Petit à petit, j’ai bien senti que l’on perdait purement et simplement l’usage de ce mot, de son genre aussi. D’un astérisque, une astérix s’est odieusement substituée, et on parle même « d’une étoile » de temps en temps. Quel dommage, un si joli mot, si plein de sens et d’étymologie !! Mais il faut se rendre à l’évidence, et puis la langue doit vivre.
C’est bien simple j’ai survécu à une réunion de 9h à 18h ce mardi, et il a été longuement évoqué certains détails juridiques. Au milieu des mentions légales, obligations procédurales, et tutti quanti, j’ai entendu avec stupéfaction et désolation cette directrice juridique m’ébouillanter les oreilles et le crâne avec ses astérix par ici, et « une » astérix par là. Mein gott!! Si même les juristes s’y mettent, alors c’est que c’est bien la fin des haricots.
Et dieu sait que l’on commence à couramment entendre aussi des obélix en lieu et place de notre bel obélisque (c’est fou comme j’ai envie que ce nom commun soit féminin par contre…). Je me demande si ces déformations existaient déjà avant le gaulois blondinet à l’orientation sexuelle floue (Nan mais c’est vrai quoi, il est un peu pédale sur les bords l’Astérix ?), et son gros ami à braies qui, comme moi, aime les menhirs (et qui est tout de même un peu bear sur les bords) !! Parce que c’est vrai que ce ne sont pas des mots si faciles à prononcer, et que l’on peut intuitivement céder à leur goscinnuderzation.
Mais bon, ne soyons pas réac, et acceptons cette évolution, comme nous avons fini par passer du trentain au trente et un, ou bien du basque à la vache (espagnole) etc. Et comme nous finirons bien aussi à parler de la découverte du poteau rose (pourquoi pas hein, par rapport au pot-aux-roses ce n’est pas si bête), et j’ai bien écrit pendant des années le solylès (sot-l’y-laisse), qui est connu comme la meilleure partie du poulet !! Ah il y avait aussi cette expression que j’adore : « partir à vau l’eau », que j’ai pendant bien trop longtemps imaginé s’écrire : « partir à vollo ». « Vollo » devait être un truc italien assez explicite pour bien signifier ce « partir en couille » poli. J’espère qu’on n’officialisera jamais « être né dans la cuisine de Jupiter » (initialement blague de Coluche) que j’ai déjà maintes fois ouïe (je ne suis jamais très sûr pour l’accord… pfff). Parce que être sorti de la cuisse de Jupiter, comme Dionysos, ça tape vachement plus sa mère, sa race.
Si vous aimez les expressions, vous devez écouter les podcasts « learn french » de Katia & Kyliemac dans lesquels ces deux adorables jeunes femmes décortiquent (en anglais) nos expressions idiomatiques les plus pittoresques. Personnellement, j’ai une préférence pour les expressions désuètes de ma grand-mère, donc j’utilise assez fréquemment par exemple « roupie de sansonnet » (mon père disait plutôt « ça vaut peau de bite », mais j’ai toujours trouvé ça moins joli) ou « cautère sur jambe de bois » (même pas mal !!) etc.
J’ai aussi retenu certaines règles à la con du collège, et je n’en démords pas. C’est un peu naze vu les fautes que je commets ici, mais je déteste entendre un « malgré que » (on fait suivre malgré d’un substantif) ou un « des fois » (on dit « parfois »).
Bref, les astérisques sont en danger !! Mais je crois que les astérismes aussi après tout. Et pourtant c’est vachement mieux de dire astérisme plutôt que les trois petites étoiles qui séparent les chapitres. Un astérisme c’est ça (U+2042 d’Unicode). Cool non ?























du coup malgres la longueur je me ferais bien une intégrale...





