J’ai déjà parlé de tout cela, et j’ai parfois l’impression de bien radoter au bout de 7 ans et demi à broder ici, mais j’ai une telle relation avec ce ballet, que je dois encore en reparler. Car j’ai évoqué en 2003 déjà comment j’ai été intronisé à Philip Glass par une de ces rencontres qui changent la vie, et plus tard mon père qui avait enregistré ce bout de ballet à la télé. Il est resté des années un simple extrait sur une antédiluvienne VHS jusqu’à ce que j’en parle ici et qu’un blogueur me confie que l’American Ballet Theatre allait le danser à Paris quelques semaines plus tard. J’ai alors pu enfin goûter au bonheur apporté par ce spectacle qui, pour moi, dépasse l’entendement, transcende tout ce que j’avais pu voir et ressentir jusqu’alors.
Au hasard de mes pérégrinations sur le web, j’ai trouvé une vidéo, manifestement enregistrée de la RAI, qui présente le ballet en entier. Je n’ai pas pu résister à l’encoder et à la poster ici.
Je suis une terrible bille en termes de ballet, mais je vis ce spectacle avec toute ma candeur et mes tripes. Je sais que Glass n’est pas considéré comme de la “grande musique” par les mélomanes, mais ce n’est pas grave, et dans ce cas précis, je n’ai jamais vu expression corporelle plus adaptée, plus en résonance avec la musique que cet “In the Upper Room”. L’ambiance vaporeuse sur la scène, les costumes blancs, rouges ou les zones dénudées, les danseurs et danseuses en solo, en couple, les oppositions, les ruptures ou les harmonies ainsi créées, tout me plait, m’intrigue, me fascine dans ce spectacle.
Les sentiments aussi varient avec des moments de tension extrême et d’autres plus calmes et parfois sombres. Mais il y a surtout cette énergie créatrice et vivifiante qui irradie tout au long de la chorégraphie, j’imagine d’ailleurs que les artistes sont complètement éreintés à la fin d’une telle dépense physique. Le ballet se joue autant d’un ensemble de corps en mouvement, que de petits détails qui viennent émailler une scène globale, et cette vitalité fait que l’on ne s’ennuie pas une seconde. Au-delà des performances athlétiques et chorégraphiques, la poésie qui se dégage est aussi troublante et émouvante, et c’est ce dernier point qui me paraît si extraordinaire. On peut exprimer des choses avec la danse, une histoire, des émotions ou une corrélation avec la musique. Mais pour moi ce ballet devient un pur moment de poésie, et j’en deviendrai proprement synesthésique en ne sachant plus quel sens me procure exactement cela.
Ok j’en fais des tonnes. Mais vraiment j’aime beaucoup beaucoup.



















du coup malgres la longueur je me ferais bien une intégrale...





