4 articles pour le mois de Octobre 2010

  • Linkage
  • Matooyage
Maxime Donzel survit à la Province

Publié le Samedi 23 Octobre 2010 - 13:19
Catégorie: Linkage, Matooyage

Comme d’habitude, Maxime pond un article hilarant, très bien écrit et surtout carrément pertinent derrière le ton humoristique.

Florilège :

Fais attention, si tu croises des gens obèses et qui ont des cornes et qui ont les tétons hyper bien travaillés, ce ne sont pas des gays très branchés cuir, mais des « vaches », c’est d’elles que vient le « beurre » (le truc que mangent les bears).

ATTENTION, tu ne pourras pas utiliser ton système de drague habituel, le regard méprisant jeté vite fait qui sous-entend: « Tu ne mérites pas un iota de mon attention mais comme tout le monde ici est LAID je veux bien que tu m’abordes ». Car ici il existe un phénomène étrange qu’on nomme « convivialité » et qui consiste à discuter avec des inconnus même si c’est pas pour gagner de l’argent ou se faire sucer.

Si les autochtones ont bon fond, ils ont une passion pour l’alcool de mauvaise qualité, le champagne étant réservé pour des occasions spéciales, comme les « mariages » (une étrange cérémonie qui consiste à inviter toutes ses connaissances pour les prévenir qu’on va baiser).

A découvrir in extenso sur Yagg !

  • Matage
  • Matooyage
It gets better

Publié le Jeudi 14 Octobre 2010 - 15:58
Catégorie: Matage, Matooyage

J’ai découvert cette vidéo chez Édouard tout à l’heure :

Ce charmant élu texan (il va se trouver beaucoup de gens pour le consoler ce petit chou adorable et sensible) prend son courage à deux mains et explique son désarroi face aux récents suicides d’ados gays (ou supposés). Il nous fait un joli coming-out en direct, mais il évoque surtout son cas personnel avec beaucoup d’émotion, et il est difficile de ne pas y succomber à son tour. Ce qu’il raconte est une parmi la kyrielle d’histoires banales des pédés du monde entier, mais c’est vrai qu’aujourd’hui certains se suicident sur le chemin. “Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort.” (Merci Nietzschou) Et je pense que traverser l’épreuve de l’adolescence en tant que pédé valide bien cet adage, mais il faut penser à ceux qui sont trop fragiles et ne ressortent pas indemnes de l’épreuve, ou pire en meurent.

J’ai assez souvent durant les 7 années écoulées (putain !!!) évoqué le fait d’avoir moi-même été bien dépressif et suicidaire à la pré-adolescence, avant de réaliser à quel point j’étais indispensable au bien-être de l’Humanité entière (un bon pédé narcissique quoi). En effet, comment le genre humain pourrait-il se passer aujourd’hui d’un esprit aussi brillant et génial ? Hein comment, je vous le demande ?

Trêve de balivernes, je me rends compte que j’ai parlé de ça à pas mal de mes amis, mais que mes parents ou ma famille eux ignorent complètement ces épisodes sombres de ma jeunesse. J’étais calme et réservé, assez efféminé, et un vrai cliché gay en somme : je détestais le sport (je n’ai pas changé), je n’avais que des copines, j’aimais jouer à la corde, la marelle et l’élastique, j’étais très proche de ma môman (bon je n’ai pas changé du tout !!), etc. D’ailleurs je me remémore mes premiers émois pour un petit copain en maternelle à l’âge de 5 ans. Huhuhu.

Alors j’ai simplement subi de la part de mon frangin et des gens à l’école, des années de brimades et de quolibets, tous plus charmants les uns que les autres. J’ai la chance d’avoir des souvenirs très précis de ces instants terribles, et d’avoir, autant que faire se peut, pleinement conscience de ces moments charnières qui m’ont détruit et construit à la fois. Mais ces années pour un enfant puis un pré-ado puis un adolescent sont autant de millénaires, et un gouffre psychologique qui paraît insondable et inextricable.

Je me rappelle bien de ces “envies de disparaître”, je traduisais ensuite cela par des visions de suicide mais c’était plutôt “je ferais tout pour que ça s’arrête” le vrai leitmotiv. En général ces délires morbides ne duraient que quelques semaines par an, et surtout en fin de primaire jusqu’au début du collège, et je n’ai malgré tout jamais été proche de passer à l’acte. Mais j’étais assez désespéré et peu confiant en l’avenir pour y avoir pensé n fois, et scénarisé la chose autant, et si j’avais été plus fragile et perspicace, j’aurais peut-être pu satisfaire cette envie de disparaître.

Il faut dire que nous parlons là des années 1985-1990, et que je me croyais bel et bien seul au monde. Il n’y avait pas beaucoup d’exemples dans les séries ou les films, ou alors entre “La cage aux folles” et “Délivrance”… Deux films qui m’ont traumatisé chacun à leur manière. C’est d’ailleurs très ironique avec un oncle pédé dont je n’ignorais rien de la situation, mais les non-dits sont capables de faire passer le plus rose des éléphants au milieu d’une pièce pour la chose la plus standard qui soit.

Mais c’est vrai que ça s’améliore, ouai ouai it gets better comme on dit chez nous en Amérique. Avoir résisté à ces adversités m’a certainement rendu plus fort. En tout cas, je suis ravi d’être le gars que je suis aujourd’hui, et je ne voudrais rien changer, aussi pédale-tapiole-queery que je sois (et compte bien rester, get used to it!!). Donc oui ça s’améliore avec le temps, mais ça m’aurait bien aidé qu’un élu texan, fils de cowboy, me le dise à l’époque. Donc vive Internet, rien que pour ce que ça donne comme fenêtre sur le monde aux d’jeunes !! (Et ça m’aurait évité d’avoir eu à cambrioler mon oncle pour pirater ses pornos !!)

J’ai dernièrement lu des informations assez inquiétantes des USA, et comme elles se matérialisent en France dans un laps de temps de plus en plus court, j’ai assez peur de cette homophobie latente et de ses reflux nauséabonds dans notre société. Donc soyons plus que jamais vigilants. It gets better ouai, mais don’t get stupid.

PS: Avant-hier était le douzième anniversaire de la mort de Matthew Shepard. Il était de 1976, comme moi.

  • Matooyage
Diabète et autres billevesées

Publié le Mardi 5 Octobre 2010 - 0:04
Catégorie: Matooyage

A y réfléchir, tout a commencé en mai… Le matin de cette soirée d’anniversaire, j’avais sorti mes aiguilles et du fil pour faire un grossier ourlet à mon beau pantalon de capitaine. Et là angoisse : impossible de voir le chas de l’aiguille et donc encore moins d’y faire passer un fil. Alors que j’avais toujours mes 12/10e de près et de loin en janvier, une telle perte de vue m’avait surpris, mais je m’étais résigné. Semaines après semaines, j’avais de plus en plus de moments dans la journée où ma vue se fatiguait, et quand mes lectures matutinales ont commencé à faire apparaître des lettres tremblantes et troublées, je suis allé voir un ophtalmo. Évidemment, on m’a prescrit des lunettes pour soulager ma vue pour lire et basta. Au final, j’ai ces lunettes depuis début septembre (ouai j’ai du mal à faire ces choses là rapidement).

Mais dans ces quelques mois, j’ai aussi perdu du poids, ce qui me faisait très plaisir, et que je croyais dû à mes salades du midi à la Défense (je faisais totalement abstraction des pizzas et autres cochoncetés ultracaloriques junkfoodiennes du soir avec mon chérichou). Et puis j’ai commencé à beaucoup boire, mais je trouvais ça bien car ça contribuait certainement à ma perte de poids. Mais alors j’avais de plus en plus soif (wéééééé géniaaaaal !!), et je pissais autant que je buvais, en toute logique. Tout cela est allé crescendo, et je suis rentré de vacances plutôt fatigué et même avec une bronchite carabinée. Mais encore une fois il était difficile de mettre tout cela bout à bout, car je n’avais pas eu beaucoup de vacances (une semaine), et je pensais que j’avais besoin de plus pour me reposer vraiment. En outre, chérichou était parti aux US pour la suite de ses vacances, et j’étais un peu tout déprimé tout seul à l’appart.

Finalement, crevé à partir de 15h00 tous les jours, à me lever toutes les heures la nuit pour pisser et boire des litres sans m’arrêter (j’aurais bu à en vomir parfois), me bâfrant de chips tout en maigrissant, et avec mes toutes nouvelles lunettes Prada, je narrais ces quelques innocents symptômes à ma mÔman. C’était je pense la première fois que moi-même je faisais le compte de tous ces petits trucs à la con. Et ma mÔman a tout de suite percuté : “Oh merde, on dirait du diabète ça !! Il faut que tu ailles absolument consulter !! On se sait jamais.”.

En bas de la tour où je bosse, il y a un cabinet médical, et un généraliste dont mes collègues parlaient en rigolant. C’est le docteur que j’étais allé voir pour la bronchite en rentrant du Maroc, et il me faisait marrer aussi car je ne comprenais pas un mot sur deux avec son accent vietnamien à couper au couteau. Il fait plein de traits d’humour mais comme on ne comprend pas ce qu’il dit, il faut juste rire en même temps que lui. MOuahahaah. Bon et moi je suis pas raciste donc le gars il a son diplôme, je lui fais confiance. Je suis allé le voir pour me faire prescrire rapidement des tests sanguins. Je n’ai pas encore bien compris ses blagues, mais je suis reparti avec une glycémie à jeun et tout le tintouin.

Quelques jours plus tard, je vais chercher ces examens, et j’avais des taux tellement anormaux que c’en était fascinant, à croire qu’on avait dilué mon sang avec du sirop d’érable !!! J’ai déposé les résultats chez le médecin de la Défense, et je suis monté au boulot. Il me rappelle dans l’après-midi :
- Monsieur Matoooooooo ?
- Oui Docteur, bonjour. Alors vous avez eu les résultats ?
- Oui. Monsieur Matoo, U-gences, tout de suite. Résultats, hôpital Saint Antoine, trop fort. U-gences u-gences u-gences !!!
- Hein ??? Quoi quoi quoi ? On peut se voir plutôt que vous m’expliquiez tout ça ??

Je passe le voir vers 17h, et là rien à voir. Il rigolait et il me disait que je mangeais certainement très mal. Et il rigolait encore. “Si vous continuer, moi vous envoyer u-gences hein ? Ahahahaahahaha.”

Et puis, il me dit que pour être certain, on refait les mêmes analyses, et qu’avec quelques médicaments et un régime, ça ira mieux.

Donc j’ai attendu, et j’ai refait des examens. Et avec ces résultats de nouveau catastrophiques, je suis retourné le voir un peu dubitatif. Alors là, il ne parlait plus d’urgences, mais paraissait très confiant et plus hilare que jamais. Cela m’a tout de même inquiété, et muni de mes résultats, je suis allé vendredi soir (le 17 octobre) chez ma docteure FAP. Je lui ai décrit mes symptômes, lui ai montré mes examens, et elle est s’est exclamée comme elle le fait si bien “MAAAAAAAAAaaaaais Mathieu, c’est la cata !!!! Qu’est-ce que tu me ramènes là encore ??? Mon dieu mais tu es diabétique mon cher !!!”. Ah ?

Elle me demande d’uriner pour tester mon taux d’acétone, et elle se décompose en regardant la couleur de la bandelette. Elle me dit : “Bon je ne suis pas sure de moi, donc on va appeler quelqu’un, mais si ce n’est pas possible, je t’envoie directement aux urgences de Saint-Louis. Je pense que tu es diabétique de type 1, et qu’il faut qu’on te mette tout de suite sous insuline.” Elle se saisit de ses PagesJaunes et appelle le diabétologue le plus proche. J’ai de la chance, il est en consultation et quand elle lui annonce mon taux d’acétone, il accepte de me prendre en urgence.

Quelques minutes plus tard, je suis dehors et j’accuse le choc, je n’ai qu’à parcourir l’avenue Parmentier jusqu’à l’Hôpital Saint-Louis où le spécialiste a son cabinet privé juste en face. J’appelle chérichou et l’informe, j’appelle une amie pour qu’elle annule notre soirée théâtre. En quelques minutes de diagnostique, il me confirme de très lourds soupçons sur un diabète de type 1 et la nécessite d’être immédiatement hospitalisé, soit dans son service de diabétologie juste en face, soit aux Urgences. Avec le taux d’acétone que j’ai dans le sang, je peux tomber dans le coma d’un instant à l’autre, donc c’est plutôt sérieux.

Il m’explique très calmement et pédagogiquement ce que j’ai. J’apprends que le diabète est une maladie auto-immune, autrement dit mes globules blancs ont attaqué mes propres cellules pancréatiques et ont réduit à jamais à néant ma capacité à produire de l’insuline. Je me souvenais assez bien de ces histoires d’insuline de cours de biologie qui permet au sucre de rentrer dans les cellules. Le médecin complète l’information en m’apprenant que sans sucre, mes cellules ont utilisé mon gras et mes muscles tout en produisant de l’acétone dont les taux ont grimpé dans mon sang. Le sucre lui n’étant pas absorbé est évacué dans mon urine, ce qui me donne cette soif inextinguible et cette irrépressible envie de pisser. Malgré cela j’étais déshydraté car on ne boit pas suffisamment par rapport à ce qu’on pisse. Je dois apprendre à l’hôpital à m’injecter de l’insuline avant chaque repas, à des doses qui correspondent à la quantité de sucre ingérée.

Allez hop direction les urgences… Je passe un coup de fil à mon doudou, à qui je dis de ne pas venir, parce que ça ne sert à rien. Une heure plus tard il débarque tout de même. Heureusement qu’il l’a fait parce que ça m’a fait un bien fou de ne pas être seul à ce moment là, surtout dans cette salle d’attente glauquissime. Ensuite tout s’est enchaîné assez naturellement et simplement une fois pris en charge par le service des urgences.

A. est allé me chercher un sandwich car je mourrais de faim, et qui vois-je revenir à sa place ? Caroline !!! Truc de dingue, ma grande copine lesbienne des années 95 que je n’avais pas revu depuis des lustres, et qui était à l’hosto pour voir une copine qui voyait des patients en psycho. Elle est tombée sur A. et elle venue me tailler une bavette. C’était la rencontre la plus inattendue et surprenante qui pouvait être dans cet endroit !

Après j’ai été pris en charge, mais A. a pu rester avec moi jusque plus de 22h, et le personnel était juste adorable et compétent. Le diabétologue que j’avais vu plus tôt est même passé vers 21h30 pour être certain que j’allais bien et que j’étais bien en main. J’ai eu droit à ma perfusion d’insuline, et des contrôles de glycémie toutes les heures pendant 48 heures. Donc une nuit aux urgences bien peu folichonne, mais j’en ai profité pour me faire toute “l’Allée du roi” et ça m’a bien fait passer le temps. Le lendemain, j’étais transféré au service de diabétologie, et mon grand apprentissage de Jedi pouvait commencer. J’avais déjà lu à peu près 10 Mo d’infos sur le sujet, donc on ne peut pas dire que j’ai été long à la détente.

J’ai passé quelques jours à m’acclimater à la mesure de glycémie et aux injections d’insuline, et tout cela n’est pas bien sorcier, même si terriblement désagréable et contraignant.

J’ai surpris et beaucoup fait rire les médecins et infirmières. Mon stoïcisme et mes blagues les ont surpris, mais force était de constater que je n’étais pas déprimé, et que je n’étais pas “troublé” outre mesure de ce qui m’arrivait. J’ai expliqué ce côté “Marc-Aurèle” à un médecin qui m’a vraiment pris pour un taré, et j’ai beaucoup plaisanté avec la nutritionniste à qui j’expliquais que je pensais avoir un super pouvoir pour maigrir ainsi tout en commandant de la junk food tous les soirs. Huhu.

Comme pour les ruptures amoureuses ou simplement toute sorte de rupture dans la vie, je pense que le plus douloureux est la transition entre deux états, mais que passé cette adaptation, on se retrouve dans un “état de fait” qu’il faut simplement accepter, et donc réduire la période “caliméro” au maximum histoire de ne pas être chiant pour les autres et pour soi. De même que je ne maîtrise pas ce qui m’est arrivé, mais c’est arrivé et c’est irréversible, donc faisons avec et au plus vite !

Combien est ridicule et étrange l’homme qui s’étonne de quoi que ce soit qui arrive en la vie ! Livre 12 – XIII

[...]

Celui qui n’admet pas que le méchant commette des fautes est semblable à celui qui n’admettrait pas que le figuier porte du suc aux figues, que les nouveaux-nés vagissent, que le cheval hennisse, et toutes autres nécessités de cet ordre. Que peut-on supporter, en effet, en se trouvant dans une telle disposition d’esprit ? Si tu es exaspéré, guéris-toi de cette façon d’être. Livre 12 – XVI

Lorsque tu t’impatientes contre quelque chose, tu oublies que tout arrive conformément à la nature universelle ; que la faute commise ne te concerne pas, et aussi que tout ce qui arrive est toujours arrivé ainsi, arrivera encore et arrive partout, même à l’heure qu’il est. Tu oublies quelle parenté unit l’homme à tout le genre humain, parenté qui n’est pas celle du sang ou bien de la semence, mais qui provient de la participation commune à la même Intelligence. [...] Livre 12 – XXVI

Du coup, je suis sorti assez rapidement de l’hôpital vu que je comprenais bien le BA-ba de cette nouvelle vie, et que c’est par la pratique que l’on affine peu à peu les choses. Donc me voilà de retour, mais diabétique, et un des premiers effets des retours à une glycémie normale fut une vision encore pire qu’avant. J’ai vu très trouble et c’était super flippant. C’est normal, et cela va revenir au fur et à mesure des semaines, les médecins m’ont dit que je pourrai même abandonner mes belles Prada (çaaaaa jamais, je leur ai dit !!). Cela fait deux jours que je peux de nouveau lire et écrire avec mes lunettes sans trop me fatiguer la vue, donc je me remets à bloguer. Eh oui ! ;-)

  • Outside
Carl et Sophie (leurs parents, leurs amiiiiis…)

Publié le Lundi 4 Octobre 2010 - 21:46
Catégorie: Outside

J’ai une certaine passion pour les savants et scientifiques qui ont fait ces grandes découvertes, et dont on garde le souvenir par des théorèmes, des règles et des démonstrations célèbres tout au long des études. Dès que j’en ai l’occasion je bouquine un magazine faisant la part belle à un Gauss, un Pascal, un Newton ou un Fermat, et j’aime particulièrement ces esprits géniaux qui ont su comprendre et théoriser les “bases”, ces trucs dont on se demande une fois qu’on les a assimilés : mais comment peut-on vivre sans savoir ça !!!?

Évidemment, mettant un peu de passion toute midinette même dans ce domaine là, j’aime beaucoup l’histoire de Sophie Germain qui était une fabuleuse mathématicienne trop méconnue. Cette dernière a dû lutter pour progresser dans cette science, mais elle se faisait surtout passer pour un certain “Antoine Auguste Le Blanc” afin de jouer les épistoliers crédibles en correspondant avec un Lagrange ou plus tard un Gauss. Quand ce dernier découvre la supercherie (Sophie avait demandé au Général Pernety qui participait à la conquête napoléonienne de la Prusse de veiller sur Gauss), voilà ce qu’il lui écrit :

… Comment vous décrire mon admiration et mon étonnement de voir mon estimé correspondant Monsieur Le Blanc se transformer en ce fameux personnage qui me donne un brillant exemple de ce que j’aurais du mal à croire. Le goût des sciences abstraites en général et plus particulièrement des mystères des nombres est extrêmement rare. Les charmes de cette sublime science ne se révèlent qu’à ceux qui ont le courage de l’explorer en profondeur. Mais quand une personne du sexe qui, du fait de nos coutumes et préjugés, doit surmonter plus de difficultés que les hommes pour se familiariser avec ces épineuses questions, réussit néanmoins à dépasser ces obstacles et à appréhender leur partie la plus obscure, alors elle doit sans aucun doute posséder un noble courage, des talents extraordinaires et un esprit supérieur. De fait, rien de plus flatteur et moins équivoque, que la prédilection avec laquelle vous avez honoré cette science, qui a enrichi ma vie de tant de joie, ne pourrait me montrer que ses attraits ne sont pas chimériques…

[Source Wikipédia]

Alors, je me dis que pour l’époque, Gauss était tout de même assez ouvert d’esprit, et cela me fait plaisir parce que je l’ai toujours bien aimé Carlito !!!

Sinon dans mes favoris, il y a évidemment Évariste Galois, aaaaaah Évariste, je suis sûr qu’il était pas mal en plus. Républicain, mort à 20 ans d’un duel pour une histoire d’amour, il a à peine eu le temps de nous pondre quelques théories révolutionnaires sur les équations algébriques, et des bribes, des intuitions qui ont marqué les mathématiques !

Huhu, je viens de tomber sur ce bout de (vieux) post, et il participe tout à fait à ma quête de résolution de la quadrature du cercle :

En tout cas, c’est bon l’amitié, c’est doux, c’est chaud, c’est rassurant. C’est mon repère galiléen et mon mouvement rectiligne uniforme, mon crible d’Eratosthène et mon abaque de Nyquist, mes éléments d’Euclide, ma règle de Chasles, mon groupe de Galois et ma méthode de Gauss.