10 articles pour le mois de Février 2011

  • Matooyage
Empaqueté

Publié le Vendredi 25 Février 2011 - 18:40
Catégorie: Matooyage

Depuis deux semaines, je vis sans fenêtre, c’est terrible. Enfin, j’ai toujours des fenêtres hein, mais la vue en a été légèrement dégradée…

Ça par exemple c’est une des fenêtres du salon (photos prises à 11h du matin hier tout de même) :

Mon salon avec vue sur les bâches !

De la cuisine :

La cuisine.

De la chambre d’amis :

Chambre d'amis

Et enfin de notre chambre :

La chambre

Aheum… Il reste tout de même une vue dégagée de la salle de bain, mais c’est terrible de se sentir ainsi habiter dans une maison de poupée, ou une bonbonnière en bâches de plastique moches. Cela me rappelle un vieil épisode de la Quatrième (ou Cinquième…) Dimension où des gens habitent une maison sans fenêtre et y’a une substance verdâtre et collante qui coule de la cheminée, c’est GRAVE la panique au bout de quelques temps. A la fin on découvre que c’est une petite fille du futur qui a oublié ses bonbons dans sa maison de poupée, et sa mère de lui dire “Oh que tu es cruelle, tu as oublié de désactiver le module vital de tes poupées animées !!”.

Bon mais ce ravalement va bien finir par.. finir !! En attendant, hier y’avait des gars qui se baladaient sur les échafaudages et qui se pensaient seuls. Ah ah. Y’en avait un qui regardait la température au thermomètre extérieur de la cuisine en gueulant “OOOOH PUTAIN IL FAIT 12 DEGRES. SIIII VIENS VOIR.” , et l’autre qui faisait ding-ding sur mon carillon en commentant “OOOOH C’EST SYMPA COMME BRUIT ÇAAA !”. Et j’ai surtout réagi quand je mettais mon calbute et qu’un type me regardait d’un air dégoûté (ouiiiiiiiiii j’ai aussi été vexé en fait !!!).

C’est comme des minipouces, mais ils vivent à mes fenêtres, et sont très grands et bruyants. Huhu.

  • Ecoutage
  • Matooyage
Cette lueur dans ton œil

Publié le Samedi 19 Février 2011 - 2:59
Catégorie: Ecoutage, Matooyage

On avait un peu bossé le truc avec Ron, enfin William quoi vous voyez, et je m’étais moqué de lui parce qu’il avait un peu fait son mec de la télé avec moi. Mais à la Ron quoi, donc plutôt gentiment et avec beaucoup de bonne volonté et jolie candeur. Car il m’avait vendu le truc comme un RP “Ouai je sais que tu adores Juliette, et vous êtes tous les deux des gamers, ça pourrait faire une superbe rencontre et très fun.”

Aheum… Alors comment te dire, Mylène l’a exprimé mieux que nous mais oui mais non quoi. Je ne connais Juliette que depuis quelques années, et c’est mon chéri qui m’a intronisé à son univers. C’est mon chéri qui adore ses albums depuis Mathusalem, et lui encore qui est scotché actuellement (sic) à sa PS3 alors que je tapote ici-même (au lit). Mais comme je racontais cela à Juliette dès les premières minutes de notre rencontre (bah ouai je voulais pas non plus jouer le fan ultime qui connaît tout par cœur), c’est moi le blogueur donc t’as pas le choix, c’est moi que tu rencontres. Gnark gnark.

Bon un pédéblogueur qui rencontre une lesbochanteuse ? Oui on pourrait le voir comme cela, mais ce serait tellement réducteur… Et au final, j’ai adoré car ce fut tout autre, plutôt Juliette et Mathieu qui se rencontrent et discutent le bout de gras. Mais vous me connaissez, je ne serais plus moi si je ne militantais pas un peu en passant. Hé hé hé. Nous ne savions pas avec Will à quel point Juliette voudrait parler homosexualité, mais c’est avec bonheur que j’ai constaté qu’elle était tout à fait désinhibée sur le sujet. Nous en avons donc largement parlé du point de vue le plus intime et personnel, à celui plus politique et sociétal.

Cette rencontre m’a évidemment sincèrement ému car Juliette est une artiste troublante à bien des égards. La voir ainsi et lui parler, avoir un contact direct avec, tout cela était d’autant plus agréable que je la considère comme une femme au rare talent, et celui que je révère le plus dans le genre humain : l’écriture. Or Juliette est de ces auteures qui manie le verbe avec poésie, drôlerie et panache, tout en étant sur scène un redoutable bretteur et rimeur. Elle réussit souvent le miracle de véhiculer tout autant le sentiment amoureux que la blague ou l’ironie la plus grinçante, et le son de ses mots, ses allitérations notamment, me ravit particulièrement. Et c’est bien en concert qu’elle m’a définitivement conquis avec son étonnante habileté à passer d’une cruelle gouaille à une pulvérulente sensibilité, et mutatis mutandis… ça me parle.

Nous avons bavassé pendant deux bonnes heures je pense, d’abord dans un café, puis dans son atelier à quelques pas de là. On a également beaucoup parlé de moi, mon blog et mon nombril, mais aussi des sujets qui paraissaient intéressants à évoquer comme celui de savoir si on gagnait bien sa vie quand on était un chanteur mais pas non plus une énorme star. On apprend ainsi que Juliette gagne autant que ses musiciens en tournée, tout le monde à égalité (ce qui n’est pas légion)… Mais chez elle, dans ce petit atelier où elle écrit et compose, nous avons évoqué un peu plus quelques facettes intimes.

Réciproquement, nous avons papoté de nos vies d’homos, avec nos différences et nos similitudes, nos combats personnels et nos multiples attitudes qui se résument bien évidemment et heureusement par autre chose que notre orientation sexuelle. Il y a It gets better dont on se demandait la raison du peu d’impact médiatique en France, et le problème de fond qui lui perdure bien encore.

Je ne sais pas ce qui va ressortir de ce montage puisque cela va donner quelques minutes de résultat final, mais j’espère que cela pourra rendre un peu de ce vrai moment de plaisir et de jubilation intérieure pour moi. Je n’ai pas voulu prendre de photo avec elle ou garder un souvenir (il y a bien cela huhu) parce que c’est vraiment par écrit que je voulais en parler, et dans ma mémoire que je voulais conserver une petite trace. Je crois que c’est son regard qui est le plus étonnant et qui est évidemment quelque chose d’inimaginable tant qu’on y a pas été confronté. Rien d’extraordinaire rassurez-vous, mais une lumière dans le regard, deux yeux malicieux et espiègles derrière ces grandes lunettes que l’on connaît tant. J’ai immédiatement pensé à “Cette lueur dans ton œil” qui est pour moi la réussite première de l’album, et qui est exactement ce qui émane du regard de cette femme aux yeux noirs et pétulants.


La lueur dans l’œil – Juliette

On en a parlé de cet album évidemment, parce que c’était tout de même pour cela qu’on se voyait hein. Si si. (Huhu.) Yagg l’avait très bien résumé dans un article, en expliquant qu’il y avait du bon et du moins bon, assez inégal en somme. Mais quelques chansons prennent vraiment le dessus comme celle que j’ai cité ou “Une chose pareille”, “Madrigal Moderne” qui est une belle déclaration amoureuse, et quelques mélodies pimpantes avec des textes drôles et légers “Rhum Pomme”, “Un petit vélo rouillé”… On y retrouve avec bonheur l’écriture enlevée et saisissante de Juliette évidemment.

Juliette - No Parano

  • Télévisage
En marge de Fringe

Publié le Lundi 14 Février 2011 - 0:11
Catégorie: Télévisage

Cette série, Fringe, est un de mes plaisirs télévisuels depuis les trois saisons qu’elle dure, et je nourris une tendresse toute particulière pour ce show et ses protagonistes. J’attends chaque épisode avec impatience, et j’applaudis souvent l’audace et l’imagination de ses créateurs (et encore chapeau à cet incroyable JJ Abrams à qui l’on doit aussi notamment LOST).

Quand je regarde la télé ou un film au cinéma, je suis souvent en train de scruter les arrières-plans ou certains détails dans le décor (c’est d’ailleurs un des trucs qui m’agace dans les films en 3D où le décor est bien trop négligé). Et Fringe étant un peu le digne successeur d’X-Files on est, quand on le regarde, dans une atmosphère où l’étrange rejoint le fantastique et le scientifique “à la marge”… Et je regardais le dernier épisode (S03E13) à peu près à ce moment là :

Extrait série Fringe

Et l’angle change légèrement en faisant apparaître une drôle de forme dans la pile de draps au fond sur le chariot :

Extrait série Fringe

Mais siiiiiiiii regardez de plus près :

Extrait série Fringe

Bon bah voilà, c’est tout. Mais c’est exactement le genre de truc que je vois un peu partout (et sans l’épée d’Omens, qui donne la visions par delà la vision vous savez). Parfois des gluons du lavabo, parfois d’autres machins !

  • Cinéphage
The Green Hornet

Publié le Mercredi 9 Février 2011 - 23:02
Catégorie: Cinéphage

Quand on va voir un film de Michel Gondry, on pourrait s’attendre à un film avec sa patte bien connue, mais là ce n’est justement pas le cas. Donc il ne vaut mieux pas croire qu’il va s’agir d’une vision onirique traditionnelle du réalisateur. Malgré tout, les qualités formelles de mise en scène et de manière de filmer sont bien présentes, et sont une des grandes qualités du film. The Green Hornet est surtout l’adaptation du célèbre “Frelon Vert” (je ne comprends pas pourquoi on n’a pas droit à la VF sur ce coup, mais bon comme d’hab avec les titres de film), à la base une vieille émission radio, mais surtout la série télé des années 60 qui a révélé Bruce Lee (dans le rôle de Kato évidemment).

Le film est assez conforme à l’intrigue de la série, et on retrouve la genèse de ce duo de super-héros “anti-héros” très drôle et décalé. Que ce soit Seth Rogen en Green Hornet ou Jay Chou en Kato, ils sont vraiment bons et à fond dans leur rôle. Leur duo fait vraiment mouche avec des scènes entre eux deux et leurs fameuses engueulades très marrantes. Jay Chou incarne parfaitement le Kato hyper doué en arts martiaux, et son boulet ordinairement raciste et millionnaire Brit Reid. Ce dernier est le fils d’un magnat de la presse qui meut brutalement. Brit décide de reprendre le journal de son père, et en même temps il constate qu’il peut lutter contre la pègre qui gangrène sa ville tout en passant pour un super voyou doublé d’un super héros…

Si le film est plutôt bien rythmé et bénéficie de chouettes cascades et effets spéciaux (mais sans en faire “trop”, en étant très naturels et bien intégrés à l’action), et que la 3D elle ne sert encore vraiment à rien du tout, il souffre d’une comparaison avec d’autres sortis peu avant. En effet, on est dans l’histoire de super héros décalée et plutôt cocasse, mais ce n’est pas du tout au niveau d’acidité et d’ironie d’un “Kick Ass”, et ni de l’originalité et de la richesse graphique d’un “Scott Pilgrim“. On a pourtant une Cameron Diaz assez pimpante et en forme, et un méchant aussi horrible et cruel que bourrelé d’humour noir (Christoph Waltz).

Cela se regarde avec plaisir, mais ça manque de peps et de piment, on s’emmerde un chouïa même parfois, et l’histoire peine à vraiment décoller ou passionner les foules. Malgré tout esthétiquement, cela tient largement la route, et le film est loin d’être raté. Il m’a un peu fait penser au “Drôle de dames” de 2000 avec la même Cameron Diaz. Un petit côté décalé et esthétique, un scénario marrant et qui tient par deux fils, quelques comédiens et de bonnes chorés ou bastons… Mais cela ne va pas beaucoup plus loin non plus !

Donc pas mal, mais sans plus… Certes un peu décevant pour un Gondry, mais sans être un navet non plus !!

The Green Hornet

  • Boukinage
Le coeur régulier (Olivier Adam)

Publié le Samedi 5 Février 2011 - 19:39
Catégorie: Boukinage

Je commence à bien connaître Olivier Adam (enfin ce n’est que le quatrième roman que je lis), et c’est un de ces auteurs avec une patte, un univers et un style bien reconnaissables. C’est aussi un de ces auteurs à succès, vraiment populaires et “bankables”, sans faire partie non plus du haut du panier avec les Gavalda, Nothomb ou Lévy (Alléluia !). Et c’est sans doute l’auteur que je cite quand on me demande des auteurs que j’aime, et que je veux sortir un truc un peu connu et qui me parle sincèrement.

Là encore avec “Le coeur régulier” pas de surprise, c’est un roman de bonne facture, avec tous les gimmicks de l’écrivain plus ou moins disséminés, une histoire touchante, et un soupçon d’exotisme. C’est malgré pour ce dernier point que j’émettrais un bémol, car là où le bât blesse à mon avis c’est dans des descriptions un peu alambiquées et précieuses pour décrire un Japon de carte postale (même si j’ai pu constater que ces émotions existent bel et bien).

Le roman a pour héroïne centrale Sarah, femme à la petite quarantaine, mère de famille, avec un bon job, un mari carriériste, et une vie planplan de banlieue réglée comme du papier à musique, qui ne vient pas de ce milieu petit bourgeois à la base. La mort accidentelle de son frère, Nathan, la laisse dans un horrible traumatisme dont elle ne se sort pas. Ils étaient très proches, mais lui un peu bohème et fragile, loseur et dépressif, a fini par s’éloigner de sa soeur rangée et alpaguée par son nouveau milieu. Nathan est parti au Japon, a essayé de se suicider et a été sauvé in extremis par un type, Natsume, dont c’est l’activité de retraité (les falaises sont réputées pour leur potentiel d’attraction des suicidés). Il est ensuite revenu et a mené une vie plus saine et presque équilibré. Sarah veut comprendre ce qui s’est passé, et elle part au Japon pour tenter de retrouver ce Natsume.

Le livre n’est pas tant sur cette aventure au Japon que sur une compréhension plus globale des rapports fraternels. En cela, il mixe plusieurs niveaux narratifs avec la seule voix de Sarah. Il y a sa propre vie et ses travers, son expérience au Japon, et aussi le récit de la relation frère-soeur. Tout cela s’entremêle harmonieusement, et Olivier Adam brode une histoire assez conforme à ses thématiques. En effet, de nouveau on voit le spectre du conformisme petit-bourgeois banlieusard de droite, et tous ces prolos qui s’extraient de leur milieu par le même procédé. Mais on retrouve aussi le frère perdu et les liens affectifs familiaux qui sont là très bien imagés, mis en exergue même si parfois un peu emphatiques.

Je reproche donc un petit peu des descriptions qui frôlent l’amphigouri, quand il s’agit de parler de ces falaises nippones, de la couleur du ciel ou de la mer. Olivier Adam va un peu trop loin, à mon avis, dans la métaphore poétique, malgré quelques très bons choix de mots et de figures oniriques. En revanche, ce que j’ai aimé c’est que la fin est relativement inattendue. Cela ne se termine pas en résolution magique comme dans un thriller, ou en une apothéose lyrique et romanesque, on est plus dans le vrai, le concret et le tristement réaliste. Sans déflorer le plus important, disons que ce retour à la réalité m’a rendu le bouquin entier comme un voyage initiatique et cathartique qui a enfin ouvert les yeux de Sarah. Le personnage n’en devient que plus touchant et riche parce qu’il a lui aussi sa fragilité, ses imperfections, et que lorsqu’elle réalise qu’elle ne voyait pas si bien les choses que cela, alors un autre pan de son existence peut se révéler.

Comme toujours, c’est assez “banal” dans les faits et les mécanismes en jeu, mais l’auteur est incroyablement bon pour ciseler les personnalités, distiller les émotions et être particulièrement saillant et perspicace dans sa dissection de nos psychés. Encore une fois, il évoque des sentiments de base, mais il réussit à mettre des mots et à illustrer des concepts qui nous dépassent et qu’on a souvent du mal à appréhender, dans lesquels on est englué et embourbé. Et à la fin, les choses paraissent plus claires, plus nettes, et on se sent délivré d’une gangue qui empêchait d’avancer.

Le coeur régulier (Olivier Adam)

  • Boukinage
Douze Cordes

Publié le Samedi 5 Février 2011 - 1:03
Catégorie: Boukinage

Encore un petit bouquin de cette maison d’édition aNTIDATA que j’ai lu avec plaisir. Exactement comme pour CapharnaHome, et on y retrouve d’ailleurs beaucoup des auteurs, il s’agit d’un recueil de nouvelles, mais cette fois sur le thème (manifeste) de la musique. J’y ai retrouvé la plume de Gilles Marchand dont j’avais beaucoup aimé le “Dans l’attente d’une réponse favorable“, mais aussi Bertrand Redonnet que j’ai cité, et que j’avais déjà cité auparavant.

Ce ne sont pas des auteurs de ouf, mais ce n’est pas non plus une sélection au rabais, et j’aime bien cette démarche. On sent derrière cela un vrai amour des bouquins et des auteurs. Certains sont des auteurs publiés, mais on sent que d’autres sont des écrivains plus amateurs, des gens qui écrivent pour des e-zines, qui bloguent, qui s’autoéditent… La thématique est plus ou moins visible en filigrane de ces nouvelles, et j’ai été agréablement porté par ces récits.

Comme souvent pour ce genre de bouquin, j’ai beaucoup accroché avec certains textes, et beaucoup moins avec d’autres. Je trouve, et c’est assez logique, beaucoup de qualités aux nouvelles rédigés par les deux auteurs que j’ai cité plus avant, et je citerais aussi Amandine Bellet pour son histoire d’ascenseur désopilante, Scarlett Allainguillaume dont le texte m’a beaucoup fait penser à Murakami, et Charlotte Monégier avec sa courte histoire tragicomique de musicos ouvriers…

Ce qui est drôle c’est que le thème majeur étant celui de la musique, ce sont des histoires très “sonores”. Certaines bruyantes, harmonieuses ou cacophoniques, d’autres toniques, rythmées ou poétiques, en tout cas on se prend à beaucoup imaginer les ambiances sonores décrites puisqu’elles prennent une part non négligeable dans le livre. Et de nouvelle en nouvelle, cette dimension n’est pas anodine, et pourrait presque devenir entêtante. Marrant !

Douze Cordes - aNTIDATA

  • Outside
Ce douloureux problème de l’adolescence…

Publié le Vendredi 4 Février 2011 - 22:10
Catégorie: Outside

J’étais en train d’errer dans Wikipédia (comme d’hab), et je suis tombé sur un article qui évoque une série anglaise de Channel 4 qui existe depuis 1995 (Hollyoaks). J’en lis le résumé suivant :

Hollyoaks Wikipédia

[source]

Mouahaha, j’adore comme l’homosexualité vient harmonieusement se marier aux côtés des mères adolescentes, l’avortement, le deuil, le viol, l’alcool, la drogue, l’épilepsie et l’anorexie. Eh bah voyons… Y’avait pas un moyen de formuler ça un peu différemment ? Huhu.

  • Boukinage
Un loup à ma table (Augusten Burroughs)

Publié le Mercredi 2 Février 2011 - 23:07
Catégorie: Boukinage

Depuis le début, je redoute et me rends compte que les romans d’Augusten Burroughs se suivent et sont un peu moins bons. Là j’ai au moins aimé le fait que ce soit un véritable roman, avec une intrigue et une narration posée, tandis que j’avais eu du mal avec son dernier bouquin qui prenait plus la forme d’un recueil. Le premier, Courir avec des ciseaux, est une merveille qui reste dans mes bouquins fétiches forever (mes BFF à moi).

Augusten Burroughs est un auteur qui use de l’autofiction pour (s’)écrire, on peut ainsi suivre divers épisodes de son existence, et c’est vrai qu’il a bien de la matière. On avait suivi son enfance extraordinaire chez le psy de sa mère, puis son émancipation dans la pub et l’alcool, dernièrement plutôt ses déboires (homo)sexuels et sentimentaux. Il manquait un des personnages importants et étrangement absents des romans : son père. C’est ce bouquin qui comble cette lacune, et l’auteur raconte ainsi son enfance alors qu’ils habitaient encore ensemble avec son père. Ce dernier est un prof de fac qui n’est pas très net, notamment dépressif et qu’on devine rapidement schizophrène, bipolaire ou borderline

Le petit Augusten adore son père, mais a du mal à comprendre son fonctionnement, a peur de ses réactions, et reste pendant toute son enfance marqué par cette relation haine-amour étrange. Le père change parfois du tout au tout et révèle des facettes carrément flippantes. Même plus âgé l’écrivain souffre encore des jeux sadiques que son père est encore capable de lui faire endurer. Avec une mère conforme aux autres bouquins, on comprend bien encore une fois comment le petit Augusten a pu autant péter des boulons dans sa vie.

J’ai bien aimé le fait de découvrir ce nouveau personnage de la vie de l’auteur. Mais ça s’arrête à peu près là… En effet, même si j’aime toujours autant l’écriture de Burroughs, et son opiniâtreté face à son passé, ce roman-ci tourne un peu à vide. Il ne se passe pas grand chose, et quand on a compris les tenants et aboutissants de la relation père-fils, on n’assiste qu’à une répétition assez monotone de saynètes semblables. Le bouquin n’est pas gros, mais cela a suffi à entamer ma bonne volonté et mon admiration du procédé comme de l’auteur.

Donc un peu de “bon” pour les connaisseurs d’Augusten Burroughs, et beaucoup de bémols pour les autres…

Un loup à ma table (Augusten Burroughs)

  • Cinéphage
Scott Pilgrim vs. the World

Publié le Mardi 1 Février 2011 - 23:25
Catégorie: Cinéphage

Le film n’est pas resté longtemps en salles, mais il a rapidement acquis sa petite réputation de film culte à forte connotation geek. C’est en effet mérité pour cette brillante adaptation d’un comic canadien de Bryan Lee O’Malley. Je n’avais jamais lu ni même entendu parler de Scott Pilgrim, mais apparemment la bédé est très conforme à l’ambiance et l’univers très particuliers du film.

Scott Pilgrim est un ado moyen canadien qui joue dans un groupe, et qui sort avec une fille plus jeune. Mais un jour, il tombe raide dingue de Ramona Victoria Flowers, tandis que son ex cruelle est de retour en ville. Il a un peu de mal à faire table rase du passée, tout en devant larguer son actuelle groupie pré-ado, et surtout pour sortir avec Ramona il doit affronter ses 7 exs !!! Le film égrène les différents combats qui forment le voyage initiatique vers l’amour, mais surtout un pur délire à base de jeux vidéos, gimmicks de super-héros et autres symboles mortellement geeks.

On dirait un peu un petit film à la veine indé américaine, mais en y regardant de plus près le réalisateur est loin d’être un bleu (Edgar Wright, l’auteur de Shaun of the Dead), et le héros principal qui n’est autre que Michael Cera (Confessions d’un homme dangereux, Juno). Mais on a aussi Chris Evans, Anna Kendrick (Twilight, In the air) ou encore Jason Schwartzman qui ne sont pas vraiment des débutants, même s’ils ne sont pas encore des têtes d’affiche de dingue (Chris Evans commence un peu tout de même pour ses films débiles). Donc on est dans une ambiance qui fait mine d’être indépendante mais qui au final ne laisse pas grand-chose au hasard…

Néanmoins j’ai adoré ce film parce qu’il est résolument nouveau, et surtout incroyablement ancré dans notre monde actuel. Il est complètement marqué 2010, et ce qui est drôle c’est que comme je ne suis pas un “jeune” de 2010 il y a même pas mal de choses qui m’ont échappé. Visuellement le film est très riche et extrêmement bien travaillé, avec des effets spéciaux qui rendent particulièrement bien l’ambiance comic, et les capacités de super-héros de Michael Cera. Cela fait un peu croisement entre un “Kaboom” et “Kick-Ass”, avec tous les codes imaginables du jeu-vidéo, du MMORPG (avec toutes les jauges d’énergie ou de combat) et une jolie décomplexion adolescente. En effet, les couples se font et se défont avec des moeurs très libérées, tandis que le colocataire gay de Scott est un modèle en la matière. L’homosexualité, masculine ou féminine, est omniprésente sans être un sujet, et en cela le film est un drôle d’OVNI. C’est juste que dans cet univers geek, on est vraiment passé à autre chose (dude…), et qu’être pédé ou avoir un des ennemis de Scott qui est une nana (donc parmi les exs de celle qu’il convoite), c’est presque anodin.

En plus, les propos sont souvent drôles et absurdes, un mélange que je trouve là particulièrement digeste. Le film est certes léger et pourrait ressembler à ces bluettes d’ado que je regardais à 14 ans (genre ça huhuhu), mais avec cet univers cybernétique et nippon-pop-gaming-cheveux-roses, blindé de références à la fameuse sous-culture geek et des personnages hauts en couleur. Ça passe vraiment très bien, et le film méritera bien de devenir “culte” (Mais bon c’est pas Donnie Darko hein… Ah ça les jeunes de maint’nant, ils comprendraient pas, les p’tits cons.).

Scott Pilgrim vs. the World

  • Matooyage
Le diabétique et le stoïcien

Publié le Mardi 1 Février 2011 - 0:02
Catégorie: Matooyage

Il y a quelques temps, je racontais comment j’avais découvert que j’étais diabétique de type 1, et là j’avais une journée de “stage” à l’hôpital. Il s’agissait d’en apprendre un peu plus sur cette affection, et d’avoir l’opportunité de poser toutes les questions imaginables, tout en échangeant avec d’autres malades. J’ai surtout constaté que j’avais une manière bien singulière de considérer cette maladie, et que je n’ai pas fini de voir les gens écarquiller les yeux en m’écoutant. Hé hé hé.

Tout a commencé par un premier tour de table avec des patients (tous DID comme moi — DID = Diabète Insulino Dépendant) qui décrivaient leur manière de concevoir le diabète, et il se trouve que j’étais le dernier à parler…

D’abord il y a cette dame qui explique qu’elle a soixante ans et qu’elle est diabétique depuis deux ans. On voyait déjà sa langueur et son envie de partager dès son arrivée. Elle souffre, elle est malheureuse, elle ne comprend pas pourquoi ça lui est arrivée à elle. Pourquoi elle ? Elle a fait attention toute sa vie (elle est très mince), et était en pleine santé jusqu’à ce que ça lui tombe dessus. Elle ne s’y fait pas, elle se sent seule. Elle n’y arrive pas, elle n’aime pas les piqûres, les mesures, elle ne comprend pas comment ça marche. Elle a honte devant ses amis, elle ne se pique pas en public. Elle pense qu’elle est moins invitée à dîner depuis qu’elle est DID. Elle veut absolument réussir à être dans les normes de glycémie au pouième près sinon elle déprime, elle s’énerve, on la sent à bout. Et ces horaires fixes, ces calculs d’ingénierie pour déterminer les doses à injecter… Pourquoi elle, c’est tellement injuste. Elle, elle, elle.

Ensuite, c’est un jeune boulanger reubeu de 33 ans (DID depuis trois ans), il est plutôt positif et optimiste, mais lui il est dans le contrôle total. Pour lui il faut absolument éviter le sucre et drastiquement réguler tout ce qu’il mange. Plus de sucrerie et un régime draconien pour maîtriser le diabète. On sent qu’il y arrive par des épreuves, des privations, des efforts et une quasi pénitence, comme si les souffrances endurées étaient les seules voies de salut et de “guérison”, de récompense d’une glycémie normale.

Après, il y a ce type portugais (soixantaine d’années) qui est retraité du bâtiment et qui est DID depuis plus de 35 ans. Lui il connaît tout sur tout, et il parle, il explique, il a des idées sur tout. Il conseille les associations, les salons. Il trouve que les améliorations pour le confort des malades ont fait d’incroyables progrès, et lui ont changé la vie. Lui il voudrait que les médias parlent plus du diabète car la maladie est inconnue, il voudrait que les diabétiques et non-diabétiques puissent se comprendre et vivre ensemble avec plus d’harmonie et d’entente mutuelle.

Et puis c’est le tour de cette femme d’origine maghrébine qui arrive, et qui explique tout de go qu’elle a un souci cérébral, et que le diabète est une tuile supplémentaire dans sa vie. Elle refuse la maladie, car le meilleur moyen de la combattre, elle affirme qu’affronter le diabète et s’en révolter est ce qui lui donne l’énergie de continuer. Elle se bat, elle s’énerve, elle lutte tous les jours, non, non non, putain de maladie… Tout la fait chier, les piquouses, l’insuline, les glycémies, fuck !!!

Enfin, une toute jeune fille s’exprime, la vingtaine et assez posée, elle vit cela depuis deux ans. Elle en dit peu, mais surtout qu’elle voudrait apprendre à en parler à son entourage. Elle voudrait le dire à tous ses amis et à son travail. Elle souffle la honte qui la taraude, et la difficulté de se sentir parfois si seule et isolée avec ce fléau à gérer. C’est tellement compliqué de suivre les horaires pour s’injecter les produits, et de ne jamais pouvoir déroger à ces règles drastiques.

Après tout cela, j’ai à mon tour expliquer à la fois ma conception du diabète et aussi mon modus operandi personnel. Au fur et à mesure, je vérifiais auprès des médecins et infirmières que je n’avais pas trop tort dans ma manière de faire, et je prévenais aussi que je ne voulais pas choquer, mais je risquais de surprendre.

J’ai commencé par expliquer mon idée du diabète… A l’instant t, je n’ai plus les cellules qui me permettent de produire l’insuline. Pourquoi moi ? On ne sait pas, donc je ne me prends pas la tête avec cela, c’est un fait. Un fait inéluctable et aux conséquences très simples à assimiler. Cette “maladie” n’en est pas une pour moi, je prends plutôt cela pour un accident qui m’aurait coûté un organe, comme une ablation qui me prive d’un composant essentiel à mon fonctionnement vital. Heureusement, je peux m’injecter un produit de substitution, pas vraiment un médicament donc, mais un élément naturel (enfin jusqu’à ce qu’on découvre que c’est une saloperie… huhuhu) qui me permet de rétablir plus ou moins l’équilibre initial. Evidemment comme je suis moins doué que mon propre corps, la régulation n’est et ne sera qu’imparfaite, mais je ferai de mon mieux.

Et donc je ne me mets pas martel en tête parce que j’ai une glycémie de ouf un jour, ou parce que je décale une prise d’insuline lente de quelques heures… Je ne renonce pas à un Paris-Brest faut pas déconner merde !! Et si je sors en boite, je me pique en rentrant à 5h au lieu des traditionnels 23h30. Je me dis que j’ai un peu de temps pour m’adapter, pour apprendre, et pour écouter mon corps, profiter de l’aide des médecins et essayer d’éviter le plus longtemps possible les inéluctables complications.

Enfin ça me saoule hein ?! Ah oui, c’est relou, les piqûres me cassent les bonbons, et les glycémies aussi c’est chiant. Mais les symptômes m’avaient vraiment fait très peur, donc quand j’ai découvert que c’était un truc certes grave, mais plus avec une substitution qu’un traitement, et quelque-chose de bien connu et pris en charge, cela m’a plutôt rassuré. Je me rends compte aujourd’hui que c’est un truc chiant comme la mort, mais cela me garde en relative bonne santé, donc ça me va.

Je crois que la seule chose qui vraiment m’interroge et me frustre, c’est cette dépendance à un produit de fabrication pour vivre. Y penser pour partir en vacances, et se dire que j’aurais certainement de grandes difficultés en période de guerre par exemple, ou si je devais pour des raisons variées être sans insuline pendant longtemps (genre sur l’île LOST, y’avait de l’insuline Dharma ??), ou encore avec des insulines de piètre qualité. Je pensais à ce serbe avec qui je partageais la chambre quand j’ai appris mon diabète, il avait connu la guerre et l’impossibilité de se procurer de l’insuline, il avait failli mourir, et aujourd’hui encore les 200 euros par mois pour s’en acheter dans son pays sont totalement disproportionnés par rapport à son niveau de vie. Je pensais aussi à certains projets d’aller vivre quelques années à l’étranger, mais avec quel traitement, quelle prise en charge, quels remboursements ?

Sinon tout le monde est au courant, ma famille, mes amis, mon boulot. Ce n’est pas une honte, c’est un fait. Ce n’est ni triste, ni drôle. C’est une occasion cocasse de se faire passer pour un héroïnomane avec ses aiguilles et ses stylos bizarres en plein milieu d’un restaurant. Moi qui aime les contrastes et l’incongruité de certaines situations, je suis servi, et j’avoue que cela me fait rigoler de voir les gens inquiets dans l’avion ou dans le train quand je m’enfonce une aiguille dans le bide en faisant ma tête de cancéreux en phase terminale, ou de junkie décomplexé. En fait, il faut faire un peu de pédagogie locale et expliquer ce que c’est, ce qu’il se passe, et les gens comprennent très bien. Cela vous rend au contraire très intéressant et singulier !! Huhu.

Lutter contre une maladie qui n’en est pas une ? CQFD… Renforcer le dialogue entre diabétiques et non diabétiques ? What the fuck… En avoir honte, le cacher, se cacher pour se piquer ? Oh là là, mais pas du tout !!!

Et là j’avais droit à tous les regards dardés sur moi avec un air à la fois étonné et dubitatif. Au moins j’en avais fait rire, j’en avais désinhibé certains, j’avais ouvert quelques vannes, et je n’étais pas mécontent de l’exposé de mon système philosophique personnel. Même si je l’avais dit au départ, une des nanas m’a clairement dit : “Nan mais t’es bizarre, hein, t’es vraiment bizarre.”

Et je voyais l’infirmière qui tripotait ma feuille d’inscription, et qui me demande “Mais vous êtes diabétique depuis quand vous ?”.

Et moi de répondre :”Aheum ah oui pas très longtemps, cela fait 4 mois”.

Ah…

Et la même fille de répondre : “Ah oui alors là c’est certain, t’es carrément anormal”, et d’exploser de rire : “Ah mais putain, ça fait du bien de rencontrer des gens chelous comme ça !!”. Et tout le monde m’a gentiment apostrophé en m’expliquant qu’ils ne comprenaient pas comment je pouvais prendre les choses aussi calmement, sereinement et scientifiquement. Eux avaient été déprimés et malheureux pendant des mois… Et c’est vrai que s’il y a bien une chose qui m’agace chez mon diabétologue c’est son discours protecteur gnangnan, et sa certitude sur ma déprime à venir, d’autant plus forte qu’elle sera longue à s’installer selon lui.

On verra bien, je pense aussi que cela peut encore arriver. Mais pour l’instant tout cela me paraît bien plat et factuel. Je pense qu’après quelques années de piqûre et de gouttes de sang, de bandelettes et de stylos à insuline, je serai aussi beaucoup moins rigolard et certainement plus malheureux de cet état de fait. Je dois avouer que j’ai aimé le fait que les gens me disent n’avoir jamais rencontré un tel olibrius, et d’avoir vu un même étonnement chez le médecin. Huhuhu.

MatooBizarre !!! C’est meuuuuaaaaâââââhhh !!!!