5 articles pour le mois de Avril 2011

  • Matooyage
Le référentiel en question

Publié le Vendredi 29 Avril 2011 - 20:22
Catégorie: Matooyage

On l’apprend très tôt en communication, notamment grâce à ce putain de génial schéma de Jacobson, mais il est très très difficile de faire passer un message.

Schéma de Jacobson

Eh oui, c’est super con mais ça m’avait complètement abasourdi quand une consultante nous avait montré ce truc à l’école quand j’avais 21 balais. A la base, cela sert (en tout cas dans le cadre où moi je l’ai découvert) à mieux savoir délivrer un message quand on est markéteur, mais dans la vie de tous les jours, c’est plus qu’utile d’avoir cela en tête. Et même si intuitivement cela paraît tomber sous le sens, cela fait du bien d’en avoir une vue si simple, cohérente et relativement complète. (Je ne suis pas du tout un spécialiste donc vous avez le droit de crier à l’escroquerie, mais je vous livre ce que j’ai en tête, comme d’hab, avec tous ses défauts !!)

Pour que la communication ait lieu on a donc un émetteur et à l’autre bout d’un canal un récepteur. Le canal a une influence sur la manière dont le message est reçu ou même parasité, en effet on peut avoir une conversation au téléphone, ou bien par écrit, ou en face à face, et donc c’est à prendre en compte. Le message en lui-même est la transcription en mots de ses propres pensées, et là encore de la pensée à sa verbalisation, on a déjà perdu pas mal de “sens”. Je n’évoque pas les traductions en langue étrangère, mais c’est aussi un élément important. Ensuite, on doit prendre en considération deux grandes influences sur la communication, la fonction métalinguistique et le référentiel. Une langue commune est déjà essentielle pour se comprendre bien évidemment, mais au-delà de cela, il s’agit aussi d’avoir un “code” commun. Par exemple, si l’on veut comprendre le message d’un ado skyblogueur il vaut mieux connaître la signification de kikoolol, ou parce qu’on utilise souvent du jargon technique dans nos métiers, il est parfois nécessaire d’en assurer le glossaire ou de réinjecter des définitions de plus bas niveau dans certains messages. On entend aussi dans métalinguistique tout ce qui est “autour” du langage, c’est-à-dire tous les sous-entendus et les nuances que l’on peut trouver au sein même de la grammaire, ce qui peut être primordial pour certaines langues (notamment le japonais).

Enfin le référentiel qui est mon préféré, car encore une fois cela tombe sous le sens, mais on en a rarement conscience. Eh bien, toute notre communication fonctionne parce qu’on se connaît et qu’on est “assez proche”, et qu’on partage des références communes. Qu’il s’agisse de valeurs ou d’un historique, le référentiel est le “background” des interlocuteurs. Bagage culturel, éducation, histoire personnelle, conceptions ou idées politiques, tous nos discours sont perçus différemment selon le référentiel des gens qui reçoivent ce message. Or nous créons en général nos messages à destination d’une population cible dont on essaie de trouver le référentiel commun le plus large afin de bien véhiculer nos idées, d’où parfois une certaine complexité des discours très différents d’une population à l’autre pour exprimer la même chose.

Là où la chose se complique, et où parfois le bât blesse, c’est lorsque des messages s’échappent, et des populations aux référentiels différents le reçoivent. L’incommunicabilité peut alors prendre de graves proportions. Et on voit cela tous les jours sur le web ou ailleurs. Après le référentiel est parfois une excuse pour pas mal de politiques et de bourdes en général. “Nan mais c’était pas du tout ce que je voulais dire.” Le référentiel est ce qui donne aussi un sens global, et qui permet à la fois d’aller plus vite en sous-entendant des choses, mais aussi de se tromper ou de tromper les autres lorsque les référentiels sont trop disjoints.

Ces dernières semaines, il y a eu quelques remous dans le landerneau militant gay avec cette fameuse (feu) affiche pour la prochaine Gay Pride parisienne :

Affiche de la Gay Pride Parisienne 2011 - Coq avec boa à plumes

Clairement quand j’ai vu ça, je n’ai pas trouvé que c’était une idée terrible… Je trouvais que ce n’était pas très beau et très fin, et j’y ai vu un raccourcis assez simpliste : gay = coq avec un boa… Mouai. Réducteur quand on pense à ce qu’est la Gay Pride et peu représentatif du coup etc. Mais quand j’ai lu les militants qui se sont carrément sentis outragés, qui ont évoqué une dérive nationaliste, ou qui criaient presque au fascisme, là j’ai trouvé que ça allait un peu loin pour moi. J’étais tout à fait prêt à accepter cette affiche (de toute façon, on ne me demande pas mon avis, huhu), même si elle n’était pas parfaite, car elle avait au moins le mérite de sortir un peu de l’ordinaire. Alors j’ai bien compris que derrière tout cela il y avait aussi pas mal de manœuvres politiques et (surtout) associatives et une décision pas du tout collégiale pour cette affiche qui a énervé certain(e)s. Mais j’imagine que l’affiche qui ne choquerait personne et finirait par être acceptée serait un tract en noir sur fond blanc (et avec mon pot, ils nous pondraient un truc en Comic Sans). Car on trouve des gens contre le drapeau gay, contre la Marche en elle-même si on creuse bien etc.

Je parlais précédemment de référentiels disjoints, mais au final j’ai l’impression que le plus compliqué n’est pas cela, car cela amène une incommunicabilité et fin de l’histoire. Alors que le plus pernicieux est sans doute le type de message qu’on lance en se pensant universel, parce qu’on a perdu de vue que notre référentiel n’est en fait que très partiel. Et le danger réel se trouve certainement plus dans l’imbrication des référentiels.

Tout dépend du point de vue et de l’imbrication des cibles : on ne parle pas à mes parents, comme à un militant gay, comme à un hétéro homophobe de droite. Et donc il n’y a pas de communication uniforme possible ou alors elle devient complètement informative et sans saveur. D’où l’immense difficulté de communiquer auprès du grand public sur des sujets casse-gueule. L’exercice est même assez simple si l’on se met deux secondes dans la peau de quelqu’un d’autre ou d’une partie de soi (soyons schizophrène !!). Je pense que le coq avec son boa peut autant être un symbole nationaliste de merde qu’une manière de faire la nique à des partis qui s’approprient ces symboles qui ne sont pas que négatifs, et qui mériteraient peut-être de recouvrer un sens nouveau. Le boa est autant un nauséabond rappel de la “Cage aux Folles”, donc un élement qu’on essaie de minimiser pour éviter de sombrer dans les clichés de base (justement style extrême droite), mais c’est aussi un symbole de la fête chez les homos depuis toujours, et le coq affublé d’un boa fait partie des choses qui font qu’on rit aussi largement de nous mêmes. Je crois que mes parents n’y comprendraient rien (mais sont-ils la cible ?), que ça choquerait des gens de droite proprets (cool !!!) et des gens de gauche patriotes (mince), que des jeunes dans le vent s’y identifieraient tout de suite (ouaiiiii teuf à la Gay Pride, dresscode boas roses pour tout le monde), que d’autres n’y verraient que matière à plus de moquerie (pédé = plumes dans le cul encore vérifié cette année, check!), et j’en passe et des meilleurs.

Moi-même j’ai beaucoup évolué dans la manière dont je voulais que (mon) l’homosexualité soit perçue. Et aujourd’hui même, j’adapte mon discours à mes interlocuteurs, du très pédagogique au plus détendu, pour amener les gens à des étapes supérieures. D’abord on montre qu’on n’est pas un cliché, et puis on peut expliquer que le cliché existe, et que le cliché est même celui à qui on doit l’émancipation globale. Je me suis rendu compte que j’ai pratiqué comme cela avec moi-même, en rejetant les clichés (parce que j’en avais souffert gamin), puis en reconnaissant que la richesse de ce milieu gay c’était justement tout cela, et qu’on devait notre liberté actuelle à toutes ces folles qui se sont montrées et se sont battues (syndrome de Stonewall). De même avec mes parents, j’ai montré patte blanche pendant quelques années pour les rassurer, avant de me montrer juste comme j’étais, et aujourd’hui de véhiculer encore plus mon slogan classique “Fuck la bonne image !!“.

La semaine dernière, Virgile_ a touité une phrase que j’ai lié à mon tour car j’avais trouvé ce clin d’oeil drôle et bien senti.

Twit de Virgile_

On s’est payé un nombre assez hallucinant de répliques plus ou moins énervées, évoquant le fait de répandre des clichés, de caricaturer à outrance alors qu’un tel professe qu’il est tout le contraire, et un autre qui affirme aussi que pas du tout etc. D’ailleurs Virgile en a pondu un billet sur son blog pour évoquer de nouveau cela et avoir un peu plus de 140 signes pour s’exprimer, mais le résultat est identique. Or il s’agit encore clairement pour moi de référentiel et d’imbrication. Car lorsqu’on regarde les choses de loin, en jetant un petit coup d’oeil on peut observer ce gentil phénomène, mais en effet au cas par cas, et en se focalisant sur l’individu il est évident que les exceptions sont plus que nombreuses, mais surtout qu’on ne peut résumer la chose de manière si monolithique.

Et le problème est aussi là, on est jamais satisfait d’une opinion générale sur une communauté (quelle qu’elle soit) à laquelle on appartient. En revanche on accepte très bien celles sur les groupes “autres”, et on est autant capable d’avoir des idées préconçues pour simplifier les choses et mettre dans des cases. Tout est encore question de savoir à quel niveau d’audience on se positionne. Le plus compliqué étant donc l’imbrication des référentiels et la multiplicité des audiences.

C’est pour cela qu’il est important aussi de positionner son référentiel autant que faire se peut, et de le mettre en exergue de ses messages, comme un en-tête. C’est difficile mais ça peut aider à lutter contre l’incommunicabilité et les signaux parasites.

  • ThéâtrOpérage
“La Nuit juste avant les forêts” au Théâtre de l’Atelier

Publié le Lundi 25 Avril 2011 - 16:56
Catégorie: ThéâtrOpérage

Ce spectacle, j’en ai lu quelques lignes, les quelques mots clés qui font mouche et j’ai voulu y aller : Romain Duris seul sur les planches, Patrice Chéreau à la mise en scène, un texte de Bernard-Marie Koltès, une seule longue phrase, un monologue comme un long cri d’un homme solitaire et en souffrance…

Je pensais que j’allais adorer que j’allais rentrer dans ce texte un peu cryptique, très politique et humaniste, révoltant et choquant par moment. Je pensais que les gestes de Chéreau, son occupation de l’espace scénique, et le talent de comédien de Duris allaient faire ma conquête en quelques minutes. Putain de merde !!!! Au bout d’une heure et demie, j’ai cru que j’allais me tirer une balle tant je me suis emmerdé, tant je n’ai rien compris, tant j’ai trouvé ce texte aussi prétentieux qu’il se veut le soliloque d’un pauvre type paumé. Et pourtant les applaudissements ont jailli de toute part, et les gens étaient debout, et ça vrombissait à tout rompre autour de moi. Donc je suppose que c’était vachement bien, et tous les articles de journaux n’en pouvaient plus de se répandre en compliments et ovations. Bon j’en ai définitivement conclu que le souci vient bien de moi. Huhuhu.

Pourtant j’ai essayé de suivre hein, j’ai vraiment fait de mon mieux pour écouter attentivement et m’abandonner à cette mélopée que Romain Duris égraine avec un véritable talent. Ah ça, le comédien est vraiment bon et je ne peux lui retirer cela. Mais le texte ne m’a pas parlé du tout du tout du tout, et la mise en scène est aussi minimaliste qu’incompréhensible. Le pauvre Romain tourne et vire sur un lit d’hôpital sur une scène dépouillée, ce qui ne lui laisse pas grande liberté pour s’exprimer. Du coup, de temps en temps, il tombe du lit, et paf (le chien) !! Son soliloque est tellement décousu que je n’ai pas réussi à tenir plus de 20 secondes d’affilée sur une idée ou un début de narration, et cela m’a perdu à tel point que je me suis de temps en temps surpris à penser à autre chose… J’ai laissé mon esprit vagabonder pendant presque toute la pièce, et jamais je n’ai réussi à pénétrer le mystère de ce qui était récité, et je n’ai pas non plus été charmé par cette tonique logorrhée, ni ses sonorités ou son rythme. Je me dis que je suis un cas à part, et tant pis quoi !! J’aurais peut-être dû plus me renseigner sur le spectacle, et surtout sur le texte, voire le lire avant ou essayer de me familiariser avec les thèmes couverts et décortiquer quelques explications de texte pour néophytes.

En tout cas, là c’est sûr, je suis passé à côté. Et pourtant quel comédien et quelle interprétation…

"La Nuit juste avant les forêts" au Théâtre de l'Atelier

  • Matage
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Being gay is like Christmas everyday

Publié le Jeudi 21 Avril 2011 - 22:44

Je ne sais pas si vous connaissez cette fabuleuse série qu’est United States of Tara avec Toni Colette qui joue le rôle de cette mère de famille aux nombreuses personnalités (pas dans le sens figuré hein, elle a vraiment de multiples personnalités au sens psy). Son mari c’est John rhaaa lovely!! Corbett, l’Aidan de Sex and the City. La série est très très drôle et en même temps pas conne du tout, et parfois même très émouvante (bref un bon petit show télé à l’américaine). Leur fils est gay, et il est un peu le personnage le plus équilibré de la famille.

Dans cet épisode (S03E03), on découvre la maman de John Corbett (c’est l’actrice qui joue Ruth de Six Feet Under) qui a l’air d’avoir un léger pet au casque, et qui a tendance à conserver beaucoup de détritus chez elle, tout en nourrissant une grande fascination pour les décorations et l’univers de Noël. Elle explique cela à son petit fils, et elle lui parle de cette folie que son père a fuit pour mieux la retrouver chez sa propre épouse. Et en poursuivant dans le nawak…



Oh j’aime ces situations de ouf, ça me rappelle tellement chez moi, huhuhu !!!

  • Matooyage
Vacances en Floride et Parc National des Everglades

Publié le Mardi 19 Avril 2011 - 0:04
Catégorie: Matooyage

Pff, ça fait déjà un mois que nous sommes revenus. Pffffffff. Que c’était cool, qu’est-ce que j’y retournerais bien. Huhu.

Ce n’est pas tant pour le côté intéressant de Miami ou Fort Lauderdale car ce n’est pas transcendant, même si l’intérêt majeur était d’avoir des températures plus que clémentes au début du mois de mars. Sinon ces villes sont très construites et peu folichonnes même si on a bien visités quelques bars gay. Dans ce domaine, on a surtout profité du resort pédé “clothing optional” dans lequel nous étions.

Vue du resort gay de Fort Lauderdale

Mais les heures passées à lever le nez au ciel, pour voir ça du matin :

Palmiers - vue du resort gay de Fort Lauderdale

Au soir :

Palmiers - vue du resort gay de Fort Lauderdale

Bah ça le faisait bien et d’autant plus avec 27°C en moyenne… Pas trop chaud, pas trop humide pour la saison (pas un moustique alors que l’été c’est l’horreur apparemment). PARFAIT ! De temps en temps, on a eu droit à des orages, mais ambiance “Tahiti douche” très surprenant avec des bourrasques énormes et des seaux de flotte tiède, mais cinq minutes après c’était sec et le beau temps était de retour.



Nous avons aussi voulu visiter un peu les Keys qui sont ce chapelet d’îles qui filent vers le sud, et qui sont toutes liées par une route suspendue au-dessus l’eau de manière un peu magique par une succession de ponts. La zone est assez curieuse car l’eau n’est pas du tout profonde et d’un bleu cristallin et caribéen de rêve. On démarre par Key Largo où on voyait déjà poindre des mangroves et sa faune afférente.

Vue de Key Largo - Floride

Route des Keys - Floride

Et lorsqu’on s’arrêtait sur ces ponts sans fin (on roule pendant 4 bonnes heures pour aller d’un bout à l’autre des Keys) pour faire une pause, on avait ce genre de vue des “aires d’autoroute” locales.

Route des Keys - Floride
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Sailor Moon Alias Saint Seiya ?

Publié le Mercredi 13 Avril 2011 - 22:29
Catégorie: Magazinage, Matage, Outside

J’ai souvent dit ici tout le bien que je pensais de Fluide Glacial, mais là ça craint du boudin !! Alors qu’ils servent pour le mois de mai un numéro “spécial série TV” d’une belle facture, voilà qu’un texte humoristique qui rappelle les fameux animes des années Dorothée nous livre cette explication :

Sailor Moon alias Saint Seiya

Rhoooooooooooooooo n’importe quoi !!!

Petit rappel : Sailor Moon et Saint Seiya

Sailor Moon

C’est bête parce que sinon Glee sous le crayon d’Edika ou Californication par Pluttark (avec l’arrivée de Scully surtout) sont carrément réussis (y’a aussi Friends à la fin par Libon qui vaut son pesant de cacahuètes), mais on sent que ce n’est pas la spécialité du magazine. Je vais enfin pouvoir envoyer un email à Movida (Yeah !!). Huhu.

Glee par Edika - Fluide Glacial mai 2011

Californication - Fluide Glacial mai 2011

Bon faut pas exagérer non plus, je ne peux pas dire que je sois très choqué non plus. Mais ça me donne l’occasion d’excaver ce post de 2005 que j’adore avec ses caricatures à mourir de rire et surtout quelques vidéos parodiques des Chevaliers du Zodiaque qui n’ont pas pris une ride.

Voir le post avec toutes les vidéos !