26 articles pour le mois de Mai 2011

  • Matooyage
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Publié le Mardi 31 Mai 2011 - 7:50
Catégorie: Matooyage

J’avais 26 ans quand j’ai commencé le blog en 2003, et tout naturellement me voilà à l’aube de mes 35 ans. THIRTY FUCKING FIVE!!! Tout comme mon frangin cosmique d’ailleurs, et mes autres coreligionnaires de 1976 qui ont passé ou vont aussi passer la barrière. Je crois que j’ai mis tellement longtemps à accepter mes trente ans, au moins deux ans, ou plutôt accepter de faire le deuil de cette vingtaine (entre deux décennies décidément charnières pour moi), que les trente-cinq ne me troublent pas trop.

C’est la ligne droite vers la quarantaine, mais c’est con de dire ça, car c’est de toute façon toujours une ligne droite, et ça va forcément en croissant, huhu. Je me souviens de ma Grande-Tante qui racontait à 93 ans qu’elle se sentait dans sa tête exactement comme quand elle avait 20 balais, et que c’est quand elle se regardait dans le miroir qu’elle réalisait son âge. Elle nous disait : “Ooooh à part toutes ces rides, j’ai pas changé hein, je me reconnais bien, et j’ai l’impression de n’avoir pas beaucoup évolué depuis les 75 dernières années…” Evidemment, je n’en suis pas encore là, mais cela fait bizarre de se dire que j’étais en troisième il y a vingt ans, qu’une bonne partie de mes profs sont subclaquants, qu’il ne me reste à présent que des parents vieillissant et une génération de papy-boomers qui cahin-caha finira par nous laisser la place. J’ai rencontré ma copine Marie-Aude le premier jour de la rentrée du CP, il y a 29 ans. Elle est mariée avec deux enfants, et je suis moi-même bien “installé” dans la vie… Mon amie Virginie accouche dans quelques jours, alors que nous célébrions son mariage l’année dernière.

Un mois plus tard je commençais à voir flou, et quelques mois plus tard, je me retrouvai à l’hôpital dans cette nouvelle peau de diabétique… Piouuu que d’aventures, et encore je ne raconte pas tout de ces turpitudes de vie dignes d’une sitcom que je me trimbale parfois !! Le blog reste une activité qui me plait, et que j’utilise aussi pour me forcer à écrire car je pense que c’est une gymnastique vertueuse. C’est aussi un vecteur de rencontres inattendues et qui ont modelé un peu le gars que je suis devenu tout au long de ces 8 dernières années.

Mais comme d’hab, le truc le plus important pour moi dans la vie c’est l’amour. L’amour de mes amis, celui que je leur porte et réciproquement, qui est l’ineffable pilier qui soutient tel un Atlas mon petit monde personnel. Les amis, vous savez, cette famille qu’on se choisit et qui nous choisit en retour. Et ce truc incroyable qui m’arrive depuis 4 ans, et qui ne cesse de me ravir, ce chéri que j’aime plus que tout au monde, et qui pense bien souvent ce que je suis en train de penser en même temps, qui me rend fou de rage tant il est bordélique, fou de passion tant j’aime sa peau, son odeur et sa bite, fou de raison tant il est évidemment le bon pour moi et que je pense être aussi le bon pour lui. Ooooh je sais que les jeux ne sont pas encore faits, et je peux me faire larguer juste le temps de poster cela, mais ça ne changerait pas mes sentiments et cet état de fait, cette évidence même.

Bon bah voilà, 35 ans, un joli chiffre pour un an, un âge adulte sans conteste, je ne sais pas encore ce que je vais en faire. On en parlait ce week-end notamment avec quelques amis, on accumule tous des années d’expérience, professionnelles et personnelles, et c’est difficile de choisir (c’est déjà bien quand on a le choix !) entre une vie plan plan mais pas palpitante, une vie stressante et peu gratifiante mais qui finance certains plaisirs, une vie de bohème qui nourrit l’esprit mais pas les projets… Je pense que quelles que soient les décisions et les inflexions qui mènent de-ci de-là, on a tous un sentiment de regret qui point à un moment. Regretter d’être devenu comédien et de devoir faire un taf de merde pour vivre la plupart du temps tout en ne partant pas en vacances, et à galérer même dans le quotidien des auditions et des aspirations artistiques auxquelles on essaie de se raccrocher, mais avoir quelques bouffées de bonheur indescriptible quand on foule les planches et qu’un souffle vous transcende et vous convainc que vous êtes à la bonne place au bon moment. Etre à la Défense toute la journée à élaborer des projets, et passer 80% de son temps et son énergie à des tâches ennuyantes et à la finalité floue, faire semblant pour en tirer le maximum et profiter de l’aisance financière pour se faire plaisir, et faire le maximum pour ne pas perdre son âme dans ce pandémonium. Je crois qu’il y a aussi des gens qui arrivent à viser juste, entre les deux, mais dans tous les cas, on se remet forcément en question, et on est rarement gagnant sur tous les tableaux.

Moi j’ai choisi de me concentrer sur les trucs qui me font du bien, comme les narvals, les mitochondries ou Marc-Aurèle. Voilà les constantes de mon existence, ce pour quoi je trouve que la vie c’est quand même vachement bien et cool. Ajoutez à cela mon mari d’amour (avec une bonne bite hein, forcé), mon onzième arrondissement chéri, mon Osny natal et sa viosne enchanteresse, et je crois qu’il ne m’en faut plus beaucoup plus (bon un verre de Coca Light bien frais siouplé) pour ne rien vouloir de plus.

[Mis en ligne à 7h50 histoire de coller exactement avec la bonne heure.]

  • Linkage
Lien qui roule n’amasse pas foule

Publié le Dimanche 29 Mai 2011 - 23:51
Catégorie: Linkage

Et nous voilà reparti pour une autre folle semaine de liens en tout genre. Enfin y’a surtout des trucs gay hein, mais si je regarde bien ces liens que le donne là sont une belle synthèse de ce qui retient mon attention, et donc me définit aussi un peu.

Commençons par une idée que je trouve très bonne markétinguement parlant, même si je doute qu’elle soit acceptée par Apple… En effet, les fumeurs n’aiment pas trop se faire taxer, mais sont rarement avares d’une clope passée à un fumeur dans le besoin. Le système ainsi proposé fait que l’on achète un paquet virtuel via son mobile et une application dédiée. Les gens qui vont vous taxer utiliseront la même application, et ainsi lorsque le taxeur obtiendra la clope que le fournisseur donnera réellement, ce sera en somme une clope de moins dans votre paquet virtuel. Lorsqu’il est vide, vous obtenez un paquet gratuit chez votre buraliste. Du coup, plus de taxe gratos, mais un système de prêt assez malin qui peut dépanner. #fumertue

J’ai été relativement épaté par cet étonnant débat à propos d’une proposition d’interdiction de la circoncision à San Francisco. En gros, vous avez des gens qui expliquent que c’est une mutilation, pas un truc anodin, et fait contre la volonté et le libre-arbitre de l’enfant, et que ça devrait être un choix pour des garçons de plus de 18 ans. Ce qui est drôle c’est que c’est une proposition émanant clairement d’une population plutôt habituellement prompte à “ne pas interdire”, et que le rabbin dans le débat a beaucoup de mal à s’expliquer. Et c’est vrai que cela mérite son petit quart d’heure de réflexion… #mutilation #circoncision #débat #SanFrancisco

J’ai appris via Têtu et Yagg que Louis-Georges Tin, Dan Choi et Peter Tatchell avaient été arrêtés lors de la tentative de Gay Pride à Moscou (la marche avait été interdite par la ville). Les divers témoignages font froid dans le dos, entre collusion supposée policiers/néonazis, les brutalités orchestrées ou la simple homophobie qui en transpire au plus haut niveau… #gaypride #homophobie

Tambour Major nous éclaire sur les grands secrets publicitaires du torchage de cul à travers les décennies. Clairement nous sommes arrivés à un breakthrough là, un vrai milestone !! Huhuhu. #PQ

On célébrait les 140 ans de la Commune de Paris ces dernières semaines, faits historiques majeurs pour le Rouge que je suis. Il y a eu une incroyable démarche d’un groupe, Raspouteam, qui rappelle les différents faits avec des documents, récits, photos. Jour par jour, on a pu revivre ces extraordinaires événements, trop méconnus… Dont ce dernier jour du 27 mai 1871. #CommuneDeParis

Gros scandale cette semaine, quand on apprend que Brigitte Barèges, députée UMP, s’est exclamée “ouvrir le mariage aux couples de même sexe [...] Et pourquoi pas des unions avec des animaux ? ou la polygamie ?” Les réponses du Pédé et de Virgile sont assez éloquentes et je m’enorgueillis de compter sur ces jolies plumes et de vous les conseiller avec ardeur.

J’ai été moi-même profondément choqué et troublé par cette affirmation : La proposition de loi socialiste a, sans surprise, été repoussée par la commission, le député UMP Etienne Blanc jugeant qu’”avec le pacs, de nouveaux droits ont été consentis” aux homosexuels et qu’”ils répondent suffisamment aux besoins”. (article du Monde) #homophobie

Comme dit si bien Max Donzel : “Et ainsi, ils ont pris mon enfance, l’ont mis dans une petite boîte en métal, et ils ont fait un gros caca dedans avant de refermer le couvercle. Merci Disney, Jar-Jar Binks avait déjà bien commencé le travail, mais là c’est le pompon.” Vous comprendrez en regardant cette édifiante vidéo où les personnages de StarWars dansent la gigue chez Mickey… #disneytrash

Apparemment, en Chine certains prisonniers sont forcés de jouer à WoW pour rapporter de l’or virtuel à leurs geôliers. Ensuite, ils revendent cela très cher dans le jeu… Truc de ouf !! D’autant plus que cela s’accompagne de sévices et de diverses privations ! #wow #chine #prison

Voilà une superbe vidéo via Têtu qui est un extrait d’une émission où on teste l’homophobie ordinaire des américains. Il s’agit de regarder comment réagissent des gens dans un Dinner traditionnel alors qu’une serveuse (comédienne) tance une famille homoparentale en plein Texas (!!). Il est extraordinaire de constater que les gens ne sont pas du tout indifférents, et au contraire interviennent parfois de la manière la plus touchante qui est, et complètement inattendu quand on écoute nos préjugés sur cet Etat (pas infondés non plus hein…). Mais force est de constater que l’attaque de la famille transcende les orientations sexuelles, et que les texans ont largement plus défendu les couples homoparentaux que les new-yorkais dans une situation similaire. Intéressant. #homoparentalité #texas

Franchement, j’espérais aussi que cette vidéo était un fake, mais non c’est bien un clip de promo des JMJ… Mamma mia !! #jmj #sontfouscescathos

Plus de chansons françaises dans le métro bruxellois… Au final, sont exclues les chansons françaises, néerlandaises et même allemandes (3ème langue officielle du pays) pour éviter toute brouille. Pfff. #sontfouscesbelges

Maïa propose que nous mettions en valeur nos pénis !! Elle a toujours de super bonnes idées cette Maïa !! ^^ #penjazzling

Des soirées jeux-vidéos tout nus, et on précise que c’est sans alcool pour éviter les dérapages. Nan mais c’est quoi cette surcouche d’hypocrisie sur un gravissime coinçage du cul ??? #sontfousceshétéros
[Edit] Tiens on me dit dans les commentaires c’est un truc fake, une de ces campagnes virales (à laquelle je participe donc allègrement grrrr). Aaaah je suis rassuré tout de même !! #passifousqueça

Après VDM c’est VDG ou viedegraces.com, si si je vous assure. Des gens expliquent comme la vie est belle et pleine de grâces. Mamma mia ! #sontencorefouscescathos

Après ces quelques jours de battage médiatique dans tous les sens à propos de DSK, on se pose et j’ai lu avec intérêt ce post qui explique un peu le pourquoi du comment, et surtout les classiques erreurs proférées depuis deux semaines. Refreshing!! #dsk

Cette semaine c’était aussi le fameux eG8… bien décrit par PYB et bien mis en boite par Lâm qui souligne l’absence de deux importantes sommités. #lol #eG8

Un fait d’importance : “The Church of Scotland has voted 351-294 to allow openly gay clergy.” Donc à présent, il est officiellement reconnu que le clergé de l’Eglise d’Ecosse peut intégrer en son sein des gays et des lesbiennes. #pastousfousleschretiensfinalement

De magnifiques et superbes pages intéractives du New York Times dédiées au coming-out, avec des témoignages, vidéos, photos… C’est un travail incroyable et vraiment engagé, juste bluffant !! #comingout #gayfriendly

  • Concertage
“No parano” de Juliette aux Folies Bergère

Publié le Vendredi 27 Mai 2011 - 22:17
Catégorie: Concertage

J’ai déjà pas mal évoqué l’album de Juliette “No Parano”, et là c’était le concert du même nom. En effet, elle y a chanté beaucoup de chansons de l’album pour mon plus grand plaisir, et peut-être un peu moins de ses anciens titres que d’habitude.

Je l’avais vu en solo seulement, et c’était très différent dans ce contexte. J’ai beaucoup apprécié la présence scénique et musicale du groupe qui l’accompagnait, et avec en plus quelques effets et interventions, on a droit à un spectacle assez dense et élaboré. Juliette fait montre de tout son charisme et d’une présence sur scène vraiment impressionnante. Bien sûr, on profite aussi de ses talents de chanteuse, indiscutables, mais aussi de cette boute-en-train qui aime terriblement interagir avec son public, faire des blagues et essayer de lier ses chansons d’une manière intéressante.

Donc tout bon pour le volet musical ou vocal, ce qui est tout de même ce qu’on demande à ce genre de spectacle. En revanche, un gros bémol sur les intermèdes et l’articulation des morceaux… Je pense que nous étions au premier soir du tout premier concert, et on reconnaissait un spectacle un peu vert, avec même quelques rouages un chouïa grippés. Quelques bons mots, ou voulus comme tels, sont tombés à plat, et on sentait que c’était un rodage. Huhu.

Ce qui m’a le plus turlupiné, et je suis sûr que l’on va me dire que j’en fais trop, c’est le choix d’une étrange thématique psychiatrique tout au long du concert. Et pas qu’un peu, puisqu’il y a de multiples interventions d’une “infirmière”, et que les musiciens ou Juliette elle-même sont “atteints”. Lorsqu’on est dans la caricature de base et une sorte de surréalisme, je pense que ça passe bien. Mais là, et pour moi ça coince un peu, on était avec des gens qui jouaient aux “fous” pour faire rire, mais en parlant de maladies comme la schizophrénie ou d’autres troubles psychiatriques. Je ne sais pas trop comment décrire ce que j’ai ressenti, mais c’était pour moi un franchissement de cette limite, très floue et très relative je l’admets, où imiter des malades pour rire ne se fait pas (sur une scène de concert). Et pourtant je suis le partisan du on se moque de tout, et si tout cela était resté dans un domaine hors-médical, cela ne m’aurait pas touché, mais là ça m’a un peu mis mal à l’aise…

J’imagine que le fait que ce soit un concert tout neuf n’a pas aidé les choses. Malgré tout, j’ai adoré le tour de chant de Juliette, mais disons que j’aurais pensé prendre autant de plaisir que la fois précédente, et ça n’a pas été le cas. Je me demande si les solo piano ne sont pas la forme idéale pour une chanteuse et une personnalité pareille !!

"No parano" de Juliette aux Folies Bergère

  • Cinéphage
Détective Dee : Le mystère de la flamme fantôme

Publié le Jeudi 26 Mai 2011 - 23:25
Catégorie: Cinéphage

J’avais lu un tas de superbes critiques sur ce film et son réalisateur (qui a en effet un certain palmarès), et comme je suis amateur de films de kung-fu, et que la comparaison à “Tigre et Dragon” avait été martelée, j’ai tenu à découvrir cette aventure du Détective Dee. Eh bien j’ai vite déchanté !

Le film n’est pas non plus mauvais, mais perclus de petits défauts qui m’ont vraiment déçu, et surtout je n’ai pas compris comment les critiques avaient pu être si positives, et le rapport à “Tigre et Dragon” ainsi dit et répété. Les deux films n’ont absolument rien à voir, ni sur le fond ou la forme. En revanche, on est bien dans un film de kung-fu traditionnel du style Shaw Brothers, et on peut penser à une version plus moderne d’une Hirondelle d’Or ou de La Main de fer. Il y a le volet historique un peu caricatural, le héros chinois traditionnel, les chorégraphies de kung-fu bien orchestrées, les intrigues alambiquées et un humour plus ou moins lourdingue, plutôt plus que moins dans ce film. J’ai été aussi plutôt décontenancé par la médiocrité des images de synthèse, il y a des panoramas qui se veulent à couper le souffle, mais dont on voit les pixels grossiers, ou les rendus approximatifs.

Le Détective Dee est de retour à la capitale, rappelé de prison par l’impératrice en personne, alors que plusieurs crimes paraissant insolubles ternissent le prochain couronnement de la souveraine. Une énorme statue la représentant est en cours de construction près du palais, et des personnes gravitant autour de cette construction pharaonique subissent un étrange supplice : ils se consument à la lumière du soleil et se carbonisent en quelques secondes.

Le volet positif est bien celui des combats et des costumes qui sont magnifiques et de très bonnes factures. L’autre élément que j’ai vraiment aimé ce sont les personnages historiques. On retrouve sous ce nom de détective Dee, le célèbre personnage de fiction Juge Ti, inspiré d’un véritable magistrat chinois des dynasties Tang et Zhou, Di Renjie. Et surtout l’autre flamboyant personnage de ce film n’est autre que l’impératrice Wu Zetian, célébrissime souveraine, seule ayant fondé sa dynastie dans toute l’histoire impériale chinoise. La comédienne (Carina Lau) qui joue le rôle est particulièrement convaincante. Elle arbore notamment des coiffures incroyables, des costumes extravagants en plus d’un caractère bien trempé, et tous les travers qu’on prêtait à cette impératrice (manipulatrice, cruelle et sévèrement burnée).

Malgré ces petites choses sympathiques, ça n’a pas suffit à compenser un film très très standard et ne sortant pas des sentiers battus. Je crois que ma déception vient plus des bonnes critiques et de cette satanée comparaison. Tant pis !

Détective Dee : Le mystère de la flamme fantôme

  • Cinéphage
Tomboy

Publié le Mercredi 25 Mai 2011 - 22:30
Catégorie: Cinéphage

Céline Sciamma m’avait bien agréablement surpris, il y a de cela 3 ans, avec la Naissance des Pieuvres (filmé dans mon Cergy natal, cette jeune femme étant née comme moi à Pontoise). Le film posait déjà un peu la question de l’identité sexuelle à travers l’adolescence balbutiante de jeunes nageuses. Mais là, on a un bel essai transformé avec Tomboy qui m’a aussi beaucoup surpris, d’abord parce que je ne m’attendais pas à un film dont les enfants étaient centraux dans le sujet et la narration.

Quand on lit un peu le sujet, il faut avouer que l’on peut difficilement voir plus casse-gueule que de raconter l’histoire de cette gamine de 10 ans, qui en arrivant dans une nouvelle ville avant la rentrée avec ses parents et sa petite soeur, va se faire passer pour un garçon pendant quelques temps. Ajoutons à cela que les parents et adultes sont tout à fait accessoires, et que tout se passe avant tout dans des scènes uniquement avec des enfants, et des dialogues quasiment entre eux. Waouuuh, on se dit que ça peut déraper d’une minute à l’autre, être très contestable sur la vision que cela donne, sur un message psychologisant peut-être bancal, des gamins qui jouent mal ou paraissent des chiens savants s’ils jouent “trop” bien.

Les choix de Céline Sciamma, autant formels que dans sa direction de comédiens ou son scénario, rendent le tout particulièrement simple et digeste. Elle a décidé d’être dans l’anecdote et le factuel plutôt que dans l’intello ou dans une quelconque idéologie. Ainsi au lieu d’en faire des tonnes ou de marcher sur des oeufs, on assiste à quelques moments entre enfants d’une petite dizaine d’années (moins que cela même avec la fantastique Malonn Lévana qui joue la petite soeur fantasque), et cette parenthèse, avant la rentrée pendant les grandes vacances avec une maman enceinte qui se repose, est idéale pour Laure qui répond alors qu’on lui demande son prénom en bas de son immeuble : Mickaël. Comme elle a les cheveux courts et une silhouette garçonne, personne ne se pose de question, et Mickaël est naturellement adopté comme un petit mec parmi ses congénères du quartier. Une des gamine le trouve d’ailleurs assez mignon… Evidemment, très rapidement il devient difficile de le cacher, et il faudra bien révéler le pot-aux-roses d’une manière ou d’une autre.

Le film est sympathique à bien des égards, mais surtout notable pour la qualité des enfants comédiens (avec Laure/Mickaël, jouée par Zoé Héran, en figure de proue) et la manière dont Céline Sciamma les a filmé. On est vraiment à leur hauteur, plongé dans leurs codes et leur univers. Et en tant qu’adulte, on est d’abord un peu gêné par cette petite fille qui se fait passer pour un garçon, et puis plus du tout en fait. L’anecdote reste un épisode, on ne sait pas, et on ne cherche pas à savoir, ce qui va se passer plus tard, et même les conséquences actuelles de ses actes. Et cette approche si directe, simple et évidente, si peu psychanalytique ou “pathogène”, est particulièrement salutaire et reposante.

Après ce n’est pas une oeuvre parfaite, et elle souffre encore de quelques maladresses, mais on sent que la maturité de la réalisatrice est en train de croître, et elle signe là un vrai premier film avec une patte et une signature qui augurent beaucoup de bien pour la suite. On trouve aussi dans ce film des moments drôles, cocasses, tendres aussi que ce soit dans les rapports filiaux ou entre petits jeunes (enfin parfois aussi avec la violence de ce même âge…). On perçoit aussi avec limpidité la difficulté de vivre une différence, quelle qu’elle soit. Mais ça, ce n’est pas une découverte…

Tomboy

  • Cinéphage
Rabbit Hole

Publié le Mardi 24 Mai 2011 - 23:19
Catégorie: Cinéphage

Après Hedwig and the Angry Inch et Shortbus, John Cameron Mitchell ne présente pas un film qui leur ressemble. Pas du tout même. Il signe à la place un film étrange et captivant qui raconte la manière dont deux parents font le deuil du fils qu’il ont perdu quelques mois auparavant.

Les parents, Rebecca et Howie, sont magistralement interprétés par Nicole Kidman et Aaron Eckhart, et une des grandes qualités du film réside dans leur jeu. Nicole en particulier paraît singulièrement pénétrée par son rôle. J’ai juste été dérangé, et en même temps rassuré, par son visage. En effet, elle apparaît enfin sous les traits d’une femme de son âge, et une femme en deuil, plutôt cernée et souvent en pleurs, avec un visage d’une grande expression et mobilité. Mais autant elle a retrouvé de chouettes expressions faciales, autant je trouve que cela met encore plus en exergue les autres trucs qu’elle a dû faire, et qui lui donne une tête différente selon l’angle de vue de la caméra (un visage proprement cubiste en somme). Il n’empêche, elle est excellente. Aaron Eckhart est lui terriblement séduisant, et les deux forment un couple très crédible.

Une grande partie de l’intrigue se compose de cette différence majeure dans le processus de deuil : lui veut aller voir des groupes de paroles, reste dans ses souvenirs de son fils (dessins, vidéos, photos), et pense que le temps fera son effet, se dit qu’avoir un enfant serait une bonne idée, tandis qu’elle refuse la psychologie, veut se débarrasser de ce qui lui rappelle son fils, ne veut pas que son mari ta touche, et se met à rencontre en secret le chauffard qui a écrasé leur fils par accident. Ce dernier est un gamin de 16 ans, fort bien endossé par Miles Teller, au physique un peu ingrat mais parfaitement en phase avec le rôle. Dianne Wiest est aussi juste que d’habitude, rien à dire.

Le film m’a fait pensé à un “Sous le sable” dans une version américaine, avec une histoire aussi simple qu’universelle, et avec ce focus sur deux processus de deuil tellement distincts qu’il met évidemment en péril le fondement même du couple Becca/Howie. Le tout est bien filmé et on sent la patte assurée et résolument observatrice de John Cameron Mitchell, sorte d’entomologiste et autopsieur des émotions de ses comédiens.

J’ai plutôt bien aimé le film, mais suis tout de même resté sur ma faim. Mon reproche principal est la minceur de l’intrigue et des faits qui se déroule. En fait, il ne se passe pas grand-chose, et le scénario finit, à mon avis, par sérieusement manquer d’épaisseur… Heureusement les comédiens occupent bien l’espace, mais ce n’est pas suffisant, et j’ai fini par trouver le temps long. Il me manquait des rebondissements, des réflexions plus poussées, un peu plus de matière en somme. De la même manière, je me suis demandé si la pièce contenait la même charge narrative, parce que ça devait du coup être encore plus flagrant sous cette forme. Mais c’est peut-être aussi une économie qui permet de mieux se concentrer sur le deuil… (Un peu chiant quoi à la fin… Huhu.)

Rabbit Hole

  • Cinéphage
Pina

Publié le Lundi 23 Mai 2011 - 23:17
Catégorie: Cinéphage

Le sous-titre sur l’affiche résume très bien l’état d’esprit du film : “Dansez, dansez sinon nous sommes perdus”. Ce film est absolument exceptionnel, et j’en suis sorti simplement bouleversé. Je ne connais pourtant rien à la danse ou à Pina Bausch, mais cette oeuvre pure et désincarnée parle à tout le monde. Elle utilise des codes universels, et exploite les chorégraphies de Pina Bausch comme un alphabet abstrait mais très élaboré.

Wim Wenders construit un film magnifique et très simple, très dépouillé, avec en même temps cette 3D qui pour une fois est un composant important et efficace. Il s’agit de témoigner de l’oeuvre de Pina Bausch, et pour cela ce sont les danseurs de la troupe qui parle d’elle, et surtout de la manière dont cette rencontre a marqué et changé leur existence. Le film alterne donc entre des extraits des chorégraphies dans un cadre formel, quelques pensées intimes livrées en catimini sur leur “Pina”, et d’autres farandoles plus décalées et parfois barrées dans des décors urbains “sauvages” avec cette succession de gestes illustrant les saisons…

On découvre notamment l’étonnante ville de Wuppertal (où la troupe réside) avec un extraordinaire monorail suspendu qui traverse le paysage urbain avec un furieux air de Science-Fiction. Et on découvre peu à peu les danseurs, plus ou moins matures, parfois carrément vieux, mais tous barrés et attendrissants, tous encore plein de passion et de folie dans les yeux, et d’une beauté à tomber dès lors qu’ils s’expriment sur les gestes de leur défunte chorégraphe et “meneuse”. On les voit en plus en 3D, dans un excellent relief qui semble les faire jaillir de l’écran, avec une netteté et une vivacité des couleurs qui m’ont réconcilié avec la technologie. Est instillé par petites touches tout ce qui fait la signature des chorégraphies de Pina Bausch, avec ces grands corps féminins au cheveux longs qui exécutent des danses longilignes et courbes, ces gestes itératifs comme un minimalisme en écho permanent, une répétition qui trouve résonance dans un décor théâtral qui empêche souvent les progressions (j’adorerais voir ce truc avec les chaises partout) des danseurs. J’ai eu l’impression petit à petit de mieux appréhender l’ADN de ses chorégraphies, et de rentrer (et d’adhérer) dans leur vision artistique.

Voilà c’est juste ça, quelques extraits de ballet en 3D, des témoignages en filigranes, et en scansion lancinante cette troupe qui rappelle les mêmes gestes en une ronde infinie et logorrhéique, magnifique et émouvante. C’est juste ça, et c’est tellement d’émotions, de sens, de non-sens, d’interrogations, de révélations !! Il fallait certainement le talent de Wim Wenders pour mettre des images sur un film pareil, et inutile de préciser que c’est pour moi une réussite grandiose et troublante. C’est pas du chiqué hein, ça m’a vraiment troué le cul ce truc.

Pina

  • Matage
  • Matooyage
Take a Matoo Trip (6 ans plus tard)

Publié le Lundi 23 Mai 2011 - 20:51
Catégorie: Matage, Matooyage

En 2005, j’avais filmé mon trajet entre chez moi à Paris et Suresnes, où je travaillais à l’époque. Nous sommes 6 ans plus tard et c’est très marrant de voir comme déjà techniquement les choses ont tellement changé en si peu de temps. Je filmais avec mon téléphone mobile Siemens SL65 par tranche de 30 secondes en format 3gp, et lorsque j’ai publié la vidéo c’était dans une qualité plus que médiocre, en un micro format de 240 pixels de large, et en WMV, et surtout en proposant le téléchargement d’un zip avec la vidéo !! A l’époque, on n’encodait pas encore en flv pour lire les vidéos avec des players flash, et encore moins en mp4, WebM et ogg pour que ce soit compatible avec les tablettes et smartphone en HTML 5. Mais aujourd’hui… oui !

Donc voilà ce nouveau trajet que j’ai pu filmer d’une traite cette fois, et donc cela donne 54 minutes porte à porte, entre chez moi à Ménilmontant et Puteaux. J’ai coupé évidemment, et il y a 22 minutes totalement passionnante où vous pouvez vivre ce que je vis tous les matins et tous les soirs. Attention, vous pouvez même m’entendre dire bonjour 3 fois (au début aux gens que je croise dans l’escalier) et à la fin à mon collègue quand je rentre dans mon bureau (voilà le super teasing pour vous accrocher tout le long de cette palpitante vidéo).

De l’émotion, de l’aventure, du suspense, du sexe, des larmes et du sang !!!! Tout est là !!! C’est ça Paris !



  • Linkage
Hyperliage de la semaine

Publié le Lundi 23 Mai 2011 - 0:18
Catégorie: Linkage

Je continue ma récolte hebdomadaire, avec quelques thèmes forts de la semaine.

Le premier pour moi c’est la journée internationale contre l’Homophobie, ce 17 mai. C’est l’occasion de quelques liens qui rappellent des choses, qui en apprennent d’autres, qui font émerger quelques belles paroles et évidemment des homophobes qui en rajoutent une couche.

Par exemple, j’ai été passionné par ce post de Virgile qui m’a appris que la ville de Paris, en la personne du responsable du groupe des élus communistes de Paris, va faire poser une plaque commémorative en souvenir de l’affaire Lenoir et Diot. Il s’agit des deux derniers hommes qui ont été brûlés en place de Grève pour homosexualité en France en 1750. Ce qui est aussi très intéressant c’est que Virgile se concentre sur les commentaires sous les articles en ligne qui évoquent cette information, et on y trouve les mêmes idiotes remarques du genre pourquoi eux et pas plutôt telle ou telle cause. #gay #commémoration

Comme si reconnaitre le statut de victime à certains empêchait de l’accorder à d’autres, comme si l’Humanité devait être économe d’une capacité d’empathie limitée, comme si nous devions compatir avec parcimonie, uniquement pour certaines causes sélectionnées et pas les autres parce que ce serait gaspiller.

Yagg a publié un remarquable article pour parler d’une émission de Direct 8 où des propos d’une homophobie aussi ordinaire que détestable ont été proféré avec un extraordinaire aplomb. A consulter d’urgence !!! #homophobie

Dans le genre homophobe notoire qui continue sur sa litanie, on a aussi Bryan Fischer qui affirme sans ambages : Gays Are Nazis… #homophobie

Heureusement, on a aussi à l’opposé le magnifique discours d’Hillary Clinton contre l’homophobie, et ça fait du bien de lire ça. On aimerait que nos politiques gaulois en prennent de la graine… #politique

[Via Terminalose] Cette image est très drôle, mais aussi une représentation assez réaliste (et caricaturale) des idées de tout un chacun sur les homos… Oh oui. #homophobie #joke

Dieu aime les gays, mais …

L’autre chose impossible à éviter cette semaine est évidemment l’arrestation de DSK que j’avais déjà évoquée la semaine dernière alors que l’info sortait tout juste. Une semaine plus tard, il paraît inconcevable d’évaluer la pression médiatique sur le sujet. Dans le genre manque de recul et ignorance crasse, on atteint des sommets inédits, et cela se ressent largement dans la qualité des prises de parole sur le sujet. Tout a commencé avec cette vidéo hallucinante faite par des chinois (taïwanais) qui ont rapidement monté une reconstitution de l’agression en images de synthèse. Evidemment, comme on ne sait rien de ce qui s’est passé, tout cela n’est que conjonctures et fantasmes, mais le fait de l’imager ainsi donne un pouvoir assez énorme à ces images et une influence potentielle non négligeable (si cela avait été produit ou diffusé sur nos médias, ce qui ne tardera pas j’imagine, on pourra mesurer les impacts). #dsk

J’ai trouvé très intéressant le point de vue des auteurs de Sexus Politicus avec notamment ce rappel sur l’attitude des médias quant à la personnalité bien connue de DSK. #dsk

La justice américaine a été bien critiquée chez nous, et c’est vrai que certaines différences de valeurs peuvent choquer. Mais Rue89 rappelle aussi notre propre propension à la violence et quelques casseroles qu’il faut aussi prendre en considération avant de critiquer aussi vertement autrui. #dsk #loi #france

Enfin Semioblog fait le point sur cette affaire DSK et la manière dont twitter et les médias sont en train de changer la manière de communiquer et de pratiquer le journalisme. Passionnant !! Il y a aussi cet autre point de vue de blogueur qui m’a parlé, et je crois qu’il mérite le coup d’oeil. #dsk #media

PS : Ah oui vous saviez qu’Elisabeth Tessier voyait DSK président ? LAULE

Je lis les aventures d’Educator depuis pas mal de temps maintenant, et c’est souvent très drôle, mais au final c’est inquiétant et parfois même déprimant. Je crois que le reflet de la société à laquelle nous nous préparons illustrée par ce blog est loin d’être anodin… #education #société

Ah ah, très drôle ce tableau comparatif pour que les américains comprennent les anglais… On a beau parler la même langue, le management interculturel n’est pas une mince affaire. #sémantique #USA #UK

Une nouvelle version de Chrome nous débarrasse de la barre URL, eh oui nous en sommes déjà là !! Rien de très étonnant au final, puisque les moteurs de recherche et les raccourcis nous ont déjà depuis longtemps affranchi de la mémorisation des adresses de sites web, mais c’est un changement de paradigme majeur qui mettra encore beaucoup de temps à faire son chemin dans les esprits. (Il suffit de voir aujourd’hui l’importance et les budgets que les entreprises mettent dans leur portefeuille de noms de domaine…) #geek #google

La version Oasis du “Leave her alone” de Chris Crocker, ah ah vraiment drôle !! #fun #oasis

Lars Von Trier “comprend Hitler” et estime “qu’Israël fait vraiment chier”. Oh mon dieu, comment a-t-il pu proférer une connerie et une monstruosité pareille… #connerie

La Samaritaine doit ouvrir avec son nouveau projet en 2014… Aucune idée de ce que ça va donner, mais sur le papier c’est pas mal du tout. A voir, à suivre ! #hidalgo #samaritaine #paris

Juste en une phrase : boulettes de speculoos au coeur de nutella enrobées de caramel croquant. #diabète

Finalement, la nouvelle qui m’a fait le plus triper, et rêver !! On a trouvé une planète analogue à la Terre et qui tourne loin là-bas autour de son soleil. Rhaaaaaa !!! Ok il nous faudrait 300 000 ans pour y aller, mais elle existe !! #espace #planète

Les tablettes sont des outils multimédia très à la mode, et on en trouve de nouveaux usages tous les jours. Parfois cela semble plutôt gadget, mais là ça me paraît sérieux. En effet, une entreprise propose une tablette pour remplacer le serveur qui prend des commandes dans un restaurant. Vous avez menus et choix qui se font directement sur une tablette connectée, et hop on vous apporte vos plats. J’imagine que le paiement pourrait aussi se faire par ce biais. Et ce n’est pas la légendaire amabilité des serveurs parisiens qui sera un argumentaire contre, même si cette automatisation pourrait signifier dans un futur proche un dramatique signal pour l’emploi (comme les caisses automatiques dans les supermarchés). #automatisation #société

Une bien belle blague de geekographiste à la sauce Dexter qui m’a bien fait rire. Huhuhu. Les pauvres graphistes qui continuent à être obligé de créer des affiches en Comic Sans pour vivre pourront s’en émouvoir sincèrement ! #joke #bdblog

Kim Cattrall (Samantha dans Sex and the City) a été récompensée au San Francisco GLAAD Media Awards et son discours est excellent. “As many of you know, I played a gay man on a popular television show…” #gayfriendly

Le dernier album de Lady Gaga est sorti, et j’en entends beaucoup de choses, en bien et en beaucoup moins bien. Pheel a eu le mérite de publier une opinion circonstanciée qui tient carrément la route. \o/ #ladygaga

Pour finir, j’ai cette splendide twitation à propos de la même Lady Gaga. Mais impossible de retrouver cette phrase sur la timeline d’Orlando Bloom (mais je doute que ce soit le sien), et une recherche Google indique plein de possibles auteurs… donc aucune idée, mais ça m’a fait rire, et c’est simplement très probable. Huhu. #ladygaga

I think Lady Gaga just puts glue on herself and rolls around in random items.

  • Boukinage
Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates (Mary Ann Shaffer, Annie Barrows)

Publié le Jeudi 19 Mai 2011 - 22:58
Catégorie: Boukinage

Cela faisait longtemps que je n’avais pas goûté à un 10/18 Domaine Etranger, une collection qui me tient particulièrement à coeur. Celui-ci c’est ma maman qui me l’a prêté parce qu’elle l’avait apprécié. Je ne peux pas dire que je n’ai pas pris de plaisir à lire ce bouquin, non c’était plutôt agréable à bouquiner, mais il a un gros problème pour moi : il est dans la droite lignée de l’Elégance du hérisson… Il y a de l’idée, des bons mots, beaucoup de bonne volonté, mais aussi une histoire qui finit par devenir franchement peu crédible et un épanchement de bons sentiments qui confinent à l’écoeurement.

Mais vraiment il y a de chouettes choses, à commencer par la forme du roman qui est une somme d’échanges épistolaires entre l’héroïne, Juliet Ashton, qui est une écrivain en mal d’inspiration au sortir de la seconde guerre mondiale, et des habitants d’une île Anglo-Normande . En effet, tout commence par un de ses anciens bouquins (un livre de Charles Lamb) qui se retrouve entre les mains d’un insulaire de Guernesey, Dawsey Adams, et ce dernier décide d’écrire une lettre à Juliet pour lui demander si elle pouvait lui procurer d’autres ouvrages de l’auteur. C’est ainsi qu’une correspondance débute entre les deux protagonistes, et que Juliet apprend la manière dont la guerre s’est déroulée sur les seules possessions anglaises occupées par les allemands. C’est pendant cette période trouble qu’a vu le jour un curieux cercle littéraire au nom farfelu : “Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates”. Petit à petit, tous les gens du cercle écrivent à Juliet, et elle décide d’écrire un roman sur leurs aventures pendant la guerre. Lettres après lettres, elle apprend à connaître ces gens attachants et noue des liens intimes avec certains. Il y a beaucoup de mésaventures drolatiques, mais aussi des drames qui sont un peu passés sous couvert, mais que Juliet finit par débusquer.

Vraiment ça se lit très bien et facilement, c’est une jolie écriture enlevée, avec énormément d’humour anglais, un brin nawak et excentrique. Les personnages sont tous très drôles et souvent émouvants, avec une peinture de l’île pittoresque et pleine d’affect. Mais le souci c’est que cette manière de faire dans les bons caractères et les histoires qui finissent bien devient rapidement chiant et un peu niais. Et puis, on a du mal à croire que les habitants de l’île soit tous de cet acabit, avec comme par magie des péquenauds plus fins et lettrés que des thésards en philosophie, et tolérants, libéraux, ouverts, sympathiques, accueillants etc. Oh il y a bien un personnage négatif pour contraster, mais tout le monde se fout de sa gueule dès le début. Bref, c’est vraiment ce que j’appelle le syndrome l’Elégance du hérisson. Le bouquin est trop consensuel, trop lisse, et finalement on passe un bon moment mais rien de plus.

Le roman est très couramment comparé à l’Elégance du hérisson, donc je n’ai pas été le seul à y voir une filiation. Et comme ce dernier, il a eu un énorme succès en librairie et auprès du public. On y voit aussi assez facilement de la matière pour un film, et cela pourrait en effet donner un truc à la Saving Grace, dans le genre indie gentiment farfelu et peu crédible. Je ne le conseille pas comme un grand roman, mais ça doit pouvoir carrément se lire en vacances ou pour se détendre…

Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates (Mary Ann Shaffer, Annie Barrows)

  • Concertage
  • Ecoutage
Florent Marchet à la Cigale pour le “Courchevel Tour”

Publié le Mercredi 18 Mai 2011 - 23:41
Catégorie: Concertage, Ecoutage

Cela fait des années que mon chéri me parle de Florent Marchet, et qu’il attendait de le revoir en concert. J’ai donc par la même occasion découvert le chanteur sur scène, et j’ai adoré le découvrir ainsi. J’avais bien aimé l’album, et donc je connaissais déjà un peu les chansons de “Courchevel”, mais j’ai surtout été enchanté de la performance scénique de ces artistes (autant les musiciens que le chanteur).

On est bien dans un univers de chanson française “nouvelle vague” à la Cherhal, Delerm, avec de chouettes textes, souvent drôles et toujours bien écrits, et un solide univers musical. Marchet y met toute sa motivation fantasque pour coller à un “Courchevel” bien kitschissime et (fin) seventies à mort. Entre une tête et peau d’ours, des papiers peints colorés, une télé cathodique bien éclairée, et tous les artistes qui arborent pull jacquard, coll roulé et autres accessoires, on se croirait dans la fameuse publicité pour “Piège”.

L’album se découvre dans ce cadre avec délice, et le chanteur démontre un réel talent pour communiquer avec son public, et nous ravir de bout en bout.


Courchevel – Florent Marchet

Florent Marchet à la Cigale pour le "Courchevel Tour"

  • Matage
  • Matooyage
Journée internationale contre l’homophobie (IDAHO 2011)

Publié le Mardi 17 Mai 2011 - 17:32
Catégorie: Matage, Matooyage

Cette année, l’association qui édite ce rapport, SOS Homophobie, m’a envoyé une version papier du document consultable en ligne, et donc je l’ai lu d’un peu plus près que d’habitude. Comme tous les ans, on constate une “meilleure” activité pour l’association, avec cette étrange déduction que si elle marche bien, c’est que ça va mal. Mais il est souvent difficile de mesurer le fait de société à cette seule mesure de réactivité des victimes et des associations, parce que l’on joue sur plusieurs variables. En effet, est-ce que l’association est plus connue, est-ce que les victimes ont plus le réflexe d’appeler et témoigner, est-ce que les actes d’homophobie explosent dans notre pays ? Du coup ce qui est intéressant, c’est vraiment l’observation des résultats détaillés du rapport, et aussi de la comparaison avec sa propre expérience.

Globalement, je trouve ce rapport bien fait et extrêmement instructif. On sent bien certaines tendances fortes, et les différents témoignages sont livrés en résumé ou de manière plus étendue pour marquer encore plus le lecteur. Ainsi on est dans le fait concret, et moins dans la généralité, ce qui est plus juste à mon sens. Malgré tout à certains moments, on lit des des propos à visées statistiques qui ne me paraissent pas des plus pertinents. Tirer des conclusions parce qu’on voit une augmentation de 6 à 8 cas sur un ans, ou bien insister sur une population pas en reste avec l’homophobie même si on constate une diminution des cas, c’est carrément orienté (et surtout nous ne sommes pas du tout sur un terrain d’étude statistique). Mais l’exercice n’est pas facile du tout, et l’ouvrage a vraiment le mérite de mettre le doigt sur des multiplications de cas qui indiquent de grandes souffrances, et une vraie nécessité d’agir.

En tant qu’homo, ça a été parfois difficile de lire tous ces témoignages qui, même résumés et retranscrits de conversations téléphoniques ou emails, ont les mots justes pour décrire ces violences que tout homo a vécu, et vit dans son quotidien. Même si nous avons tous nos parcours et nos histoires, il y a une résonance forte avec ces récits d’insultes, d’agression, de mal-être, et de discrimination. On ne peut que se sentir proche et remarquer que les LGBT vivent à peu près les mêmes types d’homophobies, le point commun étant la connerie qui est en face. Cette connerie là, je n’ai pas l’impression de la voir reculer ou changer. Bien sûr la société dans son ensemble est plus tolérante, mais les cons sont aussi cons et eux ne changent pas, et on arrive à un point où les homophobies plus ordinaires sont aussi insupportables que les autres.

Je n’en peux plus de l’anti-folle, du vivons caché, de la discrétion dans la manière dont j’affiche l’affection à mon chéri en public, et de toutes ces pressions sociales qui obscurcissent notre simple liberté d’être, d’aimer, de nous exprimer. Dans mon propre quartier, je fais attention à mes gestes envers mon amoureux pour ne pas me faire repérer et, avouons-le, par pure couardise. Et là encore, l’homophobie est au coin de toutes les rues, même à Paris, même dans mon quartier bobo. Au moment où nous voulons plus, où le mariage et l’adoption paraissent tomber sous le sens, et où l’émancipation va au-delà même de la simple tolérance, dans son acception la plus étymologique, on voit poindre d’autres homophobies peut-être plus pernicieuses et difficiles à délogées. On se frotte à des gens qui reconnaissent bien qu’il y a des pédés, mais alors ça ne va pas plus loin, et ça ne devra jamais aller plus loin qu’une simple tolérance à “exister” pour eux. Donc ceux là en plus de tous les cons qui sont encore au stade protérozoïque de l’évolution, je vous dis moi qu’on a encore quelques années pour célébrer cette journée !!

Alors que je pense ingénument que la prochaine présidentielle devrait naturellement voir le mariage gay devenir une réalité, j’en viens à me dire que nous ne sommes vraiment pas encore arrivé au bout du chemin (et que cette évidence paraît bien candide aujourd’hui).

Rapport sur l'Homophobie 2011

Dans ce cadre, William a pensé que ce serait le bon jour pour lancer la petite rencontre faite avec Juliette il y a quelques semaines. Donc là voici, et en effet on en profite dans notre babillages divers et variés, pour évoquer l’homophobie et d’autres joyeusetés. Huhu.