13 articles pour le mois de Avril 2010

  • Boukinage
Les carnets blancs (Mathieu Simonet)

Publié le Vendredi 30 Avril 2010 - 15:12
Catégorie: Boukinage

Ah c’est toujours un exercice difficile que de parler du bouquin d’une personne que l’on connaît. Et Mathieu cela fait près de dix ans je pense que nous nous fréquentons de près ou de loin, souvent par le plus grand des hasards. J’avais déjà évoqué ce curieux phénomène (merde le post en question date de 2004 !!!) qui consiste à ce que nous nous croisions sans arrêt pendant quelques semaines, puis plus du tout, puis par des connaissances communes lointaines… Bref, c’est très imprévu et agréable car toujours inopiné. Il y a eu cette première rencontre à l’anniversaire d’un pote de pote, puis l’anniversaire suivant de cette même personne, après quelques rencontres par hasard dans la rue, puis son blog sur GayAttitude, et puis le net qui nous a forcément rapproché car mis dans une sphère plus « communicante ». Et les trois dernières années, j’ai eu l’honneur d’être chroniqueur de l’émission de radio qu’il animait, et où je parlais de blog (il faut d’ailleurs que je remette ce truc en ligne).

Depuis que je le connais, Mathieu écrit, il tente de publier, et se fait rembarrer. Il persiste. Il fait ses jeux littéraires, il « joue » avec ses carnets. Ironie du sort, son premier roman que voici est le récit circonstancié des carnets dont il s’est débarrassé !! Et ces journaux intimes, il a commencé à les écrire dans les années 80 (préadolescent), et il est arrivé avec une centaine de carnets dans les années 2000. Pour une raison assez floue pour moi, il a fallu qu’il s’en sépare, mais pour bien marquer la chose, et surtout, je pense, avec un truc un peu narcissique et flamboyant, il a organisé une véritable démarche artistique. Les carnets ont été transformés en œuvre plastique, en robe, cachés dans des vêtements, sur des gens, détruits de façons diverses et variés, sublimés en parfum ou utilisés comme palimpsestes et encore bien d’autres idées plus fantasques et farfelues les unes que les autres.

Le roman suit ce triple cheminement, il y a les extraits de carnets, la vie et « post-vie » de ces journaux, et le parcours même de l’écrivain qui mène à l’édition du présent ouvrage. J’ai beaucoup aimé le bouquin aussi parce que tout cet univers m’était familier, et je ne sais pas comment ça peut être perçu par autrui. Du coup c’est bien de l’autofiction, mais qui ne rentre vraiment pas dans les standards du genre.

Et puis, il y a le contenu, et là on retrouve tout l’univers de Mathieu Simonet. On y lit donc des relations familiales aussi importantes que dysfonctionnelles, une affirmation flagrante de son orientation sexuelle, des projets artistiques qui naissent tous les quarts d’heure, et surtout une passion dévorante et sincère pour l’écriture. Il y a parfois des choses assez énormes et qui paraissent gênantes pour le lecteur, car nous lisons des journaux intimes, et l’auteur s’y livre donc avec authenticité et (sa) vérité. Mais l’écrivain traite tout cela avec une certaine distance, parfois comme un étalage de faits, et une simplicité de ton qui fait passer les anecdotes les plus troublantes. Mathieu n’est pas du genre à rougir de ses attitudes ou des péripéties de son existence, et en tout cas ses écrits témoignent d’une saine et rafraîchissante liberté de ton.

Roman, parcours initiatique, lutte pour écrire, journal intime, démarches artistiques, on trouve de tout dans ce bouquin polymorphe et assez unique en son genre.

En revanche, le ton un peu chirurgical et factuel des récits finit un peu par lasser, c’est le seul bémol que je noterais. Évidemment le fait d’être son propre héros limite un peu l’imagination et les scénarios un peu plus piquants, même si l’auteur a une vie bien assez tumultueuse pour au moins susciter de la curiosité et accrocher le lecteur. Mais parfois j’aurais aimé un peu plus de retour sur les faits et les actes qui sont plus consignés qu’utilisés pour parler au lecteur, ou jouer avec. Il y a au final un petit goût d’inachevé, une impression de “bon d’accord et maintenant ?” qui ne gâche pas l’ensemble, mais m’a désappointé.

Maintenant j’attends surtout avec impatience le prochain bouquin car j’aimerais bien lire du Mathieu Simonet avec son style et tous ces machins qu’il a dans la tête.

Les Carnets Blancs (Mathieu Simonet)

  • Cinéphage
The Ghost Writer

Publié le Jeudi 29 Avril 2010 - 23:05
Catégorie: Cinéphage

Ah ça faisait longtemps que je n’avais pas vu de thriller aussi efficace et bien ficelé. Roman Polanski renoue là avec tous les standards du genre, aussi bien dans le fond que dans la forme, et cela donne une œuvre bien carrée et propre. Pour moi ça manque tout de même d’une fin digne de ce nom, mais à part ça, c’est un joli coup de maître.

Ewan McGregor y campe un nègre qui est engagé pour écrire les mémoires du premier ministre anglais, joué par Pierce Brosnan. Il remplace un type qui est mort dans des circonstances assez louches, et un grand mystère demeure autour de ces fameuses mémoires. Ewan McGregor débarque sur une île où l’homme politique vit plus ou moins isolé, mais rapidement des scandales politiques viennent semer un trouble encore plus grand.

Le film transpire Hitchcock par tous ses pores, mais ce n’est vraiment pas une critique négative. Je trouve que c’est au contraire un extraordinaire tribut à ce grand maître du genre. Que ce soit dans l’écriture, la direction d’acteurs ou dans la réalisation, on est dès les premières minutes plongés dans l’histoire, et couches après couches on se demande bien où cela va nous mener. Comme je le disais plus haut, la fin aurait pu être plus convaincante (pour ma part…) ou plus originale, car j’ai trouvé que c’était un peu bâclé. Mais il faut avouer que tout le reste se tient tellement bien, que ce n’en est plus si grave.

Les comédiens sont impeccables, et il faut saluer le talent encore bien vivace de Roman Polanski. Ce n’est pas non plus un immense chef d’œuvre à mon avis, mais vraiment une œuvre grand public qui a le mérite de ne pas être un blockbuster débile. Rien de transcendant mais un truc efficace et redoutable qui ne laisse pas insensible.

L’avis des copines : Raph et Fred, Nicolinux, Tambour Major, Charlie, Julien, Pouxi.

The Ghost Writer

  • Linkage
Plan TGV

Publié le Jeudi 29 Avril 2010 - 22:19
Catégorie: Linkage

RougeCerise a raconté la manière dont il a assisté à une rencontre furtive en TGV entre deux gars. Le truc totalement inattendu, super excitant et que tout le monde voudrait vivre un jour !!! Je ne sais pas à quel point, à sa place, je n’aurais pas testé un truc pour intervenir, voire m’immiscer… Hu huhu.

  • Linkage
Ne pas confondre “gay dog” et “guide dog”

Publié le Jeudi 29 Avril 2010 - 14:45
Catégorie: Linkage

Oh le joli quiproquo qui me fait rire depuis hier avec cette histoire d’un aveugle et son chien qui voulaient entrer dans un restaurant. En effet, le serveur a entendu “gay dog” au lieu de “guide dog” et a refusé l’entrée au chien sensible. Huhuhu.

Nan mais c’est pas nawak ça ? Déjà c’est quoi un chien gay ? Et puis pourquoi les gays seraient-ils refusés là etc.

:tresgene:

  • Linkage
Y’a vraiment pas de gêne !

Publié le Jeudi 29 Avril 2010 - 14:40
Catégorie: Linkage

Ils m’épatent ces quatre là, à écrire si bien, si souvent et à surfer sur des thèmes très divers avec un ton vraiment pertinent ou simplement drôle. Dernièrement, c’est surtout l’Arabe qui recueille mes suffrages avec notamment ce post où il évoque la fameuse prostituée Zahia au cœur de ce maelström footbalisticomédiaticoproxénète. Cela m’avait gavé de lire tant de critiques et remarques acrimonieuses, et franchement sexistes, sous prétexte qu’elle se prostitue.

Et puis ce dernier article très drôle et juste, où il fustige le mari de la femme embourquée qui fait les gorges chaudes de la presse en ce moment.

  • Matage
  • Outside
Mado accuse Björk !!

Publié le Mardi 20 Avril 2010 - 16:58
Catégorie: Matage, Outside

[Via Têtu]

Eh oui, je devais voir Mado au Tango jeudi prochain, mais voilà une autre victime du volcan, Celui-dont-on-ne-peut-pas-prononcer-le-nom !!! Bref, j’ai hâte de la revoir tout de même, car elle m’a procuré parmi les plus chouettes crises de rire de 2008 !

  • Outside
124 rue Saint Maur

Publié le Dimanche 18 Avril 2010 - 20:52
Catégorie: Outside

Il y a quatre ans, j’avais pris en photo un vide créé par la destruction d’un vieil immeuble de la rue St Maur. La seule trace de cette ancienne construction était un calfeutrage sommaire contre le mur mitoyen qui avait une forme familière de grande maison, à l’époque terriblement fantomatique ! Cela donnait cette image :

Immeuble fantôme rue St Maur - 75011

Quand on jette un coup d’oeil à Streetview, on voit que le fantôme plastifié avait bien souffert des intempéries…

Fin de la maison fantôme

Alors que je me promenais dans le coin un soir, il y a quelques semaines, j’ai remarqué que le vide avait été comblé par un tout nouvel immeuble à l’architecture bien moderne ! Toute à l’heure, alors que je devais encore circuler via la rue St Maur, j’ai profité de ce beau soleil pour prendre deux clichés à la va-vite.

La maison Mondrian de la rue St Maur

La face de la maison Mondrian de la rue St Maur

Je l’appelle la Maison Mondrian car je trouve que le lien est plus qu’explicite. Mais on pourrait aussi la rapprocher du Corbusier et ses unités d’habitation, telle celle que j’avais visitée à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine et qui m’avait littéralement fasciné !

L’immeuble est vraiment peu large et je suis très intrigué par ce que peut être l’agencement intérieur d’un truc pareil… Apparemment, il y a 5 appartements là-dedans, donc ça n’a pas l’air d’être des cages à lapins. Je me demande surtout comment un projet pareil peut voir le jour ? Est-ce le fait d’un architecte, et il habite là avec des potes (huhu) ? Comment finance-t-on un truc comme ça ? Et puis j’aimerais bien savoir pourquoi ce style, et tout et tout ???

PS : En cherchant “corbusier mondrian”, je suis tombé sur un post de Cergie !! Elle y explique d’ailleurs que les deux artistes collaboraient très régulièrement. Aaaah la sérendipité des recherches sur le net !!!

  • Cinéphage
A Single Man

Publié le Dimanche 11 Avril 2010 - 3:38
Catégorie: Cinéphage

Ce film a vraiment recueilli tous les suffrages de mes amis, ainsi que des critiques à droite ou à gauche. Et c’est vrai que c’est une oeuvre qui ne laisse pas indifférent. Il est à la fois tout ce qu’on peut attendre d’un film d’un styliste, Tom Ford est même un artiste en son genre, mais il va beaucoup plus loin que cela. Et malgré tout, je me suis fait un peu chier et j’ai trouvé que ça durait un peu trop longtemps…

Nous sommes à Los Angeles en 1962 et George (Colin Firth) est un prof de fac dans la moyenne du genre. En revanche, il vient de perdre son amant Jim (Matthew Goode, Ozymandias dans « Watchmen ») dont il était éperdument amoureux et avec qui il vivait depuis quelques années. Il n’arrive pas à faire son deuil, et c’est d’autant plus difficile qu’à cette époque cette relation n’était évidemment pas vraiment de notoriété publique. Avec l’aide de sa meilleure amie (Julianne Moore) et l’intervention inattendue d’un de ses étudiants (Nicholas Hoult, de « Skins »), il essaie tant bien que mal de reprendre pied…

Formellement le film est un véritable chef d’oeuvre… vraiment rien à dire contre l’esthétique de Tom Ford, c’est mieux que ce à quoi on pouvait même s’attendre. Les plans sont superbes, la photo incroyable, les costumes et les décors somptueux, la manière de filmer majestueuse, très expressive et blindée de références, avec un grain de pellicule génial et un souci permanent de l’image, de sa beauté, de sa transcendance, et de son usage intelligent dans son rapport ténu avec l’histoire. Outre cela, les comédiens sont impeccables, avec les deux monstres sacrés que sont Colin Firth et Julianne Moore que j’aime tant et qui sont simplement merveilleux.

Le film se focalise principalement sur ce deuil que George n’arrive pas à faire, un peu à la manière de Charlotte Rampling dans « Sous le sable ». Je fais cette comparaison car le film est aussi aride et dépouillé d’artifice que ce dernier, il est en revanche plus narratif et « coloré ». Comme il est adapté d’une nouvelle de Christopher Isherwood, c’est peut-être un peu ce qui m’a ennuyé. Le format de nouvelle étant par essence court, je trouve qu’on tourne rapidement en rond et qu’il devient fastidieux de meubler ces 1h40 de film. Malgré la beauté formelle et les efforts du cinéaste, je me suis un tantinet ennuyé.

En revanche, et là c’est très nouveau, c’est bien la toute première fois qu’un film aussi grand public évoque un couple homosexuel d’une si belle, naturelle et évidente manière. C’est étonnant car nous sommes dans les années 60, mais Tom Ford dépeint un couple homo qui n’est pas dans les clichés éculés du genre, et qui possède toute crédibilité. Surtout, et c’est touchant et troublant, l’évocation des sentiments amoureux est d’une authenticité qui ne peut que toucher le spectateur. Vraiment, ce n’est pas du « chiqué », et j’ai été surpris par la justesse du jeu des comédiens et le talent du réalisateur qui a réussi à faire passer l’amour entre les deux hommes comme la chose la plus banale et merveilleuse (d’autant plus belle que c’est une fin tragique…). Le film contribue, je pense, à faire passer cette idée que « c’est bien la même chose » pour un couple hétéro ou homo confronté à la douleur de la perte de son compagnon ou sa compagne.

Tom Ford a fait très fort pour son premier film. Il a à la fois tapé dans le mille où on l’attendait avec cette oeuvre incroyablement belle et pleine de style, mais m’a enchanté par son expression cinématographique, et son talent à aussi « faire voir » les choses, au-dedans comme « au-dehors ». Malgré les quelques longueurs qui m’ont fait dire que c’était « quand même un chouïa chiant », le film marquera forcément.

L’avis des copines : Jérémy, Julien, Zéro Janvier, Vincent, Nicolinux, Fliptom, Patrick, Christophe, Rouge Cerise.

A Single Man

  • Boukinage
Pierre de scandale (Nicolas Buri)

Publié le Jeudi 8 Avril 2010 - 23:58
Catégorie: Boukinage

Curieux bouquin qui m’a alpagué dès les premières pages et que j’ai dévoré, dont le rythme et l’entrain sont autant de surprises, surtout quand on le compare aux clichés de l’homme dont il est le centre d’intérêt. Car ce livre est un formidable roman qui évoque l’existence et les incroyables péripéties de la vie Jean Calvin.

Nicolas Buri démarre donc son aventure vers 1515 alors que ce jeune français de Noyon, bien évidemment élevé dans la foi catholique, commence déjà à nourrir quelques griefs contre sa religion. Il faut dire que son père faisait un business terrible avec les curés du coin, et que ces derniers lui ont bien fait comprendre qu’il ne fallait pas les blouser. Bref Jean Calvin a été rapidement sous le charme de la Réforme, et le roman déroule sa vie comme un thriller épatant et haletant. On suit donc les épisodes enflammés de ce prédicateur d’une nouvelle manière de penser et vivre la religion chrétienne, et surtout d’une manière différente de la toute puissante Eglise Catholique et Romaine.

L’écrivain se base sur des faits réels mais brode aussi une toile romanesque, qui rend son bouquin particulièrement digeste et fluide. Cela se lit très facilement, tout en faisant profiter d’une chouette plume et de références culturelles (et religieuses) vraiment passionnantes. On suit donc Calvin à Orléans ou à Bourges pour ses études, à Angoulême pour trouver refuge auprès des autres huguenots, à Strasbourg, Bâle et puis Genève. A chacune de ses étapes, il se fait un peu plus prêcheur et prosélyte, et surtout il construit sa propre doctrine et tente de trouver un peuple qui voudra de son aide.

Il est à Genève en 1536, et il en sera banni une fois avant d’y revenir jusqu’à la fin de ses jours. Genève est déjà une ville protestante, et ce que j’ai lu de cette ville m’a vraiment fait énormément sourire. En effet, aujourd’hui je la vois beaucoup plus comme l’archétype de la ville suisse, avec comme champs lexical associé plutôt des trucs comme : rigueur, stricte, coincé, propre, traditionnel, etc. Mais ce qui est décrit dans le bouquin c’est tout le contraire !! Genève était l’endroit du monde où les gens faisaient la fête, étaient délurés et ne s’embarrassaient pas de la religion. Justement ils avaient viré les catholiques pour ne plus avoir à subir leurs brimades, et pour plus de liberté. Il y a des dizaines de pages qui décrivent la ville et ses plaisirs, et elles valent leur pesant de cacahouètes. Je pense qu’on s’y amusait certes plus à l’époque…

Et si Jean Calvin arrive avec sa propre notion de liberté, il s’est tout de même fait virer en 1538, et a dû retourner à Strasbourg. Mais en 1541, il est rappelé à Genève pour remettre de l’ordre dans la ville, et il devient alors l’homme le plus important de la cité. Pour s’imposer il finit par instaurer une politique assez dure et avec une main de fer il imprègne la ville de ses « nouvelles » idées. Les joyeux drilles de l’époque ne s’en remettront pas, et il y a quelques scènes très cruelles qui l’illustrent. Les épisodes liés à la peste sont aussi parmi les plus marquants, et m’ont fait penser au roman « 1666 » que j’avais tant aimé.

Je vous conseille ce premier ouvrage de Nicolas Buri qui arrive avec un talent fou à mêler une belle plume, une kyrielle de rebondissements hollywoodiens et une trame historique intéressante et majeure dans notre civilisation.

Pierre de scandale (Nicolas Buri)

  • Outside
Bienvenue au gîte

Publié le Mercredi 7 Avril 2010 - 0:45
Catégorie: Outside

Finis les hôtels et palaces, il n’y a rien de mieux qu’un petit gîte perdu dans la brousse, avec ses chambres d’hôtes accueillantes, ses tables gastronomiques et ses activités en plein-air revigorantes. C’est dans le cadre de ce renouveau des vacances santé, des congés bien-être, des pauses urbaines pour se ressourcer, que je vous propose ce sémillant endroit du Cher, situé au centre d’un quadrilatère formé d’Orléans, Montargis, Auxerre, Nevers Bourges.

http://www.lafistiniere.com/

Lorsque la page d’accueil du site s’affiche, vous comprenez tout de suite où vous mettez les pieds, vous savez que c’est une maison qui saura vous comprendre, vous respecter et vous faire découvrir les petites merveilles locales.

La fistinière

Oui, oui, je sais, ce logo est de toute éloquence. Du subtil jeu de mot à cette illustration très descriptive de l’objectif de l’endroit (une maison d’hôte) et de son activité principale (le fist-fucking), on se sent tout de suite à l’aise.

La suite du site internet est tout aussi franc et sympathique, et c’est tout en oxymoron que les hôtes vous décrivent leurs hobbies SM mêlés à de subliminales (sublimanales ?) photographies des somptueuses chambres ou idylliques piscines. Regardez c’est très délicat cette succession de photos :

Tout est dans leur introduction (sans jeu de mot aucun) : un véritable manifeste !!

Un lieu d’exception, magique et unique…
Un lieu où tout a été pensé pour ton confort, ton plaisir et tes fantasmes…
Un lieu animé par une équipe qui veut te faire partager sa passion…
Le Fist Fucking !
Bref, LE LIEU convivial qu’il te faut pour te laisser aller et prendre ton pied
en toute tranquillité !
Aménagée dans une authentique ferme du XVIIème siècle,
dans le pur style du “Pays Fort”, entièrement restaurée,
La Fistinière te permettra, pour un week-end ou pour un long séjour,
de passer un moment inoubliable…

Il faut visiter la chapelle Fistine pour vraiment saisir le programme qui vous attend dans ce champêtre environnement.

Mais je vous laisse découvrir avec bonheur, surprise et parfois circonspection les autres prestations de la maison, avec, dans le désordre, sa salle d’eau, son matos, sa table d’hôte avec jouissance gastronomique garantie, l’étable, l’écurie, la porcherie (pour tous les cochons et les truies qui sommeillent en vous !), et cerise sur le gâteau l’Artiste !!! Je ne vous en dis pas plus !!

Alors conquis ? ;-)

NB: Je plaisante dans ce post, mais sans agressivité aucune, je trouve au contraire l’endroit respirant l’attitude bon-enfant et souvent très conviviale des communautés gay hardos. Hu hu hu.

NB: Puisqu’il s’est lui même dénoncé dans les commentaires, c’est à Macsym que je dois cette adresse de choix de nos terroirs traditionnels français. Il n’a pas voulu me donner plus d’information quant au contexte de cette étonnante connaissance touristique chérienne.

  • Matooyage
Un p’tit tour à Nice et puis s’en va

Publié le Mardi 6 Avril 2010 - 0:17
Catégorie: Matooyage

Le week-end dernier, nous nous sommes offerts quatre jours dans le sud pour nous changer un peu la tête et nous aérer les méninges. J’ai eu la chance de profiter de quelques endroits de rêve à moindre frais, et donc nous avons placé ce week-end sous les plaisants thèmes de luxe et luxure.

Nous avons en effet passé deux nuits là :

Le P* de la M* à N* ;))

(Pas de mention du nom merci, histoire de ne pas être googlable sur ces expressions.)

Avec une chambre très très sympathique qui avait une chouette vue sur la mer et la piscine intérieure…

Vue de la chambre à Nice

Vue de la piscine intérieure de l'hôtel

Je passe sur l’accueil avec macarons, chocolats, champagne et tutti quanti, ce serait vulgaire non ? Hu hu hu.

Nous avons eu un premier jour pas terrible avec de la flotte, mais heureusement en fin de journée ça se dégageait, et dès samedi matin nous avons eu un beau soleil. J’ai beaucoup aimé me balader dans les rues du vieux Nice qui sont très agréables, et vraiment avec un joli cachet.

Une rue du vieux Nice


Vue panoramique du marché du vieux Nice

Vue du marché du vieux Nice et de la Colline du Château

Nous sommes montés jusqu’au sommet de la colline boisée qu’on aperçoit sur la droite en haut sur la photo précédente, la colline du Château. De là, on a des vues stupéfiantes sur la baie, sur le vieux Nice et à perte de vue.

Vue de la baie de Nice de la colline du Château

Vue du vieux Nice de la colline du Château

Vue de Nice autour du port et jusqu'au Alpes

Et ce qui me fascine dans ce coin, c’est qu’on a visuellement la mer devant et les monts enneigés juste dans le dos. C’est tout de même un lieu idéal pour profiter de la plage, la montagne et des avantages d’une grande ville.

Bon en revanche, on pensait, innocemment, qu’on trouverait des tas de pédés dans les bars gay ou boites locales, mais on a été plutôt déçu. Tous les gens à qui j’en ai parlé me confirment que ces endroits sont blindés l’été, mais que ça reste plutôt confidentiel hors-saison. Nos tentatives sur Nice ou Cannes n’ont pas été couronnés de succès. Entre le Zanzibar de Cannes (mais A. qui connaît le coin me disait que c’était toujours comme ça, c’est un peu de « Feeling » local, hu hu hu) et les quelques bars de Nice comme le X-Cube qui n’était pas beaucoup plus fréquenté (même le samedi soir), nous avons fait chou blanc. Du coup nous avons visité la backroom à côté, le Traxx, où il y avait une poignée de vieilles tapioles esseulées et désespérées qui erraient comme des âmes en peine dans les glory holes, slings, darkrooms et autres réjouissances locales. Arfff.

Il y avait malgré tout samedi soir pas mal de monde au Klub, mais j’ai trouvé que c’était une ambiance un peu chelou, et surtout on se croyait dans les années 90 concernant le dosage d’alcool des verres. Super chers et à croire que c’était coupé à la flotte… Pfff. Bon mais au moins nous avons pu frayer quelque peu avec la faune locale, ce que j’aime toujours faire lorsque je suis loin de Paris.

Nous avons aussi profité d’être sur Nice pour aller faire un tour à Monaco que je ne connaissais pas. Oh quelle déception… Mein gott, que c’est laid, que c’est une hérésie immobilière et une verrue sur la côte. Et ce mini-disneyland affreux qui sert de village en carton-pâte, et ce Palais qui ressemble à un préfabriqué décrépit et décrépi (si si) pour nouveau riche. A part pour l’évasion fiscale, il n’y a vraiment aucune raison de vouloir habiter là-bas… Bref, on est resté trois quart d’heure et on a filé de ce terrible endroit.

Nous sommes aussi allés à Cannes pour faire un tour sur la Croisette, où je n’étais jamais allé (enfin gamin, mais je ne m’en souvenais plus). Passer devant le Palais des Festivals et marcher le long de la plage était très agréable avec le soleil que nous avions, et le peu de touristes à cette époque.

L’arrière-pays niçois est aussi bien joli avec une succession de villes plus ou moins fortifiées qui m’ont drôlement plu. Il y a Eze et Saint Paul de Vence qui sont vraiment de chouettes petits endroits pleins de charmes. C’est drôle de se dire que pour Eze par exemple, il s’agissait d’une ville importante entre l’époque d’Auguste et celle des Flaviens (de quelques années avant JC jusqu’une centaine d’année après) !!

Vue lointaine de St Paul de Vence

Et le truc qui m’a troué le cul, et qui est symptomatique des trucs qui me trouent le cul, c’est en roulant vers Monaco, et en passant près d’une ville appelée « La Turbie » (après Eze justement). J’ai aperçu une construction qui ressemblait à quelques colonnes d’un temple romain, et je me suis dit que c’était certainement une connerie de reproduction antique bien beauf pour une société qui vend des piscines. Bon gros « fail » dans ma tronche, puisqu’en nous approchant, ça paraissait étrangement authentique, et un petit tour dans Wikipédia plus tard, j’ai compris que nous étions en présence de l’extraordinaire Trophée des Alpes d’Auguste.

« Le trophée des Alpes fut construit par l’empereur romain Auguste pour célébrer sa victoire définitive sur les anciennes tribus ligures qui peuplaient la région, et qui attaquaient les commerçants empruntant les voies romaines pour vendre leurs marchandises. [...]

D’après la date de sa dédicace, sa construction fut achevée en -6/-7. »

[Source]

Rhoooooo, c’est toujours fascinant quand on voit des trucs comme ça en France, un peu comme l’incroyable Temple de Mercure au sommet du Puy de Dôme. On sait bien que les voies romaines sont celles que nous empruntons quasiment encore aujourd’hui, mais là c’est une manifestation bien réelle et anachronique presque surréaliste pour moi.

Nous avons passé la dernière nuit dans un endroit avec un charme de dingue dans le vieux Mougins, avec une terrasse et une vue splendide sur Grasse… (Je passe aussi le champagne dans la chambre hein ? Huhu.)

Vue de notre chambre à Mougins

Et puis il a fallu revenir sur Paris… Pfff. Je passe aussi l’épisode où je me suis trompé dans la date de retour en avion, et qu’il a fallu payer le double du billet initial pour rentrer lundi soir (un transport qui était beaucoup moins low-cost que prévu du coup). C’est la seconde fois que je fais ce coup-là, et mon chérichou m’interdit dorénavant la commande d’un quelconque billet d’avion. Huhu.

Vivement la prochaine virée !!!

  • Matooyage
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Publié le Samedi 3 Avril 2010 - 23:38
Catégorie: Matooyage

Il me suffit de recopier le petit truc dynamique à droite là : « 3 226 articles et 34 502 commentaires ont été publiés dans ce blog depuis le 3 avril 2003. » Nous voilà donc à mon septième bloganniversaire !! Et contre vents et marées, je tiens bon. Je ne blogue certes plus autant, et je subis de plein fouet le syndrome du blogueur perso : comment et quoi écrire lorsqu’on est lu par sa famille, son chéri, ses ex, ses amis, son taf, bref tout le monde quoi ? Eh bien la réponse n’est pas évidente pour moi, mais j’ai déjà bien assez disserté à ce sujet.

Comme nous en parlions précédemment, c’est vrai que tout cet univers du Social Media qui a déferlé sur nous ces deux/trois dernières années (mon inscription à twitter à l’été 2007 est un repère) ont été assez fatal au blogging. Et pourtant l’intérêt majeur du blog est toujours là pour moi : la création de contenus. C’est bien ce qui m’a toujours plu chez les blogueurs, cette capacité à écrire et à s’écrire qui est une manière géniale de faire connaissance de quelqu’un. Or sur les twitter, facebook et consorts, ça a beau être un support interactif très sympa, on est tout de même là pour se sentir le cul comme dans les sites de rencontre des années 2000, le minitel et le réseau téléphonique avant… Evidemment, je serai bien hypocrite si je disais le contraire des blogs, mais il me semble que l’exercice quotidien de l’écriture nous met dans une position un peu plus élaborée, un peu plus riche et complexe, donc intéressante.

Comme certains le professent déjà suite aux déclarations sur la fin du blogage : « Vivement que les blogs soient morts et enterrés pour qu’on se retrouve entre nous comme au début. » Arfff. Et dire que lorsque j’ai débarqué en 2003, je pensais que j’arrivais déjà tardivement dans une sphère déjà mature et constituée. Et c’était vrai, sauf que 80% des gens de cette époque se sont perdues dans les limbes internétiques, du coup j’ai l’impression d’être un très très vieux vieux con. C’est cool.

Je me dis que ce serait bien au moins de tenir dix ans avec la même url et avec une ligne éditoriale plus ou moins constante. On verra bien…

:gateau: :gateau: :gateau: :gateau: :gateau: :gateau: :gateau:

Sinon cette nuit j’ai rêvé que je me retrouvais au temps de la Grèce antique, mais que j’étais incapable de parler grec, et donc je galérais grave. Toujours aussi mégalo, j’ai rencontré des tas de grecs célèbres pour moi dans une belle parade anachronique : Ptolémée, Démosthène, Thalès, Pythagore, Périclès, Eratosthène etc. J’ai bien essayé de dessiner des triangles (pour Thalès et Pythagore évidemment) et ça a fonctionné pour attirer leur attention, mais l’incommunicabilité nous a empêcher d’aller plus loin. J’ai cité quelques lettres de l’alphabet que je connaissais en les montrant : alpha, béta, gamma etc. Et j’ai montré mon oeil en voulant le dire en grec et j’ai testé un « occulus ». Patatra ! C’était du latin, et là j’ai eu droit à un type qui a tenté de me parler latin, mais je n’y entravais pas beaucoup plus. Ensuite, je me suis réveillé.