Je suis vraiment toujours aussi fan du maître, mais il faut avouer que ce bouquin là est vraiment à la limite du supportable. C’est le bouquin de K. Dick le plus étrange, complexe et décousu que j’ai lu, mais ça reste encore truffé de très bonnes choses.

Nous sommes en 2040, la Terre a subi bien des guerres, et finalement une bonne partie de sa surface est dévastée et radioactive. Les gouvernements se sont réorganisés, et les Etats-Unis englobent même l’Allemagne, d’ailleurs beaucoup de mots “administratifs” du bouquin sont tirés de l’allemand. Etrange… La société aussi est organisée de manière singulière, nous y trouvons deux castes assez distinctes avec les Ges, ceux de la haute, et les Bes , le reste de la population. La notion même de pays est toute relative puisque les gens se sont regroupés dans des “immeubles” qui sont de véritables tribus dont les règles de vie sont draconiennes, mais permettent de maintenir un sentiment d’appartenance très particulier. Le plus dingue, c’est que le pays est dirigé par un président, der Alte, qui est un robot, un simulacre, et seuls les Ges sont au courant. Le véritable maître du pouvoir est la première Dame, Nicole Thibodeaux , mais on apprend aussi qu’elle n’est qu’un mannequin qu’on remplace régulièrement avec des filles ressemblantes, pour qu’elle conserve sa jeunesse et sa beauté.

Ajoutez à cela, des personnages et des intrigues qui sont multiples et plus ou moins liés, mais le tout sans une narration très organisée, ou qui permette de suivre un fil. Du coup, la lecture commence et on retient les intrigues au fur et à mesure, et les personnages, mais au bout d’un moment ce n’est pas une sinécure, car on amoncelle les informations sans avoir de liant évident.

Tout commence en tout cas par la mise hors la loi des psychanalystes, grâce au lobby d’une puissante industrie pharmaceutique qui arrive à convaincre du seul bien-fondé des traitements chimiques. Le dernier psy du monde, le docteur Egon Superb , va être un lien intéressant entre toutes ces intrigues… En effet, il est approché par Nicole, mais aussi par un pianiste, doté de télékinésie et schizophrène, ou bien deux frères qui ont des problèmes conjugaux, un type qui permet aux gens de fuir sur Mars, des journalistes qui cherchent un scoop etc. Mais jusqu’au bout, le bouquin reste un peu énigmatique, tout en instillant des images dickiennes toute familière. On y retrouve bien son affection pour la schizophrénie, les voyages dans le temps qui permettent l’uchronie, et notamment la manière dont l’idéologie nazie n’est jamais loin des totalitarismes. Evidemment aussi, la réalité et ses artifices sont des notions rebattues dans l’oeuvre de K. Dick qui trouvent naturellement leur place dans cet univers dirigé par un “simulacre”.

C’est un livre pas évident à décrypter pour les béotiens, mais qui m’a drôlement intrigué, et que j’ai beaucoup aimé rétrospectivement. Il possède vraiment toute la mythologie de K. Dick, et même s’il n’a pas la veine romancière “facile”, et donne du fil à retordre, il délivre aussi des clefs importantes de l’univers de l’auteur. On y trouve aussi toujours quelques trouvailles qui sont bien originales, comme des artefacts du futur à la fois très futuristes et terriblement obsolètes pour nous. Par exemple, un journaliste utilise un magnétophone pour enregistrer ses interviews, mais l’outil en question est motorisé par une bestiole semi-vivante de je ne sais plus quelle planète…

Bon clairement, je ne conseille ce bouquin que pour les fans.

L’avis mal encodé de mon pingouin préféré : Pingui.

Simulacres - Philip K. Dick

  • Magazinage
Vendredi

Publié le Lundi 20 Octobre 2008 - 23:19
Catégorie: Magazinage

Un nouveau canard en kiosque qui ne reprend que des articles de blog pour contenu, il fallait que je découvre cela ! Et après tout le bien que je dis de Courrier International ici, j’étais assez agréablement surpris par les quelques papiers que j’ai lu du directeur, Jacques Rosselin, lui-même ancien fondateur du Courrier. D’autant plus qu’on y retrouve aussi un ancien rédacteur en chef de Marianne (Philippe Cohen), ainsi que notre copine en chef : Pierre Bergé. Du beau monde, et bien de gauche comme j’aime, car il faut l’avouer, et on s’en rend compte en le parcourant, c’est bien un journal de gauche !!!

On trouve donc dans cet hebdo, qui sort évidemment le vendredi, un résumé de l’actualité de la semaine écoulée via le prisme blogosphérique. On reprochera bien le côté ouvertement gauchiste de la chose, on dirait le Canard Enchaîné qui se serait retrouvé dans la maquette de Courrier International… Mais pour moi évidemment, ça le fait. Et le fait de récupérer ainsi l’aspect le plus trublion et franchement gonflé de certains propos de blogueurs est vraiment plaisant.

Par contre, ce n’est pas encore un tri en profondeur de la blogosphère. Ont été récupérées des sources bien “officielles” et proprettes malgré tout, donc j’espère que les prochains numéros iront un peu plus fouiller et glaner les perles qui se cachent sous la surface de la blogopopularité. En outre, les blogueurs dont on utilise le contenu sont rémunérés, ce qui est plutôt réglo et notable. Ce que j’aime dans cette démarche, c’est cette manière de fixer ainsi sur le papier, une fois par semaine, des articles de blog qui vont ensuite aller rejoindre des archives virtuelles bien enterrées. On n’a pas l’habitude de les voir ainsi rassemblés et mis en scène, et surtout figés dans une rémanence classique de l’information. Ce contenu accède alors à une certaine tenue, et là, étrangement, ça passe assez bien.

J’ai tout de suite pensé à l’aventure Netizen, et je souhaite une meilleure destinée à ce support, qui a d’autres objectifs et qui n’est pas vraiment comparable. Mais je persiste à penser que Netizen aurait pu être un excellent magazine (et Cyril Fievet certainement un excellent rédac chef). Concernant Vendredi, autant j’aime bien la maquette, autant le format même du journal, même s’il est original, est rédhibitoire pour moi. Ah non vraiment, les journaux papiers qui ne sont pas lisible sans avoir une grande table pour les étaler, c’est insupportable. Et là il mesure cinquante centimètres de haut, est impliable pour le lire dans le métro, et globalement anti-ergonomique. Mais du coup, pour un truc issu du web, c’en est presque comique. Par contre, cela me freine carrément pour l’achat du prochain. Un journal qu’on ne peut pas lire dans les transports, ça ne m’intéresse que moyennement du coup.

Je ferai tout de même l’effort cette semaine, histoire de donner un coup de pouce supplémentaire (1€50 le canard, c’est pas ruineux en plus), et puis pour me rendre compte de la manière dont il évolue.

Vendredi.info

  • Linkage
Le haïku du jockstrap !!

Publié le Lundi 20 Octobre 2008 - 19:35
Catégorie: Linkage

Et voilà comment un innocent concours de haïku à la jujupiter se termine en exhibition d’un Erwan au fessier d’un galbe bien appétissant. Il paraît que c’était juste pour montrer son cadeau, mais ouiiiii ! Alors moi je dis c’est honteuuuuux ! Encoooooooore, encooooooooore !!! Rhaa lovely!! :mrgreen:

  • ThéâtrOpérage
() : Tragédie pour deux espaces

Publié le Dimanche 19 Octobre 2008 - 23:40
Catégorie: ThéâtrOpérage

Parfois, j’aime bien aller voir un spectacle vivant, type théâtre, pour aussi aller voir autre chose. Eh bien là, j’ai été servi, et comme je ne m’y attendais absolument pas, ce fut encore plus une surprise. Cette performance théâtrale (c’est le qualificatif qui me paraît le mieux adapté) s’est déroulé au théâtre Naxos-Bobine dans le 11e arrondissement, pas très loin de chez moi en fait, et une quinzaine de personnes étaient invitées à partager ce moment. L’auteur, comédien et metteur en scène de ce spectacle est Franck Mas, et je ne connaissais pas sa démarche. Je n’avais lu que quelques mots sur cette pièce, et le fait qu’il s’agissait d’un diptyque dont c’était la première partie.

Voilà ce qui s’est passé. Nous sommes descendus au sous-sol où se trouve la salle de représentation, elle était plongée dans le noir. Nous avons donc été accompagnés à nos sièges dans la pénombre, seulement éclairés d’une lampe de poche. Après quelques minutes, plongés dans un noir absolu (le genre de noir où l’on ne voit pas ses mains), le spectacle pouvait commencer.

C’est alors qu’une voix a point dans la nuit, et on ne sait bien d’où, Franck Mas a commencé à nous conter “son” histoire. Apparemment, un homme bien seul et qui souffre de cette condition, donc les jours se suivent et se ressemblent, fait de passages au cybercafé, et de l’absence cruelle de l’autre. Les récits de ces mornes journées sont parfois répétitifs, et on comprend que l’homme attend des nouvelles d’une personne, et personne ne répond.

Bref, vous êtes dans le noir complet, et un type vous raconte une vie la plus vide possible d’un quidam. Le truc chiant par excellence donc, mais qui prend tout son intérêt dans la manière dont le comédien rend cette vacuité. Je sais que je peux apparaître pédant en disant cela, mais il y avait un véritable intérêt dans la démarche même de l’auteur. Car il réussit à signifier l’ennui et le désespoir de son narrateur, de son protagoniste, en nous plongeant dans le noir et en parlant sans cesse, tout en ne racontant rien d’extraordinaire. Le comédien est là, sans être là, il est dans le noir, et image le vide, en ne racontant rien, tout en meublant. Bah c’est dingue, mais j’ai trouvé cela drôlement intéressant. Pas révolutionnaire dans la forme, maisinterpelant.

Etre dans le noir comme cela fait oublier au bout d’un moment son propre corps. En outre, on se focalise beaucoup plus sur ses autres sens, et surtout l’ouïe. Du coup on essaie de faire le moins de bruit possible, et un simple raclement de gorge semble emplir tout l’espace. La parole du comédien prend alors beaucoup plus d’ampleur, et paraît ne plus avoir d’entrave avec le spectateur. C’est une sensation étrange, comme si ses mots s’imprimaient directement en nous. De plus, étant vu de personne, on peut faire ce qu’on veut. “Regarder” à gauche à droite, faire des bisous à son voisins ou le tripoter impunément (hu hu), simplement ne pas écouter le comédien, ce que j’ai fait à plusieurs reprises. En effet, ce discours lénifiant m’a parfois un peu perdu, et être plongé dans l’obscurité m’a donné une sorte d’impunité assez curieuse à expérimenter (j’ai même du me mettre les doigts dans le nez, ah ah). Mais indéniablement, on serefocalise sur la parole qui résonne dans ce lieu confiné, et qui peut aussi donner une certaine claustrophobie (renforcée par l’obscurité).

Mais le plus surprenant, le plus flippant, c’est la fin du spectacle. Car la lumière revient peu à peu, mais très très très lentement, et on voit alors la scène… Le “personnage”… On a peur, on se demande, on scrute les ombres et les imperceptibles mouvements, et ces yeux qui brillent dans le noir, cette vie qui palpite en cette “chose”… humaine, animale ? Oui on voit mieux… Une sorte de révélation.

Bref, ce n’est pas le truc le plus extraordinaire qu’il m’a été donné de “voir”, mais j’ai vraiment apprécié l’expérience et la démarche de Franck Mas. En fait, j’adorerais voir la seconde partie de ce diptyque qui est complètement différente.

() : Tragédie pour deux espaces, théâtre Naxos-Bobine

  • Matage
  • Télévisage
You make mother Teresa look like a hooker!

Publié le Samedi 18 Octobre 2008 - 21:44
Catégorie: Matage, Télévisage

Il y a quelques temps, je me suis refait pour la ennième fois le dvd de “Peter’s Friends” qui est un film absolument génial. Il s’agit vraiment d’une perle des années 90, qui image d’ailleurs avec une certaine perfection l’ambiance de ces années, et surtout de cette génération qui était ado dans les années 80. Un de ces films anglais à l’humour décapant, aux personnages succulents et acidulés, avec des dialogues qui font mouche tout le temps, et des situations tragicomiques qui mêlent avec beaucoup d’habileté des saynètes très drôles avec d’autres passages plus dramatiques.

L’histoire, c’est celle de Peter (nous sommes au jour de l’an 1992) qui est un riche héritier anglais, et qui vient de perdre son père. Le voilà donc dans son immense manoir à la campagne, et plutôt seul, mais il garde un souvenir ému de ses amis d’il y a une dizaine d’années (le film commence par une inoubliable soirée de jour de l’an 1982), et qu’il a peu revu depuis. Il décide donc de les rassembler pour une fête qui leur permette de se retrouver un peu, et qui lui donnera aussi l’occasion de leur annoncer quelque-chose d’important et plutôt grave dans sa vie.

Le groupe d’amis se rassemble donc, et évidemment, dix ans plus tard les désillusions apparaissent… Les couples ne sont plus ce qu’ils étaient, les amitiés se sont érodées, certains sont restés dans leurs us d’adolescents, attardés donc, d’autres ont tenté de faire carrière… Bref les adultes et les adolescents ne font pas toujours bon ménage. Un des énormes personnages du film est celui de la femme de Kenneth Brannagh qui est une actrice américaine qui joue dans un soap, Carol Benson (Rita Rudner). Il y a aussi la pauvre Maggie (Emma Thompson) qui veut absolument se marier avec Peter, vu qu’ils sont amis depuis très longtemps, et tous les deux célibataires.

Les retrouvailles sont parfaites, mais elles tournent vite court. Et avant même la soirée de nouvel an, il y a de l’électricité dans l’air. Une des scènes que je trouve irrésistible, c’est justement lorsque les couples sont presque tous fâchés, et que Maggie vient de se faire mettre un beau rateau par Peter (en débarquant toute nue dans la chambre de ce dernier). Maggie va dans la cuisine pour se bourrer la gueule, et elle y trouve Carol qui, excédée par son mari, fait une crise de boulimie…

(J’ai essayé de mettre la scène en contexte, donc l’action commence plutôt après une minute ! Et soyez indulgents pour les sous-titres, la synchro et la traduction sont de moi. Huhu.)

Cette dernière réplique est la plus queer qui soit !! Et ne parlons pas du dialogue complet !! :mrgreen:

  • Outside
Narvals

Publié le Samedi 18 Octobre 2008 - 0:47
Catégorie: Outside

narvals

[source : Paul Nicklen/National Geographic Image Collection]

Merci à un sympathique lecteur pour la référence !