29 articles pour le mois de Décembre 2008

  • Boukinage
Je suis né un jour bleu (Daniel Tammet)

Publié le Mardi 30 Décembre 2008 - 23:39
Catégorie: Boukinage

Daniel Tammet est un anglais qui est connu pour avoir des capacités mentales assez extraordinaires, tout en étant atteint d’une forme particulière d’autisme. Une sorte de Rainman mais beaucoup moins socialement handicapé, et ce livre est son autobiographie. Lorsqu’on connaît ce garçon, pour l’avoir vu sur des plateaux de télévision (en France notamment), on retient brièvement cette histoire de mémoire prodigieuse, de récitation de milliers de décimales de pi (22 514 pour être exact), et globalement ce sobriquet d’homme-ordinateur.

Après avoir lu ce bouquin, et c’est son extrême valeur, on est seulement marqué par sa sensibilité, sa finesse et son incroyable regard rétrospectif (et introspectif). Fini le phénomène de foire vaguement intéressant, et on retient alors son nom et son parcours. Daniel Tammet, un homme de bientôt trente ans, touché par le syndrome d’Asperger, qui a une activité professionnelle, qui est gay et mène une vie amoureuse épanouie avec son compagnon Neil.

Le livre est passionnant parce qu’il raconte une histoire vraie et vraiment palpitante, mais aussi parce que son auteur, et le héros principal du bouquin, est d’une touchante sincérité. Evidemment ce n’est pas de la grande littérature, et on retrouve dans le style de Daniel Tammet toute sa rigueur mathématique et son immense préciosité à poser les choses, à décrire les situations et à construire méthodiquement phrases, paragraphes, chapitres. Les faits parlent simplement pour lui, et achèvent rapidement de nous détacher de l’homme-ordinateur pour nous attacher tout à fait à la vie de ce garçon, somme toute ordinaire.

Un des éléments les plus émouvants est certainement l’évocation constante de la famille et de l’entourage familial, qui n’a été pour Daniel Tammet que soutiens, encouragements et énormément d’amour. Il s’agit d’une famille très nombreuse, car l’auteur est l’ainé de 9 enfants, mais il décrit toute la complexité et le bonheur d’une telle fratrie, malgré une situation financière précaire. En tant qu’autiste, il avait à la fois besoin d’un certain respect de ses « rituels » mais aussi beaucoup de « stimulations », et cette famille lui a apporté un peu de tout cela. J’aime beaucoup quand il explique que ce n’était pas évident d’être l’ainé de tous alors qu’il était plutôt fragile en comparaison de ses cadets, mais il avait un pouvoir de grand-frère indiscutable : Il pouvait leur lire des histoires !!

Il est aussi assez cocasse de découvrir que l’ordinateur et surtout l’internet est perçu par Daniel Tammet comme un outil majeur de son émancipation. En effet, c’est pour lui un moyen de travailler sans contrainte horaire ou des collègues, ce qui serait presque impossible avec sa « maladie », tandis qu’il n’aurait jamais fait la connaissance de son petit-ami sans ce moyen. C’est marquant de lire une chose pareille car c’est à peu près diamétralement opposé à la classique diabolisation du réseau, qui déshumanise et empêche de s’ouvrir aux autres (ce qui est une grosse connerie…).

Ce qui est fascinant pour moi chez Daniel Tammet, c’est cette faculté de se raconter ainsi après avoir décrit toutes les difficultés qu’il a pour l’empathie, pour comprendre notre monde, et pour réussir à y survivre. Il doit sans arrêt faire des efforts pour décoder ce qui nous paraît naturel et inné, il doit aussi maîtriser ses peurs paniques qui sont nombreuses et complexes. On a du coup l’impression qu’il utilise son intelligence aussi comme bouclier contre notre monde, et comme tampon pour rationaliser et donc rendre digestes à son cerveau des informations qui rendent certains autistes totalement « hors-service ». Sa lucidité sur les choses, sur son évolution et les différentes étapes qui l’ont amené à écrire ce bouquin, est remarquable. Inutile de dire que j’ai été bouleversé par le livre et le garçon…

La facette autiste-savant qui est la véritable figure de proue de tout le plan de com du bouquin n’est évidement pas à mettre de côté. C’est aussi pour cela qu’on connaît Daniel Tammet, pour avoir notamment voulu faire connaître l’autisme en récitant ces 22 514 décimales de pi en public. Et ensuite, en réalisant le challenge d’apprendre l’islandais en quelques jours, car Daniel Tammet est diablement doué dans l’apprentissage des langues. Mais le plus intéressant, c’est plutôt d’apprendre qu’il utilise ses capacités synesthésiques pour réaliser tous ces prodiges. Car comme Kandinsky peignait des sons et des couleurs, l’auteur nous explique qu’il voit les nombres, et que les calculs qu’il effectue ne sont que des combinaisons de formes et de couleurs. Il fait de même pour retenir les décimales de pi, ou bien les mots de vocabulaire d’une langue étrangère. Il est donc « né un jour bleu », car le mercredi est de couleur bleu.

Enfin, Daniel Tammet est gay, et chrétien. Carrément ! Il évoque encore une fois de manière très didactique et simple ces deux faits. Même si le second me paraît toujours fort surréaliste (huhu), le premier me parle plus, et sa démarche est d’autant plus touchante et percutante. En même temps, tout se fait chez lui par pur examen logique, donc dès le moment où il a « déduit » cet état de fait, il ne s’agissait pas vraiment d’un problème.

Je vous conseille vivement ce bouquin, il se lit très rapidement et est assez « facile », mais son contenu recèle une richesse insoupçonnée. En le lisant au delà du simple phénomène, Daniel Tammet nous découvre aussi une partie de son monde intérieur. Et de la même manière qu’il fait les efforts pour communiquer avec nous, il nous invite aussi à partager ses visions colorées du monde.

Je suis né un jour bleu (Daniel Tammet)

  • Matage
  • Outside
Jon Lajoie

Publié le Mardi 30 Décembre 2008 - 20:36
Catégorie: Matage, Outside

Jon Lajoie est un montréalais (moitié anglo par sa mère, et frenchy par son père) qui sévit sur internet depuis un peu plus d’un an avec des vidéos totalement déjantées. C’est aussi un comédien qui joue dans l’Auberge du Chien Noir qui est un feuilleton télé québécois. Je ne connaissais pas du tout ce type avant quelques dizaines de minutes. Je ne sais pas comment je suis passé à côté vu qu’il a l’air d’être un vraie star du net. Mais j’ai été pas mal interpelé par cette vidéo-ci (comme par hasard) :

Mouahahaha. Le mec est vraiment super drôle, assez trashy et grinçant, mais finalement très élaboré dans ses compositions musicales ou ses ses textes de sketch. Apparemment, ça a commencé (comme souvent) par un délire entre potes, et puis la popularité sur youtube aidant, c’est devenu un débouché évident pour un comédien.

Son site web est tout à fait à l’image des vidéos qu’il diffuse sur youtube. Et cette vidéo de présentation de lui-même ne fait que confirmer mes soupçons : il est ouf.

J’aimerais bien l’entendre en VF, je suis sûr que l’accent québécois réduirait à peu près à néant ses efforts pour exceller dans l’humour noir. Gnark gnark gnark. :-)

  • Matooyage
Meilleurs voeux d'Australie

Publié le Dimanche 28 Décembre 2008 - 18:27
Catégorie: Matooyage

J’ai reçu une carte de bonne année de mon oncle qui vit en Australie. J’en avais parlé il y a quelques années dans un article, et aussi saupoudré sa présence dans quelques posts familiaux. Il a 67 ans, et vit depuis trois ans en Australie avec son mec.

J’avais reparlé de lui dernièrement alors que je confessais publiquement mes malversations adolescentes pour me procurer des cassettes de cul Falcon. Hu hu hu.

Eh bien, voilà ce qu’il m’envoie.

Carte de voeux de Raymond

Rhoooooooooooooo, comment je suis grillé !!!!! :mrgreen:

  • Linkage
Mélismes is back!!

Publié le Dimanche 28 Décembre 2008 - 15:37
Catégorie: Linkage

Apparemment Mélismes fait son blog-back ! Excellente nouvelle. Ses sujets de prédilection : “Gay porn studies, Bêtisier du droit administratif, Musique baroque”. Hu hu, oui oui c’est bien lui !!

  • Boukinage
Les bébés de la consigne automatique (Ryû Murakami)

Publié le Dimanche 28 Décembre 2008 - 2:45
Catégorie: Boukinage

L’image que j’ai du Japon est toujours très contrastée, et représente bien ce qui nous en parvient. On a d’un côté la vision d’une société organisée, policée, hiérarchique et confucianiste, mais de l’autre une grande originalité notamment artistique, un côté déjanté et urbain, et une culture qui a notamment donné les mangas. Seulement dans les livres ou les films, on ne voit pas beaucoup ces facettes plus « décalées ». C’est pourtant exactement ce que fait ce bouquin de Ryû Murakami. En cela, il m’a un peu fait l’effet du film « The taste of tea », même si le thème est complètement différent. On trouve des personnages, des situations et des moeurs qui bouleversent la classique mise des oeuvres japonaises (en tout cas celles que je connais).

Hashi et Kiku sont deux orphelins, deux bébés trouvés dans des casiers de consignes automatiques, sauvés par miracle, qui vont être élevés par la même famille, comme deux frères. Le livre retrace leur parcours, et leur survie dans une jungle urbaine dangereuse et quasi-vénéneuse, aux prises avec leurs névroses et une sorte de funeste destinée. Hashi, le plus « faible », se retrouve à se prostituer dans les quartiers chauds et malfamés de Tokyo, avant de devenir une immense star du rock. Kiku lui devient champion de saut à la perche, se lie amoureusement à une curieuse jeune fille qui élève un crocodile, avant d’être accusé de parricide et d’être jeté en prison. Et bien évidemment, tout cela ne se finit pas bien du tout.

Le récit est acre et acide, il brûle les yeux par sa violence, et il jette ça et là les bouts de vie de ces enfants maltraités : abandon, violence, prostitution, drogue… On dirait du Bret Easton Ellis souvent par la crudité des descriptions et la véhémence de certaines scènes, mais moi j’ai plutôt trouvé du John Irving dans tout cela, ou plus exactement du « Monde selon Garp ». En effet, ce double récit qui nous entraîne dans une vision « réaliste » et très dure du Japon m’a un peu fait penser à la vie de Garp. On assiste à des moments très pénibles et de souffrance, et d’autres complètement barrés et déjantés, avec un parcours semés de rencontres surréalistes, et parfois absurdes. En tout cas le Japon en prend pour son grade, et la morale aussi par la même occasion. Ryû Murakami nous jette à la gueule la pauvreté, la bêtise et le crime, mais il n’oublie pas non plus l’amour et la fraternité, et fignole un roman qui explore ainsi la passion dans toutes ses extrémités.

L’écriture est superbe et chirurgicale, et l’auteur ne lésine pas sur les détails qui nous font mieux partager et appréhender les pensées de ses héros. Ainsi on ne ressort pas indemne d’une telle lecture, d’une telle plongée dans ce Tokyo, qui est tout sauf une image d’Épinal. Et tout au long de la narration, l’abandon, comme premier stigmate des deux protagonistes, résonne à chaque étape de leur construction, à chaque tentative d’émancipation. Le souvenir du casier de la consigne automatique, et des quelques éléments tangibles qui les lient à leur mère (des fleurs séchées pour l’un, un magazine d’une marque pour l’autre…), sont autant de trous noirs, un vortex à la force d’attraction irrésistible qui les entraîne irrémédiablement à leur perte.

Le roman est sorti en 1980 au Japon, et je me demande bien quel en a été son accueil à l’époque… Je n’ai pas réussi à en lire grand-chose au final. En tout cas, Ryû Murakami est considéré comme l’un des plus important auteurs japonais contemporains, et je comprends maintenant pourquoi.

Les bébés de la consigne automatique (Ryû Murakami)

  • Ecoutage
  • Matage
  • Outside
Eartha Kitt, une icône qui n'est plus.

Publié le Samedi 27 Décembre 2008 - 21:23
Catégorie: Ecoutage, Matage, Outside

1983… J’ai 7 ans, et je fais tourner en boucle ce 45 tours sur la chaîne de mes parents : « Where is my man » d’Eartha Kitt.

C’est marrant ça d’ailleurs, à chaque fois que je pense que je n’ai jamais été une de ces pédales qui était fan d’une icône gay (genre Madonna ou Mylène, qui ne m’ont jamais passionné), je me rappelle avoir écouté en boucle Bette Midler dès 14 ans. Aheummm. Je dois aimer les icônes très underground. Mouhahahahah.

Avec Eartha Kitt, en 1983, il y a donc eu cet énooorme tube, et il a scandé bien des fêtes de famille et des compil’ persos sur cassette. Elle apparaissait déjà un peu ridicule à son âge avec cette trempe de mangeuse d’homme et de femme über-sexy, littéralement si “chatte” dans toutes ses postures. Mais elle faisait beaucoup rire les gens, et sa manière de chanter, nasillarde et puissante, collait bien à cette période de fin de disco à début de popnawak des années 80.

Et puis plus rien (pour moi), pendant dix ans, et en 1992, je la retrouve dans un rôle tout aussi caricatural et qui m’avait bien marqué, en Lady Eloise dans « Boomerang », un navet d’Eddie Murphy. Elle y incarne une richissime chef d’entreprise et croqueuse d’homme totalement folle-à-lier et nymphomane. Elle passe d’ailleurs son temps à vouloir sauter Eddie Murphy, et à lui souffler des insanités à l’oreille. Bref, dans la lignée de la chanteuse…

Et c’est encore dix ans plus tard, en 2001, que je la retrouve endossant sa propre caricature, en assumant la voix d’Izma, la célèbre méchante du film de Disney Kuzco. Je considère ce dessin-animé comme un des chefs-d’oeuvre méconnus de Disney, un OVNI assez déjanté qui est un bel hommage (ou pillage) à Tex Avery. Et Eartha Kitt en Izma, c’est juste succulent et terrible, car ils ont véritablement tiré le fond et la forme du personnage sur la chanteuse. Que cette dernière nous donne une si parfaite et drolissime Izma montre à quel point, elle jouait de son image et continuait à faire ce qu’elle avait toujours fait.

Par la suite, je m’étais un peu renseigné sur la dame, et j’avais appris qu’il s’agissait d’une artiste bien plus accomplie qu’il n’y paraissait, et qui n’avait pas attendu les années 80 pour émerger. Car pour être qualifié par Orson Welles de femme la plus excitante du monde dans les années 50, pour jouer Catwoman dans la série kitchouille Batman dans les années 60, pour mener une carrière dans le cabaret, le théâtre et la chanson, ou aussi pour être professionnellement bannie des US parce qu’elle s’était prononcée contre la guerre au Vietnam, eh bien il faut être une sacrée bonne femme !!

Elle est décédée à 81 ans le soir de noël, et c’était aussi une femme qui a lutté pour les droits des gays, et contre le Sida. Elle disait que c’était un juste retour des choses, puisque les homos l’avaient soutenu avant.


Eartha Kitt – C’est si bon !

L’avis des copines : Yagg, [elle], Olivier, GayClic.

  • Outside
François Sagat me souhaite un Joyeux Noël

Publié le Samedi 27 Décembre 2008 - 18:46
Catégorie: Outside

Ah j’adore facebook. ;-)

message de noël de François Sagat

  • Matooyage
Laissez-moi chier en paix !! (sans jeu de mots aucun)

Publié le Mercredi 24 Décembre 2008 - 16:54
Catégorie: Matooyage

Bon joyeux naël quand même, mais revenons à un sujet de fond plus intéressant et palpitant. En effet, lorsque j’étais au USA il y a quelques temps, j’ai remarqué une différence sociologique notable entre nos deux pays.

LEURS CHIOTTES ONT DES OUVERTURES BEANTES SUR L’INTÉRIEUR DES CABINES !!!

Or, même wikipédia le dit : « Acte tabou dans de nombreuses cultures, et tout au moins très intime, il s’effectue de différentes façons dans le monde.»

Nan mais c’est vrai quoi !! Non seulement les portes sont découpées en bas avec parfois un espace très gênant. Je suis allé dans un wc dont le bas de la porte arrivait quasiment à mes genoux une fois assis sur le trône !!! Mais en plus, l’espace supérieur est tout aussi généreusement aéré, et il y a tout un tas d’interstices et de rainures autour des murs et des portes qui vous exposent à tous les visiteurs.

Vraiment ça m’a complètement choqué la dernière fois, et presque traumatisé. Je m’en suis rendu compte en entrant dans des chiottes, et en réalisant avec stupéfaction que dans un angle particulier, je pouvais fort bien dévisager le gros homme assis qui poussait en ahanant. Dingueuuuuh !! Du coup, quand je suis moi-même entré dans le cabinet, j’ai vu tous ces oeilletons et miradors qui permettaient à quiconque de voir les gens faire leurs commissions. Et certains de ces toilettes paraissent faits ainsi de manière tout à fait délibérée, car on n’imagine pas bien pourquoi on laisserait un tel espace entre deux cloisons ou la raison exacte d’un assemblage manifestement branlant (sans jeu de mots aucun). Je suppose que c’est un truc de sécurité, ou qui évite les prises de drogue…

Alors moi ce n’est pas la peine de préciser, mais ça me coupe totalement l’envie de couler un bronze. Imaginer que les gens me regardent (et ILS REGARDENT !!!) dans cette position si humble et universelle suffit à m’en dissuader. J’ai l’impression qu’en France, à part les MacDo qui ont dans certains restaurants exporté cette manie, les WC sont bien plus clos et hermétiques. On est tranquille, on peut se mettre à l’aise, et se lâcher (sans jeu de mots aucun) sans crainte d’une affreuse promiscuité. Les japonais ont encore mieux pensé la chose puisque leurs toilettes se mettent immédiatement à faire du bruit lorsqu’ils s’assoient, et recèlent un habile système de nettoyage après expulsion des selles des plus agréables et efficaces.

Désolé mais il fallait que ça sorte (sans jeu de mots aucun) car c’est un sujet important. Peut-être aurons-nous un jour un courageux politique qui ira vendre cette déclaration à l’ONU. Il faudrait que la communauté internationale reconnaisse la nécessité de légiférer pour la défense de l’intimité lors de la défécation en lieux publiques !!! Merde alors (sans jeu de mots aucun) ! :mrgreen:
PS: Même si au Queen, ça empêcherait peut-être les bécasses de mettre trois heures à se poudrer (l’intérieur du) le nez, ou certains de baiser dans d’autres endroits… Hu hu. (Et encore pour ceux qui baisent, ce serait peut-être une motivation !!!)

  • Magazinage
66 sur 192

Publié le Mardi 23 Décembre 2008 - 20:34
Catégorie: Magazinage

66 sur 192, c’est le nombre de pays de l’ONU qui ont signé une déclaration (qui n’engage à rien, sinon à le déclarer justement) qui dépénalise l’homosexualité. Putain, ce n’est pas beaucoup… Et quand en plus, on lit qu’une contre-déclaration syrienne vient dire le contraire et faire l’amalgame avec la pédophilie et consort… Mein gott…

Bref, cette initiative française, portée par Rama Yade, a été loin de remporter tous les suffrages, comme quoi nous ne sommes vraiment pas au bout de nos peines. Que cela serve de repère à certains straight-acting qui refusent la visibilité et miliTANTisme, ainsi qu’à des bécasses écervelées qui ne quittent pas leur Marais-ghetto. C’est flippant cette affichage explicite des valeurs antipédés de la majorité du monde.

Il est assez surprenant de noter la présence des quelques pays d’Afrique et même un pays notoirement homophobe tel la Pologne (mais avec l’Europe, ils n’ont peut-être pas bien eu le choix). Et saluons globalement les 66 pays qui nous reconnaissent, et dont les USA ne font même pas partie (de même que la Russie et la Chine… pfff).

Albanie, Allemagne, Andorre, Argentine, Arménie, Australie, Autriche.

Belgique, Bolivie, Bosnie-Herzégovine, Brésil, Bulgarie.

Canada, Cap Vert, République de Centre-Afrique, Chili, Colombie, Croatie, Cuba, Chypre, République Tchèque.

Danemark, Equateur, Estonie, Finlande, France, Gabon, Georgie, Grèce, Guinée-Bissau.

Espagne.

Hongrie, Islande, Irelande, Israël, Italie, Japon, Létonie, Liechtenstein, Lithuanie, Luxembourg.

Malte, Île Maurice, Mexique, Monténégro, Népal, Nouvelle-Zélande, Nicaragua, Norvège.

Paraguay, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Roumanie, Royaume Uni.

San Marin, Sao Tome et Principe, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse.

Ancienne République yougoslave de Macédoine, le Timor Oriental, Uruguay, et Venezuela.

  • ThéâtrOpérage
« Serial plaideur » de et avec Jacques Vergès au théâtre de la Madeleine

Publié le Mardi 23 Décembre 2008 - 0:49
Catégorie: ThéâtrOpérage

J’ai une immense fascination pour cet homme, et je suis allé le voir avec beaucoup de crainte et d’espoir… Je n’ai pas été déçu, bien au contraire, et je recommande vivement ce spectacle, ce texte et cet orateur hors-pair. Jacques Vergès offre un moment d’une inoubliable qualité, et tout est absolument remarquable, le fond comme la forme.

Le seul truc vraiment nul c’est le titre… bif bof. « Serial plaideur », un jeu de mot limite pourri et qui fait un peu cheap alors que l’avocat a écrit un texte, une plaidoirie même, d’une beauté et d’une intelligence tout à fait saisissantes. On retrouve Jacques Vergès avec ses qualités, mais aussi ses défauts, il est d’un narcissisme complètement dingue. Le type affiche en effet une mégalomanie sans borne, mais il compense avec une finesse inouïe dans son discours et son argumentation. Outre cela, et je ne m’y attendais pas, il développe une émotion à fleur de peau, et se livre avec une authenticité que l’on a jamais sentie auparavant chez cet avocat, ce professionnel de la rhétorique et de la démonstration.

La pièce est donc un long monologue où Jacques Vergès n’est autre que lui-même, dans son bureau, avec ses souvenirs et son édifiante carrière. L’homme fait face au public, et il va s’exprimer pendant plus d’une heure sur son expérience de défenseur, un défenseur envers et contre tous. Car ce en quoi croit cet homme, c’est la présomption d’innocence, et surtout la volonté d’expliquer les cheminements de ces hommes et femmes qu’il défend. En mettant en lumière leurs démarches, tout ce qui entoure leurs vies, leurs destinées, l’avocat met en exergue les mécanismes qui ont pu mener à une funeste conclusion. Il n’excuse pas, mais il remet en contexte, il tente d’écarter les oeillères de la morale bien-pensante et des ordres établis pour donner à tous un procès équitable et plus juste, à son avis.

On peut aimer ou pas le personnage de Vergès, mais on ne peut y rester insensible. Il narre son opinion de la justice, ou plus largement de la chose judiciaire, à travers trois exemples concrets. Il s’agit d’Antigone, Jeanne D’Arc, et Julien Sorel, qu’il décrit comme une tragédie, un procès et un roman. En citant et racontant ces histoires, il évoque ces trublions d’une époque qui lui tiennent particulièrement à coeur. Ces anticonformistes qui ont été en lutte contre la société, qui se sont marginalisés, et ont payé de leur vie ces “écarts”, et ce qu’ils pensaient être “justes”. Et il prend comme exemple contemporain, sa propre expérience de défenseur lors de la guerre d’Algérie, et notamment son combat pour Djamila Bouhired (qui sera sa femme plus tard).

Le décor est assez troublant puisqu’il s’agit d’une réplique du bureau de Vergès, avec quelques éléments qui doivent certainement en dire long pour ceux qui connaissent mieux le personnage. Et l’avocat a l’air très à l’aise sur cette scène qui est son lieu de travail familier, tout en étant délocalisé dans un théâtre. J’ai beaucoup aimé cette mise en abîme, que l’on oublie en quelques minutes, tant le personnage capte votre attention, et ne la relâche qu’au dernier instant. Et puis, ce texte… énorme (je l’ai acheté en sortant). L’écriture est superbe, très riche et bourrée de références culturelles, tout en étant fluide et limpide dans sa bouche. On reconnaît bien là un des pénalistes les plus éminents de France, mais aussi le bretteur au verbe aiguisé et précis. On prend un plaisir fou à l’écouter, et il est tellement doué qu’il paraît difficile de ne pas succomber à son argumentation sans faille.

Je pourrais évoquer des heures ce moment privilégié, et ses mots me sont restés en tête toute la soirée. Rares sont des moments de théâtre aussi originaux et percutants pour moi.

« Serial plaideur » de et avec Jacques Vergès au théâtre de la Madeleine

  • ThéâtrOpérage
Valérie Lemercier au Palace

Publié le Lundi 22 Décembre 2008 - 23:23
Catégorie: ThéâtrOpérage

Je n’avais jamais vu l’humoriste en chair et en os, et j’attendais énormément de ce spectacle. Je sais que c’est un certain privilège de voir Valérie Lemercier en live, vu qu’elle n’enregistre pas ses shows, et qu’elle se fait plutôt rare sur les planches. Mais je ne pensais pas être aussi déçu en définitive…

Meeerde ! A croire que je ne suis pas pédé, car c’était la Gay Pride dans les rangs de ce Palace tout rénové, et nos compères sont bien connus pour être fan de la dame. Donc d’abord ambiance nostalgie des soirées joyeuses et juvéniles du Palace, mais passé ce précieux moment, j’ai découvert avec déception des places en première catégorie… Chères mais où l’on ne voyait pas bien. Premier hic.

La seconde mauvaise surprise c’est dans l’entrée et la sortie, frigorifiques. Pas de bonjour ou au revoir, pas de contact avec le public, Valérie Lemercier se permet un accueil à la Madonna, et quitte la scène de la même manière. Elle fait son truc, et hop, salut à demain. Outre cela, le spectacle n’a aucune unité, il n’y a aucun lien ou liant entre les sketches, qui sont simplement enchaînés par des plongeons dans le noir. Mouai…

Bon mais, tout cela aurait bien pu être compensé par l’humour de Lemercier, par son écriture décapante, son ironie mordante et son ton de bourge déjantée et décadante. Eh bien, je n’ai pas vraiment rigolé, ou alors trop peu lorsqu’elle devenait vraiment très vulgaire. Et c’est un peu juste en fait… Parce que les saynettes tirées de VDM ne fonctionnent pas très bien, et toutes les tentatives d’humour finissent souvent à l’eau. Encore une fois, le plus comique ce sont les “bouffer la chatte à maman” et consort, mais ça ne vole pas bien haut, et c’est vite lassant. C’est fou qu’elle ne puisse faire rire qu’en parlant de pipi, caca et bite-couille.

Tous mes potes m’ont fait des retours similaires, mais aucun n’était vraiment fan et ne l’avait vu avant en spectacle. En tout cas, je n’y retournerais certainement pas.

Valérie Lemercier au Palace

  • Linkage
Spécial Touitage

Publié le Lundi 22 Décembre 2008 - 21:31
Catégorie: Linkage

Pour les amateurs de Twitter, ce top 10 des olibrius qui twittent et qui m’a énormément fait rire. Henry Michel a tapé très juste dans cette galerie de personnages dans lesquels on s’identifie sans problème… Hé hé hé.